Billet d'actualité ..........................................................................................
LE DIALOGUE,… MAIS QUEL DIALOGUE ?
Entre deux vagues de licenciements massifs et après des affrontements violents opposant les salariés marrons aux forces de répression, le Ministre du « Redressement Productif » (sic) en appelle sagement au dialogue et explique doctement, à celles et ceux qui ne peuvent plus se faire entendre de leur direction et vont se retrouver à la rue, que la priorité est au dialogue.
Ainsi, le Ministre du « Redressement productif » a appelé direction et syndicats de PSA à un « dialogue social exemplaire » pour arriver à « renégocier, reformater et réduire le plan social »
Mais que veut dire ce jargon ministériel ?
C’est très simple. Dit autrement le Ministre appelle à « discute entre partenaires sociaux pour servir d’exemple et faire patienter les salariés des autres entreprises dans le même cas » pour arriver à « continuer à discuter, poser le problème dans ses différentes dimensions pour en trouver, de préférence la bonne ( ?) et faire en sorte finalement que les salariés acceptent les licenciements ».
Et le même Ministre précise, dans le cas ou l’on ne l’aurait pas compris : « Le plan de redressement devra être strictement proportionné à la situation réelle du groupe pour limiter les conséquences négatives sur l'emploi»…
Ce qui veut dire en clair :
« Le plan de licenciement devra être justifié par la situation économique de l’entreprise et faire en sorte qu’il y ait le moins de licenciements possibles pour éviter l’explosion sociale »
Contrairement à l’illusion que donnent les contorsions sémantiques ministérielles et le discours apaisant… le Ministre du Redressement Productif ne maîtrise strictement rien, et s’en remet, d’une part à la direction de l’entreprise pour qu’elle « n’en fasse pas trop », et aux syndicats pour qu’ils fassent « passer la pilule » auprès des salariés.
Autrement dit, le soit disant dialogue est totalement artificiel,… pour une raison simple : il n’y a rien à négocier sur le fond, sinon, pour les salariés à accepter les choix économiques et stratégiques fait par la direction qui a, de toute manière, seule les cartes en mains.
Et l’on s’étonne après ça qu’il y ait des violences sociales, que les syndicats soient de plus en plus désavoués et débordés, que les salariés ne croient plus en rien ?
C’est le contraire qui serait étonnant. A force de prendre les gens pour des imbéciles, ça ne peut que très mal se terminer !
8 mars 2013
Voir aussi l'article qui suit : depuis presque dix ans, rien n'a vraiment changé, sinon une aggravation
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