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Publié dans : #matiere a reflexion

LES MONDES PARALLELES

Dans un système monarchique les choses sont simples : les privilèges font partie de la nature même du pouvoir et de celles et ceux qui l’exercent. Dans un système républicain les choses sont en principe bien différentes : il n’y a pas de différence dans la nature de celles et ceux qui exercent le pouvoir au regard du reste des citoyens... en ce sens il n’y a plus de privilèges.

Les dernières affaires en vogue dans la classe politique nous obligent à nous re-interroger sur ces questions qui devraient pourtant être des évidences. Qu’il s’agisse de l’affaire de l’ « appartement » du Ministre des Finances ou du procès des « écoutes téléphoniques présidentielles » ... qui a tourné en « eau de boudin »... sans parler des affaires passées, enterrées, et des futures probables... la dérive est totale.

Alors que le pouvoir devrait être, en principe, au sens de l’ « esprit de la République » le reflet et le garant de valeurs solennellement proclamées fondant sinon la réalité sociale, du moins les pratiques sociales, en fait il crée une autre réalité, plus ou moins fictive, virtuelle au regard de la « vrai » réalité.

Accéder au pouvoir c’est en quelque sorte passer « de l’autre côté du miroir », passer dans une réalité qui est « autre ».

Exercer le pouvoir c’est se permettre des choses inimaginables dans la « vrai » réalité.

Exercer le pouvoir c’est obéir à des lois sociales et économiques qui n’ont rien à voir avec les lois de la société, même marchande ;

Exercer le pouvoir c’est tenir un discours pour les autres, pas pour soi.

Exercer le pouvoir c’est organiser la vie des autres, dicter leur conduite... leur dire ce qui est bien et mal, juste et faux, acceptable et inacceptable,...

Exercer le pouvoir c’est être soumis à une apesanteur morale et juridique qui libère des contraintes qui s’imposent aux « simples mortels »... pardon « citoyens » au point de perdre toute sens de la « réalité sociale ».

Les lois de l’Olympe ne sont pas celles d’ici bas.

Le silence, ou les quelques commentaires gênés et ambiguës de la classe politique en disent long sur les mystères et les secrets qui l’habitent. Les « cadavres dans les placards » sont la seule chose la mieux partagée dans les allées du pouvoir. Quel est celui ou celle qui a touché au pouvoir et qui peut, affirmer, devant sa conscience s’entend, de ne pas avoir fauté au regard des principes républicains qu’il était censé garantir ? Tel escroc qui bénéficie de l’immunité parlementaire, tel politicien véreux qui a trafiqué les listes d’électeurs, logé sa famille (voire ses familles) et ses ami-e-s avec les deniers publics, bénéficié de fausses factures, de fonds secrets, de voyages, de séjours liés à la fonction, tel délinquant échappé de justesse à la Justice, ou ayant bénéficié de sa « compréhension » qui essaye de se refaire une virginité politique,... Comment expliquer que le plus haut personnage de l’Etat soit hors d’atteinte de la Justice qui l’attend patiemment aux bas des marches de l’Elysée ( ???). Et tous, tous sans exception, ont les meilleures raisons du monde pour se comporter ainsi... Il est évident que le « peuple » ne comprend rien... et qu’ils sont les victimes innocentes du harcèlement médiatique ... Ben voyons !

Faut-il donner des noms ?... Inutile tout le monde les connaît.

Les moquettes des palais de la République savent efficacement étouffer les scandales.

Imaginez un peu comment les enseignants, les éducateurs, les parents même, peuvent tenir un discours de civisme à des jeunes quand systématiquement les médias étalent les frasques sordides des politiques sur la place publique ? « Et ce sont ces gens là qui nous donnent des leçons de morale » rétorquent les plus lucides des jeunes ! Que répondre ?

Il parait qu’il n’y aurait que « quelques brebis galeuses ». A la vue de la multiplicité à l’infini des affaires et de la manière dont elles se traitent en général, on fini par se demander si ce n’est pas l’ensemble du troupeau, ou à peu près, qui est atteint par la maladie.

