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Publié par PM sur
Publié dans : #matiere a reflexion

Y A-T-IL VRAIMENT UNE SOLUTION AU PROBLEME DU CHOMAGE ?

Devant l’avalanche des licenciements, l’accroissement du chômage, et les manœuvres gouvernementales pour le camoufler, c’est une question qui se pose. On ne se la pose jamais publiquement, pourtant c’est la question secrète qui taraude toute citoyenne et citoyen devant l’impuissance des pouvoirs publics, de droite comme de gauche, à trouver la ou les solutions.

Ne maintenons pas le suspens inutilement et répondons tout de suite et clairement : il n’y a pas de solution.

Une telle affirmation nécessite une argumentation solide convaincante et exempte d’a priori.

UNE REALITE MAL COMPRISE

L’être humain est un animal qui ne se contente pas, comme les autres animaux, de consommer directement ce qu’il trouve dans la nature : il doit produire les biens et services qu’il consomme. Pour produire, il faut du travail. La manière de s’organiser socialement n’est pas inscrite dans les gènes de l’être humain.- alors qu’elle l’est chez les autres espèces animales. L’Homme n’a pas qu’une seule manière de produire, sa « sociabilité » est de nature différente de celle des autres espèces. La relation de travail est d’origine sociale, le produit d’un rapport (conflit et/ou consensus) entre les individus... c’est ce qui explique qu’aux différentes époques de l’Histoire l’organisation sociale a pris différentes formes et qu’elle a évolué. L’Homme a ainsi une Histoire - les autres espèces n’en ont pas.

La forme de l’organisation sociale aujourd’hui est le salariat. Le salariat c’est l’organisation sociale qui est fondée sur le fait que le salarié, gagne sa vie en mettant à disposition de celui qui détient les moyens de production, sa capacité de production, sa capacité de travail. (voir les articles : « LE TRAVAIL EN QUESTION [1] »)

Dans le système du salariat, la production a lieu dans l’entreprise (au sens large). L’entreprise est un lieu de production matérielle, mais elle n’est pas que ça. La motivation de la création de l’entreprise, l’objectif de son fonctionnement est de valoriser le capital que l’on y investi. C’est d’ailleurs l’unique raison de cette création, aujourd’hui comme au 19e siècle. Certes, l’entreprise sert à produire des biens et des services, mais uniquement dans l’objectif du faire du profit... la preuve en est que si on ne fait pas du profit, on ne crée pas l’entreprise et si elle existe, on la ferme... indépendamment des besoins qui peuvent s’exprimer.

Pour produire, l’entreprise a besoin de force de travail, ce qui fait qu’elle embauche des salariés. On peut dire donc qu’elle crée des emplois... ce qui permet au salarié de s’intégrer socialement et de gagner sa vie. Mais, l’entreprise n’a pas pour vocation de créer des emplois, ce n’est pas sa raison d’être... elle en crée parce qu’elle en a besoin... si elle n’en pas besoin, elle n’en crée plus, voire licencie. Pourquoi ? Parce que son objectif est de valoriser son capital et uniquement cela. La création d’emploi est directement et totalement soumise à cet impératif : valoriser le capital pour que les actionnaires touchent des dividendes.

Ceci explique la facilité, voire la désinvolture avec laquelle l’entreprise licencie et la manière jugée scandaleuse dont elle se positionne par rapport au chômage... en fait sa conduite n’est pas économiquement (au sens strict) scandaleuse, elle n’est que l’expression du principe de l’économie de marché : faire du profit.

Croire que l’entreprise doit créer des emplois ou les conserver coûte que coûte est une erreur fondamentale, c’est oublier, ou ne pas savoir, ou ne pas vouloir savoir quelle est la finalité du système marchand : faire du profit.

LES MESURES « ANTI CHOMAGE » ONT-ELLES UNE UTILITE ?

Concernant le fond du problème bien évidemment que non. Il n’est pas question pour l’Etat, qui est le garant du système marchand de porter atteinte au principe de réalisation du profit et donc de rentabilité. L’emploi de la force de travail reste soumis aux exigences de la valorisation du capital ce qui explique que l’Etat ne peut rien contre les restructurations et délocalisations. Ceci explique que l’Etat n’arrive pas à « régler le problème »... il ne le peut pas et ne le veut pas.

Quant aux mesures prises elles n’ont qu’un caractère conservatoire pour éviter que l’exclusion massive, la marginalisation d’une partie de la population, déstabilise socialement et politiquement le système. Ces mesures louvoient entre persuasions, menaces, pressions, amélioration des dispositifs, manipulation des chiffres... Bref rien de véritablement efficace et décisif, et pour cause... Il s’agit de faire croire, donner l’impression de ... surtout jusqu’aux prochaines élections.

Certes, conjoncturellement il y a eu des relances massives d’emploi, à l’occasion des guerres par exemple, ou localement à l’occasion de créations de quelques entreprises, mais globalement le problème du travail n’est jamais véritablement posé et aujourd’hui ces occasions sont très rares.

En effet, notons que la situation s’est aggravée, et s’aggrave, du fait de la mondialisation marchande : le marché de la force de travail étant mondial et les moyens de transports et de communication le permettant, on peut aller chercher ses salariés ailleurs, s’implanter ailleurs......

La situation s’aggrave également du fait de l’augmentation de la productivité du travail... on peut produire de plus en plus avec de moins en moins de personnes. Question : que vont devenir les personnes qui n’auront plus d’emploi ? A cette question le système marchand ne sait pas répondre et ne peut pas répondre puisque son principe de fonctionnement est justement de créer un ordre social fondé sur l’intégration des individus par le travail... Autrement dit c’est son propre fonctionnement qui a abouti à une situation ingérable dans son propre cadre.

POURQUOI UNE TELLE CONFUSION ?

Le discours officiel, nie cette réalité et, le caractère indispensable de l’emploi (pour le salarié) pour vivre dans l’économie de marché fait oublier (au salarié) les lois qui régissent ce système. Quand les salariés pensent que sous prétexte qu’ils sont à l’origine de la richesse, ce qui est vrai, ils ont un droit de regard sur l’entreprise, ils se trompent complètement. De même que sous prétexte qu’il faille un emploi pour vivre, le droit au travail ou à l’emploi, même s’il est proclamé, n’a en fait aucun sens au regard des intérêts de l’entreprise dans ce système... toutes les garanties, et elles sont minimes, dont ont pu bénéficier les salariés viennent des luttes sociales et n’ont jamais été accordées délibérément par le système.

Les politiciens savent-ils qu’il n’y a pas de solution ?

La réponse n’est pas simple. En fait ils ne se posent pas la question. Ils n’imaginent même pas que la question puisse être posée, ils n’ont donc pas à y répondre. Pourquoi une telle attitude ? Parce qu’ils considèrent que le système marchand est, et qu’il ne saurait en être autrement... ils n’ont aucune attitude critique de ce qu’est ce système, ils adhèrent totalement à ce qu’il est... il leur faut donc trouver une solution dans son cadre... en aucun cas ils ne peuvent imaginer qu’il n’y ai pas de solution car alors ils seraient obligés de reconnaître qu’un autre système est à créer, ce qui est pour eux impossible, inconcevable. C’est un peu comme si, sous l’Ancien Régime, des défenseurs de l’autorité royale avaient été amené à douter du caractère divin du pouvoir du souverain... ce qui pour eux était inimaginable.

