Overblog Tous les blogs Top blogs Associations & ONG
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Publié par PM sur
Publié dans : #matiere a reflexion

TRAVAIL, TEMPS DE TRAVAIL, SALAIRE

 

 

Temps de travail et salaire paraissent intimement liés… il n’en est pourtant rien et l’exacerbation actuelle de la crise entre employeurs et salariés nous fait redécouvrir une réalité qui, au fil des décennies, avait été masquée par les conquêtes sociales. Le mythe du lien entre temps de travail et rémunération du salarié est en train de voler en éclat.

La mondialisation du capital et la dynamique de libéralisation qui en découle, c'est-à-dire une déréglementation de tous les marchés et en particulier celui de la force de travail, amènent les employeurs à revenir aux principes du système capitaliste.

 

Quand, au 19e siècle, l’employeur paie le salarié, ce n’est pas le travail effectué qu’il lui achète, mais il lui donne, en échange de son activité, l’équivalent monétaire de ce dont il a besoin pour vivre, autrement dit la valeur de sa force de travail. Ceci explique l’extrême misère de la classe ouvrière qui ne reçoit que le minimum pour vivre et travailler.

Les luttes des salariés vont dès lors, constamment revendiquer, pour mieux vivre, une augmentation du salaire et une réduction de la durée du travail. Quand l’employeur veut que le salarié travaille plus, il le motive en le payant mieux. De même, le salarié qui veut, améliorer son salaire accepte de travailler plus. Ainsi, au fil de cette pratique, de cet accord implicite entre les deux parties, temps de travail et rémunération vont être liés. Ce consensus, souvent renégocié au travers de multiples accords a duré des décennies et a même été codifié. Il garantissait la stabilité du lien social salarial et finalement la paix sociale.

Cette relation entre temps de travail et salaire apparaissait comme quelque chose de logique, naturel, équitable,…d’une certaine manière ça fonctionnait bien. L’Etat se portait le garant d’un système qui assurait une relative stabilité et paix sociale.

 

La mondialisation du capital a radicalement changeait la portée de ce type de relation :

 

- le rapport de force, en faveur des salariés, qui garantissait la stabilité de cette relation a, sinon disparu, du moins largement été réduit.

- les exigences en matière de production (coût, flexibilité de la main d’œuvre, rentabilité accrue du capital,…) se sont accrues pour les employeurs.

 

C’est donc, tout à fait logiquement que le patronat, le MEDEF en France, peut impunément détacher le temps de travail du salaire et exiger par exemple, sous menace de liquidation de l’entreprise, une augmentation du temps de travail sans augmentation du salaire. Le chantage marche car le rapport de force est désormais inversé.

On retrouve donc ainsi le principe originel du capitalisme d’antan qui faisait du salaire la rémunération correspondant à la valeur de la force de travail, autrement dit le revenu de subsistance, complètement détaché de la valeur produite par le travail. Ceux que certains appellent improprement la « fin du salariat » est au contraire la redécouverte de ce qu’il est en réalité.

La force de travail, dans le capitalisme a toujours été, et est toujours, une marchandise qui se négocie sur le « marché de la force de travail » et non du travail. Le développement récent du fonctionnement du Capital nous le rappelle. Il n’y a donc pas « fin du salariat », mais au contraire réaffirmation de son principe.

 

            12 mars 2016-03-09                                                                                       Patrick MIGNARD

TRAVAIL, TEMPS DE TRAVAIL, SALAIRE
Publié par PM sur
Publié dans : #matiere a reflexion

RETOUR AU 19e SIECLE ?

 

La formule a de plus en plus de succès vu les performances politiques du gouvernement sur le plan social et les régressions sociales actuelles et à venir. Elle n’est cependant pas exagérée.

Le monde actuel n’est plus celui du 19e siècle et en Histoire on ne revient pas en arrière, mais des similitudes existent ne serait-ce que parce que nous sommes toujours dans le même système économique avec les mêmes principes fondamentaux qui le régissent.

 

LE 19e SIECLE…

C’est le siècle de la montée en puissance du capitalisme, de l’émergence de ce que l’on appellera les nations industrialisées : France, « Allemagne », Angleterre, USA,… Ce système se développe à l’« état brut » : démantèlement des anciennes structures économiques de production, création d’entreprises « modernes », embauche massive de « force de travail » pour lequel le salaire octroyé n’est que le moyen de se reproduire. La possession de colonies démultiplie la puissance politique, et économique des empires coloniaux naissants tout en exacerbant leurs conflits.

