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Publié par PM sur
Publié dans : #billet d'actualite

Billet d'actualité ...............................................................................................................

L’ECUME DE L’ACTUALITE

J’ai passé une journée sans écouter les informations,…je sais, tout le monde s’en fout,… non pas à cause d’une panne d’électricité, mais volontairement. Je savais ce qui allait se dire et se montrer… finalement, une excellente raison pour faire tout autre chose.

Le micro évènement, grossi des millions de fois par la magie du microscope électronique médiatique emplissait tous les écrans, tous les journaux, tous les bulletins d’information. Une aubaine pour les médias qui se sont jeté sur l’évènement comme des mouches sur… Il y allait de l’avenir de la planète, de la démocratie,… des politiciens « experts » (ce qui est un pléonasme) en la matière ont même dit que pour le pays – pas le nôtre – l’autre, une « nouvelle ère judiciaire et démocratique s’ouvrait » !... Diantre !

Ils avaient bonne mine les salariés de Renault, de Peugeot et même de Arcelor Mittal… sans parler de la guerre au Mali qui ne fait même plus les délices de nos petits déjeuners le matin au saut du lit. Tout ce qui fait la vie sociale passait au second plan,… une aubaine en temps de crise pour distraire le peuple, le faire frémir, lui tirer la larme à l’œil ! De l’émotion pur sucre entre deux publicités !... L’image même de ce qu’est notre société : spectacle et fric.

Bien sûr pour les personnes concernées, l’évènement est considérable et bien sûr on ne peut que se satisfaire de l’issue heureuse d’une histoire, apparemment, outrageusement manipulée par les autorités policières. Mais bon,… point à la ligne.

Au lieu d’une information,… un déluge de propos insipides, d’images bâclées, qui tournent en boucle, de commentaires innombrables sans intérêts, une « chasse » aux membres de la famille pour les interroger sur ce qu’ils en pensent – curieusement tous en pensent du bien ( ?) – la ronde indécente des

politiciens qui veulent profiter de l’occasion (même s’ils ont joué un rôle,… et alors, c’est leur fonction !) et être dans le champ des innombrables caméras. Un déferlement disproportionné qui en dit long sur le rôle abêtissant des moyens de communication.

Si encore cet emprisonnement était unique,… on pourrait à la rigueur comprendre, mais il y a en fait 2.215 Français incarcérés de par le monde.

Imaginez qu’on les libère à raison de un par jour. A raison d’un jour de délire médiatique par personne, cela ferait 2.215 jours de folie … on en aurait pour un peu plus de 6 années.

Ce serait une excellente occasion pour éteindre définitivement le poste de télé.

Publié par PM sur
Publié dans : #billet d'actualite

Billet dActualité ...............................................................................................................

LES TERRORISMES

Rien ne justifie le terrorisme, pas même le terrorisme d’Etat qui n’est qu’une forme de terrorisme officiel pratiqué pour raison d’Etat…. Des exemples : les USA en Amérique Latine et au Vietnam, la France en Algérie, Israël en Palestine, pour ne citer que les pays qui se disent « démocratiques »… et bien d’autres !...

Le terrorisme ne naît pas spontanément par « l’opération du Saint-Esprit »,… il est toujours le produit d’une histoire.

La politique de la France – et elle n’est pas la seule – à l’égard de ses anciennes colonies, aussi bien au moment de l’indépendance que par la suite, n’a pas permis,… c’est le moins que l’on puisse dire, de faire accéder ces nouvelles nations à la « démocratie ». La férocité de la lutte anti-indépendantiste, comme en Algérie, au moment de la guerre d’indépendance, de même que la défense des intérêts, industriels, commerciaux et stratégiques français, après l’indépendance dans le reste de l’Afrique, a permis l’émergence d’organisations politiques, de clans, de véritables mafias soutenus par l’Etat français (toutes couleurs politiques confondues). Les anciens pays coloniaux ont fermé les yeux lorsque ont été éliminés les rares leaders progressistes (Lumumba par exemple au Congo belge).

Les richesses de ces pays, mises en « coupe réglée » par des dictateurs locaux, soutenus par la France et les firmes françaises et multinationales, loin de permettre un décollage économique et une amélioration des conditions de vie,… ont abouti à faire de ces pays les contrées les plus pauvres de la planète.

Comment, dans ces conditions ne pas assister aux pires dérives politiques possibles. Le contexte ainsi constitué, d’inégalité, de pauvreté et d’injustice est devenu le creuset dans lequel les révoltes et les rancoeurs ont pu s’exprimer.

La religion n’est, en grande partie, que l’écume de conflits et de frustrations plus profonds… comme elle l’a été en Europe durant les guerres de religions. Tant que la situation politique et sociale qui sous tend le terrorisme demeurera, la plaie restera béante, douloureuse et purulente.