Il est tout de même probable que certains des gestionnaires du système marchand ne soient pas dupes et aussi bornés ; intervient alors l’intérêt personnel, ou de groupe qui amène à maintenir ce système en place et à bricoler des solutions dont on sait qu’elles ne sont pas une solution au problème... mais tant qu’elles font illusions, le système fonctionne à leur profit.

Il ne s’agit donc pas d’un problème de degrés des mesures voire de leur importance ou de leur l’efficacité, mais un problème de fondement du système social. Le salariat n’est pas, en dépit de tous les discours officiels, un système qui privilégie l’individu mais qui est fondé sur l’enrichissement de certains : celles et ceux qui investissent des capitaux. Or, cela, pour des raisons évidentes, les gestionnaires du système ne le reconnaîtront jamais, ... comme dans l’Antiquité, les maîtres faisaient croire à leurs esclaves que leur situation était un « état naturel »... on nous raconte aujourd’hui que le marché (et tout ce qu’il implique) est une chose naturelle.

A moins de repenser le statut du travail dans la société, et donc de repenser les rapports sociaux, ne cherchez pas des solutions au chômage, il n’y en a pas !

26 septembre 2005                                                                         Patrick MIGNARD

Voir également les articles « LA MARCHANDISATION DU MONDE » et « AUX LIMITES DU SYSTEME MARCHAND »

[1] LE TRAVAIL EN QUESTION (1) LE TRAVAIL EN QUESTION (2) LE TRAVAIL EN QUESTION (3) LE TRAVAIL EN QUESTION (4)

 

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ALTERMONDIALISME ET POLITIQUE

Une question obsédante hante tous les altermondialistes : doit-on ou non participer à l’activité politique officielle et en particulier aux élections ? Pris entre le désir de faire « neuf » dans l’action en dehors des « sentiers battus » et la peur d’être systématiquement marginalisés, oublié des médias, la réponse à cette question n’est pas simple.

La tentation a été la plus forte, lors des dernières élections régionales,... des listes altermondialistes se sont présentées, avec le succès que l’on sait... d’autres ont préféré se retirer. La question n’est pour autant pas réglée, pour le présent et surtout l’avenir, de l’articulation entre la critique altermondialiste du système marchand et la participation ou non, et si oui sous qu’elles modalités, à la vie politique « traditionnelle ».

IMPERATIF « DU » POLITIQUE ET ATTRAIT DE « LA » POLITIQUE

Toute critique d’un système se heurte, à brève échéance, à la question de la pratique. Au-delà du (des) discours la question du « que faire concrètement ? » est inévitable. Elle est doublée aujourd’hui, vue l’importance de la communication et des médias qui en sont le support, par la question « comment être connu sans tomber dans la futilité médiatique et la compromission politique ? »

Le bilan actuel est loin d’être positif en terme d’effets concrets.

Le discours des altermondialistes n’a pas suscité un changement significatif de la part des gouvernements dans la gestion des ressources de la planète, la réduction des inégalités et la réflexion sur un autre type de fonctionnement de la collectivité humaine - développement et croissance sont toujours à l’ordre du jour. Au contraire il a poussé les politiciens à encore plus de cynisme et de démagogie. Dans le pire des cas ils, les altermondialistes, ont été, et sont, victimes, y compris de la part des gouvernements « démocratiques », de la répression la plus brutale et dans le « meilleur » ils ont vu leurs discours et analyses totalement pillés, dénaturés, détournés, récupérés par les politiciens sans scrupules et soucieux de donner démagogiquement le change à un électorat de plus en plus, inquiet.

Leur interrogation devant être à un moment nécessairement politique, les altermondialistes ont senti, à juste titre, que leur expression devait aussi l’être, politique.

Le problème dans notre société c’est que si, le champs « du » politique est largement ouvert aux interrogations individuelles et collectives, le champs de « la » politique, lui, est parfaitement verrouillé par une classe parasite ( voir l’article : VICTOIRE DE « LA » POLITIQUE... MORT « DU » POLITIQUE) Or, « le » politique aujourd’hui ne s’exprime, ou ne peut s’exprimer, que par le canal de « la » politique... autrement dit « le » politique est confisqué, et est de fait étouffé, voire déconsidéré par les relents nauséabonds de la pratique de la politique. Pourtant la nécessité de l’expression politique est indispensable. Posée autrement, la question pourrait-être : « L’expression politique peut-elle exister en dehors des canaux traditionnels de la politique ? ». C’est aujourd’hui le problème central qui se pose au mouvement altermondialiste... mais apparemment il ne le sait pas encore.

La réponse à cette question nécessite une vision claire de ce qu’est « le » politique et « la »politique. Cette vision est déformée par le poids de « la » politique qui monopolise et confisque toute réflexion politique et la cantonne dans les espaces étroits délimités par les intérêts du système marchand qu’elle sert... c’est à ce niveau que joue pleinement l’idéologie dominante, la pensée unique, qui donne une fausse représentation de la réalité dans l’objectif de préserver le système. Espaces également délimités par les intérêts bureaucratiques des partis qui font de la conquête et de l’exercice du pouvoir un impératif catégorique et un privilège pour leurs membres. C’est aussi, enfin, à ce niveau que jouent les pratiques de tentatives plus ou moins réussies de récupération d’un mouvement qui draine autant de monde - et donc un électorat potentiel. Concrètement parlant, tous les moyens d’expression, du moins les plus efficaces, hormis en partie Internet jusqu’à présent, sont entre les mains des gestionnaires du système. Vouloir y avoir accès oblige à la négociation et à la compromission et finalement à l’impuissance politique. C’est aujourd’hui l’impasse dans laquelle se trouve ce mouvement : tenté par le compromis mais craignant la compromission.

UNE PENSEE POLITIQUE EN PANNE

« L’arme de la critique ne saurait remplacer la critique des armes », autrement dit, la critique du système marchand ne saurait faire l’économie de sa propre critique.

Courtisé dès son apparition par une classe politique particulièrement corruptrice, le mouvement altermondialiste s’est rapidement dispersé qui dans des organisations autonomes, qui dans des partis politiques déjà constitués l’utilisant comme « vivier de militant-e-s », qui dans un/des nuage/s de militants « électrons libres ». L’apparente unité dans la critique du système n’a pas su/pu résister aux pressions extérieures, aux forces centrifuges induites par sa diversité et à l’incapacité à concevoir une stratégie politique.

La conquête du politique ne se fait pas, et l’Histoire nous le montre, en marchant dans les pas d’un maître qui nous précède et nous montre doctement le chemin à suivre,... qui plus est quand le maître est un filou et un escroc. Le démarrage prometteur de l’ « antimondialisation », puis de l’ « altermondialisation » n’a pas su dépasser le stade de la rhétorique classique à l’égard du système et des magouilles d’appareils au sein même du mouvement. Malgré une analyse qui se voulait pertinente, et qui souvent l’était, la démarche politique n’a pas su se dégager des ornières qui font du discours la seule pratique et la pratique/praxis la parente pauvre de l’engagement. Le mouvement se retrouve ainsi, après une courte existence, avec des interrogations existentielles qui ne sont que l’expression des erreurs commises. Seuls, celles et ceux qui étaient demeurés ancrés dans les certitudes trompeuses de leurs organisations ont l’illusion dérisoire d’avoir « tiré les marrons du feu ».

Ce n’est pas la diversité qui a stérilisé l’altermondialisme, mais le défaut de pensée stratégique.

