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Publié par PM sur
Publié dans : #matiere a reflexion

LE MYTHE DERISOIRE DE LA SANCTUARISATION

 

« Sanctuarisation » terme magique qui permet de contourner la situation calamiteuse dans laquelle nous sommes aujourd’hui aussi bien sur les plans social, politique, qu’économique, culturel, idéologique, écologique,…

Sanctuariser "consiste à donner une dimension sacrée, importante, voire inviolable".

La tentation est effectivement grande aujourd’hui pour celles et ceux qui détiennent – ou croient détenir – les rênes du/des pouvoirs/s de mettre « hors jeu » des parties de la société dans lesquelles s’expriment avec violence et véhémence les contradictions de cette même société. En effet, sanctuariser donne à la fois l’illusion que l’on maîtrise et que l’on protège. Mais ce n’est qu’une illusion qui fait partie de la manipulation dans laquelle excellent les politiciens.

Ainsi l’Ecole qu’ils veulent sanctuariser ( ?). L’Ecole, lieu névralgique, s’il en est, de la remise en question des valeurs de la République. Creuset de la formation à la citoyenneté, l’Ecole de la République est battue en brèche par les communautarismes, les sectarismes, la délinquance courante… et même les prétentions du marché (privatisation). Protéger l’Ecole ? Mais de qui ? Peut-on protéger une institution aussi fondamentale, aussi stratégique, aussi imbriquée dans la société, des affres de cette même société ? C’est un peu comme si l’on voulait nier l’existence de l’image que nous renvoie le miroir quand nous sommes devant lui !

Sanctuariser l’Ecole est dans le meilleur des cas une bêtise, dans le pire une escroquerie (une de plus !).   

Ainsi le sport qu’ils veulent sanctuariser ( ?). Le sport, lieu de compétition, d’affrontements. Les éphémères règles éthiques dont il s’était doté sont passées à la moulinette des nationalismes, de l’argent roi, de l’expression des plus flagrantes inégalités. Le sport présenté, à défaut d’autre chose, comme un élément de « réussite sociale » concrétise et symbolise aujourd’hui toutes les dérives du système dans lequel il est parfaitement intégré.

Ainsi la biodiversité, sur terre comme sur mer. Gravement menacée par le système marchand d’exploitation inconsidéré des espaces, la biodiversité est cantonnée dans quelques « sanctuaires » qui se réduisent comme peau de chagrin : sanctuaires pour les baleines, les grands singes, les pôles,… alors que tout le reste de la planète est soumis aux excès du capitalisme sauvage. La sanctuarisation est l’ultime escroquerie d’un système qui détruit tout pour assouvir les intérêts immédiats d’une classe dirigeante de privilégiés. La sanctuarisation est le miroir aux alouettes pseudo écologique qui permet de calmer les angoisses du bon peuple avant que le système s’écroule sur sa tête.

 

La sanctuarisation est la démonstration ultime que l’on est aujourd’hui incapable de poser le problème du vivre ensemble dans sa globalité sociale et écologique.

 

28 février 2015

LE MYTHE DERISOIRE DE LA SANCTUARISATION
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Publié dans : #matiere a reflexion

     LES "LOUPS" SONT ENTRES DANS PARIS

 

 

Je n’aime pas Paris ! … sauf la « Commune de Paris »

Je n’aime pas la vie parisienne !.... sauf celle d’Offenbach !

Je n’aime pas cette ville qui en impose, qui se montre, s’affiche, domine, toise les autres,… et se prend pour « la plus belle ». « On monte à Paris,… on descend en province ».

Je ne suis pas allé à Paris depuis des années,….

Je n’aime pas m’attabler aux bistrots, déambuler dans les rues, flâner dans les magasins, pas plus que les concerts, les expositions,… et encore moins les matchs quelle que soit la forme du ballon.

Je ne suis qu’un « pauvre con de provincial »… certains diront « pauvre con » simplement.  Possible, j’assume et ça me convient ! ! !

Bon, Ok me direz vous… et alors !... On n’en a rien à foutre ! ! ! !

C’est vrai, j’ai gardé ça pour moi depuis des années,…je n’ai emmerdé personne avec cette opinion, sauf quelques « copains parisiens »… je ne l’ai pas refoulée dans mon inconscient. Je vis bien avec !

Et pourtant !

 

Ce vendredi 13 novembre 2015, et au cours des jours qui ont suivi,… quelque chose s’est passée. Cette insouciance, ce détachement,… je dirais même ce relatif mépris que j’avais pour tout ce qui « est parisien » a, d’une certaine manière, volé en éclats. Ce n’est pas que j’ai subitement aimé tout ce que je n’aimais pas. Non !... Ce n’est pas ça, c’est beaucoup plus profond, beaucoup plus essentiel.

Cette manière de frapper, de tuer dans Paris, dans des endroits aussi anodins, aussi populaires, aussi banals, qu’un concert, des terrasses de café, l’entrée d’un stade,… a quelque chose d’insupportable au sens moral et physique du terme. Les attaques dont a été victime, ce soir-là, Paris sont une atteinte tout simplement à la vie, à la vie sociale, au choix que chacune et chacun d’entre nous a le droit de faire pour mener sa vie.

Ces lieux, ces jeunes sont devenus subitement un symbole. Quelques secondes avant, leur existence m’était imperceptible et pour tout dire indifférente,… et ils sont devenus spontanément quelque chose d’une importance considérable, essentielle. Aussi loin que je puisse être, physiquement et par la pensée, de Paris et de sa vie trépidante, je me suis immédiatement senti concerné, touché, atteint par l’innommable. Cette vie populaire parisienne, à mes yeux totalement futile, m’est soudain apparue comme, n’ayons pas peur des mots, la quintessence de la vie. On a touché ce soir là, à quelque chose de fondamental, à tout un mode de vie, à une manière d’être, à une façon d’être bien, à une recherche de prendre du plaisir, de trouver le ou un bonheur… et même si je ne les partage pas, ils appartiennent à des femmes et des hommes qui ont fait ces choix, comme moi j’ai le droit de faire les miens. La liberté de ce choix est pour moi une chose essentielle qui n’est négociable avec personne. Si la vie a un sens – que chacun/e lui donne – il est là.

C’est un crime contre la vie qui a été commis ce soir-là à Paris. Aucune cause ne peut justifier ce crime.

Je ne vois plus les concerts de la même manière, même si je n’y vais toujours pas. Je ne vois plus les bistrots de la même manière, même si je ne les fréquente pas. Ce soir-là je ne suis pas tombé amoureux de ces lieux, mais j’en ai saisi toute l’importance qu’ils représentent dans la vie sociale. Ce sont des lieux dans lesquels flotte la vie, flotte la liberté du choix d’être seul ou ensemble… ils sont donc, à ce titre, parfaitement et absolument respectables.

Ce soir là j’ai repris conscience de manière brutale que vivre différemment, être différent, aimer ou ne pas aimer des choses différentes ne nous empêche pas d’être ensembles et solidaires, d’appartenir à une même humanité. 

Accepter d’abandonner la liberté de choix de vie, c’est capituler devant ceux qui ont pour mot d’ordre : « Vive la mort ».

 

 

                    Toulouse, le 24 novembre 2015                                              Patrick MIGNARD

LES "LOUPS" SONT ENTRES DANS PARIS
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                          AZF

     Pourquoi nous ne connaitrons

     pas la Vérité !

 

 

Janvier 2017, un nouveau procès sur la catastrophe… et toujours, depuis 15 ans les mêmes interrogations : pourquoi comment et qui ?

Gageons que ce troisième procès n’apportera aucune conclusion significative, ni aucun apaisement pour les survivants et parents des victimes. Pourquoi ?

Essayons de raisonner logiquement et sans a priori,… nombreux dans cette affaire.

 

SAIT-ON ?

 

Dire que personne ne sait rien est difficilement croyable. Scientifiquement, avec les moyens modernes et les conditions d’investigation et d’enquête, il est évident que l’on sait, que certains savent… même si l’on fait l’hypothèse (ce n’est qu’une hypothèse) que l’on a fait volontairement disparaître des preuves.

La question importante et beaucoup plus difficile est :

 

QUI SAIT ?

 

Là aussi on peut difficilement imaginer que TOTAL ne sache rien ! Il sait,… mais quoi ?

Il faut envisager deux hypothèses : interne et externe.

Soit la catastrophe est d’origine interne au site AZF (théorie du mélange explosif) et TOTAL le sait !

Soit la catastrophe est d’origine externe au site (Electricité, autre site,…). TOTAL ne sait peut-être pas tout,… mais il en sait, et d’autres savent ce qu’il ne sait pas ! ! !

Autrement dit, les causes de la catastrophe sont connues.

Question essentielle :

 

POURQUOI NE SAIT-ON PAS LA VERITE ?

 

La véritable question est là.

On peut répondre sans crainte de se tromper : parce qu’il n’est pas souhaitable que socialement, économiquement et politiquement on sache ce qui s’est passé.

Pourquoi ?

1 - dans le cas d’une origine interne de la catastrophe,… TOTAL est totalement responsable. Difficile pour toute entreprise d’endosser une telle responsabilité. Le déni de responsabilité est la règle intangible de toute entreprise… On perd dans l’immensité temporelle des inextricables procédures judiciaires l’hypothétique recherche de la Vérité. La Vérité est étouffée en attendant que témoins et victimes disparaissent. L’expression sociale de la Vérité est verrouillée : TOTAL en a les moyens, tout son temps et joue à fond cette carte.

2 – dans le cas d’une origine externe de la catastrophe,… TOTAL ne sait pas tout,… mais d’autres savent… et l’on peut difficilement croire que l’enquête, et tous les recoupements effectués, n’aient donné aucun résultat. Ou bien alors on a ignoré volontairement des éléments. Devant l’ampleur de la catastrophe on peut logiquement imaginer une concertation ETAT-TOTAL-Tiers impliqué, pour stopper les investigations et jouer la carte du flou, de l’ignorance et s’en remettre aux procédures judiciaires qui étoufferont pour un temps, ou toujours, l’émergence de la Vérité.

 

POURQUOI CE TROISIEME PROCES EST-IL ACCEPTE ?

 

Par la Justice : parce que c’est sa fonction… Imaginez que les choses se règlent facilement !

