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Publié par PM sur
Publié dans : #matiere a reflexion

INCIVILITE ET DECADENCE

 

L’incivilité c’est lorsque l’on ne respecte plus l’autre, ce qui s’exprime par le non-respect de ce qui est commun à l’ensemble des membres d’une collectivité, aussi bien les valeurs morales que les biens matériels. 

 

Il y a toujours eu de l’incivilité, ou des incivilités, cela tient à la manière dont la société a su ou non faire intégrer à ses membres ses valeurs morales. Mais de manière générale, l’incivilité est un phénomène marginal qui tout en étant sous contrôle de la société, ne constitue cependant pas un élément de déstabilisation sociale.

 

Lorsque l’incivilité devient un phénomène récurrent, général et déstabilisant, se pose alors un problème grave à l’ensemble de la société. Ce phénomène montre alors que celle-ci n’a plus les moyens de faire respecter la règle commune, tacitement acceptée par tous.

 

L’incivilité peut prendre différentes formes qui, à priori, n’ont pas de liens entre elles :

 

  • la délinquance simple : l’atteinte aux personnes et aux biens, qui peut aller jusqu’à la délinquance organisée (maffias, réseaux,…),
  • la dérive communautariste qui fracture la société et soumet ses règles aux lois des clans,…
  • le refus de la règle, présentée comme l’expression du fonctionnement démocratique de la société : l’abstention politique entre autre.

 

Bien sûr ces différentes formes représentent des niveaux de conscience et d’intérêt très disparates. Tous, pourtant, concourent à un affaiblissement du fonctionnement social, à une déstabilisation de la collectivité.

 

L’incivilité est le symptôme du délitement du lien social. Plus l’incivilité se généralise, plus cela signifie que le lien social est atteint, n’assure plus la cohésion sociale qui fait que le vivre ensemble est possible.

 

Mais qu’est ce que le lien social ? C’est l’ensemble des relations qui, dans une société donnée, fait que chaque individu occupe une place déterminée et par là-même, trouve un sens à l’ensemble dans lequel il vit. La stabilité sociale est assurée quand le lien social fait consensus, même s’il est fondé sur des situations conflictuelles et antagonistes. Exemple : dans les pays de capitalisme développé, le lien social marchand, salarial, quoique conflictuel est/était fondé sur un relatif consensus qui assure la stabilité de l’ensemble du système.

 

La remise en question de l’ensemble du système peut se faire de deux manières :

 

  • soit de manière explicitement politique par un projet de transformation radicale qui, à la fois dénonce le système existant et en propose un autre… c’est ce que l’on appelle un processus révolutionnaire ;
  • soit par une lente dégradation de la stabilité du système … dégradation qui prend la forme d’incivilités, révoltes sporadiques, refus collectifs, transgression des règles,… le tout sans projet d’ensemble… c’est la décadence.

 

C’est le deuxième cas que nous vivons aujourd’hui. L’incivilité est l’expression de la perte de sens du système. Les institutions qui le structurent sont en crise : classe politique déconsidérée, système électoral incapable d’apporter une quelconque solution, appareil de production qui n’assure plus l’intégration sociale, Ecole déboussolée, effondrement des services publics, développement de la concurrence et de l’individualisme,… Bref, les valeurs qui fondaient la République et qui constituaient un ciment social, apparaissent comme dépassées et obsolètes.

 

Les autorités politiques ne peuvent évidemment pas reconnaître une telle situation. Aucun pouvoir politique ne peut reconnaître la décadence de la société à la tête de laquelle il se trouve. Il lui faut trouver des explications détournées : complot de l’étranger, terrorisme, maffias, perte de sens moral, crise économique, …

 

Il confond souvent, et c’est actuellement le cas, la cause avec la conséquence

Exemples : ce n’est pas le communautarisme qui monte en France qui est la cause de la décadence, mais l’inverse… le système excluant, individualisant, fragilisant, précarisant, chacun essaye de se protéger, de trouver de nouveaux repères… Ce n’est pas l’abstention qui est la cause de la crise du politique, mais au contraire la politique déconsidérée qui entraîne le refus de cautionner les politiciens…

 

Le modèle républicain d’intégration ne fonctionne plus,… la crise de l’Ecole en est le symptôme le plus évident.

 

La riposte de la société se fait selon deux schémas ; la persuasion/éducation et la répression…. La carotte et le bâton.

 

Rappel des valeurs et appel à la responsabilité. Ces actions tombent d’autant plus mal qu’elles sont évoquées par une classe politique parasite souvent corrompue et ayant perdu tout crédit. Reste le bâton, l’ordre.

 

Difficile dialectique pour le pouvoir dans une société en pleine décadence… et dans laquelle aucun projet d’avenir n’apparaît. La décadence nourrit les incivilités qui elles même préparent le terrain à toutes les démagogies… et donc à toutes les aventures.

 

24 juillet 2014

 

 

 

INCIVILITE ET DECADENCE
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TAFTA (Trans Atlantic Free Trade Agreement)

LA CHUTE FINALE

 

Le Grand Marché Transatlantique, actuellement en voie de constitution au travers des négociations entre la Communauté Européenne et les USA, marché qui s’exprimera dans un « Accord de Partenariat Transatlantique », constitue la phase ultime du développement du Capital. Par ce traité, celui-ci pourra se développer, se valoriser sans entrave. Plus encore, les principes de son existence et de son développement constitueront l’essence même des relations sociales de demain… sans aucune possibilité d’opposition.

 

On peut analyser cet « Accord de Partenariat Transatlantique » sur un plan strictement économique… c’est d’ailleurs de cette manière qu’il nous est présenté par les autorités qui daignent, rarement, en parler. Ce serait commettre une lourde faute que de croire à la fiabilité d’une telle approche. Ne s’en tenir qu’aux stricts aspects économiques, laisserait sous silence ce qui fait l’essentiel des relations humaines dans toute société : les règles et les normes qui régissent, les conflits, les affrontements, les négociations et les compromis. Or c’est tout cela qu’a pour objectif de détruire l’Accord de Partenariat Transatlantique.

 

Si le Capital structure depuis le 19es les relations sociales dans les pays qu’il domine, cette domination se heurte aux intérêts de celles et ceux qui en font les frais, essentiellement les salariés instrumentalisés. La structure dite « démocratique » qui sous-tend politiquement ce système, et en assure son fonctionnement institutionnel peut, jusqu’à présent, composer avec cette contradiction et, tout en défendant les intérêts essentiels de ce système, la réalisation du profit, faire en sorte que celles et ceux qui sont instrumentalisés, profitent de quelques miettes substantielles au point d’étouffer tout esprit de révolte radicale. Ainsi a été mise en place, au fils des années, des conflits et des négociations, un ensemble de règles, de lois, de conventions… bref, une législation qui fait que la société peut fonctionner sinon en parfaite harmonie, du moins en se fondant sur un relatif consensus. Ainsi naquirent les législations sociales, du travail, de l’environnement,…

 

Ces législations, ces normes ne sont pas arbitraires, mais issues des confrontations opposant salariés et possesseurs du capital pour la législation du travail, fabricants et consommateurs pour les normes en matière de consommation, industriels et écologistes pour la législation en matière d’environnement, etc.… Bref, un équilibre contradictoire, mais viable, qui permet d’éviter les catastrophes aussi bien sociales que sanitaires

 

L’objectif de l’Accord de Partenariat Transatlantique est de faire disparaître l’ensemble de ces législations, de ces normes,…

 

Pourquoi ? Pour une raison simple : elles seraient des obstacles à l’investissement, à la production et au commerce. L’Accord l’affirme explicitement.

