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Publié par PM sur
Publié dans : #matiere a reflexion

PENSEE POLITIQUE, LE NAUFRAGE…

 

On n’a pas à exiger des acteurs politiques une production théorique considérable à l’égal des grands penseurs et philosophes du passé,… mais entre ça et le néant actuel on est en droit de se demander qui sont ces acteurs politiques et sur quelle conception du monde se fondent-ils quand ils agissent en notre nom.

La nullité crasse des acteurs politiques, en matière d’originalité, de pertinence, de rigueur est matérialisée par le vide sidéral de leurs contributions à la pensée politique. Essayez de trouver, concernant les politiciens les plus en vue aujourd’hui, des exemples de contributions, de textes, de manifestes, d’analyses, de prospectives originales,… ! Rien, il n’y a strictement rien ! Même les discours prononcés, disons ânonnés, en public ou au sein  de leurs différentes chapelles politiques, sont une production de gratte-papiers grassement payés pour donner l’impression que le politicien a quelque chose à dire et peut-être à pense. (Des noms ?).

Nous avons à faire à des empiristes, des opportunistes qui gèrent un système dont les lois leur échappent, soit qu’ils les ont faites leurs, soit qu’ils s’en foutent… Soumis aux lobbys, ils pensent que les satisfaire va dans le sens de « ce qu’il faut faire »… Le discours politique, le vrai discours, qui se fonde sur un exposé des vraies questions, qui tient compte des réalités objectives, impératives, vitales,… n’existe pas. On nous sert un ersatz, un brouet insipide qui mélange couleurs chatoyantes et goûts de fosse sceptique. Tout thème abordé l’est, en prenant comme postulat de base, l’impossibilité de changer les fondements de l’organisation sociale et la nécessaire reproduction de ce qui existe déjà,… ce qui nous conduit à la catastrophe. L’accent n’est mis que sur l’ « emballage » qui, une fois sorti, dévoile la misère du contenu.   

L’homme ou la femme d’appareil n’a pas à faire la preuve de la profondeur de sa pensée, pas même de ses convictions, l’illusion qu’il ou elle donne suffit. Il ou elle doit seulement adhérer à la finalité du fonctionnement de son parti : se reproduire à l’identique pour pérenniser les situations et s’engager à prendre des mesures parfaitement compatibles et conformes avec les intérêts du système dominant.

On n’a que l’embarras du choix pour citer des exemples d’individus dépourvus de pensées, voire de convictions, au passé, et même au présent, plus que louches et qui ne savent que faire allégeance au chef ou au parti qui leur procure la pitance. Il est vrai que le système médiatique permet au médiocre d’avoir une existence relativement autonome par rapport aux appareils… à lui de savoir déployer ses artifices pour donner au citoyen l’illusion de ce qu’il n’est pas, autrement dit, celle à laquelle celui-ci rêve.

Les rares efforts faits par ces professionnels de la politique, professionnels au mauvais sens du terme, ne sont que les quelques citations d’auteurs célèbres qu’ils font l’effort de retenir. Tout le reste n’est qu’affaire de mise en scène… et il y a des spécialistes pour cela. »

14 juillet 2014

PENSEE POLITIQUE, LE NAUFRAGE
Publié par PM sur
Publié dans : #matiere a reflexion

POLITIQUE DE L’OFFRE /POLITIQUE DE LA DEMANDE

 

Les véritables raisons et enjeux

 

A écouter les "experts" en économie, c'est-à-dire ceux qui participent, en appui des politiciens, à la fabrication de l’ « opinion publique », le choix d’une politique économique serait entre ces deux options. Pourtant à y regarder de plus près, les choses sont plus complexes.

 

REPARTONS DES DEFINITIONS

 

Une politique de la demande est une politique économique qui se fonde sur une augmentation de la demande (d’où son nom) afin de réactiver la consommation, donc la production… et ainsi la relance de la croissance. Cette action se double d’une politique d’investissements publics permise par une augmentation des dépenses publiques.

 

Inutile de disserter longuement pour se rendre compte que nous ne sommes pas aujourd’hui dans ce schéma.

 

Une politique de l’offre est une politique économique qui se fonde sur la suppression de tout ce qui peut entraver l’action des entreprises : fiscalité, coût de la force de travail, législation sociale,… C’est à cette condition  que l’offre peut se développer (d’où son nom) et relancer la croissance.

 

Inutile de disserter longuement pour se rendre compte  que nous sommes aujourd’hui, plutôt dans ce schéma.

 

On comprend tout de suite pourquoi une politique de la Demande a été qualifiée, plutôt de gauche et une politique de l’Offre, plutôt de droite. Pourtant, des formations politiques de droite ont mené des politiques de la demande et des formations politiques de gauche ont mené des politiques de l’offre… Alors ?

 

Que faut-il penser d’un tel imbroglio ?

 

Pour comprendre il faut revenir aux fondamentaux du système économique capitaliste.

 

RAPPEL DE QUELQUES FONDAMENTAUX

1- Une entreprise est faite avant tout pour valoriser le capital que l’on y investit…pas pour créer des emplois. La production n’est qu’accessoire… la preuve, on l’arrête quand ce n’est plus rentable de produire.

2- Le salarié n’est qu’un facteur de production. Il crée la valeur, par son travail, mais est rémunéré à la valeur de sa force de travail (ce dont il a besoin pour vivre). Son salaire est un coût de production.

3- Le capital technique, les machines, permet au salarié d’être efficace dans son acte de production. Le progrès technique en augmentant la productivité du travail humain, relativise, quantitativement, sa présence dans la production. Plus la machine est performante, moins on a besoin du salarié.

4- Le profit, la part de la valeur produite par le salarié, mais qui ne lui est pas restituée, appartient exclusivement aux propriétaires du capital (les actionnaires). Notons que les salariés n’ont aucun droit sur lui puisqu’ils ont été rémunérés à la valeur de leur force de travail (marché dit « du travail », en fait « de la force de travail »).

5- La gouvernance de l’entreprise est constituée par l’assemblée générale des actionnaires (les propriétaires du capital). Notons que les salariés n’ont aucun droit dans ce domaine.

6- Le droit – social - des salariés n’est que le produit de leurs luttes. Rien n’a été accordé par le capital, tout a été conquis, soit par la force, soit par la peur.

Il ne faut jamais perdre de vue ces fondamentaux qui sont la boussole de toute politique économique.

 

 

CONDITIONS POUR UNE POLITIQUE DE LA DEMANDE

 

La politique de demande exige, pour le pays, une certaine stabilité, tant sur le plan intérieur qu’extérieur.

 

  • sur le plan intérieur : une diversité dans les productions… sans pour cela être autarcique, l’économie produit à peu près de tout. Un niveau de compétence de la force de travail et un coût (salaire) compatible avec l’investissement en capital. Une autorité de l’Etat en matière de décision économique, de fiscalité et de maîtrise de la monnaie.
  • Sur le plan extérieur : des marchés en expansion capables d’absorber une production spécialement produite pour l’exportation.

 

On reconnaîtra ici une situation qui correspond à la période de l’après guerre, cette période des « trente glorieuses » caractérisée par une économie intérieure diversifiée et une force de travail territorialement stabilisée. Ainsi, la relance peut se faire par une augmentation des salaires, ce qui accroît la demande en biens et services produits localement et satisfait les entreprises qui voient leurs profits augmenter.

 

Ce type de politique, sans pour cela être idyllique,  permet à la fois de répondre aux exigences du capital et de satisfaire à des conditions salariales et sociales compatibles avec la paix sociale…   

 

 

 

CONDITIONS POUR UNE POLITIQUE DE L’OFFRE

 

Pour comprendre pourquoi la politique de l’offre aujourd’hui, raisonnons à l’envers. Imaginons que l’on applique aujourd’hui une politique de la demande.

 

Peut-on relancer la production – la croissance – par la demande ? Certainement pas ! Pourquoi ? Parce qu’une bonne partie de la consommation portera sur des produits importés c'est-à-dire que nous ne produisons plus,…le surplus d’achat ne bénéficiera pas , ou peu, aux entreprises locales. Par contre, une augmentation des salaires grèvera leurs finances et amputera les profits,… ce qui entraînera un désengagement des investisseurs financiers dont on connaît aujourd’hui la rapacité (supérieure à celle de leurs prédécesseurs). Une telle situation mettant en difficultés des entreprises, celles-ci ont des chances de se délocaliser, et ce d’autant plus qu’elles peuvent trouver ailleurs une main d’œuvre moins chère… ce qui accroîtra la crise. Ajouter à cela les contraintes économiques venant des engagements européens et l’on comprend aisément pourquoi une politique de la demande est impossible. Bref, les nouvelles conditions d’existence du capital (mondialisation, financiarisation) sont incompatibles avec une politique de la demande.

 

Mais que peu apporter alors une politique de l’offre ? Elle permet, ou doit pouvoir permettre, d’accroître la compétitivité des entreprises, autrement dit de les adapter aux normes de compétitivité du marché désormais mondialisé… C’est une des conditions pour qu’elles ne se délocalisent pas,… encore que ! Le revers de la médaille est une politique salariale drastique, aussi bien en terme de revenus que d’emploi. C’est ce qui explique la baisse du pouvoir d’achat, le chômage et un haut taux de profit.

 

CONCLUSION

 

Si la Gauche donne l’impression « d’être à gauche », c’est parce que les conditions d’existence du Capital le permettent. Les marges de manœuvre d’un « pouvoir de gauche » sont fonction des conditions économiques du moment… car un « pouvoir de gauche » gère avant tout le système capitaliste suivant des règles qu’il ne peut/ou ne veut pas transgresser.

 

Que l’on remonte au Front Populaire, à la Libération, à 1981, comme aujourd’hui, les règles immuables du Capital se sont imposées dans des conditions historiques certes différentes mais donnant l’illusion d’un progrès social irréversible. Aujourd’hui ce que l’on appelle le social libéralisme n’est que l’adaptation d’un discours « de gauche » aux exigences mondialisées d’un capital désormais hors de tout contrôle politique.

 

Pas plus la Droite que la Gauche, le Centre ou la gauche de la Gauche n’ont une politique capable de nous sortir de la situation actuelle. Quant à l’extrême droite, sans jamais remettre en question les fondamentaux du système, elle surfe sur les peurs, les frustrations, promettant des solutions irréalistes et jouant sur une montée des haines qu’elle attise afin d’asseoir un pouvoir fort… qui finalement sera celui du Capital. L’Histoire du 20e siècle nous donne un bon exemple de ce processus.

 

L’avenir n’est plus dans ces politiques économiques aléatoires et inégalitaires… c’est le fondement même du système marchand qui est incompatible avec le respect de l’environnement et du genre humain… Il est temps de chercher et de trouver de nouvelles voies…  

 

1er septembre 2014

POLITIQUE DE L'OFFRE/POLITIQUE DE LA DEMANDE
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Publié dans : #matiere a reflexion

LES FAUX TRUISMES DU CITOYEN MACRON

Rappel préalable : Un truisme est une évidence que l’on n’a pas besoin de démontrer.

Et un faux truisme alors ? C’est, nous allons le voir, une manipulation qui fait croire que ce qui parait une évidence n’est en fait qu’un discours purement idéologique qui cache l’essence de la réalité.

 

Le choix d’Emmanuel MACRON comme ministre de l’Economie est incontestablement un beau coup politique. Ce personnage, pur produit du système capitaliste, gestionnaire accompli… et il ne s’en cache pas, a pour mission d’assurer le virage libéral du gouvernement Valls2.

Pour accomplir sa mission, il doit concilier des choses apparemment contradictoires mais qui ne sont pas de même nature,… ce qui lui permet un habile tour de passe-passe que ne renieraient pas les meilleurs illusionnistes.

Le ton a été donné par le Premier Ministre lui-même qui, devant le MEDEF a déclaré : « J’aime l’entreprise »… affirmation qui peut se décliner de deux manières :

 

  • c’est dans l’entreprise que se crée la richesse de la société… il faut donc la soutenir,
  • c’est une communauté humaine de base de l’économie,… il faut donc la comprendre.

 

Ce genre d’affirmation oublie simplement que l’entreprise, sa structure même, est fondamentalement inégalitaire entre des salariés, sans pouvoirs, à la merci des décisions des propriétaires, ceux qui détiennent le capital et entendent le faire fructifier. Vérité niée par le MEDEF et ignorée depuis longtemps par les « socialistes ». 

La porte est alors ouverte pour le citoyen MACRON qui sait de quoi il parle et surtout qui sait ce qu’il faut taire.

Tout un florilège, que dis-je, une rafale, de déclarations, mettent les point sur les i.

 

« Je ne me vois pas comme un homme politique »

 

Un ministre, donc appartenant à un gouvernement,… qui plus est, se prétendant « socialiste », n’a évidemment pas une dimension politique… C’est tellement évident qu’il est indispensable de le préciser.

Pourquoi ce faux-truisme ? Simplement pour dire que tout ce qui va suivre, paroles et actes, n’ont aucune couleur politique et sont simplement techniques… donc incontestables.

 

Et il démarre très fort : « Être de gauche, pour moi, c’est en effet être efficace, recréer les conditions pour investir, produire et innover ».

