Billet d'actualité ..........................................................................................
VIOLENCE ET DEMOCRATIE
A John DAVID (25 ans) jeune intérimaire belge d’Arcelor Mittal qui vient de perdre un œil, victime des forces de répression françaises à Strasbourg.
La dernière saillie, accompagnée d’un martial coup de menton du Ministre de l’Intérieur, est un avertissement sans frais aux ouvriers révoltés par leurs conditions d’exclusion.
"Il n'y a pas de place, dans une démocratie comme la notre, pour la violence, et je lance évidemment un avertissement, la police, elle fait son travail".
Comment traiter la révolte de salariés qui voient leur vie saccagée par les intérêts du capital, par la spéculation financière, par les intérêts privés au détriment des intérêts collectifs ? C’est à cette question que Monsieur le Ministre de l’Intérieur devrait répondre.
En guise réponse il ne fait que des menaces. La révolte des salariés est irrémédiablement ramenée au niveau de la simple délinquance.
Les salariés, et pas qu’eux, voient bien que toutes ces diatribes officielles, déclarations, propositions, rencontres, promesses, commissions, réceptions de délégations, négociations, chartes,… ne servent strictement à rien.
La première des violences n’est telle pas cette inégalité qui règne « dans une démocratie comme la notre », cette répartition scandaleuse des richesses, ce pouvoir quasi absolu des marchés, de la spéculation, cette incurie mensongère d’une classe politique qui nous trompe à chaque élection ?
Ne répondons pas tout de suite à cette question… Mais d’abord posons nous là, politiquement, socialement, collectivement.
Dire comme le dit Monsieur le Ministre de l’Intérieur que « la Police fait son travail », n’est ni une garantie de démocratie, pas plus qu’une garantie de lutte pour plus d’égalité sociale. La Police, sous tous les régimes, même les pires, a toujours « fait son travail ». Des mercenaires payés par un pouvoir pour maintenir un ordre injuste devraient d’abord se poser des questions sur le sens de leur action. La Police peut, dans ce cas, se réclamer difficilement du service public.
L’Histoire nous montre que partout et à toutes les époques, quelle que soit le régime en place la violence des opprimés a été provoquée par la violence exercée par les possédants… Il ne faudrait pas inverser le raisonnement sous prétexte que, comme le dit Monsieur le Ministre de l’Intérieur, on serait « dans une démocratie comme la notre »… Car derrière les mots, les belles phrases, il y a la réalité sociale et c’est elle qui détermine l’avenir,… pas les discours officiels.
8 février 2013
Voir aussi :
http://fedetlib.overblog.com/vers-une-societe-policiere
http://fedetlib.overblog.com/la-revolte...-et-apres
http://fedetlib.overblog.com/l%E2%80%99inexorable-criminalisation-du-mouvement-social
Commenter cet article