Mais finalement, à y regarder de près, le pouvoir politique est bien à l’image de ce qu’est le système marchand qu’il représente : un système en « faux semblant » qui fait croire que l’individu est libre, alors qu’il est parfaitement dépendant de lois qu’il ne contrôle pas. (demandez aux chômeurs ! demandez aux exclus ! demandez aux sans logis, demandez aux pauvres ! demandez au « citoyen moyen » qui est entrain de perdre tous ses acquis sociaux ! ...). Comment se pourrait-il qu’un système aussi amoral produise un pouvoir politique, des femmes et des hommes de pouvoir irréprochables ? Etre garant de ce système c’est implicitement et/ou potentiellement être un filou, un manipulateur, un menteur, voire un escroc... peut-être aussi un naïf, dans le meilleur des cas.

Les scandales qui éclaboussent les politiques, nous en sommes toutes et tous responsables tant il est vrai que le pouvoir est d’autant plus corrupteur que les citoyens-nes s’en désintéressent. La seule limite à l’exercice du pouvoir c’est celle et ceux qui ne l’exercent pas et au nom de qui certains l’exercent. Or l’organisation du pouvoir montre indubitablement qu’il n’y a rien de démocratique dans cette manière de fonctionner... seule l’apparence de légitimité est sauvegardée... mais l’essentiel, c’est-à-dire l’exercice en lui-même ne l’est absolument pas.

Heureusement qu’il existe encore une partie de la presse qui soit libre pour dénoncer ces scandales... mais profitons en, ça pourrait ne pas durer.

26 février 2005 

Publié par PM sur
Publié dans : #matiere a reflexion

LE FAUX HUMANISME DE LA MARCHANDISE

 

Le système marchand aurait un fondement humaniste. Il a pour le prouver le fait qu’il est issu culturellement et politiquement de la Révolution Française «mère» de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen.

L’argument historique est incontestablement de poids en faveur du système, mais la réalité de son fonctionnement et toute son histoire peut légitimement faire douter de la véracité et de la crédibilité d’une telle affirmation.


LE CONTRE EXEMPLE DE L’HISTOIRE


Toute l’histoire du mouvement ouvrier qui s’est écrite en lettres de sang en Europe et aux Etats-Unis au 19e et 20e siècle, mais aussi le colonialisme qui a ensanglanté les quatre coins de la planète, vont à l’encontre de cette idée d’humanisme. L’humanisme marchand est à «géométrie variable» dont les paramètres sont déterminés par les intérêts industriels, commerciaux, politiques, culturels et stratégiques des nations qui s’en réclament. Ca fait beaucoup de paramètres et autant de conditions pour un exercice désintéressé de la démocratie.

Pourtant, ce système, comme tous les autres d’ailleurs dans l’Histoire a réussi le tour de force de légitimer moralement sa domination. Il n’y a là aucun mystère ni magie. Ce système a lui aussi produit une idéologie qui servait ses desseins et il a réussi à en convaincre celles et ceux qu’il dominait au point que «ses valeurs» sont devenues «leurs valeurs»… Au point que ces valeurs ont acquis le statut d’universalité… Au point qu’elles se sont confondues avec le système et la défense de ses intérêts… même quand ceux-ci étaient en parfaite contradiction avec celles là.

Ainsi, celles et ceux qui à travers les époques et les continents se sont battus pour la défense de ces valeurs sont passés pour des rebelles et des terroristes… voir pour cela les conflits sociaux et toutes les luttes d’indépendance à l’époque de la décolonisation.

Ce système né dans le sacré a sombré peu à peu dans le sordide.


LE MIROIR BRISE DES ILLUSIONS


Le salariat et la consommation marchande ont donné l’illusion de l’universalité de leur accessibilité pour toutes et tous.