 

Pas politique mais de gauche ( ?) pour immédiatement opérer une habile manœuvre : affirmer qu’être de gauche c’est adhérer aux lois du système capitaliste (…recréer les conditions pour…), car les conditions pour « investir, produire et innover » répondent à des lois particulières dans le capitalisme. Comme ces lois sont prétendument éternelles, objectives et indépassables,… être de gauche c’est être réaliste et donc accepter la situation telle qu’elle est ! Ben voyons !.... On est en droit de se demander : quelle est la différence alors avec « être de droite » ?...

 

« Etre de gauche, c’est être juste pour que les efforts comme les gains soient équitablement répartis. »

 

Qui peut être contre cette affirmation ? Même la droite est d’accord avec ça et le proclame. Mais qui peut croire que dans ce système la justice règne dans la répartition des efforts et des richesses produites ? Ce genre d’affirmation permet de dire tout et faire n’importe quoi comme c’est le cas depuis des décennies aussi bien avec la droite qu’avec la gauche.

 

«  Etre de gauche, c'est être responsable, ce n'est pas prendre une posture, c'est essayer de faire bouger les choses (...), être davantage du côté du risque que de la rente ».

Etre responsable au sens de Monsieur MACRON, au sens des intérêts de l’entreprise,… disons-le, au sens du MEDF… Parce que, dans tous les autres cas, on est évidemment irresponsable. Essayer de changer les règles inégalitaires de ce système économique c’est, aux yeux du ministre « ne pas faire bouger les choses »… par contre, reproduire ce système mortifère, c’est au contraire les «  faire bouger ». Quant au « risque » et à la « rente », ce discours laisse songeur… Dans le capitalisme les salariés ne courent aucun risque et vivent dans l’opulence, par contre les actionnaires, menacés, stressés constituent l’essentiel de la population pauvre… CQFD !

 « Sur le plan de la fiscalité, les choses ont beaucoup changé en faveur des entreprises. Mais la compétitivité ne se réduit pas aux charges et aux impôts. (...) La compétitivité, c'est l'organisation de l'entreprise, son financement, la montée en gamme et en qualité, la meilleure adaptation du droit du travail, l'investissement productif. »

Voilà un programme qui est nouveau, plein d’avenir ! Imaginez un instant ce que peut être pour les salariés l’amélioration de la compétitivité, et l’adaptation du droit du travail et même  l’investissement productif au sens des actionnaires… Pour en avoir une idée, écoutez les discours du MEDEF.

 

«Il s’agit de sortir de ce piège où l’accumulation des droits donnés aux travailleurs se transforme en autant de handicaps pour ceux qui n’ont pas d’emploi […] Mais c’est difficile à expliquer à porter, spécialement quand on est de gauche […] Il faut revisiter le logiciel politique classique pour libérer l’initiative et l’esprit d’entreprise». 

Ca c’est un scoop : On ne doit pas donner trop de droits aux travailleurs pour sauvegarder les intérêts des travailleurs sans emploi. Ca n’avait jamais été dit,… il fallait oser ! Et le ministre d’expliquer que c’est difficile à faire passer quand « on est de gauche » !... Tu m’étonnes ! ! ! ! ! !

 

«L’autre politique est un mirage; c’est un scénario qui s’arrête au premier jour et ne sait pas écrire le jour d’après. […] Ces postures relèvent de la maladie infantile du système politique français».

Autrement dit, penser autrement que dans le cadre des principes du capitalisme n’a pas de sens… ça tient même de la maladie. A quand l’internement en hôpital psychiatrique pour les opposants politiques ?

 

Enfin, le cynisme étant sans bornes, son premier déplacement en tant que ministre, Emmanuel MACRON a choisi de visiter une SCOP (Société Coopérative Ouvrière de Production), structure à propos de laquelle il déclare : « elle illustre très bien l'idée que je me fais de l'entreprise : une collectivité humaine qui est aussi la propriété de ceux qui la font ». Mais pourquoi n’envisage-t-il pas, alors, une vaste réforme de tous le système productif  actuel sous cette forme, qui est une rupture avec le système existant ? Voilà qui aurait politiquement de la gueule ! ! ! !

 

Bref ! ! !  D’où tient-il, ce ministre, toutes ces belles pensées, de l’ENA, de la banque, de l’entreprise ?… vous n’y êtes pas du tout :

«Il n’est pas interdit d’être de gauche et de bon sens : si on ne produit pas, ma grand-mère m’a toujours dit qu’on n’avait pas grand-chose à distribuer».

Sacrée mamie !

 

Tout est dit ou presque. Ce gouvernement Valls2 a le mérite d’être clair dans son objectif et ses méthodes. Seuls, les naïfs et les militants du PS croiront que « le changement c’est maintenant ».

5 septembre 2014

 

LES FAUX TRUISMES DU CITOYEN MACRON
Publié par PM sur
Publié dans : #billet d'actualite

L’AVEU… GLEMENT

«  L’extrême droite est aux portes du pouvoir »

 

Cette affirmation ne vient pas d’un quelconque militant en mal de sensations fortes, surexcité après un repas bien arrosé… Cette déclaration est du 1er Ministre de la France, d’un membre du parti au pouvoir depuis deux ans et demi. D’un membre d’un parti qui prônait le « changement c’est maintenant » et qui allait faire s’ « inverser la courbe du chômage »…

Cri de panique ? On est en droit de se le demander, car le constat est grave. Pourtant les conclusions qu’en tire l’auteur de cette phrase n’ont pas l’air de l’inciter à faire quoi que ce soit… En effet il en tire la surprenante conclusion qu’il ne faut rien changer et continuer l’action politique en cours ( ?). Autrement dit, non seulement il reconnaît que tout a échoué jusqu’à présent, aussi bien à Droite qu’à Gauche – l’aveu est de taille quoique tout à fait honnête – mais en plus, il est persuadé qu’en continuant ainsi on va s’en sortir ! ! ! Il doit y avoir un nom pour ce genre d’obsession ! ! !

L’hypothèse n’est désormais plus taboue, même dans les hautes sphères du pouvoir officiel. Le schéma, un classique dans l’Histoire, d’une arrivée de l’extrême droite au pouvoir de manière légale,  est en train de se (re)dessiner.

Désormais on sait à quoi s’en tenir.

Des partis de pouvoir impuissants à dépasser la crise économique, sociale et politique ne laissent aucun espoir quant à un éventuel changement.

Un centre mou (pléonasme) qui ne peut faire qu’un absurde et dérisoire jeu de bascule.

Une gauche de la gauche divisée (avec un PCF plus qu’ambigu dans ses alliances)  et un projet un peu magique : une 6e République ( ?).

Une extrême gauche (parlons seulement du NPA) qui attend que la rue réagisse… et si elle réagit,… alors ? On fait quoi ?...

Le Front National, sans programme, fédérateur des craintes, des haines et des ambitions de certains a une autoroute toute tracée vers le pouvoir.

 

La question n’est plus de savoir, aujourd’hui, si nous allons dans le mur, mais quelle est son épaisseur, si nous ne réagissons pas,  … c’est d’elle que dépendra notre avenir.  

 

 

10 septembre 2014

 

 

L'AVEU... GLEMENT
Publié par PM sur
Publié dans : #SPECIAL TOULOUSE

Toulouse, entre les deux tours de l’élection présidentielle, dans une tribu d’Indiens qui n’est pas habituée à participer au scrutin. Nico, qui n’est même pas inscrit sur les listes électorales, culpabilise et craint la victoire de la fille « N’a-qu’un-œil ». Cette issue serait terrible pour l’avenir de son peuple. Il a 40 ans, une fille et se dit que c’est à son tour d’agir. 
 
Il décide de se tourner vers les Indiens les plus expérimentés, dont Gérard, issu de la génération 68. Dans les années 80, Gérard a participé activement à la lutte contre le parti de « N’a-qu’un-œil » avec de nombreux jeunes Indiens à Toulouse. Ensemble, ils ont créé le SCALP (Section Carrément Anti Le Pen). 
 
En écoutant cette histoire, Nico se rend compte de la puissance de l’Homme blanc, des Tuniques bleues et de la télévision. Il se demande si la survie de son peuple n’est pas conditionnée par le partage et la transmission d’une culture, autant que par la dynamite. 

Une coproduction Le-loKal Production et France Télévisions
Avec le soutien du CNC, de la Région Occitanie et de la Procirep-Angoa

 

DOCUMENTAIRE
Publié par PM sur
Publié dans : #matiere a reflexion

 

UN TERRORISME D'ETAT A

« VISAGE HUMAIN »

 

 

Seule la France, parmi toutes les nations, est capable de réaliser un tel exploit.

 

Le terrorisme d’État à « visage humain », cet oxymore, a besoin de conditions très particulières pour prendre corps, se matérialiser. Seul, le pays qui se réclame des « Droits de l'Homme » peut créer ces conditions. Il est vrai que par le passé, la France a donné de nombreux exemples en la matière.

 

Peut-on parler aujourd'hui, dans la France macronienne, de Terrorisme d'Etat à « visage humain » ?

 

Au regard de la féroce répression qui frappe le mouvement social aujourd'hui, on est en droit de se poser la question.

 

Le terrorisme est un acte politique qui a pour objectif d'imposer la terreur, la peur, auprès de partie, ou totalité, de la population afin d'atteindre directement ou indirectement un objectif : déstabilisation, empêcher une action, obtenir la satisfaction d'une revendication,...

 

Le terrorisme d’État est un acte politique commis par un État et qui a pour but de terroriser, inspirer la peur, à toute ou partie de la population qu'il contrôle, afin de la soumettre et de l'empêcher d'agir.

 

La seule différence qu'il y a entre « terrorisme » et « terrorisme d'Etat » c'est que l'un n'est pas légal, alors que l'autre l'est. C'est que l'un n'émane d'aucune autorité officielle, alors que l'autre est tout à fait officiel.

 

Si le « terrorisme » est hors la loi, le « terrorisme d’État » est-il compatible avec la légalité ?

 

La loi n'est en fait que la règle qui exprime la volonté d'une autorité. Produit d'un consensus et/ou d'un rapport de forces,... on peut tout mettre dans la loi,... même le pire. L'application et l'interprétation de la loi se fait au travers de l'institution judiciaire dont on peut mesurer régulièrement l'indépendance à l'égard du Pouvoir,... surtout dans les affaires sensibles. Autrement dit, « terrorisme d’État » et légalité peuvent parfaitement faire bon ménage. La propagande officielle permet de faire le lien entre les deux. Le renforcement des lois répressives donne l'apparence de la légalité (républicaine?) au système de terreur qui se met en place.

 

Au vu de l'attitude du Pouvoir en matière de répression du mouvement social actuel on ne peut donc que se poser la question : y a-t-il délibérément une intention de terroriser les participants aux manifestations ?

 

L'utilisation d'armes extrêmement dangereuses, sources de multiples mutilations, contre des manifestants pacifiques, des journalistes et même des membres de l'Observatoire des Pratiques Policières initié, avec d'autres organisations, par la Ligue des Droits de l'Homme, et cela en toute connaissance de la part de l’État, montre qu'il y a, manifestement, intention de blesser, de terroriser et donc de dissuader de manifester (ce qui, en principe, est un droit fondamental). Le refus des institutions de l’État (le Conseil d’État) d'interdire l'usage de ces armes montre une volonté délibérée de courir le risque d'une atteinte grave à l'intégrité physique de citoyens pacifiques – ce qui est le cas des nombreux blessés. L'appareil d’État, se mobilise pour défendre coûte que coûte, et à quel prix, le système dont il est le garant.

 

Le discours fallacieux sur l’utilisation d' « armes intermédiaires », « non létales » ne peut que confirmer le cynisme avec lequel le Pouvoir traite de ces questions et le mépris qu'il porte à l'égard des citoyens.

 

Pourquoi « à visage humain »?

 

Dans son profond cynisme, le Pouvoir ne veut pas de morts,... seulement des estropiés, des mutilés. Pour la « Patrie des Droits de l'Homme », grande donneuse de leçons au reste du monde,... des morts, ça ferait désordre, tache à l'image qu'elle veut donner d'elle-même.

 

Tout le discours du Pouvoir tourne autour de la justification de la répression en utilisant, à grand renfort les mots, de REPUBLIQUE, LIBERTE, DEFENSE DES INSTITUTIONS,... Alors que les revendications du mouvement portent sur une amélioration des conditions de vie et l’égalité sociale.

 

Le Pouvoir c'est l'Humain,... les manifestants sont des voyous, des haineux,... Les policiers et gendarmes sont des grands professionnels et des héros. (CQFD)

 

Le « Grand Débat National » ajoute une dernière touche « humaine » à ce terrorisme d’État. Avec un Président en bras de chemise, embrassant les enfants, cajolant les vieux, conseillant les pauvres, le Pouvoir se dit prêt à discuter,... à condition de ne rien changer (?)... justifiant en cela la poursuite de l'action,... et donc de la répression.

 

On en est là aujourd'hui en France !

 

 

Toulouse février 2019 Patrick MIGNARD

 

 

 

UN TERRORISME D’ÉTAT A "VISAGE HUMAIN"
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Publié dans : #matiere a reflexion
A LIRE

Plus de sept cent pages de petits caractères bien tassés,... c'est le brillant exposé sur plus d'un demi siècle de mobilisations, théorisations, scissions, recompositions,... Un déferlement ininterrompu de réflexions, d'organisation, une somme prodigieuse d'énergies déployées, une masse considérable de talents et d’intelligences mises en mouvement,... pour finalement quoi ?