Par l’Etat en général : quoique persuadé que ce procès ne donnera rien, il fait partie de la mise en scène qui verrouille toute avancée en direction de la Vérité. La « vérité judiciaire » suffit à l’Etat, même si elle n’a rien à voir avec la « vraie vérité ». Et puis médiatiquement ça permet d’occuper les esprits ! ! !

Par TOTAL : ça lui permet de rester « mains propres »…officiellement « on ne sait pas ! On ne sait rien !». Attitude au demeurant curieuse car TOTAL a largement payé pour les victimes d’une catastrophe dont il dit être étranger, voire victime ( ?).

Pour les salariés/es de TOTAL : Ayant fait cause commune avec leur entreprise, ils ne peuvent faire autrement que la suivre ! ! !

Pour les victimes hors entreprise : Elles veulent savoir et croient (encore) en la Justice.

En conclusion : tout est en place pour que rien ne se passe. Le troisième procès ne règlera rien,… il y aura peut-être un quatrième, voire un cinquième procès…

           Jusqu’à ce que LE COMBAT CESSE FAUTE DE COMBATTANTS !

 

                Alors, mais alors seulement, la Vérité sortira… peut-être !…….

 

Peut-être que tout ce raisonnement est absurde… à chacun/une d’en juger !

 

 

                        Janvier 2017                                                                        Patrick MIGNARD

AZF - 3e PROCES
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LE JOUR OU LE SOLEIL A OUBLIE DE SE LEVER

                  LE JOUR LE SOLEIL A OUBLIE

                                    DE SE LEVER 

          

                                «La lutte des classes existe, nous l'avons gagnée»

(Warren Buffett, milliardaire)

 

 

Si la conscience c’est l’intelligence d’une situation, la conscience de classe serait l’intelligence de la situation que des membres d’une classe sociale, ont de leur place sociale.

 

Au regard des deux derniers siècles et de l’évolution sociale, on est en droit aujourd’hui de réinterroger le concept… au risque de passer pour un hérétique aux yeux de certains.

 

Retour sur l’Histoire

 

Dire que c’est la conscience collective, la conscience de classe des plus opprimés qui, dans l’Histoire, a été le moteur des transformations sociales n’est pas conforme à la réalité des faits.

 

L’Empire Romain n’a pas été renversé par les esclaves qui étaient les principaux opprimés. Même si Spartacus, et les siens, ont fait preuve d’une conscience de classe, la concrétisation de celle-ci n’a pas été le moteur de leur émancipation.

 

On peut dire la même chose du système féodal qui n’a pas été renversé par la mise en pratique – la praxis - de la conscience de classe des paysans qui étaient les principaux opprimés. C’est la Bourgeoisie qui a pris le pouvoir et a imposé les lois de fonctionnement de son système à l’ensemble des classes sociales.

 

Et pour ce qui est du capitalisme ?

 

Si ce qui vient d’être dit est exact, on en voit tout de suite les implications concernant le capitalisme. Des générations de militants/es ont été formées sur la base d’un renversement du Capital par son principal adversaire, la classe ouvrière. Dans différents écrits de la fin du 19e siècle - début du 20e, ce renversement est d’ailleurs imminent. Or, rien de cela ne s’est produit. Le Capital malgré ses crises, les guerres épouvantables qu’il a suscitées, s’est toujours maintenu et est aujourd’hui particulièrement florissant, quoique nous menaçant à terme, tous.. La classe ouvrière n’a finalement pas eu l’intention de renverser le système, et s’est même acharné à s’y intégrer.

 

Même la Révolution d’Octobre (1917) qui devait être l’aube d’une humanité nouvelle s’est lamentablement effondrée (elle n’a pas tenu un siècle), après, il est vrai, avoir débuté de manière catastrophique (stalinisme)… Le capitalisme, sous sa pire forme, et avec des « cadres communistes reconvertis » a pris la succession… un comble !

 

Que faire ?

 

Il y a incontestablement une faille dans le raisonnement, dans les leçons qui ont été tirées de l’Histoire. Et aujourd’hui, avec les dérives vers lesquelles nous conduit le capitalisme, persister dans la même voie tient de l’obstination stupide et finalement du suicide.

 

Qu’il existe aujourd’hui, une conscience de classe, c’est possible, même probable, mais le lien qui peut-être fait entre cette conscience et la volonté de changement radical est complètement à revoir. On ne peut que douter d’un changement de système par la classe ouvrière (qui n’est plus, stratégiquement, celle du 19e siècle) dans un pays de capitalisme développé. Or ce schéma est toujours sous jacent aux raisonnements sur le changement… et y toucher tient du sacrilège pour certains/nes. La « dialectique de l’Histoire » n’est pas celle que l’on croit.

 

Il est urgent de repenser toute la stratégie du changement de système,… et l’Histoire nous apporte un certain nombre de réponses,… largement ignorées jusqu’à aujourd’hui.

 

Contrairement à ce que l’on a pu croire, un changement ne s’est jamais opéré spontanément, suite à un évènement brusque, changeant de fond en comble la société – théorie du Grand Soir dans ses différentes versions comme la Prise de la Bastille (1789) ou la Prise du Palais d’Hiver (1917) entre autres…

 

Tout système nouveau s’est construit dans l’ancien système et a émergé suite à un/des évènement/s décisif/s et largement imprévisibles.

 

Une alternative ne se déclenche pas ; elle se construit dans des luttes quotidiennes ayant la volonté de faire émerger des relations nouvelles, des solidarités nouvelles, minant ainsi l’ancien système qui, peu à peu, s’écroule. C’est ce qui a assuré le succès de la Bourgeoisie, c’est ce qui a manqué à la classe ouvrière en Russie en 1917.

 

Toutes les luttes alternatives qui se mènent aujourd’hui, bâtissent ce monde nouveau,…elles sont à soutenir et à généraliser. Ce ne sont pas les pratiques politiciennes (élections, manifestations, pétitions, déclarations des partis politiques traditionnels,…) qui feront progresser, de manière déterminante, le progrès social.

 

La transition est une chose trop sérieuse pour la réduire à de vieux modèles qui, certes séduisants, n’ont jamais fonctionné.

 

 

                        Octobre 2017                                                   Patrick MIGNARD

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1er MAI 2009 A BERLIN

Chronique d’une provocation annoncée

Le ton a été donné dès la veille par la presse allemande – Die Welt (droite) – annonce un 1er mai particulièrement violent… alors qu’aucun groupe politique ne fait la moindre déclaration… Une véritable « intuition ».

Dès le 30 avril, des milliers de policiers ( leur nombre est estimé entre 5000 et 7000) convergent de toute l’Allemagne sur Berlin, et plus particulièrement sur le quartier de Kreutzberg.

Dès la matinée du 1er Mai – je suis sur place – la situation est calme dans le quartier qui se prépare à une véritable fête populaire – activité intense avec de multiples installations de podium de musique, stands, jeux,…

Les rues menant au quartier commencent à être barrées par des véhicules de polices qui peu à peu bloquent littéralement le quartier… les convois policiers arrivent sans cesse.

Début d’après midi dans le quartier, la fête bat son plein, une foule immense, où se mêlent jeunes et vieux, familles, groupes de musique… Ca sent bon la pâtisserie et la viande grillée… Le métro déverse une foule joyeuse qui vient manifestement faire la fête.

La Police a totalement bouclé le quartier véritablement encerclé comme un ghetto.

Les affrontements commencent vers 18 heures, soit beaucoup plus tôt que lors des 1er mai précédents. Qui a commencé ? Bien malin celui qui pourrait le dire.

Le concept de « désescalade », stratégie mise en place par la police a complètement échoué, elle consistait cette fois, d’après le Die Tageszeitung, du 5 mai à isoler la tête de manif ( ?) à la fin de celle-ci… conclusion, un beau gâchis, et tout ce qui ressemble à une provocation... Mais présentée par les autorités comme une « prévention » ( ?)

Les médias ne montreront que ça, les affrontements, faisant croire que la Police a été agressée et s’est défendue.

Une question se pose tout de même. Que faisait-elle là ? Que ou qui protégeait-t-elle ? En quoi une fête populaire méritait-elle d’être traitée de la sorte ?

Bien sûr aucune réponse n’a été apportée à ces questions.

On ne peut pas ne pas imaginer que si l’État allemand avait voulu qu’il y ait des affrontements, il ne s’y serait pas pris autrement. La situation n’exigeait manifestement pas une telle présence, et il savait très bien qu’agir ainsi c’était mettre le « feu aux poudres ».

L’État allemand réagit ainsi de la même manière que l’État Français (voir les provocations policières de la manifestation du 19 mars), et comme tout État en période de crise,… il provoque des incidents, des affrontements pour mieux les réprimer et détourner ainsi l’attention du « bon peuple » par des images de violences et apparaître comme le garant de l’ordre et de la sécurité …

Patrick MIGNARD

9 Mai 2009

1er MAI 2009 A BERLIN
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MANIFESTATION ET PROVOCATION

Le pouvoir actuel a trouvé un excellent, mais très classique moyen pour déconsidérer les manifestations qui, depuis des semaines, battent le pavé de nos villes.

Usant à profusion de tout un langage adapté pour susciter l’indignation : pillards, casseurs, violents, prise d’otages, blocage… il essaie de compenser le rejet qu’il inspire aux yeux d’une opinion publique qui lui échappe, en détournant l’attention sur des évènements qu’il provoque.

L’ART SUBTILE DE LA PROVOCATION

De tout temps et quelle qu’ait été, la police, elle a toujours été un instrument de répression mais aussi de provocation.

Provoquer c’est, pour le pouvoir, déclencher une action illégale, qu’il ne peut assumer ouvertement, qu’il attribue publiquement à l’adversaire et dont il espère le rejet par l’opinion publique.

Montrer la violence, arrêter, juger, condamner,… a une double fonction :

- punir celles et ceux qui osent,

- dissuader toute action de contestation,

Une action non violente, massive et qui dure est parfaitement insupportable pour le Pouvoir, surtout si elle est populaire… il faut absolument la détourner et la dénaturer. C’est là qu’intervient la provocation.

La provocation policière c’est, utiliser soit des membres de la police « déguisés » ( voit PHOTO) en manifestants et qui « agressent leurs collègues » en espérant entraîner de vrais manifestants, soit c’est s’acheter – pécuniairement - des provocateurs – non membres de la police – ou faire en sorte, en exerçant un chantage sur de petits délinquants (remises de peines, abandon de poursuites,…), qu’ils jouent le rôle de provocateurs.

