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Publié par PM sur
Publié dans : #billet d'actualite

Bulletin d'actualité ........................................................................................

 

CONFIANCE ET SUSPICION

 

Qui peut aujourd’hui être certain que les aliments qu’il mange sont sains ? Les médicaments qu’il prend ne l’empoisonnent pas à petit feu ? Que l’appareil ménager qu’il utilise fonctionnera un maximum et pourra être réparé ? Que le train qu’il prend arrivera à l’heure ? Que les dons qu’il fait à une association humanitaire sont utilisés à bon escient ?…Que les promesses que lui fait celle ou celui qu’il élit, seront tenues ?

 

Se poser ces questions dans tous les actes de sa vie risque de la rendre anxiogène, stressante et impossible,… mais ne pas se les poser c’est s’exposer à de multiples désagréments, voire des accidents.

 

On assiste aujourd’hui à une perte généralisée de la confiance. Pourquoi ? Il y a une raison essentielle qui, aujourd’hui, est à la base de ce qui constitue notre société.

 

Le rapport à l’argent a écrasé/perverti tout ce qui constituait la relation sociale, et par là, les rapports humains : le rapport au travail s’est modifié dans le sens de l’hégémonie du gain au détriment du respect de son propre ouvrage et, au-delà, de celle ou celui pour qui l’effectue… Pour se donner l’illusion d’une relation éthique dans le rapport marchand, on a inventé le rapport qualité/prix qui, s’il peut représenter une garantie relative dans certains cas, ne règle absolument pas le problème de fond.

 

En effet, cette fausse confiance s’appuie sur une aggravation des conditions de production, de travail et d’exploitation des ressources naturelles. Le gigantisme des processus de production et la complexité des moyens de distribution, qui nous sont présentés comme inéluctables, « justifient » toutes ces dérives.

 

Etait-ce différent autrefois ?  Oui ! Sans tomber dans la nostalgie du passé – qui avait ses propres tares -  le capitalisme d’autrefois, quoique dur, était contrôlable, combattable, dans une certaine mesure aménageable (acquis sociaux)… il avait également une puissance de « destruction » nettement inférieure à celle qu’il a aujourd’hui. C’est cette nostalgie qui nous anime aujourd’hui au travers de nos revendications et qui nous bloque dans nos actions.

 

La mondialisation marchande, c'est-à-dire l’extension à l’échelle mondiale du Capital, a fait exploser nos repères – ceux qui avaient été produits par la phase antérieure du capitalisme. Il a, en effet, générer des institutions – nationales, l’Etat libéral au service de la mondialisation marchande, et internationales (FMI, Banque mondiale, OMC) qui nous sont présentées comme essentielles, bien adaptées, voire naturelles ( ?)… et sources de progrès (pour qui ?)… rendant, par là-même, obsolètes nos armes de contestation et nos modèles de luttes.

 

Notre suspicion à l’égard de ce qu’est devenu le Capital, des perspectives qu’il nous offre et de ses représentants – affairistes et politiciens – n’est que l’expression de notre incapacité à imaginer et faire vivre des structures qui préserveraient l’essence morale et éthique des rapports humains auxquels la majorité aspire.

 

Commençons par prendre conscience de cela ! 

 

6 mai 2013

 

  

 

 

CONFIANCE ET SUSPICION

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Rédigé par Nicolas Mignard

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