Billet d'actualité ...............................................................................................
SANTE ET RENTABILITE
Que la situation des structures hospitalières en France soit catastrophique est un truisme. Depuis des années, la sonnette d’alarme est tirée par les praticiens les plus conscients, les syndicats hospitaliers, les associations d’usagers. Des drames illustrent régulièrement cette situation. Et rien n’est fait… au contraire, la situation s’aggrave. Pourquoi ?
La décision à la base de cette situation n’est ni médicale, ni technique. Les compétences existent, les technologies sont au point.
Non,… la décision est essentiellement politique.
Le système de santé, comme tous les systèmes dans notre société, n’a plus essentiellement pour objet la personne qu’il est censé servir et pour lequel il a été créé. L’objectif est la rentabilité. Tout est soumis à cet impératif. Dans le privé pour être compétitif et prendre des parts de marché aux concurrents… et rémunérer les actionnaires, dans le public pour alléger les budgets, faire des économies et participer à l’ « équilibre» des finances publiques.
La santé proprement dite ne vient qu’au second rang des préoccupations.
Bien sûr, en cas de drame, les personnels sont en première ligne face aux victimes et aux médias avides de sensations. Ils ne sont en fait que les otages d’un système imposé par les politiques qui, précisons-le, sont là par la volonté du peuple, c'est-à-dire des usagers qui se plaignent de cette situation ( ?).
Que les dirigeants politiques, administratifs ou du système judiciaire ouvrent une, deux, trois enquêtes : administrative, judiciaire, médicale,… cela ne changera évidemment rien, non seulement au drame qui se produit, mais aussi à l’organisation du système de santé.
Depuis des années, la politique malthusienne des numerus clausus en matière de formation des médecins, les restructurations/concentrations des structures hospitalières, le développement du privé au détriment du service public hospitalier, aboutissent inéluctablement à ce que nous assistons aujourd’hui : de «regrettables accidents» comment disent si bien les responsables politiques.
Bien sûr, en cherchant bien, on pourra débusquer un bouc émissaire, un lampiste qui fera office de coupable expiatoire au regard d’une opinion publique conjoncturellement inquiète. Puis l’on passera à autre chose…
Dormez braves gens, et faites de beaux rêves !….
5 février 2013
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