Socialement les salariés sont au plus bas. Quasiment aucune protection sociale… c’est le règne du « patronat de droit divin ». Les luttes sociales qui se prolongent pendant prés de deux siècles vont aboutir au 20° siècle à une codification des rapports entre employeurs et salariés. Le rapport de force, quand il est favorable aux salariés, permet des avancées sociales conséquentes qui, à la fois améliorent leurs conditions de vie et de travail, mais permettent aussi au patronat d’éviter l’explosion sociale et, ce qu’ils redoutent par-dessus tout, la révolution sociale.

C’est l’époque, où le patronat « peut, et à intérêt, à se payer la paix sociale », donc faire des concessions et où le système capitaliste dans son ensemble, se résume à quelques nations qui détiennent toutes les ressources naturelles, les technologies,… ce qui ne les empêche, évidemment pas, de s’affronter militairement.

L’emploi n’est, de manière générale, pas un problème. Les entreprises ont besoin de force de travail et la trouvent sur place. Ainsi une sorte de consensus, conflictuel, mais stable, s’établit entre employeurs et salariés…constituant un tissu social que même les projets révolutionnaires ne déchireront pas. Entre réformistes et révolutionnaires, ce sont incontestablement les premiers qui ont eu le dernier mot.

… ET AUJOURDHUI

 

Le 20e siècle n’a fait que permettre au Capital de développer son emprise sur le monde et ce, malgré les conflits sanglants entre nations industrialisées. La décolonisation qui a suivi la 2e Guerre Mondiale, si elle a affaibli les États-Nations industriels, n’a pas empêché le Capital, qui ne connaît pas les frontières, d’envahir l’ensemble de la planète. Le cocon protecteur de l’État-Nation ne lui étant plus indispensable pour son développement, le Capital s’est mondialisé, créant des structures économiques – les multinationales - finalement plus riches et plus puissantes que les Etats. La financiarisation de l’économie – faire de l’argent avec de l’argent – a, enfin, en grande partie supplanté le principe – faire de l’argent en produisant…. D’où la spéculation financière effrénée !

La mondialisation marchande a eu, et a, des répercussions considérables sur les notions de démocratie et de citoyenneté. On savait depuis le 19e siècle l’État-Nation en étroite liaison avec le Capital national,… mais aujourd’hui la mondialisation du capital relativise considérable les pouvoirs de L’Etat et par voie de conséquence ceux du citoyen. Les Etats défendent les intérêts du capital mondialisé et sont incapables d’atténuer les contradictions d’intérêts entre détenteurs du capital et salariés.

Le Capital, pas plus que l’Etat, ne peuvent garantir l’intégrité du lien social salarial basé sur le fait que chacun/ne trouve un travail pour vivre. Le marché du travail est mondialisé,… d’où les délocalisations, et le fait que la guerre des coûts de production (donc aussi des salaires), entre entreprises, fait rage sur le marché mondial. La politique économique qui consistait, dans le cadre d’un État-Nation, à réduire le chômage par la relance de la Demande, donc de la Production, n’est plus efficace dans un monde ouvert… la production peut se faire ailleurs, de même que la demande peut se faire à partir des importations.

Il reste donc la réduction des coûts pour accroître la compétitivité de l’entreprise en espérant – ce qui est loin d’être sûr – qu’elle embauchera… ce que l’on appelle la politique de l’Offre. Ainsi le patronat a raison – de son point de vue -  quand il veut « toiletter » le Code du Travail. Autrement dit, il veut revenir à un marché du travail, débarrassé des garanties qui ont été imposées par les luttes des salariés. L’Etat, quelle que soit sa couleur politique, étant bien incapable de proposer une autre solution,… il suit la logique du MEDEF. CQFD.

On comprend dès lors l’analogie avec le 19e siècle. La grande différence, c’est qu’aujourd’hui, les marges de manœuvres de l’Etat n’existent plus,… de même que le Capital qui devait céder au rapport de force imposé par les salariés, peut aujourd’hui l’ignorer. Le mouvement ouvrier fort autrefois, est aujourd’hui affaibli par la mondialisation du capital qui a dispersé ses effectifs… on a assisté à l’éclatement de ce que l’on appelait la « classe ouvrière ». Les salariés atomisés ne constituent plus une force comme ce fut le cas dans le passé.

Il va falloir repenser une stratégie politique, ce dont sont actuellement incapables partis politiques (progressistes) et syndicats (aussi radicaux soient-ils !). Les vieux schémas de contestations et de changements sociaux ne marchent plus. Le vrai débat politique est là, et pas ailleurs, pas dans les institutions réelles ou supposées.

 

7 mars 2016                                         Patrick MIGNARD

RETOUR AU 19e SIECLE

Pourquoi ce site ?

fedetlib.overblog.com

“Wesh ma gueule !”

Rédigé par Nicolas Mignard

Pourquoi ce site ?

Articles récents

Archives

Hébergé par Overblog