Overblog Tous les blogs Top blogs Associations & ONG
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Publié par PM sur
Publié dans : #matiere a reflexion

CHRONIQUE D’UNE CAPITULATION ANNONCEE

Ce texte va me valoir les foudres à la fois des « bien pensants de Gauche » et des « honnêtes et dévoués militants »... et ce d’autant plus que nombreuses et nombreux savent, sans se l’avouer, que j’ai raison. Peu m’importe... Je prétend ne partager ni leur aveuglement et ni leur naïveté, ni leur déni devant l’évidence.

Il y en a aujourd’hui assez de continuer à « croire que… », « à faire croire que… » sous prétexte de « ne pas désespérer », « garder l’espoir »,… et autres expressions tirées du bréviaire religieux.

La situation est catastrophique, apparemment sans issue, et il faut le dire haut et fort. Se taire est politiquement et socialement irresponsable.

Essayons de raisonner lucidement et sans a priori simplement à partir des faits, mais aussi de la connaissance que l’on peut avoir des attitudes, objectifs et intentions des uns et des autres.

LES FAITS

Une offensive sans précédent, inaugurée par la Gauche dès le milieu des années 80, contre tous les acquis sociaux : service public, protection sociale, retraites, tout y passe…pour nous soumettre à la loi du marché.

Lentement et consciencieusement, tous les gouvernements gestionnaires ont donné un coup de masse pour cette entreprise de démolition.

Toutes les luttes menées depuis plus de dix ans, si elles ont parfois freiné momentanément le processus ne l’ont jamais stoppé. Les victoires proclamées n’étaient en fait que des défaites ajournées. Le stade ultime est entrain d’être atteint…On liquide les derniers acquis.

Restaient à mater les gros bataillons de ce qui, à une époque, a constitué le fer de lance de la « classe ouvrière » et farouchement défenseurs des « acquis sociaux ».

Appuyée par une campagne de dénigrement médiatique unique en son genre, le pouvoir, secondé en cela par une « opposition de gauche » débile et un peu/beaucoup complice… a tout fait pour briser le moral des grévistes ainsi que pour dresser contre eux une opinion gavée de stupidités télévisées et de paroles d’ « experts » et écrivassiers aux ordres.

Les organisations syndicales dans leur crasse bureaucratique et conservatrice, sont incapables d’innover en matière de lutte et de contact avec les usagers…. Et se refusent à toute convergence de luttes.

Le double discours syndical « résister mais négocier » est parfaitement entré en phase avec le double discours du pouvoir « négocier mais ne rien lâcher » après un temps d’adaptation afin de permettre d’entretenir les illusions de la bases et de préparer la capitulation.

Conclusion : on va négocier, le gouvernement ne lâchera rien, mais les syndicats pourront dire qu’ils ont résisté. Dérisoire et affligeant !

QUE VA-T-IL SE PASSER ?

Je ne prend pas trop de risque en prédisant – le schéma est hélas terriblement classique.

Les premiers actes ont déjà été joués.

Un syndicat a été acheté par des promesses, brisant l’unité d’action.

Un deuxième syndicat lâche prise cédant aux pressions officielles,… rien de surprenant, c’est sa pratique habituelle.

Quant aux autres grands syndicats ils ne demandent qu’à lâcher prise, seule la base est déterminée coincée entre des directions syndicales qui monopolisent le conflit dans sa phase critique et un pouvoir intransigeant prêt à tout.

Le gouvernement actuel joue sa crédibilité… il ne reculera pas. Il est absolument déterminé à faire sauter les derniers verrous de la résistance des bataillons les plus déterminés des salariés. Ca les organisations syndicales le savent depuis le début, ne le disent pas et ont adapté leur stratégie de « lâchage » de la grève en fonction de cette donnée.

Tout le monde attend la grande messe protestataire de mardi 20 novembre avec grands défilés et grandes déclarations… et les syndicats vont conclure la partie en disant à quelques nuances près : on a montré notre force, il faut négocier. Celles et ceux qui voudront continuer la lutte, avec le syndicat le plus combatif, seront traités d’irresponsables et abandonnés à la répression patronale et policière.

J’exagère ? On va bien voir…

LA SUITE…

Rien, bien évidemment, ne sera réglé !... On sera descendu d’un cran de plus dans la capitulation, la soumission.

Le désespoir guette des millions de personnes, de salariés qui vont se retrouver grugés, marginalisés, toujours plus instrumentalisées,… et qui vont culpabiliser, à juste titre, d’avoir capitulé, cédé et de laisser à leurs enfants une société encore plus inégalitaire et difficile à vivre.

De cela, le Capital et ses gestionnaires n’en ont que faire.

Ils vont acheter les plus contestataires, les plus corruptibles… ils ont commencé ;

Ils vont s’efforcer de réduire au silence et à la servilité la masse amorphe grâce aux médias – leurs jeux, leurs séries, leurs émissions « politico-people », les commémorations bidons, les coupes du mondes, le Tour de France, et les mariages princiers……

Ils appâterons le « bon peuple » (ils le font déjà) avec des promesses électorales, et veilleront à ce qu’il remplisse bien les urnes… peu leur importe le résultat, ils sont dans tous les cas gagnant ;

Ils réprimeront et réduiront « démocratiquement » au silence celles et ceux qui appelleront à la révolte.

Le Capital pourra régner ainsi sur une masse « démocratiquement » taillable et corvéable à merci

Ne nous faisons aucune illusion… tout ce petit monde politique et syndical va crier, comme d’habitude, victoire. Chacun va tirer la couverture à soi, qui pour les municipales, qui pour regonfler le syndicat.

Les politiciens incapables et les syndicalistes « responsables » vont nous montrer la voie… toujours la même : « vigilance » (on se demande pourquoi faire) et élections (même question).

Et la vie va reprendre… les acquis en moins, l’insécurité en plus.

Soumission et explosions sont au bout de ce processus. La soumission deviendra insupportable et l’explosion entraînera la répression car l’Etat est armé, a ses chiens de garde, et n’hésitera pas à les utiliser… ce qu’il fait déjà d’ailleurs.

QUE FAIRE

L’Histoire nous montre que l’affrontement direct n’aboutit pas et ce pour deux raisons :

  l’Etat a, et aura toujours, des moyens de répression sans commune mesure avec les notres,
  en l’absence d’alternative concrète le futur nouveau, différent, est incertain et improbable.