 

Quand on referme cet ouvrage et que l'on a participé, même en partie, à cette aventure, on ne peut pas ne pas se poser la question : que reste-t-il aujourd'hui de tout cela, de cet engagement, du nombre d'heures inouï passées en réunion, en manifestations, en occupations, en rédaction de tracts, en affrontements avec les forces de la répression... ? Tout ça pour quoi ?

 

L'énormité de l'engagement donne le vertige, et l'on ne peut que le mettre en parallèle avec ce en quoi nous en sommes réduits aujourd'hui. Tous les espoirs de l'époque se sont envolés,... la régression économique, sociale, idéologique est générale,... les plus petits acquis transmis par nos anciens et pour lesquels nous nous sommes battus, afin de les conserver, sont en train d'être détruits,... Quant à la société nouvelle, le monde nouveau que nous voulions bâtir,... qu'en reste-t-il ?. Quand nous l'évoquons aujourd'hui nous passons pour de doux rêveurs. Tout ça pour ça ?

 

Doit-on regretter cette époque, ce combat, cet engagement ? Certainement pas,... la cause était juste et demeure juste encore aujourd'hui. Ce que nous pouvons regretter c'est de nous être mépris sur la/les stratégie/s à adopter. L'ouvrage est clair sur ce point : la plupart des objectifs visés n'ont pas été atteints, les « modèles » sur lesquels nous fondions notre stratégie étaient faux. On s'est trompé sur les objectifs intermédiaires, sur la confiance relative que nous avions en des organisations qui ont trahi la cause et qui, finalement ont fait le jeu de la victoire du Capital qui triomphe aujourd'hui.

 

Au delà de l’amertume que l'on ne peut pas ne pas ressentir, il nous faut tirer, sans complaisance, les leçons de cette expérience. Repenser toute la stratégie d'action en vue du changement social, ne plus avoir une lecture étroite des « textes sacrés » et autres référents théoriques et savoir tirer les leçons de l'Histoire.

 

La révolte populaire actuelle, la sauvagerie de la répression policière, l'arrogance sans limite du Capital, le cynisme de ses serviteurs serviles (de droite comme de gauche), le néo fascisme aux portes du Pouvoir, interrogent, au plus profond de leur engagement passé, les acteurs de cette époque. Surpris mais satisfaits que leur combat ne soit pas tombé dans les poubelles de l'Histoire, ils essayent de comprendre une situation qu'ils n'avaient pas imaginé. Toute une stratégie de changement social est à réinventer... et il y a urgence.

 

Lire un tel ouvrage n'est pas facile mais largement instructif au moins pour celles et ceux qui ont été parties prenantes de ces combats,... Pour les plus jeunes... faut voir !

 

 

Toulouse Mars 2019 Patrick MIGNARD

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Publié dans : #matiere a reflexion
11 MAI - OUVERTURE DES ECOLES,... PROBLÈMES !

RÉFLEXIONS D'UNE MAÎTRESSE D’ÉCOLE MATERNELLE

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Sans moi le 11 mai !
 
Depuis le début de l’épidémie de Covid19, j’ai tâché de continuer à faire mon boulot de maitresse de petite section. Vous avez peut-être vu passer mes vidéos dans lesquelles j’essaie gaiement, parce que le ridicule ne tue pas, de maintenir le lien avec mes élèves depuis mon salon. Je suis contente d’y avoir consacré beaucoup de temps et d’énergie, je l’ai fait par choix et avec plaisir, pour mes élèves et leurs familles. Je suis prête à continuer, d’ailleurs ma vidéo de demain est déjà prête. Et bien sûr, je n'ai qu'une hâte : retrouver les soixante petits élèves de mes deux classes de maternelle.
 
Mais je ne vois pas quels aménagements ni quelles précisions pourront me convaincre de revenir à l’école le 11 mai.
 
Je ne vais pas vous donner mon avis sur la stratégie de déconfinement à adopter, ni partager mes inquiétudes sur tout ce que l’on semble ignorer sur ce virus (et notamment sur l’immunité collective) parce que vous auriez raison de n’en avoir rien à faire, ce n’est pas mon boulot. Je vais vous parler de ce que je connais : l’école, les enfants, les familles. Je vais vous parler de mon quotidien et de mon travail de maitresse d’école de petite section de maternelle.
 
Le matin, les parents déposent leurs enfants directement dans la classe après s’être croisés dans des espaces exigus dans un temps très court. Ensuite, les enfants ont un temps un peu libre où ils circulent dans la classe, en partageant les jouets, les crayons, les poupées. Parce que c’est ça la maternelle : apprendre en jouant ensemble. 
 
On travaille en ateliers par petits groupes d’élèves, en théorie. Parce qu’un enfant de 4 ans, ça ne fait pas toujours ce que nous, les grandes personnes, on imagine en théorie. Rester en place à une table, en fait, c’est déjà loin d’être évident quand on a 4 ans. Alors tousser dans son coude ou même juste se moucher tout seul… Donc, on crache un peu sur les copains sans faire exprès et on s’essuie le nez sur le bras de la maitresse en passant. 
 
Plusieurs fois par jour, on va tous ensemble aux toilettes qui manquent souvent de papier, de savon et de bon sens dans leur conception (et je râle à ce sujet à chaque conseil d’école). 
Le matin et après la sieste (à quarante dans un dortoir de la taille d’une classe), on se regroupe tous les uns contre les autres pour chanter et lire des histoires. Et puis, il y a la récréation. Et la cantine. 
 
C’est ça l’école maternelle.
 
Et puis, quand on a 4 ans, parfois on a très peur, parfois on est très triste. Souvent, les mots sont inutiles, parce qu’on ne sait pas toujours les dire ou les comprendre, c’est déjà difficile pour les grandes personnes alors quand on n’a que 4 ans... C’est le contact qui rassure. Une main sur la joue qui sèche une larme, un câlin qui réconforte quand papa s’en va. Parfois aussi, c’est le contact qui protège. Qui arrête une main qui va donner un coup ou qui retient un enfant qui se met en danger sans s’en apercevoir. 
 
Alors maintenant, essayez d’imaginer la même chose, en version covid19. Même avec moins d’enfants, même avec moins de familles. Même en désinfectant les locaux, même en imaginant qu’on peut renouveler encore et encore notre manière d’enseigner. Deux choses essentielles : les gestes barrières sont impossibles à mettre en œuvre en maternelle (les enseignant.e.s qui ont accueilli de petits groupes d’enfants de soignant.e.s le confirment) et mon travail de maitresse d’école est infaisable dans ces conditions. Pire même, il n’a aucun sens. 
 
Jusqu’à présent, il n’est pas question d’une réouverture dans des conditions classiques, heureusement d’un point de vue sanitaire. De ce que j’ai compris, l’idée est d’y aller progressivement. Donc on va quand-même devoir respecter un minimum de règles d’hygiène en accueillant de petits groupes d’élèves. Mais concrètement, ça va donner quoi ?
 
Je vous jure, j’essaie de me visualiser, en classe, masquée (parce que je suis optimiste) face à cinq enfants, chacun à un bout de table. Des élèves, qui ne seront pas les mêmes tous les jours puisqu’on ne pourra pas les accueillir tous. Des tout petits machins mignons de quatre ans à qui je vais devoir faire comprendre que tout ce qu’ils font habituellement est potentiellement dangereux. Prendre le crayon du copain, lui faire un câlin parce qu’il est triste, se chuchoter un secret à l’oreille… Certains seront complètement effrayés, d’autres surexcités. Tous leurs repères vont être bouleversés. 
 
Au-delà de toutes les questions logistiques sur la désinfection des locaux et la protection des personnels (qui n’est pas un sujet anecdotique), au-delà des questions relatives à l’organisation du temps d’accueil et ses conditions, je pense à mes élèves. Que vont-ils comprendre de tout ça ? Quel est l’intérêt pour eux ? Lesquels d’entre eux seront accueillis, sur quels critères ? Lesquels pourront avoir le privilège de rester à la maison ? Lesquels seront contraints d’aller à l’école ? Et c’est comme ça qu’on prétend réduire les inégalités ?
 
Bien sûr que c’est difficile pour tous les enfants d’être confinés mais pour la plupart d’entre eux, être enfermés à la maison avec leurs parents est bien moins anxiogène que ce qu’ils vivront si les écoles rouvrent. Depuis le début de cette crise, l’éducation nationale navigue à vue sur tous les sujets : continuité pédagogique, accueil des enfants de soignants, rien n’a été suffisamment pensé en amont. Donc dans un climat d’impréparation totale, ceux qu’on choisit de fragiliser davantage, ce sont donc des enfants très jeunes, qui découvrent à peine l’école, au prétexte de sauver l’économie et créer notre immunité collective. On va les plonger dans un truc complètement abstrait, imprévu, stressant pour RIEN, rien d’utile pour eux. Parce que même notre ministre le dit, on ne va pas enseigner. Alors que va-t-on faire ? Garder ?
 
Disons-le clairement alors, nous souhaitons employer les enseignants et les enseignantes de France pour garder les enfants et renvoyer les parents au travail, coûte que coûte. Je ne suis pas d’accord. Je ne suis pas responsable des enjeux logistiques du capitalisme. Oui, on est dans la merde. Économiquement, c’est un carnage et ça va durer longtemps. Là encore, pas besoin d’être experte pour le dire mais je ne peux que m’interroger sur les autres sujets que je ne maîtrise pas et qu’on ne m’explique pas. Comment envisager autre chose qu’un accueil partiel pour des raisons sanitaires évidentes ? Et donc, comment envisager une véritable reprise de l’activité avec un accueil partiel ? Quel sera l’impact économique réel d’une telle mesure qui consiste à rouvrir, progressivement et partiellement les écoles, pour huit semaines, alors qu’elles fermeront de toute façon pour deux mois le 6 juillet ? Encore une fois, n’étant pas experte, j’attends qu’on m’explique, qu’on me donne des chiffres, des justifications, des perspectives.
 
J’entends aussi l’argument du décrochage scolaire et je suis bien d’accord que l’école à distance, c’est compliqué, particulièrement en maternelle. Je sais que même mes élèves les plus favorisés souffrent du confinement mais je pense avant tout à mes élèves fragiles, dans des situations familiales et/ou sociales difficiles, ceux pour qui prolonger cette rupture avec l’école pourrait être vraiment problématique. Mais je ne vois pas en quoi un accueil partiel va tout à coup résoudre la problématique de la pauvreté ou de la maltraitance infantile. En argumentant pour une réouverture sur la base de ces situations, on essaie de faire peser la responsabilité sur les individus, assez sensibles à la culpabilité, que sont les enseignant.e.s. Mais les enfants violentés l’étaient avant le confinement et les moyens mis à notre disposition étaient déjà insuffisants. Ce n’est pas une demi-journée d’accueil à l’école tous les deux jours qui va les sauver de leur enfer familial. Malheureusement. J’en pleurais de rage déjà avant le covid19, mon mari qui enseigne à des enfants placés par l’ASE aussi. 
 
Ha oui, et petit détail logistique, nous sommes un couple d’enseignants, nous avons deux enfants eux-mêmes scolarisés en maternelle. Qu’est-ce qu’on fait d’eux pendant qu’on enseigne ? Sachant qu’il n’y a aucune raison pour qu’ils soient tous les deux accueillis à temps plein par leurs enseignantes. On rappelle mamie, 78 ans, confinée depuis le 12 mars ? Certainement pas. Et que font mes 25 autres élèves qui ne sont pas en classe ? Comment on assure leur continuité pédagogique ? On arrête tout parce que finalement, ça ne sert à rien ? Ou je continue mes vidéos la nuit ? 
Donc, pour résumer, l’intérêt pédagogique d’une telle mesure est nul. L’intérêt économique est flou. L’intérêt sanitaire n’est pas appuyé, à ma connaissance, par des experts scientifiques indépendants. Un certain nombre d’entre eux exprime d’ailleurs plutôt leurs inquiétudes.
 
Alors en tant que simple citoyenne, j’attends qu’on m’explique précisément en quoi cette stratégie d’ouverture des écoles le 11 mai a un véritable intérêt dans notre contexte. Je suis fonctionnaire, j’ai conscience de ma mission de service public et j’ai hâte de retrouver mes élèves. Mais pas à n’importe quel prix. 
 
Je précise que je ne crains pas vraiment pour ma peau. Je suis inquiète pour mes élèves, pour leurs familles, pour mes collègues les plus fragiles. Et je suis très en colère contre ce gouvernement qui fait peser sur tous ceux qu’il matraquait dans la rue il y a encore quelques semaines, les conséquences d’un désastre qu’il a lui-même contribué à orchestrer. Je suis en colère contre ces effets d’annonce, qui plongent les fonctionnaires dans la sidération tout en attendant d’eux qu’ils trouvent les solutions pour mettre en œuvre concrètement les décisions du Prince. La stratégie de communication fonctionne, pour l’instant, nous sommes encore nombreux.ses à nous taire, parce que peut-être, dans 15 jours, on nous dira ce qu’il va se passer. Et on devrait faire confiance aux mêmes qui parlaient d’abord de gripette puis disaient qu’on avait assez de masques et enfin qu’ils étaient inutiles ?
 
