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Publié par PM sur
Publié dans : #matiere a reflexion

SINISTROSE ELCTORALE CONTRE… FRAICHEUR PRINTANIERE

 

 « Tandis qu’à leurs oeuvres perverses
Les hommes courent haletants,
Mars qui rit, malgré les averses,
Prépare en secret le printemps.
 »…

Premier sourire du printemps - Théophile Gautier

« Humour mal placé », « allégorie facile », « délire poétique »… Je fais toute confiance à mes détracteurs pour trouver la formule adéquate.

Il y a pourtant bien de cela dans la période que nous vivons… La misère du débat politicien tranche avec la renaissance de la nature pourtant si maltraitée par l’Homme.

ON PREND LES MÊMES ET ON RECOMMENCE….

Immuablement, périodiquement, machinalement, le peuple, éternellement cocufié est appelé à son devoir dit « républicain », comme le paysan du Moyen Age était appelé à l’office religieux pour le salut de son âme.

C’est différent, allez vous dire. Certes !... Mais tout aussi inefficace : les élections passent, les problèmes demeurent.

Si l’on prend le cas des petits villages, la majorité des 36 000 communes, la désignation de l’équipe municipale peut avoir un sens . Nombre de « petits maires » se dévouent corps et intelligence (pas « âme ») pour leurs concitoyens. Bien sûr, il n’y a rien d’alternatif, de révolutionnaire dans tout cela… mais la vie n’est-elle faite exclusivement que d’innovations et de dépassements ? Et puis de cela, les grands médias s’en foutent royalement, ce qu’ils veulent c’est du « spectacle politique ». Une seule ombre à ce tableau : les maires font partie des « grands électeurs » qui participent à l’élection des sénateurs : le Sénat, véritable institution parasitaire.

Concernant les grandes et moyennes agglomérations, c’est la farce électorale classique qui est reproduite à échelle réduite… les élections sont confisquées par les requins et maquereaux de la vie politique. Le quasi bipartisme qui existe au niveau national se retrouve au niveau local.

Les mêmes combines, les mêmes promesses, les mêmes ambitions, trahisons, compromission, soumissions.

Les mêmes femmes et hommes qui agissent au niveau national et qui essayent de se donner une couleur « prés du peuple ».

Combien de ces faux culs qui font « comme ci », qui sont « pour toutes et tous », qui « brûlent de passion pour leur ville » (et une fois élus partent à Paris) … et autres banalités affligeantes ?

Combien de ces arrivistes qui, en province, se forgent ou tentent de se forger un destin national (des noms ?) ?

Combien de soit disantes unions qui ne sont que des opportunités, sinon des opportunismes, et autres faux semblants ?

Quant aux « petites » listes, fièrement dressées sur leurs ergots, elles jouent les coqs vindicatifs au premier tour, pour finalement, entre les deux tours, soit abdiquer, soit picorer dans les mains de celle ou celui – d’un « grand » parti – qui pourra leur assurer la pitance. Misère de l’opportunisme politique !

Ces mêmes petites listes, à la fois misérables et émouvantes dans leur attitude d’éternelles perdantes, et qui considèrent ces élections comme un « défilé de mode où il est de bon ton d’être vu », cautionnent par leur présence une vie politique qui finalement est leur seule raison d’être.

Les débats nationaux, totalement inessentiels, se repeignent aux couleurs locales. « On » fait de l’élection municipale, selon son intérêt, sa stratégie, sa couardise, son ambition, un enjeu local ou bien national. Tel leader politique bien vu dans les sondages est sollicité pour le soutien local,… tel autre (des/un nom/s ?) au plus bas dans ces mêmes sondages est soigneusement évité…. Bref, du très grand art de l’illusion et de l’esquive !

Dans les grandes villes, des personnages d’une « qualité exceptionnelle » (médiatique s’entend !) – sportifs, chanteurs, acteurs, vedettes médiatiques,… et autres amuseurs publics, sont sollicités, choyés et même parfois promus sur les listes… ce qui rehausse incontestablement le niveau de réflexion politique ( !).

Enfin, les grandes et petites « trahisons » constatées au niveau national se reproduisent sordidement au niveau local démontrant, s’il en était encore besoin, l’interchangeabilité des acteurs/trices.

PARTICIPER OU PAS ?

L’attitude d’abstentionniste intégriste n’a rien de positif.

L’abstention, qui n’a rien d’opérationnel et de stratégique en soit, est une évidence lors des grandes élections qui sont jouées d’avance, sinon dans le caractère formel des résultats, du moins quant à la possibilité qu’elles offrent pour l’alternative.

Dans le cas d’une élection locale (souvent dans les villages), claire, c’est-à-dire aux enjeux connus de toutes et tous, et sans arrières pensées politiciennes (oui, oui ça existe parfois !),… la participation est parfaitement concevable… Encore faut-il, il est vrai, reconnaître et accepter la notion de « délégation de pouvoir » et de « représentativité ».

Dans le cas d’une élection locale, dans le genre de ce qui se joue dans les villes moyennes ou grandes, et qui sont, à une échelle réduite les mêmes magouilles, promesses et faux semblants que les élections nationales, la participation est à proprement parler une compromission.

Soutenir les «  listes alternatives » ou « contestataires » ou « anticapitalistes » ne présente pas plus le moindre intérêt.

« Se compter » diront leurs partisans ! Ah bon ! et ça sert à quoi ?... A faire des statistiques ? A se faire plaisir ? A prouver que l’on existe ? Autres ? (rayer la mention inutile).

« Apparaître, montrer que l’on existe » Ah bon ! Et ça sert à quoi ?,… d’autant plus que l’on connaît publiquement l’existence de ces courants – toujours divisés et concurrents – et que le système s’en moque absolument… au contraire, ça lui sert de caution démocratique et il n’hésite pas à médiatiser ces manifestations spectaculaires et inoffensives.

« Impulser une dynamique »… C’est l’argument le plus fantasque, véritable langue de bois. Mais une dynamique de quoi ? Fondée sur quoi ? Avec quelles perspectives concrètes ? … Jamais aucune de ces listes, de ces courants n’ont répondu à ces questions… et encore moins n’en ont montré la réalisation concrète.

Bien sûr, avec un peu d’imagination et beaucoup d’ambition, on peut tout justifier,… tout et son contraire… même l’injustifiable.

L’expérience, aujourd’hui, nous montre l’iniquité du processus électoral et le piège qu’il constitue. A combien l’épisode édifiant du détournement du référendum sur le Traité Constitutionnel Européen a-t-il ouvert les yeux ?

Le poids idéologique, la mystique démocratico-républicaine du vote – comme autrefois la religion – ont encore un poids déterminant dans le comportement de tout un chacun.

Seule la pratique nous permettra de dépasser ce cloaque du comportement politique et social.

Ils ont beau déposer tous les bulletins de vote dans l’urne, ils n’empêcheront pas la venue du printemps.

Patrick MIGNARD
6 Mars 2008

Voir aussi :
« DE L’ÉLECTORALISME EN POLITIQUE »
« VOTER EST UNE DROIT, MAIS EST-CE VÉRITABLEMENT UN DEVOIR ? »
« LES AMBIGUITES DE L’ABSTENTION »
« SE REAPPROPRIER L’ÉCONOMIQUE ET LE SOCIAL »

 

 

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Rédigé par Nicolas Mignard

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