 

Autrement dit, au nom d’une soi-disante « protection de l’investissement » et « liberté du commerce », toutes les précautions, toutes les garanties, toutes les dispositions en vue des protections sociales, alimentaires, sanitaires et environnementales seront supprimées…

 

Nous allons de fait, et de droit, retourner à l’état brut du capitalisme du 19e siècle, époque où, en l’absence totale de législation, et donc de protection pour les salariés, le capitalisme pouvait, en toute impunité, réaliser ses objectifs au bénéfice des plus riches et en exploitant l’immense majorité, la plongeant dans la pauvreté. Tout ce qui constitue le progrès social, fruit des luttes de celles et ceux qui nous ont précédé va être remis en question… Il est aujourd’hui d’ailleurs sérieusement entamé.

 

C’est donc un extraordinaire retour en arrière, une immense régression que nous prépare le TAFTA, une liquidation totale de tous les acquis, et ce dans tous les domaines. Etats, régions, départements, landers, communes seront désormais à la merci de la moindre contestation de réglementations qu’ils prendront et jugées « attentatoires aux intérêts de leurs investissements et de leur commerce » par les grandes firmes internationales.

Pour atteindre ce monstrueux objectif, les concepteurs de cet « Accord  »  n’hésitent pas à mettre la Justice à leurs pieds. En effet, il est prévu, purement et simplement, de privatiser les procédures judiciaires qui doivent régler les contentieux. Pour ce faire, l’Accord prévoit la procédure arbitrale, qui permet de contourner l’appareil judiciaire officiel… les contentieux se réglant dans une instance privée, sous l’égide de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), et excluant toute possibilité d’appel.

 

On comprend que la négociation soit secrète.

 

Tout ce qui constituait l’essence même de la citoyenneté, pourtant bien mal en point aujourd’hui, va être démantelé.

 

Réduite déjà à la portion congrue d’un processus électoral phagocyté par une classe politique parasite et souvent corrompue, la citoyenneté n’en a plus que le nom… Le bulletin dans l’urne n’est que le paravent d’une mécanique politique faite pour tout sauf le changement. Une marge de manœuvre existait cependant jusqu’à présent pour modifier et ralentir les conséquences mortifères du capitalisme… Le dispositif mis en place par l’Accord de Partenariat Transatlantique fait voler en éclat cette dernière possibilité d’initiative… Toutes les instances administratives, politiques, territoriales seront soumises aux impératifs de la déréglementation… toute décision prise par elles sera susceptible d’être contestée, au nom de leurs intérêts, par les firmes. Le citoyen n’aura plus définitivement la parole, sinon par les luttes qu’il engagera et qui seront combattues par l’Etat complice de cet Accord renégat.

 

Une fois encore l’avenir est sombre. Dans la débandade générale de la pensée et de la conscience, le Capital, avec l’appui des États joue une carte maîtresse qui pourrait définitivement lui donner le pouvoir absolu qu’il désire… en dernier recours, comme ce fut le cas dans l’Histoire, il lui restera l’État-fort. Le néofascisme est prêt à prendre la relève.

 

 1er Juillet 2014

 

TAFTA - LA CHUTE FINALE
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LA GREVE – CHRONIQUE D’UNE CAPITULATION ANNONCEE

 

Est-elle toujours le bon moyen pour faire triompher des revendications ?

 

La dernière lutte des cheminots, aussi légitime et justifiée soit-elle, repose cette question qui devient lancinante depuis des décennies.

La grève – arrêt collectif du travail – avait, à son origine un but bien précis : montrer au patron qu’il avait besoin de ses salariés et que si ceux-ci arrêtaient leur travail, il perdrait beaucoup d’argent. C’était donc un excellent moyen de pression, l’instrument d’un rapport de force posant la question : qui cèdera le premier ?

 

L’évolution du capitalisme a modifié les données d’utilisation de cette arme :

 

  • l’organisation industrielle du travail, en multipliant les catégories de salariés a divisé ce qui pouvait apparaître comme un bloc homogène. Le patronat a d’ailleurs habilement joué sur cette division potentielle pour affaiblir la grève ;
  • la « liberté du travail » – présentée comme une valeur essentielle a été un élément supplémentaire pour affaiblir le mouvement de grève – condamnation des « piquets de grève » ;
  • l’éclatement des structures de l’entreprise, en multipliant les sites de production a rendu difficile la communication et l’expression de la solidarité ;
  • la mondialisation de la production, par l’apparition d’entreprises délocalisées et d’un marché mondial de la force de travail, a relativisé le poids des salariés dans le rapport de force avec le Capital au point de rendre le recours à la grève obsolète ;
  • la manipulation de l’opinion publique par les médias a exercé, et exerce, une pression constante pour dénoncer la grève « preneuse d’otages » auprès des usagers et clients.

 

La grève n’est donc plus ce qu’elle était au 19e siècle et même au 20e, ou du moins, son efficacité est à revoir.

Il est évident que les syndicats de salariés auraient dû, à la fois, être attentifs à cette évolution et réfléchir à la nouvelle donne imposée par le Capital. Largement divisés, encroûtés dans des intérêts bureaucratiques et politiciens, ils n’ont rien vu – ou voulu voir - venir. Leurs méthodes d’actions sont restées ce qu’elles étaient au 19e siècle avec l’efficacité (sic) que l’on peut observer aujourd’hui.

La grève, en l’état actuel de l’économie mondiale capitaliste, peut devenir une arme à double tranchant et se retourner contre les salariés,… non seulement elle permet de constituer un excellent prétexte pour liquider une entreprise jugée « pas assez rentable », mais sa « production » peut être aujourd’hui largement compensée par d’autres produits, et si ce n’est pas le cas, l’impopularité – appuyée par les médias – isole les salariés en lutte.

De plus, les contraintes qui s’exercent sur le gouvernement – et qu’il accepte - en matière d’organisation économique, lui laisse peu de marge de manœuvre pour céder aux revendications (contraintes imposées par la Commission Européenne, le FMI, l’OMC,...). De manière générale, dans un contexte d’économie marchande mondialisée, le Capital a de moins en moins les moyens – et la volonté – de se « payer la paix sociale comme il le faisait autrefois.

Les grèves, comme c’est le cas de la dernière action à la SNCF, s’éteignent comme des bougies,….dépérissent, s’arrêtent dans l’indifférence générale. Il n’y a plus, depuis des années une seule grève qui puisse affirmer avoir été victorieuse (des noms ?).

Souvent, comme ça été le cas à la SNCF lors de la dernière grève, sans parler des syndicats qui acceptent, de fait, les réformes, d’autres comme la CGT ont accepté de jouer un jeu ambigu : protestation symbolique mais acceptation de la réforme moyennant quelques petits aménagements… la grève ne venant que d’une base qui déborde les appareils syndicaux. Vu la configuration politico-médiatico-syndicale de notre société, un tel mouvement ne peut que finalement s’essouffler,… c’est bien ce qui s’est produit.

 

La question : « la grève est-elle toujours le bon moyen pour faire triompher des revendications ? » s’impose.

 

Les syndicats sont, bien entendu, incapables d’imaginer une autre forme d’action. Encroûtés dans leurs certitudes obsolètes, ils ne savent que reproduire ce qu’ils connaissent. De plus, il est probable qu’ils adhèrent aujourd’hui à l’idéologie dominante de la soi-disante « modernisation » qui consiste à rentabiliser et liquider les services publics,… même si leurs discours disent le contraire. Les faits sont là.

Les luttes d’aujourd’hui, et de demain, doivent donc se fonder sur autre chose que le simple arrêt du travail.

La bataille de l’opinion publique, et en particulier, dans ce qui reste de service public – ou ce qui était service public - est essentielle… C’est donc en revenant aux fondamentaux du service public que la lutte doit se concentrer. Faire fonctionner le service public, comme il se doit, en organisant la « grève de la gratuité » (transports déclarés gratuits) présenterait l’avantage d’exercer une pression intolérable sur le Pouvoir tout en s’alliant les usagers. Bien sûr cette pratique est illégale,… comme l’était d’ailleurs la grève au 19e siècle quand les salariés ont conquis ce droit. Cette idée, maintes fois évoquée n’a curieusement jamais été reprise sérieusement par les syndicats qui se réfèrent frileusement à une action qu’ils savent aujourd’hui stérile.