Il est parfois raisonnable de contester. Et j’estime que j’ai la possibilité de dire non quand d’autres ne pourront que subir. Je ne peux pas assumer non plus, qu’en étant présente le 11 mai à l’école, je donne à un employeur la possibilité d’obliger un parent fragile à reprendre prématurément le travail et à s’exposer au virus en emmenant son enfant à l’école. Parce que c’est ce qui va fatalement arriver. Des parents, pour la plupart déjà en difficulté économique, vont être contraints de retourner travailler si les écoles rouvrent. Beaucoup vont être contaminés, la plupart, jeunes et en bonne santé s’en sortira, d’après ce qu’on en dit aujourd’hui. Il paraît, mais on n’en est plus si sûr, que les jeunes adultes sont une bonne cible pour constituer l’immunité collective. Et tant pis pour les faibles ? 
 
C’est ça la santé publique ? Est-ce qu’on est d’accord avec ces valeurs-là ? Il ressemble à ça le nouveau monde qu’on va construire tous ensemble ? Je ne veux pas être complice d’une stratégie politique incompréhensible, à l’éthique douteuse et aux conséquences sanitaires potentiellement désastreuses. 
 
Et ce n’est pas à moi, simple maîtresse d’école, de dire à un gouvernement ce qu’il doit faire dans une situation si complexe. Mais je suis sûre que tous ces gens si intelligents, si riches et si indispensables à notre société qu’on a baissé leurs impôts pour les garder auprès de nous, sauront trouver d’autres solutions. Chacun son boulot.
 
En attendant, je connais assez le mien pour vous dire que si on me demande d’y retourner le 11 mai, il faudra beaucoup d’arguments pour me convaincre de ne pas exercer mon droit de retrait. Et j’espère que si le gouvernement persiste, nous serons nombreux.ses à le faire. 
 
Parlons-en dès maintenant.
 
Fanny LEV
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FNSEA : « Qui sème le vent,… »

 

Mais de quoi se plaignent les agriculteurs, membres de la FNSEA, qui bloquent les routes, attaquent les établissements publics et saccagent les supermarchés – actions, par ailleurs, qu’ils sont les premiers à dénoncer quand ce sont les autres qui les commettent ?

 

Ce sont tout d’abord les survivants d’un système de développement agricole qui a divisé par dix le nombre d’actifs dans l’agriculture française depuis 1945. A ce titre ils peuvent se considérer comme des privilégiés.

Ce sont ensuite les représentants d’une organisation syndicale qui a été chef d’orchestre, avec les différents pouvoirs en place, de la mise en place du capitalisme agro-industriel actuel. La FNSEA a été, en effet, l’outil essentiel de l’élaboration de ce modèle de production qui est en train de décimer le monde paysan et d’empoisonner nos campagnes et les consommateurs. C’est tellement vrai que cette organisation a vu son président (1979-86) – François GUILLAUME – devenir ministre de l’agriculture (1986-88) de Jacques CHIRAC, chantre, s’il en est, du modèle agricole actuel.

Ce sont enfin les acteurs des mécanismes d’un système de production agricole fondé, comme l’a toujours défendu ce syndicat, sur la performance et la rentabilité à outrance,… n’hésitant pas pour cela à sacrifier le foncier rural, les paysages, la terre par l’emploi massif de tous les poisons qu’à pu inventer l’industrie chimique.

Répondant fidèlement aux partisans politiques du capitalisme agro-industriel, ils ont su – ou du moins l’organisation à laquelle ils appartiennent – jouer à la fois sur un libéralisme débridé confortant les forts, écrasant les faibles et un système de grasses subventions venant de l’Europe et très largement réparties de manière parfaitement inégalitaires.

La loi d’airain de la concurrence capitaliste a su, dans le domaine agricole, comme dans le domaine industriel, « récompenser » ceux qui savaient rentabiliser, concentrer, réduire les coûts et pratiquer des prix bas. Est ainsi née une organisation de la production agricole en Europe qui est loin d’avoir avantagé l’agriculture française. Mais qui a soutenu cette politique pendant toutes ces années ? Ceux-là mêmes qui aujourd’hui, en contradiction avec leurs convictions économiques et politiques, demandent une intervention des pouvoirs publics pour les soutenir. Comment être à la fois libéral sur le plan économique et demander une administration des prix ?

Qu’il y ait quelque chose de dramatique dans la faillite, la disparition d’exploitations agricoles, c’est une évidence, mais ce n’est certainement pas en cassant, brûlant, saccageant que l’on changera quoique ce soit. Ce n’est pas non plus en faisant confiance à une organisation responsable de ce chaos et qui se gave de subventions, que l’on fera les changements structurels qui s’imposent.

La morgue des dirigeants de la FNSEA, et de bon nombre de ses militants, à l’égard de celles et ceux qui, comme à la Confédération Paysanne, militent activement pour un modèle de production et de consommation plus humain et plus écologique, donne la mesure des dégâts provoqués par la pensée dominante chez certains esprits faibles plus enclins à la violence qu’à la réflexion.

Il est aujourd’hui évident que les changements structurels, en France, en Europe et dans le reste du monde passent par une relocalisation de la production et de la consommation. Le développement spontané et logique des circuits courts – meilleur moyen de court-circuiter la grande distribution - est la réponse intelligente aux drames provoqués par l’agriculture industrielle. Celles et ceux qui ne le comprennent pas vont disparaître.

Il est plus facile d’impressionner le bon peuple – qui dans sa majorité « comprend » les manifestants - en pratiquant la violence et en suscitant la pitié que de poser publiquement les vrais problèmes et de s’atteler aux véritables solutions.

 

27 juillet 2015                                                                          Patrick MIGNARD

FNSEA : "Qui sème le vent,..."
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PERVERSION DEMOCRATIQUE…

 

… ou démocratie pervertie, comme on veut, mais disons-le clairement, les évènements que nous venons de vivre éclairent d’une singulière lumière notre « démocratie ».

 

Personne ou peu de monde, et certainement pas les premiers concernés, le reconnaîtront, mais les ignobles attentats qui ont frappé Paris le 7 janvier sont une aubaine inouïe pour les politiciens au pouvoir… un véritable état de grâce qui permet de jouer sur l’émotion, et uniquement sur elle, pour se refaire une « santé politique ».

Il n’est pas question de remettre en question la sincérité des politiques de vouloir défendre les principes de la liberté d’expression, quoique l’Histoire nous a montré que ce soutien pouvait être à géométrie variable, mais il serait naïf de ne considérer les choses que sous cet angle… c’est ce que l’on tait qui est souvent le plus révélateur.

Mais attention, dire cela n’est pas politiquement correct… « Un peu de dignité tout de même » va –t-on me dire. Le moment n’est pas à la polémique mais à l’émotion, à l’unité nationale et là-dessus la Marseillaise… ensuite on verra. En fait on ne verra rien du tout, comme d’habitude. Que reste-t-il de l’émotion suscitée par les attentats des années 90 ? Rien. Strictement rien ? La situation n’a fait qu’empirer malgré les faramineuses promesses faites. Les politiciens se sont succédé au pouvoir. Retour au point du départ, ou plutôt pire.

François HOLLANDE, et tout son gouvernement, doivent une fière chandelle aux terroristes qui ont réussi l’impossible espoir de faire/refaire l’unité derrière un Président de la République au plus bas dans les sondages, incapable de redresser une situation économique et sociale et empêtré dans des histoires boulevardières. La vertigineuse remontée de sa côte de popularité est essentiellement due, pour une fois, à une excellente communication et à l’habile gestion d’une situation exceptionnelle où la plus profonde et sincère émotion a côtoyé les plus grandes ambiguïtés – la présence d’individus peu fréquentables autour du Président de la République durant la grande manifestation du 11 janvier en est une symptomatique démonstration.

Une fois mise à part l’émotion collective, que reste-t-il de la situation actuelle et des conditions qui ont mené à une telle tragédie ? Le fonctionnement démocratique de notre société a-t-il été à la hauteur des défis de notre monde ?  Le passé est critiquable, le présent tragique… qu’en sera-t-il de l’avenir ? Là, est la véritable question.

Le jeu pervers de la surenchère politicienne, s’il a connu une brève pause, a très vite repris ses droits. Les vieux démons sont toujours à l’affût et l’extrême droite – un moment disqualifiée – toujours en embuscade.

 

Un feu de paille n’a jamais donné de braises, or, ce sont elles qui sont les garantes d’une bonne cuisson.

 

20 janvier 2015

PERVERSION DEMOCRATIQUE...
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VIEUX C’EST MIEUX

 

Dans un pays, dans une économie,… et pas seulement en France où l’on est de plus en plus incapable de procurer un emploi – donc un moyen d’existence – aux jeunes, la situation de vieux apparaît, dans une certaine mesure comme quelque chose d’enviable.

 

On ne dit plus vieux, on dit seniors. Quand on connaît le poids des mots, aujourd’hui, on apprécie tout de suite la nuance. Pourtant les jeunes, toujours irrévérencieux, ne disent pas à propos des parents, « mes seniors », mais toujours « mes vieux »…. Ils ont tort. En effet les jeunes, pas tous mais beaucoup, devraient ménager leurs géniteurs ou assimilés. Avoir des parents encore vivants avec une bonne retraite et « bon pied, bon œil », est actuellement une situation très enviable, une roue de secours dans l’océan de l’exclusion et de la pauvreté.

 

Ce modèle social français, que beaucoup en Europe et dans le monde nous envient, et que de sombres politiciens, fidèles serviteurs du système (des noms ?), essaient de détruire, est une béquille inestimable pour une partie de la jeunesse en manque d’avenir. La société actuelle, incapable d’assurer un avenir à ses jeunes les renvoie sur l’avenir que la société d’alors, il y a plus d’un demi siècle, assurait pour celles et ceux qui allaient devenir des vieux.

 

Ce qui tient debout aujourd’hui – et pour combien de temps ?- dans la tempête qui, peu à peu, emporte dans le chaos social et financier, les jeunes générations, ce sont les acquis du Conseil National de la Résistance…. Et en particulier les retraites.

 

Perfidement, le système actuel perçoit et considère les retraités comme un marché et des consommateurs potentiels… ils le sont certes, mais là aussi, pour combien de temps ? Ce pilier – le système par répartition des retraites - est en train de tomber comme tous les autres : services publics, protection sociale,….

 

Avec le temps celles et ceux qui ont de bonnes retraites, disparaissent,… Les nouveaux retraités – ceux qui auront la chance d’avoir la retraite - sont promis à l’indigence et la pauvreté. Les « vieux-pauvres » se multiplient de plus en plus…

 

Cette embellie pour le troisième âge n’aura en effet qu’un temps. Le système scie la branche sur laquelle il est assis et qui lui donne encore un peu de sens. Il vit sur l’inertie d’un modèle social plus que cinquantenaire qui garantit encore – et pas pour longtemps – un niveau de vie acceptable pour une frange de ses vieux. Une fois ceux-ci disparus, ce sera le grand recul… un capitalisme sauvage, style 19e siècle.

 

Paradoxe d’un système économique qui, en bout de course, fait de l’automne de la vie, sa vitrine la plus présentable.

 

14 Janvier 2014

 

VIEUX C'EST MIEUX
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GUERRE DU FEU / GUERRE AU FEU

 

Quelles bandes d’irresponsables, nos ancêtres, ces bipèdes velus qui n’ont rien trouvé de mieux que de faire jaillir des étincelles en cognant deux pierres et d’enflammer de la paille sèche !…. C’est ainsi qu’a commencé à se dégrader l’environnement, à s’empoisonner l’atmosphère. N’aurait-il pas mieux valu, comme le font toutes les autres espèces animales, manger crus viandes et végétaux et entretenir une épaisse fourrure pour lutter contre le froid ?

 

Mais l’espèce humaine a évolué et… au bout de quelques millénaires, a fini par comprendre son erreur : le vrai danger c’est le feu…désormais on va interdire le feu de bois…. Enfin ! En France, toujours à l’avant garde du progrès, en commençant par Paris, la ville lumière (mais sans feu), à partir de 2014, les feux de bois - de cheminées - y seront interdits. Ouf,… on va pouvoir respirer ! Mais comment n’y a-t-on pas pensé avant ?

 

Bien sûr, nous allons assister à une contestation massive des marchands de bois, des fabricants d’allumettes, bougies et autres trafiquants de produits à destruction massive, comme les cheminées d’appartement. Ces gens là, qui auraient dû être réprimés depuis des siècles, continuent à nous empoisonner sans vergogne.

 

Les élus de la nation, dans leur grande sagesse, le gouvernement, conscient de ses responsabilités à l’égard des générations futures, prennent, pour une fois, une décision radicale et qui fera date dans l’histoire. Finies les pratiques rustiques des âges farouches ! Vive le progrès,… le pétrole et le nucléaire garants de l’énergie,…

 

Il y a pourtant, encore des efforts à faire : les vaches qui dans les champs, pètent impunément, répandant des gaz à effet de serre dans l’atmosphère, et puis les respirations animale et humaine qui dégagent tant de CO2 !

 

Exigeons des bouchons dans le cul des vaches et des pétomanes, mais aussi l’interdiction du jogging et autres activités physiques qui favorisent la production du CO2. Bon OK,… il faudrait interdire aussi le tabac vu le dégagement de fumée,... mais là, attention, ça porterait atteinte au budget de l’Etat !

 

Dans les poubelles de l’Histoire, les bûchers de l’Inquisition, les immolations, les cracheurs de feu, les incendies forcément criminels et autres barbecues festifs !….

 

Ainsi donc, l’Homme devant le terrible dilemme : Extinction des feux ou Extinction de l’espèce a su, une fois encore, faire le bon choix.

 

Nous sommes sauvés !

 

13 décembre 2013

 

 

GUERRE DU FEU / GUERRE AU FEU
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Billet d'actualité ...................................................................................................