Seuls les naïfs peuvent croire qu’une police qui se dit « républicaine » n’aura jamais recours à ce genre de procédé… L’Histoire – et même l’Histoire de ces derniers jours - nous éclaire abondamment sur ce dont elle est capable.

Une fois la provocation accomplie, la violence consommée, le cœur des « bien- pensants » a beau jeu de jouer les vierges effarouchées devant une opinion publique qu’elle essaye de manipuler.

PROVOCATION ET VIOLENCE SOCIALE

Mais va-t-on me dire, il n’y a pas que des provocateurs-policiers qui provoquent des incidents violent. C’est tout à fait exact !

Il est vrai que les jeunes, dits « des banlieues », exclus, méprisés, socialement désintégrés, victimes du racisme, de l’exclusion de l’emploi, traqué par les flics, victimes des contrôles au faciès, « accidentellement » renversés par la Police… qui se débrouillent comme ils peuvent pour survivre, sont tout à fait disposés à ne prendre aucun gant avec une société qui leur réserve un tel sort. Un moment de mobilisation sociale est aussi pour eux un moment d’expression qu’ils font avec « ce qu’ils savent faire »,… on peut même dire un « moment d’exister socialement ». Il n’est pas question de justifier la forme de leur expression,… d’un point de vue politique, absurde,… mais d’en comprendre le sens profond,…ce qu’elle exprime,… ce à quoi se refuse le Pouvoir.

Et même si ces faits étaient – en partie - l’œuvre de ces jeunes (ce qui n’est pas toujours le cas) – quel sens y a-t-il de les présenter systématiquement comme des personnage « hors scénario » social, des « extra sociaux » qui n’appartiennent finalement pas à la société des gens ordinaires (donc « respectables »)… une manière de les « surexclure » ? Jeter l’anathème sur eux c’est faire preuve d’une incompréhension totale, ou d’un refus de reconnaissance, du degré de décadence de notre société, de notre système,… car ils sont aussi un symptôme de la dégradation sociale que nous vivons aujourd’hui.

La violence policière s’articule parfaitement avec cette violence sociale, celle des exclus, des méprisés, des ghettoïsés … et les mercenaires du pouvoir ne s’y sont pas trompés quand ils se « déguisent en jeunes de banlieues ». La provocation policière exploite cette fracture sociale.

Une fois accepté socialement, médiatiquement le terme générique de « casseur », alors on peut faire impasse sur l’essentiel et ne s’en tenir qu’à l’écume de la réalité sociale,… écume largement entretenue par les médias.

L’OMERTA SOCIALE

De tous ces faits, que chacun peut facilement constater, rien dans les médias, rien dans la classe politique, rien dans les syndicats. Rien bien évidemment dans les organisations syndicales policières, grandes donneuses de leçon de civisme… sauf quelques rares individus que l’on fait vite taire et que l’on marginalise.

Il y a comme une sorte de consensus visqueux, un « républicanisme » naïf qui attribue à la Police les valeurs – tout à fait théoriques – attribuées à la République (?). La République est devenue une sorte de mythe, dont on oublie un peu rapidement qu’elle « couvre » et légitime un système d’exploitation, d’exclusion, et que pour se faire « respecter » elle utilise des mercenaires qui sont sa force de frappe…

Que la classe politique fasse silence sur de telles pratiques, on peut le comprendre. Parasite de la société elle a tout intérêt à ce que l’ordre actuel soit par tous moyens assuré. Mais que dire de l’attitude du bon peuple, de nous ?

De même que pendant des siècles il se rendait dévotement à la messe, craignait Dieu et faisait confiance au clergé, aujourd’hui il adopte la même attitude à propos de ce que l’on veut lui faire croire : il vote, croit les politiciens et est persuadé que la Police est là pour le protéger. Il va même jusqu’à être compréhensif à l’égard des « robocops » qui le brutalisent en disant qu’ « ils ne font qu’obéir aux ordres »… grandeur charitable des âmes simples !. Quand à ceux qui les commandent, les politiciens, il – le peuple - est prêt à revoter pour eux… ce qui se reproduit d’ailleurs à chaque élection… grandeur et servitude du masochisme !

Un tel aveuglement, entretenu par tout ce qui constitue les « faiseurs d’opinion » ne peut aboutir qu’à un désastre social, à une impasse illustrée aujourd’hui par des manifestations à répétition dont le pouvoir se fout totalement et donnant lieu à de ridicules polémiques sur les chiffres, de vaines protestations et à terme à un écoeurement général générateur de… violence sociale.

Ainsi la boucle est bouclée mais… rien n’est résolu.

Octobre 2010 Patrick MIGNARD

Voir aussi :

« VIOLENCE ET CHANGEMENT SOCIAL »

« LUTTE SOCIALE ET REPRESSION »

MANIFESTATION ET PROVOCATION
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                                     LA RUE ET L’URNE

 

 

Tous les pouvoirs, tous, sans exception, ont eu peur, et auront peur de la rue. Très utile à flatter, intoxiquer, manipuler pour prendre le pouvoir, elle est immédiatement à surveiller une fois le pouvoir pris.

 

«  Le pouvoir n’est pas dans la rue ». Ce leitmotiv de tous les pouvoirs résume bien la rupture qui, fondamentalement, existe entre le pouvoir et la société civile.

 

Dans un système totalitaire il s’agit d’une évidence que le pouvoir revendique et assume, aussi bien idéologiquement que « policièrement ». Le pouvoir par définition ne saurait se partager avec la rue et possède une « légitimité » qui n’a rien à voir avec elle.

 

Dans un système qui se veut « démocratique » le rapport entre la rue et le pouvoir est autrement plus complexe. Ici, la légitimité du pouvoir réside dans la société civile.

Mais attention, la société civile n’est pas la rue. On pourrait définir la société civile comme la « rue policée, sage ». Le pouvoir qui se veut démocratique donne la possibilité à la rue de s’exprimer. Pour cela il met en place des règles qui lui permettent de fonder sa légitimité. C’est le vote qui assure cette fonction.

L’urne plutôt que le pavé en quelque sorte.

 

L’affaire semble entendue, et pour le pouvoir elle l’est. Pourtant les choses ne sont pas aussi simples qu’elles en ont l’air. Pourquoi ?

 

Il y a la question de la minorité, qui peut toujours revendiquer une part du pouvoir,… mais il suffit de lui faire une « petite place » et de la « désintéresser »,… ce dont le pouvoir ne se prive pas.

 

Mais là n’est pas le vrai problème. Celui-ci réside dans le processus même de l’élection.

 

Si, à l’origine de la consultation électorale – sur un principe universel - on peut imaginer que la manière d’être élu était relativement simple et sain, très rapidement la machine électorale est devenue très complexe, onéreuse, mensongère et parfaitement anti démocratique.

 

Tout le monde peut se présenter à une élection et s’exprimer librement ! Certes,… sauf que :

 

  • la procédure électorale a vite été confisquée par les partis politiques qui ont regroupé, outre les fidèles gestionnaires du système en place, des arrivistes, aventuriers, démagogues,…Toute une faune d’individus qui sont devenus des professionnels de la politique, ce qui explique. aujourd’hui le discrédit de la « classe politique ». Pour participer au pouvoir, faire allégeance à ces partis est indispensable sauf à être très riche !
  • toute campagne électorale exige une grosse mise de fonds, d’où tous les scandales sur le financement des partis politiques.  qui contrôlent l’ensemble des opérations,… d’autant plus que,
  • les moyens d’expressions, quoique « libres » sont parfaitement contrôlés par les partis, mais aussi et surtout, par les financiers qui ont un quasi monopole sur les médias (journaux, télévision,…). En France l’oligarchie médiatique est entre les mains de six magnats milliardaires, liés aux politiciens en place ou en instance de pouvoir.

La boucle est bouclée.

 

La démagogie sans limites des politiciens qui promettent, tout et n’importe quoi, est la cerise sur le gâteau qui fait que la consultation électorale… formellement libre, est complètement parasitée, dénaturée, par les conditions dans lesquelles elle se déroule.

 

Il ne faut pas oublier d’ajouter le rôle des lobbys qui tournent autour des élus et les corrompent, faisant de l’intérêt général un terme vide de sens.

 

L’urne est ainsi le puit sans fond où se noie la naïveté du citoyen et où s’alimentent les pratiques sans scrupules des politiciens.

 

                                                                       °

 

On peut comprendre dés lors que la rue, devant autant de mensonges et de démagogie, se rebiffe,… même celle qui a voté. C’est alors que le pouvoir en place sort son arme favorite : sa légitimité. Formellement, il a raison,… mais que vaut une légitimité dans ces conditions ?

 

Le pouvoir a prévu ce cas de figure et a décrété – « démocratiquement » - que l’on pouvait, dans la rue manifester son désaccord !... Mais à une condition, c’est que ça ne change rien ( ?)… d’où l’affirmation : «  Le pouvoir n’est pas dans la rue ».

 

La société civile est donc doublement pénalisée : d’une part elle a été trompée, d’autre part elle est obligée de se mobiliser pour, éventuellement, infléchir le pouvoir.

 

Même, dans le cas de mobilisation de la rue, le pouvoir a des moyens à sa disposition. Outre les forces de répression, il sait diviser l’opinion, promettre, engager des négociations secrètes avec les syndicats, faire durer le conflit, procéder à des provocations, jouer sur la peur, du terrorisme entre autre, manipuler l’information,… en attendant les prochaines élections où tout ce cirque recommencera !…

 

                                                                       °

 

On est en droit de se demander si l’on ne nous prend pas pour des imbéciles,… ce qui est évidemment  le cas ; le Peuple se faisant avoir chaque fois.

 

 

            Septembre2017                                                            Patrick MIGNARD

LA RUE ET L'URNE
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Publié dans : #SPECIAL TOULOUSE
CHINOISERIES

Aéroport de Toulouse : "les masques vont tomber dans les sept prochains mois"

Par Florine Galéron  |   15/09/2017

Au-delà du départ symbolique de Jean-Michel Vernhes de la tête de l'aéroport de Toulouse, la plateforme pourrait connaître un nouveau tournant au printemps 2018 puisque l’État doit décider s’il met en œuvre l’option de vente à Casil Europe des 10 % de ses parts restantes d’ATB. Pour les opposants à la privatisation, "les sept prochains mois seront cruciaux pour l'avenir de l'aéroport".