Il ne sert à rien de trépigner frénétiquement et d’en appeler à une hypothétique « grève générale » qui non seulement ne se produira pas, mais même ne saurait aboutir à un changement…. Après la « grève générale » on fait quoi ?

Ceci veut dire que toute la stratégie politique est à revoir de fond en comble. Tous les vieux schémas, modèles, violents ou pacifiques, légaux et illégaux, sont obsolètes. Le discours politique actuel est nul et non avenu.

La bouffonnerie politico-exhibitionniste qui consiste à créer de « nouveaux partis révolutionnaires » ne va qu’affaiblir le mouvement et retarder les échéances.

Un système ne s’effondre que quand il pourri, quand il n’a plus de sens aux yeux de la plus grande partie du peuple. Mais le changement ne peut se faire que s’il y a aussi des relations sociales nouvelles, alternatives qui prennent le relais et dans lesquelles se forge le monde nouveau auquel on aspire.

La sortie du conflit va être difficile, dure, porteuse de lourdes déceptions que vont essayer de canaliser les politiciens de tous poils.

Retomber dans leurs pièges, croire en leurs sirènes, c’est capituler définitivement. Méfions nous, il y va de notre avenir et de celui de nos successeurs.

Patrick MIGNARD
Toulouse le 17 novembre 2007

Voir aussi :
« LUTTE SOCIALE ET REPRESSION »
« SE REAPPROPRIER L’ECONOMIQUE ET LE SOCIAL »
« ILS NE CEDERONT PLUS RIEN »
« LE 3e AGE DU SYNDICALISME »

 


 

 

CHRONIQUE D'UNE CAPITULATION ANNONCEE
Publié par PM sur
Publié dans : #matiere a reflexion

CONFLIT SOCIAL : UN AIR DE CALOMNIE

Un otage est une personne innocente, retenue prisonnière par un preneur d’otage, et dont la vie sauve et la libération dépend d’une exigence à remplir par une tierce partie

Article 224-4 du Code Pénal

« Si la personne arrêtée, enlevée, détenue ou séquestrée l’a été comme otage soit pour préparer ou faciliter la commission d’un crime ou d’un délit, soit pour favoriser la fuite ou assurer l’impunité de l’auteur ou du complice d’un crime ou d’un délit, soit pour obtenir l’exécution d’un ordre ou d’une condition, notamment le versement d’une rançon, l’infraction prévue par l’article 224-1 est punie de trente ans de réclusion criminelle. Les deux premiers alinéas de l’article 132-23 relatifs à la période de sûreté sont applicables à cette infraction. Sauf dans les cas prévus à l’article 224-2, la peine est de dix ans d’emprisonnement si la personne prise en otage dans les conditions définies au premier alinéa est libérée volontairement avant le septième jour accompli depuis celui de son appréhension, sans que l’ordre ou la condition ait été exécuté ».

LE SENS DES MOTS, LE CHOC DES INVECTIVES

Les politiciens si soucieux de la précision des termes employés et toujours prompts à dénoncer les écarts de langage, surtout quand ça les concerne, s’en sont donnés à cœur joie durant le conflit social de novembre pour couvrir d’invectives et d’injures on ne peut plus graves des salariés qui ne faisaient qu’exercer un droit reconnu par la Constitution, le droit de grève.

Que des usagers, évidemment gênés dans leurs déplacements et méthodiquement conditionnés par les médias aux ordres, anonent de telles absurdités,… on peut à la limite le comprendre, sans l’approuver. Mais que des responsables politiques qui se proclament garant de la paix civile, sociale, accusent de crime, car c’est bien de cela dont il s’agit, des salariés dans l’exercice d’un droit constitutionnel, ont probablement une idée derrière la tête.

Une telle accusation, aurait du logiquement, être suivie d’un dépôt de plainte. En effet, l’arsenal juridique de notre République ne manque pas d’outil pour réprimer ce genre de crime. Or, curieusement, aucune poursuite n’a été engagée contre les « délinquants-preneurs d’otages » avec qui, le Gouvernement légal, a même accepté de négocier… alors qu’il est de notoriété publique que le Gouvernement Français ne négocie jamais avec des preneurs d’otages… du moins officiellement.

Alors de deux choses l’une :

- ou bien le gouvernement a manqué à tous ses devoirs en permettant une prise massive d’otages,

- ou bien il ne s’agit pas d’une prise d’otage,… et le gouvernement ment et manipule

Cette guerre des mots : otage, galère,… le gouvernement a pu la mener en toute tranquillité. Les syndicats se sont opposés bien mollement à ce déferlement d’insultes. On est en droit de se demander s’il n’y a pas une sorte d’acceptation implicite de part et d’autre de l’inacceptable… chacun y trouvant son compte pour « en finir au plus vite ».

Il est d’ailleurs tout à fait curieux que les syndicats, « toujours prompts à défendre leurs adhérents », n’aient pas porté plainte pour dénonciation calomnieuse, puisque ces derniers étaient tout bonnement accusés d’un crime passible des assises : la prise d’otage.

CALOMNIEZ,… IL EN RESTERA TOUJOURS QUELQUE CHOSE !

Les méthodes diffamatoires utilisées par les politiciens au pouvoir sont révélatrices de deux choses :

  des comportements indignes, d’individus sans valeurs, qui n’hésitent pas à jeter l’opprobre sur leurs adversaires,
  le manque d’arguments crédibles pour mettre un terme au conflit.

L’accusation est évidemment absurde, n’a aucune valeur, aucun sens sur le plan politique et encore moins sur le plan juridique. C’est de la diffamation gratuite, ou plutôt tactique. Il s’agit tout bonnement de salir, de dresser une partie de la population contre une autre. Procédé totalitaire utilisé par les régimes sans scrupules.

Le procédé n’est cependant pas seulement crapuleux dans sa forme, et tactique à court terme, faire cesser la grève, ,… il a un objectif précis à plus long terme et d’une extrême gravité. Il s’agit tout bonnement de remettre en question le droit de grève, et même plus subtilement de le faire condamner par l’opinion publique. De faire entrer dans la tête des gens que l’exercice du droit de grève est un trouble à l’ordre public… et trouble d’autant plus inacceptable qu’il n’aboutit à rien. En effet, les grévistes ne peuvent même pas arguer le fait qu’ils ont obtenu la satisfaction de leurs revendications..

Le droit de grève est donc doublement inutile. Ainsi le seul moyen concret de défense et de lutte des salariés doit, aux yeux du pouvoir, disparaître.