 

LEGITIMITE DU POUVOIR / LEGITIMITE DE LA RUE

 

 

Nous avons vu – voir LE POUVOIR ET LA RUE - que Pouvoir et Rue, tout en étant complémentaires, s’excluaient. Cette situation paradoxale n’est pas sans poser un grave problème pour définir le caractère démocratique d’un système politique.

 

Dans la Rue il y a une multitude de personnes qui doivent vivre collectivement. Elles ont une dimension individuelle, mais aussi une dimension collective – « l’Homme est un animal social ». Le choix est fait, pour faire fonctionner cette collectivité, de procéder à la mise en place d’un Pouvoir représentatif. En soi la démarche est logique et en rien choquante.

 

La méthode, afin de procéder à cette représentation, consiste à demander à tout un chacun de désigner celle ou celui qu’il/elle souhaiterait avoir comme représentant, c’est l’élection. Ainsi le Pouvoir fonde sa légitimité sur la Rue,… qui, de ce fait, perd la sienne.

 

Le principe est simple et a l’air parfait… Pourtant la réalité est tout autre.

 

Qui peut affirmer aujourd’hui que le Pouvoir représente les intérêts des gens de la Rue ? Vu la situation actuelle, et passée, on peut en douter. Pourtant disent les démocrates convaincus, les représentants du peuple au Pouvoir, ont été nommés par les gens de la Rue ! Formellement c’est exact, mais la réalité du choix laisse à désirer. Le choix est limité, orienté, manipulé.

 

Le choix est orienté, manipulé et finalement limité par de véritables machines à truster le Pouvoir : les partis politiques qui, en soi, n’ont aucune légitimité. C’est pourtant eux qui confisquent cette légitimité en filtrant, désignant celles et ceux qui doivent passer par eux pour accéder au Pouvoir. Aucun citoyen Lambda n’a les moyens financiers et médiatiques d’accéder, seul, au Pouvoir.

 

Ainsi le glissement de la légitimité de la Rue à la légitimité du Pouvoir est complètement faussé.

 

S’est constitué peu à peu une véritable classe politique dont l’objectif principal est le Pouvoir. Cette classe bénéficie de privilèges et des moyens de se reproduire par les liens qu’elle tisse avec les milieux d’affaires et les médias. La pensée politique de la Rue est façonnée par elle,… c’est elle qui impose de fait les choix… qui n’en sont véritablement pas. La Rue n’a plus d’opinion, l’opinion publique n’est que le reflet de l’expression des partis politiques – via les médias.

 

Le discours sur la légitimité démocratique du Pouvoir sauve les apparences en invoquant les élections qui ne sont qu’une manière habile de confisquer au profit d’un petit nombre la légitimité de la Rue.

 

18 avril 2013

 

LEGITIMITE DU POUVOIR / LEGITIMITE DE LA RUE
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RIEN

JE SUIS UN VIEUX CON… ET J’ASSUME !

 

Ca ne surprendra pas celles et ceux qui me connaissent,… les autres n’en ont rien à foutre et, d’un certain point de vue, ils/elles ont raison.

 

Ce constat s’impose à moi après des années de militance, d’engagements, de luttes pour et contre, de soutiens, de manifestations, de pétitions, d’occupations, de réunions publiques… pour des causes dont je m’interroge aujourd’hui « à quoi ça a servi ? ». Je finis par me demander si le monde que je vois est le même que celui de la plupart de mes contemporains. Comme ils persistent et signent dans leurs attitudes, leurs croyances, leur confiance dans les autorités, j’en conclus que, peut-être, ma vue baisse et que mon intellect faiblit. Bref,… je deviens un vieux con ! ! !

 

Des preuves ?

 

  • je n’ai aucune confiance dans le discours des politiciens, je ne crois pas en leurs promesses,… je ne vote plus depuis longtemps ;

  • je ne crois pas en une quelconque réforme du système économique et politique dominant ;

  • je méprise l’électeur qui, par devoir (sic) va voter et se plaint chaque fois du résultat de l’élection ;

  • je ne crois pas en la ridicule expression : « soyons optimistes, ils trouveront bien une solution » (au chômage, à la faim, à la pauvreté, au réchauffement climatique, au nucléaire, aux pesticides,…) ;

  • j’abhorre l’expression « pas de vague »  pour signifier qu’il faut tout accepter par crainte de la répression ;

  • j’en ai marre des mous qui préfèrent subir que de réfléchir et de se battre ;

  • je suis persuadé que la Police n’est pas faite pour assurer la sécurité publique, mais au contraire pour garantir l’ordre dans un système d’exploitation et de corruption ;

  • je suis convaincu que tous les discours politiciens sur l’intérêt public, ne sont que de la poudre aux yeux pour endormir le citoyen-usager et en faire un consommateur-client ;

  • j’ai la certitude que les décisions prises par des gouvernements « démocratiques », n’ont rien à voir avec l’intérêt du plus grand nombre, mais prises dans l’intérêt d’une minorité ;

  • je ne crois pas au dialogue social qui est une escroquerie inventée par les possédants pour faire croire que tout est négociable alors que l’essentiel en est exclu ;

  • je ne fais plus confiance aux syndicats de salariés qui, tout en critiquant le système, en ont parfaitement intégré le fonctionnement et ne sont même plus en capacité de défendre les conquêtes sociales  du passé ;

  • je vomis le sport-spectacle, pourri par le fric, et reproduisant les jeux du cirque, pour amuser le bon peuple ;

  • je déplore que les rares hommes/femmes qui crient des vérités évidentes sur le système capitaliste, la mondialisation financière, soient inaudibles alors qu’un parti néofasciste, de haine et de division, a de plus en plus pignon sur rue ;

  • je méprise les gouvernements faux-culs, marchands d’armes qui prêchent la paix et font la guerre ;

  • je méprise les soit disant écologistes qui ont fait de la défense de la planète un moyen de faire une carrière politique ;

  • je nomme par la nationalité de leurs ancêtres les répugnants personnages (des noms ?), fils/filles d’immigrés qui refusent à celles et ceux qui fuient la misère et les guerres ce que la France a accordé à leurs parents ;

  • j’ai l’intime conviction d’avoir perdu mon temps à expliquer, durant un demi siècle, dans les cours, les conférences ; les colloques, les stages, les manifestations, des livres, des articles, des dessins…les mécanismes du système qui nous conduit à notre perte ;

  • je ne supporte plus de faire une conférence devant une centaine de personnes sur un sujet social essentiel, pendant que, dans la même ville, au même moment, des milliers de « bons citoyens »(sic) se pâment devant les émissions poubelles d’une télévision débile et mercantile;

  • j’ai acquis la conviction que le temps de l’espèce humaine est compté dans la mesure où elle est incapable de dépasser le stade de l’intérêt individuel et de vivre en harmonie avec elle-même et avec la Nature quelle finit de détruire ;

  • je fais le constat que tous les combats menés et les valeurs défendues par certains de nos prédécesseurs, et qui étaient justes, sont devenus vains ;

  • je suis convaincu que, sur l’essentiel, on est incapable de tirer des leçons de l’Histoire ;

  • je culpabilise au regard du monde merdique que nous laissons aux générations futures ;

  • je reconnais absolument qu’elles auront un jour raison de nous mépriser pour notre inconscience et notre lâcheté.

 

D’un monde, dans lequel je pensais que l’être humain pouvait construire une société juste et viable, je me retrouve dans un monde pourrissant qui s'enfonce dans les égoïsmes et les inégalités. Un monde dans lequel j’ai de moins en moins envie de faire. Un monde dans lequel on n’apprend fondamentalement rien,… ou pas grand-chose. Un monde où la guerre mondiale est évitée non par conscience morale, mais par terreur de l’anéantissement général. Un monde que nous avons saccagé et une Nature que nous ne méritons pas.

 

Je me demande finalement si, devant les prétentions grotesques, les ambitions ridicules, les honneurs dérisoires, les faux semblants officiels, les discours démagogiques de crapules, souvent élues, les lâchetés, les fanatismes,… devant ce monde mortifère qui s’enfonce inexorablement dans le néant, la seule question qui vaille et à laquelle nous puissions sans erreur répondre n’est pas :

 

        «  Que restera-t-il de nous quand il n’y aura plus rien ? »

 

14juillet2017                                                                                             

Patrick MIGNARD

 

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TRAVAIL, TEMPS DE TRAVAIL, SALAIRE

 

 

Temps de travail et salaire paraissent intimement liés… il n’en est pourtant rien et l’exacerbation actuelle de la crise entre employeurs et salariés nous fait redécouvrir une réalité qui, au fil des décennies, avait été masquée par les conquêtes sociales. Le mythe du lien entre temps de travail et rémunération du salarié est en train de voler en éclat.

La mondialisation du capital et la dynamique de libéralisation qui en découle, c'est-à-dire une déréglementation de tous les marchés et en particulier celui de la force de travail, amènent les employeurs à revenir aux principes du système capitaliste.

 

Quand, au 19e siècle, l’employeur paie le salarié, ce n’est pas le travail effectué qu’il lui achète, mais il lui donne, en échange de son activité, l’équivalent monétaire de ce dont il a besoin pour vivre, autrement dit la valeur de sa force de travail. Ceci explique l’extrême misère de la classe ouvrière qui ne reçoit que le minimum pour vivre et travailler.

Les luttes des salariés vont dès lors, constamment revendiquer, pour mieux vivre, une augmentation du salaire et une réduction de la durée du travail. Quand l’employeur veut que le salarié travaille plus, il le motive en le payant mieux. De même, le salarié qui veut, améliorer son salaire accepte de travailler plus. Ainsi, au fil de cette pratique, de cet accord implicite entre les deux parties, temps de travail et rémunération vont être liés. Ce consensus, souvent renégocié au travers de multiples accords a duré des décennies et a même été codifié. Il garantissait la stabilité du lien social salarial et finalement la paix sociale.

Cette relation entre temps de travail et salaire apparaissait comme quelque chose de logique, naturel, équitable,…d’une certaine manière ça fonctionnait bien. L’Etat se portait le garant d’un système qui assurait une relative stabilité et paix sociale.

 

La mondialisation du capital a radicalement changeait la portée de ce type de relation :

 

- le rapport de force, en faveur des salariés, qui garantissait la stabilité de cette relation a, sinon disparu, du moins largement été réduit.

- les exigences en matière de production (coût, flexibilité de la main d’œuvre, rentabilité accrue du capital,…) se sont accrues pour les employeurs.

 

C’est donc, tout à fait logiquement que le patronat, le MEDEF en France, peut impunément détacher le temps de travail du salaire et exiger par exemple, sous menace de liquidation de l’entreprise, une augmentation du temps de travail sans augmentation du salaire. Le chantage marche car le rapport de force est désormais inversé.

On retrouve donc ainsi le principe originel du capitalisme d’antan qui faisait du salaire la rémunération correspondant à la valeur de la force de travail, autrement dit le revenu de subsistance, complètement détaché de la valeur produite par le travail. Ceux que certains appellent improprement la « fin du salariat » est au contraire la redécouverte de ce qu’il est en réalité.

La force de travail, dans le capitalisme a toujours été, et est toujours, une marchandise qui se négocie sur le « marché de la force de travail » et non du travail. Le développement récent du fonctionnement du Capital nous le rappelle. Il n’y a donc pas « fin du salariat », mais au contraire réaffirmation de son principe.

 

            12 mars 2016-03-09                                                                                       Patrick MIGNARD

TRAVAIL, TEMPS DE TRAVAIL, SALAIRE
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L’ETAT S’EN FOUT !

 

L’affirmation est un peu lapidaire mais correspond, hélas, parfaitement à la situation actuelle.

 

À nous tous, on nous a appris à l’École, dans les cours d’instruction civique et dans tous les discours politiques que l’on entend dans les médias, que l’Etat est le représentant de l’intérêt général, l’arbitre de la société civile, celui par qui la stabilité et le bien être collectif sont assurés. Dans la doxa républicaine, l’Etat tient une place de choix dans la mesure où il est censé incarner et défendre les valeurs de la République.

 

Tout cela est absolument faux ! Nous en avons tous les jours la preuve aujourd’hui,

 

Qu’est ce qui permet de l’affirmer ? A peu près tout ce qui se passe dans tous les domaines de l’activité économique et sociale !

Liquidation des services publics (énergie, santé, hôpitaux, transport, école…).

Liquidation petit à petit des acquis sociaux (retraites, législation du travail,…)

Ouverture de tous les marchés (marché des biens et services entre autre celui du médicament, marchés financiers, marché de la force de travail,…) entraînant spéculation généralisée, raréfaction des biens et de l’emploi.

Généralisation de la privatisation de toute activité économique et sociale dont le TAFTA doit être l’accomplissement final !

Il est de toute évidence et de notoriété publique que des secteurs d’activités sont essentiels à la vie en société et ne sauraient être livrés aux appétits gloutons du secteur privé (santé, énergie, habitat,… en particulier)… Or tous ces secteurs sont privatisés ou en voie de l’être… aussi bien par la Droite que par la Gauche. Le programme économique et social du Conseil National de la Résistance  qui était fondé sur cette évidence est en passe de disparaître totalement.

L’économique, le social, le culturel, l’enseignement, l’écologique, sans parler du financier,… sont peu à peu livrés pieds et poings liés au marché et à sa loi de rentabilité et de spéculation.