Révélée ce jeudi par La Tribune, l'annonce du remplacement surprise de Jean-Michel Vernhes de la présidence du directoire de l'aéroport de Toulouse* est hautement symbolique. À la tête de la plateforme aéroportuaire depuis 1999, Jean-Michel Vernhes est une figure du transport aérien. "Il a mené pendant des décennies une gestion saine de l'aéroport jusqu'à l'arrivée de Casil Europe (en avril 2015, cette société chinoise a racheté 49,99 % des parts de la société Aéroport Toulouse-Blagnac (ATB), auparavant détenues par l'État, NDLR). Avant ce rachat, l'aéroport ne reversait que la moitié des bénéfices aux actionnaires et pas l'intégralité comme maintenant", estime Marc Péré, président de Métropole citoyenne, groupe politique d'opposition au conseil communautaire de Toulouse Métropole.

Ce dernier présentera une motion en assemblée le 3 octobre prochain pour dénoncer "une spoliation", mettant en cause "la gestion financière de l'aéroport au service du développement économique de notre territoire, et non au service d'intérêts financiers qui menacent son avenir".

L'actionnaire chinois va-t-il devenir majoritaire ?

"Les sept prochains mois seront cruciaux pour l'aéroport, afin de savoir si le capital reste dans les mains de la puissance publique", lance Marc Péré. À partir du 18 avril 2018, l 'État aura en effet six mois (renouvelable une fois) pour décider s'il met en oeuvre l'option de vente à Casil Europe de ses 10,01% de parts restantes. Avec 60% des parts, l'actionnaire chinois deviendrait majoritaire au sein du capital de l'aéroport.

Les actionnaires locaux qui détiennent les 40 % de capital restant (CCI 25 %, Département 5 %, Région 5 % et Métropole 5 %) veulent tout faire pour empêcher cette prise de contrôle de Casil Europe. "Nous serons prêts à examiner le rachat d'une partie ou de l'intégralité des 10,01%", explique par exemple Bernard Keller, vice-président de Toulouse Métropole en charge de l'aéronautique. "On pourrait même imaginer une participation citoyenne", complète Pascal Boureau , représentant du Conseil départemental de Haute-Garonne au sein du conseil de surveillance de la société ATB.

Mais pour les opposants à la privatisation, le mal est déjà fait. Marc Péré dénonce notamment les 7,85 millions d'euros de dividendes versés aux actionnaires fin juin dont 1,5 million issu des réserves financières de l'aéroport.

Christophe Lèguevaques, l'avocat du collectif contre la privatisation d'ATB pointe de son côté "un double discours" :

"L'offre présentée par l'actionnaire chinois prévoyait 800 millions d'euros de travaux pour développer l'infrastructure aéroportuaire. Or, on s'aperçoit que les actionnaires empruntent via les dividendes et les réserves de l'aéroport l'argent nécessaire pour réaliser des travaux. Autre double discours, la société avait évoqué oralement une aide au développement économique local notamment sur le Parc des Expositions ( et la troisième ligne de métro, NDLR) mais ce n'est pas le cas. Les masques vont tomber dans les sept prochains mois".

De leur côté, les actionnaires locaux estiment que cette stratégie répond à une logique économique.

"Casil Europe a investi 300 millions d'euros et escompte un retour sur investissement. On a toujours su que c'était du pipeau, que l'actionnaire n'irait pas donner de l'argent pour des investissements non rentables", avance Pascal Boureau.

Même raisonnement pour Philippe Robardey, président de la CCI de Toulouse qui estime qu'"il fallait une grande naïveté pour penser que Casil Europe allait investir sans retour sur investissement".

Deux ans après la cession des parts de l'État, le feuilleton judiciaire n'est pas terminé. Le collectif opposé à la privatisation a déposé un recours devant le tribunal administratif contre l'opération, la décision en appel est attendue pour le premier trimestre 2018.

*Contactée par la rédaction, la direction de l'aéroport de Toulouse n'a pas souhaité s'exprimer sur le sujet.

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L’ATTENTE

Il y a deux attitudes qui nous détruisent peu à peu et nous conduisent à la catastrophe c’est :

  • ils trouveront bien « une solution »,
  • avec le temps ça finira bien, comme chaque fois, par s’arranger.

Le drame c’est que ce sont des attitudes qui se veulent pleine de sagesse et de bon sens. Elles expriment en fait un attentisme anti-citoyen… qui frise l’inconscience et fait le lit au défaitisme sous toutes ses formes. Le 20e siècle devrait nous servir de leçon !

Ne nous méprenons cependant pas, cette attitude est le pur produit d’un « républicanisme » primaire qui nous a fait croire, et continue à nous faire croire, au travers de l’École, de la vie et des discours politiques que nous avons atteint un sommet dans l’organisation économique, politique et morale et que les institutions de la République sont à même de répondre à toutes les questions et de résoudre tous les conflits.

En dehors de la désignation de nos représentants, il n’y a donc rien à faire d’autre que d’attendre.

Les politiciens nous exhortent en disant : Mobilisez vous ! Agissez !... Mais ça veut dire concrètement quoi ?

Posons le problème autrement : que peut faire un citoyen en dehors d’attendre ?

On lui demande simplement de bosser, s’il a du boulot, et de payer… en dehors de ça il « ferme sa gueule » et ne se déplace que pour aller voter. Toute autre attitude est qualifiée d’antirépublicaine, antidémocratique,… et s’il gueule un peu fort il se fait qualifier de terroriste. Même les manifestations ne servent plus à rien !

Le dialogue ? OK,… mais à condition qu’il ne change pas les positions de départ du pouvoir, qu’il respecte les principes du système, qu’il fasse comme s’il pensait que les choses allaient changer ! Le changement c’est toujours maintenant !

 

Toute autre attitude reçoit sa sanction :

  • si l’on se révolte, on nous réprime,
  • si l’on se suicide on nous plaint
  • si l’on ferme sa gueule et que l’on vote et l’on paye, on est considéré comme un bon citoyen.

ATTENDRE,… mais attendre quoi au juste ?

19 février 2013

 

 

 

L'ATTENTE
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BOUFFE ET TAIS TOI !

L’affaire des « lasagnes » à la « viande de bœuf pur cheval » montre une chose que nous savons depuis longtemps : on nous fait bouffer n’importe quoi. Même si, dans ce cas, il n’y aurait aucun risque sanitaire – encore que !- la preuve est, une fois encore, faite que tout est possible… En matière de rentabilité et de spéculation sur l’alimentaire, le pire n’est jamais loin. Des exemples ?

Il est vrai que nous sommes, en partie, conditionnés et soumis à une alimentation industrialisée, ne serait-ce que par notre manière de vivre, de travailler. Notre mode de consommation n’est pas « autonome », nous sommes piégés par nos conditions de vie. Cependant, une marge de liberté nous reste, que nous ne saisissons pas, par commodité, paresse, laisser-faire… Changer nos habitudes exige quelques petits efforts et de l’imagination…

Qui peut faire confiance aujourd’hui en une Europe libérale, où règne une déréglementation initiée par les eurocrates, exclusivement propice aux affaires et où les politiciens (les élus) ne découvrent les catastrophes qu’une fois qu’elles se sont produites ? Nous n’avons aujourd’hui aucune garantie sur la qualité de notre alimentation. Les chaînes de production sont en fait incontrôlables et celles de distribution soumises à la spéculation et aux lois du marché (voir le rôle des traders et de la spéculation sur les marchés de l’alimentation !)

Y a-t-il une/des/ solution/s ? Oui ! Pas globale/s bien sûr,… Mais nous avons des marges d’action.

Sous quelles formes ? La production, les marchés de proximité, les circuits courts.

Il nous faut impérativement nous obliger à avoir, au maximum, recours à ces circuits… ça demande de l’initiative, de l’organisation avec les voisins, de l’attention sur ce qui se passe autour de nous. Les producteurs locaux, mis en grande difficulté par la production industrielle, résistent,… si nous ne les soutenons pas, ils vont disparaître et après eux ce sera le champ libre pour les empoisonneurs industriels.

Il n’y a aucun snobisme à avoir recours à la production locale, contrairement à ce que clament les empoisonneurs. Y avoir recours va les aider à se développer, à prospérer, à faire baisser les prix… les circuits vont se perfectionner, se stabiliser et finalement correspondre à nos besoins et à ceux des générations qui nous suivront.

La vie moderne nous a isolés, individualisés, atomisés ? Nous sommes pieds et poings liés par la publicité et les circuits de la grande distribution.  Notre libération ne se fera pas en un seul coup, mais nous pouvons dès à présent nous donner les moyens de fonctionner autrement sur des produits essentiels et de première nécessité. Des Associations pour le Maintien de l’Agriculture Paysanne et des Coopératives d’Utilisation du Matériel Agricole existent partout et sont prêtes à la vente directe.

Il y va à terme de notre santé, de celles de nos enfants et de nos petits enfants !......

11 février 2013

BOUFFE ET TAIS TOI !
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ETRANGER ET DROIT DE VOTE

Déjà qu’ils mangent notre pain, respirent notre air, boivent notre eau, parfois épousent nos femmes… il ne manquerait plus que les étrangers aient le droit de vote ! Ce droit de vote qui nous donne notre identité de citoyen (et on en est fier Monsieur !) et pour lequel « des gens sont morts » (nos ancêtres, pas les leurs, Monsieur !).

Passe qu’ils bossent (il ne manquerait plus qu’ils ne foutent rien), qu’ils paient leurs impôts (non mais !...)….

Bon OK, ce sont des êtres humains (on n’est pas raciste), mais ils ne sont pas comme nous,… sinon ils seraient Français (CQFD)…Or, ils sont étrangers !... Ca se voit du premier coup d’œil puisqu’ils ne sont pas comme nous. C’est vrai aussi qu’il y a des Français qui leur ressemblent,… mais enfin ce n’est pas pareil,… ils sont Français eux,… encore qu’il faille vérifier leur identité… On ne sait jamais !

Et puis, si ces étrangers votent, que vont-ils voter ? Allez savoir,… puisqu’ils ne sont pas Français !... Un Français vote pour la France,… mais un étranger ?,… il serait bien capable de voter pour l’étranger,… enfin presque, ou peut-être,… ils sont capables de tout ! Et puis le bureau de vote c’est le seul lieu aujourd’hui où l’on ne rencontre pas d’étrangers !... Logique, puisqu’ils n’ont pas le droit de vote ! … On se sent entre Français ! Encore qu’il y en a, on dirait des étrangers !...