C’est aujourd’hui ce que paye la France au Mali,… c’est ce qui explique qu’elle ne sait pas trop comment s’en sortir,… et pourquoi ses partenaires européens hésitent à mettre le doigt dans ce redoutable engrenage.

Publié par PM sur
Publié dans : #billet d'actualite

Billet dActualité ...............................................................................................................

INTEGRISMES

On est bien d’accord,… les intégrismes, tous les intégrismes sont moralement, politiquement condamnables, dangereux pour les libertés et la démocratie.

Une fois que l’on a dit ça, on a dit l’essentiel, mais ce n’est pas tout.

Le concept d’intégrisme est un concept à dimension variable dans le sens où, employé dans le cadre d’un discours stigmatisant, il peut être une arme perverse permettant de persécuter celles et ceux à qui l’on veut faire jouer le rôle de « boucs émissaires ».

Qu’il y ait un Islam intégriste, c’est une évidence… mais toutes les religions ont leur intégrisme. Mesurer la « dangerosité » d’une religion, et surtout la condamner, à la violence de l’intégrisme qu’elle peut produire est une manière un peu rapide de ne voir les choses que par le « petit bout de la lorgnette » et de se débarrasser, à bon compte, de sa propre histoire.

Beaucoup oublient, en jetant la pierre aux musulmans, les exactions de la religion qui, en Europe, a dominé pendant des siècles et a encore aujourd’hui quelques velléités de domination sur les corps et les esprits.

L’Inquisition, les Dragonnades anti-protestantes, l’affaire Calas, la Saint-Barthélemy,… pour ne citer que ces quelques exemples, pas si vieux dans notre Histoire, n’ont rien à envier à l’intégrisme islamiste. La différence de degrés de violence ne tenant qu’à la différence des armes et des moyens de communication de l’époque par rapport à celles d’aujourd’hui.

Qu’il ait fallu lutter contre cet intégrisme pour conquérir une liberté de conscience et tout simplement de vie est une évidence historique qui doit nous rendre humbles à l’égard d’une religion qui, dans le cadre laïque de notre société, essaie de se débarrasser de son propre intégrisme. Jeter la pierre à celles et ceux qui, au sein de leur propre religion, mènent ce difficile combat, c’est non seulement oublier notre propre histoire, mais, injustement les rejeter alors qu’ils ont un besoin urgent d’aide pour bâtir notre histoire commune.

Les misérables calculs politiciens qui jouent perfidement sur les amalgames, les peurs et les ignorances, sont aussi redoutables et dangereux que les intégrismes qu’ils dénoncent et instrumentalisent.

Publié par PM sur
Publié dans : #matiere a reflexion

URBANITE CONTRE RUSTICITE ?

Le sens des mots en dit long sur ce que l’on veut bien leur faire inconsciemment exprimer.

Ainsi les mots « urbanité » et « rusticité » directement issus des termes « urbain » et « rural » expriment des valeurs différentes et pas du tout innocentes.

URBANITE – politesse, courtoisie, affabilité, manières… Ainsi le terme signifie – ou a la prétention de signifier- les « qualités exquises » de celles et ceux qui habitent les villes, la cité.

RUSTICITE – simple, balourdise, grossier, barbare … Ainsi le terme signifie – ou prétend signifier – les traits « grossiers » de celles et ceux qui habitent la campagne, l’espace rural.

Le distinguo n’est certes pas d’aujourd’hui,… mais dans beaucoup d’esprits, il persiste… et aggrave les rapports entre la ville et la campagne.

Historiquement, quoique elle ait représenté jusqu’à la deuxième moitié du siècle dernier, le milieu dans lequel vivait la majorité de la population,… la campagne a toujours était dévalorisée.

Les villes ont été de tout temps le lieux privilégié de la pensée, de la conscience, du pouvoir…et ce, même au Moyen Age durant lequel une partie du/des pouvoirs est/sont décentralisés,… la hiérarchie vassal/suzerain aboutit inéluctablement à la ville.

Les grandes cités, même quand elles avaient un rapport étroit, et pour cause, avec le milieu rural, tenaient ce dernier comme mineur.

Le terme de « paysans », « vilains », « jacques », « cul terreux », « bouseux »,…est de manière générale, péjoratif, méprisant, dévalorisant… et s’étend à tous les statuts des travailleurs de la terre.

UNE MARGINALISATION PERMANENTE À L’AVANTAGE DES VILLES

Au fur et à mesure que la civilisation progresse, elle s’urbanise. La cité fait l’évènement. Le pouvoir y réside. Les décisions s’y prennent, les changements sociaux et politiques s’y produisent,…

La révolution industrielle au 19e siècle en Europe et aux Etats-Unis consacre définitivement – du moins jusqu’à aujourd’hui – la ville dans la « fonction noble » d’être le lieu des arts, de la culture, du savoir et du pouvoir, des découvertes, des innovations.