Autrement dit, l’Etat, à terme, n’offrira plus aucune garantie citoyenne de vie décente à la majorité. Seul l’argent sera une garantie. Seuls pourront vivre, celles et ceux qui auront la chance d’avoir un revenu par l’héritage, la spéculation ou leur travail qui se raréfie de plus en plus.

 

Comment en est-on arrivé là ?

 

Nous vivons sur un mythe. L’Etat n’a jamais été, dans l’Histoire, dans aucun système économique et social, l’institution neutre que nous croyons qu’il est. L’Etat a toujours été l’instrument de domination de la fraction dominante de la société. Si ceci est évident dans une dictature, ça l’est beaucoup moins dans ce que l’on appelle une démocratie. Pourquoi ? Parce que dans cette dernière, les représentants qui occupent les instances de l’État, tiennent leur légitimité du Peuple. Or, un changement ne se fait pas, comme on le croit par une révolution ou une insurrection. À terme c’est l’échec assuré (voir l’exemple soviétique). Un système s’instaure par un long travail d’implantation de ceux qui vont devenir la nouvelle classe dirigeante. Une fois au pouvoir, qu’ils prennent ou non avec l’appui du Peuple qu’ils manipulent (voir la Révolution Française) ils détiennent tous les moyens idéologiques, culturels, psychologiques et évidemment policiers et militaires pour s’y maintenir. C’est la situation dans laquelle nous sommes aujourd’hui. Si demain nous votons,… les mêmes seront au Pouvoir ! ! !

 

L’Etat instrument de domination

 

L’Etat, entre les mains des possédants devient leur instrument pour s’assurer que les principes du système en place fonctionnent avec le moins d’accrocs possibles. Dans le capitalisme, le principe est simple : toute la richesse va aux détenteurs du capital. La quote-part distribuée aux salariés leur permet d’assurer leur survie et de travailler.

Toute amélioration des conditions de vie et de travail des salariés ne peut-être que le résultat d’une lutte. Dès que le rapport de force fléchit ou s’inverse, la classe possédante reprend ce qu’elle avait été obligée d’accorder. Certaines périodes de troubles politiques, de fortes tensions sociales peuvent être propices à des avancées sociales : Front Populaire, Libération, Mai 68, La gauche en 1981. Mais tout est remis en question au moindre fléchissement des salariés…ce qui est le cas aujourd’hui.

Aujourd’hui, avec la mondialisation marchande, multinationales aux multiples filiales, mécanisation à outrance, possibilité de délocalisation, ce qui constituait le cœur contestataire du capitalisme est complètement éclaté ; la force de frappe du salariat, la classe ouvrière, est éclatée et le rapport de force n’est plus en sa faveur. L’Etat joue donc son rôle avec une relative liberté d’action. Il contribue au démantèlement de tous les acquis sociaux au grand profit du Capital qui peut dès lors fonctionner à plein régime.

Il ne reste plus à l’Etat qu’à assurer la valorisation du capital en prévenant et réprimant les victimes du capital : les salariés, les exclus, les jeunes, les retraites.

Le Capital n’a même plus à s’acheter la paix sociale comme il le faisait autrefois. Il n’attend de l’Etat que la mise au pas des contestataires… d’où la répression accrue des mouvements sociaux.

 

On peut donc dire que l’Etat se fout :

  • de l’emploi qui n’est qu’un détail de la valorisation du capital,
  • de la santé qui n’est qu’un produit des initiatives privées (labos, cliniques) et devient par là même source de profits
  • des retraites livrées aux fonds de pension,
  • des services publics qui disparaissent au profit du privé,
  • de l’environnement qui ne peut-être qu’une gêne à l’expansion du capital,
  • de la pauvreté qui n’est qu’un sous-produit de la richesse du capital, laissée aux bons soins des associations,

Sa fonction essentielle est d’assurer la stabilité sociale du système marchand. S’étant désengagé de toute intervention économique et sociale, il assure cette fonction par la coercition, la violence et la répression : il faut mater la meute qui se révolte.

Nous en sommes là, aujourd’hui.

 

Conclusion : ce n’est pas en changeant le personnel à la tête de l’État que l’on changera la Société, mais en commençant à changer à la base, à notre niveau, les structures de production, d’échange et de consommation. Tout discours politique classique est une escroquerie.

 

            17 avril 2016                                                                             Patrick MIGNARD

 

L'ETAT S'EN FOUT !
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SUR LA THEORIE DU « REMPLACEMENT »

 

« Le concept de « migration de remplacement » correspond à la migration internationale dont un pays aurait besoin pour éviter le déclin et le vieillissement de sa population qui résultent d’un niveau bas des taux de fécondité et de mortalité ». Définition de la Division de la population du Département des affaires économiques et sociales de l’ONU

Notons que la définition est extrêmement prudente. Elle se décline au « conditionnel » et porte simplement sur un constat démographique. Le concept existe, il est parfaitement défini. En réalité, il est aujourd’hui grossièrement détourné à des fins politiques… en particulier à propos des grandes migrations auxquelles nous assistons en Europe.

Comment est-il détourné ? De manière très simple qui peut se résumer à : « Sors-toi de là que je m’y mette ! ». Autrement dit, il s’agirait purement et simplement d’une substitution de populations… le conditionnel disparaît, de même que le constat d’un rééquilibrage démographique.

Qu’un tel processus migratoire – sans l’accord des populations autochtones - se soit réalisé dans l’Histoire c’est un fait,… c’est d’ailleurs ce que l’on appelle une invasion suivi d’une colonisation. Précisons que ces évènements n’ont jamais été condamnés, et même plutôt approuvés, par celles et ceux qui aujourd’hui hurlent à l’invasion par les migrants.(*)

La « théorie du remplacement », version modifiée, est devenue le cheval de bataille d’une extrême droite qui a trouvé là un moyen d’exciter et de mobiliser les peurs. En période de crise, le fascisme a toujours su trouver un angle d’attaque politique ayant pour fer de lance un bouc émissaire : hier le juif,… aujourd’hui le musulman !

Cette théorie du remplacement se fonde sur deux mythes :

  • la volonté des migrants d’envahir de nouveaux territoires ;
  • les fondements Européens d’une race blanche et d’une culture chrétienne.

 

La volonté d’invasion ?

 

Comparer, comme le fait le FN et d’autres, les migrants à des troupes d’occupation est, évidemment, absurde, et le procédé révèle par là-même la manipulation de l’opinion publique. Il n’y a pas l’ombre d’un projet d’occupation, pas plus qu’une volonté de remplacement d’une population par une autre. Il est de notoriété publique que ces migrants fuient la guerre et n’aspirent qu’à une vie de paix.

Ne pas le comprendre, ou ne pas vouloir le comprendre, a pour principale conséquence d’attiser les tensions entre populations, jouer sur une peur irrationnelle pouvant aboutir à de gravissimes conflits intérieurs. Il n’est pas à exclure que c’est probablement ce que cherchent les forces politiques néofascistes comme elles l’ont toujours fait dans le passé.

Ne pas le comprendre, ou ne pas vouloir le comprendre, c’est aussi renier toutes nos valeurs – n’avoir aucune confiance en elles – et, en particulier, celles de solidarité à l’égard d’hommes, de femmes et d’enfants en danger de mort. C’est nous rabaisser au rang de celles et ceux qui, il y a soixante dix ans, ont détourné les yeux devant l’indicible. Que celles et ceux qui ont cette ignoble attitude, professent impunément des valeurs de charité et de solidarité, en dit long sur leur personnalité.

 

Une Europe blanche et chrétienne ?

 

Raisonner à partir d’une telle affirmation c’est avoir une sérieuse courte vue de l’Histoire. C’est nier précisément ce qui fait les civilisations dans le monde.

La Nature n’a pas livré, clef en main, aux Européens, et à fortiori aux Français, une couleur de peau, pas plus que les églises.

Rappelons que les Francs, qui ont donné le nom au pays, étaient des envahisseurs nordiques qui se sont mélangés dans la Gaule romaine aux populations autochtones, qui n’étaient pas forcément « blanches ». Il est aujourd’hui établi que les premiers hommes étaient comme on dit « de couleur »… De plus les Francs n’étaient pas seuls,… Wisigoths et Vandales occupaient aussi le territoire. Rajoutez l’influence des Romains et des Sarrasins… et vous avez un beau mélange métissé.  Bonjour la pureté de la race !

 Il faudra attendre la conversion de Clovis, au 5e siècle pour voir apparaître « officiellement » la religion chrétienne… religion qui va s’imposer par une intolérance féroce durant des siècles…

Le siècle des Lumières et la Révolution Française seront le point de départ, en France, mais aussi, dans une certaine mesure en Europe d’une remise en cause des anciennes valeurs par l’instauration du statut de citoyen et la liberté de culte.

Celles et ceux qui parlent de France/Europe blanche et de religion chrétienne, font donc une impasse fâcheuse sur ce qui a été la base même de la notion de citoyenneté et de laïcité qui gomme toute différence de couleur de peau et d’adhésion ou non à une quelconque croyance. La valeur de base de la République, n’est pas une différenciation ségrégative entre individus, mais au contraire la reconnaissance et l’acceptation des différences.

 

Les valeurs qui fondent notre société ne sauraient être nullement des obstacles à l’arrivée de nouvelles populations et ce, quelle que soit la couleur de peau et/ou la religion. L’église – n’en déplaise aux intégristes catholiques – n’a pas une place exclusive dans le paysage européen… la mosquée, le temple et la synagogue y ont aussi leur place.

Hormis certains cas très particuliers dans l’Histoire : colons en Amérique du Nord, nazis en Union Soviétique (théorie du Lebensraum), colons britanniques en Australie,…la plupart des mouvements migratoires n’ont pas été, ou tentaient d’être, des « remplacements de population ».

L’actuelle phobie du remplacement, agitée par des formations politiques xénophobes à propos des déplacements de population, ne sont que des productions idéologiques destinées à effrayer et à orienter des choix politiques faisant de l’Europe une forteresse ouverte aux marchandises et capitaux, mais pas aux hommes ( ?).

Les conservateurs de tous poils, néofascistes – voire néonazis - et faux-culs (des noms ?) qui se gargarisent de « valeurs humanistes », les ignorant dans leurs pratiques et croyant en une mythique stabilité des civilisations, nous entraînent droit dans le mur de la guerre civile. Face à un flux de réfugiés désemparés, la solution n’est pas de dresser des frontières – ce qui est d’ailleurs physiquement impossible et humainement inadmissible, mais de traiter le problème en terme d’accueil et de répartitions des richesses.

Face à l’augmentation de la population mondiale et au dérèglement climatique la seule attitude responsable est, non pas de fermer nos yeux, nos cœurs et nos cerveaux,… mais de poser les vraies questions de la cohabitation de toutes et tous sur la planète. Refuser de poser ces questions, c’est à terme disparaître.

                       

                     2 octobre 2015                                                                                 Patrick MIGNARD

 

(*) Voir aussi:

« LE SENS DES LOTS/LE CHOC DES FANTASMES »

«  MIGRATIONS ET CHANGEMENT »

http://fedetlib.overblog.com/2015/09/migrations-et-changement.html

SUR LA THEORIE DU "REMPLACEMENT"
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           CRITIQUE DE LA MARCHANDISE

      MARCHANDISATION DE LA CRITIQUE

 

                  CENSURE : L’ARGENT MIEUX QUE LES CISEAUX

 

La marchandisation des « GUIGNOLS DE L’INFO », car c’est bien de cela dont il s’agit, constitue un grand moment de la dégénérescence de notre « démocratie ».

 

Les GUIGNOLS DE L’INFO étaient, parlons-en au passé, (leur cryptage n’étant que le prélude à leur disparition) - la seule émission critique qui, par son degré d’impertinence, et son succès d’audience permettait à la fois de dire l’indicible, au sens du politiquement correct, et l’indispensable, au sens de la dénonciation des dérives de notre société.

Il y a deux manières d’empêcher la critique : la censure directe  et l’argent.

 

  • la censure directe: un système autoritaire et ouvertement antidémocratique, interdit et frappe celle ou celui qui insiste pour s’exprimer librement ;
  • l'argent: un système dit démocratique, se devant de respecter les formes et les apparences, interdit indirectement. Il frappe au portefeuille.

 

En n’interdisant plus directement mais indirectement, les fossoyeurs des libertés ont su tirer les leçons de l’Histoire . En effet, un pouvoir totalitaire, sur le plan moral facilement condamnable, est à plus ou moins long terme renversé. Le système marchand libéral a l’avantage de sauver les apparences et donc de perdurer. Après avoir porté aux pinacles le culte de l’argent censé n’être que l’expression de la liberté et de l’égalité, celles et ceux qui en ont le plus, et donc détiennent un pouvoir économique et politique, peuvent sans rendre des comptes à la société civile, censurer tel ou tel secteur économique.

On a là, la phase ultime de la fétichisation de la marchandise  dans le domaine de la liberté d’expression et de la liberté de critiquer. De fait, critiques et citoyens sont désormais séparés par l’argent. Celui-ci devient le facteur de dissuasion : il faut payer pour voir ! La critique n’est qu’un simple spectacle.  Pour les GUIGNOLS, cette mesure n’est évidemment que le prélude à leur disparition pure et simple, ce qui est finalement le but à atteindre.

Bien sûr dira-t-on, il s’agit d’un spectacle sur une chaîne de télévision privée. Certes, c’est ce qui rend la mesure parfaitement légale… mais ce qui est intéressant ce n’est pas l’aspect juridique – généralement, directement ou indirectement, soumis à l’intérêt des puissants - mais le sens social et politique de la décision.

