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Publié par PM sur
Publié dans : #billet d'actualite

GRATUITE ET POLLUTION

 

On vit vraiment une époque formidable !

 

Les politiciens qui n’hésitent pas à se qualifier d’ « élite de la nation », sont en train de découvrir l’eau chaude ( ?)… A force de faire n’importe quoi, l’air devient irrespirable.

 

La situation anticyclonique, sur le plan météorologique, crée les conditions parfaites à un accroissement du taux de pollution au point de devenir un vrai problème de santé publique. Ce n’est pas nouveau, tout le monde le sait, depuis longtemps, partout, sur l’ensemble de la planète… mais ici, on le découvre,… un peu tard.

 

Dans la précipitation on prend des mesures curieuses. Non seulement on réduit la vitesse des automobiles, dont on sait que ça ne règle évidemment pas la question de fond, on instaure – provisoirement - la circulation alternée,  et on déclare les transports en commun gratuits. Tiens ! Gratuité des transports ? Une véritable hérésie dans une économie de marché ! C’est un peu comme si l’on autorisait les pauvres à aller se servir gratuitement dans les supermarchés. Mais attention ! Gratuité des transports, juste le temps de la période de pollution ! Une fois le vent revenu,… il faudra à nouveau payer jusqu’au prochain pic de pollution. Du grand n’importe quoi !

 

Le problème de la pollution urbaine est récurrent et ne peut que s’aggraver. Tout le monde le sait. Mais que fait-on, au niveau des décideurs pour prévenir les situations ? Rien, ou pratiquement rien ! Pourquoi ?

 

Non par méconnaissance du problème, mais par opportunisme à l’égard d’un système d’organisation sociale qui se moque totalement de la préservation de l’environnement. L’industrie automobile qui a été la grande pourvoyeuse de croissance et d’emplois a toujours été privilégiée et par voie de conséquence, les transports en commun sont devenus les parents pauvres des villes, soumis aux exigences de la rentabilité. Instaurer la gratuité, c’est bien, mais la mesure aurait dû, depuis des années, être consubstantielle à la création même des transports en commun. Cela aurait eu pour effet de créer les conditions sociales d’un comportement différent dans les déplacements urbains. Aujourd’hui, s’attendre, par la gratuité, à un changement rapide et radical des comportements est une illusion trompeuse.  

 

La solution ? Elle est très simple dans sa formulation et très compliquée dans sa réalisation. Il faut repenser intégralement le mode de fonctionnement de notre société.

 

Utopie diront certains ! Peut-être,… mais à défaut de la réaliser, on va en crever !

 

18 mars 2014

GRATUITE ET POLLUTION
Publié par PM sur
Publié dans : #billet d'actualite

Au dessus de tout soupçon…

 

Examinons bien, et sans a priori, les déclarations sur BFM-TV, et reprises par le journal 20 minutes, le 2 août 2014, de René-Georges Querry, ancien commissaire de police.

«C’est un fonctionnaire irréprochable, un excellent fonctionnaire de police….Je pense qu’il a fait ce que l’on appelle souvent dans la police un "délit de connerie". Parce qu’il faut vraiment être complètement abruti pour espérer soustraire 50 kg de cocaïne de la brigade des stups, pour ensuite aller la négocier avec je ne sais trop qui. Franchement, on a plus affaire à un imbécile qu’à un véritable ripou ou un voyou intelligent».

Si les mots ont un sens cela veut dire que, dans la Police, on peut-être, à la fois, un « fonctionnaire irréprochable, un excellent fonctionnaire de police » et un« abruti complet » doublé d’un « imbécile ».

Imaginez un instant qu’un pékin quelconque, comme vous ou moi, tienne ce genre de propos… les Syndicats de policiers nous auraient traîné devant les tribunaux pour « atteinte à l’Honneur de la Police ». Jugement à l’emporte pièce, diffamation,... aurait hurlé, à l’unisson, la famille poulaga.

Pourtant il faut bien se rendre à l’évidence,… apparemment parole d’expert, tout au moins de collègue. « Brebis galeuse » nous dira-t-on !... Peut-être,… encore que l’institution n’a jamais reconnu la gale,… au contraire d’après les déclarations sus mentionnées, le personnage était parfaitement sain et respectable.

J’imagine avec terreur le comportement de policiers – statistiquement il doit bien y en avoir – qui ne sont ni « excellents », ni « irréprochables ».

Le regretté Coluche, dans un de ses sketchs disait : « Quand je suis entouré de flics, je commence à flipper » ! ! !  Parole de sage !

3 août 2014

Au dessus de tout soupçon
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DELIRE DES PEUPLES

 

« La grande majorité du peuple d’Israël soutient l’opération de son armée sur la bande de Gaza », tel est l’argument avancé par ses dirigeants pour justifier aux yeux du monde le massacre qui se perpétue en Palestine depuis plusieurs semaines.

 

Ainsi, dans une société, cette approbation populaire massive justifierait, légitimerait tout. On sait que dans l’Histoire, cette approbation a déjà été massivement, et avec succès, utilisée : par les empereurs romains quand le peuple acclamait les légions victorieuses des barbares, plus récemment par les peuples qui acclamaient leurs enfants qui, la « fleur au fusil », allaient « défendre la civilisation »,… toujours contre les barbares, par le peuple allemand, massivement (les opposants étant enfermés dans des camps), lors des triomphes de la Wehrmacht en Autriche, Tchécoslovaquie, France, Pologne,…par le peuple français qui accueillait avec ferveur les visites du Maréchal Pétain,…et par ce même peuple qui accueillit avec la même ferveur le Général De Gaulle quelques semaines plus tard.

 

Que vaut la ferveur d’un peuple quand ses dirigeants, souvent choisis par lui, ne valent rien ?

 

On trouve toujours de bonnes, d’excellentes, raisons pour justifier l’injustifiable. On trouve aussi toujours de bonnes et d’excellentes raisons pour se dédouaner de ce qui a été fait en notre nom, voire pour le condamner…Une fois l’irréparable réalisé, les repentis sont de peu de secours pour les victimes, par contre ils altèrent définitivement la mémoire collective… et l’on est, alors, prêt à recommencer.

 

L’Etat d’Israël est pourtant particulièrement bien placé pour méditer sur ces leçons de l’Histoire. Il se veut, à tort ou à raison, porteur de la mémoire de la Shoah,… soit !  Mais c’est un poids très lourd à porter et qui, s’il est mal assumé, est porteur de dérives effrayantes…  

 

Cette volonté irrépressible de grignoter le territoire de la Palestine, au-delà des frontières initiales de l’Etat d’Israël a une étrange résonance pour qui connaît un peu l’Histoire. Peu importe la véritable raison, politique, démographique, religieuse… mais elle rappelle ce qu’a été le Lebensraum – l’espace vitalde sinistre mémoire et qui, logiquement, devrait ébranler la conscience collective du peuple d’Israël. Pourtant, ses dirigeants font comme si de rien n’était, profitant de la culpabilisation des nations qui ont failli face à la Shoah ; ils reproduisent, à une autre échelle, ce que le 20e siècle a produit de pire. Vouloir construire dans ces conditions en refusant le droit à l’existence d’un autre peuple, ne peut que perpétuer les drames que nous vivons aujourd’hui.

 

L’Histoire montre que la seule force militaire n’est pas un gage de victoire.

Israël a gagné toutes les batailles, mais n’a jamais gagné la paix… Que peut-on en conclure sérieusement ?

 

31 juillet 2014

 

DELIRE DES PEUPLES
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COMMEMORATION

 

Mais que commémore-t-on au juste quand on commémore ?

Une commémoration c’est un peu comme un repas qui suit des obsèques,… on honore celle ou celui qui est parti/e mais autour de la table on doit supporter des personnages que l’on n’aurait pas du tout envie de voir et fréquenter. Et pourtant on peut difficilement faire autrement… et cela est d’autant plus vexant que finalement c’est pour les vivants que l’on commémore les morts… et l’on se voit mal – encore que… - faire le tri entre celles et ceux que l’on accepte à la cérémonie.

Une commémoration est forcément un lieu d’intense hypocrisie. Non seulement on ne peut pas y dire ce que l’on pense – des présents – mais il faut en plus supporter la présence d’individus dont on n’est pas du tout sûr qu’ils soient en adéquation avec les hommes et les valeurs que l’on évoque. Leur présence est tout à fait fortuite et ne tient qu’à leur place officielle qu’ils utilisent impunément pour capter une partie, sinon la totalité, de ce que l’on honore. Ils espèrent perfidement que la noble cause qu’ils évoquent, avec des trémolos dans la voix, laisse quelques traces positives sur la misère politique qu’ils incarnent.

Il y a là un véritable détournement de notoriété et souvent je ne peux m’empêcher de penser : «  Mais que fout-il dans une telle manifestation avec les idées et les pratiques qui sont les siennes ? », « Que penseraient celles et ceux qu’il a la prétention d’honorer s’ils le voyaient ainsi parler d’eux ? ». Le cérémonial officiel de la commémoration dans son désir de faire bien n’est que le cache sexe de l’hypocrisie de notre société.

Ainsi, une fonction officielle donne, à certains/nes, le droit de salir des valeurs pour lesquelles des femmes et des hommes ont donné leur vie, exactement comme des élus/es qui, au nom du suffrage universel, se permettent de se comporter comme des malfrats (des noms ?).

Ne nous méprenons cependant pas,… le devoir de mémoire est nécessaire et sain dans toute société, il fait partie de sa construction, nous ne pouvons pas en faire l’économie. Le souvenir du caractère exemplaire d’actions et de luttes justes doit être entretenu, diffusé rappelé, mais n’oublions pas que, comme tout, dans notre société, il peut être détourné, confisqué par des individus peu recommandables et mis au service de finalités qui lui sont totalement étrangères.

Honorer des morts et la cause qu’ils ont défendue peut se faire autrement qu’en la compagnie d’hypocrites endimanchés.

C’est pour cela que j’évite le plus possible les enterrements et surtout les commémorations !….

 

5 juin 2014

 

COMMEMORATION
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ENTRE COMPETENCE ET ACCESSION AU POUVOIR

 

«  Deux français sur trois penseraient que le Front National n’aurait pas les compétences pour gouverner  ».

Ce sondage peut-il nous rassurer ? Certainement pas ! Il n’y a aucun lien entre la compétence attribuée à un parti politique pour être au pouvoir et son accession effective.

Dans les années 30 du 20e siècle, en Allemagne, on n’accordait généralement aucun crédit au parti qui devait accéder, légalement, au pouvoir en 1933 – revoir à ce propos les commentaires de l’époque. Pourtant c’est bien lui qui, utilisant habilement les institutions et les libertés accordées par la République de Weimar, a fini par s’imposer… on connaît la suite.

On ne peut certes établir un parallèle strict entre les deux époques… l’Histoire ne se reproduisant jamais de la même manière… Mais des constantes sont à prendre en compte.

La crise qui ravage la société, creuse les inégalités, exacerbe les ressentiments, détruit les espoirs d’avenir.

L’autisme des partis politiques allié aux rigidités des institutions ôte tout espoir de changement d’une situation qui devient, pour le plus grand nombre, de plus en plus insupportable.

Le vote, seul instrument, légal, entre les mains du peuple devient un défouloir : on ne vote plus pour, mais contre.

La confusion des débats entretenue par les titulaires du pouvoir et l’opposition aboutit à la réflexion : « Et si on asseyait ce parti dont tout le monde dit du mal… on verra bien ! ».

L’écœurement général, devant les scandales touchant la classe politique, entraîne une abstention massive.

L’habileté de la démagogie constamment assénée, promettant tout, trouvant des boucs émissaires,… finit par pénétrer les consciences.