La question n’est pas de savoir si oui ou non le « mouvement altermondialiste » a su, ou pu, surmonter ses diversités, comme le disent certains, la question est de savoir s’il est capable de penser une pratique sociale alternative (la praxis) qui sera demain la fossoyeuse du système marchand. Générer une pratique politique et sociale alternative c’est faire « du » politique sans passer par les méandres pervers de « la »politique, c’est s’autonomiser par rapport à tout ce que le système marchand à mis en place pour « récupérer » toute initiative qui risque de remettre en question son existence.

S’en remettre au cadre traditionnel de l’organisation des grandes manifestations, qui deviennent inévitablement de « grandes messes » et autres « défilés de mode », c’est non seulement institutionnaliser le discours comme pratique substitutive à la praxis, mais c’est aussi se livrer à la compromission vis-à-vis d’institutions détentrices d’argent public qui le mettront à notre disposition à condition de passer par leurs conditions. Il n’y a pourtant pas de fatalité à ces soit disantes contraintes, contrairement au : « On est bien obligé d’en passer par là ? »... C’est toujours ce genre de raisonnement qu’ont utilisé celles et ceux qui, soit par manque de conviction, soit par manque de courage, soit par intérêt cupide, se sont toujours abstenu de « faire ». Il n’y a fatalité que si l’on considère que c’est la seule voie. Or rien ne nous oblige de passer par là, du moins prioritairement car la praxis, ce qui fait et fera l’essentiel du processus de changement, est ailleurs, loin des médias, des politiciens, loin des stratégies électorales dont on sait pertinemment qu’elles ne donnent que l’illusion d’une hypothétique éventualité de changement, loin des discours de celles et ceux qui ne sont que les gestionnaires du système marchand. Elle est, la praxis, dans ces structures souvent informelles que tissent celles et ceux qui, soit par conviction, soit par nécessité, soit les deux, « inventent » de nouvelles structures, de nouvelles pratiques porteuses d’avenir, celles et ceux qui font l’expérience concrète que les valeurs, les rapports que nous voulons pour demain, sont non seulement viables, mais souhaitables.

C’est donc bien en terme de champs d’intervention qu’il faut aujourd’hui poser la question de « quelle pratique politique ? ». Pourtant, dans l’état actuel des choses, tout porte à croire que cette problématique est superbement ignorée par les soit disant « leaders politiques du changement » qui s’acharnent à reproduire des formes d’expression, de luttes, d’action qui ont largement fait la preuve de leur faillite. Ils s’obstinent à considérer les échéances électorales comme des étapes du changement ( ?), qui poussent le ridicule jusqu’à croire et, ce qui est plus grave, faire croire, que c’est en changeant de gouvernement, de président, et/ou de majorité parlementaire qu’ « un autre monde est possible ». Ils s’obstinent à faire des grandes manifestations de masse l’essentiel de leur pratique politique, mystifiant en cela le plus grand nombre qui se donne activement ou passivement l’illusion de la force et de l’efficacité...

... Et ce n’est pas un candidat à l’élection présidentielle qui règlera le problème, au contraire, il consacrera l’illustration de la faillite stratégique du mouvement.

POUR UN RENOUVEAU DE LA PENSEE POLITIQUE

La pensée politique a été corrompue par la fausse illusion que procure la démocratie marchande - à l’image du marché, et de ses lois, qui doivent assurer un fonctionnement juste et rationnel des facteurs de production et des richesses produites, la démocratie marchande, c’est-à-dire le système politique qui assure la survie du système de même nom, doit assurer un fonctionnement juste et rationnel des institutions politiques.

Cette croyance, ce mythe, s’avère en grande partie illusoire. Tant sur le plan intérieur, qu’au niveau international, le système politique actuel est loin de tenir ses promesses de baptême et par ces temps de mobilisation marchande, dérive vers des pratiques parfaitement contradictoires avec les principes qui le fondent.

Repenser le politique, c’est à la fois réinterroger l’Histoire sur les mécanismes de changement des systèmes économiques et politiques, c’est aussi relativiser les résultats de l’appareil de « fonctionnement démocratique des institutions des démocraties »... l’un entraînant d’ailleurs l’autre.

L’Histoire nous montre en effet le rôle essentiel de la pratique économique et sociale dans le dépassement des systèmes et l’avènement de nouveaux rapports sociaux (voir les articles « DECADENCE »). Elle nous permet de prendre la mesure de la relativité des marges de manœuvres politiques qu’offrent tous les systèmes en place en matière de changement (voir l’article : « FORMES DE LUTTES EN PERIODE DE DECADENCE »).

Les champs d’intervention se situent donc dans la pratique concrète d’un nouveau type de relations sociales. A la fois dans une volonté, plus ou moins consciente de dépassement du système marchand, mais assurément dans la concrétisation de la volonté d’un nouveau type de relation des individus entre eux dans la manière de produire et de répartir les richesses produites.

C’est cette pratique qui doit fonder l’adhésion du plus grand nombre. C’est elle et non les discours, aussi convaincants soient-ils, qui enracinera la conviction et l’urgence de la nécessité du changement.

Les pratiques alternatives, considérées aujourd’hui comme des manifestations plus ou moins folkloriques, et assurément marginales, ne sont pas le produit d’une génération spontanée du mouvement des idées, mais l’expression d’une nécessité économique, sociale et écologique et de la prise de conscience de l’impératif d’une nouvelle logique sociale.

Le renouveau de la pensée politique doit briser le carcan de la problématique organisationnelle classique actuelle. Les organisations politiques sont totalement dépassées par la tâche qui nous incombe et nous maintiennent dans la débilité et l’impuissance politique. Expression même du gâtisme politique elles ne savent que reproduire de vieux réflexes coupés de la réalité. Leurs débats stratégico-électoraux, expression de leurs obsessions électorales sont totalement obsolètes.

Le discours politique ne doit plus se fonder sur une rhétorique interne au système politique, mais sur l’expression d’une pratique sociale, une praxis, qui a pour objectif de le dépasser.

Ainsi, la citoyenneté altermondialiste n’est certainement pas la transposition mécanique de la conception nationale marchande de celle-ci. Au niveau national, la citoyenneté a été vidée de sa substance au point d’en faire un instrument de manipulation par le pouvoir et de frustration. Bâtie sur une ambiguïté fondamentale qui paradoxalement faisait du salarié, individu purement instrumentalisé, un individu paraît-il libre, cette conception de la citoyenneté est devenue une enveloppe vide que la classe politique essaye de remplir lors de chaque scrutin avec des mots d’ordre mystificateurs, purs produits du marketing politique.- voir l’article « LA MARCHANDISE CONTRE LA CITOYENNETE » et « PEUT-ON AVOIR CONFIANCE DANS LES HOMMES/FEMMES POLITIQUES ? »

La véritable citoyenneté ne saurait se fonder sur le rapport salarial, mais au contraire se fonder sur un rapport social dans lequel la primauté est faite à l’individu et non aux lois du capital et du marché, c’est tout le sens du slogan « Je ne suis pas une marchandise » arboré sur les tee-shirt.

La pratique alternative est mille fois plus efficace que tous les discours alternatifs réunis.

18 septembre 2005                                                                         Patrick MIGNARD

ALTERMONDIALISME ET POLITIQUE

Une question obsédante hante tous les altermondialistes : doit-on ou non participer à l’activité politique officielle et en particulier aux élections ? Pris entre le désir de faire « neuf » dans l’action en dehors des « sentiers battus » et la peur d’être systématiquement marginalisés, oublié des médias, la réponse à cette question n’est pas simple.