Les GUIGNOLS DE L’INFO n’étaient pas n’importe quelle émission. Particulièrement virulente, l’émission mettait en scène les politiciens de tous bords, les caricaturant, dans leurs pratiques les plus ridicules et moralement condamnables. Elle montrait, et par là même dénonçait tous les reniements, les manipulations, les sous-entendus d’une société qui veut sauver les apparences démocratiques mais qui ne fonctionne que sur, par et pour l’argent.  Il est certain qu’elle jetait un regard singulier et la suspicion sur la classe politique… elle amenait le citoyen à penser le/la politique en d’autres termes que la version officielle.  Bref,… comme toute critique efficace, elle était dangereuse pour l’ordre établi. Mais l’interdire simplement pouvait faire crier à la censure. La rendre payante, en la cryptant, en limitait l’audience, puis l’éliminant… était la solution…. Le milliardaire BOLLORE propriétaire de la chaîne et ami intime d’une des principales victimes des GUIGNOLS, dans la torpeur étouffante de l’été, n’a pas hésité.

Nous avons là un nouvel exemple de ce que permet la marchandisation : la soumission de tout, y compris de la pensée critique, aux critères financiers.

En principe, dans une démocratie, le droit à la critique est libre,… en principe, mais dans une démocratie fondée sur l’économie marchande, le véhicule de la critique peut-être soumis aux intérêts financiers… ce qui entraîne son contrôle par ce dernier,… et en toute légalité. Circulez, y a rien à voir !

 

Dans une société hyper-médiatisée, la détention par les milieux financiers de grands moyens de communication, fait que l’information peut, paradoxalement, devenir un poison mortel. Sélectionnée, épurée, manipulée, faisandée, elle est livrée comme un produit de consommation courante dans le but évident de conditionner et de lobotomiser les cerveaux.

L’espace de la réflexion et de la critique se réduit aujourd’hui comme une peau de chagrin. Les rares lieux médiatiques de critique se font de plus en plus rares : LE CANARD ENCHAINE, CHARLIE HERDO, MEDIAPART, ARTE… pour les plus connus qui sont les derniers bastions de la pensée critique. Gardons nous de les laisser disparaître.

 

 

2 Août 2015                                                                                                      Patrick MIGNARD

MARCHANDISATION DE LA CRITIQUE
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LA DEMOCRATIE À L’EPREUVE DES GRANDS PROJETS

 

On a vu dans l’article précédent « LA FIN DES GRANDS PROJETS ? Les raisons écologiques qui sont à l’origine de la contestation des « grands projets » actuels. L’aspect démocratique et citoyen a été seulement effleuré,… il s’agit maintenant de l’aborder.

La préservation de l’environnement est une chose trop importante pour être délaissée par les citoyens. Il y va de la survie de toutes les espèces vivantes. Mais le mode de fonctionnement dit « démocratique » de nos sociétés est loin d’être adapté aux exigences et impératifs du moment.

 

INTERÊT GENERAL ET INTERÊTS PARTICULIERS

 

La frontière entre les deux peut être très imprécise et à géométrie variable. Ceci vient de la définition des deux concepts et de la manière dont le système dominant les décline.

L’intérêt général, qui pourrait paraître évident, est en fait une notion floue qui veut concilier à la fois les intérêts globaux de l’équilibre du système économique dominant et l’expression des intérêts des particuliers et des entreprises. L’intérêt général ne peut pas être dissocié de l’intérêt et des conditions de survie du système économique dominant en place. De plus, et par voie de conséquence, dans son acception courante, l’intérêt général ne saurait être entravé par le/s intérêts/s particulier/s. A moins de dire, ce qui est absurde, que l’intérêt général n’est que la synthèse des intérêts particuliers.  Vivre en collectivité, démocratiquement, c’est réaliser la difficile alchimie entre le général et le particulier. C’est là que le bât blesse !

Dans l’Histoire et dans tous les systèmes économiques, les classes dominantes ont usé et abusé de leur pouvoir pour faire prévaloir, l’intérêt de celui-ci, qui correspond en fait à leurs propres intérêts (donc particuliers) en donnant plus ou moins l’impression de le faire dans l’intérêt du salut de chacun et de tous. On voit la confusion !

Le capitalisme, aujourd’hui, ne fait pas exception à cette règle. Privilégiant la rentabilité du capital sous couvert d’un système qui se veut démocratique, il impose en fait, et en droit, un intérêt général qui a une conception bien singulière de l’intérêt particulier. La dérive est totale au stade de la mondialisation du capital et de la domination dans le champ de l’économique ; des structures économico-financières imposent de fait,… et bientôt de droit, leur loi. Le TAFTA (Traité de Libre Echange entre l’Europe et les USA actuellement en négociation) étant le stade ultime de cette dérive.

A ce stade du conflit entre l’intérêt général, en réalité celui des grandes firmes, et celui du particulier, on pourrait en conclure à l’éternel conflit entre les possédants et les spoliés…ce qui donne du « grain à moudre » aux tribunaux et aux conflits sociaux.

Mais désormais il y a plus grave !

 

L’INTERET GENERAL CONTRE L’INTERET GENERAL

 

L’intérêt général du système, même quand il tient compte d’intérêts particuliers, peut être en parfaite contradiction avec l’intérêt général de l’Humanité… et c’est cette situation que nous vivons aujourd’hui.

Concevoir un grand projet, même s’il correspond à des intérêts particuliers locaux (cas de Sivens, de Roybon,…), même s’il est approuvé par des gens du cru, c'est-à-dire les principaux intéressés, et premiers concernés,… ne peut plus être aujourd’hui une simple opération d’aménagement. Pourquoi ? Parce que, désormais, la multiplication, l’extension, des projets d’aménagement altèrent gravement l’environnement, autrement dit un intérêt général encore plus vaste que ce que définissait de manière plus ou moins étroite, l’intérêt général classique dans sa précédente acception. La généralisation des destructions des forêts, des bois, des marais, des terres arables,… à l’échelle d’un département, d’un pays, de la planète, hypothèque gravement l’avenir de la biodiversité, autrement dit de l’équilibre de la Nature.

Cette nouvelle dimension échappe complètement aux politiciens qui ne voient que le court terme (leur mandat), de même que les particuliers qui ne voient que leurs intérêts immédiats (ce qu’ils peuvent gagner ou perdre).

On assiste à un véritablement changement d’échelle dans la manière avec laquelle on doit gérer l’espace de vie. Cette nouvelle vision du monde est loin d’être partagée par une majorité, elle est au contraire le fait d’une minorité qui ainsi est marginalisée, suspectée, qualifiée d’utopiste, d’irréaliste, voire de terroriste quand elle décide de passer à l’action.

Le processus démocratique classique que nous connaissons est totalement obsolète pour répondre aux nouvelles contraintes qui s’imposent aux études prospectives et à la prise de décision. Si à un instant t, une minorité peut avoir raison contre la majorité, s’oppose à un Etat reconnu comme démocratique, cela veut dire que l’on doit repenser le fonctionnement « démocratique » de la société.

Cette situation révèle en fait une réalité beaucoup plus fondamentale : le système économique, le capitalisme, est parfaitement inadapté aux limites atteintes par le progrès technique et son utilisation dans le cadre de la recherche du profit.

Le « phénomène des ZAD » que l’on veut nous faire considérer comme marginal et provocateur est en fait révélateur d’une crise qu’il ne faut pas hésiter à qualifier de civilisation.

La solution à ce défi n’est ni dans l’État, ni dans l’État de droit, ni dans les Instances politiques,… tous garants et soumis aux intérêts du système, mais désormais dans les initiatives citoyennes.

 

22 décembre 2014

LA DEMOCRATIE A L'EPREUVE DES GRANDS PROJETS
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RATIONALITE ECONOMIQUE ET

          LOGIQUE POLITIQUE

 

 En France, comme dans d’autres pays européens, on arrive cette fois au bout d’une logique, celle qui ne permet plus à la politique, politicienne, de compenser les contradictions sociales engendrées par l’économique.

Tant que les conditions de valorisation du capital – qui est le principe fondamental du système dans lequel nous sommes – permettait à la Droite et à la Gauche alternativement – et apparemment contradictoirement – de satisfaire aux conditions de cette valorisation en garantissant la paix sociale,… tout allait bien ou presque. Le système capitaliste pouvait fonctionner avec une marge de manœuvre politique qui était assurée par les contorsions gestionnaires et médiatiques des politiciens au pouvoir… car tout en étant les garants du système, ils donnaient des gages aux salariés pour assurer la paix sociale.

Le glissement progressif du Parti Socialiste vers un social libéralisme désormais assumé par lui, sonne le glas de ce que l’on pourrait attendre de sa part, c'est-à-dire une politique économique « de gauche » (défense et extension des services publics, des acquis sociaux, relance par la consommation, taxation du capital,…). Les choix faits par lui sont clairs et sans ambiguïté… le peu de sérieux de ses « alliés » (les écologistes), rend encore plus incertain un éventuel retournement de situation…De plus, ce qu‘il a sur sa gauche est loin de convaincre et de rassurer.

Aujourd’hui les choses sont claires… il n’y a pas de différence entre le modèle économique de gestion de la Droite et celui de la Gauche. Les coquetteries idéologiques qui trouvent une différence entre les deux se fondent sur des considérations totalement obsolètes, issues d’une période révolue. Pour la France comme pour tous les pays de l’Union Européenne, la dimension européenne limite de plus les marges de manœuvre d’une politique nationale.

On est donc au pied du mur, ou dans une impasse. Les schémas classiques politiciens d’autrefois ne jouent plus. Cà, le Front National le sait et en joue avec virtuosité. Bien sûr, son programme économique ou ce qui en tient lieu, n’est qu’illusion… il promet tout et n’importe quoi… espérant le réflexe : « Les autres ont échoué, essayons-le ! »…. Et ça peut marcher si l’on continue à entretenir l’illusion d’une « alternance Droite/Gauche salvatrice ».

Le Capital ayant besoin de stabilité politique, une fois que le vieux schéma politique de l’alternance ne marchera plus et que l’agitation sociale règnera, il lui faudra trouver une solution « stabilisante »… et on sait ce que c’est : un état fort. Le Front National est bien sûr la roue de secours du système une fois épuisées toutes les solutions politiques classiques. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si, dans la plupart des pays européens en crise, le néofascisme progresse.  

L’heure ne sera plus alors aux tergiversations stériles avec des politiciens incapables ! Il faudra peut-être alors commencer à s’occuper sérieusement du politique !

1er mai 2014

 

 

RATIONALITE ECONOMIQUE ET LOGIQUE POLITIQUE
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POUR MEMOIRE…

 

En mars 1976 en Argentine, sous la direction de Jorge Rafael Videla, Commandant en chef de l'armée argentine, s’installe au pouvoir une véritable bande d’assassins qui a un projet politique : «  Processus de réorganisation national » ; il s’agit en fait de l’instauration d’une dictature sauvage. De 1976 à 1983, aux yeux du monde entier ce ne seront en Argentine que meurtres, massacres, disparitions, tortures, rapts d’enfants,…. Bref ce que l’Histoire retiendra sous l’intitulé de « sale guerre » (en espagnol guerra sucia).

 

Tout le monde savait, mais bien peu dénonçaient... Les USA, premiers intéressés, collaboraient, mais aussi les États européens, et la France (Patrie des Droits de l’Homme - sic) vendait du matériel militaire à la junte.

 

En 1978, la Junte au pouvoir “hérite” de la Coupe Mondiale de Football. Une aubaine dont elle va se servir, à l’image des Jeux Olympiques de Berlin en 1936 utilisés, à des fins de propagande, par Hitler.

 

Question: Peut-on / doit-on jouer au foot dans un pays où un État élimine, torture ses opposants poltiques? Eternelle question entre la morale et l’argent. Les dirigeants mondiaux du foot, eux, n’ont pas hésité,... l’appel des bénéfices escomptés était trop fort.

 

Une campagne de dénonciation “Pas de foot entre les camps de concentration” et d’appel au boycott était lancée par diverses organisations... La Droite au pouvoir, qui avait dés 1973 collaboré avec la dictature chilienne, faisait ls sourde oreille. La Gauche, qui n’était pas encore au pouvoir en France, pouvait sans crainte dénoncer...

 

Le Front National, encore très jeune (1972), faisait ses premiers pas, guidé par ceux qui lui avaient donné naissance. La direction – bureau politique -  du parti était alors composée de Pierre Bousquet qui fut volontaire dans la légion SS Charlemagne, Victor Barthélémy, fidèle du collaborateur Jacques Doriot, et François Brigneau qui s’était engagé dans la Milice de Darnand, tout ce beau monde entouré de nostalgiques de l’OAS et de catholiques intégristes.

 

La proximité idéologique entre la junte militaire et les membres du Front National au pedigree éloquent explique l’empressement du FN à soutenir l’évènement. C’est donc sans état d’âme, en faisant un grand Cocorico, que le Front National dissociant habilement sport et politique, soutenait la manifestation. Parallèlement à celles et ceux qui condamnaient l’opération-promotion de la junte argentine (voir affiche d’appel au boycott), le Front National sortait sa propre affiche…

 

12 juin 2014

  

FOOT : POUR MEMOIRE
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LA REVOLTE SILENCIEUSE

 

Ca y est, c’est parti, on l’attendait bruyante, violente,… pourtant, elle ne fait pas de bruit, certains diront qu’elle est sournoise, impalpable,… Elle est bien là, la révolte des exclus, des déçus, de celles et ceux, toujours plus nombreux/ses qui ne croient plus aux discours mensongers des politiciens, aux promesses de cette classe parasite qui n’agit que dans l’intérêt d’un système dont elle tire profits et privilèges.