L’imagination et l’audace en matière d’innovation dans le domaine des luttes ont encore des progrès à faire ! 

 

21 juin 2014

 

CHRONIQUE D'UNE CAPITULATION ANNONCEE
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SNCF : POURQUOI LE GOUVERNEMENT MENT ?

 

Sans avoir le détail de la réforme que propose le Gouvernement – qui est à l’origine de la grève actuelle – on peut sans erreur affirmer que le GOUVERNEMENT MENT aux cheminots et aux utilisateurs.

Pourquoi ? Pour une raison simple : la réforme qu’il préconise n’a qu’un seul et unique objectif : faire entrer les chemins de fer français dans la logique libérale en les ouvrant à la concurrence.

Quand le gouvernement parle de préserver le service public, de garantir la qualité des transports, IL MENT car l’objectif, non avoué, mais inscrit dans la politique européenne en matière de transport, est de liquider de fait le service public.

Quand le gouvernement dit aux cheminots qu’il sauvegardera les emplois et les avantages sociaux, IL MENT, car l’objectif est justement – dans le cadre de cette même politique – de rentabiliser la force de travail, la précariser, en la réduisant au maximum…

Depuis des décennies, les gouvernements, de Droite comme de Gauche, n’ont eu de cesse de démanteler le service public des chemins de fer pour finalement le privatiser… La SNCF était une entreprise qui fonctionnait à la satisfaction générale, structurait l’économie du pays, correspondait aux besoins de la population… c’était un service public.

Dans le système capitaliste dans lequel nous vivons, une entreprise ne doit pas avoir pour fonction de satisfaire les consommateurs et les salariés qu’elle emploie… une entreprise a pour objectif de valoriser le capital qu’on y investit.

Avant 1997, la SNCF était Une et Indivisible, comme la République ; la « réforme » d’alors crée deux entités, la SNCF et Réseau Ferré de France,… uniquement pour des raisons financières… Cette partition n’a non seulement pas réglé les problèmes financiers, mais a rendu ingérable l’ensemble (accidents, dysfonctionnements multiples,…).

 

Pourquoi cette réforme aussi bien assumée par la Droite que par la Gauche ?

 

Pour préparer l’ouverture à la concurrence, porte ouverte à la partition et à la privatisation du chemin de fer (voir l’exemple – catastrophique – des chemins de fer anglais). Le gouvernement tient un double discours : il fait croire à une réunification de la SNCF ; en fait, il maintient la partition mais la coiffe par une holding qui gère l’ensemble… avec toujours pour objectif l’ouverture dans un premier temps à la concurrence, quitte, par la suite, à démanteler l’ensemble en petites entreprises privées.

 

Les cheminots ont-ils raison de s’opposer à cette réforme ?

 

Oui, absolument et ce pour deux raisons : ils se battent pour la défense d’acquis sociaux. Quels salariés responsables pourraient leur reprocher ? Ils défendent la notion de service public qui est aujourd’hui menacée.

 

Les propositions du gouvernement peuvent – elles être sérieuses ?

 

En aucun cas, et ce pour une raison simple : il est tenu par les décisions de la politique économique européenne d’ouverture de tous les services publics à la concurrence,… donc à leur disparition. Le gouvernement ne peut rien céder, juste différer les décisions et encore a-t-il une date butoir : 2022.

Le gouvernement ne peut compter que sur la division syndicale et la capitulation (encore une fois) des syndicats qui vont organiser la débâcle.

Le gouvernement compte également – comme chaque fois – sur une exaspération de l’opinion publique à qui on jette en pâture les soit-disant « cheminots privilégiés ».

 

La SNCF est-elle seule dans ce cas. ?

 

Non, ce sont tous les services publics qui sont aujourd’hui menacés, non seulement par l’Europe libérale mais aussi dans le Grand Marché Transatlantique (TAFTA) qui est en cours de négociation entre l’Europe et les USA.

 

Le combat pour la défense de tous les services publics est un impératif social et politique incontournable pour notre avenir et celui de celles et ceux qui nous succèderont. Pensez à la société que nous allons leur léguer !

 

   14 juin 2012                                                                                              

 

 

 

SNCF : LE GRAND MENSONGE
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LES ECOLOGISTES SONT-ILS BIODEGRADABLES ?

 

 

Un produit biodégradable est, en principe un produit qui, une fois ayant servi à satisfaire un besoin, a la faculté de se décomposer en ses différents composants pour disparaître dans la nature. A l’inverse, un produit qui n’est pas biodégradable est un produit qui, une fois qu’il a servi, ne peut pas se décomposer en éléments réintégrables dans la nature… et pollue celle-ci.

 

Peut-on appliquer ces définitions aux politiciens, et plus particulièrement aux écologistes ? Oui ! Et pourquoi plus particulièrement à ceux-ci ? Parce qu’à la création de leur parti, ils – les écologistes - avaient formulé des critiques acerbes et forts justes à l’égard d’une classe politique parasite, affairiste et auto reproductrice. Ils avaient dit simplement, vouloir « faire de la politique autrement ».

 

« Faire de la politique autrement », c’était :

 

  • pas d’affairisme et de magouilles d’appareil,
  • poser des questions essentielles sur la défense de l’environnement et se donner les moyens d’infléchir les politiques mises en œuvre.

 

Est-il besoin de faire de longs développements pour démontrer la faillite de ce double projet ?

 

En guise d’élus (écologistes) d’un type nouveau, nous avons une catégorie de politiciens qui non seulement ne permet aucune progression – sur le fond - sur le terrain de la défense de l’environnement, mais aussi, et surtout, passe son temps à gérer leurs situations privilégiées, apanage de tous les élus.

 

Bien sûr, rétorquera-t-on, à juste titre, tout ne peut pas être fait spontanément… Mais c’est nous prendre pour de fieffés imbéciles que de nous faire croire – au regard de ce qui est de notoriété publique – que ces « élus d’un type nouveau » ont des « pratiques nouvelles ».

 

Souvenez vous,… celles et ceux qui avaient défendu la thèse de la rotation des postes pour éviter la bureaucratisation – et donc rendre chacune et chacun biodégradable au regard du milieu de la politique – se sont transformés en bureaucrates forcenés, en apparatchiks de type soviétique, en rapaces avides de leurs privilèges. Des noms ?... Leur présence, leur existence, comme celle de tout vulgaire politicien traditionnel pollue gravement l’environnement politique des citoyens de ce pays.

 

Comme tous les déchets polluants, il faudra bien un jour penser à leur retraitement !

 

 

19 décembre 2013

 

 

 

 

LES ECOLOGISTES SONT-ILS BIODEGRADABLES
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LES VERTS DE PLUS EN PLUS SOLITAIRES

 

 

Lorsque le nouveau paradigme a surgi et a réussi à s’imposer, quelques années après mai 68, il a été perçu par beaucoup de citoyens et de militants comme une bouffée d’air frais, s’intégrant parfaitement dans une critique globale du système capitaliste. L’analyse critique du système de production marchande s’enrichissait d’une nouvelle dimension qui allait prendre une place de plus en plus importante. Les études, constats et conclusions scientifiques faisaient de celle-ci quelque chose de sérieux, concret et non un fantasme post « soixante-huitard ».

 

Quand le sérieux des problèmes écologiques s’est imposé à toutes et tous, chaque organisation politique a essayé, avec pas mal de difficultés, de faire coïncider cette nouvelle question avec leurs programmes figés et prédigérés… dans un but purement électoraliste.

 

Le mouvement écologique, fractionné au début, privilégiant à juste titre la dimension politique s’est imposé de manière autonome. Il était porteur de nouveautés en matière de pratique politique, d’engagement personnel et collectif et d’une farouche volonté de rompre avec les pratiques politiciennes poussiéreuses et anti démocratiques des partis traditionnels. Leur faible représentativité nationale était compensée par l’importance des questions qu’ils soulevaient et étaient, de ce fait, pris au sérieux.