Et puis, depuis le temps qu’on vote (entre Français), on est toujours dans la merde,… imaginez un peu si les étrangers votent aussi,… on sera encore plus dans la merde. Pourquoi ? Euh… parce qu’ils vont voter comme nous ! On ne voit d’ailleurs pas comment ils pourraient voter autrement ! Donc, votant comme nous, ils vont nous mettre encore plus dans la merde, ou du moins pas nous en sortir !… Déjà qu’on n’a pas besoin d’eux pour y être !

Et puis,… veulent-ils vraiment voter ? Faudrait leur demander, faire une consultation, leur demander de s’exprimer,… Mais ce n’est pas possible d’organiser une consultation, un vote, puisqu’ils n’ont pas le droit de vote ! C’est à nous de décider,… mais peut-on décider pour des étrangers… Ce serait s’immiscer dans leurs affaires. Encore faudrait-il qu’ils nous donnent le droit de voter pour savoir si on leur accorde ce droit.

Plaisanterie à part !.....

Quand je pense qu’il y a quarante cinq ans nous défilions dans la rue en hurlant « ELECTIONS PIEGE A CONS »… on est vraiment tombé dans le piège !... Et on voudrait y entraîner les étrangers ?

Bah !... Finalement on peut leur donner ce droit de vote,… ça prouvera au moins qu’ils sont aussi incapables que nous à changer cette société … et réciproquement !

Ils sont étrangers mais pas plus différents que nous ! C’est aussi ça l’Egalité !

Il y a plus à craindre de « l’impuissance des urnes » que du vote des étrangers.

 

10 février 2013

ETRANGER ET DROIT DE VOTE
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LA PAUVRETE EN EUROPE CA N’EXISTE PAS !

Quand COLUCHE en 1986 avait lancé l’idée d’utiliser les surplus agricoles européens pour aider les pauvres, l’idée pourtant évidente, n’avait pas effleuré les politiciens de l’époque. Sa grande gueule et sa ténacité avait eu raison des lourdeurs et pudeurs bureaucratiques… et cette idée simple avait pu se concrétiser.

La mesure était évidemment conjoncturelle,… l’Europe ne pouvant aller que vers l’abondance, la croissance et le bien-être général !...

Le problème c’est que la pauvreté s’est depuis étendue en Europe, que celle-ci a intégré des pays encore plus pauvres et que… les surplus agricoles ont en grande partie disparus.

Disparus ? Comment ça ? Les fameux surplus n’étaient que le résultat du délire productiviste qui a régné en Europe depuis la fin de la guerre et ont perturbé pendant des années les marchés agricoles européens. Mais les technocrates européens ont su jouer de la logique des marchés pour « rationaliser » les productions et faire en sorte que s’ajuste l’offre des productions à la demande… le tout dans un contexte de réorganisation des productions entre les pays. Donc plus, ou presque plus, de stocks.

Reste la pauvreté qui elle a augmenté. Il a fallu remplacer les stocks – des valeurs d’usages bien concrètes – par de l’argent, D’où sortir cet argent ? Des budgets bien sûr ! Mais qui va payer ? Bonne question ! Les pays qui n’aident pas leurs pauvres (Allemagne, Grande Bretagne) rechignent, les pays qui les aident et ont peur de l’explosion sociale (Italie, Espagne, France, Roumanie) réclament.

L’aide sociale est-elle une vocation européenne ou doit-elle être seulement nationale ? Bonne question !

Devinez la réponse donnée par les uns et les autres.

Le fondement de ce qu’est l’Europe donne une réponse claire : le grand marché européen ne connaît pas la pauvreté il ne connaît que la « demande non solvable »…Nuance ! Ce qui est une manière élégante et technocratique de dire que la pauvreté, économiquement, n’existe pas. Le social serait une affaire intérieure des Etats… Que chacun assume et se débrouille.

Finalement ce qui domine en Europe aujourd’hui ce sont les intérêts nationaux sur les intérêts communautaires, les intérêts des riches au détriment des pauvres… Les seuls qui tirent leur épingle du jeu ce sont les marchés et en particulier les marchés financiers internationaux.

L’internationalisme n’est décidément plus ce qu’il a été,… à une certaine époque.

 

9 février 2013

 

 

 

 

 

LA PAUVRETE EN EUROPE CA N'EXISTE PAS
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LES FAUX-CULS

Il y a quand même quelque chose d’ahurissant dans le déferlement d’hommages à l’occasion de la disparition de Stéphane HESSEL. Cet homme, ce progressiste, résistant, défenseur des principes économiques et sociaux du Conseil National de la Résistance (CNR), ce pourfendeur des inégalités sociales et du gouffre dans lequel nous précipite le système politique et économique actuel,… trouve des admirateurs parmi cette classe politique qui gère ce système. ( ?)

Ils ne manquent pas d’air celles et ceux qui, au Gouvernement aujourd’hui disent se reconnaître dans la philosophie de Stéphane HESSEL, ceux là mêmes qui ont manipulé et violé la décision populaire de refuser le Traité Constitutionnel Européen en 2005 et se sont prêtés, avec la Droite à son passage en force parlementaire en 2008 (Traité de Lisbonne)… dont on voit les dégâts aujourd’hui partout en Europe.

Ils n’ont aucune honte celles et ceux qui, au Gouvernement  aujourd’hui disent être en accord avec la pensée de Stéphane HESSEL, ceux là même qui sont en train de revenir sur tous leurs engagements électoraux en matière économique et sociale, qui mènent la même politique de rigueur que la Droite : accroissement de l’exclusion, développement des inégalités, liquidation des services publics, effondrement du système de protection sociale, privatisations, liquidation du système de retraites.

Tous ces faux-culs sont en train de détruire ce qui constituait le fondement même de la pensée politique, économique et sociale du CNR.

Il est de bon ton de verser des larmes de crocodiles sur un personnage qui force le respect. Ça permet, du moins on l’espère de s’approprier à bon compte une partie de sa notoriété et de la sympathie qu’il inspire.

Le spectacle de l’émotion officielle et des déclarations larmoyantes masque, du moins on l’espère, l’ignominie du double discours.

Celles et ceux qui se prêtent à cette répugnante pratique n’ont aucun respect, ni pour celui qui vient de disparaître et qui est instrumentalisé, ni bien sûr pour celles et ceux pour qui le spectacle est organisé.

Le comble du ridicule et de l’abjection serait l’organisation de funérailles nationales, car soyons sérieux… ce genre de spectacle n’est pas fait pour le défunt,… et pour cause, mais pour mettre en valeur, celles et ceux qui veulent se montrer dans la lumière rayonnante du personnage qu’ils sont en train de trahir.

Ces faux-culs n’ont pas peur de l’INDIGNATION chère à Stéphane HESSEL,… on peut –être indigné et soumis. Ce dont ils ont peur c’est de la REVOLTE, de l’action qui au-delà de l’indignation change la donne économique et sociale.

1er mars 2013

LES FAUX CULS
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Privatisons ses obsèques

Ken Loach

 

 

C'était une combattante et son ennemi était la classe ouvrière britannique. Ses victoires, elle les a obtenues grâce à l'aide des figures politiquement corrompues du Parti travailliste et de nombreux syndicats.

 

C'est à cause des politiques mises en place par elle que nous sommes aujourd'hui dans cette situation. D'autres Premiers ministres ont suivi son exemple, notamment Tony Blair. Elle a tiré les ficelles, il fut sa marionnette.

 

Souvenez-vous qu'elle a qualifié Mandela de terroriste et qu'elle a pris le thé avec Pinochet, ce tortionnaire et assassin.

 

Comment lui rendre hommage ? En privatisant ses obsèques. Faisons jouer la concurrence et allons au moins offrant. C'est ce qu'elle aurait voulu.

 

PRIVATISONS SES OBSEQUES
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« LACHETE CITOYENNE »

 

Oxymore ? Oui, apparemment ! Le terme est excessif ? Peut-être, mais cessons de nous voiler la face !

 

L’Histoire n’est pas faite que d’actes héroïques, même si ce sont eux que retiennent généralement les livres d’Histoire. L’Histoire est faite aussi de grandes et petites lâchetés, individuelles et collectives… qui ont fait des millions de victimes.

 

La passivité du peuple, son attitude lymphatique, voire son indifférence, peuvent être, et sont perçues comme une qualité dans les moments de calme et de stabilité,… cela s’appelle la paix sociale. La même attitude, dans un moment de crise s’apparente à de la lâcheté et à de la trahison par rapports aux idéaux dont il se réclame. Faut-il citer des exemples ?

 

Aujourd’hui nous sommes en crise profonde, à la croisée des chemins, dans une situation où les acquis des générations qui nous ont précédés sont progressivement liquidés,… par des individus que nous avons-nous même mis au pouvoir… Et l’on a le toupet de gueuler ! Mais c’est contre nous que nous devons gueuler !

 

Face à ce qui devient une catastrophe globale –économique, sociale, politique, morale, écologique – quelle attitude a le peuple ? Rien.… Il fait ce que ce leur réclame ceux qui sont en train de le spolier ( ?). Si demain il y a de nouvelles élections, dans le « moins pire des cas », il reconduira les mêmes ( ?), dans le pire il mettra l’extrême droite au pouvoir… pour se plaindre ensuite des évènements qui ne tarderont pas à se produire.

 

La classe politique joue sur cette lâcheté, s’en alimente, la flatte en faisant croire que c’est une « attitude citoyenne et responsable ». Cette attitude permet de garder le statut quo et fait en sorte que rien ne change, que les uns succèdent aux autres et réciproquement, pour le grand bénéfice de leurs intérêts… bref, l’alternance.

 

Les organisations politiques, engluées dans la défense de leurs intérêts, accrochées à des idéologies obsolètes, menées par des leaders qui veulent leur part du gâteau, prêtes à tout pour accéder au pouvoir (FN), n’offrent aujourd’hui aucune perspective.

 

Faire preuve de courage aujourd’hui c’est :

Refuser clairement à tous ces politiciens la légitimité qu’ils réclament. Les ignorer.

S’organiser en structures alternatives en créant un rapport de force avec le système économique dominant, comme certaines et certains commencent à le faire.

 

Toute autre voie est une voie de soumission.

 

6 avril 2013

 

 

"LACHETE CITOYENNE"
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SYRIE : LE CLAIR /OBSCUR

 

Souvenez-vous : 1936-37-38…l’Espagne

 

La pièce est d’un grand classique : unité de temps, unité de lieu, unité d’action.