Tous ces facteurs, toutes ces causes créent une alchimie politique qui fait/peut faire qu’une organisation politique qui ne bénéficie pas d’une bonne opinion générale en matière de compétence, voire du moindre crédit, accède finalement au pouvoir. Elle peut alors se prévaloir d’une légitimité populaire. Il est alors trop tard.

Les regrets arrivent toujours trop tard !

 

14 septembre 2014

COMPETENCE ET POUVOIR
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L’ENFER ET LE PARADIS

 

Ce n’est hélas pas une originalité d’affirmer que la barbarie humaine est une banalité dans l’Histoire. A toutes les époques, sur tous les continents et à tous les degrés de civilisation, la barbarie a sévi… et elle a toujours été le fait d’êtres humains à l’encontre d’autres humains et même d’autres créatures vivantes. Il n’y a pas d’inhumanité dans la barbarie… la barbarie est une production humaine.

Dire cela, qui est une évidence, ne doit pas faire accepter la barbarie. L’être humain a toujours été, et sera probablement toujours, en lutte avec lui-même entre ses tendances humanistes de respect de l’autre et ses penchants intolérants de refus de l’autre.

La religion – notamment les religions monothéistes  – sont pourvoyeuses, à priori d’intolérance. Pourquoi ? Produisant une conception globale de l’Univers, elles ont pour vocation de détenir la Vérité. La Foi ne se discute pas… ce qui ne serait qu’un détail si cette attitude ne s’accompagnait pas, le plus souvent, d’un désir de l’imposer à l’autre. Nous avons là les ingrédients du totalitarisme. Peu importe celui – étrangement jamais celle -  qui « porte » cette Vérité : pape, führer, guide, caudillo, duce, où autre,… la barbarie n’est jamais très loin.

La barbarie que nous connaissons aujourd’hui n’est pas pire que celle que subirent les Indiens d’Amérique avec les Conquistadors, les esclaves noirs aux Etats-Unis, les victimes de l’Inquisition, les protestants avec la Saint Barthélemy (Paris 1572), le génocide commis par les nazis il n’y a pas un siècle,… et toutes les autres tragédies qui jalonnent l’histoire de l’Humanité.

Bien sûr l’existence de ces tragédies, de cette barbarie, ne doit en aucun cas les faire accepter comme des fatalités, et même, ne doivent pas être classées en fonction de leur degré d’horreur. Elles existent, elles sont en nous, on doit les assumer, en tant qu’être humain (comment faire autrement ?), et faire en sorte de les dépasser par notre pratique.

L’émergence de l’esprit de tolérance, de laïcité, a fait évoluer les rapports entre nous, et l’on peut dire aujourd’hui qu’il peut y avoir compatibilité entre religion et liberté de conscience… Ca ne s’est pas fait tout seul, mais l’Histoire montre que c’est possible.

 

Aujourd’hui une religion sert de prétexte à des pratiques barbares. Elle n’est pas la seule à avoir été instrumentalisée par des hommes avides de pouvoir. Il serait particulièrement injuste et stupide de lui « jeter la pierre »… et ce d’autant plus que la grande majorité des adeptes rejette ces pratiques qu’ils dénoncent comme étrangères à leur éthique. C’est à eux que nous devons apporter notre soutien.

Ne pas comprendre ce qui se joue aujourd’hui constitue un danger mortel pour nous tous et toutes… c’est la porte ouverte à un affrontement interconfessionnel au sein même de la société,… autrement dit une guerre civile dont on sait comment ça commence mais aussi à quoi ça aboutit.  

La vigilance est donc de rigueur, sachant que des forces politiques – l’extrême droite pour ne pas la nommer – joue, depuis des décennies, sur les malentendus, les faux semblants, les vraies-fausses nouvelles et les interprétations abusives pour dresser les communautés les unes contre les autres. Les fauteurs de haine ne sont pas seulement en dehors de nos frontières, ils sont aussi parmi nous.   

L’heure est grave et le moindre faux pas risque de se payer très cher.

 

27 septembre 2014

L'ENFER ET LE PARADIS
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UNIVERSALITE ET INEGALITE

 

Le débat plus ou moins feutré qui s’anime aujourd’hui sur la notion d’universalité,… à propos par exemple des aides aux familles dont le montant dépendra du revenu des parents laisse un arrière goût de confusion quand ce n’est pas carrément de l’incompréhension pour le plus grand nombre.

Cette universalité, mise sur un piédestal par le Conseil National de la Résistance à une époque de grands bouleversements et de grands projets où dominait la notion d’intérêt général, n’a rien perdu de sa pertinence. Pourtant, aujourd’hui elle semble diviser l’opinion. Pourquoi ?

Le principe de l’universalité est le fondement même de la notion d’égalité… en ce sens, il est difficilement contestable. Mais au-delà du principe, il y a la réalité sociale, celle d’aujourd’hui, qui est composée de deux éléments qui interrogent, chacun à leur façon l’application de ce principe :

 

  • l’égalité, disons, la répartition équitable des richesses, n’existe pas, et le fonctionnement de notre système économique voit se creuser l’écart entre riches et pauvres… la situation s’aggrave, ce qui interroge la notion d’universalité : les moyens étant inégaux, le principe d’universalité, dans son application, ne peut qu’accroître relativement les inégalités. Autrement dit, l’application concrète du principe va à l’encontre de son fondement.
  • le gouvernement actuel à la recherche fébrile d’économies voit dans cette contradiction, entre le principe et son application, un moyen à la fois de faire des économies, mais aussi de fonder « moralement » l’application de sa mesure.

La notion d’universalité n’a évidemment en soi rien de choquant, bien au contraire, mais comme toutes les valeurs, c’est la manière dont elle est socialement déclinée qui la rend suspecte. Or, la manière dont elle s’applique dans notre système interroge de fait les principes mêmes de fonctionnement de celui-ci. Comme la Liberté qui est en soit un bon principe, mais qui peut se transformer en « liberté du renard dans le poulailler », l’universalité apparaît aujourd’hui comme une incongruité vite repérée par celles et ceux qui veulent l’instrumentaliser à des fins de politique économique.

Une fois encore, le problème est mal posé,… on lâche la proie pour son ombre. Avant d’interroger le principe d’universalité il s’agit de faire un diagnostic sérieux des conditions économiques et sociales dans lesquels il s’applique… Réduisons les inégalités et nous verrons que le principe d’universalité ne pose aucun problème… Mais c’est trop demander à une classe politique – extrême droite comprise - de remettre en question les fondements d’un système économique dont elle profite et qui est fondamentalement inégalitaire. L’abandon du principe d’universalité ne règlera rien, il divisera encore plus celles et ceux qui ont – et conserveront- les moyens de bien vivre et les plus pauvres qui le demeureront.

23 octobre 2014

 

UNIVERSALITE ET INEGALITE
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LA FIN DES GRANDS PROJETS ?

 

Notre Dame des Landes, barrage de Sivens, Center Parc de Roybon, les lignes ferroviaires à Grande Vitesse,… la guerre contre les grands projets semble aujourd’hui déclarée. Irresponsabilité, fantasme ou conscience citoyenne aigüe ?

Des esprits chagrins, mais pas du tout illogiques, se posent la question de savoir si aujourd’hui, la construction du Canal du Midi, d’un quelconque barrage hydro-électrique, d’une voie ferrée,… serait encore possible.

 

LES LECONS DE L’HISTOIRE…

 

Sans remonter à la construction des pyramides ou à l’époque des temples Mayas, ni aux grands projets entrepris par les Romains, on peut s’en tenir au défrichage, en Europe effectué par les moines aux alentours de l’an Mille qui a modifié l’environnement de l’époque. Certes l’impact écologique était faible, les forces productives et sources d’énergies étaient peu polluantes, mais au 20e siècle, soit mille ans plus tard, le problème s’est posé du reboisement. Ce déboisement correspondait, à l’époque, au besoin immédiat de créer de l’espace agricole – la seule source de richesse - face à une augmentation sensible de la population.

De cette expérience nous pouvons retenir deux choses :

 

  • les hommes agissent, à leur époque, en fonction de leurs besoins immédiats ;
  • ils ne prévoient en rien les conséquences de leurs actes.

 

Les 18e et surtout les 19et 20e siècles ont été prolixes en grands projets. La raison en est simple : le capitalisme qui s’installait en Europe et débordait peu à peu sur le reste du monde via les empires coloniaux, les canaux de Suez et de Panama, l’assèchement de vastes régions, le développement industriel, partout et sous toutes ses formes ont, en quelques années, façonné le monde. Le mythe du « développement industriel source d’un âge d’or universel » a justifié toutes les entreprises et,… tous les excès. La sensible et réelle, élévation du niveau de vie général au 20e siècle, dans les pays dit développés, a induit en erreur les théoriciens du développement économique et les chantres de la croissance. Erreur que nous payons aujourd’hui au prix fort et que nous allons faire payer encore plus cher aux générations futures.

La jouissance immédiate de biens – pas forcément essentiels – alliée à la course au profit prônée par le système marchand, a plongé exploiteurs et exploités dans une irresponsabilité qui a conduit à la situation que nous connaissons aujourd’hui.

L’exploitation de l’énergie nucléaire est la cerise sur le gâteau ; sous couvert d’énergie propre, elle risque de contaminer le monde pour plusieurs millénaires (Tchernobyl, Fukushima …)

 

… ET CE QU’IL FAUT EN TIRER

 

Quand on réfléchit aux dégâts causés à notre santé, à notre planète, par le développement industriel d’une minorité de pays sur les deux derniers siècles et aux dommages que subiront nos successeurs, on se doit de réfléchir sérieusement aux conséquences de nos décisions actuelles.

Le drame, c’est que tous les raisonnements économiques se font à court terme. C’est l’intérêt immédiat, déclaré supérieur, qui prime. Cette attitude est parfaitement conforme à la manière de fonctionner du capital aujourd’hui, et en particulier,  financier : il faut que ça rapporte beaucoup et vite. Ce nouveau paradigme détermine toutes nos actions, y compris au plus profond de notre inconscient collectif. La perte de conscience collective, de réflexion citoyenne, l’individualisme imprimé par le fonctionnement même du capital  nous entraîne vers des comportements irresponsables au regard des intérêts généraux de la société, de l’environnement et des générations futures.

Ce qui était possible, et sans conséquences importantes, autrefois ne l’est plus  aujourd’hui.

Pourquoi ? Pour plusieurs raisons :

 

  • le nombre d’habitants de la planète croissant, l’espace et les besoins pour chacun augmente au détriment du reste de la nature (voir l’Afrique, les terres arables en Europe,…),
  • la puissance productive/destructrice des moyens modernes démultipliée par le progrès technique, est sans commune mesure avec les moyens du passé (capacité à transformer les territoires, industrie chimique, manipulations génétiques, capacité à épuiser les ressources naturelles,…),
  • il existe une opinion publique qui a désormais son mot à dire. Le problème se pose de l’information, de la concertation et de la prise de décision. Le système politique actuel semble particulièrement mal adapté à ce genre d’exercice… la preuve dans les évènements actuels.

Les évènements actuels que nous vivons – Notre Dame des Landes, barrage de Sivens, l’affaire du Center Parc de Roybon,… et ceux qui suivront ne sont que les symptômes d’une prise de conscience de cette nouvelle donne économico-écologique qui se heurte au schéma standard de développement qui a été le nôtre jusqu’à aujourd’hui.

Apprendre à vivre ensemble dans un monde limité tout en donnant à chacun/ne les moyens d’une vie décente va nous obliger à poser les problèmes de manière différente. Il est aujourd’hui évident que les politiciens en place sont totalement incapables de répondre à cette situation. Seule l’action citoyenne consciente le permettra… elle a déjà commencé.