 

Ce mouvement, porteur d’espoir de changement, aussi bien dans les analyses que dans la pratique politique, a hélas dégénéré aussi vite qu’il était apparu. L’engouement pour ces questions et la place politique qui s’offrait, à celles et ceux qui en étaient les dirigeants, a conduit ces derniers à abandonner rapidement toutes les bonnes résolutions du départ et à se consacrer à faire carrière dans la politique de manière aussi scandaleuse et minable que leurs homologues des partis traditionnels.

 

Une bureaucratie politicienne, des clans se sont constitués et ont transformé l’écologie en un savoureux fromage susceptible d’offrir une promotion sociale sous les ors de la République à des personnes plus intéressées par leur carrière personnelles que par l’avenir de la planète (des noms ?).

 

C’est cette désastreuse situation que dénonce aujourd’hui Noël MAMERE et qu’il refuse, ce qui est tout à son honneur,  de cautionner plus longtemps. Cette dérive, on la constatait depuis longtemps,… aujourd’hui on en a une confirmation de l’intérieur même du parti.

 

Au crédit de ce mouvement et c’est la seule chose positive qui lui reste : le fait que certains de ses cadres soient capables de ruer dans les brancards et de dénoncer clairement la dérive du mouvement… chose rare dans les organisations politiques.

 

Mais qui peut désormais faire confiance aux « écologistes » ?

 

30 septembre 2013

VERTS SOLITAIRES
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DE LA VIOLENCE POLITIQUE EN « DEMOCRATIE »

 

Les scènes de violences, de tueries qui ensanglantent l’Ukraine aujourd’hui choqueraient les « opinions démocratiques », lit-on dans la presse. C’est avoir une sacrée dose de naïveté que de croire que le règne de la violence dans l’Histoire serait terminé et que la paix civile règnerait peu à peu sur la planète.

 

Le « plus jamais ça », après un épisode dramatique, a toujours été démenti ; tant que règnera un système économique et politique inégalitaire, les sociétés ne seront pas à l’abri de ce que certains appellent, pudiquement, des dérapages.

 

Quand au moment de la chute de l’URSS, les propagandes officielles occidentales ont fait croire aux bons peuples que les républiques soviétiques entraient désormais dans une ère de liberté et d’égalité, de respect des droits de l’Homme, on a, en fait, assisté à une gigantesque manipulation idéologique. Le système capitaliste de l’occident n’a jamais été le garant de la paix, pas plus dans les pays occidentaux que dans les anciennes républiques du glacis soviétique… sans parler des anciennes colonies plus ou moins copies conformes des puissances coloniales.  Ceci ne réhabilite certes pas l’absurde système totalitaire « soviétique », mais n’absout pas non plus le système économique dominant actuel.

 

On voit, en Ukraine, ce que peut donner un système économique et politique à l’occidentale,… sans parler de la Russie de Poutine qui se classe dans la même catégorie. Le système politique, électoral de représentation du peuple, est capable de toutes les dérives, y compris les pires… Rappelez vous la République de Weimar dans les années 20-30 du siècle dernier.

 

Les conditions de l’exercice du pouvoir politique dans ce que l’on appelle aujourd’hui une démocratie, caractérisées par le rôle de l’argent, le poids des lobbys complices des partis politiques, le système médiatique, produisent un véritable système politique verrouillé, corrompu, au service des puissants, excluant les plus faibles… et le caractère universel du suffrage n’y change, on ne peut que le constater, finalement rien. Nous en avons des exemples dans tous les pays dit « démocratiques ». En Ukraine la coupe est pleine et c’est l’explosion ; en France elle ne l’est pas encore tout à fait, mais le niveau monte.

 

Cette dégradation progressive conjuguée à une mondialisation marchande qui réduit de plus en plus de citoyens à la misère ne peut qu’aboutir à la révolte ou à des solutions extrêmes. La montée du/des néo fascisme/s (formes ultimes de la violence politique) dans tous les pays européens en est la conséquence la plus grave et la plus spectaculaire. La violence n’est pas une exception dans l’Histoire, elle en est une des composantes ; la dégénérescence de l’Europe et de nos sociétés, malgré les discours lénifiants de nos politiciens, pourrait bien en être le prélude.

 

21 février 2014

 

 

DE LA VIOLENCE POLITIQUE EN "DEMOCRATIE"
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Publié dans : #billet d'actualite

ALTERNANCE ET ALTERNATIVE

 

On assiste aujourd’hui à un curieux glissement sémantique dans la classe politique.

 

Jusqu’à aujourd’hui, il n’était question que de l’alternance. Alternance signifiant le passage de la Droite à la Gauche, et inversement. Il était entendu que ce mouvement de bascule était dans la « nature » du système politique qui est le nôtre et qu’ainsi, les citoyens/nes pouvaient exprimer leur opinion, leur désir de changement, dans un esprit parfaitement démocratique et républicain (sic).

 

Ce petit jeu de l’alternance, parfaitement stérile (il suffit de voir où nous en sommes aujourd’hui), permettait de faire patienter le bon peuple, jouer, pour les politiciens sur l’illusion du changement, et le tenir en haleine avec des promesses mirobolantes. Dans cette logique parfaitement conservatrice, ayant pour seul objectif de gérer le système marchand, s’est constituée une classe politique irresponsable, parasite et manipulatrice, absorbant toutes celles et tous ceux qui avaient la prétention affichée de « changer les choses » (c’est le cas des communistes et des écologistes).

 

Tout cela fonctionnait parfaitement sauf que,… les illusions n’ont qu’un temps ! La crise aidant, la mondialisation du capital et des marchés se généralisant, le nombre de délocalisations explosant, entraînant des drames humains, la paix sociale que pouvaient se payer les politiciens gestionnaires s’est réduite comme peau de chagrin. Nous arrivons à la fin d’un cycle, à un stade ou l’alternance ne fait plus illusion. Qui oserait, en effet, sérieusement aujourd’hui croire, ou faire croire, que par un retour de la Droite, on va rétablir la situation catastrophique dans laquelle nous sommes.

 

Ne voulant rien changer à une situation dont elle profite, la classe politique a donc trouvé un nouveau terme qui était jusqu’alors utilisé par celles et ceux qui veulent changer radicalement de système économique et politique : l’alternative.

 

L’alternative, qui avait une connotation gauchiste, subversive, est en passe d’intégrer la soupe sémantique des discours politiques mystificateurs. C’est ainsi que de vieux chevaux de retour, compromis jusqu’au cou dans toutes les politiques réactionnaires du passé, pour le moment au centre de l’échiquier politique, en manque de notoriété et d’électeurs profitent du désarroi actuel et de l’impasse politique pour lancer leur nouveau « concept ». Sans parler des néo fascistes qui s’engouffrent dans la brèche.

 

Au rythme de la dégradation politique actuelle et face au besoin urgent de trouver toujours de nouveaux termes pour tromper le citoyen, il va vite manquer de mots pour construire un discours politique.

 

On savait le discours politique mystificateur… il devient aujourd’hui inaudible. Est-ce grave ? Certainement pas. Bannissons le discours des professionnels de la politique et consacrons nous à des actions concrètes fondant de nouvelles solidarités et l’avenir, le nôtre, nous sera ouvert.

 

16 novembre 2013

ALTERNANCE ET ALTERNATIVE
Publié par PM sur
Publié dans : #billet d'actualite

Billet d'actualité .............................................................................................

 

UN 1er MAI,… POUR QUOI FAIRE ?

 

 

Question politiquement sacrilège qui distille le doute !

 

« Défaitisme ! » diront certains, « la tradition !», diront d'autres, « montrer sa force ! », « montrer que l'on est là ! », « on se doit d'y être ! » !...