La tentation a été la plus forte, lors des dernières élections régionales,... des listes altermondialistes se sont présentées, avec le succès que l’on sait... d’autres ont préféré se retirer. La question n’est pour autant pas réglée, pour le présent et surtout l’avenir, de l’articulation entre la critique altermondialiste du système marchand et la participation ou non, et si oui sous qu’elles modalités, à la vie politique « traditionnelle ».

IMPERATIF « DU » POLITIQUE ET ATTRAIT DE « LA » POLITIQUE

Toute critique d’un système se heurte, à brève échéance, à la question de la pratique. Au-delà du (des) discours la question du « que faire concrètement ? » est inévitable. Elle est doublée aujourd’hui, vue l’importance de la communication et des médias qui en sont le support, par la question « comment être connu sans tomber dans la futilité médiatique et la compromission politique ? »

Le bilan actuel est loin d’être positif en terme d’effets concrets.

Le discours des altermondialistes n’a pas suscité un changement significatif de la part des gouvernements dans la gestion des ressources de la planète, la réduction des inégalités et la réflexion sur un autre type de fonctionnement de la collectivité humaine - développement et croissance sont toujours à l’ordre du jour. Au contraire il a poussé les politiciens à encore plus de cynisme et de démagogie. Dans le pire des cas ils, les altermondialistes, ont été, et sont, victimes, y compris de la part des gouvernements « démocratiques », de la répression la plus brutale et dans le « meilleur » ils ont vu leurs discours et analyses totalement pillés, dénaturés, détournés, récupérés par les politiciens sans scrupules et soucieux de donner démagogiquement le change à un électorat de plus en plus, inquiet.

Leur interrogation devant être à un moment nécessairement politique, les altermondialistes ont senti, à juste titre, que leur expression devait aussi l’être, politique.

Le problème dans notre société c’est que si, le champs « du » politique est largement ouvert aux interrogations individuelles et collectives, le champs de « la » politique, lui, est parfaitement verrouillé par une classe parasite ( voir l’article : VICTOIRE DE « LA » POLITIQUE... MORT « DU » POLITIQUE) Or, « le » politique aujourd’hui ne s’exprime, ou ne peut s’exprimer, que par le canal de « la » politique... autrement dit « le » politique est confisqué, et est de fait étouffé, voire déconsidéré par les relents nauséabonds de la pratique de la politique. Pourtant la nécessité de l’expression politique est indispensable. Posée autrement, la question pourrait-être : « L’expression politique peut-elle exister en dehors des canaux traditionnels de la politique ? ». C’est aujourd’hui le problème central qui se pose au mouvement altermondialiste... mais apparemment il ne le sait pas encore.

La réponse à cette question nécessite une vision claire de ce qu’est « le » politique et « la »politique. Cette vision est déformée par le poids de « la » politique qui monopolise et confisque toute réflexion politique et la cantonne dans les espaces étroits délimités par les intérêts du système marchand qu’elle sert... c’est à ce niveau que joue pleinement l’idéologie dominante, la pensée unique, qui donne une fausse représentation de la réalité dans l’objectif de préserver le système. Espaces également délimités par les intérêts bureaucratiques des partis qui font de la conquête et de l’exercice du pouvoir un impératif catégorique et un privilège pour leurs membres. C’est aussi, enfin, à ce niveau que jouent les pratiques de tentatives plus ou moins réussies de récupération d’un mouvement qui draine autant de monde - et donc un électorat potentiel. Concrètement parlant, tous les moyens d’expression, du moins les plus efficaces, hormis en partie Internet jusqu’à présent, sont entre les mains des gestionnaires du système. Vouloir y avoir accès oblige à la négociation et à la compromission et finalement à l’impuissance politique. C’est aujourd’hui l’impasse dans laquelle se trouve ce mouvement : tenté par le compromis mais craignant la compromission.

UNE PENSEE POLITIQUE EN PANNE

« L’arme de la critique ne saurait remplacer la critique des armes », autrement dit, la critique du système marchand ne saurait faire l’économie de sa propre critique.

Courtisé dès son apparition par une classe politique particulièrement corruptrice, le mouvement altermondialiste s’est rapidement dispersé qui dans des organisations autonomes, qui dans des partis politiques déjà constitués l’utilisant comme « vivier de militant-e-s », qui dans un/des nuage/s de militants « électrons libres ». L’apparente unité dans la critique du système n’a pas su/pu résister aux pressions extérieures, aux forces centrifuges induites par sa diversité et à l’incapacité à concevoir une stratégie politique.

La conquête du politique ne se fait pas, et l’Histoire nous le montre, en marchant dans les pas d’un maître qui nous précède et nous montre doctement le chemin à suivre,... qui plus est quand le maître est un filou et un escroc. Le démarrage prometteur de l’ « antimondialisation », puis de l’ « altermondialisation » n’a pas su dépasser le stade de la rhétorique classique à l’égard du système et des magouilles d’appareils au sein même du mouvement. Malgré une analyse qui se voulait pertinente, et qui souvent l’était, la démarche politique n’a pas su se dégager des ornières qui font du discours la seule pratique et la pratique/praxis la parente pauvre de l’engagement. Le mouvement se retrouve ainsi, après une courte existence, avec des interrogations existentielles qui ne sont que l’expression des erreurs commises. Seuls, celles et ceux qui étaient demeurés ancrés dans les certitudes trompeuses de leurs organisations ont l’illusion dérisoire d’avoir « tiré les marrons du feu ».

Ce n’est pas la diversité qui a stérilisé l’altermondialisme, mais le défaut de pensée stratégique.

La question n’est pas de savoir si oui ou non le « mouvement altermondialiste » a su, ou pu, surmonter ses diversités, comme le disent certains, la question est de savoir s’il est capable de penser une pratique sociale alternative (la praxis) qui sera demain la fossoyeuse du système marchand. Générer une pratique politique et sociale alternative c’est faire « du » politique sans passer par les méandres pervers de « la »politique, c’est s’autonomiser par rapport à tout ce que le système marchand à mis en place pour « récupérer » toute initiative qui risque de remettre en question son existence.

S’en remettre au cadre traditionnel de l’organisation des grandes manifestations, qui deviennent inévitablement de « grandes messes » et autres « défilés de mode », c’est non seulement institutionnaliser le discours comme pratique substitutive à la praxis, mais c’est aussi se livrer à la compromission vis-à-vis d’institutions détentrices d’argent public qui le mettront à notre disposition à condition de passer par leurs conditions. Il n’y a pourtant pas de fatalité à ces soit disantes contraintes, contrairement au : « On est bien obligé d’en passer par là ? »... C’est toujours ce genre de raisonnement qu’ont utilisé celles et ceux qui, soit par manque de conviction, soit par manque de courage, soit par intérêt cupide, se sont toujours abstenu de « faire ». Il n’y a fatalité que si l’on considère que c’est la seule voie. Or rien ne nous oblige de passer par là, du moins prioritairement car la praxis, ce qui fait et fera l’essentiel du processus de changement, est ailleurs, loin des médias, des politiciens, loin des stratégies électorales dont on sait pertinemment qu’elles ne donnent que l’illusion d’une hypothétique éventualité de changement, loin des discours de celles et ceux qui ne sont que les gestionnaires du système marchand. Elle est, la praxis, dans ces structures souvent informelles que tissent celles et ceux qui, soit par conviction, soit par nécessité, soit les deux, « inventent » de nouvelles structures, de nouvelles pratiques porteuses d’avenir, celles et ceux qui font l’expérience concrète que les valeurs, les rapports que nous voulons pour demain, sont non seulement viables, mais souhaitables.