Bien sûr, le pouvoir ne reconnaîtra jamais cet objectif. Spécialiste, nous en avons eu un échantillon significatif durant la grève, du double discours dans une stratégie à long terme en vue de la remise en question de la totalité des droits des salariés… Il n’attaque pas de front ce droit, mais de manière biaisée, maniant la carotte et le bâton, la répression et le « dialogue ».

FAUT-IL DÉFENDRE LE DROIT DE GRÈVE ?

Sur le principe évidemment, ne serait ce que parce cette attaque fait partie d’un plan concerté tendant à remettre en question tous les acquis des salariés. Cette défense de principe ne doit cependant pas masquer une réalité encore plus grave : la grève aujourd’hui est devenu une arme à double tranchant

Maniée, nous l’avons vu par des syndicats peu motivés et toujours trop prompts à la « négociation » de complaisance, elle constitue un excellent prétexte de diffamation du pouvoir et du patronat pour affaiblir le mouvement. Mais il y a plus grave.

La grève est aujourd’hui entrée dans les mœurs, s’est institutionnalisée,… et n’aboutit plus à l’essentiel. Devant un gouvernement inflexible et un patronat qui ne lâche plus rien, au contraire, elle s’émousse au point de devenir un rite qui conserve fantasmatiquement une charge affective, mais qui réellement atteint vite ses limites. Elle se termine alors lamentablement dans une débâcle, se perdant dans des pseudo négociations sur des revendications secondaires.

Les démarches et actions sérieuses avec les usagers entreprises (comme à Lille par exemple) par les grévistes peuvent se compter sur les doigts d’une main. Les directions syndicales arque boutées stupidement sur le « fait grève » contribuent puissamment, consciemment ou inconsciemment, à la dégénérescence d’une action qui a constitué dans le passé l’acte de résistance essentiel des salariés.

Une politique syndicale en direction des usagers et des clients, permettrait de donner un autre sens, une autre dimension, un autre souffle, à l’acte de grève. Mais c’est apparemment trop demander à des organisations qui trouvent leur compte dans les conflits avortés, les combats perdus et les négociations qui se prolongent à l’infini sans gain notables.

La rapacité économique du patronat, alliée à la perfidie politique du gouvernement, s’articule parfaitement avec la myopie et l’impuissance syndicale pour faire que 130 ans de conquêtes sociales sombrent peu à peu dans les eaux glacées de la rentabilité marchande et laissent les salariés transis dans leurs conditions sociales qui s’apparentent désormais à celles de leurs ancêtres du 19e siècle.

9 décembre 2007                                                         Patrick MIGNARD

Voir aussi :
« ILS NE CEDERONT PLUS RIEN »
« NEGOCIER, MAIS NEGOCIER QUOI ? »
« LE DENI »

 

CONFLIT SOCIAL : UN AIR DE CALOMNIE
Publié par PM sur

SOUTIEN A LA ZAD

          Versailles contre la Commune

 

A l’approche de la décision fatidique concernant le projet d’aéroport de Notre Dame des Landes, tous les fantasmes les plus farfelus éclatent à propos de la ZAD. Salir, désinformer, accuser, soupçonner,… tous les moyens sont bons pour que le Pouvoir apparaisse les « mains propres » quand s’accomplira le « sale boulot ». Qui veut noyer son chien,…

 

La ZAD est un « clou dans le pied » du système,… Elle est le symbole de toutes ses aberrations et de ses contradictions… à ce titre il lui est indispensable de la faire disparaître.

 

La ZAD est présentée comme un « concentré d’utopie » !... Et alors ?  L’utopie c’est la vision, la pensée, l’espérance d’un monde nouveau, plus solidaire, plus fraternel,… bref plus viable. L’Histoire s’est nourrie d’utopie ! Sans utopie, il n’y a ni Histoire, ni progrès !... Et le système actuel nous mène à la catastrophe.

 

Qui dénonce, attaque, calomnie la ZAD ? Des politiciens incapables d’honorer les valeurs qu’ils sont censés représenter, qui ont des pratiques politiques engendrant haine, souffrances, inégalités, des personnages incapables d’offrir la moindre espérance de changement.

 

Au nom de quoi attaque-t-on et dénonce-t-on la ZAD ?

 

Au nom de la légalité ? De cette légalité avec laquelle les « hommes de pouvoir » prennent tant de libertés. De cette légalité qui institutionnalise les inégalités, conforte les puissants et écrase les faibles ?

 

Au nom de la Démocratie ? Cette « démocratie » manipulée, orientée, consciencieusement préparée par la propagande, les moyens de communication aux mains de financiers, les mensonges, les promesses pour, finalement, donner toujours les « mêmes personnages », les mêmes programmes, les mêmes résultats et … n’offrir aucune perspective ?

 

Ce qu’est la ZAD

 

La ZAD représente aujourd’hui le seul espace radicalement alternatif au système dominant… c’est en cela qu’il gène le pouvoir et que celui –ci veut l’abattre. Le pouvoir et les politiciens l’analysent en fonction de leurs propres critères qui sont, a-historiques et inopérants en dehors de la logique du système dominant… leur vision est simplement répressive et policière.

 

Toutes les « oppositions » officielles sont de fait et de droit, soumises (même si certaines se disent insoumises) ou, à plus ou moins long terme, récupérables par le système. Il n’y a aucun espoir de changement dans la logique politique actuelle.

 

Tout progrès dans l’Histoire n’a pu se faire qu’en transgressant les règles, les lois des systèmes dominants précédents.

 

La ZAD n’est pas une simple occupation illégale de territoire, elle est, et se revendique comme la préfiguration d’un nouveau mode de société, d’une nouvelle solidarité, d’une expérimentation de principes d’égalité et de respect de l’environnement, d’une expérimentation sur la manière d’assurer les besoins humains. Autrement dit, une préfiguration de tout ce qui fait défaut à notre société inégalitaire et prédatrice des équilibres naturels.

 

Soutenir la ZAD – les ZAD – est donc un impératif moral et politique pour tout citoyen responsable.

 

 

Ce système économique et politique vorace et destructeur contre la ZAD, c’est…Versailles contre la Commune.

 

 

 

         Janvier 2018                                                Patrick MIGNARD

 

 

 

 

 

Le Monde 12 janvier 2018

 

Notre Dame Des Landes : la gendarmerie se prépare à une opération d’ampleur

 

…« Il y aura des blessés des deux côtés, voire des morts » prévient un dirigeant de la gendarmerie…

SOUTIEN A LA ZAD
Publié par PM sur

Bonjour à toutes et tous,

 

Je vous contacte suite à ma condamnation dans l’affaire m’opposant au maire de Plagne (31).