14 décembre 2014

 

LA FIN DES GRANDS PROJETS ?
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LA BARBARIE A VISAGE SPORTIF

 

 

Les images venant de Marseille et illustrant l’ambiance sportive entre les « supporters » de l’Angleterre et ceux de la Russie, sont édifiantes. Inutile de les commenter. Mais une question se pose : comment en est-on arrivé là ?

Certes, il n’y a rien de nouveau me fera-t-on remarquer. Les incidents de 1998 font encore date dans l’histoire de ce sport. Mais justement, ce qui est grave c’est qu’aucun enseignement n’a été tiré,… et tout recommence. Alors ?

De deux choses l’une : soit les autorités publiques sont incompétentes, soit elle s’en foutent !

 

Quand il s’agit de contrôler, de désamorcer un mouvement social, l’Etat, sait faire, sait se donner les moyens même s’il y a des ratés vu l’ampleur de celui-ci, incomparable aux dérives sportives. Quand il s’agit de stopper l’accueil des migrants, l’Etat sait aussi prendre des dispositions, y compris internationales.

Or, pour quelques centaines d’individus, pour la plupart connus des services de polices des différents pays,… rien ou presque ! Le phénomène « hooligan » est pourtant à une échelle réduite, comparée à celles des phénomènes sociaux précédents. On en est donc réduit à la deuxième hypothèse : l’Etat s’en fout !

 

L’Etat s’en fout,… ou plutôt, l’Etat accepte ! Le sport-spectacle en général, et le football en particulier, fait partie du jeu économique et social. Il est une industrie au sens propre du terme, avec ses capitaux, ses actionnaires, sa production, ses acteurs et ses consommateurs. Il entre parfaitement dans la logique de consommation de masse. Il génère une économie parallèle non négligeable, les produits dits dérivés. Mais il joue aussi un rôle particulier : il amuse le peuple, l’enthousiasme, le conditionne, lui fait oublier sa condition imposée par le système économique dominant. Il n’est qu’à entendre les espoirs mis dans les compétitions par les politiciens pour faire passer leurs messages, redorer leurs blasons et pour relancer une partie de l’économie.

 

Notons enfin, que le sport peut être le vecteur de pseudo «  valeurs » qui détournent le bon peuple de ses intérêts économiques, politiques et sociaux. Exalter le nationalisme, le chauvinisme,… sous couvert de patriotisme n’est pas un phénomène nouveau. Tous les Pouvoirs en ont usé et abusé.

 

On comprend dés lors la remarque du Commissaire responsable de « la lutte contre les hooligans en France » qui, au soir des émeutes de Marseille le 11 juin a déclaré sans rire : « Il n’y a pas de constat d’échec »,… « … mais un problème de suralcoolisation »… autrement, en quelque sorte, une question de « Contenu et de contenant ». Affligeant !

 

                        12 juin 2016-06-12                                                                        Patrick MIGNARD

LA BARBARIE A VISAGE SPORTIF
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LES BAS-FONDS VASEUX DE LA POLITIQUE

 

Le scandale de harcèlement sexuel qui frappe un parti politique ayant pignon sur rue, pose un certain nombre de problèmes que l’on a généralement tendance à dissimuler rapidement derrière des sous-entendus graveleux, des réflexions plus ou moins déplacées ou des silences suspects.

Qu’il y ait dans une organisation politique ce genre de personnage, n’est pas surprenant, non pas du fait de son statut de parti politique, mais parce que c’est une collectivité humaine. Il n’est donc pas ici question de traiter un cas personnel qui relève plus de soins et de la psychiatrie, voire de la Justice. Par contre, ce qui interroge le citoyen c’est la manière dont l’organisation concernée a géré la situation et réagi à l’information.

Le cas est d’autant plus intéressant qu’il touche une organisation, relativement jeune, qui s’est fondée sur un problème de société hautement sensible aujourd’hui (la défense de l’environnement) avec une philosophie politique qui se voulait en rupture avec les vieilles traditions nauséeuses des partis politiques classiques. Il était question à l’origine, souvenez-vous,  de « faire de la politique autrement » !

Ces belles résolutions n’ont pas résisté aux luttes fratricides, aux guerres des « egos », à la soif de pouvoir, à la lutte pour les places. Le spectacle est d’autant plus désolant que tous les espoirs nous avaient été promis. Des arrivistes, peints en vert, se sont fait de belles carrières et assuré de vieux jours confortables, tout en donnant à tout le monde des leçons de morale civique.

On pensait que cette organisation avait touché le fond du ridicule et de l’abjection. Et bien non, la dernière affaire qui la touche (si j’ose dire !) révèle cette fois un niveau de lâcheté inégalé. Beaucoup de monde savait, mais tout le mode a fait semblant de ne rien savoir. Cette espèce de confraternité qui était censée exister en son sein n’était en fait qu’une omerta qui permettait à tout un chacun de profiter de situation sans jamais rien assumer et à des victimes potentielles d’avoir juste le droit de « la fermer ».  Belle mentalité ! ! !

Bien que relevant maintenant des poubelles de l’Histoire, cette organisation continue à polluer (si j’ose dire !), ne serait-ce que par l’existence de ses militants qui continuent à faire carrière. Qui peut croire encore en la sincérité de leur engagement et au sérieux de leurs discours ?

 

            3 juin 2016                                                                                                              Patrick MGNARD

LES BAS FONDS VASEUX DE LA POLITIQUE
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QUELLE/S ISSUE/S POUR LE MOUVEMENT ?

 

 

Si le mouvement social du printemps 2016 doit beaucoup à la loi El Khomri, pour agréger les mécontentements, il dépasse nettement le cadre de celle-ci. Personne n’a été dupe, mis à part les naïfs, que cette loi, d’un pur jus libéral, est faite pour adapter le marché de la force de travail aux exigences du système capitaliste. Même à la base du parti au pouvoir, cette loi n’a pas fait illusion ce qui est exceptionnel ! ! !

Pourtant, ce mouvement social se fait dans un contexte nouveau par rapport aux précédents. Pas seulement par le fait que la social démocratie, glissant vers le social libéralisme, est au pouvoir, mais aussi, et surtout du fait de la configuration nouvelle du capitalisme et de l’ « état sociologique » de la masse des salariés.

 

UN CONTEXTE ECONOMIQUE NOUVEAU

 

En quelques années, la mondialisation du capital a profondément transformé la donne économique du système marchand.

Le « libre échange » et son corollaire « l’hyper compétitivité » ont fait de l’économie mondiale un vaste jeu d’échecs où le salarié est devenu un pion manipulable à l’infini. L’Europe libérale, les accords commerciaux, l’internationalisation des entreprises, les délocalisations, ont rendu une grande partie des politiques économiques des Etats parfaitement obsolètes. Le marché est devenu le paradigme dominant de la relation économique et sociale, reléguant au second plan les initiatives centrales des Etats en vue de la régulation économique. Le capitalisme financier, sans toute fois se substituer au capitalisme industriel, est devenu le chef d’orchestre de la répartition de la richesse (monétaire,… et donc matérielle) dans le monde.

L’internationalisation des entreprises a fait exploser les lieux du pouvoir économique. La mondialisation du Capital a créé des entités économiques qui dépassent largement le cadre des États, relativisant le pouvoir de ceux-ci et leur faisant jouer le rôle de garants d’un système sur lequel ils n’ont plus aucun contrôle. Cette évolution remet en question le concept même de citoyenneté. En effet, le citoyen d’un Etat n’a plus aucun contrôle sur les destinées économiques et sociales nationales,… à fortiori internationales. Le vrai pouvoir n’est plus dans la représentation citoyenne, mais dans le conseil d’administration des firmes internationales.

La classe ouvrière qui constituait dans le passé l’élément essentiel de la contestation sociale n’existe plus en tant que telle. L’extension du salariat s’est fait dans un cadre de réduction drastique des grandes unités industrielles (mines, métallurgie, automobile, chimie,…) qui étaient des concentrations ouvrières. Les salariés, aujourd’hui sont atomisés et n’ont plus la même force de frappe que par le passé. Le chômage massif (plus de 6 fois de ce qu’il était en 1968) pèse lourd dans la détermination de la contestation sociale, de même que la puissance du capital qui peut, par sa mondialisation imposer ses lois.

 

UN CONTEXTE POLITIQUE NOUVEAU

 

L’arrivée en France, en 2012, de la « social démocratie » au pouvoir n’a fait que confirmer les limites de celle-ci. De même qu’en 1984, dans un contexte de libéralisation généralisée, les « socialistes » adoptent la « rigueur » et ouvrent la voie à la libéralisation, l’affirmation du candidat « socialiste » en 2012 « Mon ennemie c’est la finance ! », n’a pas résisté à l’épreuve de la réalité économique. Aujourd’hui, la dégradation des relations sociales, la liquidation programmée des acquis sociaux et du secteur public est à l’origine de la révolte sociale dont la loi El Khomri sur le code du travail n’est que le dernier avatar.

La trahison avérée de la classe politique entraîne actuellement une méfiance à l’égard des partis politiques dont le seul bénéficiaire, et encore relativement, est le FN. L’abstention atteint des niveaux jamais enregistrés par le passé.

Le modèle d’alternance Droite/Gauche ne fonctionne plus. Il est à juste titre accusé d’aboutir à une impasse politique et sociale. Pourtant, aucune alternative, du moins actuellement n’est réellement envisageable. Le vieux modèle classique du renversement du système, qui a nourri tous les espoirs du 20e siècle, outre le fait qu’il n’a jamais marché, n’est pas crédible aux yeux de l’opinion publique. L’extrême-gauche qui fut porteuse de ce projet a perdu toute crédibilité. Seul, le néo-fascisme, qui prospère sur le fumier de la crise, tire quelques avantages de cette situation bloquée.

La suspicion à l’égard des politiciens est générale et suscite un mouvement de protestation non structuré, sans perspective claire, et craintif de tout risque de récupération. Sa forme la plus emblématique est la généralisation de la version française de ce que fût le mouvement des « Indignés » en Espagne. Mouvement qui s’exprime par la succession ininterrompue de manifestations de rues et la généralisation aux principales villes des « Nuit Debout ».

 

UN AVENIR INCERTAIN

 

Devant un tel mouvement qui se cherche, le pouvoir « socialiste », totalement déconsidéré, joue manifestement le « pourrissement », et la répression, comptant sur la lassitude et les prochaines élections pour, sinon reprendre la main, du moins faire en sorte que cette contestation s’exprime dans un cadre institutionnel officiel : les élections. En marge de ce mouvement, rôdent des politiciens en manque de reconnaissance et qui se serviraient bien de lui pour asseoir une autorité qui leur permettrait de jouer un rôle auquel ils aspirent… en devenir les chefs et s’offrir une nouvelle carrière politique. La spécificité, anti-organisationnelle et anti-autoritaire du mouvement les empêche cependant d’exprimer ouvertement leurs prétentions.

La base sociale de ce mouvement est également très hétérogène. Outre une classe ouvrière qui n’est plus le fer de lance des luttes, les mouvements étudiant et lycéen n’offrent pas plus de perspectives organisationnelles permettant de structurer la contestation.

Ainsi le mouvement stagne entre des manifestations qui tournent à la violence contre une répression de plus en plus dure et des occupations symboliques (places, cinémas, théâtres…). Pas de perspectives concrètes en dehors d’une volonté légitime d’échanges sur la situation sociale et les méfaits du système dominant.

 

Il est clair que cette situation ne peut se poursuivre éternellement. Quelles issues possibles ?