Sur le plan social, tout individu a pu, et peut, en principe, accéder à toute fonction… le fondement de cet accès n’étant plus, en principe, déterminé par l’origine sociale, chose qui était sinon impossible du moins extrêmement compliquée dans les systèmes antérieurs. La force de travail s’est démultipliée dans une infinité de fonctions et de métiers au point de faire appel à toutes et tous. La terre qui avait constitué depuis les origines le lieu principal de la production, s’est vue peu à peu détrônée, comme élément essentiel, dans la constitution de la structure sociale: le règne du capital s’est substitué à la gestion foncière de la terre.

Cette accessibilité à l’emploi, condition de l’intégration sociale, qui pouvait apparaître comme illimitée et absolue à l’époque où le système avait un besoin impérieux et massif de force de travail s’est avérée, au cours de son développement, toute relative. Les aléas du marché et de son expansion, les exigences de l’accumulation du capital, la concurrence entre les unités de production ont ramené l’individu à sa véritable place qu’il a dans ce système: un instrument de la production.

Le système a révélé, lors de ses crises, et aujourd’hui de manière structurelle, sa véritable nature: il ne considère l’être humain, et tout ce qui existe sur cette planète… et même au-delà, qu’au regard de ses propres intérêts. (voir l’article «LE TOTALITARISME MARCHAND»)

Sur le plan de la consommation, la production illimitée de biens et de service, a pu faire croire à l’imminence d’un âge d’or que les économistes officiels n’hésitaient pas à prédire. La «société de consommation» était née et attendait sa petite sœur, la «société de loisirs»… l’«âge d’or» et le «paradis sur Terre» étaient, enfin, à portée de la main…

En fait, la production de masse et le développement de l’économie de marché, caractérisée par l’impératif de la vente, réalisation du chiffre d’affaire et surtout du profit, considérait, et considère, tout individu comme consommateur potentiel. Or, le «consommateur potentiel» est le «consommateur solvable», autrement dit celle ou celui qui peut acheter… et pour pouvoir acheter encore faut-il qu’il ait un emploi.(voir les articles «LE TRAVAIL EN QUESTION» : http://endehors.org/news/5943.shtml http://endehors.org/news/5997.shtml http://endehors.org/news/6076.shtml http://endehors.org/news/6187.shtml  ). L’abondance de la production qui a entraîné en valeur absolue une abondance de la consommation, n’a pas, dans le même temps empêché l’explosion des inégalités et de la pauvreté, y compris dans les pays riches… sans parler des pays pauvres.

De plus, et c’est un des aspects les plus pervers de ce système, la production, poussant la consommation, moyen de réaliser la valeur produite, a donné naissance à des excès d’une gravité extrême: alimentation industrielle, prolifération à l’infini de gadgets, pollution massive sous toutes ses formes, atteinte à la santé publique,…

Cette société dite «de consommation» s’est révélée être un piège redoutable qui non seulement n’a pas permis d’instaurer une égalité dans la distribution des richesses mais a porté une atteinte qui pourrait être fatale à l’écosystème.


UN DOULOUREUX RETOUR AUX PRINCIPES DU SYSTEME


Le mythe de la «société de consommation» s’est arrêté aux bornes fixées par la logique de la marchandise.

Le système marchand sur le berceau duquel s’était penché la fée des «Droits de l’Homme» a, en grandissant, dénoncé les vœux qui avait été prononcé, en son nom, lors de son baptême.

Ainsi a grandi, en dépit des conditions effroyables de la production pour les prolétaires du 19e siècle, des conflits meurtriers qu’il a engendré et des luttes sociales jusqu’à aujourd’hui, un système qui a su habilement concilier, dans l’inconscient collectif, «droits de l’homme» et exploitation des salariés, justice formelle et injustice sociale, liberté d’entreprendre et asservissement du travail, égalité devant l’urne mais inégalité dans la condition sociale et la répartition des richesses…

