Billet d'actualité ................................................................................................
LE POUVOIR ET LA RUE
Il n’y a rien de plus démocratique, de populaire que la Rue… Espace social, toutes et tous y passent, s’y rencontrent, y vivent. Pourtant il existe un véritable divorce entre le Pouvoir et la Rue. Le Pouvoir a peur, a toujours eu peur, de la Rue. Dans un système qui se veut démocratique, qui ne peut donc trouver sa légitimité que dans la Rue, le Pouvoir fait tout pour aseptiser la Rue, faire en sorte qu’elle soit stérile. Issu d’elle, le Pouvoir en est la négation, en ce sens qu’une fois en place, il la nie.
Dire « le pouvoir est dans la Rue » est paradoxalement considéré comme une expression antidémocratique… en effet c’est le Pouvoir qui détient, via la Rue, le monopole de la démocratie.
La Rue est devenue, en quelque sorte, la parente pauvre de la démocratie… le Pouvoir la supporte, admet son existence mais à une condition, qu’elle n’entrave pas son autorité car si le Pouvoir fonde sa légitimité sur la Rue, son existence fait perdre son autorité à celle-ci.
Le Pouvoir représente le pouvoir de la Rue diront les démocrates ! C’est par l’élection que le Pouvoir acquière le pouvoir et fonde sa légitimité. La Rue n’a plus rien à dire d’essentiel. Certes, elle peut s’exprimer – droit de manifester – mais en principe cette expression est politiquement caduque, sans valeur,… un simple défouloir. Pour le Pouvoir, céder à la Rue, c’est perdre son pouvoir,… et un peu de sa légitimité, puisque la Rue, d’une certaine manière, la récupérerait.
Dans les gigantesques manifestations contre la réforme des retraites de l’ère SARKOZY, le pouvoir a dit clairement qu’il ne cèderait pas, précisant que la politique ne se faisait pas dans la Rue … Logique puisque la Rue n’a aucune légitimité et aucun pouvoir. La réforme est passée.
La loi sur le « Mariage pour tous », encore actuellement en discussion au Parlement, mobilise une partie de la population dans la Rue. Les manifestants demandent au Pouvoir « d’écouter le peuple »… ce qui est une aberration puisque nous venons de le voir, l’existence du Pouvoir fait que le peuple n’est plus dans la Rue. On peut mettre cela sur l’incompréhension, de la part de ces manifestants, des subtilités de notre système politique. Par contre, ce qui est surprenant c’est que des responsables politiques (UMP) chevronnés, qui manifestent eux aussi ont la même revendication : « Il faut que le Pouvoir écoute la Rue ». Les mêmes qui vilipendaient les manifestants troublions « anti réforme des retraites » qui faisaient pression sur le Pouvoir sarkozyste, font désormais pression, comme de vulgaires troublions sur le Pouvoir en place.
Etrange attitude de ces politiciens qui arrangent le système politique à leur convenance.
17 avril 2013

Commenter cet article