  • un pourrissement et la reprise en main, au début de l’été, par l’Etat, avec quelques escarmouches lors des festivals…
  • un durcissement côté salariés avec la difficulté de mobiliser,… les anciens bastions ouvriers n’existant plus !... Dans ce cas une grève générale reconductible,… mais avec quelle perspective ?....Simplement le retrait de la loi El Khomri ?...
  • l’échec de la loi devant le Parlement : le gouvernement tire les leçons de l’échec, qu’il refuse d’assumer. La loi retirée, les syndicats vont crier victoire et stopper le mouvement de contestation. Qu’en sera-t-il de « Nuit Debout» ? (voir le premier point).

Quoique politiquement fort utile et éminemment citoyen, ce mouvement, en l’état, ne peut pas aboutir à une alternative : manque de projet, de stratégie de développement et de renversement du pouvoir en place. Il est probable qu’il ouvre des perspectives à des politiciens à l’affût qui, par moultes promesses arriveront à convaincre… On assistera alors à une modification du paysage politique et, peut-être, à la marginalisation du FN qui se verra l’ « herbe coupée sous les pieds ». Peut-être une logique à la « Podemos » !

 

Dans tous les cas de figure, le changement tant espéré devra attendre, ou plutôt devra se construire dans des alternatives quotidiennes qui constitueront dans l’avenir l’évènement d’un véritable changement.

 

            4 mai 2016                                                                                                 Patrick MIGNARD

QUELLE/S ISSUE/S POUR LE MOUVEMENT ?
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         MANIPULATION DE LA PEUR

         PEUR DE LA MANIPULATION

 

C’est rarement par hasard, dans le monde actuel, qu’une information fuite, surtout quand celle–ci a une incontestable valeur stratégique en matière d’action politique.

La diffusion du document qui révèle sans ménagement, dans un style très militaire, les détails des risques encourus, laisse perplexe quant à son objectif.

 

- zone de La Défense à Paris (risque d'attaque par un drone ou avion piégé) ;

- le pont de Saint-Nazaire ;

- la zone aéroportuaire de Toulouse (attentat-suicide et fusillade)

- La zone portuaire de Marseille-Fos (drone ou avion piégé) ;

- la zone hydrocarbures de Lyon-Sud (voiture piégée) ;

- le Parlement européen de Strasbourg (fusillade) ;

- le Musée européen de Lille (attentat-suicide).

 

Essayons de raisonner sainement et sans à-priori.

Que peut apporter ce type d’information et à qui ?

Il n’est pas question de porter un jugement sur l’utilité des informations obtenues par les services de renseignements (ils font leur boulot),… mais de s’interroger sur le sens de leur diffusion.

Cette information apporte-t-elle un élément nouveau pour le citoyen lambda ?

A priori non, sinon à accroître le stress, sachant que pour la plupart des sites, nombreuses et nombreux sont celles et ceux qui ne peuvent les éviter. A moins que ce soit un signal pour les éviter… ce qui est irréaliste… et n’a jamais été dit par les autorités.

Cette information peut-elle être utilisée par les éventuels terroristes ?

Ce peut-être un moyen de les détourner de ces objectifs,… mais alors qu’en est-il des autres sites potentiels inconnus et certainement nombreux ? Là aussi c’est une manière de faire monter le stress dans la société.

Cette information peut-elle être utile pour les autorités en charge de la sécurité ?

Certainement de manière interne,… mais à quoi bon la diffuser de manière brute et sans accompagnement ni conseil ?

On trouve donc difficilement un sens à la diffusion de cette information… à moins… à moins que : divulguée quelques jours avant la prise de décision du renouvellement ou non de l’État d’urgence et de la modification de la Constitution,… cette information prend un sens bien singulier.

L’opinion est loin d’être unanime, y compris dans la classe politique sur la nécessité de prolonger l’état d’urgence et encore moins de le graver dans le marbre constitutionnel. Le débat fait rage et porte sur la question essentielle des libertés et du sens à donner à la citoyenneté,…aussi un « petit coup de pouce » pour aider à la décision serait le bienvenu ! ! !

Il faut reconnaître que cette information tombe à pic. Y a-t-il un lien entre la prolongation de l’État d’urgence et cette information ? Nul ne peut l’affirmer,… mais il reflète d’étranges coïncidences.

 

                     30 janvier 2016-01-25                                                    Patrick MIGNARD

MANIPULATION DE LA PEUR / PEUR DE LA MANIPULATION
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LENDEMAIN D’ELECTIONS,

                      LENDEMAIN QUI DECHANTE

 

L’année que nous venons de quitter est, à bien des égards, catastrophique, aussi bien sur le plan économique, politique que moral. Elle est une de ces années, comme on en trouve dans l’Histoire, qui clôt un cycle, et en ouvre un nouveau. On ne comprend la césure qu’elle représente que généralement beaucoup plus tard,… souvent quand il est trop tard.

L’expérience le montre, on tire généralement des leçons sur l’Histoire,… beaucoup plus rarement, sinon jamais, des leçons de l’Histoire.

 

Les élections passent, les problèmes demeurent.

 

L’espace d’un soir d’élections, tous les politiciens ont entendu le message des citoyens,… « Plus rien ne sera comme avant ! »… Comme chaque fois !

A quoi sert de commenter des résultats. Des résultats qui n’offrent positivement aucun espoir. Des résultats qui expriment des rancoeurs, des angoisses, des colères,… et aucun espoir. Des résultats qui sont le produit de refus, d’élimination, de choix contraints,… Bref, les symptômes d’une démocratie en déroute qui part en lambeaux !

Le Front National n’est à la tête d’aucune région !... Bien piètre consolation. Il a triplé  le nombre de ses suffrages en moins de 10 ans. On ne se cache plus pour voter FN,… on le revendique dans les médias ! Et si on juge en fonction des critères de cette « démocratie représentative » il devient effectivement, peu à peu, un acteur essentiel de la vie politique. Il a beau jeu de claironner ses succès et de renvoyer dos à dos les partis politiques traditionnels en pleine faillite.

Le problème c’est qu’après une élection, on ne tire aucune leçon sérieuse de ce qui s’est passé et surtout de tout ce qui explique de tels résultats.

Mais qui est ce « on » ?

Les partis politiques totalement centrés sur leurs intérêts, leurs privilèges à défendre, leurs luttes intestines en vue des prochaines échéances électorales, occupés à imaginer des combinaisons politiciennes pour se maintenir au pouvoir.…

La masse des citoyens, vidée de sa substance politique, de ses capacités d’analyses, de critiques et d’initiatives, par un système politique à dessein castrateur et décérébrant. « Votez pour nous, on s’occupe de tout » !... on voit le résultat ! Une masse citoyenne ballottée par des discours, des promesses (jamais tenues), masse qui n’intéresse les politiciens qu’au moment des élections.

 

L’effondrement moral

 

Car les urnes ne sont évidemment pas la solution pour barrer la route aux idées du Front National et éviter le néofascisme. Pourquoi ?

Parce que le système électoral ne sert qu’à reproduire ce que conçoivent les partis politiques : l’accession de leurs dirigeants aux plus hautes fonctions de l’Etat.

Une démocratie réduite à la portion congrue des consultations électorales ne peut que partir à la dérive. Tant que le système pouvait se payer la « paix sociale » en répondant, du moins en partie, aux promesses faites lors des élections, le citoyen pouvait faire au moins une certaine confiance à l’intérêt qu’il pouvait tirer de son vote… Aujourd’hui, les temps ont changé,… le temps des « vaches grasses » est passé, le Capital s’exporte, de même que les emplois se raréfient, les acquis sociaux fondent comme neige au soleil,… Les promesses sont toujours là mais jamais tenues… d’où une frustration croissante.

Le ciment, le rapport salarial, qui maintenait cohérent la société civile se désagrège. L’instabilité sociale règne, la confiance dans la classe politique s’effrite,…Même si une minorité de citoyens/nes crée les conditions économiques et sociales d’un avenir alternatif au travers de structures nouvelles,… l’immense majorité subit la situation ; se laisse aller à tous les fantasmes, aidée en cela par un populisme et, disons le, un néofascisme qui n’hésite plus à s’afficher.

La dérive morale a atteint un tel degré que le jeu des partis politiques – qui n’ont plus aucun programme -, aboutit à ce que certains citoyens – ceux qui votent encore – sont invités à donner leur voix en contradiction avec leurs convictions profondes. Le prétexte étant : il faut faire barrage au Front National. Il est évident qu’à terme, ce « petit jeu » aboutira à la victoire de ce dernier.

On ne vote plus pour un programme, pour des idées, mais pour répondre à des consignes bureaucratiques. On ne vote plus pour, mais contre. Voter perd tout son sens citoyen !

Le chaos politique actuel provoque un véritable effondrement moral. Dans le désarroi, la colère et l’inculture politique régnants, à l’image de ce qui s’est passé au 20e siècle, un néofascisme rampant est en train de faire son nid. On sait par expérience la nature des êtres qui surgiront des œufs qu’il y pond et qu’il couve profitant de la crise économique et politique.

 

La prochaine échéance électorale, en France – la Présidentielle en 2017 – n’offre aucune garantie de clarification de la situation. Les manoeuvres, magouilles, tactiques, ententes, sont déjà à l’œuvre et ne sont absolument pas motivées par la volonté d’apporter des solutions aux graves problèmes de la société.

 

Si nous ne nous en tenons qu’à des perspectives électorales, le réveil va être douloureux !

 

                        8 janvier 2016                                                                        Patrick MIGNARD

 

 

LENDEMAIN D'ELECTION / LENDEMAIN QUI DECHANTE
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DIALOGUE DANS L’AU-DELÀ

 

L’équipe de CHARLIE HEBDO, assassinée le 7 janvier 2015 par des fanatiques religieux arrive bras dessus bras dessous dans l’Au-delà.

La première personne qui les accueille semble parfaitement les connaître.

Rémi FRAISSE – «  Mais qu’est ce que vous foutez ici ? »

CABU : « Ils nous ont tous eus ! »

Rémi FRAISSE : « Comment ça tous ? Ce sont les gendarmes mobiles, comme pour moi ? »

CHARB : « Non des fous de Dieu »

Rémi FRAISSE  - « Mais, mais,… vous étiez sous protection,… »

CHARB  - « Ouais, de la police, hi ! hi ! hi !... Tu parles d’une protection,… L’Etat préfère utiliser les flics pour garder les personnalités, les monuments officiels, les vieux policards rances, et leur faire faire des gardes débiles et des saluts devant les ministres… ».

Rémi FRAISSE – «  Euh ! Ils ne servent pas qu’à ça, tu aurais vu à Sivens dans la nuit du 25 au 26 octobre. Moi qui croyais que police et gendarmerie servaient à protéger les citoyens ».

WOLINSKI – « Naïf, ils ne protègent pas, ils ont pour mission de maintenir l’ordre,… c’est tout à fait autre chose ».

