HOMMAGE FETIDE
On savait depuis longtemps que les politiciens sont encore plus grands, morts que vivants. La classe politique dans son ensemble sait rendre hommage à ses pairs, ceux-là mêmes avec qui elle a partagé les privilèges du pouvoir et la joie malsaine d’avoir grugé le bon peuple. Cet hommage, surtout quand le disparu n’est pas trop âgé, augure d’une place supplémentaire dans les palais de la République reluquée par les prétendants qui se bousculent aux portes.
Ces hommages déversés par les édiles, qui se croient des « élites »( ?), pour hypocrites qu’ils soient, sont passés dans la coutume et ne surprennent plus l’opinion publique qui, si elle n’est pas indifférente à ces débordements de sentimentalisme sirupeux, n’est pas dupe de la complicité de ceux qui les expriment.
Pourtant, la disparition de Pierre MAUROIS, donne une autre dimension à cette hypocrisie. Qui a dit en effet :
"Il a fait partie de ces authentiques hommes de gauche dont la conscience sociale n’a jamais été feinte. On ne peut que saluer aujourd’hui un engagement réel et sincère pour la défense des travailleurs français",
"Homme des 39 heures, de la retraite à 60 ans, des nationalisations dans des secteurs stratégiques tels que l’énergie et le secteur bancaire, Pierre Mauroy n’était pas soumis à l’ultralibéralisme et à la financiarisation à outrance"
"Une profonde et salutaire estime de la notion d’Etat"
"Si les désaccords politiques étaient évidents et nombreux tant au niveau national que local, notamment sur l’Europe et l’immigration, il convient de saluer l’opiniâtreté et le courage de l’ancien Premier ministre" ?
Un militant PS ? PC ? FDG ? NPA ? LO ? UMP ? UDI ?... Vous n’y êtes pas du tout ! C’est Steeve Briois, secrétaire général du Front National !
Pour un parti qui n’a de cesse de dénoncer le « système », et ses partis, de clouer au pilori les politiciens au pouvoir, ou qui y ont été,… un tel hommage laisse songeur.
S’agit-il d’un moment d’absence ou d’un sursaut de sentimentalisme ? Certainement pas !… Tout juste la déclaration d’un « second couteau » qui, tout en évitant à la cheftaine de se ridiculiser, en rajoute une couche pour accélérer la dédiabolisation du FN et le présenter comme un parti respectable ( ?). Mesure nécessaire surtout après la mise à mort d’un militant anti fasciste par les petits cousins du FN.
Dans cette surenchère démagogique et écoeurante il est étonnant que le FN ne soit pas allé jusqu’à demander des « obsèques nationales ».
Peut-être pour les prochains dont nous tairons les noms !
11 juin 2013

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