C’est donc bien en terme de champs d’intervention qu’il faut aujourd’hui poser la question de « quelle pratique politique ? ». Pourtant, dans l’état actuel des choses, tout porte à croire que cette problématique est superbement ignorée par les soit disant « leaders politiques du changement » qui s’acharnent à reproduire des formes d’expression, de luttes, d’action qui ont largement fait la preuve de leur faillite. Ils s’obstinent à considérer les échéances électorales comme des étapes du changement ( ?), qui poussent le ridicule jusqu’à croire et, ce qui est plus grave, faire croire, que c’est en changeant de gouvernement, de président, et/ou de majorité parlementaire qu’ « un autre monde est possible ». Ils s’obstinent à faire des grandes manifestations de masse l’essentiel de leur pratique politique, mystifiant en cela le plus grand nombre qui se donne activement ou passivement l’illusion de la force et de l’efficacité...

... Et ce n’est pas un candidat à l’élection présidentielle qui règlera le problème, au contraire, il consacrera l’illustration de la faillite stratégique du mouvement.

POUR UN RENOUVEAU DE LA PENSEE POLITIQUE

La pensée politique a été corrompue par la fausse illusion que procure la démocratie marchande - à l’image du marché, et de ses lois, qui doivent assurer un fonctionnement juste et rationnel des facteurs de production et des richesses produites, la démocratie marchande, c’est-à-dire le système politique qui assure la survie du système de même nom, doit assurer un fonctionnement juste et rationnel des institutions politiques.

Cette croyance, ce mythe, s’avère en grande partie illusoire. Tant sur le plan intérieur, qu’au niveau international, le système politique actuel est loin de tenir ses promesses de baptême et par ces temps de mobilisation marchande, dérive vers des pratiques parfaitement contradictoires avec les principes qui le fondent.

Repenser le politique, c’est à la fois réinterroger l’Histoire sur les mécanismes de changement des systèmes économiques et politiques, c’est aussi relativiser les résultats de l’appareil de « fonctionnement démocratique des institutions des démocraties »... l’un entraînant d’ailleurs l’autre.

L’Histoire nous montre en effet le rôle essentiel de la pratique économique et sociale dans le dépassement des systèmes et l’avènement de nouveaux rapports sociaux (voir les articles « DECADENCE »). Elle nous permet de prendre la mesure de la relativité des marges de manœuvres politiques qu’offrent tous les systèmes en place en matière de changement (voir l’article : « FORMES DE LUTTES EN PERIODE DE DECADENCE »).

Les champs d’intervention se situent donc dans la pratique concrète d’un nouveau type de relations sociales. A la fois dans une volonté, plus ou moins consciente de dépassement du système marchand, mais assurément dans la concrétisation de la volonté d’un nouveau type de relation des individus entre eux dans la manière de produire et de répartir les richesses produites.

C’est cette pratique qui doit fonder l’adhésion du plus grand nombre. C’est elle et non les discours, aussi convaincants soient-ils, qui enracinera la conviction et l’urgence de la nécessité du changement.

Les pratiques alternatives, considérées aujourd’hui comme des manifestations plus ou moins folkloriques, et assurément marginales, ne sont pas le produit d’une génération spontanée du mouvement des idées, mais l’expression d’une nécessité économique, sociale et écologique et de la prise de conscience de l’impératif d’une nouvelle logique sociale.

Le renouveau de la pensée politique doit briser le carcan de la problématique organisationnelle classique actuelle. Les organisations politiques sont totalement dépassées par la tâche qui nous incombe et nous maintiennent dans la débilité et l’impuissance politique. Expression même du gâtisme politique elles ne savent que reproduire de vieux réflexes coupés de la réalité. Leurs débats stratégico-électoraux, expression de leurs obsessions électorales sont totalement obsolètes.

Le discours politique ne doit plus se fonder sur une rhétorique interne au système politique, mais sur l’expression d’une pratique sociale, une praxis, qui a pour objectif de le dépasser.

Ainsi, la citoyenneté altermondialiste n’est certainement pas la transposition mécanique de la conception nationale marchande de celle-ci. Au niveau national, la citoyenneté a été vidée de sa substance au point d’en faire un instrument de manipulation par le pouvoir et de frustration. Bâtie sur une ambiguïté fondamentale qui paradoxalement faisait du salarié, individu purement instrumentalisé, un individu paraît-il libre, cette conception de la citoyenneté est devenue une enveloppe vide que la classe politique essaye de remplir lors de chaque scrutin avec des mots d’ordre mystificateurs, purs produits du marketing politique.- voir l’article « LA MARCHANDISE CONTRE LA CITOYENNETE » et « PEUT-ON AVOIR CONFIANCE DANS LES HOMMES/FEMMES POLITIQUES ? »

La véritable citoyenneté ne saurait se fonder sur le rapport salarial, mais au contraire se fonder sur un rapport social dans lequel la primauté est faite à l’individu et non aux lois du capital et du marché, c’est tout le sens du slogan « Je ne suis pas une marchandise » arboré sur les tee-shirt.

La pratique alternative est mille fois plus efficace que tous les discours alternatifs réunis.

18 septembre 2005                                           Patrick MIGNARD

 

 

 

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LA DICTATURE DES APPARENCES

Aujourd’hui, les marchands d’illusions ont des moyens tels, à leur disposition, qu’ils peuvent, et font, du moins jusqu’à présent, que l’accessoire apparaisse comme l’essentiel. Le piège est grand ouvert et légions sont celles et ceux qui s’y précipitent en toute bonne foi.

La temps a passé depuis l’« ébranlement politique » du 29 mai. Un gros trimestre banal, classique, bref estival, avec ses catastrophes diverses, ses incendies de forêts, ses bouchons routiers et ses incertitudes météorologiques. Un trimestre qui a pu apparaître vide comparé à l’effervescence des mois précédent le référendum.

Le temps tourne. Les éléphants politiques, comme engourdis après une longue sieste commencent à s’agiter, secouant leur poussière et chassant les mouches. Ils entonnent leur long barrissement afin d’alerter toute la jungle qu’il s’agit de revenir aux « choses sérieuses », du moins à ce qu’il décrètent de sérieux... c’est la fonction des « universités d’été ».

QUE S’EST-IL PASSE ?...

Certains peuvent trouver plus ou moins romantiques les périodes d’euphories suivies de phases de profondes dépressions rythmées par les campagnes électorales. Les « on a gagné » clamés en public les soirs de victoires électorales sont généralement suivis par des discrets et individuels « on s’est encore fait avoir ».

La lutte entre les OUI et les NON aurait pu faire croire, certains le croient encore, que (enfin !), les « bons » l’auraient emportés sur les « mauvais ». Hélas, la situation est plus compliquée...

Les « leçons » des victoires électorales sont toujours tirées par les principaux intéressés aux résultats. Ces « leçons » ne nous apprennent rien sinon que tout reste comme avant. Elle sont comme l’entonnoir, elle conduisent toujours dans la même direction : la préparation des prochaines élections.

Or, de même que les révoltes paysannes au Moyen Age n’ont jamais remis en question le système féodal, pousser un coup de gueule, voter « non » quand tous les biens pensants nous poussent à voter « oui », ... ce n’est pas, aujourd’hui, contrairement aux apparences, se réapproprier le politique. Certes, c’est faire montre d’opposition, signifier son désaccord, exprimer son existence, mais c’est tout. C’est à la fois beaucoup conjoncturellement, personnellement, et disons le narcissiquement, mais dérisoire stratégiquement. Et ça, les politiciens le savent, en jouent et en profitent. « Laissez s’exprimer la colère du peuple, ça le calmera, il aura l’impression d’avoir fait quelque chose d’essentiel... et l’on pourra ensuite reprendre nos affaires ». Bénies soient les élections ! C’est exactement ce qui est entrain de se passer.