 

Sur la scène, deux camps irréductibles, une lutte à mort, deux conceptions totalement incompatibles entre un fascisme avoué et des principes républicains, entre les défenseurs de l’oligarchie terrienne et ceux qui voulaient un changement social radical. Une lutte atroce où tous les coups étaient permis ;

 

Dans la salle, en spectateurs, les puissances européennes et quelques autres : les unes, les Etats fascistes prenant ouvertement et concrètement partie pour les fascistes (logique direz-vous !), les autres, les soutiens des républicains qui, soit par lâcheté, compromission ou stratégie politique, les soutiennent plus ou moins. Ceux-ci sont divisés, voire en conflits les uns avec les autres. Certains d’entre eux, soutenus par les soviétiques, sont un danger potentiel pour certains Etats favorables aux républicains, mais aussi pour des factions de la République.

 

Bref, le carnage se déroule aux yeux de tous, avec la détermination farouche des uns, les hésitations et les craintes des autres. La suite, on la connait !......

 

Il est vrai qu’il n’y a pas deux situations identiques dans l’Histoire, mais il y a des logiques, des comportements, des dynamiques qui sont identiques. C’est au nom, et en vertu, de la similitude de ces logiques que l’on doit pouvoir tirer des leçons de l’Histoire, sinon, ce travail est impossible et le travail de mémoire, inutile.

 

Revenons maintenant à la « pièce » qui se joue actuellement en Syrie. Bien sûr l’époque est différente, les acteurs sont différents, les enjeux, diplomatiques, politiques mais pas éthiques, le sont aussi. Peut-on affirmer, qu’au nom de ces différences, les logiques ne se ressemblent pas ?

 

Il est clair qu’on laisse un assassin continuer à exterminer son peuple avec le soutien d’un autre assassin – le bourreau de la Tchétchénie - mais reconnu et respecté, lui !

 

Il est clair que, dans le pays, l’opposition à l’assassin est divisée, voire hétérogène et peut même représenter à certains égards un risque de dérive dangereuse.

 

Il est clair que le soutien du « bourreau » à son protégé est connu de tous et que lui-même le revendique, dénonçant au passage tout soutien au camp adverse, ce qui est le comble du cynisme.

 

Il est, une fois encore, clair que rien ne sera fait pour arrêter le massacre.

 

On se gargarise officiellement  d’Histoire et de devoir de mémoire,… mais, au juste, ça sert à quoi ?

 

23 juin 2013

 

 

SYRIE
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QU’UN SANG NOUVEAU IRRIGUE NOS SILLONS….

 

Le monde paysan va mal, ce n’est pas nouveau. 10 millions d’actifs en 1945,… à peine 1 million aujourd’hui.

« Entre 2000 et 2013, plus de 90 000 exploitations agricoles de moyenne et grande taille ont disparu, soit une baisse de 24%. Au début des années 2000, la baisse était de 8 000 exploitations par an contre 5 000 au début des années 2010. Le nombre de petites exploitations a lui aussi diminué de 36% entre 2000 et 2010 ». (Le Monde 07/11/2014)

Le monde paysan va mal, mais pas pour tous les paysans…

A l’image de ce qu’a fait, et fait, le capital dans tous les domaines de l’activité économique,… il y a ceux qui perdent et ceux qui gagnent. Ceux qui perdent, ce sont ceux qui disparaissent, vaincus par la concurrence effrénée imposée par le modèle productiviste qui entend régner en maître dans nos campagnes. Ceux qui gagnent ce sont ceux qui absorbent les petites exploitations en faillites, qui investissent dans les engrais, les pesticides, les OGM, les structures agro-industrielles.

Tous sont « victimes » - et nous avec - des choix qui ont été faits il y a prés de trois-quarts de siècle… La peur panique, à la Libération, des risques de pénuries alimentaires a fait faire, en matière agricole, les mauvais choix dont nous payons le prix fort aujourd’hui.

La terre, comme l’acier ou le charbon, a été considérée comme une matière première manipulable et malléable à l’infini. Les pires excès ont été commis (remembrement par destruction des paysages ancestraux, utilisation massive d’engrais chimiques, d’insecticides, plus tard, élevages industriels, manipulations génétiques…). Les plantes et les animaux ont aussi été considérés comme de la matière première (OGM, hormones, alimentation chimique,…). L’objectif initial qui était d’alimenter la population s’est transformé en une fuite en avant dans la rentabilisation et la production à outrance. On a monté un modèle de production agricole comme un modèle de production industrielle.

Pourquoi a-t-on persisté dans l’erreur ?

Dans les années cinquante, rares sont celles et ceux qui ont une conscience écologique et anticipent les drames à venir. L’efficacité de la production les fait taire… jusqu’aux années 70.

Des affaires florissantes se constituent à partir de ce modèle – céréales et élevage – c’est sur ce terreau que croit la FNSEA qui devient très vite l’interlocutrice privilégiée des pouvoirs publics, garants de ce modèle de production. Dés 1946 la FNSEA apparaît comme l’élément essentiel de l’ «unité paysanne ». C’est elle qui va, jusqu’à aujourd’hui, accompagner le développement de ce modèle.

La construction européenne « redistribue les cartes » dans le sens d’une rationalisation des productions donc de concentrations inévitables. Les marchés structurent la distribution des productions mais aussi structurent les exploitations, les obligeant à renforcer les critères de sélection, de rentabilité. Le cercle vicieux est enclenché. Le piège se referme.

Toutes les dérives inhérentes à la production capitaliste apparaissent : disparition d’exploitations, guerre des prix, auxquelles s’ajoutent des phénomènes propres à l’agriculture: trafics en tous genres, industrialisation de l’élevage, manipulation des productions, complicité avec les industries chimique, pharmaceutique, phytosanitaire,…

Comme pour la métallurgie, la pêche, la chimie ou toute autre production, les pouvoirs publics, de gauche comme de droite, n’apportent aucune solution viable, pérenne et satisfaisante. Le processus est lancé, tout le monde le suit,… FNSEA en tête.

Il faudra attendre la prise de conscience écologique, fortement aidée par les grands scandales de l’agroalimentaire, pour que l’alerte soit donnée et que s’élèvent des voix critiquant le modèle industriel de production agricole.

A la fin des années 60 de nouvelles générations arrivent à la conscience politique. Le nouveau monde de la Libération est devenu un vieux monde qui est loin de tenir les promesses d’un avenir radieux. Les principes de la société qui apparaissaient intangibles sont soumis à la critique. La dégradation de l’environnement apparaît peu à peu dans ses multiples dimensions et en particulier dans les pratiques de l’agriculture. Après le mouvement des « Paysans travailleurs », apparaît en 1987 la Confédération Paysanne qui pose les fondements d’une agriculture respectueuse du travail paysan et de son environnement. Réflexion collective et actions concrètes irriguent ce mouvement citoyen, rejoint par d’autres catégories sociales, afin de jeter les bases d’un monde nouveau. Les drames et scandales agroalimentaires qui se multiplient renforcent et crédibilisent cette détermination.

La FNSEA maintient son cap, jonglant avec les lois du marché, les directives européennes, empochant des subventions, jouant parfaitement son rôle de lobby d’une agriculture productiviste et industrielle, voulant jouer le rôle de chef d’orchestre dans cette agriculture mortifère. Parallèlement, lentement mais sûrement, en rupture totale avec le modèle productiviste, émerge une autre conception du rapport à la terre, à ses produits et aux consommateurs.  L’esprit de la coopérative, de la mutualisation, de la solidarité, regagne le terrain perdu. Les CUMA (Coopératives d’Utilisation du Matériel Agricole), les AMAP (Association pour le Maintien de l’Activité Paysanne), les SEL (Système d’Echange locaux), les circuits courts,…deviennent les terrains d’expérimentation de nouvelles pratiques, gagnent de plus en plus d’adeptes – paysans et citadins - et ouvrent la voie à de nouvelles pistes soucieuses de la qualité des productions et du respect de la Nature.

 

La FNSEA, devenue un monstre bureaucratique, parfaitement intégrée à un système uniquement motivé par l’argent, entraîne, celles et ceux qui la suivent à la catastrophe et s’oppose agressivement et stupidement aux nouvelles pratiques porteuses d’un avenir viable. C’est l’émergence progressive de la prise de conscience citoyenne et sa pratique qui légitimera, de fait, et plus tard de droit, l’agriculture de demain.

 

11 novembre 2014

QU'UN SANG NOUVEAU IRRIGUE NOS SILLONS...
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LA RANCON DE LA MEDIOCRITE

La lettre d’allégeance de l’ancienne Ministre de l’économie, actuelle Présidente du FMI, adressée à celui qu’elle considère comme son mentor a de quoi laisser perplexe. Qu’une femme intelligente, libre, autonome – indépendamment de ses convictions politiques et économiques - puisse s’abaisser à ce genre de soumission me plonge dans un abîme d’interrogations sur les rapports humains. J’aurais compris, à la rigueur, et en faisant un effort d’imagination, une telle lettre, prise au premier degré – donc hors contexte politique - de la part de cette femme, adressée à son prédécesseur à Washington… mais à l’ancien Président de la République c’est surprenant !

Le personnage en question, n’a en effet rien qui en fait un être d’exception, méritant autant de louanges et de servilité. Il n’a jamais écrit un texte un tant soit peu novateur sur le/la politique, l’Histoire, l’avenir de l’Humanité. Il n’a absolument pas – il n’est pas le seul – amélioré les conditions de vie du peuple, ni jamais pris des mesures allant dans ce sens. En dehors d’une agitation permanente donnant l’illusion de l’activité, il a fait preuve d’une vitalité que l’on ne peut observer que chez un sportif en excès de dopage.

Bref, il est le prototype du politicien arriviste, qui s’est empêtré lamentablement dans sa stratégie ridicule et mortifère lors des dernières élections présidentielles, se confiant à un « penseur » néo fasciste. Qui a déclaré comme son alter ego dans le monde du « show bise » (Ah que c’est moi !) qu’il mettait fin à sa carrière pour ensuite envisager de la reprendre. Qui a joué sur les élucubrations de ses aventures amoureuses pour s’attirer des électeurs/trices, au point même de procréer dans les Palais de la République (une première en France). Qui a rempli de ses photos, davantage les pages des journaux « pipeules », que les revues de Science Politique.