La condition de salarié «être» soumise au bon vouloir des conditions de la production et du marché est en passe de s’enrichir d’un nouveau concept: l’exclusion. En effet, celles et ceux qui pensent que l’emploi est un acquis en sont pour leurs frais (voir l’article «ACQUIS SOCIAUX…RIEN N’EST JAMAIS ACQUIS»). Le fameux «droit au travail», pourtant inscrit dans le préambule de la Constitution est une bonne farce qu’a joué le système aux naïfs. Il a promis une chose qu’il était incapable de tenir. L’exclusion n’est donc ni une exception, ni le produit d’un dysfonctionnement, mais la conséquence logique du fonctionnement du système marchand. L’exclusion montre, s’il en était besoin, que la priorité pour le système n’est pas l’Homme, mais la valeur qu’il peut tirer de son travail en vue d’une appropriation privée.

Quant au salarié qui «a la chance» d’avoir un emploi, il est un exclu en puissance. Tous les acquis sociaux qui fondaient de manière trompeuse l’«humanisme» du système sont, dans leur ensemble menacés. La mondialisation marchande a fait de la situation de salarié une situation parfaitement instable… ce qu’elle était par ailleurs au 19e siècle… puis atténuée par suite grâce aux «conquêtes sociales». Le froid calcul égoïste de la maximisation du profit, unique objectif du système, peut désormais se passer des revendications des salariés et contourner leurs moyens de pression. La déréglementation est désormais la règle… seule la loi du profit est aux commandes de la société. La précarité devient ainsi l’antichambre de l’exclusion.


Le système marchand, dans les principes de son fonctionnement n’a pas changé depuis le 19e siècle. Seules les conditions de son développement ont changé. Le mythe de la puissance de la production qui devait profiter à l’ensemble est désormais mort. L’être humain n’a plus rien à attendre des grandes déclarations «humanistes» d’un système qui fondamentalement le méprise et l’instrumentalise.

La tâche principale n’est plus seulement à la dénonciation, quoiqu’elle soit aussi utile, mais surtout à l’élaboration d’un nouveau système… Ainsi va l’Histoire. Ainsi se fait l’Histoire.


Patrick MIGNARD

 20 Février 2005

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LES "VERTS" A LA SOUPE

52,9 % de "OUI", 41,9 % de "NON" et 5,2 % d’abstentions. avec 54 % de votants

Après le PS, c’est au tour des Verts d’aller à la soupe. Que les premiers s’y soient précipités, rien d’étonnant. Que les Verts y aillent aussi peut surprendre celles et ceux qui se faisaient des illusions sur la classe politique, pardon politicienne. Quant au PC on sait qu’il appelle à voter NON... de toute manière il est dans un tel état que tout le monde s’en fout.

Le « OUI » était défendu par Dominique Voynet, Noël Mamère, le nouveau secrétaire national Yann Wehrling et les six députés européens Verts... on se demande d’ailleurs (sic) pourquoi les députés européens appellent à voter OUI, de même que la sénatrice.

Désormais les choses sont également claires concernant les Verts... Ils sont définitivement rentrés dans le rang. Compromis dans le gouvernement de la Gauche, ils finissent de s’embourber dans le référendum. Mais que vont faire celles et ceux qui ont voté « NON »... ils/elles vont une fois de plus manger des couleuvres. C’est dur la discipline de parti !

Mais où sont les grandes déclarations d’antan, lorsque les Verts se voulaient le fer de lance de la contestation. Le costard-cravate des notables a remplacé le pull-baskets des écolos, seule la pagaille de leurs congrès et autres assemblées générales donne un petit air de fête (triste) a un parti qui va devenir à n’en pas douter un parti de notables.

Faisons nous une raison : vaut mieux être seuls que mal accompagnés.

15 février 2005

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MORT AUX « SCIENCES SOCIALES » !

