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Publié dans : #matiere a reflexion

TRAGEDIE GRECQUE

 

Il y a quelque chose de tragique dans cet épisode qui oppose le peuple grec à une Communauté européenne intransigeante dans les politiques de rigueur qu’elle généralise à tous les peuples européens.

Les contraintes, les mesures de rigueur imposées à la Grèce sont inadmissibles, moralement et contraires aux droits de l’Homme. Aggravation des conditions de vie, destruction des régimes de retraites et des services de santé, liquidation, par privatisation, des services publics,… rien ne justifie aujourd’hui de telles mesures.

Les difficultés des Etats européens en général, et de la Grèce en particulier ne viennent pas d’une catastrophe naturelle qui aurait anéanti le potentiel économique du continent. Elles viennent essentiellement de décisions politiques qui ont fabriqué une Europe fondée non pas sur les intérêts vitaux des peuples mais sur les intérêts des marchés financiers. En effet, depuis des années, pour se financer, les États sont dans l’obligation de recourir aux marchés financiers, ce qui les endette à des taux de plus en plus élevés. De plus, l’organisation économique de l’Europe ne s’est pas faite sur les intérêts locaux des peuples qui la composent, mais sur une répartition des activités en fonction des intérêts que le capital pouvait en tirer.

Le malaise général des peuples européens à l’égard de l’Europe actuelle vient de cette organisation qui nous conduit à la catastrophe. La Grèce est le premier maillon de cette chaîne conçue en dépit de l’intérêt général.

Hormis des financiers cyniques avec la complicité de leurs soutiens politiques et les inconscients, personne ne peut cautionner les mesures imposées au peuple Grec. En ce sens SYRIZA, le parti grec au pouvoir, élu sur des propositions claires anti austérité a eu raison de refuser l’oukase européen, et d’organiser un référendum… au grand dam des « démocrates » dirigeants hypocrites européens.

Cela dit, la réalité politique étant ce qu’elle est, la position de SYRIZA se heurte aux exigences de ses partenaires qui fonctionnent sur des règles et critères étrangers aux siens… d’où la situation actuelle : le premier ministre grec Alexis Tsipras, quoique décidé à défendre les intérêts de son peuple est contraint d’entrer en négociation avec ses partenaires européens. Notons que ceux-ci sont, évidemment, en position de force car le gouvernement grec agit, et ne peut agir, que dans le cadre des règles de l’Europe actuelle. Les propositions inacceptables des eurocrates ne peuvent être rejetées en bloc, du moins officiellement, d’où cette situation en demi teinte.

On peut certes, formellement accuser Alexis Tsipras de « lâcher du lest », voire de « capituler »… mais a-t-il véritablement le choix ? Bien sûr que non ! En l’absence de toute autre stratégie que celle imposée par le système dominant européen, un État particulier est obligé de passer par les contraintes imposées par lui.

On mesure ici – et la Grèce devrait constituer un avertissement pour l’avenir – les conséquences d’une absence de stratégie politique et économique alternative. En effet, agir simplement dans le cadre du système établi, respecter ses règles, c’est se condamner aux inégalités, à l’austérité, à ne jamais régler les problèmes vitaux des populations… la Grèce est en train d’en faire la triste expérience : céder ou s’exclure avec, dans les deux cas, toutes les conséquences économiques, sociales et politiques que cela engendrera.

On ne peut pas, ne pas essayer d’imaginer ce que pourrait faire PODEMOS en Espagne, ou le FRONT DE GAUCHE en France dans la même situation. Au-delà des grandes déclarations de principe et en l’absence d’une stratégie de changement,… ils ne feraient pas mieux que SYRIZA.

 

Les forces progressistes en Europe sont désormais devant un dilemme: ou jouer le jeu stérile de la politique classique, et finir par céder à l’Europe du Capital et des Banques, ou élaborer une stratégie de changement alternatif permettant de se libérer de la dictature de la Finance. La logique internationale du capital n’a rien à voir avec l’intérêt des peuples Il faut repenser l’organisation économique et le lien social sur d’autres bases,… chose que sont aujourd’hui incapables d’imaginer les partis politiques.

Poursuivre sur la voie actuelle c’est la porte ouverte à toutes les aventures, surtout les pires, celles prônées par les organisations nationalistes et néo-fascistes qui peu à peu s’installent dans le paysage politique européen.

