Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Publié par PM sur
Publié dans : #billet d'actualite

INVERSION ET OBSTINATION

 

Il y a du pathétique dans cette affaire de la courbe du chômage. Qu’un homme, quel qu’il soit, et à fortiori si c’est un personnage public et doué d’une culture économique incontestable, s’obstine à nier une évidence, interroge plus sur la psychologie du personnage que sur le véritable objet de la question.


Le pari sur le chômage est perdu, du moins dans le temps imparti au Gouvernement. Les deux raisons qui permettent d’être aussi affirmatif sont :


-    Une croissance économique atone et qui n’est pas prête de repartir
-    Une politique de l’emploi fondé sur la création artificielle d’emplois aidés.


Tout le monde sait, ainsi que le Président de la République et le Gouvernement, que ces deux conditions condamnent, en l’état actuel de l’économie française, le pronostic d’inversion.
La promesse date de plusieurs mois…exactement depuis décembre 2012. Toutes les allusions au problème du chômage par le Président de la République n’ont fait que confirmer la tenue du pari,… et par là même l’enfoncer dans une situation intenable et absurde, à l’égard de l’opinion publique. Il a de ce fait nourri les illusions de celles et ceux qui croyaient qu’il avait les moyens de changer les choses et a ouvert une autoroute à des oppositions (droite dite « républicaine », néo fascistes en voie de « dédiabolisation » et gauche dite « vraie ») qui ont conforté, par là même, leur fonds de commerce contestataire.


Le président de la République a fait de cette courbe une affaire personnelle. Il a tort. Non seulement parce qu’il ne pouvait pas gagner ce pari,… à moins de croire à un renversement total, à court terme, de la tendance économique mondiale, autrement dit à un miracle, mais aussi et surtout, parce qu’il n’a pas, ni lui, ni tout autre, le pouvoir de créer les conditions économiques de la relance de la croissance indispensable à la création d’emplois dans un système capitaliste fortement libéralisé. Les critiques formulées par les oppositions, l’enfoncent moins qu’elles ne soulignent leurs discours démagogiques.


Il a promis et n’a pu ensuite osé se renier… alors qu’il suffisait de dire les faits. Les dégâts, en terme de perte de crédibilité, auraient été moindres.


Cette affaire soulève tout de même la question du pouvoir politique et de ses limites. Nous avons assisté, et assistons, à une obstination dans l’erreur qui finit de décrédibiliser le pouvoir.


A être complaisant avec les contraintes imposées par le capitalisme, on en devient l’instrument… C’est toute la trajectoire de la Gauche depuis un siècle. On ne peut alors construire son image que sur des faux-semblants, des promesses, qui alimentent à la fois la démagogie des autres forces politiques et désespèrent les citoyens qui voient les limites d’un Etat et imaginent – à tort – que, beaucoup plus fort, il règlerait leurs problèmes.


9 janvier 2013

 

INVERSION ET OBSTINATION

Pourquoi ce site ?

fedetlib.overblog.com

Rédigé par PM

Pourquoi ce site ?

Articles récents

Archives

Hébergé par Overblog