 « Un des aspects de la "réforme" Fillon sur l’Education est d’affaiblir le recrutement de la filière Economique et Sociale. Par le jeu des options, la plupart des élèves ne "choisiront" plus l’enseignement des sciences économiques et sociales en seconde, et le ministère pourra très rapidement limiter les dotations horaires budgétaires. La filière ne sera donc plus accessible que sur les deux années de primaire et terminale. De plus, dans ce contexte, elle représentera un choix par défaut, l’orientation de tous les élèves qui auront échoué dans l’enseignement scientifique. »

Un spectre hante l’enseignement, celui de la connaissance. Tout comme certains Etats des USA en plein délire religieux qui condamnent l’évolutionnisme dans l’enseignement, le gouvernement français en pleine fièvre libérale raye d’un trait rageur et d’une plume agacée toute connaissance des mécanismes intimes du système marchand.

Ce dont a besoin le système marchand, ce sont des serviteurs, des esprits disponibles qui ont compris ce qu’il fallait faire en fonction de « règles du jeu » qu’il n’est plus utile de discuter, à fortiori d’essayer de comprendre.

UN RETOUR A L’OBSCURANTISME

Exécuter des opérations dans le cadre strict des règles de la logique marchande sans se poser la question du sens de ce qui est fait et de ce à quoi ça sert... tel est le rêve éducatif de celles et ceux qui « pensent » aujourd’hui les programmes de Sciences sociales.

Par exemple : au niveau de l’entreprise c’est maximiser le profit en vue de rémunérer le capital (dividende des actionnaires) et de dégager des possibilités de financer les investissements (quoique l’emprunt puisse en partie y suppléer). Tout le reste, la gestion des moyens, aussi bien physiques qu’humains est de l’ordre du technique strict.... Même l’humain, ramené au juridique est transformé en pure technique (« Gestion des Ressource Humaines » et non pas « Gestion Humaine des Ressources » !!! )

Par exemple, au niveau macro économique, maximiser le taux de croissance, en trouvant l’énergie la moins chère, les coûts de production les plus bas, les facteurs de production, techniques et humains, les plus souples et les plus malléables, les matières premières les « meilleur marché », voire gratuites ou presque, les conditions juridiques et « sociales » les moins contraignantes et le marché le plus solvable.

L’obscurantisme c’est ça : réduire la réalité à un cadre préétabli et surtout s’interdire de regarder au-delà.

Quid du devenir social des salariés, de l’équité dans la répartition des richesses, du respect de l’environnement, de la préservation des sources d’énergies non renouvelables, de la santé alimentaire des consommateurs.

L’ART DE L’ESQUIVE...

Il s’agit d’éviter l’essentiel et de ne rester qu’au superficiel.

En effet, comment allons nous expliquer à des jeunes qui auront les pires difficultés pour trouver un emploi que :

- l’emploi est une « variable d’ajustement » en gestion de l’entreprise, autrement dit, le salarié est le dernier considéré parmi les « facteurs de la production » ?
- le fait de se former est largement insuffisant et que c’est le « marché du travail » qui décide si oui ou non ils auront un emploi ?
- la variation du nombre de chômeurs est totalement aléatoire, incertaine et manipulée pour des raisons politiques ? il faille travailler de plus en plus alors que l’on peut produire plus avec moins de travail ?
- les pouvoirs publics ne savent pas et ne peuvent pas trouver une réponse au problème de l’emploi et qu’il n’y en a en fait pas,... autrement dit que le problème du chômage n’a pas de solution ?

Comment allons nous expliquer à de jeunes citoyens-nes que :

- la liberté, sur le plan économique c’est celle du « renard dans le poulailler » ?
- il est logique dans le système marchand qu’il y ait des pauvres dans un pays riche ?
- les acquis sociaux gagnés par les salariés depuis un siècle sont systématiquement remis en question et que d’ici dix ans ils auront disparus ?
- le service public est désormais condamné au nom de la concurrence et de l’« efficacité » ?
- il est logique de détruire des richesses qui ne trouvent pas de « consommateurs solvables »... ce que l’on appelle « assainissement du marché » ?
- tous les citoyens ont des droits, sauf celui d’avoir un emploi, un logement, bref les moyens de vivre et ce du fait du fonctionnement du système marchand ?