 

Juillet 2015                                                                              Patrick MIGNARD

 

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PEUT-ON RIRE DE TOUT ?

 

L’humour est probablement une victime collatérale des épouvantables évènements de ce début d’année. Moi-même, dessinateur satirique, je ressens, crayon en main, une forme de gêne qui a tendance à pousser à l’autocensure.

 

Bien sûr, dans une conversation privée, on maîtrise la situation… on sait à qui on s’adresse et on adapte son humour à celles et ceux à qui on s’adresse. Dans une situation publique c’est beaucoup plus compliqué. On ne connaît pas le public dans sa diversité. Est-ce à dire qu’il ne faille plus faire de l’humour ? Non, on ne peut pas s’interdire de faire de l’humour,… mais alors comment s’y prendre ? Quelles précautions prendre ? Là où un trait d’humour peut passer sans problème, le même trait peut engendrer une réaction d’hostilité, voire d’agression.

Faire de l’humour c’est dans tous les cas prendre un risque vis-à-vis de l’autre… même s’il s’agit souvent, pas toujours il est vrai, de partager une complicité avec lui. Mais peut-on être complice avec tout le monde ? A priori, certainement pas !

Tout traitement humoristique d’une situation est fondé sur l’évocation de la réalité, celle de tous les jours, celle qui structure notre pensée, aussi, de là, à voir, dans le trait d’humour, une violation de la pensée, voire de l’intimité, il n’y a qu’un pas que certains franchissent sans hésiter. Il est vrai que le trait d’humour « déforme » cette réalité, « en rajoute », la caricature. La caricature considérée comme la réalité peut être insupportable. La prise de distance est nécessaire,… mais nous sommes très inégaux dans notre capacité à prendre cette distance.

Provoquer le rire ou le sourire est une démarche ambiguë et pleine de danger dans certaines circonstances. On fait généralement rire d’une situation ridicule qui implique soit soi même, ce qui ne prête pas à conséquence, soit l’autre qui peut y voir directement ou indirectement une agression.

Faire de l’humour ce n’est pas prévenir l’autre de ce qui va se passer. Le trait d’humour s’accommode parfaitement de la surprise. En ce sens faire de l’humour est d’une certaine manière un pas dans l’inconnu pour soi et pour l’autre. On peut faire de l’humour sans pour cela faire rire… Est-ce pour cela encore de l’humour ?

Enfin l’environnement général de la société joue un rôle déterminant. On rit aujourd’hui de manière différente d’hier. On rit différemment dans les différentes classes sociales, dans des cultures différentes. De ce fait, l’humour qui est universel dans sa démarche, n’est pas pour autant transculturel.

Faire preuve d’humour c’est faire preuve de tolérance, des deux côtés, humoriste et public. D’une certaine manière l’humour, dans une société, est un bon indicateur  de son ouverture d’esprit et pour tout dire de la qualité de l’esprit laïque qui y règne.

On a des progrès à faire.

 

21 février 2015

 

 

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Publié dans : #billet d'actualite

PROMOTION BRELOQUE

 

Le Sage dit : « Le pire n’est pas de la recevoir mais de la mériter ». Quoique le propos soit un brin provocateur, il reflète de manière pertinente certains aspects intéressants du sujet.

 

Les motivations sont multiples et quoiqu’il n’y ait pas de statistiques, à la lumière des nominations et des propos tenus, on peut faire quelques hypothèses :

 

Côté de ceux qui l’attribuent il y a incontestablement un côté « cadeau » teinté de clientélisme… On est toujours redevable de celui ou celle par qui on l’a obtenue.

 

Côté de ceux qui reçoivent, c’est plus diversifié.

 

Il y a la grande masse des benêts qui ont besoin, pour pleinement exister socialement, de breloques, d’honneur et de reconnaissance officielle… et qui vivraient mal (les malheureux !) de ne pas la recevoir et l’arborer.

 

Il y a celles et ceux qui ne demandent rien et qui l’ont automatiquement : les politiciens et la haute administration. … ce qui ne veut pas dire que parmi eux certains ne salivent pas avant de l’avoir, et que certains sont loin de l’éthique officielle, théorique, requise pour l’obtenir.