 

Rien de bien convaincant dans ces répliques. Pourquoi ? Parce qu'au fond de nous-mêmes, même si on a du mal à le reconnaître, il y a le doute ! Le doute que cette manifestation, cette « FETE DU TRAVAIL » soit une démonstration de force des travailleurs. Qu'à certaines époques, celles où les ouvriers représentaient une force sociale, où les mobilisations faisaient gagner des avantages sociaux,… oui, le 1er Mai avait un véritable sens social, politique, en plus d'être symbolique.

 

La force qu'exprimait le 1er Mai c'était, en ces temps, l'expression d'une force sociale qui, par ses mobilisations, ses luttes, parvenait, concrètement, dans les faits et dans le droit, à imposer au Capital des avantages pour celles et ceux qui créaient des richesses et qui exigeaient une plus juste répartition.

 

Depuis quelques années, le rapport des forces sociales a largement évolué,… et pas dans le sens des intérêts des travailleurs. Les marchés se sont mondialisés, l'Etat a bradé les services publics, a déréglementé, s'est désengagé, s'est soumis aux marchés financiers. Le marché de la force de travail s'est mondialisé d'où les délocalisations et la fonte de ce qui constituait l'élément essentiel du combat social : la classe ouvrière. Qui peut aujourd'hui parler du patronat, comme on en parlait autrefois ? Avec les fonds de pensions, les fonds spéculatifs, les Hedge Funds, les salariés qui combattent sont systématiquement vaincus  Des exemples récents ?

 

Les travailleurs n'ont même plus l'espoir de trouver une solution dans l'alternance que propose le système « démocratique » dans les vieux pays industriels. La social-démocratie et ses alliés, les écologistes, ont fait nettement le choix du libéralisme, et se plient donc à sa philosophie en épousant les lois et règles du système marchand.

 

L'extrême gauche anticapitaliste s'agite, produit des leaders, fait de la surenchère mais reste sur les vieux modèles politiques du changement politique et social.

 

Sans parler de l'extrême droite qui fleurit sur le fumier de la crise et qui attend patiemment que le fruit vénéneux de la marchandise soit à point.

 

« C'est la lutte finale,… » chantait-on, depuis des générations, dans les défilés du 1er Mai. Est-il encore de saison de le chanter aujourd'hui? Quand on en est réduit à promener des symboles, vides, dans les rues il ne s'agit plus de mobilisations sociales, mais de simples processions ! In cauda venenum !

 

1er Mai 2013

1er MAI... POUR QUOI FAIRE ?
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CE QUI SE JOUE A CHYPRE

 

La République de CHYPRE est un petit pays ( 610 000 Chypriotes grecs dont 211 000 sont des réfugiés venant du Nord occupé par la Turquie), au secteur bancaire hypertrophié grâce à une fiscalité de « paradis fiscal » doublé d’un puissant secteur touristique… les deux se complétant. Fer de lance de l’Union Européenne face à la Turquie, la République Chypriote est d’un intérêt politique stratégique pour l’Europe.

 

Mais ceci n’explique cependant pas la soudaine montée de tension économico financière sur ce petit pays.

 

La crise financière, et la rigueur économique afférente, frappant ce petit pays, il semblerait que les énormes réserves de devises (en $US) des banques provenant de Russie pour 31 milliards, 12 milliards à d’autres banques et 19 milliards aux entreprises et personnes privées (estimation de l’agence Moody’s) ait été un éléments déterminant dans la crainte d’un risque de défaut de paiement, c'est-à-dire l’incapacité d’honorer le remboursement de la dette.

 

« La crise  chypriote serait en grande partie le contrecoup de la restructuration  de la dette grecque. Autrement dit un effacement partiel de la dette  souveraine grecque risquait d'entraîner un risque de défaut banques chypriotes, hauteur de 10 milliards d'euros (un premier effet  domino de la crise au sein de la zone euro ?) ».François MORIN

 

La brutalité des autorités européennes, aurait été encouragée par le fait que les immenses fonds russes en dollars seraient d’origine « douteuse »,… ce qui sur un plan moral (sic) une ponction sur ces comptes en banques ne troubleraient guère les « consciences financières ».

 

Les choses se sont gâtées quand ont été mis dans le même plan ces fortunes en dollars et les comptes en banques des citoyens chypriotes… d’où le long moment d’hésitation des autorités obligées de faire la part des choses : limitation de la taxation à partir d’un certain niveau des comptes (100 000€). Ceci explique également les réactions des russes et britanniques qui se sont sentis – et même plus – piégés.

 

La situation s’est calmée – (voir Canard Enchaîné – 27 mars 2013) lorsque les autorités chypriotes, dans leur « grande sagesse » et en toute « opportunité » ont épargné deux banques très particulières :

 

  • la HELLENIC BANK – banque de l’église orthodoxe – principal actionnaire du premier producteur de bière- « ainsi soit-il » et  « à la bonne vôtre » !
  • la Vneshtorgbank (VTB) – banque à participations russes, mais qui en dépit des garanties offertes se refuse, malgré des sollicitations, à s’engager plus avant dans le système bancaire chypriote.

 

Si le risque de défaut de paiement a été évité, si les mesures financières impopulaires ont pu être atténuées, si les « intérêts étrangers » ont pu, en partie être épargnés,… il n’en reste pas moins que rien sur le fond, n’est réglé : la Laïki Bank, la deuxième banque de l'île est mise en faillite, le contrôle des flux de capitaux va étrangler en partie l’activité économique de l’île (entreprises et particuliers). L’importation des produits de première nécessité va souffrir de cette situation avec les risques de pénuries doublant les mesures d’austérité.

 

La sortie de l’Euro a été évitée,… mais à quel prix. L’avenir le dira !

 

31 mars 2013

 

CE QUI SE JOUE A CHYPRE
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LEGITIMITE DU POUVOIR / LEGITIMITE DE LA RUE

 

 

Nous avons vu – voir LE POUVOIR ET LA RUE - que Pouvoir et Rue, tout en étant complémentaires, s’excluaient. Cette situation paradoxale n’est pas sans poser un grave problème pour définir le caractère démocratique d’un système politique.

 

Dans la Rue il y a une multitude de personnes qui doivent vivre collectivement. Elles ont une dimension individuelle, mais aussi une dimension collective – « l’Homme est un animal social ». Le choix est fait, pour faire fonctionner cette collectivité, de procéder à la mise en place d’un Pouvoir représentatif. En soi la démarche est logique et en rien choquante.

 

La méthode, afin de procéder à cette représentation, consiste à demander à tout un chacun de désigner celle ou celui qu’il/elle souhaiterait avoir comme représentant, c’est l’élection. Ainsi le Pouvoir fonde sa légitimité sur la Rue,… qui, de ce fait, perd la sienne.

 

Le principe est simple et a l’air parfait… Pourtant la réalité est tout autre.

 

Qui peut affirmer aujourd’hui que le Pouvoir représente les intérêts des gens de la Rue ? Vu la situation actuelle, et passée, on peut en douter. Pourtant disent les démocrates convaincus, les représentants du peuple au Pouvoir, ont été nommés par les gens de la Rue ! Formellement c’est exact, mais la réalité du choix laisse à désirer. Le choix est limité, orienté, manipulé.

 

Le choix est orienté, manipulé et finalement limité par de véritables machines à truster le Pouvoir : les partis politiques qui, en soi, n’ont aucune légitimité. C’est pourtant eux qui confisquent cette légitimité en filtrant, désignant celles et ceux qui doivent passer par eux pour accéder au Pouvoir. Aucun citoyen Lambda n’a les moyens financiers et médiatiques d’accéder, seul, au Pouvoir.

 

Ainsi le glissement de la légitimité de la Rue à la légitimité du Pouvoir est complètement faussé.

 

S’est constitué peu à peu une véritable classe politique dont l’objectif principal est le Pouvoir. Cette classe bénéficie de privilèges et des moyens de se reproduire par les liens qu’elle tisse avec les milieux d’affaires et les médias. La pensée politique de la Rue est façonnée par elle,… c’est elle qui impose de fait les choix… qui n’en sont véritablement pas. La Rue n’a plus d’opinion, l’opinion publique n’est que le reflet de l’expression des partis politiques – via les médias.