Quels changements importants ont-ils eu lieu depuis le 29 mai ? Sent-on un changement de politique ? Une réorientation de la politique libérale ? Qu’il soit tenu compte de l’avertissement, du refus, des craintes et des angoisses ? Non. Rien. Absolument rien.

Le business européen continue comme si de rien n’était, comme si rien ne s’était passé...

Mais que s’est-il passé au juste ? Oui je sais le NON l’a emporté,... mais je veux dire quelque chose d’essentiel ? Quel déclic ?

A y réfléchir, au fond, de fondamental, rien ne s’est passé. La preuve ? Les privatisations continuent, la politique anti sociale bat son plein, les sans papiers et les chômeurs sont traqués, les sans logis brûlent dans leurs taudis, les OGM envahissent nos campagnes,... il y a même des démagogues qui disent, osent dire, alors que le 29 mai ils ont été désavoués et qu’ils ont participé depuis des lustres à tous les gouvernements de leur couleur politique, qu’ils ont compris le peuple et qu’il est temps de changer ( ?????°) On croit rêver devant autant de bassesse et de mauvaise foi.

La preuve encore ? les partis politiques sont entrain de ressortir leur traditionnelle batterie de cuisine électorale pour nous mitonner des petits plats dont ils ont le secret pour 2007... le combat des chefs pour la possession de la « toque d’or » qui bat son plein en cuisine assure le spectacle dans les médias entre incendies de forêts et catastrophes aériennes (largement médiatisée dans ses moindres détails pendant des jours)... et sur fond de fin de règne.

Tel leader fait une déclaration et les commentaires fusent de toute part en un feu d’artifice (c’est le cas de le dire) qui auréole l’audacieux qui fait sortir la pensée politique (sic) de sa torpeur estivale, qui incite ses adversaires du même parti à faire un pas (faux l’espère-t-il). Puis, sûr de son effet, il se retire provisoirement, observant la masse grouillante des commentateurs s’agiter, le louer ou le condamner. « Dites du bien, dites du mal, mais surtout parlez de moi » telle est la devise des exhibitionnistes politiciens. C’est à ces détails, ces attitudes, ces réflexes que l’on peut affirmer que « rien ne s’est passé », que « tout est comme avant » et qu’une fois de plus l’on va s’engager dans une impasse.

La vie politique c’est comme une orange, il faut la peler pour en savourer le goût, il faut la peler pour atteindre sa substance vive. La peau, ce sont les turpitudes conjugales d’un ministre toujours à la recherche de la notoriété, les préparations d’un congrès de parti politique, les petites phrases de tel ou tel, le discours officiel, la vérité officielle, les spéculations politico médicales... La peau c’est ce qui emprisonne la pensée, l’initiative, la prospective, bref l’intelligence de la vie.

L’ESSENTIEL DE LA VIE

L’essentiel n’est pas dans les élucubrations médiatico-stériles des acteurs (mauvais) du système. Il est dans le quotidien, dans la quotidienneté, dans la manière dont la vie s’organise au milieu, et du fait, des difficultés générées par le système marchand.

L’essentiel n’est pas non plus dans les défilés traditionnels toutes banderoles et drapeaux au vent, pas plus que dans la traditionnelle journée d’action censée faire trembler le gouvernement.

L’essentiel est, paradoxalement, ce qui n’apparaît pas, ou presque pas, dans les multiples moyens de communication dont dispose notre société. Un exemple ?

Durant le mois d’août, des paysans du Lot et Garonne saturés de promesses et victimes des systèmes de distributions ont décidé une vente directe à Paris... et ça a marché. Satisfaction du côté des consommateurs et des producteurs. Les médias en ont peu parlé, certes sur le mode sympa et estival, mais ils en ont parlé. Et alors ? Alors ? Au risque de surprendre je considère ça comme de l’essentiel. C’est local, c’est limité, probablement sans prétention, mais ça montre que ça peut fonctionner, ça montre qu’il peut exister autre chose que ces gigantesques, absurdes et ruineux circuits marchands qui constituent la trame de notre société. Je considère que ce genre d’initiative, sa multiplication, sa généralisation a certainement beaucoup plus d’importance, d’avenir politique et pédagogique en matière de changement que de savoir si la LCR va se pacser avec le PC ou si les luttes de tendance au sein du PS risquent de le faire éclater ou si l’UDF va divorcer de l’UMP. Pourtant, seuls ces grenouillages vont meubler la rentrée, vont faire les « choux gras » des « politologues » et autres « experts »... et c’est sur ces grenouillages et en fonction d’eux que le bon peuple sera consulté.

L’essentiel lui restera dans l’obscurité. Ce genre de pratique alternative, de circuits courts existe un peu dans toutes les régions, mais il se fait à partir d’initiatives locales. Il n’est jamais présenté comme ce qu’il est vraiment : une possible alternative... Il ne fait jamais partie de la stratégie des partis politiques traditionnels qui voient là un simple aspect folklorique et provincial... tout juste un moyen de marketing politique quand, par hasard, une caméra est dans le coin, on se colle alors rapidement un badge sur la poitrine.

Cet essentiel, ce qui permet d’avoir une pratique sociale nouvelle, d’établir des relations nouvelles entre producteurs et consommateurs, bref de prendre conscience concrètement et non simplement par le discours, qu’un autre monde est possible, est parfaitement ignoré par les politiciens et les gestionnaires du système marchand. Les organisations politiques traditionnelles préfèrent, dans la moiteur de leur bureau politique, de leurs « universités d’été », préparer les stratégies bureaucratiques de la rentrée pour placer tel ou tel comme candidat en 2007.

Réveillons nous. Cessons de croire aux mirages de la « réalité officielle », aux stériles jeux d’acteurs des politiciens et autres scénarios imaginaires concoctés par les spécialistes en marketing politique grassement rémunérés par les partis. Montrons à tous ces prestidigitateurs que l’on ne marche plus dans leurs « trucs ». Désintéressons-nous de leurs discours, ne répondons plus à leurs sollicitations, n’alimentons plus un débat qui n’est pas le nôtre. Il ne s’agit même plus de les critiquer ou de les combattre... pas même de les dénoncer. Ignorons les !

Notre avenir n’est pas dans leurs promesses, on sait ce qu’elles valent, mais dans la manière dont nous saurons concrètement repenser les rapports sociaux.

10 septembre 2005                                                        Patrick MIGNARD

Voir également les articles :

« LETTRE OUVERTE A CELLES ET CEUX QUI VONT VOTER NON »

« ET MAINTENANT ? ... »

 

 

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PEUT-ON DIALOGUER AVEC LA POLICE ?

L’article de BAKOU - « Victoire un Garde mobile et sa femme ont appris à lire !!!! », s’il ne m’a pas choqué. Je m’interroge cependant, et suis pas le seul, sur ce qu’il peut apporter à la réflexion. J’ai des doutes sur son efficacité pédagogique. J’ai donc essayé de « recentrer » la discussion.

A la question posée en titre je répondrai non. Il ne s’agit pas là d’une question de principe ou d’une réaction épidermique mais d’un constat à la fois d’une expérience et la conclusion d’une analyse de ce qu’est véritablement la police.(le terme « police » recouvre ici à la fois Police et Gendarmerie)

Essayons de raisonner sans a priori et sans agressivité.

