Billet d'actualité .........................................................................................................
DE LA FAILLITE A L’URGENCE
Le Ministre du Travail, Michel SAPIN, qui déclarait spontanément le 27 janvier que « L’Etat était totalement en faillite » se ravisait quelques heures après en expliquant qu’il « ne considérait pas l’Etat totalement en faillite »… Qu’est ce à dire ? « Pas totalement » veut-il dire « un peu », « partiellement » ? Il s’en est sorti par une pirouette, faisant allusion, « par ironie » a-t-il déclaré, à l’expression de l’ancien Premier Ministre, François FILLON qui avait fait la même déclaration en septembre 2007… Monsieur le Ministre sait manier l’humour.
Dans la foulée il a reconnu – à la surprise générale – qu’il y avait « une urgence sociale et une urgence économique ». Ce qu’il a oublié de dire c’est que l’une et l’autre sont parfaitement contradictoires.
L’ « urgence économique » c’est la relance de la croissance par la flexibilité du marché du travail et l’accroissement de compétitivité. Cette urgence s’exprime,… et on le voit tous les jours, par des fermetures d’entreprises, licenciements, une extension des statuts précaires.
L’ « urgence sociale » c’est la création d’emplois et leur stabilité.
On ne saurait faire plus antinomique.
Le Ministre a déclaré que des mesures avaient été prises en terme de « croissance et d’emploi ».
Mais quelles mesures peuvent être prises quand c’est exclusivement le marché qui décide de la production et de l’emploi ?
Quand la décision d’investir, dans les principaux secteurs, appartient exclusivement au privé ?
Quand Bruxelles contrôle toute intervention de l’Etat afin qu’il réduise au maximum ses initiatives économiques ?
Quand on cède au MEDEF sur la législation du travail ?
Quand ce sont les marchés financiers qui structurent l’économie mondiale ?
A toutes ces questions, Monsieur le Ministre n’a pas répondu.
L’urgence serait qu’il commence par y répondre.
28 janvier 2013
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