 

Le discours sur la légitimité démocratique du Pouvoir sauve les apparences en invoquant les élections qui ne sont qu’une manière habile de confisquer au profit d’un petit nombre la légitimité de la Rue.

 

18 avril 2013

 

LEGITIMITE DU POUVOIR / LEGITIMITE DE LA RUE
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GUERRE DU FEU / GUERRE AU FEU

 

Quelles bandes d’irresponsables, nos ancêtres, ces bipèdes velus qui n’ont rien trouvé de mieux que de faire jaillir des étincelles en cognant deux pierres et d’enflammer de la paille sèche !…. C’est ainsi qu’a commencé à se dégrader l’environnement, à s’empoisonner l’atmosphère. N’aurait-il pas mieux valu, comme le font toutes les autres espèces animales, manger crus viandes et végétaux et entretenir une épaisse fourrure pour lutter contre le froid ?

 

Mais l’espèce humaine a évolué et… au bout de quelques millénaires, a fini par comprendre son erreur : le vrai danger c’est le feu…désormais on va interdire le feu de bois…. Enfin ! En France, toujours à l’avant garde du progrès, en commençant par Paris, la ville lumière (mais sans feu), à partir de 2014, les feux de bois - de cheminées - y seront interdits. Ouf,… on va pouvoir respirer ! Mais comment n’y a-t-on pas pensé avant ?

 

Bien sûr, nous allons assister à une contestation massive des marchands de bois, des fabricants d’allumettes, bougies et autres trafiquants de produits à destruction massive, comme les cheminées d’appartement. Ces gens là, qui auraient dû être réprimés depuis des siècles, continuent à nous empoisonner sans vergogne.

 

Les élus de la nation, dans leur grande sagesse, le gouvernement, conscient de ses responsabilités à l’égard des générations futures, prennent, pour une fois, une décision radicale et qui fera date dans l’histoire. Finies les pratiques rustiques des âges farouches ! Vive le progrès,… le pétrole et le nucléaire garants de l’énergie,…

 

Il y a pourtant, encore des efforts à faire : les vaches qui dans les champs, pètent impunément, répandant des gaz à effet de serre dans l’atmosphère, et puis les respirations animale et humaine qui dégagent tant de CO2 !

 

Exigeons des bouchons dans le cul des vaches et des pétomanes, mais aussi l’interdiction du jogging et autres activités physiques qui favorisent la production du CO2. Bon OK,… il faudrait interdire aussi le tabac vu le dégagement de fumée,... mais là, attention, ça porterait atteinte au budget de l’Etat !

 

Dans les poubelles de l’Histoire, les bûchers de l’Inquisition, les immolations, les cracheurs de feu, les incendies forcément criminels et autres barbecues festifs !….

 

Ainsi donc, l’Homme devant le terrible dilemme : Extinction des feux ou Extinction de l’espèce a su, une fois encore, faire le bon choix.

 

Nous sommes sauvés !

 

13 décembre 2013

 

 

GUERRE DU FEU / GUERRE AU FEU
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VIEUX C’EST MIEUX

 

Dans un pays, dans une économie,… et pas seulement en France où l’on est de plus en plus incapable de procurer un emploi – donc un moyen d’existence – aux jeunes, la situation de vieux apparaît, dans une certaine mesure comme quelque chose d’enviable.

 

On ne dit plus vieux, on dit seniors. Quand on connaît le poids des mots, aujourd’hui, on apprécie tout de suite la nuance. Pourtant les jeunes, toujours irrévérencieux, ne disent pas à propos des parents, « mes seniors », mais toujours « mes vieux »…. Ils ont tort. En effet les jeunes, pas tous mais beaucoup, devraient ménager leurs géniteurs ou assimilés. Avoir des parents encore vivants avec une bonne retraite et « bon pied, bon œil », est actuellement une situation très enviable, une roue de secours dans l’océan de l’exclusion et de la pauvreté.

 

Ce modèle social français, que beaucoup en Europe et dans le monde nous envient, et que de sombres politiciens, fidèles serviteurs du système (des noms ?), essaient de détruire, est une béquille inestimable pour une partie de la jeunesse en manque d’avenir. La société actuelle, incapable d’assurer un avenir à ses jeunes les renvoie sur l’avenir que la société d’alors, il y a plus d’un demi siècle, assurait pour celles et ceux qui allaient devenir des vieux.

 

Ce qui tient debout aujourd’hui – et pour combien de temps ?- dans la tempête qui, peu à peu, emporte dans le chaos social et financier, les jeunes générations, ce sont les acquis du Conseil National de la Résistance…. Et en particulier les retraites.

 

Perfidement, le système actuel perçoit et considère les retraités comme un marché et des consommateurs potentiels… ils le sont certes, mais là aussi, pour combien de temps ? Ce pilier – le système par répartition des retraites - est en train de tomber comme tous les autres : services publics, protection sociale,….

 

Avec le temps celles et ceux qui ont de bonnes retraites, disparaissent,… Les nouveaux retraités – ceux qui auront la chance d’avoir la retraite - sont promis à l’indigence et la pauvreté. Les « vieux-pauvres » se multiplient de plus en plus…

 

Cette embellie pour le troisième âge n’aura en effet qu’un temps. Le système scie la branche sur laquelle il est assis et qui lui donne encore un peu de sens. Il vit sur l’inertie d’un modèle social plus que cinquantenaire qui garantit encore – et pas pour longtemps – un niveau de vie acceptable pour une frange de ses vieux. Une fois ceux-ci disparus, ce sera le grand recul… un capitalisme sauvage, style 19e siècle.

 

Paradoxe d’un système économique qui, en bout de course, fait de l’automne de la vie, sa vitrine la plus présentable.

 

14 Janvier 2014

 

VIEUX C'EST MIEUX
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PERVERSION DEMOCRATIQUE…

 

… ou démocratie pervertie, comme on veut, mais disons-le clairement, les évènements que nous venons de vivre éclairent d’une singulière lumière notre « démocratie ».

 

Personne ou peu de monde, et certainement pas les premiers concernés, le reconnaîtront, mais les ignobles attentats qui ont frappé Paris le 7 janvier sont une aubaine inouïe pour les politiciens au pouvoir… un véritable état de grâce qui permet de jouer sur l’émotion, et uniquement sur elle, pour se refaire une « santé politique ».

Il n’est pas question de remettre en question la sincérité des politiques de vouloir défendre les principes de la liberté d’expression, quoique l’Histoire nous a montré que ce soutien pouvait être à géométrie variable, mais il serait naïf de ne considérer les choses que sous cet angle… c’est ce que l’on tait qui est souvent le plus révélateur.

Mais attention, dire cela n’est pas politiquement correct… « Un peu de dignité tout de même » va –t-on me dire. Le moment n’est pas à la polémique mais à l’émotion, à l’unité nationale et là-dessus la Marseillaise… ensuite on verra. En fait on ne verra rien du tout, comme d’habitude. Que reste-t-il de l’émotion suscitée par les attentats des années 90 ? Rien. Strictement rien ? La situation n’a fait qu’empirer malgré les faramineuses promesses faites. Les politiciens se sont succédé au pouvoir. Retour au point du départ, ou plutôt pire.

François HOLLANDE, et tout son gouvernement, doivent une fière chandelle aux terroristes qui ont réussi l’impossible espoir de faire/refaire l’unité derrière un Président de la République au plus bas dans les sondages, incapable de redresser une situation économique et sociale et empêtré dans des histoires boulevardières. La vertigineuse remontée de sa côte de popularité est essentiellement due, pour une fois, à une excellente communication et à l’habile gestion d’une situation exceptionnelle où la plus profonde et sincère émotion a côtoyé les plus grandes ambiguïtés – la présence d’individus peu fréquentables autour du Président de la République durant la grande manifestation du 11 janvier en est une symptomatique démonstration.