Ma condamnation au civil, après une relaxe au pénal, se révèle lourde et civiquement dangereuse.

 

 

 

 

Si vous le désirez vous pouvez également me contacter directement à mon adresse postale ou mon numéro de téléphone que vous trouverez ci-dessous :

Patrick Mignard

107 bis, avenue de Lardenne

31100 Toulouse

Téléphone : 06.08.43.40.33

 

Vous trouverez ci-dessous le texte qui accompagne cet appel. Je vous invite à le lire et à le diffuser massivement.

 

LA LIBERTE D’EXPRESSION,

DE CRITIQUE ET DE SATIRE, EN DANGER !

 

L’auteur (*) d’un conte satirique, une fiction «La victoire de l’Ogre » vient d’être lourdement condamné pour diffamation.

Relaxé en première instance au pénal  il est condamné en appel, au civil, ce qui est exceptionnel, à verser 8000 euros à la partie civile, plus frais de justice (2500 euros).

Ce jugement doit nous alerter sur la dérive répressive, en matière judiciaire, de formes d’expressions qui, jusqu’à présent, étaient admises : fiction, satire, humour.

Une telle mesure, appliquée à la presse, et de manière générale aux médias, risque de les priver de toute liberté d’expression en les incitant à l’auto censure.

 

L’auteur appelle à une large diffusion de l’information sur cette affaire qui augure mal de l’avenir de nos libertés.

 

L’auteur condamné appelle à une solidarité citoyenne financière afin de faire face aux frais de sa défense.

 

(*) Patrick MIGNARD

animateur des blogs

fedelib.overblog.com

ADAP31.overblog.com

 

Les liens qui résument l’affaire :

Le conte :

http://adap31.overblog.com/2014/04/conte-paysan-medieval-la-victoire-de-l-ogre.html

Jugement : 1er instance :

http://adap31.overblog.com/2018/01/proces-plagne-decision-de-la-premiere-instance.html

Arrêt :  Appel :

http://adap31.overblog.com/2018/01/decision-de-la-cour-d-appel.html

LA LIBERTE D'EXPRESSION, DE CRITIQUE, DE SATIRE EN DANGER !
Publié par PM sur

L’AMNISTIE SOCIALE EST-ELLE LEGITIME ?

 

Est légitime ce qui correspond à la loi. Formellement, l’amnistie sociale n’est pas légitime.  Pourtant la question se pose. Pourquoi ?

 

L’amnistie sociale porte sur une éventuelle amnistie concernant des faits délictueux liés à des troubles sociaux commis par des salariés « en colère » !

 

Les salariés ont-ils le droit d’être « en colère » ? Oui, c’est autorisé par la loi,… à condition que les effets de cette colère n’entrent pas dans le domaine condamné par cette même loi : atteinte aux biens et aux personnes. Colère contenue, oui ! Colère débridée, non !

 

Pourquoi la condamnation d’une « colère débridée », portant atteinte aux biens et aux personnes pourrait-elle être amnistiée ? Cela n’est possible que si l’on donne un statut particulier à cette colère. Entrer dans ce distinguo  c’est de fait, mais pas forcément en droit, donner une spécificité particulière à cette colère. Autrement dit, la nature, l’origine, la raison de cette colère pourrait être compréhensible, donc excusable, donc amnistiable.  Qu’est ce qui peut provoquer une telle colère ? Des faits sociaux !

 

Dans une société où des salariés  se retrouvent, du jour au lendemain, licenciés, au chômage, sans ressources, sans perspectives d’emploi,…la révolte gronde. Cynisme patronal, incurie des pouvoirs publics, violence policière : à la violence de ce système répond la violence de ses victimes. Violence compréhensible certes,…mais est-elle excusable ? En droit, non ! Il faut donc changer de registre pour envisager l’amnistie.

 

On entre alors dans un domaine mouvant où la réalité sociale ne coïncide plus, comme dans les codes et dans les tribunaux, avec les termes de la loi. La loi fige et justifie les contradictions d’un système mais est bien incapable – et n’en a nulle intention – de traiter les conséquences politiques et sociales de celles-ci. Ces conséquences sont gérées, en fonction de l’opinion publique et surtout du rapport de forces patronat - salariés, par le pouvoir politique, garant du système Un vieux schéma que voudraient éradiquer les socio libéraux (socialistes et écologistes) au pouvoir mais qui leur revient systématiquement en pleine figure.

 

Attention aux conclusions que l’on pourrait tirer car dire que l’amnistie sociale est, de ce point de vue, légitime, on peut en arriver à la conclusion que la violence sociale le serait également ! Or légitimer la violence sociale c’est reconnaître de fait qu’il existe ce que l’on appelait autrefois une lutte des classes (terme banni dans notre société hypocrite et « aseptisée »), un affrontement irréductible entre des intérêts économiques, ceux des possédants et ceux des démunis.

 

Rien de vraiment nouveau sous le soleil !

 

19 mai 2013

 

 

AMNISTIE SOCIALE
Publié par PM sur

POURQUOI LA FAILLITE DU MODELE REPUBLICAIN D’INTEGRATION?

Essai d’explication

 

Le modèle d’intégration républicain est en crise… ne pas le reconnaître c’est nier l’évidence. Reste à savoir pourquoi !

 

S’il n’est pas mort, il est en difficulté et l’on ne voit pas trop aujourd’hui comment éviter cette lente dérive.

 

Les symptômes – Ils sont multiples. La tendance au communautarisme est la plus spectaculaire, mais aussi l’impuissance de l’Ecole à la fois à faciliter l’intégration et enrayer le processus de décomposition sociétal. Il faut également ajouter l’incivilité croissante et la défiance à l’égard des institutions et de l’élection. Le terrorisme actuel, certes pas spécifique à la France, mais qui montre que le modèle d’intégration n’a pas su fonctionner au niveau du pays. Enfin, sur le plan politique la montée d’un néofascisme raciste et xénophobe, ennemi irréductible de celui-ci, couronne le tout.

 

Un modèle daté – Il est issu des Lumières et de 1789 qui abattaient les principes hérités du féodalisme. Bien résumé par la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen et les valeurs mises en exergue : Liberté-Egalité-Fraternité il a été le creuset politico-idéologique dans lequel s’est épanoui le capitalisme français.