L’importance de la campagne commence à se relativiser dans les esprits et dans les perspectives de développement économique. Les liens qui unissaient les villes et les campagnes continuent à se distendre.

Au 20e siècle, la campagne, encore majoritaire sur le plan démographique, est utilisée pour fournir lors de la 1er Guerre Mondiale la « chair à canon » pour une guerre industrielle, faite entre nations industrielles pour des raisons industrielles et financières. Les paysans sont envoyés massivement (voir les monuments aux morts de nos villages) à l’abattoir pour une cause qui leur est totalement étrangère. Le « déclin » massif de la campagne continue et s’accélère après 1918. Commencée avec l’industrialisation qui absorbe les paysans pour les transformer en « prolétaires » pour l’industrie, la désertification de la campagne se double d’un exode vers les villes où se créent désormais les emplois sources du « développement économique », du confort et de la relative stabilité sociale.

Les transformations qu’ont connues les petits métiers « industriels » au 19 siècle, l’agriculture les connaît au 20e avec le développement de la mécanisation et l’emploi de plus en plus massif des engrais. La population rurale a de « bonnes raisons » économiques de se réduire… la productivité du travail agricole croit comme jamais dans le passé.

Parallèlement à cette évolution, la « richesse » glisse de plus en plus de la campagne vers les villes. Le riche est de moins en moins celui qui « possède des terres », des exploitations agricoles. La richesse est désormais dans les villes, dans les usines et dans les banques. La richesse ne se compte plus en hectares, mais en actions, en placements boursiers.

La campagne, a été prédominante sociologiquement pendant quasiment la totalité de l’histoire de l’humanité. 2007 marque, à l’échelle mondiale, le basculement de la majorité de la population qui habite désormais les villes… les paysans devenant minoritaires.

LA TERRE NOURRICIERE

Les temps de crises dont le capitalisme est coutumier renvoient inéluctablement à ce qu’il y a d’essentiel pour l’être humain, comme pour toutes les autres espèces, le rapport à la terre.

L’adage, « la terre qui ne ment pas », cher à la Révolution Nationale du régime Pétain, rappelle étrangement le précepte des Physiocrates du 18e siècle qui proclamaient face à la montée de la nouvelle classe sociale, la bourgeoisie, qui allait réaliser la révolution industrielle : « Seule la terre crée de la valeur ».

La deuxième guerre mondiale, et ses restrictions, illustre parfaitement ce retournement vers la terre pour des populations urbaines en peine de ravitaillement. « Il y a toujours à manger sur la table du paysan ». C’est l’époque durant laquelle le paysan est réhabilité dans les esprits, les cœurs et… les estomacs. La rusticité vaut alors beaucoup plus que l’urbanité.

Le développement économique de l’espèce humaine et ses vicissitudes ne saurait finalement faire totalement oublier le lien charnel, essentiel, vital qui relie l’homme à la terre.

Le caractère dévalorisé, et dévalorisant, de la rusticité n’est que le reflet d’une vision trompeuse de l’urbanité. Cette dernière a créé des canons de beauté, une esthétique originale qui a la prétention d’être en rupture avec ce qu’il y a de simple et primaire : le rapport à la terre, à la nature.

Les dérives industrielles de l’urbanité censées exprimer sa supériorité sur la rusticité,… exemple les cultures « hors sols » - et ce n’est qu’un exemple - tournent à la farce, voire à la décadence et à la tragédie quand elles ont des implications sur la qualité des aliments, le goût –plutôt le « non goût » et plus gravement sur la santé.

Le besoin d’un « retour à l’authentique » remet en question les principes de l’urbanité qui les faits apparaître comme des artifices, à terme insupportables. La rusticité rythme alors, à nouveau, et dans un contexte progressiste, avec qualité et respect de ce qui fait une bonne part de l’essentiel de l’existence : le bien vivre.

Les excès de l’urbanité, de l’industrialisation à outrance, de l’asservissement du rural aux lois du capital et du marché ont abouti à des catastrophes sanitaires point de départ d’une, il est vrai encore, timide, prise de conscience.

Il est trop tôt pour diagnostiquer un reversement des mentalités et des pratiques, mais le gouffre vers lequel nous entraîne le système capitaliste mondialisé et hyper industrialisé contribue à une réflexion et même à des pratiques qui montrent que le développement actuel ne saurait se poursuivre de manière linéaire.

Le saccage de la campagne, corrélatif à celui plus général de l’environnement, a atteint un degré critique. Il est temps de réagir !

Janvier 2013 Patrick MIGNARD

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