 

Les discours moralisants, moralisateurs, faussement citoyens, ne marchent plus ou du moins, de moins en moins… l’illusion n’a que trop duré. A défaut de manifester, de casser et de brûler, on refuse de participer à ce qui fait finalement la force de ce système, l’illusion de démocratie qu’il distille : le vote.

 

On ne peut plus dire que l’abstention est le monopole des « pêcheurs à la ligne », elle est aujourd’hui une véritable expression politique qui signifie une chose très claire : ras-le-bol de ce système faussement démocratique qui nous conduit à la catastrophe dont la montée du néofascisme est l’expression politique la plus dangereuse… Et l’on sait depuis les années trente du siècle dernier que l’on ne combat pas ce fascisme en reconduisant au pouvoir des politiciens incapables et manipulateurs.

 

Cette révolte est beaucoup plus grave pour la classe politique que les manifestations folkloriques et pétitions stériles dont elle se moque royalement… il y va désormais de la crédibilité, de la légitimité de celles et ceux qui nous « mènent en bateau » depuis des décennies.

 

Bien sûr, le courant néo fasciste est un danger et les politiciens au pouvoir l’utilisent comme repoussoir et instrument de culpabilisation du citoyen pour l’amener à voter pour eux. Ils oublient simplement de dire que, d’une part, l’existence de ce courant est la conséquence de leurs politiques et que, d’autre part, le soi-disant front républicain ressuscité au moment des élections est, à terme, un dérisoire barrage pour l’endiguer.

 

Désormais la légitimité des élus/es est gravement entamée… Les pourcentages obtenus, s’ils sont toujours calculés sur le nombre de votants – et non des inscrits, (comme par hasard) - ne peuvent désormais plus cacher le fossé toujours plus grand entre celles et ceux qui continuent à croire en la comédie électorale et celles et ceux qui tournent les talons aux discours et promesses.

 

Cette révolte, comme toute révolte, n’est pas immédiatement porteuse d’un avenir, d’un projet,… elle n’est qu’un signe, le symptôme d’un dysfonctionnement grave de notre démocratie. L’avenir ne passe plus par la confiance que l’on peut mettre en une classe politique qui a failli… Prenons garde de ne pas mettre nos espoirs dans la démagogie de celles et ceux qui voudraient prendre sa place… et qui tout en le dénonçant, sont tout de même un pur produit de ce système.

 

Amplifions cette révolte lors des prochains scrutins.

 

 31 mars 2014

LA REVOLTE SILENCIEUSE
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ATMOSPHERE…

 

C’est vrai qu’il règne aujourd’hui, dans notre pays une étrange atmosphère, une de ces ambiances dont on ne sait pas trop ce qui peut en sortir, mais avec la désagréable impression, sinon prémonition, que rien de bon ne peut arriver.

 

CRISE ECONOMIQUE + DELITEMENT DE LA CLASSE POLITIQUE + MONTEE D’UN NEO FASCISME VIRULENT = ?

 

Cette équation, dont on ne connaît qu’un membre, ne peut que nous alarmer. Certes les différents termes pris isolément ne présentent pas, en eux-mêmes, un vrai danger… mais le cocktail qui en constitue la somme ne peut que nous rappeler de biens sinistres souvenirs. Bien sûr, l’Histoire ne se reproduit jamais à l’identique et poser le calque du passé, sur le présent, ne nous permet pas de prédire l’avenir.

 

Pourtant, si l’avenir se construit à partir du présent, les matériaux qui sont à notre disposition manquent incontestablement de fiabilité pour l’envisager avec sérénité.

 

La crise économique, et financière, est aussi, à n’en pas douter la crise de l’Europe. Or, depuis des années le pari, politique et économique, a été fait que la construction européenne était la solution au chômage, à l’équilibre financier, à la croissance,…. On ne peut aujourd’hui qu’en douter aux vues des évènements qui secouent le vieux continent. La construction de l’Europe libérale est un échec.

 

Le délitement de la classe politique est la conséquence de promesses non tenues, de politiques libérales destructrices, de scandales. D’où une grave crise de légitimité. Qui peut croire aujourd’hui que les élus/es maîtrisent le présent et peuvent assurer l’avenir ?

 

La montée d’un néo fascisme virulent. Comme les rats, le fascisme prolifère dans les égouts de la crise, fait ses choux gras de la désespérance générale et avance ses pions dans un désert de conscience politique à coup de slogans démagogiques et de haine qui mettent à mal le principe de citoyenneté.

 

La situation est bloquée. Le principe du fonctionnement électoral de notre république, puissant instrument de déresponsabilisation citoyenne, nous a conduits à cette impasse…. En l’état actuel des choses, il ne peut que sécréter le pire : la légalisation et légitimation du fascisme. La vieille réaction, qui a fait ses preuves « On a tout essayé, il ne reste plus qu’eux » va jouer lors des prochaines élections.

 

La solution est certainement ailleurs. Hors des sentiers battus et chaotiques de la politique politicienne qui engraisse une classe politique incompétente, complice du système qu’elle gère (droite-gauche) ou veut gérer (les fascistes) et souvent corrompue (des noms ?)

 

La place est aujourd’hui à la défiance à l’égard des politiciens. Seules des initiatives citoyennes, générant de nouvelles solidarités et rapport sociaux dans tous les domaines, peuvent nous éviter de sombrer dans la catastrophe que nous réserve la situation actuelle.

 

13 novembre 2013

 

ATMOSPHERE
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MELANGE DES GENRES

 

« Bonnets rouges » contre « drapeaux rouges » ? On ne sait plus très bien qui est qui ! Dans une époque où la finalité originelle des syndicats (défendre les intérêts des salariés) fond comme neige au soleil, que le lien social se délite, que le capital investi dans le pays subit les affres de la mondialisation marchande… la plus grande confusion règne dans les consciences et dans la rue.

 

L’irruption sur la scène sociale, et par voie de conséquence politique, des « bonnets rouges » a surpris tout le monde, y compris eux-mêmes. Les plus concernés sont évidemment les syndicats qui comme ils le pensent sont encore « Les plus à même de défendre les salariés…» (Laurent Berger – CFDT)… Il est en effet grand temps qu’ils le disent car, à la lumière des derniers conflits sociaux on est en droit de se poser la question. En effet, les syndicats, aujourd’hui sont plus des accompagnateurs (genre cellule psychologique) des salariés licenciés que des structures de luttes pour améliorer les conditions de vie et de travail – ce qu’ils étaient précisément à leur origine.

 

La double contradiction du capitalisme, dans un contexte de mondialisation, aboutit à une véritable porosité des intérêts de classe :

 

Les chefs d’entreprises, sont plus que jamais soumis à une concurrence internationale qui les oblige à se restructurer, délocaliser, licencier… Merci l’Europe des marchés !….

 

Les salariés, sont plus que jamais soumis à la pression du capital (salaires, conditions de travail, licenciements). Merci l’Europe que l’on nous présentait comme sociale !

 

En l’absence, à la fois d’une action efficace des pouvoirs publics – voir les efforts pitoyables de ce pauvre Montebourg - et de la capacité des syndicats à jouer leurs rôles,… les « acteurs sociaux » patrons-salariés se retrouvent dans la rue sous le même bonnet… Fondamentalement les intérêts sont divergents, contradictoires, mais il est facile en l’absence de toute clarté de la situation de faire croire que l’on est tous dans la même galère… Le contexte politico-économique décadent offre au MEDEF et autres structures rapaces (FNSEA) une situation idéale, sur un plateau, pour faire croire aux salariés que leur salut passe par la défense du capital.

 

Cette volonté de confusion n’est pas nouvelle, mais elle prend aujourd’hui une dimension particulière du fait de l’absence de toute alternative pour la dépasser. Les syndicats se réveillant, prennent le train en marche et essayent de changer l’aiguillage… ça va être dur, vu ce qu’ils sont devenus et leur capacité de riposte.

 

Par contre, à l’affût, le néo fascisme peut pointer son nez, voyant là une manière de faire croire à la possibilité d’une vision corporatiste – alliance patrons/salariés – dans un cadre national…. Ça ne vous rappel rien ? Revoyez vos livres d’Histoire !

 

25 novembre 2013

 

MELANGE DES GENRES
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RETRAITE INDISCRETE

 

Cette affaire de « retraite dorée », qui vient de passer sous le nez du président du directoire de PSA constitue un cas exemplaire pour comprendre dans quel monde nous vivons.

 

Tombant au même moment que l’interdiction des colorants dans les tatouages et la pénalisation des clients des prostituées, on comprend qu’elle n’a pas pu être pédagogiquement exploitée comme elle l’aurait dû.

 

Revenons donc sur quelques aspects essentiels de la question.

 

Sur le sens d’une telle mesure : Les salariés et leurs syndicats se sont étonnés, et même ont été scandalisés, qu’un PDG qui a officié durant quatre ans, a licencié au bas mot onze mille salariés et fermé trois sites puisse bénéficier d’un tel privilège.

 

Il y a deux aspects au sens de cette mesure :

 

  • le conseil de surveillance et l’assemblée générale des actionnaires, ont parfaitement le droit de prendre ce genre de décision… donc rien d’illégal ;
  • mettre en parallèle cette mesure avec l’action effectuée par le PDG est tout à fait légitime sauf que les salariés se trompent de logique… C’est très probablement parce qu’il a agi ainsi qu’il a été récompensé. En effet, il a agi, en accord avec les instances légales de l’entreprise en vue de la restructuration de son capital.

 

Une explication est ici nécessaire : dans une entreprise, l’instance de décision – la gouvernance d’entreprise – est l’assemblée générale des actionnaires, et elle seule. Ceux-ci, durant des années ont touché de juteux dividendes – ce qui est l’objectif de tout actionnaire – et c’est parfaitement légal. Dans le cadre de la restructuration de leur groupe (PSA), ils ont fait le choix de procéder, ce qui n’est pas nouveau, à des licenciements et abandons de sites… pour cela ils ont nommé un nouveau PDG qui a fait ce travail… Il était donc logique qu’ils le remercient.

 

Sur le sens de l’abandon par le PDG de sa « retraite dorée » - Il n’avait aucune obligation de la refuser. D’ailleurs, dès le début de la polémique, il a très clairement défendu une position en qui était en cohérence avec de ce qu’avaient décidé le conseil de surveillance et l’assemblée générale des actionnaires.

 

Pourquoi a-t-il pris cette décision ? Parce que l’affaire a été médiatisée et dans un tel contexte qu’aujourd’hui, le bénéfice d’un tel privilège fait désordre. Le MEDEF a tout de suite compris la situation en réunissant son instance d’ « éthique ». La bombe a été désamorcée. Faire apparaître cette attitude comme « courageuse », voire « morale », ne manque pas de sel ! ! ! ! !  

 

Sur le sens de la demande des syndicats concernant le devenir de la somme – Les salariés et leurs syndicats demandent l’affectation de la somme (21 millions d’€) à l’ensemble des personnels du groupe. Ils croient au Père Noël !

La direction de l’entreprise n’a absolument aucune raison de satisfaire leur demande… simplement parce qu’elle ne leur doit rien. En effet, un salarié est embauché quand on en a besoin et touche un salaire qui correspond à la valeur de sa force de travail – le contrat de travail est un contrat entre deux volontés indépendantes, l’employeur et l’employé -. Le travail qu’il fournit, ne lui appartient  pas, il appartient à la direction de l’entreprise.

 

Ainsi les salariés ont raison quand ils disent que la richesse produite l’est par eux,… mais ils se trompent quand ils disent qu’ils en ont droit à une partie (en dehors du salaire).

 

Sur la limitation des revenus des dirigeants d’entreprises – Concernant des entreprises publiques – de moins en moins nombreuses – l’Etat a en principe un droit de regard… encore faut-il qu’il y ait une volonté politique. Concernant les entreprises privées,… il peut légiférer mais il va se heurter à ce que l’on appelle le « marché international des dirigeants d’entreprises » qui peut conduire, comme pour le capital, à une fuite à l’étranger. Prendra-t-il, l’Etat, ce risque économique et politique ? Est-il prêt à repenser le fonctionnement de l’économie sur d’autres bases… On ne peut qu’en douter ! Quant à la soi-disant autorégulation des revenus des dirigeants d’entreprise, dont parle le MEDEF, c’est évidemment une misérable plaisanterie.

 

En fait les choses sont simples… rien ne va changer et la prochaine fois le départ d’un dirigeant se fera de manière plus discrète.

 

 

On voit bien dans l’affaire de cette retraite dorée comment fonctionne le système capitaliste : d’un côté les actionnaires qui ont le pouvoir et disposent de la richesse produite, de l’autre des salariés qui n’ont aucun droit sinon de toucher un salaire et de se faire licencier quand on n’a plus besoin d’eux.

 

Tout cela on le sait depuis deux siècles et c’est toujours « encourageant » pour celles et ceux qui dénoncent ce système, de constater que les principaux intéressés, les salariés, croient, ou font semblant de croire, aux fables qu’on leur raconte.

 

28 novembre 2013

RETRAITE INDISCRETE

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