 

Au 19e et durant une bonne partie du 20e siècle, la puissance du capitalisme français a permis à ce modèle, malgré de nombreuses entorses à son principe et ses valeurs, de donner l’illusion de la cohérence et de la solidité. Puissance économique, financière, militaire, diplomatique, culturelle, idéologique… la France portait haut un flambeau qui éblouissait la plupart des peuples.

 

Le pouvoir intégrateur du système économique français permettait à tous, et par la suite, toutes, de trouver plus ou moins leurs places et même d’intégrer des populations venues d’ailleurs – souvent de l’empire colonial, et peuples persécutés,… le besoin de main d’œuvre, à l’époque, étant considérable.

 

Les aléas de la lutte des classes, par une subtile politique de répression et d’intéressement ne compromettaient pas une relative paix sociale qui assurait la stabilité de l’ensemble. Les conflits sociaux - quoique parfois violents - n’ont jamais abouti à une rupture. Malgré les répressions anti ouvrières, les aventures coloniales, les scandales financiers, les guerres… la République française faisait toujours illusion dans le monde et se permettait même de donner des leçons.

 

Le retournement de situation -  L’après 2e Guerre Mondiale ouvre une nouvelle ère… pas seulement pour la France, mais pour le monde entier. Aux abominations de la Guerre, se joignent les drames de la décolonisation, celle-ci annonçant le déclin de la domination du monde par les anciennes puissances industrielles. Ce n’est pas la partition du monde en deux blocs qui est déterminante sur le plan économique, mais l’effondrement des empires, la redistribution des sources d’énergie, l’apparition de nouveaux lieux de production, la mondialisation des marchés,… qui jettent les bases d’une nouvelle donne politique au sein même des anciens pays industriels.  La fin de l’empire soviétique n’a fait que renforcer la tendance à la mondialisation marchande en faisant venir dans le jeu de nouveaux acteurs, tout en renforçant le mythe du capitalisme libérateur.

 

Le modèle républicain à l’épreuve de la mondialisation – Dés lors, les conditions objectives et subjectives de l’existence de ce modèle se transforment radicalement.

 

  • objectives : la mondialisation marchande transforme peu à peu, au travers des développements des moyens de transports, de communication, de la circulation/mondialisation du capital, les conditions économiques et sociales qui fondaient le modèle d’intégration issu du rapport social salarial.. On assiste, en France en particulier, à la liquidation des grands secteurs de production, des services publics, délocalisations d’entreprises, financiarisation de l’économie. Le « droit au travail », donc à une vie décente, devient tout relatif…Chômage et précarité s’installent.
  • subjectives : la marchandisation généralisée des relations sociales entraîne un changement du comportement individuel et collectif. L’Ecole n’apparaît plus comme un moyen d’intégration à la vie sociale. L’individualisme, fils naturel du néo-libéralisme s’installe dans les têtes. Les choix de la classe politique, faits en faveur des acteurs financiers, la discréditent aux yeux des citoyens. La suspicion succède à la confiance.…

 

Le socle sur lequel repose le modèle d’intégration républicain est gravement ébranlé. Le « discours républicain » de la classe politique, en total décalage avec la réalité économique et sociale, ne passe plus auprès d’une opinion publique de plus en plus méfiante.

 

La désagrégation du modèle - Un modèle social n’est pas, ne peut pas être, qu’un discours idéologique ; il est fondé sur une réalité sociale qui assure à la fois sa viabilité et sa cohérence. Tout ce qui constituait la société qui fondait le modèle d’intégration républicain est entrain de s’effondrer : précarisation du travail, liquidation des acquis sociaux, dégénérescence et impuissance des organisations de défense (syndicats), accroissement de la pauvreté, explosion des inégalités,… Tout ceci entraîne une perte de l’intérêt général et un repli sur soi, sur son groupe. Les exigences de la mondialisation – parfaitement assumées par la classe politique - couplée à une construction européenne bureaucratique et lointaine, fait que l’instance politique n’apparaît plus comme une référence et un recours… l’abstention politique gagne du terrain.

 

La société perd de son sens, donc de sa cohérence. Le discours politique sur les valeurs de la République apparaît comme dérisoire, voire démagogique – ce qu’il est souvent. La recherche de nouveaux repères entraîne une logique communautariste, d’autant plus qu’elle touche des catégories sociales marginalisées, méprisées, guettoïsées. Se greffe là-dessus un « terrorisme », pur produit des politiques absurdes et criminelles des puissances dominantes qui ont « joué avec le feu » durant la décolonisation et la période de « guerre froide ».  Le racisme et la xénophobie explosent,  exploités par des partis démagogues et nationalistes, voulant profiter du chaos social qui s’installe.

 

Dés lors, toutes les dérives sont possibles : agressions de policiers (gardiens du système), de médecins, de facteurs, d’infirmières, de pompiers, mise à sac d’Ecoles, dégradation de mobilier urbain, trafics en tous genres, corruption, vols récurrents à la ville, à la campagne, jusqu’aux profanations des cimetières...

 

Dans ce chaos, le discours moralisant des politiciens – dont certains, et pas des moindres, sont corrompus - n’a plus aucun effet, au contraire, il contribue à éloigner le citoyen d’une réalité qui lui échappe. Le recours à la répression, au contrôle social ne fait qu’accroître les aigreurs et souligne l’incapacité des politiques à trouver une issue à la situation.

 

La solution dérisoire qu’offre le système politique – changer les uns par les autres -  est évidemment, elle aussi, totalement inadaptée à la situation. Seul, un changement des principes du fonctionnement économique, basé sur des valeurs authentiques de solidarité, peut éviter la catastrophe qui s’annonce.