TIGNOUS – «  Tu sais que pour toi il y a eu de super mobilisations, mais il parait que pour nous c’est encore plus important »

Rémi FRAISSE – «  Ah bon, parce que vous êtes plus nombreux ? »

MARIS – « Mais non gamin,… tu ne comprends pas comment ça fonctionne. Ton action heurtait des intérêts économiques, les pouvoirs de politiciens,…et puis c’est un gendarme qui t’a descendu, tu ne pouvais pas faire l’unanimité…Le pouvoir protège toujours ses gardes du corps… »

WOLINSKI – « …alors que nous, on a été tiré comme des lapins par des terroristes en salle de rédaction du journal… ce qui permet à tous les hypocrites qui nous ont toujours méprisés de verser une larme… Tiens-toi bien,… même le Front National voulait manifester en notre honneur. Beurk !... »

CHARB – « Quand je pense que le Pape prie pour nous,… je me tape le cul par terre ! ! ! »

 

WOLINSKI – «  Bon, c’est pas tout ça,… d’après les conneries ânonnées par les tueurs il paraît que par ici il y aurait 70 vierges par mec… tu es au courant toi qui est là depuis un moment ?... »

Rémi FRAISSE – « Euh !... »

CHARB – « Ah Georges, tu ne vas pas commencer à nous emmerder avec ça,… tu as l’éternité pour les chercher ! »

 

                                                                                              La Belette

11 janvier 2015

 

DIALOGUE DANS L'AU DELA
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DES GOÛTS ET DES ODEURS

 

Les poubelles, comme les toilettes, ont cela de paradoxal que leur odeur nous pousse à nous en détourner tout en reconnaissant qu’elles sont incontournables. C’est à peu près la même chose quand les médias – certains plus que d’autres – traitent des relents nauséabonds de notre société, se vautrant dans les immondices pour mieux s’en offusquer.

 

Trois cas d’école illustrent parfaitement, ces derniers temps, le phénomène : «MERCI POUR CE MOMENT " de Valérie Treiweiler « LE SUICIDE FRANCAIS » d’Eric Zemmour et   « SOUMISSION » de Michel Houellebecq.

 

Ai-je lu ces trois livres ? Non… et j’avoue que je ne les lirai pas. Je n’ai pas besoin de fouiller les poubelles ou les fosses sceptiques, ni d’y goûter, pour savoir ce qu’il y a dedans,… l’odeur me suffit. L’odeur, ce sont les médias qui, faisant les choux gras de cette matière, la diffusent abondamment au point de nous faire vomir. A ce titre-là, et à celui-là seulement, on peut leur reconnaître une certaine utilité. Le problème c’est que ce sont eux qui incitent à la production d’une telle fange, car s’ils n’ouvraient pas complaisamment leurs studios et leurs pages à ce genre d’auteurs, ceux-ci ne se sentiraient pas encouragés à satisfaire les plus bas instincts d’une espèce humaine malmenée par les aléas de l’Histoire,… de sa propre Histoire.

 

La période de crise est propice à ce genre de dérives et de pratiques. Il est beaucoup plus simple d’accuser l’Autre d’être à l’origine de ses propres difficultés que d’agir en tant que sujet conscient dans l’Histoire, de prendre des initiatives, de faire des choix, de prendre aussi des risques. L’achat et la diffusion de tels ouvrages, qui ont évidemment le droit d’exister, est le degré zéro de ce qui voudrait avoir la prétention d’être une prise de conscience.

 

Refuser de les acheter et de les lire, c’est courir le risque d’apparaître comme sectaire, voire non objectif et même, en forçant un peu, contre la liberté d’expression ( ?). Les acheter c’est cautionner, financièrement, une opération politiquement condamnable et commercialement juteuse. Entre ces deux attitudes, mon choix est fait.

 

Ce n’est pas au nom de la liberté d’expression que les médias agissent, même s’ils disent le contraire… Leur démarche est purement commerciale (voyez l’audimat !).  L’important n’est pas le contenu du discours ou de l’écrit, mais le réflexe pavlovien qu’il provoque à l’évocation de certains thèmes… Le cul- souvent triste – la peur et la haine de l’Autre font vendre, attirent la publicité. En l’absence de tâches politiquement nobles, de projets alternatifs à une société qui se délite, d’une classe politique respectable, ce qu’il y a de plus faible dans la masse citoyenne se corrompt, comme le désespéré sombre dans l’alcoolisme.

 

Si l’Histoire n’était pas ce qu’elle a été, gageons que MEIN KAMPF aurait été un succès médiatique et son auteur un pilier des studios de télévision.

 

05 janvier 2015

Note : Ce texte a été écrit avant la journée tragique du 07 janvier.

DES GOUTS ET DES ODEURS
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EUROPE : LA DEBACLE MORALE

 

 

Migrants, réfugiés, exilés,… peu importe le terme employé, l’important c’est la réalité qu’ils recouvrent, cette réalité qui nous gène, qui nous colle à la peau et dont on ne se débarrassera pas.

Car disons le sans détour… Même si les Etats sont réticents, voire hostile à l’accueil de ces malheureux, il est bien évident qu’ils ne seront pas refoulés… Dans l’attente d’une solution pérenne, on les laisse se noyer dans la Méditerranée,… c’est autant à ne pas accueillir. Propos cyniques ? Pas du tout,… c’est la triste réalité.

Attitude parfaitement hypocrites des politiciens qui, plus soucieux de leurs intérêts électoraux que du respect de principes qu’ils ne cessent d’évoquer, « tournent autour du pot » et s’empressent de ne prendre aucune mesure efficace pour répondre à l’urgence.

Attitude parfaitement scandaleuse de Nicolas SARKOZY – lui-même fils d’immigré hongrois - qui en a rajouté en faisant de l’humour sur ces flux de réfugiés qu’il compare à une « fuite d’eau »… oubliant que sa propre épouse est elle-même une réfugiée italienne, venue en France en 1975, par peur de Brigades Rouges.

Attitude de faux-culs, d’une extrême droite fascisante qui accable les réfugiés et parallèlement se livre à des bigoteries religieuses avec la tendance la plus réactionnaire de l’Eglise Catholique.

Attitude affligeante de l’Europe, plus prompte à résoudre les crises des banques que d’organiser l’accueil des réfugiés.

L’Europe, et de manière générale les pays riches, ne sont pas étrangers à la situation chaotique qui pousse ces masses de réfugiés vers l’exil. Les politiques de colonisations puis de saccages et de guerres au Moyen Orient ont bien eu pour chefs d’orchestre les nations qui aujourd’hui se plaignent des conséquences de leurs actes…

Qui osera accueillir ces réfugiés ? Personne officiellement ! Qui osera les rejeter à la mer ? Personne ! A trop jouer sur la trouille pour asservir leurs populations, les Etats européens sont pris à leur propre piège, ils n’osent pas poser la seule, la vraie question de l’accueil et de la répartition par pays de ces réfugiés. Peur de leur électorat inquiété par leurs propos démagogiques : invasion, délinquance, terrorisme,….

Ne pas poser rapidement les vrais questions qui aujourd’hui ne peuvent être éludées, celles des conditions d’accueil, c’est à terme créer une situation ingérable, grosse d’affrontements sociaux, communautaires, bref des ferments de guerre civile.

Les politiciens auront-ils le courage d’agir? Là est la question. En l’absence de réponse ce sont les néo fascistes et néo nazis qui vont naviguer sur la vague des peurs et des hésitations,… et l’on sait comment ça peut se terminer.

 

PS – Ce texte a été écrit avant la diffusion de l’épouvantable photo du petit Aylan, mort noyé. Il n’y a rien à changer concernant le fond sinon à rajouter que l’on a assisté, et l’on assiste, à l’affligeant spectacle d’autorités politiques, prises à la gorge par le scandale, sans politiques sérieuses d’aide aux réfugiés et qui rament à contre courant de leurs déclarations précédentes un œil sur l’opinion publique traumatisée, un autre sur les sondages électoraux ! ! !... Affligeant !

 

                    04 septembre 2015                                                                                              Patrick MIGNARD

EUROPE : LA DEBACLE MORALE
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Au nom de l’œil du Père…

 

Lorsque avec ses nervis, tous en costard trois pièces,

Echevelée, livide, alors que  le temps presse,

Marine se sauva de devant son papa,

Les élections venant elle allait à grands pas

De villes en régions y répandre sa haine.

Ses sbires fatigués et souffrant de migraine

Lui dirent « Rejoignons un hôtel et dormons »

Mais Marine lassée ménageait ses poumons.

Ayant levé la tête, au dessus des toilettes

Elle perçut un œil ouvert sur la lunette,

Et qui la regardait dans l'ombre fixement.

 «  C’est encore papa » cria-t-elle en tremblant.

Secouant ses nervis qui dormaient habillés,

Elle reprit la route se sachant surveillée.

Elle marcha plusieurs mois agitée, pathétique,

Elle courait muette, insensible aux critiques.

Fugitive elle était, craignant l’œil paternel.

Sans repos, en tremblant, elle vomissait son fiel.

En tenant des discours qui promettaient le ciel.

 « Arrêtons nous, dit-elle d’un ton caractériel

Prenons tout notre temps pour refaire le monde »

Et c’est à cet instant qu’elle elle revit l’immonde.

L’œil était toujours là, au regard de glaçon.

Alors elle tressaillit à en perdre  raison :

 « Crevez-le ! » cria-t-elle, bouche de bave pleine

Et tous les militants regardaient, leur cheftaine.

Marine dit à Florian, bras droit obéissant

Au plaisir bien connu des hommes complaisants:

 « Construis moi devant l’oeil une grande muraille,

Comme celle qu’il faut pour mater la racaille».

Et quand il l’eut construite avec force béton

 « Vous ne le voyez plus » dit Florian Patapon

Confident de Marine et du Front l’homme fort

Marine répondit : « Je vois papa encor' »

Alors n’y tenant plus et au bord de la crise

Alertant les médias, usant de vocalises :

« Bâtis moi un blockhaus aux fenêtres bien closes,

Un abri plus que sûr pour que je me repose ».

L’abri réalisé tout le monde était las

Et Marine éructa « Cet œil est toujours là »

Alors de guerre lasse, de lutte dégoûtée,

Elle reconnu enfin : les dés étaient jetés

C’est solennellement qu’elle voulut qu’on l’enterre.

Dès lors, dans son sépulcre, la fille solitaire

Pensa n’être plus vue, et ne revoir plus rien.

On fit donc une fosse, Marine dit « C'est bien ! »

Elle descendit seule sous cette voûte sombre.

Et quand elle  fut assise sur sa chaise dans l'ombre

Et qu'on eut sur son front cadenassé la mine

 L’œil était dans la tombe et regardait Marine.

 

                                   La Belette

D’après LA CONSCIENCE –« La Légende des Siècles »

Avec l’aimable complicité et l’absolution posthume de Victor HUGO

 

AU NOM DE L'OEIL DU PERE
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MIGRATIONS ET CHANGEMENT

Et si les mouvements migratoires actuels étaient un facteur de changement !

 

L’Histoire est essentiellement faite de mouvements migratoires, déplacements de populations, mélanges de peuples. Leur importance et spécificités ont toujours provoqué des craintes, des interrogations, des rejets, des conflits suivis dans la plupart des cas d’intégration, voire d’assimilation. Tous ces mouvements ont entraîné des changements dont nous sommes toutes et tous les produits.

Nos sociétés « occidentales développées », ne font pas exception. De manière indirecte ressurgissent des questions auxquelles nous n’avons pas de réponse, ou plutôt, auxquelles nous ne voulons pas donner de réponse. La pression du changement nous oblige à nous interroger sur nous-mêmes.

Deux exemples :

Le logement

Depuis des dizaines d’années, le problème du logement est récurrent. Tous les Pouvoirs, quelque soit leur couleur politique, qui se sont succédés à la tête de l’Etat, ont assuré pouvoir résoudre ce problème. Il n’a jamais été résolu. Il est de notoriété publique que des milliers de sans-logis dorment dans nos rues alors que des milliers de mètres carrés de logement sont inoccupés. La démonstration en a été maintes fois faite par des associations comme le DAL (Droit Au Logement). Jamais les politiciens en situation de décider n’ont pris au sérieux – sinon pour les dénoncer – les actions d’occupation de locaux vides. Jamais ils n’ont utilisé de manière appropriée la loi de réquisition qui existe depuis plus de soixante ans… rejetant dans l’illégalité les squatteurs.