 

Il y a ceux – probablement une minorité – qui l’acceptent car, dans leurs activités, sociales ou professionnelles elle peut représenter un plus.

 

Cette dernière catégorie est la plus saine, car elle donne au moins, et ce clairement, une valeur, une utilité concrète à la chose.

 

Quand on sait que les déboires judiciaires, et autres indignités, devraient en principe interdire de la porter, on imagine un peu le nombre d’individus peu recommandables qui sont décorés. Inutiles de citer des noms, ils sont dans tous les journaux.

 

Elle est largement attribuée à des personnages aussi importants, pour le devenir de l’humanité, que chanteurs, sportifs, acteurs de cinéma, journalistes,… bref des gens sans qui notre existence n’aurait aucun sens.

 

Par contre on peut la refuser pendant des années à des personnages qui ont risqué leur vie dans la Résistance… Exemple : André SHMER – résistant à 16 ans, membre du  bataillon "Liberté carmagnole" de la MOI-FTP. Il voudrait être décoré, mais a toujours été refusé. Quand on lui demande ce que serait pour lui cette décoration, il répond : « Ce serait une reconnaissance de la République envers un gars comme moi qui n’était rien, un pauvre gars,… ».  Voilà une excellente raison pour la lui refuser !

 

Mais la Légion d’Honneur mérite-t-elle un tel personnage ?

 

14 juillet 2013

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Publié dans : #matiere a reflexion

GRATUITE ET MARCHANDISE

 

A l’approche des élections municipales, le débat sur la gratuité des transports, et plus généralement des services publics ressurgit… Ne nous privons pas de ce débat essentiel, mais ne nous faisons aucune illusion,… aussitôt né, aussitôt liquidé,… ce plat de résistance va s’affaisser comme un soufflet trop tôt sorti du four…

 

Il y a dans cette manière récurrente de remettre sans cesse cette question sur le tapis, une dimension, plus ou moins claire, plus ou moins exprimée qui montre que le problème de la gratuité, aussi utopique qu’il puisse paraître, n’est pas, dans le fond aussi absurde qu’il en a l’air et pose des questions essentielles.

 

LA GRATUITE ALIBI

 

Eliminons tout de suite – pour dépolluer la réflexion - la gratuité, instrument de démagogie électorale concernant par exemple les transports urbains et autres services publics municipaux (piscines,…). Celle-ci consiste à « s’acheter », si l’on ose dire, les suffrages d’une catégorie sociale, par exemple les personnes du troisième âge. De nombreuses villes ont fait ce choix ; il est fondé sur un constat bien réel : les personnes âgées sont des assidues des scrutins et sont sensibles à l’attention que l’on peut leur porter. Il est donc, électoralement rentable de leur faire bénéficier d’une telle mesure. Accorder la gratuité à cette catégorie de personnes, sans distinguer les différents niveaux de richesses – certaines pouvant largement payer le titre de transport -, montre le caractère purement politicien d’une telle mesure. Sensiblement différente est la mesure qui consiste à accorder la gratuité aux chômeurs et autres étudiants… La situation économique de ceux-ci justifie une telle décision.

 

Dans tous ces cas, la mesure de gratuité est tout de même d’opportunité, c'est-à-dire qu’elle est considérée comme une faveur, motivée par différentes raisons, à l’égard de certaines catégories sociales. En aucun cas elle ne pose le problème de fond du sens de la gratuité dans la société.

 

GESTION DES SERVICES COLLECTIFS : UN CHOIX POLITIQUE

 

Il y a deux manières d’aborder la question des services collectifs :

 

  • soit on les considère comme un bien commun, collectif, indispensable et appartenant à toutes et tous, et la manière de les traiter doit être collective. Autrement dit, leurs conception et gestion sont collectives. Le coût de leur installation, de leur entretien est collectif et entre dans le budget collectif. Dans ces conditions, la gratuité pour l’usager apparaît comme une évidence… à quelques détails près que nous examinerons.
  • soit on les considère comme des marchandises, c'est-à-dire essentiellement comme un moyen de « gagner de l’argent » pour le producteur… le client est donc tenu de payer pour non seulement utiliser le service, mais satisfaire le besoin d’argent du producteur.

 

Cette distinction entre les deux manières de considérer la question renvoie fondamentalement à ce qu’est la marchandise.