 

 

                        5 février 2016                                                                               Patrick MIGNARD

POURQUOI LA FAILLITE DU MODELE REPUBLICAIN D'INTEGRATION
Publié par PM sur
Publié dans : #matiere a reflexion
CASTANER , un ministre qui ne manque pas d'air,... mais beaucoup de mémoire! ! ! !
CASTANER , un ministre qui ne manque pas d'air,... mais beaucoup de mémoire! ! ! !
Publié par PM sur
Publié dans : #matiere a reflexion
« LOI DU MARCHÉ » : PLUSIEURS TONNES DE TOMATES JETÉES PRÈS DE NANTES
Deux à trois tonnes de tomates invendues ont été retrouvées par un promeneur en périphérie de Nantes. Lors d’une balade dominicale au sud de Nantes, un homme a découvert au détour d’un talus, un tapis de tomates, rouges, bien mûres et en majorité consommables sur la commune de Haute-Goulaine. La cause de ce gros gaspillage de nourriture ? « La surproduction et un ralentissement de la consommation » selon le producteur. En langage concret : la Loi du Marché. Il était plus rentable de détruire ces tomates.
Le producteur explique à France 3 que plusieurs remorques entières de tomates ont été détruites alors qu'elles n'étaient pas abimées : « il y a une surproduction momentanée de tomates et le marché s’est affaissé [...] on nous demande d’arrêter de conditionner ces produits-là. […] Quand les coopératives ont des stocks énormes et qu’ils savent qu’ils risquent d’en détruire une partie ou de les brader, ils demandent à la production d’arrêter de conditionner. Malheureusement, les tomates sont mûres, elles sont belles mais on est obligé de les couper sinon on porte préjudice à nos futures récoltes » Plutôt que de « brader » la nourriture déjà produite, ou même de la donner aux gens dans le besoin, la Loi du marché préfère la détruire. Le cultivateur ajoute : « c’est le monde actuel, on aimerait tous lutter contre le gaspillage » avant d'évoquer une autre raison aussi absurde « cette année, les particuliers ont beaucoup plus jardiné en raison du confinement ». Comme s'il n'y avait pas des milliers de familles sans jardin et dans le besoin dans l'agglomération nantaise.
Ce gaspillage fait partie d'un système global. Quelques chiffres : chaque année dans le monde, c'est 1,3 milliard de tonnes de nourriture qui sont jetées ou perdues, ce qui correspond à 1/3 des aliments produits sur la planète. Un aliment sur trois produit dans le monde est jeté ! Alors que des millions de personnes meurent de faim.
En Europe, les pertes et gaspillages alimentaires du producteur au consommateur se situent entre 95 et 115 kg par personne et pas an. Avec ce que l’Europe jette chaque année à elle seule, on pourrait nourrir 1 milliard de personnes, soit l’intégralité des personnes qui souffrent de malnutrition dans le monde.
La famine et la malnutrition sont des choix politiques et économiques. Derrière la destruction de tonnes de tomates à Nantes, combien de cas similaires ailleurs, alors que les inégalités se creusent et que beaucoup de personnes n'ont pas accès à des repas équilibrés. Nous produisons suffisamment pour nourrir tout le monde sans avoir à polluer ni détruire d'avantage la nature, mais la logique du profit repose sur un système aussi absurde que mortifère.
---
Publié par PM sur
Publié dans : #matiere à réflexion

POLICE, SERVICE PUBLIC ?

Mythes et réalités !

 

On nous répète sur tous les tons que la POLICE est un service public,… et cela, afin de bien faire comprendre au citoyen qu’il faut la respecter. Pourtant cela ne parait pas aussi clair que pour la Sécurité Sociale ou la distribution de l’eau ! Qu’en est-il exactement ?

 

Définissons tout d’abord le « Service Public ». Le service public est une activité qui dépend - directement ou indirectement - de l’Autorité Publique ou qui s’exerce sous son contrôle et dont le but est de satisfaire un besoin d’intérêt général.

 

Retenons l’expression « … a pour but de satisfaire un besoin d’intérêt général »

 

Qu’en est-il de la Police ? Quel intérêt général peut-elle bien satisfaire ?

 

Officiellement la Police a pour fonction d’assurer l’ordre et la sécurité publique.

 

Qu’est ce que l’ordre et la sécurité publique ?

 

  • l’ordre c’est la défense et la stabilité des institutions, ainsi que la garantie du bon fonctionnement de l’appareil économique ;
  • la sécurité publique c’est la défense des biens et des personnes.

 

Ordre et sécurité publique peuvent-ils être considérés comme un besoin d’intérêt général ?

 

La question, dont la réponse peut paraître évidente, est cependant à considérer sous différents angles qui rendent la réponse beaucoup moins nette qu’il n’y parait.

 

L’ordre,… il s’agit de l’ordre social et politique. Issu d’un processus dit « démocratique », il est instauré à la suite d’élections qui désignent les représentants du Peuple. Il ne peut être, en principe, modifié qu’au moment des consultations électorales. Si les élections ne sont pas contestées, cet ordre correspond, en principe, à l’intérêt général exprimé au moment du scrutin.

 

La sécurité publique,… il s’agit de la sécurité des biens et des personnes… défense de la propriété, publique et privée, et sécurité physique de tout un chacun !

 

Dit et considéré comme cela il n’y a pas grand-chose à contester. Pourtant, le plus étonnant c’est que, dans la réalité, les choses se passent tout autrement.

 

Pourquoi ?

 

QUAND LE MYTHE SE HEURTE A LA REALITE

 

Le lien social dominant qui fonde notre société, le salariat  est basé sur une appropriation privée des moyens de production, autrement dit une répartition inégalitaire des moyens de produire de la richesse, donc de satisfaire ses besoins. Le salarié est l’instrument utilisé par le propriétaire des moyens de production pour produire une richesse qui appartient à ce dernier. En échange de sa participation, le salarié reçoit une quantité de valeur (monnaie) qui lui permet de vivre : le salaire. Les exigences de la réalisation de la valeur par le capital (concurrence entre capitaux) et la répartition des richesses produites (rémunération des actionnaires) se heurtent en permanence au désir du salarié d’augmenter sa part (le salaire), et de vouloir un emploi pour vivre. Le salaire est considéré comme un coût par le propriétaire du capital d’où la tendance à limiter sa progression. Le « droit au travail » est en fait fonction des conditions de la production… il n’est d’ailleurs pas un droit !

 

L’ordre économique et social est donc fondamentalement inégalitaire et par conséquent conflictuel,… et ce, quelle que soit l’organisation du système politique qui en est le garant.

 

Même dans sa forme la plus « démocratique », l’organisation sociale est, par essence, conflictuelle ; cela explique que dans une société dite « démocratique » le conflit est permanent.

 

C’est cet ordre là que défend la Police ! Contrairement à ce que l’on voudrait nous faire croire, sa fonction n’est donc pas du tout, socialement, neutre. Elle n’est « neutre » que si l’on fait abstraction de ce qu’est réellement le fondement de la société… ce qui serait faux et absurde.

 

Ainsi, la notion de « service public » de la Police prend une connotation bien singulière. C’est plus au service d’un système qu’elle est qu’à celui des intérêts des citoyens-salariés. Dans leur conflit avec le Capital, les salariés se heurtent donc inévitablement à ceux qui en défendent les intérêts, c’est à dire les policiers/gendarmes.