Comment allons nous expliquer à la jeune générationque :

- nous avons détruit, en toute bonne conscience, une bonne part de l’éco système dans lequel ils vivront eux et leurs descendants ?
- nous avons consommé sans vergogne toutes les ressources non renouvelables pour le sacro saint « taux de croissance » ?
- ils n’ont aucune garantie en matière de retraite ?
- nous avons pollué les sols, les mers, les rivières, l’air ?
- les aliments que nous produisons ne sont que des sous produits de l’industrie chimique et ce pour des raisons de rentabilité financière ?

Toutes ces questions sont sans réponses ou ont des réponses inavouables, socialement et moralement.

... ET DU SENS PRATIQUE

On comprendra maintenant que les gestionnaires du système marchand aient tout intérêt à limiter la connaissance dans le domaine économique et social. Comme ils ne peuvent pas le faire ouvertement il donnent l’illusion de la transformation de la matière en ... Droit et Gestion. Une telle transformation a deux avantages :

- on évite les sujets qui fâchent... et qui font trop réfléchir...
- on cantonne les élèves dans un modèle normatif dans lequel il ont à apprendre des techniques... ce qui fait que, non seulement ils ne réfléchissent plus sur le sens du système dans lequel ils opèrent, mais ils sont capables de le faire fonctionner avec un maximum d’efficacité... gagnant sur deux tableaux.

Se limiter strictement et techniquement au droit et de la gestion, et pas plus, voilà qui borne parfaitement les esprits, voilà qui les prédispose à ingurgiter des compilations de textes, d’articles, de lois, de ratios, de modèles, de méthodes, de formules directement utilisables par les « soutiers » du système marchand.

Entre une réflexion sur les « conséquences sociales d’un licenciement » et un « ratio de rentabilité » que choisissez vous ? et entre le « droit au logement » et la « propriété » ?... le marché lui a tout de suite fait son choix... vous savez donc ce qu’il vous reste à faire ! Laissez ces problèmes au professeur de philo

Soyons moderne que diable ! et ne nous laissons pas distraire par des considérations philosophico-morales sur les valeurs morales et sur les valeurs de la République. « Liberté, Egalité, Fraternité » est une chose, les exigences du marché en sont une autre. Faut pas mélanger les torchons et les serviettes ! L’école de la République c’était bien, quoique certains en aient profité pour lire des tracts, les écrire et en apprenant à compter,... contester leur feuille de paye,... mais c’était autrefois. La modernité exige aujourd’hui une autre efficacité et de ne pas renouveler les mêmes erreurs... On va enfin faire divorcer ce couple infernal du système marchand : l’économique et le social.

14 février 2005

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DUALITE SOCIALE / DUALITE DE POUVOIR

Il y a quelque chose d’étrange dans la vision que nous avons aujourd’hui du « changement social ». Ce changement serait une sorte de « basculement » spontané d’une réalité dans une autre réalité. Que ce soit les élections, chères à la Gauche ou la « grève générale » insurrectionnelle, chère aux anarchistes, le changement dans les deux cas est « datable ».

Nous sommes confortés dans cette erreur par la manie de fêter des évènements : le 14 juillet 1789 c’est la Révolution Française,... qui peut le nier ? Pourtant est ce aussi simple ?

Cette pratique, qui représente j’en conviens une certaine commodité, est parfaitement réductrice de la réalité historique et nous entraîne depuis des décennies dans des erreurs stratégiques regrettables. C’est aussi peut-être une conséquence de la manière dont on nous a enseigné l’Histoire et/ou peut- être dont nous l’enseignons : souvent une liste fastidieuse, mais aussi parfois, plus ou moins anecdotique de dates, d’évènements et de personnages plus ou moins (plutôt plus que moins) mythiques. Des évènements qui deviennent tellement importants qu’ils semblent suspendus dans le temps historique. La réalité historique est tout autre.