Il ne faut tout de même pas oublier qu’il a fait quelques déclarations qui resteront dans l’Histoire :

« L’Homme n’est pas une marchandise comme les autres… » Saint Etienne 9 novembre 2006

"Je veux, si je suis élu Président de la République, que d’ici à deux ans, plus personne ne soit obligé de dormir sur le trottoir et d’y mourir de froid »Charleville-Mézières, le 18 décembre 2006

"Les paradis fiscaux, c'est fini !" septembre 2009

Que des groupies, hommes et femmes de sa Cour s’empressent à lui tresser des lauriers, on peut le comprendre,… mais Madame Lagarde !  A ça non, ma Chère, ceci est parfaitement incompréhensible ! Je dirais même choquant !

18 juin 2013

 

LA RANCON DE LA MEDIOCRITE
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MORTELLE ACTUALITE

 

Les faits : En pleine montée de l’extrême droite en France et en Europe, un militant anti fasciste (18 ans) est battu à mort par des néo nazis en plein Paris le 5 juin 2013.

 

Imaginons la suite….

 

Concert de protestations des bonnes âmes politiques… Même le Front National précise qu’il condamne et n’y est pour rien (précision inutile…  qui aurait pu penser une chose pareille ?).

 

Pression sur la police pour retrouver les auteurs de ce crime.

 

Auteurs « présumés » retrouvés. Ils n’y sont pour rien, ils étaient ailleurs. Garde à vue,… ils passent aux aveux : ils y étaient mais n’ont rien fait !

 

Enquête : témoignages flous, comme les images de vidéo surveillance.

 

Autopsie de la victime … seule certitude, elle est morte. Coups, chute ? faut voir !

 

Utilisation d’un « coup poing américain »- 2 cas de figure :

            . on le retrouve : il n’appartient évidemment à personne ;

            . on ne le retrouve pas : il n’a donc jamais existé.

 

Mise en examen des suspects : « Coups et blessures ayant entraîné la mort ».

 

L’expertise / contre expertise :  personne ne peut  dire qui a donné  les coups et s’ils  ont entraîné la mort… Peut-être la chute sur un plot ?

 

Enterrement de la victime : foule, discours, communiqués, reportages radio, télé.

 

Les mois passent… l’enquête se poursuit. Requalification des faits : «  Coups et blessures ayant entraîné la mort sans intention de la donner ».

 

Le procès – Les témoins ont peur de témoigner.

 

Plaidoirie de la défense : les auteurs : enfance difficile, parents séparés, mauvaises fréquentations, erreur de jeunesse. Ils ont été provoqués par la victime. Simple bousculade. Mort entraînée par la chute.

 

Jugement : 2 ans donc 1 avec sursis. Les auteurs retrouvent la liberté au bout de 2 mois de prison, en tenant compte de la préventive.

 

On les retrouve quelque temps plus tard, militants discrets, au Front National.

 

Société apaisée, les prochaines élections (mars) peuvent se dérouler dans la sérénité.

 

Le groupuscule néo nazi a été dissout et s’est reconstitué le lendemain sous un autre nom.

 

5 juin 2014 : dépôt de gerbes et discours sur le lieu du drame.

 

Circulez il n’y a plus rien à voir!

 

6 juin 2013

 

 

MORTELLE ACTUALITE
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FANTASMES PRESIDENTIELS

 

Sans remonter à Louis-Napoléon Bonaparte (président de la 2e République), De Gaulle se prenait pour la France, Pompidou pour le Peuple, Giscard pour un descendant de Louis XV, Mitterrand pour un homme de Gauche, Chirac pour une fine braguette, Sarkozy pour le sauveur du monde,… Hollande pour celui qui va inverser la courbe du chômage.

 

Mais quelle mouche a donc piqué Hollande pour croire à un truc pareil ? Il n’y a que lui qui y croit,… ou alors il sait faire semblant !

 

La réponse est apparemment simple et peut se résumer à : « après la pluie vient le beau temps ! »… Je m’explique.

 

En bon étudiant de l’ENA (promotion Voltaire), il a suivi consciencieusement les cours d’économie – quand il n’était pas distrait par Ségolène - ; il a retenu ce que l’on appelle en économie la « théorie des cycles ». Sans entrer dans les détails, cette théorie explique, en gros, qu’après une période de récession, de chômage, la tendance se retourne et s’amorce une remontée (expansion, emploi etc.), à la suite de quoi, s’amorce un nouveau cycle et ainsi de suite. Il existe différents types de cycles, en fonction de leur durée,… on n’a que l’embarras du choix.

 

Un étudiant indiscipliné comme moi ne croit absolument pas à cette vision mécaniste de l’économie, mais un étudiant de l’ENA, forcément sérieux y croit ! Surtout quand il devient Président de la République.

 

Il est cependant vrai qu’autrefois (19e et 20e siècles), dans un monde dominé par les grands pays industriels, où les marchés financiers ne faisaient pas la loi, et où les Etats avaient des politiques économiques et la maîtrise monétaire, on pouvait imaginer un retournement de tendance. Mais, même-là, ça avait des limites, les guerres étant un moyen encore plus radical de remettre les « pendules à l’heure ».

 

Mais aujourd’hui, avec la mondialisation, l’absence de politiques économiques et monétaires, notamment en Europe, la dictature de la finance internationale, l’ouverture des marchés et en particulier celui de la force de travail, la redistribution des cartes de la production au niveau mondial,… croire à une maîtrise du chômage est une erreur économique et une faute politique. Même l’Allemagne qui fait saliver les économistes officiels n’arrive à réduire le chômage qu’en détruisant les conditions d’emplois, de travail, de rémunérations des salariés, en détruisant les protections sociales.

 

Il est vrai que si l’on arrive à payer des salariés 1€ de l’heure comme dans certains cas en Allemagne, en forçant les chômeurs à travailler,… on va réduire le chômage.

 

Il est exact aussi que dans l’Empire Romain, les esclaves n’ont jamais connu le chômage ! Un dernier mot : Voltaire n’est pour rien dans le délire de François Hollande !

 

 

4 juin 2013

 

FANTASMES PRESIDENTIELS
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APPEL A LA CONSCIENCE HUMAINE,


Tous les êtres humains ont des droits.  Ils viennent de notre conscience. On ne peut les violer. Il est inacceptable d'y porter atteinte.


Que des enfants, des femmes, des hommes, des pères et des mères soient abattus et bombardés comme un vil troupeau, que des familles soient décimées  et chassées de leur terre, il était réservé à notre temps de voir ce triste spectacle.

Pourquoi le droit des peuples à disposer d’eux mêmes n’existe-t-il plus ?

Pourquoi l’acceptons nous par notre silence ?

En Palestine, des scènes d’épouvante ont eu lieu, et ont lieu, dans la bande de GAZA. Les Palestiniens sont des hommes, les Palestiniennes sont des femmes. Tout n’est pas permis contre eux, contre ces hommes, contre ces femmes, contre ces pères et mères de famille. Ils font partie du genre humain. Ils sont des nôtres comme tant d’autres. Un être humain ne peut l’oublier.
La France, l’Europe, les Nations Unies qui portent, en principe, dans la conscience de tous et toutes la tradition du respect de la personne humaine, ne peuvent pas se rendre complice, et d’une certaine manière responsable, de ces horreurs.

 

Lettre d’Appel pour la Palestine sur le modèle de la «  LETTRE DE S.E. MONSEIGNEUR L’ARCHEVÊQUE DE TOULOUSE SUR LA PERSONNE HUMAINE » Jules-Géraud SALIÈGE - Archevêque de Toulouse -23 août 1942

                                                                                          P.M Toulouse – 26 juillet 2014

 

APPEL A LA CONSCIENCE HUMAINE
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LA FAUTE À VOLTAIRE ?

 

« Je crois que nous ne nous entendons pas sur l’article du peuple, que vous croyez digne d’être instruit. J’entends par peuple la populace, qui n’a que ses bras pour vivre. Je doute que cet ordre de citoyens ait jamais le temps ni la capacité de s’instruire; ils mourraient de faim avant de devenir philosophes. Il me paraît essentiel qu’il y ait des gueux ignorants. Si vous faisiez valoir comme moi une terre, et si vous aviez des charrues, vous seriez bien de mon avis. Ce n’est pas le manœuvre qu’il faut instruire, c’est le bon bourgeois, c’est l’habitant des villes; [...] Quand la populace se mêle de raisonner, tout est perdu. » : Lettre à M. Damillaville » (1er avril 1766), dans Œuvres de Voltaire, Voltaire, éd. Lefèvre, 1828, t. 69, p. 131

« A l’égard du peuple, il sera toujours sot et barbare [...]. Ce sont des bœufs auxquels il faut un joug, un aiguillon et du foin » : Lettre à M. Tabareau » (A Ferney, 3 février 1769), dans Œuvres de Voltaire, Voltaire, éd. Delagrave, 1885, t. 69, p. 428

« Il est à propos que le peuple soit guidé, et non pas qu’il soit instruit; il n’est pas digne de l’être » : Lettre à M. d’Amilaville » (19 mars 1766), dans Œuvres de Voltaire, Voltaire, éd. Hachette, 1862, t. 31, p. 164

On ne lit jamais assez les personnages que l’on admire ! Ces surprenantes citations, qui manifestement ne sont en aucun cas des dérapages accidentels, n’amenuisent en rien le combat qu’a mené Voltaire contre l’intolérance, illustrée par l’immortelle Affaire Calas. Pourtant il y a de quoi être troublé, mais on peut trouver des explications, sinon des justifications, par les caractéristiques d’une époque bien différente de la nôtre.

A la lecture de ces édifiantes citations on ne peut pas ne pas songer à la promotion Voltaire (1980) de l’Ecole Nationale d’Administration dont sont issus l’actuel Président de la République et bon nombre de celles et ceux qui, avec lui, dirigent les affaires de l’Etat.

Voltaire était partisan d’une Monarchie éclairée avec un monarque soucieux du bonheur de son peuple, en opposition à celle « de droit divin », … Peut-être la conception d’un monarque promettant le changement, mais sans rien brusquer à tel point qu’une fois sur le trône, il n’en parle plus. Pour les « bœufs », on aura supprimé le joug et l’aiguillon – encore que - et laissé le foin… dont ils se satisfont, du moins jusqu’à aujourd’hui. 

Ca ne vous rappelle rien ?