Or, aujourd’hui, miracle ! Devant la pression d’une opinion publique scandalisée par la situation de détresse des réfugiés qui se pressent aux portes de l’Europe,… ne voilà-t-il pas que l’on trouve un peu partout des milliers de mètres carrés disponibles dans les anciens hôpitaux, cliniques, casernes, anciens lycées, services administratifs réformés,…

Cette situation pour le moins singulière fait hurler l’extrême droite fascisante qui voit là l’occasion de faire haïr l’étranger qui « vient indûment profiter de biens que l’on refuse aux citoyens », espérant ainsi engranger des voix de mécontents ! Argument classique et primaire.

Mais il y a une autre analyse autrement plus pertinente.

Le constat essentiel est qu’il y a, à l’évidence, des logements pour tous et que l’organisation de notre société (politique du logement, spéculation foncière) dont l’Etat est le garant, organise de fait, et de droit, une répartition totalement inégalitaire du « logement ». Là est le vrai scandale,… pas le fait que des réfugiés veuillent et puissent se loger. Si l’Etat accepte qu’il y ait des sans-logis, c’est parce que ceux-ci n’ont pas les moyens financiers de se loger et que, ce qui est primordial, leur présence n’est pas « socialement perturbante »… l’Etat se fout de leur situation !

L’arrivée de nombreux réfugiés est par contre particulièrement perturbante (idéologiquement et politiquement), l’opinion publique mobilisée attend une réponse… l’Etat ne peut pas se défausser ce qui explique le « miracle » de l’apparition de nombreux « mètres carrés habitables disponibles ».

L’emploi

Le mécanisme est le même concernant l’emploi. Le chômage est endémique et aucune politique de l’emploi, depuis des décennies, n’est efficace. L’Etat bricole (c’est le mot !) des dispositifs pour faire patienter les chômeurs, en « mettre plein la vue » à l’électeur,… mais aucune solution réelle n’est envisagée.

L’arrivée de nombreux réfugiés pose de fait le problème de leur intégration, et donc, bien sûr, de leur emploi. Il n’y aurait, d’après les « experts officiels » pas de travail pour tous, comme, nous l’avons vu, il n’y aurait pas de logements pour tous. L’extrême droite hurlant une fois encore contre les réfugiés qui « voleraient nos emplois ». Là aussi l’analyse est un peu courte.

L’augmentation du nombre de demandeurs d’emploi pose un problème que l’Etat et les tenants (MEDEF et politiciens) du système marchand éludent systématiquement : celui de la répartition du travail. En effet nous avons dans notre société une partie de la population qui peine au travail et en voit sa durée augmenter et une autre partie de la population qui chôme et n’arrive pas à avoir un emploi. Là est le scandale,… pas le fait qu’il faille intégrer économiquement les réfugiés.

Il est évident que ce sont les principes de fonctionnement mêmes du système capitaliste, fondés sur la rentabilité de la force de travail, la réduction des coûts et la concurrence ruineuse et effrénée qui sont à l’origine de cette stupéfiante situation… mais de cela, on ne l’évoque jamais !

L’arrivée de nombre de réfugiés, ajoutée à un volant de chômage conséquent doit ou devrait nous interroger sur cette situation déclarée tabou par le système et ses acolytes. Et la solution ne réside pas dans l’exclusion des nouveaux arrivants mais au contraire par une répartition et une réduction du temps de travail.

Une réduction massive du temps de travail permettrait évidemment d’embaucher tout le monde. Mais le système ne le veut pas, il veut garder la mainmise sur ce qui permet aux plus riches (les actionnaires) de le devenir et de maintenir et exploiter sous sa coupe la main d’œuvre salariée et soumise.

                                                                       °

Ainsi donc, au travers de ces deux exemples la démonstration est, une fois encore, faite que c’est l’organisation marchande – capitaliste - de notre société qui crée les inégalités, la pauvreté, la pénibilité au travail et l’exclusion sociale. On peut, bien évidemment, multiplier les exemples, dans le domaine de la santé, de l’alimentation, des loisirs, de l’éducation,… Il est de notoriété publique qu’un accroissement de population avec une répartition équitable de la richesse et du travail ne peut-être qu’un facteur de richesse et de bien être pour toutes et tous.

Qui peut croire aujourd’hui que dans nos sociétés gavées de biens de consommation, en surproduction permanente, nous sommes en situation de pénurie, incapables d’avoir de nouveaux consommateurs, de nouveaux travailleurs ? Seul le capitalisme avec ses principes aberrants de fonctionnement, générant pauvreté et inégalités peut nous faire croire que des migrants mettraient en péril notre économie et notre société.

 

Profitons de cette situation pour poser les vrais problèmes et ne pas tomber dans les peurs et fantasmes distillés par des politiciens manipulateurs.

 

 

            27 septembre 2015                                                                              Patrick MIGNARD

MIGRATIONS ET CHANGEMENT
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      LE SENS DES MOTS,

        LE CHOC DES FANTASMES

 

L’arrivée massive de réfugiés bouscule incontestablement notre société, non seulement sur les plans économique, politique et idéologique mais aussi et surtout sur le plan moral.

Cette situation n’est pas exceptionnelle tant dans ses causes que dans ses conséquences. Dans nos sociétés, et en particulier en Europe, le citoyen a une vision relativement figée du monde dans lequel il vit ; cela explique certainement sa passivité « civique » et sa réaction conservatrice qui se révèlent dévastatrices dans une situation de changement.

L’arrivée massive de réfugiés n’est pas un phénomène nouveau et exogène à nos sociétés. Partout et à toutes les époques, les déplacements de populations ont été provoqués par des phénomènes sociaux et politiques et ont eu pour conséquences de « bousculer » les contrées qui les ont vu arriver.

Il serait abusif et malhonnête de confondre invasion et exode.

Les conquistadors espagnols, au 15e siècle, en Amérique du Sud ; les « colons européens », en Amérique du Nord, dans de nombreuses régions d’Afrique, de même que les hordes nazies, lors de l’Opération Barbarossa en 1941 en URSS, sont incontestablement les acteurs d’une invasion qui peut se résumer à : destruction systématique des populations autochtones, expropriation, occupation des territoires, création d’une nouvelle société. L’invasion aboutit à une colonisation, voire un remplacement de la population.

Les exodes, parfois massifs, au 20e siècle, en France, d’Italiens, de Polonais, d’Espagnols fuyant Franco (un demi million), de Juifs persécutés par les nazis, d’Algériens, de rapatriés d’Afrique du Nord en 1962 (plus d’un million), de réfugiés du Sud Est-Asiatique,… et aujourd’hui de réfugiés du Moyen Orient, ne peuvent évidemment pas être assimilés à une invasion. Ils n’en ont ni les objectifs, ni les caractéristiques.

A toutes les époques, sauf curieusement dans le cas des rapatriés d’Algérie – qui eux, avaient colonisé l’Algérie – l’extrême droite a dénoncé l’exode comme une « invasion camouflée ». Or, l’Histoire montre qu’il n’en est rien.

Qu’un exode perturbe la société « réceptrice » est une évidence. Il interroge la société non seulement quant à son rapport à l’autre, à celui qui est différent, mais aussi sur la manière dont elle fonctionne. Mais vouloir faire croire qu’il s’agit d’une invasion est une manipulation de l’opinion publique à finalité politique. Le but étant de faire peur et de jouer sur cette peur pour engranger des voix aux élections.

La force d’une société est donc, non pas de se défausser face à un exode, en faisant croire à une invasion, mais au contraire – au nom des valeurs qui sont les siennes – d’assumer la situation, autrement dit : accueillir, aider, intégrer, voire, à terme, pour les volontaires, faciliter le retour dans le pays d’origine. Le repli frileux sur soi, la politique de la « forteresse assiégée », le rejet de l’autre, voire l’hostilité à son égard dénote une faiblesse congénitale du lien social et une « relative fragilité », pour les citoyens, des valeurs qui sont censées fonder la société.

La manipulation est donc grossière de la part de celles et ceux qui se gargarisent de valeur de charité et de solidarité, mais qui pour des raisons purement politiciennes font fantasmer l’opinion publique agitant le spectre d’une invasion. Les sociétés humaines sont ainsi faites, depuis la nuit des temps, qu’elles se sont construites par des circulations de populations L’Histoire montre que la stabilité des sociétés n’est que toute relative. Vouloir conserver, à tout prix, une civilisation dans une « mythique pureté » est une utopie.

Celles et ceux qui refusent l’aide aux réfugiés ont une vision très sélective des évènements : ils ne se sont jamais élevés contre la colonisation,… ils en ont même été les principaux acteurs et défenseurs. Etrange attitude !

Refuser un état de fait, un état du monde, un principe d’évolution des sociétés, c’est refuser de voir en face la réalité. Une telle attitude ne peut aboutir qu’à une catastrophe comme le monde en a déjà connu.

 

            18 septembre 2015                                                                                             Patrick MIGNARD

LE SENS DES MOTS / LE CHOC DES FANTASMES
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              A PROPOS DU METISSAGE

 

             Réalité et fantasmes

 

Les racistes ont du souci à se faire, pas seulement pour l’avenir, mais aussi pour le passé. Tout leur raisonnement est miné par une réalité qui le rend caduque : le métissage n’est pas un danger pour l’avenir, il est la règle de l’évolution de l’espèce humaine.

C’est peut être une manière d’ « enfoncer une porte ouverte » que d’aborder à nouveau ce sujet,… mais par les temps qui courent, il est bon de revenir, une fois encore, sur des évidences qui, par leur absence, nourrissent tous les fantasmes.

 

Coucherie préhistorique

 

Comme aurait dit Brassens,… nos ancêtres étaient de « sacrés polissons » au point que Madame Néandertal aurait fricoté sérieusement avec Homo Sapiens, et/ou l’inverse. Certes ce n’était pas hier,… il y a de cela environ 80 000 ans, et pas chez nous non plus,… au Proche Orient,… justement d’où partent les migrants.

Qui a vendu la mèche ? Une équipe de scientifiques dirigée par un biologiste suédois. Svante PAABO qui a séquencé l’ADN issue d’os fossiles de néandertaliens découverts dans la grotte de Vindija, en Croatie.

Un sacré métissage quand on sait que Néandertal a disparu il y a 30 000 ans et qu’Homo Sapiens c’est nous. Et ce métissage se lit aujourd’hui chez tous les humains actuels…

Ainsi, l’entrée en matière, si j’ose dire, de l’existence de notre espèce a commencé par un métissage.

Ce constat ruine toute pseudo-théorie d’une race unique, à fortiori pure. La conception religieuse de l’Homme, la « Genèse » (Adam et Eve étaient-ils Néandertal ou Homo Sapiens ?) et les « théories » fumeuses racistes, dont le plus beau fleuron est la conception nazie des races, ne peuvent se construire que sur la méconnaissance totale des origines de l’Humanité. La bêtise et l’ignorance ont toujours fait le lit des dictatures.

 

Consanguinité et métissage

 

Sans avoir une vision scientifique très claire des processus biologiques en œuvre, les risques inhérents à la consanguinité (anomalies congénitales, malformations,…) ont été rapidement identifiés par les groupes qui vivaient repliés sur eux-mêmes. Ces risques ont été en général instrumentalisés par la morale et la religion (productions typiquement humaines). L’ouverture sur le reste de l’humanité a toujours été une réponse, autrement dit le métissage. Pourtant les forces sociales dans le groupe, voulant préserver l’unité, l’intégrité, le pouvoir, l’héritage,… ont toujours agi dans le sens du repliement sur soi. Le métissage a été, et est encore perçu comme une « perte de substance et d’identité » du groupe, son affaiblissement au regard de l’extérieur. La peur de l’autre a été, et est, un puissant levier des forces conservatrices pour verrouiller toute ouverture sur l’extérieur.