 

Qu’il y ait dans les fonctions des policiers/gendarmes des tâches moins ambiguës, moins sulfureuses,… c’est évident … et l’opposition aux policiers/gendarmes porte rarement sur celles-ci. Mais en cas de conflit social, la fonction essentielle de ces forces apparaît comme ouvertement répressive et en lien avec un système exploiteur et inégalitaire. La symbolique de l’uniforme devient alors un facteur d’opposition et d’affrontement qui peut prendre différentes formes.

 

Que des policiers/gendarmes croient faire œuvre de « service public », est une évidence,… encore faut-il qu’ils prennent conscience du caractère très particulier, dans leur cas, de ce que signifie la notion de « service public » : ils sont, qu’ils le veuillent ou non, malgré une organisation qui se dit démocratique, au service d’un système, facteur d’exclusion et d’exploitation, donc de conflits et d’affrontements.

 

En cas d’explosion sociale ils sont en première ligne. À eux d’évaluer les risques et l’opportunité ou non d’assumer cette fonction.

 

 

                        22 mai 2016                                                                                                                  Patrick MIGNARD

 

 

 

Publié par PM sur
Publié dans : #matiere a reflexion

DEMAIN SE CONSTRUIT AUJOURD’HUI (suite)

 

 

Qu’un mouvement social passe le cap des fêtes de fin d’année, et se renforce dès les premiers jours de janvier révèle l’expression d’une crise profonde de notre société. Certains doutaient, le gouvernement, lui, redoutait,… mais la preuve est faite que c’est du sérieux.

 

Le passage de ce cap ne règle cependant pas tout, bien au contraire. La durée dans le temps va rendre compliquée l’épreuve et ce d’autant plus que le Pouvoir prend peu à peu ses dispositions pour déconsidérer le mouvement, l’effriter,… bref l’éliminer.

 

Le Pouvoir à la manœuvre

 

La violence de la répression – systématiquement niée par le Pouvoir – si elle n’est pas venue à bout du mouvement, suscité des réactions de celui-ci, qui même minimes sont systématiquement « montées en épingles », dénoncées, et mis en musique sur le thème : foule haineuse qui veut renverser la République. L’impunité quasi-totale des forces de répression montre de plus le vrai visage du Pouvoir.

 

La violence des accusations de la part du Pouvoir a pour but de le « victimiser » face à quasiment des « terroristes ». Alors que c’est lui qui a dénaturé la République et ses valeurs « Liberté-Egalité-Fraternité » en étant au service d’exploiteurs et oligarques financiers.

 

Sa brutalité ne l’empêche cependant pas de « caresser le mouvement dans le sens du poil »… il répète jusqu’à plus soif qu’il entend, écoute et est pour le dialogue. Pour cela il s’est emparé de ce qui l’arrangeait dans les revendications et le met en musique. Un dialogue ?... qu’à cela ne tienne, il va l’organiser,… mais attention, il faut du temps et de l’organisation…Le Grand Débat National se présente comme un gigantesque foutoir qui va permettre de donner l’illusion de l’échange pour n’aboutir finalement à rien. Le Pouvoir entend d’ailleurs se poser les question et se donner les réponses… ben voyons !

 

Toutes ces manœuvres n’ont rien d’original, elles ne sont que l’expression d’un Pouvoir qui panique, ne sait pas trop comment s’en sortir et compte sur le temps et le renversement de l’opinion pour trouver une issue.

 

Un point cependant est très claire de sa part : il n’entend aucunement changer de politique et maintient le cap…. Autrement dit tout est bloqué.

 

Un Mouvement qui piétine

 

Face à ce Pouvoir sourd et intransigeant, le Mouvement, sans s’essouffler, cherche un second souffle. Le mode de mobilisation à l’origine du mouvement, certes efficace et mobilisateur, répété à l’infini dans le temps risque peu à peu, du fait de la fatigue et des manœuvres aussi bien du Pouvoir qu’à l’intérieur du Mouvement, d’avoir raison de lui. Tout mouvement qui stagne, se répète dans la forme et le fond de ses actions, court le risque de se scléroser.

 

Le manque d’objectifs clairs et de manière générale d’une stratégie se font sentir. Les craquements de la division et des divergences sont des signes annonciateurs.

 

Sur les revendications immédiates.

 

Elles sont essentielles pour garantir la visibilité du Mouvement et assurer sa cohésion. Or, le moins que l’on puisse dire c’est qu’elles ne sont pas très claires, mais aussi multiples et variées. Elles ne donnent pas une image cohérente du mouvement.

 

Par exemple : le RIC (Référendum d’Initiative Citoyen) est une revendication qui peut-être interprété de différentes manières : quels thèmes ? Quelles questions ? Qui les propose ? Comment est-il organisé ?...  Le Pouvoir a beau jeu d’être d’accord sur le principe sachant que sa réalisation demandera beaucoup de palabres et de temps. Cette revendication n’est pas assez précise pour constituer un élément immédiat constitutif du rapport de forces avec le Pouvoir.

 

Par contre des revendications précises peuvent être avancées comme : rétablissement de l’ISF, la réduction immédiate du nombre de parlementaires (Assemblée Nationale/Sénat), l’abolition immédiate des privilèges des élus, la réduction drastique des taxes sur les produits de première nécessité, la « déprivatisation » des autoroutes,…

 

Toutes ces revendications claires et limitées peuvent être exigées immédiatement et constituer des points non négociables dans le rapport de forces avec le Pouvoir.

 

Des actions précises et significatives peuvent être menée comme par exemple : actions sur les péages des autoroutes dans le cadre de leur « déprivatisation ».

 

 

Sur une stratégie à plus long terme.  

 

La qualité du rapport de forces induit par le maintien des revendications immédiates et non négociables va déterminer la suite des évènements. Le Pouvoir va peu à peu perdre de ses initiatives.

 

Si les revendications immédiates sont satisfaites ou en voie de l’être, tout n’est pas réglé,… en effet c’est l’ensemble de l’organisation politique et économique qui est à l’origine de la crise sociale que nous traversons. Ne pas toucher à cette organisation, c’est, à plus ou moins long terme, retomber dans les travers qui nous ont conduit à cette crise. Tout risque de redevenir comme avant.

