Billet d'actualité .............................................................................................
SALARIAT ET VOLONTARIAT
Le volontariat, que l’on verrait plus dans les domaines du militantisme associatif, est en train de faire une percée spectaculaire dans un domaine qui parait lui être parfaitement étranger, voire hostile, le salariat.
Le volontariat, basé sur l’engagement gratuit – en particulier au sens financier du terme – n’a rien à voir avec le salariat, fondé lui sur un engagement professionnel contre rémunération, le salaire. Pourtant, ils coexistent de plus en plus.
Comment deux concepts aussi éloignés de l’activité peuvent-ils se rencontrer et coexister dans notre société tellement dominée par la marchandise et la finance ?
La réponse peut se résumer à : le salariat est en crise. La mondialisation marchande, et en particulier la mondialisation du marché de la force de travail a pour conséquence, dans les vieux pays industriels – dont la France – la perte de millions d’emplois et la mise en difficulté de plus en plus d’entreprises. Bien sûr, les sans-emplois ne deviennent pas massivement des volontaires… on ne gagne pas sa vie avec des remerciements. Mais c’est au sein de l’entreprise qu’apparaît le volontariat.
Comment ? C’est très simple, en expliquant aux salariés encore en poste que s’ils ne font pas un effort, l’entreprise risque de mettre, à terme, la clef sous la porte, ou, risque de perdre des clients. Et cet effort se résume à : il faut faire plus avec moins de moyens, autrement dit, travailler gratuitement là où, en principe, on est payé. Rallonger la durée de la journée de travail, réduire les congés, faire une croix sur la RTT, accepter une baisse de salaire… Tout ça pour le « bien de l’entreprise » assimilé au « bien des salariés ». Bien sûr, « on n’est pas forcé », mais entre « gens responsables » on se comprend…il peut y avoir d’«amicales pressions »… bref, on fait acte volontaire. Et les syndicats peu à peu acceptent !....
C’est une forme de soumission volontaire qui, en d’autres temps, était le corollaire du paternalisme.
Evidemment, rien n’est dit clairement et surtout rien n’est écrit et c’est ce qui fait, à la fois, la force de ce nouveau comportement de l’entreprise et les difficultés d’en faire une salutaire critique.
L’Accord National Interprofessionnel essaie de mettre en place cette pratique, mais instituée, elle peut être officiellement contestée alors que c’est tellement plus simple, et moins conflictuel, d’avoir des gens consentants.
Le capitalisme arrive peu à peu à ses fins : acceptation volontaire des conditions de travail adaptées à ses objectifs, des gens qui triment, d’autres qui cherchent du boulot et les actionnaires qui s’en mettent plein les poches.
Elle n’est pas belle la vie ?
22 mars 2013
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