Peut-être doit-on remplacer la question « Peut-on dialoguer avec la police » par la question « Doit-on dialoguer avec la police ? ». En effet la police n’a pas une autonomie de pensée, elle est l’instrument des instances politiques. A ce titre elle ne saurait avoir une démarche autre que celle de l’autorité qui lui donne les ordres. Et puis, dialoguer sur quoi ?

DIALOGUE DANS L’ACTION ?

Peut-on imaginer un dialogue entre manifestants et policiers sur la mission de ces derniers ?

Comme de nombreux manifestants, dans des situations calmes, (face à face) j’ai de nombreuses fois essayé de discuter avec ceux qui nous faisaient face... sans grande illusion tout de même. Le dialogue est évidemment impossible. Nous n’avons affaire qu’à des individus, l’air buté qui ne répondent rien et regardent fixement devant eux.

Il est exclu qu’ils entament le moindre dialogue... j’ai pu constater que leurs chefs y veillent... ils n’ont pas à penser sur ce qu’on leur ordonne. Ils obéissent. Le dialogue ne peut s’établir qu’avec l’étage supérieur, celui qui donne les ordres... et encore, il n’est généralement pas là, sur le terrain... c’est le plus souvent le préfet, dans son bureau... quand ce n’est pas le ministre.

Imaginez un seul instant que les policiers, durant une action se posent la question du « bien fondé », « du sens moral », « de la justesse » de ce qu’on leur fait faire (évacuations d’usine occupée, expulsions de familles de leurs logements, destruction d’OGM...). Il est évident que dans ces conditions leur mission s’avèrera sinon impossible, du moins aléatoire.

Je n’ai jamais vu un policier prêt à discuter le sens de la mission qui lui est confiée. Même dans les cas extrêmes, très rares sont les policiers qui ont porté un jugement sur leur mission au point de la refuser : les exemples les plus flagrants sont les rafles de juifs durant l’occupation nazie et les massacres d’Algériens pendant la Guerre d’Algérie (en particulier le 17 octobre 1961) et de Charonne en 1962.

Le dialogue à ce niveau est totalement impossible.

DIALOGUE AVEC L’INSTITUTION ?

Dans le cadre d’un engagement associatif, on peut prendre contact avec la Police, ou plus exactement avec les représentants syndicaux des policiers. La prise de contact est plus simple avec les syndicats dits « progressistes », qu’avec les syndicats « de droite ». Mais, pour l’avoir pratiqué, dans le cadre du militantisme dans une organisation de défense des droits de homme, l’expérience de ces contacts est particulièrement décevante... et finalement inutile. Ce n’est pas que les policiers refusent la discussion au contraire, ce n’est pas qu’il ne nous écoutent pas loin de là, ... le problème c’est que sur l’essentiel ils n’ont rien à dire... pas par ce qu’ils seraient stupides mais parce qu’ils sont, pour les plus conscients (et il y en a dans les syndicats), dans une situation qui les verrouille totalement.... La conclusion est souvent : il nous faudrait plus d’effectif... le hic c’est « pour quoi faire ? » et cette question, débattue sur le fond est un vrai tabou... ce qui se comprend puisqu’elle porte sur le sens du système que les policiers servent.

Il fut une époque où l’on rencontrait dans la police, j’en ai fait l’expérience, des policiers, souvent issus de la Résistance, qui avaient une conception particulière de leur mission. Ils n’hésitaient pas à pratiquer ce que l’on pourrait nommer un « double jeu » en ayant des démarches discrètes pour renseigner, conseiller les militants (jeunes, que nous étions). Cette catégorie de policiers a disparue, non seulement du fait du temps, mais aussi du fait que le système s’est doté, pour la formation de la police de méthodes et conceptions « pasqualo-sarkosiennes » qui ne laissent plus la place à ce genre d’initiatives..

Il faut comprendre également que le policier se sait « mal aimé » quoiqu’en dise le pouvoir qui l’utilise. Il n’exerce pas une profession valorisante... il n’est d’ailleurs pas le seul dans ce cas. Policier est un métier que l’on fait rarement par vocation ou par passion. De plus c’est un métier dangereux, difficile et ingrat : il y a certes le « prestige » de l’uniforme et la stabilité de l’emploi, mais il y a aussi les emplois du temps délirants et le salaire pas si élevé que cela.

Dotés de pouvoirs exorbitants sur les autres citoyens, d’une « couverture » quasi absolue assurée par les pouvoirs publics, crus systématiquement par la Justice, une telle profession devrait être assurée par des individus d’une teneur morale, humaine et civique exemplaire. Or c’est bien loin d’être le cas concernant des gens dont l’univers culturel est souvent borné par le sport, le tiercé et TF1... Cela se pourrait-il également pour assurer l’ordre d’un système inégalitaire ?

Il y a des sadiques et des pervers dans toutes les professions, mais pour ce qui le sont dans la police ça se voit plus qu’ailleurs et ça fait plus de dégâts (matériels, humains, et moraux). Les dérives inévitables sont multiples... ce qui accroît la colère et le sentiment d’injustice dans la population, sans parler des militants, et terni encore plus une image difficile à conserver positive quand il s’avère, en particulier dans les conflits sociaux, que la police est (ce qu’elle est effectivement), le bras armé d’un système injuste et inégalitaire.

Le syndrome de la « forteresse assiégée » a alors tendance à se développer... l’ « esprit de corps », entretenu par la hiérarchie, isolant encore plus l’institution policière de la société civile... et en particulier de ses éléments les plus progressistes.

UNE SITUATION BLOQUEE ?

Je pense que oui. Dans un système comme le notre, basé sur l’instrumentalisation de l’individu, générateur d’inégalité, d’exclusion, de frustration, la police joue un rôle essentiel de maintien de cet ordre. Le vernis démocratique ne tient que par l’illusion persistante et particulièrement élaborée fournie par le système électoral et l’illusion d’un « service public » que serait la police.

Cependant, dans un système qui se veut démocratique, l’image de la police est important pour entretenir cette illusion. Ainsi, les CRS par exemple sont employés à la fois pour la répression, mais aussi pour le sauvetage : les mêmes qui assurent l’été la surveillance des places peuvent vous tabasser en hiver au cours d’une manifestation. Cette ambivalence dans la fonction sert à la fois à la police à se donner une image valorisante pour elle-même, et pour le public.

L’affichage de la Déclaration des Droits de l’Homme et dans les commissariat et l’adoption d’un code de déontologie fait partie de cette volonté de se donner un look « moderne et démocratique », mais ne change en rien, ni la nature, ni les pratiques de la police.

Il est évident que moins le système (ce qui est de plus en plus le cas) pourra « lâcher du lest » sur les revendications et les conditions de vie sociale, plus il aura recours à ses forces de répression.

Il n’est pas exclu de trouver dans la police des éléments, isolés, partageant les mêmes doutes, les mêmes convictions et les mêmes espérances que nous... ils seront non seulement conscients, mais aussi courageux (il y en a eu, peu mais il y en a eu, durant l’Occupation). Ils nous seront précieux dans le combat que nous menons.

Affronter la police peut se comprendre dans la spontanéité d’un conflit social ou d’une manifestation... mais ne nous trompons pas, nous seront toujours vaincus dans ce combat... l’Histoire nous le démontre. S’affronter à la police ressemble un peu aux Jacqueries du Moyen Age... c’est humainement compréhensible, mais politiquement inefficace.

La police n’est que l’instrument d’un système. Ce n’est pas la police qui fait problème, mais le système. La police ne tiendra que tant que ce système tiendra. Le jour où se système se décomposera la police se décomposera. A nous de nous donner les moyens de le rendre obsolète.