La peur de l’autre, et donc du métissage, fait partie de l’arsenal de tous les conservatismes. Peur d’autant plus irrationnelle que le métissage est le moteur de l’évolution de l’humanité depuis son origine. Celui-là même qui condamne le métissage est inévitablement lui-même un métis… réalité qu’il ne peut ignorer et qu’il refoule dans une agressivité qui conduit au racisme et à la xénophobie.

En manipulant habilement la crainte, la peur de l’autre, notamment dans les situations de crise, le racisme et la xénophobie peuvent devenir des armes de conquête du pouvoir ; démarche abjecte qui instrumentalise l’Autre à des fins politiciennes.

Les résurgences de ces peurs sont aujourd’hui surdéterminées par la crainte de l’espèce humaine face aux défis créés par elle même : répartition équitable des richesses indispensable à la paix sociale, respect de l’environnement indispensable à sa survie.

La peur de l’autre n’est qu’un dérivatif utilisé par celles et ceux qui refusent toute remise en question sérieuse du système de relations sociales dans lequel nous vivons. C’est pourtant ensemble que nous trouverons les solutions.  

 

               10 octobre 2015                                                              Patrick MIGNARD

 

Voir également :

 « SUR LA THEORIE DU "REMPLACEMENT »

« MIGRATIONS ET CHANGEMENT  »

« LE SENS DES MOTS / LE CHOC DES FANTASMES »

A PROPOS DU METISSAGE
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LE RETOUR DE LA BÊTE IMMONDE

 

C’est aujourd’hui extrêmement sérieux… Ce ne sont plus des débats idéologiques, des affrontements dans la rue ou sur les plateaux de télévision,… Il s’agit de vie ou de mort pour des êtres humains.

 

Ce que le nationalisme et osons le mot, le fascisme a de plus abject est en train de refaire surface à propos d’êtres humains menacés de mort et pour lesquels il refuse toute solidarité.

Le phénomène n’est pas nouveau dans notre histoire et nous renvoie à ses heures les plus sombres quand l’extrême droite s’en prenait – avant de collaborer avec les nazis - aux italiens immigrés, aux polonais, aux réfugiés espagnols fuyant le franquisme, aux Juifs fuyant le nazisme, mais aussi plus tard, aux Algériens assassinés en masse par le gouvernement de la République gaulliste.

Fricotant avec les franges les plus abjectes et réactionnaires de l’Eglise Catholique, ces politiciens/nes n’hésitent pas à flatter les plus bas instincts pour engranger des voix lors des prochaines élections. Ils/elles n’ont aucune honte à faire leur marché électoral sur le dos de malheureux qui ne veulent qu’une chose : vivre en paix. Leur bigoterie d’opérette leur permet de se donner en spectacle en tant que défenseurs de « valeurs humanistes chrétiennes » qu’ils interprètent à leur façon et en fonction de leurs intérêts politiques : l’autre n’a d’intérêt que dans la mesure où il ne me gène pas et surtout où il me ressemble. Curieuse manière d’interpréter les « textes sacrés ».

Ces pseudo-défenseurs de la laïcité utilisent un bien curieux argument – parmi d’autres – pour rejeter les réfugiés : les chrétiens soit, mais pas les autres ( ?), et ce avec l’argument que « l’Europe serait chrétienne » ( ?)… « chrétienté» qui peut se résumer à intolérance, massacres, excommunications, bûchers, Inquisition,…. Imaginez un instant que ces sinistres individus accèdent au pouvoir… C’est la guerre civile garantie, l’affrontement intercommunautaire,… et pire comme on a pu le voir en Europe au 20e siècle. Ils comptent d’ailleurs sur cette haine qu’ils distillent pour accéder au pouvoir.

Les faux culs (des noms ?) qui gravitent autour de la bête, qui ont peur d’être doublés par elle lors des scrutins et qui se donnent des visages avenants ne valent pas mieux… L’œil fixé sur leur électorat, ils se surpassent en démagogie, fuyant leur responsabilité morale, ils surnagent dans l’eau glacée de leur égoïsme et de leur irresponsabilité. Car disons-le clairement : il va falloir, en Europe en particulier, accueillir les réfugiés, tous les réfugiés. On en a la capacité, encore faut-il en avoir la volonté.

 

La victoire sur la bête n’est pas que politique, elle est plus que ça,… elle est morale, éthique. Si nous perdons ce combat c’est le retour à la barbarie.

 

13 septembre 2015                                                       Patrick MIGNARD

LE RETOUR DE LA BETE IMMONDE
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MAREE POPULAIRE OU SIMPLE CLAPOTIS ?

 

Restons sérieux,… ne chipotons pas sur les chiffres !... La mobilisation du 26 mai n’est pas à la hauteur de ce qui avait été proclamé haut et fort ! Au-delà de la déception,… je pense prévisible, il s’agit de comprendre pourquoi la « mayonnaise ne prend pas ».

 

L’effet  « cinquantenaire de mai 68 » a très probablement joué, créant un emballement communicatif des plus pernicieux. On peut d’autant mieux le comprendre que la situation sociale est très grave,… et que l’impatience du changement se fait sentir dans de nombreux secteurs. Mais ceci n’explique, cependant pas, l’échec de la mobilisation et de manière générale cette atmosphère démoralisante de mouvements sociaux, bien réels, mais incapables de se coordonner.

 

Où est l’erreur ?

 

UN DEFICIT D’ANALYSE DE L’EVOLUTION DE LA SOCIETE

 

La situation économique et sociale est grave. L’escroquerie macronienne faisant croire - et ça a marché du moins le temps des présidentielles – qu’on allait faire du neuf avec un candidat qui s’étiquetait frauduleusement « anti-système », couplée à une peur, légitime du néo-fascisme du FN, n’a fait illusion qu’un temps. Les masques sont tombés. L’offensive générale du Pouvoir contre les acquis sociaux se fait tous azimuts. Tous les secteurs sont touchés, conflits sociaux et grèves se multiplient.

 

La tentation est donc grande de voir là un début, sinon d’insurrection, du moins de généralisation des conflits.

 

Les partis politiques traditionnels n’ont jamais été, du moins en France, des facteurs de changement social,… bien au contraire (souvenez vous Mai 68) et leur déliquescence actuelle en rajoute dans la confusion. D’où une situation paradoxale : une situation sociale explosive sans expression politique.

 

La seule trace – je dis bien trace - d’expression politique a été, et est implicitement, l’appel à une mobilisation générale baptisée : marée populaire. L’appel plusieurs fois lancé à fait long feu…. Rien, ou pas grand-chose au regard de ce qui était annoncé.

 

Issue d’un groupe politique qui est loin de faire l’unanimité des mécontents, avec à sa tête un leader encore moins reconnu,… l’incantation – c’est bien le terme – de la marée populaire à fait un flop.

 

L’erreur consiste peut-être – je suis prudent – à croire qu’en présence d’un situation sociale dégradée, un appel à mobilisation est suffisant.

 

L’erreur consiste à croire qu’il peut y avoir adhésion massive sur un mot d’ordre vague (Tous dans la rue !), n’ouvrant sur aucune perspective politique crédible.

 

L’erreur consiste peut-être  à croire – ou faire comme – que la situation économique et sociale n’a pas changé alors que les « gros bataillons » de salariés d’il y a un demi siècle, n’existent plus (automobiles, mineurs, sidérurgistes,…).

Autrement dit, les vieux modèles de mobilisations d’antan seraient peut-être obsolètes.

 

UNE FAILLITE DE LA PENSEE STRATEGIQUE

 

Le véritable changement passera-t-il par une conquête politique dans un système institutionnel fait pour que… rien ne change ? Au regard des multiples échecs de ce modèle on ne peut pas ne pas se poser la question.

 

Le vieux modèle de la transition, issu du 19e siècle consistant à croire que la « mobilisation ouvrière » jettera bas le capitalisme,… n’a jamais fonctionné ;… pas plus d’ailleurs que sa forme dégénérée, et portée par les partis, de la conquête d’une majorité parlementaire pour procéder au changement.

 

Or c’est cette deuxième option dans laquelle s’inscrit de fait la « marée populaire » !... Pas de quoi exciter les foules,… la preuve !

 

Si le Capital casse les solidarités sociales, ce qui est dans sa nature et dans ses intérêts,… il se satisfait parfaitement des manifestations et des magouilles politiciennes des uns et des autres (des noms ?... des exemples ?)

 

Ce qu’il n’apprécie pas, par contre, ce sont les solidarités alternatives qui se développent, et qu’il essaye soit de détruire (ZAD), soit de récupérer (circuits courts, agriculture bio, économie circulaire, relocalisation des activités,…).

 

Et si la définition d’une stratégie de changement se situait dans ces pratiques et leur généralisation ?

 

De cela les partis n’en parlent pas, ou marginalement, ou pour les dénigrer, ou pour les récupérer. Placer du personnel politique à la tête de l’Etat est beaucoup plus important, et rentable, pour eux.

 

REPENSER LA STRATEGIE

 

Ce n’est pas en traînant nos banderoles dans les rues et en répétant mille fois les mêmes slogans, que nous changerons le système… De ces manifestations, le Pouvoir n’en a rien à foutre  et nous y perdons notre temps et notre énergie.

 

C’est en pratiquant, soutenant efficacement les nouvelles solidarités, les pratiques alternatives, que l’on fera bouger les pions sur l’échiquier politique..  Travail ingrat, mais nécessaire.

 

«  Il n’est pas de Sauveur Suprême, ni Dieu, ni César, ni Tribun,

     Producteurs, sauvons nous nous-mêmes  » 

 

 

            Mai/juin 2018                                                                Patrick MIGNARD

A PROPOS DU 26 MAI
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SIVENS : QUELQUES REFLEXIONS

 

L’affaire du barrage de Sivens n’est certes pas terminée. Elle est à la fois le symptôme de la manière dont se posent aujourd’hui les problèmes des grands travaux dans notre société et celui de la manière dont l’Etat traite ces questions. C’est à ce titre que l’on peut faire quelques observations.

Il ne fallait pas rêver ; dans un contexte de crise, d’échec des politiques mises en œuvre, d’impopularité du gouvernement et à quelques jours d’élections, les « zadistes », celles et ceux qui les soutiennent ne pouvaient pas faire  le poids – d’un point de vue politicien s’entend – face au lobby agricole de la FNSEA. Celle-ci, sous perfusions de subventions européennes et chantre de l’agro-industrie productiviste, véritable État dans l’État, utilise ses entrées chez les politiciens toujours prêts à répondre à ses attentes.

La classe politique locale a su, une fois n’est pas coutume, faire preuve de quasi unanimisme face au danger que représente désormais un courant capable de poser clairement et radicalement la question de la préservation de l’environnement. Le soutien du « bout des lèvres » des politiciens écologistes, « politiciens de cours et de palais nationaux et européens » en dit long sur leur dégénérescence et la fiabilité qu’ils représentent pour les combats à venir.

Le déroulement des évènements sur le terrain est tout aussi significatif de l’évolution des pratiques politiques.

A Sivens même, les choses ont pris une tournure beaucoup plus sérieuse… La FNSEA n’a pas hésité, à s’arroger des pouvoirs de police : contrôle des personnes, limitation de la circulation, répression sur des personnes, insultes,… qu’avait-elle à craindre, en effet, à jouer, en toute illégalité, les défenseurs de l’État de droit » ( ?). Cette organisation, dont le président s’est présenté, au plus fort du conflit, en « bon papa gâteau humaniste », utilisant une langue de bois très adaptée à la communication médiatique, sait faire preuve d’une violence qu’elle ne voit et dénonce que chez les autres (voir les saccages commis par la FNSEA lors de la manifestation du 5 novembre 2014 à Toulouse, de même qu’à Morlaix et Carcassonne). Ses militants de base, armés de battes de baseball, de tronçonneuses, et largement dotés en « cubis » de vin et autres boissons alcoolisées, ont fait régner leur « ordre », avec une complicité affichée des forces de répression, ouvrant ainsi la voie à la liquidation de l’affaire par les politiciens locaux.