 

C’est donc tout un travail de contrôle de la représentation citoyenne qui est à effectuer… c’est dans ce cadre là que peut se reposer la question du RIC. De même que ce sont de nouvelles solidarités que nous devons mettre en place pour assurer à tout un chacun le respect de sa vie et la garantie d’un ordre social égalitaire. Ceci ne peut se faire qu’en s’appuyant sur des structures alternatives déjà existantes, mais aussi en en inventant d’autres. Travail de longue haleine au cours duquel nous nous heurterons au Pouvoir en place… Mais c’est à ce prix que se fera le changement.

 

 

Les pièges et les opportunités.

 

 

Le Pouvoir a pour objectif de liquider ce mouvement de révolte... S’il ne le fait pas par la répression pure et brutale, il le fera par épuisement. Le Grand Débat National qu’il veut initier n’est qu’un moment de cette stratégie du Pouvoir : noyer les revendications et la contestation dans des palabres sans fin. Il faut boycotter ce « Débat » et y appeler clairement.

 

Les partis politiques, à l’approche des élections, n’ont qu’un objectif : récupérer électoralement le mouvement ou certaines de ses composantes. Céder à leurs sirènes c’est disparaître dans le système politique dénoncé et remis en cause.

 

Les syndicats sont « largués », ne comprennent pas un mouvement hors norme qu’ils ne contrôlent pas. Cela dit nombre de syndiqués – dont nous avons aussi à apprendre des luttes - se reconnaissent dans ce mouvement,… ne les rejetons pas… faisons des syndicats des alliés, sur un pied d’égalité.

 

Le milieu associatif progressiste, dans sa grande partie, nous est acquis,… on a beaucoup à apprendre de lui,… c’est un allié naturel.

 

Enfin, se présenter es qualité aux prochains scrutins, c’est enfin entrer dans le jeu politicien d’institutions corrompues que nous condamnons,… ce sera la fin du mouvement.

 

Gardons l’initiative,… ne la laissons pas au Pouvoir.

 

 

      Toulouse – 6 janvier 2019                                                      Patrick MIGNARD

 

 

 

 

Publié par PM sur
Publié dans : #manifeste pour une alternative

Ce texte a 12 ans (2007)... il est plus que jamais d'actualité. Il n'a pas la prétention d'être complet, mais d'ouvrir des pistes de réflexion et peut-être d'action... 

Il se fonde sur une analyse historique de ce que peut-être un "changement social"... analyse jamais faite dans les partis politiques traditionnels. 

Publié par PM sur
Publié dans : #matiere a reflexion

MAS D’AZIL, LE SCANDALE

Prémices d’un lynchage annoncé, ou quand la suffisance prend la place de la compétence !

Depuis le printemps 2011, un citoyen local, ariégeois ordinaire, mais artiste et philosophe, est victime d’un « lynchage » organisé par les responsables municipaux, menés par le Président de l’Office de Tourisme , au demeurant adjoint au Maire du Mas.

Si l’on consulte le dictionnaire, on y lit : « Le lynchage est l’exécution sommaire commise par un groupe de personnes, voire une foule , sans procès régulier et notamment sans laisser à l’accusé la possibilité de se défendre ».

L’opération a commencé à la suite d’une soi-disant plainte de la part d’un quidam vertueux qui aurait été choqué par une vidéo un tantinet « hard » vue au cours d’une visite de l’Affabuloscope, atelier de notre artiste, lequel considère que les visiteurs qui viennent voir ce lieu d’exposition peuvent ne pas apprécier la teneur de telle ou telle production, c’est leur droit.

Mais c’est aussi le droit de l’artiste de présenter dans des lieux prévus à cet effet tel ou tel document au nom de la Liberté d’Expression, principe fondamental de notre civilisation

.

Les mécontents ont donc le droit de ne pas apprécier et doivent s’en tenir là.

Ne voilà t-il pas que le gérant du musée de l’Affabulisme apprend par courrier que va être suspendue sine die toute parution publicitaire de ce lieu artistique dans les documents destinés à inciter les touristes ou autres personnes intéressées à venir visiter. Dans la foulée, ce « présidenticule » de l’Office, pris de l’envie vertueuse de mettre au pli ce « pervers sexuel » (sic), demande aux autres offices du département d’agir de même, et la plupart de ces autres lieux officiels de publicité obtempèrent sans barguigner. Et ce, sans en informer immédiatement ni le conseil d’administration ni le « coupable ». Nous sommes en Ariège , donc au dessus des règlements.

Dès lors, commencent à apparaître les premiers effets de cette décision autoritaire et arbitraire qui a pour résultat premier un manque à gagner pour cet artisan de l’imaginaire qui, lui, n’a jamais fait de tort à qui que ce soit et n’a jamais rien demandé aux autorités locales.

Et, comme notre affabuliste n’est pas homme à se laisser faire sans réagir, il s’est lancé dans une escalade qui lui a valu une condamnation à une peine de deux mois de prison, ce qui ne l’a pas surpris, il s’y attendait.

Mais il faut savoir et faire connaître au public local et au-delà que monsieur Pouech Jean-Marc, ci-devant président de l’office de tourisme et de ce fait garant de la promotion de la Culture est, dans les textes, le garant du respect des statuts de ce service.

Et pourtant c’est lui qui viole l’article 8 de ces statuts qui dit : « La radiation est annoncée par le conseil d’administration. Elle devient effective après que l’intéressé (e) ait pu présenter sa défense devant ce même conseil et ce dans un délai de deux mois après notification de radiation par le Conseil d’administration. ». Claudius n’a donc pas pu se défendre puisqu’on l’a privé des deux mois prévus pour la défense.

Ceci montre bien que la décision a été prise de manière autocratique par le Président, en violation des statuts de l’Association dont il est en principe le garant. Il est donc là, le scandale.

Alors comme on est dans ce bon pays d’Ariège où il n’est pas rare qu’un élu de la majorité départementale se livre en toute impunité à quelque fantaisie au regard des règles et des lois qu’il est chargé de garantir, il va donc chercher des appuis en lançant ses nervis dans la population pour assurer que sa bonne parole et les bonnes directives des élus seront religieusement répercutées.

Ainsi, un citoyen normal sera empêché de gagner sa vie par le caprice d’un élu pourtant socialiste.

Il ne restera plus à ce brillant démocrate qu’à briguer la magistrature municipale suprême.

Jean FEIX

Article paru dans LE PATRIOTE DE L’ARIEGE (septembre 2015)

Pourquoi ce site ?

fedetlib.overblog.com

“Wesh ma gueule !”

Rédigé par Nicolas Mignard

Pourquoi ce site ?

Articles récents

Archives

Hébergé par Overblog