 

Une marchandise a une double caractéristique :

 

  • une valeur d’usage qui est sa spécificité matérielle et qui lui permet de satisfaire un besoin ;
  • une valeur d’échange qui intègre son coût de production (matière première, amortissement du capital technique et force de travail), plus la valeur additionnelle apportée par l’acte de travail et qui est à l’origine du profit.

 

Privilégier, dans l’acte de production, l’une des deux valeurs, n’est pas neutre et à une signification sociale fondamentale. En effet :

 

  • si l’on privilégie la valeur d’usage, on privilégie le besoin de l’usager. La valeur d’échange n’est pas niée, mais elle est alors secondaire… L’important n’est pas de « faire de l’argent », mais d’ « apporter un service»;
  • si l’on privilégie la valeur d’échange, on privilégie l’objectif de « gagner de l’argent ». On  ne produira que si ça rapporte et dans des conditions rentables pour les investisseurs ; rémunération du capital.

 

Contrairement à ce nous racontent les « experts économiques il n’y a aucune rationalité économique qui oblige à faire l’un ou l’autre choix…. Le choix est purement et exclusivement politique.

 

VALEUR D’ECHANGE CONTRE INTERET COLLECTIF

 

On comprend tout de suite que privilégier la valeur d’échange c’est faire le choix de sacrifier le service produit au gain espéré. Une production non rentable sera arrêtée : une clinique non rentable sera supprimée, une voie ferrée non rentable sera démantelée, une entreprise non rentable sera liquidée et/ou délocalisée,…et ce au détriment de celles et ceux qui bénéficiaient de cette production. L’objectif est l’argent, la production du service n’étant que le moyen.

 

Cette démarche n’est pas absurde, mais correspond à une logique particulière, celle du capital et qui peut se résumer à : tout capital investi doit être source de richesses pour les investisseurs, les actionnaires. Une telle logique est évidemment incompatible avec l’intérêt collectif mais c’est celle qui est actuellement adoptée par les pouvoirs publics, en France, de manière générale en Europe avec la politique de la Commission Européenne et dans le monde avec la logique de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC).

 

Cette logique laisse tout pouvoir économique, toute initiative, au secteur privé, à la pensée néo libérale qui fait l’hypothèse, maintes fois démentie, que c’est la défense de l’intérêt individuel qui est la plus à même de défendre l’intérêt général… Les différentes expériences concrètes, dans de multiples pays, de privatisation des transports, de la santé, de l’eau,… ont montré les catastrophes  auxquelles conduit ce genre de choix.

 

 

VALEUR D’USAGE ET SERVICES PUBLICS

 

 

On comprend tout de suite que privilégier la valeur d’usage, c’est faire le choix de la satisfaction des besoins du plus grand nombre. L’objectif est la satisfaction de l’usager, la gestion financier de la production n’étant que le moyen. C’est tout le sens du programme économique du Conseil National de la Résistance (CNR) en 1944 dont les acquis sont aujourd’hui mis en pièces aussi bien par la Droite que par la Gauche.

 

Sur un plan de la gestion de la production du service la question n’est pas simple car il s’agit de mutualiser les coûts de production et d’entretien. Ceci, contrairement au choix précédent, oblige à avoir une véritable politique publique de gestion des ressources et des choix stratégiques en matière de services. Action difficile mais pas impossible, le CNR l’a fait en des temps beaucoup plus difficiles et à la satisfaction générale.

 

Un tel choix doit faire l’objet d’un débat politique public sérieux et citoyen. Des décisions doivent être prises, en connaissance de cause, aussi bien en matière de gratuité de certains services ( les transports, la santé par exemple), qu’en matière de péréquations tarifaires  pour éviter les gaspillages (pour l’eau et l’énergie par exemple). Un tel débat est, aujourd’hui, totalement inexistant.

 

Sur un plan écologique, un tel choix, citoyennement organisé, permet une maîtrise, sinon absolue, du moins importante, des dépenses et gaspillages… particulièrement en matière de transport et d’énergie.

 

 

Le principe de gratuité n’est donc pas un fantasme onirique d’utopistes, il peut être une réalité à la base de relations sociales parfaitement organisées et responsables.