15 juin 2013

LA FAUTE A VOLTAIRE
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LES ENSEIGNANTS, OTAGES DU FUTUR

 

 

Le drame du 4 juillet 2014 à l’école maternelle Édouard Herriot d’Albi, passera dans quelques jours pour un fait divers, une fois l’émotion passée et épuisé le concert indécent des politiciens    Pourquoi ? Parce que c’est ainsi que se déroule la vie dans notre société, les médias et les « autorités » passeront à autre chose… Il ne subsistera que quelques commentaires lapidaires qui surnageront dans la médiocrité ambiante d’une société en décomposition. Ce n’est pas le premier drame de ce genre,… et ce ne sera pas le dernier. Drame de la démence ! Possible, mais qui frappe encore une fois l’École, une École qui devient le réceptacle de toutes les violences sociales.

 

Pourquoi une telle violence à l’égard des enseignants ? Pourquoi deux fois plus d’insultes et d’agressions à leur égard, comparé aux autres professions ? Pourquoi cette profession, autrefois admirée, est-elle aujourd’hui désertée par les jeunes ?

 

L’enseignant est désormais dans une position impossible. Dans un monde où l’individualisme a laminé les solidarités, où la course au profit est la règle absolue, où l’Homme est sacrifié sur l’autel de la rentabilité, où la médiocrité s’étale dans les médias et dans la politique, où le mensonge et la corruption rongent ce qui devrait servir d’exemple, l’enseignant est sommé d’inculquer à des jeunes des valeurs qui ne sont plus que des ombres aux frontons des établissements officiels. Pire, ils sont tenus pour responsables de la faillite de la société en matière d’intégration. Les enseignants sont « responsables » du futur des jeunes qui doivent entrer dans une société dans laquelle la plupart n’ont pas leur place : exclusion, chômage. Directement en contact avec ce qu’il y a de plus sacré pour des parents, leurs enfants, les enseignants sont porteurs de toutes les déceptions en matière d’éducation. A défaut de remettre en question cette société qui exploite et exclut, il est de bon ton de « faire porter le chapeau » aux enseignants…S’attaquer aux enseignants plutôt qu’à la société c’est comme s’attaquer aux pauvres plutôt qu’à la pauvreté.

 

Traînés dans la boue aux yeux de tous, par les politiciens et leur démagogie populiste, les enseignants sont de parfaits boucs émissaires (trop de vacances, trop payés, pas assez d’heures de travail, stabilité de l’emploi, toujours en grève, tous contestataires, trop de gauche, trop sévères, ou pas assez,…). Ils ne jettent des fleurs aux enseignants que le jour de leur enterrement. Tous ces faux-culs de notre société paradent alors devant les caméras, la larme à l’œil, pour louer celles et ceux qu’ils ignorent, ou agressent, le reste du temps. L’École est devenue le défouloir de toutes les frustrations, les révoltes, les jalousies, … et même les actes démentiels… Il y a une certaine logique sociale dans l’expression de la folie.

 

Sanctuariser l’Ecole ? Certainement pas. Des politiciens médiocres et incompétents (des noms ?) le souhaitent, en particulier, comme par hasard, ceux qui sont responsables de son état pitoyable. L’Ecole n’est pas une « réserve » qui doit être protégée,… au contraire, elle est la vie et doit être ouverte sur la vie. C’est la vie en société qui devient insupportable,... l’Ecole ne fait que refléter cet état.

 

Refermer l’Ecole sur elle-même, c’est la tuer et reconnaître par ce fait que son environnement, la Société, est en pleine décadence.

 

8 juillet 2014

LES ENSEIGNANTS, OTAGES DU FUTUR
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MISE AU POINT

 

L’escroquerie n’a plus de limites !

Quand on écrit, que l’on publie des essais, des articles, des études, des analyses sur la situation économique, politique, on le fait généralement avec un objectif, celui, bien entendu d’être lu, compris, mais aussi de contribuer à une réflexion générale sur l’évolution de la société et, éventuellement, sur l’Histoire.

Une lecture attentive des textes que j’ai pu écrire, des livres que j’ai publiés et même des dessins que j’ai diffusés ne saurait tromper le lecteur sur le sens de ce qui est dit et exprimé. Tout ce que j’ai pu exprimer va toujours dans le même sens,… celui, à partir d’une critique du système actuel, de trouver la/les voie/s d’un monde meilleur… Un monde garantissant à la fois le respect de la nature et celui des êtres humains, de tous les êtres humains, quelles que soient leurs origines et leurs conditions…

Ma surprise a donc été totale  de trouver un de mes articles sur un site avec lequel je ne partage – c’est peu dire - aucune des opinions qui y sont exprimées et même que je combats…

 

Sur le site de la Nouvelle Droite Populaire aux fétides relents xénophobes et nationalistes est reproduit un de mes articles dont on a simplement changé le titre.

Le « SALARIAT UNE RE/DECOUVERTE DOULOUREUSE » devient :« LA MONDIALISATION COMME REVELATEUR » qui est un sous titre dans l’article. Un détail trouveront certains… Pas si simple car l’article est une critique radicale du système du salariat, critique bien évidemment étrangère à la Nouvelle Droite Populaire. De plus, la présentation graphique sur le site laisse supposer que l’auteur de l’article est sinon un familier du site, du moins un intervenant tout à fait complaisant… ce qui n’est évidemment pas du tout le cas.    

 

http://ndpiledefrance.hautetfort.com/archive/2012/10/12/la-mondialisation-comme-revelateur.html

 

http://fedetlib.overblog.com/salariat-une-re-decouverte-douloureuse

 

La question qui se pose, au-delà du risque d’être pris à partie pour complicité avec l’extrême droite… c’est de savoir pourquoi ces écrits peuvent être utilisés par des adversaires politiques… Si c’était pour être démolis, tout l’honneur serait pour moi d’être attaqué par ces individus, mais au contraire, ils tentent de me rendre solidaire de leur manière d’expliquer le monde… pourrais-je être d’une quelconque complicité ? Apporterais-je de l’eau à leur moulin ? Grave question qui renvoie au statut, au sens de ce que l’on écrit… et de l’usage qui peut en être fait.

Après avoir relu ce texte, je n’en retire rien. Alors,… est-il si « neutre » que ça qu’il puisse être utilisé par des personnes qui ne partagent en rien mes convictions et en sont même à l’opposé ? A mes yeux il n’est pas neutre, mais entre, la preuve, dans une analyse néo fascisante.

Nous savons que l’extrême droite excelle dans le pillage des idées d’autrui… n’a-t-elle pas essaye de s’accaparer de Jaurès ?  C’est ce qui fait sa force, mais aussi sa faiblesse,… en effet le décalage est total entre le fond de l’analyse du texte – la critique du salariat – et les prétentions politiques du mouvement qui l’utilise. Nous savons aussi que l’extrême droite ne s’embarrasse pas de la rigueur d’analyse et n’en reste qu’aux apparences…

Dans la confusion intellectuelle et politique actuelle, dans laquelle on ne fait plus la différence entre l’honnêteté des analyses et leur instrumentalisation en vue de la conquête du pouvoir, l’extrême droite a beau jeu – comme elle l’a toujours fait – de papillonner sur les analyses pour alimenter son discours démagogique « sans queue ni tête »…

Il va falloir désormais faire attention quand on écrira,… De même que l’on se désinfecte avant de toucher une plaie, il va falloir prendre ses précautions, dans nos écrits, pour que nous n’entraînions pas dans nos analyses des hôtes indésirables qui loin de favoriser les solutions, se repaissent de nos critiques – qui leurs sont totalement étrangères - pour élaborer des modèles de société où l’être humain n’a pas la place qui lui revient.

Il fallait que la chose soit dite.

 

13 septembre 2014                                                                                       P.M

 

 

MISE AU POINT
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HOMMAGE FETIDE

On savait depuis longtemps que les politiciens sont encore plus grands, morts que vivants. La classe politique dans son ensemble sait rendre hommage à ses pairs, ceux-là mêmes avec qui elle a partagé les privilèges du pouvoir et la joie malsaine d’avoir grugé le bon peuple. Cet hommage, surtout quand le disparu n’est pas trop âgé, augure d’une place supplémentaire dans les palais de la République reluquée par les prétendants qui se bousculent aux portes.

Ces hommages déversés par les édiles, qui se croient des « élites »( ?), pour hypocrites qu’ils soient, sont passés dans la coutume et ne surprennent plus l’opinion publique qui, si elle n’est pas indifférente à ces débordements de sentimentalisme sirupeux, n’est pas dupe de la complicité de ceux qui les expriment.

Pourtant, la disparition de Pierre MAUROIS, donne une autre dimension à cette hypocrisie. Qui a dit en effet :

"Il a fait partie de ces authentiques hommes de gauche dont la conscience sociale n’a jamais été feinte. On ne peut que saluer aujourd’hui un engagement réel et sincère pour la défense des travailleurs français",

"Homme des 39 heures, de la retraite à 60 ans, des nationalisations dans des secteurs stratégiques tels que l’énergie et le secteur bancaire, Pierre Mauroy n’était pas soumis à l’ultralibéralisme et à la financiarisation à outrance"

"Une profonde et salutaire estime de la notion d’Etat"

"Si les désaccords politiques étaient évidents et nombreux tant au niveau national que local, notamment sur l’Europe et l’immigration, il convient de saluer l’opiniâtreté et le courage de l’ancien Premier ministre" ?

Un militant PS ? PC ? FDG ? NPA ? LO ? UMP ? UDI ?... Vous n’y êtes pas du tout ! C’est Steeve Briois, secrétaire général du Front National 

Pour un parti qui n’a de cesse de dénoncer le « système », et ses partis, de clouer au pilori les politiciens au pouvoir, ou qui y ont été,… un tel hommage laisse songeur.

S’agit-il d’un moment d’absence ou d’un sursaut de sentimentalisme ? Certainement pas !… Tout juste la déclaration d’un « second couteau » qui, tout en évitant à la cheftaine de se ridiculiser, en rajoute une couche pour accélérer la dédiabolisation du FN et le présenter comme un parti respectable ( ?). Mesure nécessaire surtout après la mise à mort d’un militant anti fasciste par les petits cousins du FN.

Dans cette surenchère démagogique et écoeurante il est étonnant que le FN ne soit pas allé jusqu’à demander des « obsèques nationales ».

Peut-être pour les prochains dont nous tairons les noms !

11 juin 2013

 

HOMMAGE FETIDE

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Rédigé par Nicolas Mignard

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