LE SENS DE L’HISTOIRE

La spontanéité des changements dans l’Histoire n’est que pure illusion. Un évènement important, voire déterminant, n’est jamais que l’aboutissement d’un processus qui lui a donné naissance et qui lui a donné son sens. L’importance que parfois il prend est trop souvent fabriquée par les historiens ou ce qui se prétendent l’être ou ce qui ont intérêt à présenter les choses de cette manière. On ne saurait entrer dans une période de l’Histoire en s’attachant simplement à quelques dates. Certes, certaines dates représentent des évènements importants et peuvent être des repères dans le fil complexe des évènements mais c’est l’ensemble du processus des faits sociaux, dont les dates ne sont que des jalons, qui donnent tout son sens à ce qui s’est passé.

Le moment du basculement, de l’effondrement d’un système et son remplacement par un autre est, peut être, moins important que tout ce qui l’a précédé. L’aspect spectaculaire du basculement prend le pas, dans l’imaginaire collectif, sur la mécanique intime du déroulement des évènements qui y ont conduit. Le danger, dans la lecture de l’Histoire est bien entendu que de ne retenir uniquement que la fin du processus, la partie la plus spectaculaire, celle « qui fait date »... et d’en tirer des conclusions toujours beaucoup trop hatives. Réduire la connaissance de l’Histoire à de simples évènements caractéristiques conduit à une double erreur :

- fétichiser l’évènement « final », en en faisant un exemple en soi. Ainsi, sa « théorisation » occulte totalement le processus historique qui lui a donné naissance. La connaissance (en fait la méconnaissance) de l’Histoire se réduisant à la lecture, souvent subjective et passionnelle, et pour cause, de l’évènement.

- séduit par l’évènement, tenter de reproduire mécaniquement « ce qui s’est passé ». La « théorisation » basée sur la fétichisation de l’évènement conduisant évidemment à des erreurs stratégiques... simplement (si l’on peut dire), parce que n’existent pas deux évènements, deux situations identiques, dans l’Histoire.

LA MAUVAISE CONSCIENCE DE L’HISTOIRE

Ceci explique que la question du pouvoir est fondamentalement, stratégiquement moins importante que celle qu’on lui donne depuis deux siècles.

Le 20e siècle a été celui des « stratégies et tactiques » de prises du pouvoir. Que ce soit de manière violente et théorisée, sous sa forme putschiste avec toutes ses variantes, que ce soit sur le mode électoral ou à l’occasion d’une guerre. Toutes les formes ont abouti à un même résultat : l’échec. Si le système marchand a pu être, à un moment donné déstabilisé, mis en difficulté socialement, il s’en est toujours tiré et en est toujours sorti renforcé...Les soit disantes « victoires » ont toujours été relatives et conjoncturelles. Il suffit de voir où nous en sommes aujourd’hui. (voir par exemple l’article « ACQUIS SOCIAUX : RIEN N’EST JAMAIS ACQUIS ! »)

Donc, de deux choses l’une : ou bien le système marchand est indestructible et constitue la quintessence du développement des rapports sociaux... et il n’y a plus rien à faire. Ou bien le problème de son dépassement a été, et est, systématiquement mal posé et ne pouvait aboutir à aucun succès.

Le drame c’est que le problème n’est jamais posé en ces termes et que l’histoire des luttes n’est qu’un sempiternel renouvellement des erreurs.

La nature du « pouvoir alternatif » n’est pas de la même nature que celle du pouvoir en place. Poser la question de l’existence, de la nature du pouvoir alternatif n’a pas de sens en dehors de la structure sociale qui est censé le représenter. Or, ce à quoi nous assistons actuellement c’est précisément à une tentative de définition d’un pouvoir « en soi », de « Gauche », de « vrai Gauche », de « 100% à Gauche », « Alternatif »,... dont on ne sait évidemment pas de quelle structure sociale, c’est-à-dire que tels rapports sociaux il est, ou sera, représentatif... on se base pour le définir sur de vieux schémas qui nous ont séduit .(Front populaire, Libération, Révolution Française, celle de 1917, ...)

En bref la situation se résumerait à : « on va prendre le pouvoir puis ensuite on verra ». Non seulement les choses ne se passent pas comme cela, mais quand elles se passent ainsi, c’est la catastrophe.