 

Bien évidemment, les politiciens ne posent absolument pas cette question essentielle de cette manière. Ils le font à partir d’à priori idéologiques ou en fonction des intérêts économiques ( souvent privés) qu’il défendent, aidés souvent par des lobbies qui les achètent.

 

Poser le problème de la gratuite, c’est mettre à plat, sur la place publique, la répartition des ressources collectives et les choix stratégiques de production des services. Autrement dit c’est rendre public ce qui est aujourd’hui opaque, confisqué par les intérêts privés, le tout protégé par le discours démagogique et intéressé des politiciens.

 

 

Mars 2014                                                                 Patrick MIGNARD

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Publié dans : #RIMES CONTESTATAIRES

LE VIVANT MALADE DE L'HUMAIN

 

Un jour les animaux ont tenu grand conseil,

L'heure était des plus graves car à force de subir,

De laisser la Nature dégradée sans pareil,

La seule issue pour tous était bien de mourir.

 

Le groupe se réunit, de nuit sur une plage,

Afin que les poissons, animaux les plus sages,

Puissent y assister, expliquer les raisons,

Qui les poussent ainsi à la contestation.

 

L'accusé principal brillait par son absence.

On l'avait convoqué, on souhaitait sa présence,

Il avait fait savoir qu'il ne comprenait rien,

A cette agitation à propos de l'humain.

 

Il se considérait du monde le seul maître,

Seul capable à ses yeux de pouvoir tout soumettre.

Il avait façonné la Terre à ses désirs,

Jouissait de ses fruits pour son propre plaisir.

 

Animaux éclopés, au bord de l'extinction,

S'avançaient en colonnes, en de tristes légions,

Demandaient la parole pour dénoncer l'outrage,

Faisaient l'état des lieux, décrivaient les dommages.

 

La terre à l'agonie , les océans aussi,

Bref c'est toute la planète qui était en sursis.

Et l'homme inconscient continuait son action,

Il n'avait à la bouche que le mot « production ».

 

Les arbres silencieux agitaient leurs ramures,

Eux aussi accusaient, murmuraient l'imposture.

Ils étaient là présents et voulaient dénoncer,

La destruction massive de toutes les forêts.

 

Un oiseau mazouté exhiba son plumage.

Son image noircie dénonçait les ravages,

Des actes irréfléchis de l'animal humain,

Un être insatiable en matière de besoins.

 

Les abeilles, oiseaux, victimes des pesticides,

Voulaient dire à l'homme qu'il courrait au suicide.

Pour lui, insignifiantes ces toutes petites bêtes,

Méritaient même pas que l'on s'y arrête.

 

Un ours blanc efflanqué et privé de banquise

Accompagné d'un phoque lui même en pleine crise,

Expliquent simplement que leur milieu de vie,

N'est même plus capable d'assurer leur survie.

 

Éléphants et gazelles, tigres et léopards

Dirent pour leurs espèces, c'était peut-être trop tard.

Nombreuses étaient celles qui avaient disparu,

Certaines même existantes avant que l'homme parut.

 

Le plus grand animal existant sur la Terre

Dit tout simplement et sur un ton sévère,

« Dans la mer, continent qui vit naître la vie,

Nous sommes à deux doigts d'entendre le dernier cri »

 

L'accablant plaidoyer de tout ce qui respire,

Conclut à l'évidence qu'on allait vers le pire,

Que le cerveau humain paraît-il supérieur

Était bien incapable d'assurer le bonheur.

 

Sur cette planète bleue, tout est fait pour la vie,

Il suffit d'une espèce pour que tout soit pourri.

Que celle-ci s'impose comme maître absolu,

Biodiversité, il n'y en aura plus.

 

L'homme parut enfin à la surprise de tous,

Regarda l'assemblée assise, lui debout.

Ne dit le moindre mot, eut un large sourire,

Chez tous les animaux on s'attendait au pire.

 

Le pire prit la forme d'un silence méprisant,

Observa l'assemblée de son regard toisant,

Puis ayant bien compris qu'il resterait le maître,

Ressorti doucement sans rien laisser paraître.

 

L'avenir compromis de tout ce qui est vivant,

N'effleurait même pas cet être tout puissant,

Que son aveuglement menait droit à sa perte

Et faisait de la Terre une roche déserte.

 

La Belette - mai 2019

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Rédigé par Nicolas Mignard

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