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Publié dans : #matiere à réflexion

                         L’AVENIR SE CONSTRUIT AUJOURD’HUI

                                      Une occasion historique se présente à nous,… saurons nous la saisir ?

 

 

Le mouvement initié le 17 novembre sur le thème du refus de l’augmentation des prix du carburant a échappé à ses instigateurs. Parti sur une revendication somme toute banale, avec à sa tête des citoyens non engagés politiquement mais ne supportant plus les politiques antisociales du Pouvoir et son arrogance… personne n’a vu venir la suite.

Le mouvement a pris une ampleur insoupçonnée. Le potentiel de révolte existait,… il ne manquait que le déclic.

 

Le mouvement a échappé à tout le monde :

 

  • à ses initiateurs qui ont vu à la fois grossir leurs rangs et l’évolution des revendications qui sont devenues citoyennes et politiques (au sens noble du terme),
  •  au Pouvoir qui, enfermé dans ses certitudes technocratiques et son mépris souverain,  a complètement oublié la dimension sociale des mesures qu’il prenait,
  • à la classe politique beaucoup trop occupée par ses magouilles internes et la préparation des prochaines élections,
  • à l’opinion publique qui adhère largement,… sans savoir ce que cela peut donner.

 

Il n’y a rien de tragique, pas plus que d’étonnant à cela. La révolte couvait et à éclaté sans que personne puisse le prévoir,… ce qui est souvent le propre de toute révolte.

 

L’explosion des revendication dénote un ras le bol général,… mais pour aller vers où ?...

 

Là est le problème.

 

La méfiance légitime des contestataires à l’égard du Gouvernement est logique, mais sa méfiance à l’égard des partis politiques, tout aussi légitime et logique, ouvre un champ d’incertitudes. En effet ce sont eux, les partis, qui, traditionnellement, sont les relais des aspirations populaires. Or, dans ce mouvement, on renie ce rôle traditionnellement dévolu à la classe politique.

 

Gouvernement et partis politiques ont, cependant, tout intérêt à faire rentrer ce mouvement dans le cadre, le moule traditionnel :

 

  • l’Etat, pour le maîtriser et éviter qu’il déborde le cadre légal qui garanti la pérennité du système politique et économique dominant,
  • les partis politiques pour la même raison que l’Etat, mais aussi pour en profiter de se constituer une réserve électorale en vue des prochaines échéances.

 

La pression est ainsi considérable sur le mouvement qui ne sait pas quoi faire et hésite entre radicalisation et tendance à la négociation. Hétérogène politiquement et idéologiquement, le mouvement est tiraillé.

 

Gouvernement et partis politiques sont donc à la manœuvre.

 

Jouant sur le temps et la fatigue, l’Etat avance prudemment avec ses arguments habituels : Police et Gendarmerie pour réprimer, en augmentant la pression physique. Exploitation de la violence pour discréditer le mouvement. Tentative de corruption des « leaders » qu’il croit repérer,… miettes distribuées, promesses alléchantes pour tenter de rallier l’opinion publique. Proposition d’un « grand débat » qui permettra de gagner du temps et d’aboutir, dans quelques mois, à… rien.

 

Jouant à fond de la démagogie, les partis politiques, de leur côté, toutes tendances confondues, s’ « approprient » , ou du moins tentent de s’approprier le mouvement. L’infiltrant, tentant de « parler pour lui », tous les politiciens sont à la manœuvre. Tous se reconnaissent dans le mouvement ( ?). Profitant de l’occasion ils passent dans les médias et doctement expliquent qu’ils « ont tout compris »( ?), même si quand ils ont été au pouvoir, ils ont fait exactement le contraire. Jusqu’à l’extrême droite qui essaye, prudemment, de populariser ses fantasmes xénophobes et son idéologie mortifère.

 

La méfiance du mouvement est sa force,… elle est aussi sa faiblesse.

 

En l’absence de stratégie, le mouvement stagne. Le temps travaille contre lui, car en face, le Gouvernement prend des initiatives, a peur et ne peut pas laisser « dégénérer » le conflit.… La situation la domination du Capital requière de l’ordre. Eliminant, ignorant les revendications les plus radicales, il a recours à ce qu’il sait faire : s’acheter la paix sociale en maniant habilement la carotte et le bâton.

 

La multiplication des revendications est à la fois grisante pour le mouvement, mais aussi déstabilisante. En effet il atteint rapidement les limites du supportable pour le système dominant :

 

  • sur la plan politique, il bouscule l’ordre établi des choses, remet en question les privilèges d’une classe politique qui n’est pas prête à les abandonner, remet en question le soi-disant processus démocratique  qui n’est en fait qu’une duperie permettant au système de se régénérer,…
  • sur le plan économique, il remet en question les fondements même des finances et de la comptabilité publiques. Sous la pression et dans l’urgence, l’Etat a tendance à payer, promettre,… mais ne sait pas comment il financera. Tôt ou tard il présentera la note au Peuple.

 

Pour les partis politiques la situation est plus simple,… il s’agit d’infiltrer et de détourner le mouvement, le ramener à une logique parlementaire. Les partis n’ont aucune intention de répondre aux revendications,… seulement le faire croire dans la perspective de séduire l’électeur et d’accéder au Pouvoir.

 

La tendance, pour le mouvement, à accepter des compromis sur les mesures politiques et économiques, de même que se couler dans la pratique électorale (présenter une liste),… est un piège mortel.    

 

Transformer le monde ce n’est pas le rafistoler.

 

Sans parler des promesses, toutes les mesures prises par le gouvernement ne sont que rafistolage, aménagement conjoncturel de la situation présente pour faire illusion. Tôt ou tard, il récupèrera la mise.

 

Refuser le rafistolage c’est agir sur les structures mêmes de la société. Structures que l’Etat ne veut en rien toucher,… c’est même sa fonction de les pérenniser.  

 

Le degré de décomposition de notre économie marchande a permis depuis des années de développer des structures, des fonctionnements, des solidarités nouvelles, en rupture avec le système dominant. C’est en fédérant, s’appuyant et développant ces structures que l’on peut faire évoluer les choses dans le sens du bien commun.

 

Avoir des revendications immédiates ? Soit ! Mais dans tous les cas elles seront insuffisantes et finalement obsolètes si l’action ne se fonde pas sur une stratégie de transformation plus fondamentale.

 

Ne pas enclencher ce mouvement de construction d’une alternative, c’est condamner le mouvement à passer, à terme, par les conditions du système dominant, par les propositions démagogiques du gouvernement et par les conditions imposées de fait par les partis politiques dont les programmes ne sont que des cadres d’intégration à ce système.

 

Ne pas enclencher ce processus de transformation politique et économique c’est finalement céder aux pires sirènes démagogiques !

 

Ne reproduisons pas les erreurs catastrophiques qui ont été commises au siècle dernier.

 

Rien n’est gagné dans ce conflit,… tout va se jouer maintenant.

 

 

 

Toulouse - 21 décembre 2018                                                                Patrick MIGNARD

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