REPENSER LA NATURE DU POUVOIR

C’est une fausse conception de la nature du pouvoir qui entraîne cette vision singulière de l’Histoire, source d’aberration stratégique en matière d’action politique.

Le Pouvoir est toujours celui d’une structure sociale, aussi bien quand il le prend, le pouvoir, et à fortiori quand il l’a. La neutralité sociale du Pouvoir n’existe donc pas. Il est vrai que tous les systèmes ont combattu cette idée, faisant du Pouvoir une entité absolue, détachée des contingences sociales et qu’il est, bien entendu, impossible de remettre en question. Démarche tout à fait logique car tout Pouvoir installé, institutionnalisé, est conservateur, tout Pouvoir est totalitaire dans sa conception qu’il a de lui-même et dans la conception qu’il a des rapports sociaux dont il est le garant. Aucun Pouvoir ne peut imaginer la remise en question de la structure sociale, des rapports sociaux, dont il est le garant... ce serait se nier lui-même.

Le système marchand ne fait évidement pas exception, et fait que toutes les variantes de la forme du Pouvoir qu’il autorise, garantissent les rapports sociaux marchands et exclusivement eux... essentiellement le salariat sous toutes ses formes... aussi bien les plus « sociales » que les plus libérales.

Les seuls changements autorisés ne se font que dans le respect et la garantie de la pérennité de ces rapports le processus dit démocratique ne fonctionne d’ailleurs que dans le respect de ce principe... ce qui explique que les élections, aussi démocratiques soient-elles, ne changent et ne changeront fondamentalement rien.

Le changement, l’alternative, ne se jouent donc pas dans la sphère du Pouvoir, mais ailleurs, dans l’évolution de la nature des rapports sociaux, c’est-à-dire dans ce qui fonde, justifie et donne un sens au Pouvoir (voir l’article « TRANSITION »). C’est essentiellement la structure sociale, les nouveaux rapports de production, qui font le pouvoir social et économique, qui fondent le Pouvoir,... pas l’inverse. L’Histoire du 20e siècle, avec toutes ses « révolutions » avortées en est le plus parfait exemple.

L’ALTERNATIVE DANS LA DUALITE DE POUVOIR

C’est donc dans la dualité du pouvoir social, économique, dans la « pratique alternative » ou plus exactement « l’alternative pratique » que se forge le monde nouveau... pas dans les déclarations et motions, aussi pertinentes et convaincantes soit-elles, élaborées à grand frais de réflexion, de concertation, de négociation entre petits ou grands groupes politiques restreints.

L’alternative commence à apparaître quand, concrètement, l’organisation sociale et économique prend des formes alternatives, nouvelles, qui correspondent à un autre état d’esprit, une autre philosophie, d’autres valeurs, autre dit lorsque le vieux système en place entre en déliquescence, est contourné, est nié dans son existence quotidienne. Lorsque la collectivité fait l’apprentissage concret d’une nouvelle relation sociale, lorsqu’elle se convainc que l’ancienne est obsolète et a fait son temps. voir les articles « DECADENCE » et TRANSITION ».

Alors, mais alors seulement on peut parler d’alternance, la vrai, celle qui substitue des rapports sociaux nouveaux aux anciens. On peut parler de dynamique de changement. Alors oui, se posera la question du « Pouvoir », celui de l’ancien monde déliquescent et celui du nouveau.

Quelle forme prendra cette confrontation dans la phase finale de l’alternance ? Sous quelle forme apparaîtra le nouveau Pouvoir ? Personne ne peut évidemment le dire, mais l’issue du processus dépendra de la qualité des rapports sociaux nouveaux qui auront été créés.

Le discours sur le changement ne sera alors plus du simple domaine de la spéculation intellectuelle ou des promesses électorales, il plongera ses racines dans une pratique sociale dans laquelle tout un chacun-e sera partie prenante.

5 février 2005                                                                           Patrick MIGNARD

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