5 septembre 2005                                                              Patrick MIGNARD

Je renvoie également aux articles :

VERS UNE SOCIETE POLICIERE ?

VIOLENCE ET CHANGEMENT SOCIAL

VIOLENCES POLICIERES ET LIBERALISME

 

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LA PREUVE PAR LA CATASTROPHE

 « DIEU PROTEGE L’AMERIQUE ! »... et heureusement sinon qu’est ce que ce serait. ! On pourrait s’en tenir à cette remarque en réponse à l’incantation hytérico-comique qui aurait du faire que, le premier geste du Président soit de faire larguer des Bibles sur la zone sinistrée.

La catastrophe qui touche les Etats-Unis est, au-delà de cela qui n’est pas très sérieux, un puissant révélateur de ce qu’est la société américaine et de manière générale la société qui s’installe au niveau mondial.

C’est finalement moins l’ampleur de la catastrophe qui est choquant que la manière dont cette société réagit en situation extrême.

POUR UNE ECONOMIE POLITIQUE DE LA CATASTROPHE

En l’espace de quelques heures, ce qui fait la fierté d’une nation a sombré dans les eaux boueuses libérées par les digues effondrées.

D’abord il y a ces digues qui ont cédé. Outre le fait que la ville a été construite en dépit du bon sens (en dessous du niveau de la mer)... mais elle n’est pas la seule dans le monde, on aurait pu imaginer qu’avec la technologie moderne dont les américains sont aussi fiers, une telle rupture ne pouvait pas se produire. Mais est-ce la technique qui est remise en question ou plutôt la manière dont elle est utilisée ? Qui décide de l’entretien ? Qui finance ? En fonction de quels critères sont fait les investissements nécessaires ?

Dans une nation ou le service public est nié, où tout est marchandisé, où l’on investi que « si ça rapporte », on peut imaginer le soin qui a été apporté à l’entretien de ces digues. La rentabilité de tels investissements est quasi nulle... donc inutile d’y consacrer des fonds.

Il y a ensuite la manière dont a été gérée, au début, la catastrophe : ordre de l’évacuation a été donné. Mais c’est tout. Rien n’a été prévu pour l’évacuation... chacun s’est débrouillé dans son coin. Evidemment les plus riches sont partis (voiture, essence, lieu d’hébergement à l’extérieur), les plus pauvres (vous remarquerez le nombre de noirs sur les images) sont resté (pas de moyens - notons qu’à la Nouvelle Orléans 28% de la population est en situation de pauvreté). S’agit-il d’une carence des autorités ? Pas du tout. Les Autorités ont prévenu, un point c’est tout. Dans une société individualiste, où c’est chacun pour soi, où, comme savent le dire les américains « on n’est pas assisté », on ne voit pas très bien pourquoi l’Etat, fédéral ou local, aurait dépensé de l’argent pour des indigents.

Mais ce n’est pas tout. Une fois la catastrophe déclanchée, il y a la nouvelle situation. On l’a vu abondamment dans les médias, les réflexes primitifs refont surface : on se bat pour de la nourriture, pour de l’eau, bref pour vivre. L’Autre est un adversaire, il peut me prendre mon bout de pain,... comme, en temps « normal », mon emploi sur le marché du travail. Le réflexe de défense, d’agressivité, de rejet, on l’a spontanément, conditionné par une société où l’on est considéré simplement qu’en fonction de son utilité économique : « tu paies, tu vis, tu ne paies pas, tu crèves ! ». Et l’on s’étonne qu’en situation de crise de telles situations se reproduisent ? Mais c’est le contraire qui serait étonnant.

La réaction des autorités par rapport aux réflexes de survie est également très significative. Le directeur du principal hôpital de la Nouvelle Orléans a tout compris quand il déclare : « Je me demande si le maintien de l’ordre ne passe pas avant l’aide aux sinistrés ». Evidemment que oui peut-on lui répondre. L’important n’est pas la vie, mais l’ordre marchand qui stipule que le besoin n’est rien, n’a aucune valeur, n’a aucun sens s’il n’est pas solvable. La sacralisation de la valeur d’échange de la marchandise dans toute sa splendeur et son abjection.

La réaction des patrons de stations services qui ont, dans la zone sinistrée, plus que doublé le prix de l’essence est de la même veine. Ils n’ont fait qu’appliquer la loi du marché : l’offre s’accroît, la pénurie s’installe, les prix montent... tout cela est parfaitement dans la logique du marché...

L’économie de marché est en fait une forme de barbarie, une barbarie recouverte, habillée, grimée d’une fine couche de « civilisation ». Grattez cette couche et sa vraie nature réapparaît... C’est l’image que nous donnent aujourd’hui, de manière brute, les USA. Plus de solidarité, plus de valeurs, plus de morale, plus d’éthique... la logique du marché à l’état brut. Les apparences de civilités, de civisme, ne sont en fait que l’alibi d’un système qui méprise fondamentalement l’individu. Le discours sur le droit n’est qu’une forme de rhétorique qui a pour fonction de faire accepter un état de fait, un système d’instrumentalisation des individus sous couvert d’argument naturaliste « le marché c’est naturel ».

UNE CATASTROPHE EXEMPLAIRE ?

La catastrophe a agit ainsi comme un véritable révélateur, à la fois des choix économiques, politiques sociaux, mais aussi des comportements intégrés. Dés que le pouvoir coercitif de l’ordre marchand disparaît, les réflexes primitifs réapparaissent. Ceci prouve, s’il en était besoin, que l’ordre marchand est un ordre artificiel, imposé, qui n’a aucune valeur éducative, qui détermine les individus dans des réflexes fabriqués qui n’ont rien à voir avec les véritables intérêts, besoins, aspirations des individus... la preuve, on préfère tuer pour maintenir l’ordre que d’accepter, même dans les situations les plus tragiques, que cet ordre soit transgressé pour sauver des vies.

En fait, ce que révèle la catastrophe, c’est la faillite de tout un système, de toute une organisation sociale, de la manière d’être en collectivité, de considérer l’Autre.

On peut être certain qu’aucun enseignement ne sera tiré de cette catastrophe. En tirer des leçons reviendrait à s’interroger sur les mécanismes de la société... or de cela il n’en est pas question... trop d’intérêts sont en jeux. Le temps une fois encore va jouer en faveur de l’amnésie, comme pour Tchernobyl, la vache folle, le sang contaminé, l’AZF et les autres catastrophes.

Peut-être, encore que, l’opinion publique américaine va-t-elle se sensibiliser aux catastrophes météorologiques qui se multiplient sur la planète. Rien n’est moins sûr, la machine à décerveler des médias américains, une des plus performantes au monde, va prendre le relais avec ses « soirées de solidarité » où les riches vont pouvoir s’exhiber, aidé en cela par les prédicateurs illuminés (les plus performants au monde) pour expliquer, les uns que l’argent arrive, les autres que Jésus revient.

Pour finir sur une note plus gaie on pourrait se poser la question : « Et Ben Laden dans tout ça ! ». Le président des USA ne l’a pas évoqué... Pourtant, il se pourrait bien que dans une de ses prières, l’insaisissable terroriste ai demandé à Dieu de lui donner cette fois, directement un coup de main. Si cette hypothèse se vérifie, le chef de l’empire du Bien va devoir revoir ses connexions avec le Tout Puissant. « DIEU PROTEGE L’AMERIQUE »,... mais BUSH est-il toujours son prophète ?

3 septembre 2005                                                               Patrick MIGNARD

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