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Publié par PM sur
Publié dans : #billet d'actualite

L’EXEMPLE EGYPTIEN

 

 

A bien écouter les manifestants égyptiens de la place Tahrir, opposés à leur Président Morsi, ils exigent son départ parce qu’il « n’a pas tenu ses promesses ».

 

On croit rêver : il y aurait donc sur cette planète, un peuple qui exigerait que les promesses de ses dirigeants soient tenues, au risque de les chasser comme des malpropres ? Mais où va-t-on ? Si l’on applique cette règle de manière générale, il n’y a plus un seul dirigeant sur la planète,… si on la généralise à l’ensemble de la classe politique, celle-ci disparaît. 

 

Certes, la situation égyptienne est complexe, comme d’ailleurs toutes les situations politiques, mais elle a le mérite de poser une question fondamentale, transversale dans l’espace et le temps politique : quel sens peut-on donner à ce que l’on appelle la légitimité ?

 

Le président Morsi était, au sens formel du terme, parfaitement légitime. Il s’est d’ailleurs revendiqué – à juste titre – de cette qualité. Pourtant cette qualité ne l’a pas protégé de la destitution. D’où, l’autre question, corollaire de la précédente : Existe-t-il une légitimité qui puisse contrer la précédente ? Ou, dit autrement : la contestation d’une personne légitime est-elle illégitime ?

 

Les adversaires et tombeurs de Morsi ne se sont d’ailleurs pas gênés pour donner des exemples historiques de dictateurs ayant accédé légalement au pouvoir – donc légitimes – et qui se sont avérés être des individus peu fréquentables et dangereux.

 

Ce problème de légitimité pose, et pour tous les peuples et toutes les époques, la question fondamentale de la nomination populaire des dirigeants… autrement dit de l’exercice de la démocratie. Toutes les expériences nous montrent – et l’Egypte nous le rappelle – que le système électoral classique – tant vanté, et pour cause, par les politiciens, est lourd de dérives, de manipulations et d’issues tragiques.

 

L’expression électorale populaire n’est-elle donc pas pure ? Elle est en fait le produit de manipulation venant de groupes – les partis – qui l’utilisent à des fins d’accession au pouvoir en vue de satisfaire des intérêts claniques. Le résultat ne peut-être que faussé et dans la plupart des cas ne correspond absolument pas aux aspirations populaires… Des exemples ?

 

Toute la morale officielle civique veut nous faire croire qu’il en est ainsi et qu’il ne peut pas en être autrement… et que toute remise en question de cette procédure boiteuse et piégée est anti-démocratique.

 

L’expérience actuelle égyptienne met le doigt sur cette question que se gardent bien de relever les politiciens. C’est pourtant un des aspects les plus intéressants de ces évènements.

 

 

7 juillet 2013

L'EXEMPLE EGYPTIEN
Publié par PM sur
Publié dans : #billet d'actualite

LE TALISMAN ET L’INFAME

 

Il était une fois…

 

… dans un pays lointain et à une époque non moins lointaine, vivait un peuple dont la partie la plus pauvre ne faisait que croître malgré la production de richesses. Les princes qui se succédaient au pouvoir assuraient, malgré les promesses, de moins en moins le bien-être de leur peuple. Des confréries charitables s’attelaient à la difficile tâche d’apporter une aide aux plus déshérités. Elles avaient reçu l’aide providentielle d’un bon génie qui leur confia un talisman en leur disant : « Utilisez-le comme bon vous semble en faveur de celles et ceux qui n’ont plus ni à manger, ni à boire ».

 

Le talisman fit des miracles… Attirant les aides, les bonnes grâces du reste de la population, de plus en plus de pauvres pouvaient ainsi se nourrir, eux et leurs familles.

 

La situation empirant, le talisman devint socialement indispensable. Malheureusement, quelque temps après sa bonne action, le bon génie mourut accidentellement en traversant imprudemment une rivière dont il était persuadé que les eaux s’écarteraient à son passage. Toutes et tous le pleurèrent.

 

Les années passèrent…

 

Un jour…

 

… surgit de nulle part – la légende veut qu’il sortit des Enfers – un mauvais génie, inconnu de tous, proclama, haut et fort, sur la place publique que le talisman lui appartenait. Il exigea qu’on le lui restitue. Poussant l’infamie jusqu’au bout, il exigea, même, devant la Justice, qu’une partie de la richesse acquise grâce au talisman lui soit restituée, sachant que par son geste il condamnait les pauvres à plus de pauvreté. Le bon génie disparu n’était plus là pour défendre leur cause !

 

L’histoire ne dit pas ce qu’il est advenu du talisman. Une légende du pays, rapportée dans un vieux grimoire, raconte que le mauvais génie mourut dans de grandes souffrances avec sur le front l’insigne de l’infamie. Mais qui peut croire une telle légende ?

 

Chronique rapportée par Merlin l’Emmerdeur

 

Cette chronique des anciens temps peut nous paraître, avec le recul, bien exagérée dans son outrance. Après des siècles d’obscurantisme politique et social nous sommes à l’abri d’une telle situation, le système démocratique qui est le nôtre, garantit aujourd’hui à toutes et tous assistance et prospérité.

                                                              ___

 

Certains esprits chagrins et/ou provocateurs voudraient donner foi à cette légende, et voir dans ce récit une histoire de notre époque. Bien sûr, ce conte n’est qu’une fiction. Toute ressemblance avec des personnes vivantes ou décédées serait un pur hasard. Prétendre le contraire serait de la malveillance.

 

3 juillet 2013

 

 

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Rédigé par Nicolas Mignard

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