Une fois mise à part l’émotion collective, que reste-t-il de la situation actuelle et des conditions qui ont mené à une telle tragédie ? Le fonctionnement démocratique de notre société a-t-il été à la hauteur des défis de notre monde ?  Le passé est critiquable, le présent tragique… qu’en sera-t-il de l’avenir ? Là, est la véritable question.

Le jeu pervers de la surenchère politicienne, s’il a connu une brève pause, a très vite repris ses droits. Les vieux démons sont toujours à l’affût et l’extrême droite – un moment disqualifiée – toujours en embuscade.

 

Un feu de paille n’a jamais donné de braises, or, ce sont elles qui sont les garantes d’une bonne cuisson.

 

20 janvier 2015

PERVERSION DEMOCRATIQUE...
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FNSEA : « Qui sème le vent,… »

 

Mais de quoi se plaignent les agriculteurs, membres de la FNSEA, qui bloquent les routes, attaquent les établissements publics et saccagent les supermarchés – actions, par ailleurs, qu’ils sont les premiers à dénoncer quand ce sont les autres qui les commettent ?

 

Ce sont tout d’abord les survivants d’un système de développement agricole qui a divisé par dix le nombre d’actifs dans l’agriculture française depuis 1945. A ce titre ils peuvent se considérer comme des privilégiés.

Ce sont ensuite les représentants d’une organisation syndicale qui a été chef d’orchestre, avec les différents pouvoirs en place, de la mise en place du capitalisme agro-industriel actuel. La FNSEA a été, en effet, l’outil essentiel de l’élaboration de ce modèle de production qui est en train de décimer le monde paysan et d’empoisonner nos campagnes et les consommateurs. C’est tellement vrai que cette organisation a vu son président (1979-86) – François GUILLAUME – devenir ministre de l’agriculture (1986-88) de Jacques CHIRAC, chantre, s’il en est, du modèle agricole actuel.

Ce sont enfin les acteurs des mécanismes d’un système de production agricole fondé, comme l’a toujours défendu ce syndicat, sur la performance et la rentabilité à outrance,… n’hésitant pas pour cela à sacrifier le foncier rural, les paysages, la terre par l’emploi massif de tous les poisons qu’à pu inventer l’industrie chimique.

Répondant fidèlement aux partisans politiques du capitalisme agro-industriel, ils ont su – ou du moins l’organisation à laquelle ils appartiennent – jouer à la fois sur un libéralisme débridé confortant les forts, écrasant les faibles et un système de grasses subventions venant de l’Europe et très largement réparties de manière parfaitement inégalitaires.

La loi d’airain de la concurrence capitaliste a su, dans le domaine agricole, comme dans le domaine industriel, « récompenser » ceux qui savaient rentabiliser, concentrer, réduire les coûts et pratiquer des prix bas. Est ainsi née une organisation de la production agricole en Europe qui est loin d’avoir avantagé l’agriculture française. Mais qui a soutenu cette politique pendant toutes ces années ? Ceux-là mêmes qui aujourd’hui, en contradiction avec leurs convictions économiques et politiques, demandent une intervention des pouvoirs publics pour les soutenir. Comment être à la fois libéral sur le plan économique et demander une administration des prix ?

Qu’il y ait quelque chose de dramatique dans la faillite, la disparition d’exploitations agricoles, c’est une évidence, mais ce n’est certainement pas en cassant, brûlant, saccageant que l’on changera quoique ce soit. Ce n’est pas non plus en faisant confiance à une organisation responsable de ce chaos et qui se gave de subventions, que l’on fera les changements structurels qui s’imposent.

La morgue des dirigeants de la FNSEA, et de bon nombre de ses militants, à l’égard de celles et ceux qui, comme à la Confédération Paysanne, militent activement pour un modèle de production et de consommation plus humain et plus écologique, donne la mesure des dégâts provoqués par la pensée dominante chez certains esprits faibles plus enclins à la violence qu’à la réflexion.

Il est aujourd’hui évident que les changements structurels, en France, en Europe et dans le reste du monde passent par une relocalisation de la production et de la consommation. Le développement spontané et logique des circuits courts – meilleur moyen de court-circuiter la grande distribution - est la réponse intelligente aux drames provoqués par l’agriculture industrielle. Celles et ceux qui ne le comprennent pas vont disparaître.

Il est plus facile d’impressionner le bon peuple – qui dans sa majorité « comprend » les manifestants - en pratiquant la violence et en suscitant la pitié que de poser publiquement les vrais problèmes et de s’atteler aux véritables solutions.

 

27 juillet 2015                                                                          Patrick MIGNARD

FNSEA : "Qui sème le vent,..."
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LA REVOLTE SILENCIEUSE

 

Ca y est, c’est parti, on l’attendait bruyante, violente,… pourtant, elle ne fait pas de bruit, certains diront qu’elle est sournoise, impalpable,… Elle est bien là, la révolte des exclus, des déçus, de celles et ceux, toujours plus nombreux/ses qui ne croient plus aux discours mensongers des politiciens, aux promesses de cette classe parasite qui n’agit que dans l’intérêt d’un système dont elle tire profits et privilèges.

 

Les discours moralisants, moralisateurs, faussement citoyens, ne marchent plus ou du moins, de moins en moins… l’illusion n’a que trop duré. A défaut de manifester, de casser et de brûler, on refuse de participer à ce qui fait finalement la force de ce système, l’illusion de démocratie qu’il distille : le vote.

 

On ne peut plus dire que l’abstention est le monopole des « pêcheurs à la ligne », elle est aujourd’hui une véritable expression politique qui signifie une chose très claire : ras-le-bol de ce système faussement démocratique qui nous conduit à la catastrophe dont la montée du néofascisme est l’expression politique la plus dangereuse… Et l’on sait depuis les années trente du siècle dernier que l’on ne combat pas ce fascisme en reconduisant au pouvoir des politiciens incapables et manipulateurs.

 

Cette révolte est beaucoup plus grave pour la classe politique que les manifestations folkloriques et pétitions stériles dont elle se moque royalement… il y va désormais de la crédibilité, de la légitimité de celles et ceux qui nous « mènent en bateau » depuis des décennies.

 

Bien sûr, le courant néo fasciste est un danger et les politiciens au pouvoir l’utilisent comme repoussoir et instrument de culpabilisation du citoyen pour l’amener à voter pour eux. Ils oublient simplement de dire que, d’une part, l’existence de ce courant est la conséquence de leurs politiques et que, d’autre part, le soi-disant front républicain ressuscité au moment des élections est, à terme, un dérisoire barrage pour l’endiguer.

 

Désormais la légitimité des élus/es est gravement entamée… Les pourcentages obtenus, s’ils sont toujours calculés sur le nombre de votants – et non des inscrits, (comme par hasard) - ne peuvent désormais plus cacher le fossé toujours plus grand entre celles et ceux qui continuent à croire en la comédie électorale et celles et ceux qui tournent les talons aux discours et promesses.

 

Cette révolte, comme toute révolte, n’est pas immédiatement porteuse d’un avenir, d’un projet,… elle n’est qu’un signe, le symptôme d’un dysfonctionnement grave de notre démocratie. L’avenir ne passe plus par la confiance que l’on peut mettre en une classe politique qui a failli… Prenons garde de ne pas mettre nos espoirs dans la démagogie de celles et ceux qui voudraient prendre sa place… et qui tout en le dénonçant, sont tout de même un pur produit de ce système.

 

Amplifions cette révolte lors des prochains scrutins.

 

 31 mars 2014

LA REVOLTE SILENCIEUSE
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POUR MEMOIRE…

 

En mars 1976 en Argentine, sous la direction de Jorge Rafael Videla, Commandant en chef de l'armée argentine, s’installe au pouvoir une véritable bande d’assassins qui a un projet politique : «  Processus de réorganisation national » ; il s’agit en fait de l’instauration d’une dictature sauvage. De 1976 à 1983, aux yeux du monde entier ce ne seront en Argentine que meurtres, massacres, disparitions, tortures, rapts d’enfants,…. Bref ce que l’Histoire retiendra sous l’intitulé de « sale guerre » (en espagnol guerra sucia).