Le Conseil Général du Tarn, paniqué par la perspective d’une probable déroute électorale aux prochaines élections, a facilement fait le choix entre des agriculteurs qu’il compte amadouer (il rêve un peu !) et les zadistes qui se foutent des élections.

On voit ainsi avec quel sérieux sont traitées les questions de protection de l’environnement… Cela augure mal la grande messe médiatico-parisienne sur l’environnement qui doit se tenir en grande pompe à Paris en décembre prochain.

 

08 mars 2015

 

SIVENS : QUELQUES REFLEXIONS
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        POLICE, SERVICE PUBLIC ?

        Mythes et réalités !

 

On nous répète sur tous les tons que la POLICE est un service public,… et cela, afin de bien faire comprendre au citoyen qu’il faut la respecter. Pourtant cela ne parait pas aussi clair que pour la Sécurité Sociale ou la distribution de l’eau ! Qu’en est-il exactement ?

 

Définissons tout d’abord le « Service Public ». Le service public est une activité qui dépend - directement ou indirectement - de l’Autorité Publique ou qui s’exerce sous son contrôle et dont le but est de satisfaire un besoin d’intérêt général.

Retenons l’expression « … a pour but de satisfaire un besoin d’intérêt général »

Qu’en est-il de la Police ? Quel intérêt général peut-elle bien satisfaire ?

Officiellement la Police a pour fonction d’assurer l’ordre et la sécurité publique.

 

Qu’est ce que l’ordre et la sécurité publique ?

  • l’ordre c’est la défense et la stabilité des institutions, ainsi que la garantie du bon fonctionnement de l’appareil économique ;
  • la sécurité publique c’est la défense des biens et des personnes.

 

Ordre et sécurité publique peuvent-ils être considérés comme un besoin d’intérêt général ?

 

La question, dont la réponse peut paraître évidente, est cependant à considérer sous différents angles qui rendent la réponse beaucoup moins nette qu’il n’y parait.

 

L’ordre,… il s’agit de l’ordre social et politique. Issu d’un processus dit « démocratique », il est instauré à la suite d’élections qui désignent les représentants du Peuple. Il ne peut être, en principe, modifié qu’au moment des consultations électorales. Si les élections ne sont pas contestées, cet ordre correspond, en principe, à l’intérêt général exprimé au moment du scrutin.

 

La sécurité publique,… il s’agit de la sécurité des biens et des personnes… défense de la propriété, publique et privée, et sécurité physique de tout un chacun !

 

Dit et considéré comme cela il n’y a pas grand-chose à contester. Pourtant, le plus étonnant c’est que, dans la réalité, les choses se passent tout autrement.

 

Pourquoi ?

 

QUAND LE MYTHE SE HEURTE A LA REALITE

 

Le lien social dominant qui fonde notre société, le salariat  est basé sur une appropriation privée des moyens de production, autrement dit une répartition inégalitaire des moyens de produire de la richesse, donc de satisfaire ses besoins. Le salarié est l’instrument utilisé par le propriétaire des moyens de production pour produire une richesse qui appartient à ce dernier. En échange de sa participation, le salarié reçoit une quantité de valeur (monnaie) qui lui permet de vivre : le salaire. Les exigences de la réalisation de la valeur par le capital (concurrence entre capitaux) et la répartition des richesses produites (rémunération des actionnaires) se heurtent en permanence au désir du salarié d’augmenter sa part (le salaire), et de vouloir un emploi pour vivre. Le salaire est considéré comme un coût par le propriétaire du capital d’où la tendance à limiter sa progression. Le « droit au travail » est en fait fonction des conditions de la production… il n’est d’ailleurs pas un droit !

L’ordre économique et social est donc fondamentalement inégalitaire et par conséquent conflictuel,… et ce, quelle que soit l’organisation du système politique qui en est le garant.

Même dans sa forme la plus « démocratique », l’organisation sociale est, par essence, conflictuelle ; cela explique que dans une société dite « démocratique » le conflit est permanent.

C’est cet ordre là que défend la Police ! Contrairement à ce que l’on voudrait nous faire croire, sa fonction n’est donc pas du tout, socialement, neutre. Elle n’est « neutre » que si l’on fait abstraction de ce qu’est réellement le fondement de la société… ce qui serait faux et absurde.

Ainsi, la notion de « service public » de la Police prend une connotation bien singulière. C’est plus au service d’un système qu’elle est qu’à celui des intérêts des citoyens-salariés. Dans leur conflit avec le Capital, les salariés se heurtent donc inévitablement à ceux qui en défendent les intérêts, c’est à dire les policiers/gendarmes.

Qu’il y ait dans les fonctions des policiers/gendarmes des tâches moins ambiguës, moins sulfureuses,… c’est évident … et l’opposition aux policiers/gendarmes porte rarement sur celles-ci. Mais en cas de conflit social, la fonction essentielle de ces forces apparaît comme ouvertement répressive et en lien avec un système exploiteur et inégalitaire. La symbolique de l’uniforme devient alors un facteur d’opposition et d’affrontement qui peuvent prendre différentes formes.

Que des policiers/gendarmes croient faire œuvre de « service public », est une évidence,… encore faut-il qu’ils prennent conscience du caractère très particulier, dans leur cas, de ce que signifie la notion de « service public » : ils sont, qu’ils le veuillent ou non, malgré une organisation qui se dit démocratique, au service d’un système, facteur d’exclusion et d’exploitation, donc de conflits et d’affrontements.

 

En cas d’explosion sociale ils sont en première ligne. À eux d’évaluer les risques et l’opportunité ou non d’assumer cette fonction.

 

                        22 mai 2016                                                            Patrick MIGNARD

 

 

 

POLICE, SERVICE PUBLIC ? Mythes et Réalités
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     POUVOIR DE LA PEUR 

        PEUR DU POUVOIR

 

Le moteur de la citoyenneté n’est plus l’action civique, la défense des valeurs de la République, voire le respect de l’Autre,… le moteur de la citoyenneté est aujourd’hui, essentiellement, la peur. La peur dans ce qu’elle a d’hideuse et de paralysante. La peur dans ce qu’elle a, aussi contradictoirement que cela puisse être, d’isolante et de moutonnière.

Il ne s’agit, évidemment pas en France, aujourd’hui d’une peur, pur produit d’un système totalitaire et brutal. On n’a pas besoin d’être dans un système dictatorial, totalitaire pour que la peur joue le rôle d’un paramètre essentiel dans la vie publique et détermine aussi bien l’action du Pouvoir que celle des citoyens.

Il s’agit d’une peur issue d’un système économique qui échappe totalement à l’emprise citoyenne, qui précarise celui qui crée la richesse, qui détruit les acquis sociaux difficilement conquis par les générations précédentes, d’une peur issue du fonctionnement d’un système politique qui n’a plus de démocratique que le nom et les apparences, d’une peur devant l’effondrement des valeurs morales qui fondaient la République.

 

UN PRESENT NON MAITRISE

 

La sensation générale, et qui se confirme d’année en année, est une non maîtrise des évènements, de la situation générale aussi bien économique, que politique et morale,… d’où une angoisse latente qui submerge peu à peu la société civile.

La mondialisation du capital a détruit irrémédiablement une grande partie du tissu économique, dans les anciens pays dits industriels/développés, qui assurait une relative stabilité sociale, précarisant les créateurs de la valeur (les salariés), pour le plus grand bénéfice des financiers et spéculateurs. Cette précarisation du rapport salarial, rapport dominant et structurant la société capitaliste, unique moyen de subsistance d’une grande partie de la population, s’est accompagnée d’un nouveau management d’entreprise qui, sous les contraintes de la concurrence, entraîne une véritable tyrannie pour celles et ceux qui ont la chance d’avoir un travail (voir les suicides au travail et les maladies liées au stress). Le rapport salarial, qui, il y a encore moins d’un demi siècle, pouvait apparaître comme stable (quoique conflictuel) est devenu aujourd’hui une source d’angoisse et de déstabilisation pour celles et ceux qui le vivent.

Cette déstabilisation sur le plan économique s’accompagne d’une déstabilisation sur le plan politique. Qui peut croire aujourd’hui que le système politique, et celles et ceux qui l’animent, ont une quelconque autorité, voire volonté, d’agir pour faire en sorte que le fonctionnement économique réponde aux besoins du plus grand nombre. ? Les partis politiques, faiseurs d’opinion, véritables syndicats d’intérêts pour leurs dirigeants, ne gèrent que leurs intérêts et le système en place, ne trouvant comme remède à l’angoisse qui monte que contrôle et répression. Cette véritable « trahison démocratique » ouvre le jeu à toutes les dérives : l’abstention, produit de l’écœurement, le néofascisme, pour celles ceux qui croient exorciser leur peur en faisant confiance aux propos haineux et démagogiques.

Les valeurs de la République, gravées sur les frontons des monuments officiels, mais consciencieusement ignorées – quoique régulièrement invoquées par les politiciens - s’estompent peu à peu dans la conscience collective ouvrant la voie aux pires réactions : l’intolérance, le racisme, la peur de l’autre… Réactions que l’on retrouve sur le plan politique.

 

UN AVENIR INCERTAIN

 

Construire un lendemain à partir d’une telle situation est une gageure.

La configuration actuelle, aussi bien sur le plan économique que politique, n’offre aucune perspective. La logique de valorisation à outrance du Capital (privatisations, atteintes au Droit du Travail, généralisation des traités de libre échange,…), soutenue et guidée par des politiques néolibérales qui n’hésitent plus à s’affirmer, laisse peu de place à la possibilité d’un changement global de la situation. La construction d’une Europe libérale, à marche forcée (trahison du référendum de 2005 sur le Traité Constitutionnel Européen) surdétermine le verrouillage de toute évolution progressiste en Europe,…ouvrant les portes en grand aux dérives nationalistes.

La montée des périls est donc à l’ordre du jour, et ils sont nombreux.

Le terrorisme actuel (il y en a, notons le, à toutes les époques), est un produit, s’il en est, d’un passé colonial, d’une décolonisation mal assumée et de décisions politiques absurdes et criminelles (pendant la « guerre froide »  et après le 11 septembre 2001). Véritable opportunité pour les Pouvoirs en place, il permet de « ressouder » une société civile craintive et désemparée. La course au « patriotisme à la Déroulède » est lancée entre les différentes formations politiques, qui en rajoutent en matière de projets de contrôle social et policier.

Un pouvoir ne peut rassurer que si la peur règne,… et entretenir la peur permet de prendre des décisions d’exceptions dans un système qui se veut démocratique, décisions d’autant mieux acceptées que la peur règne. La boucle est bouclée.

Le terrorisme, considéré comme un élément extérieur à la société, et la peur qu’il génère, permet de passer sous silence tous les autres problèmes économiques, sociaux, politiques et mêmes éthiques. Le règne de la peur fragilise la contestation sociale et permet au pouvoir de se faire craindre en prenant des décisions présentées comme des remèdes à cette crainte.

Dans une dictature on a peur du Pouvoir. Dans une « démocratie » on a peur d’avoir peur et l’on se tourne alors vers le Pouvoir.

Le comble du cynisme est atteint.

 

                 16 janvier 2016                                                                             Patrick MIGNARD

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