 

Tout le monde savait, mais bien peu dénonçaient... Les USA, premiers intéressés, collaboraient, mais aussi les États européens, et la France (Patrie des Droits de l’Homme - sic) vendait du matériel militaire à la junte.

 

En 1978, la Junte au pouvoir “hérite” de la Coupe Mondiale de Football. Une aubaine dont elle va se servir, à l’image des Jeux Olympiques de Berlin en 1936 utilisés, à des fins de propagande, par Hitler.

 

Question: Peut-on / doit-on jouer au foot dans un pays où un État élimine, torture ses opposants poltiques? Eternelle question entre la morale et l’argent. Les dirigeants mondiaux du foot, eux, n’ont pas hésité,... l’appel des bénéfices escomptés était trop fort.

 

Une campagne de dénonciation “Pas de foot entre les camps de concentration” et d’appel au boycott était lancée par diverses organisations... La Droite au pouvoir, qui avait dés 1973 collaboré avec la dictature chilienne, faisait ls sourde oreille. La Gauche, qui n’était pas encore au pouvoir en France, pouvait sans crainte dénoncer...

 

Le Front National, encore très jeune (1972), faisait ses premiers pas, guidé par ceux qui lui avaient donné naissance. La direction – bureau politique -  du parti était alors composée de Pierre Bousquet qui fut volontaire dans la légion SS Charlemagne, Victor Barthélémy, fidèle du collaborateur Jacques Doriot, et François Brigneau qui s’était engagé dans la Milice de Darnand, tout ce beau monde entouré de nostalgiques de l’OAS et de catholiques intégristes.

 

La proximité idéologique entre la junte militaire et les membres du Front National au pedigree éloquent explique l’empressement du FN à soutenir l’évènement. C’est donc sans état d’âme, en faisant un grand Cocorico, que le Front National dissociant habilement sport et politique, soutenait la manifestation. Parallèlement à celles et ceux qui condamnaient l’opération-promotion de la junte argentine (voir affiche d’appel au boycott), le Front National sortait sa propre affiche…

 

12 juin 2014

  

FOOT : POUR MEMOIRE
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RATIONALITE ECONOMIQUE ET

          LOGIQUE POLITIQUE

 

 En France, comme dans d’autres pays européens, on arrive cette fois au bout d’une logique, celle qui ne permet plus à la politique, politicienne, de compenser les contradictions sociales engendrées par l’économique.

Tant que les conditions de valorisation du capital – qui est le principe fondamental du système dans lequel nous sommes – permettait à la Droite et à la Gauche alternativement – et apparemment contradictoirement – de satisfaire aux conditions de cette valorisation en garantissant la paix sociale,… tout allait bien ou presque. Le système capitaliste pouvait fonctionner avec une marge de manœuvre politique qui était assurée par les contorsions gestionnaires et médiatiques des politiciens au pouvoir… car tout en étant les garants du système, ils donnaient des gages aux salariés pour assurer la paix sociale.

Le glissement progressif du Parti Socialiste vers un social libéralisme désormais assumé par lui, sonne le glas de ce que l’on pourrait attendre de sa part, c'est-à-dire une politique économique « de gauche » (défense et extension des services publics, des acquis sociaux, relance par la consommation, taxation du capital,…). Les choix faits par lui sont clairs et sans ambiguïté… le peu de sérieux de ses « alliés » (les écologistes), rend encore plus incertain un éventuel retournement de situation…De plus, ce qu‘il a sur sa gauche est loin de convaincre et de rassurer.

Aujourd’hui les choses sont claires… il n’y a pas de différence entre le modèle économique de gestion de la Droite et celui de la Gauche. Les coquetteries idéologiques qui trouvent une différence entre les deux se fondent sur des considérations totalement obsolètes, issues d’une période révolue. Pour la France comme pour tous les pays de l’Union Européenne, la dimension européenne limite de plus les marges de manœuvre d’une politique nationale.

On est donc au pied du mur, ou dans une impasse. Les schémas classiques politiciens d’autrefois ne jouent plus. Cà, le Front National le sait et en joue avec virtuosité. Bien sûr, son programme économique ou ce qui en tient lieu, n’est qu’illusion… il promet tout et n’importe quoi… espérant le réflexe : « Les autres ont échoué, essayons-le ! »…. Et ça peut marcher si l’on continue à entretenir l’illusion d’une « alternance Droite/Gauche salvatrice ».

Le Capital ayant besoin de stabilité politique, une fois que le vieux schéma politique de l’alternance ne marchera plus et que l’agitation sociale règnera, il lui faudra trouver une solution « stabilisante »… et on sait ce que c’est : un état fort. Le Front National est bien sûr la roue de secours du système une fois épuisées toutes les solutions politiques classiques. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si, dans la plupart des pays européens en crise, le néofascisme progresse.  

L’heure ne sera plus alors aux tergiversations stériles avec des politiciens incapables ! Il faudra peut-être alors commencer à s’occuper sérieusement du politique !

1er mai 2014

 

 

RATIONALITE ECONOMIQUE ET LOGIQUE POLITIQUE
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LA DEMOCRATIE À L’EPREUVE DES GRANDS PROJETS

 

On a vu dans l’article précédent « LA FIN DES GRANDS PROJETS ? Les raisons écologiques qui sont à l’origine de la contestation des « grands projets » actuels. L’aspect démocratique et citoyen a été seulement effleuré,… il s’agit maintenant de l’aborder.

La préservation de l’environnement est une chose trop importante pour être délaissée par les citoyens. Il y va de la survie de toutes les espèces vivantes. Mais le mode de fonctionnement dit « démocratique » de nos sociétés est loin d’être adapté aux exigences et impératifs du moment.

 

INTERÊT GENERAL ET INTERÊTS PARTICULIERS

 

La frontière entre les deux peut être très imprécise et à géométrie variable. Ceci vient de la définition des deux concepts et de la manière dont le système dominant les décline.

L’intérêt général, qui pourrait paraître évident, est en fait une notion floue qui veut concilier à la fois les intérêts globaux de l’équilibre du système économique dominant et l’expression des intérêts des particuliers et des entreprises. L’intérêt général ne peut pas être dissocié de l’intérêt et des conditions de survie du système économique dominant en place. De plus, et par voie de conséquence, dans son acception courante, l’intérêt général ne saurait être entravé par le/s intérêts/s particulier/s. A moins de dire, ce qui est absurde, que l’intérêt général n’est que la synthèse des intérêts particuliers.  Vivre en collectivité, démocratiquement, c’est réaliser la difficile alchimie entre le général et le particulier. C’est là que le bât blesse !

Dans l’Histoire et dans tous les systèmes économiques, les classes dominantes ont usé et abusé de leur pouvoir pour faire prévaloir, l’intérêt de celui-ci, qui correspond en fait à leurs propres intérêts (donc particuliers) en donnant plus ou moins l’impression de le faire dans l’intérêt du salut de chacun et de tous. On voit la confusion !

Le capitalisme, aujourd’hui, ne fait pas exception à cette règle. Privilégiant la rentabilité du capital sous couvert d’un système qui se veut démocratique, il impose en fait, et en droit, un intérêt général qui a une conception bien singulière de l’intérêt particulier. La dérive est totale au stade de la mondialisation du capital et de la domination dans le champ de l’économique ; des structures économico-financières imposent de fait,… et bientôt de droit, leur loi. Le TAFTA (Traité de Libre Echange entre l’Europe et les USA actuellement en négociation) étant le stade ultime de cette dérive.

A ce stade du conflit entre l’intérêt général, en réalité celui des grandes firmes, et celui du particulier, on pourrait en conclure à l’éternel conflit entre les possédants et les spoliés…ce qui donne du « grain à moudre » aux tribunaux et aux conflits sociaux.

Mais désormais il y a plus grave !

 

L’INTERET GENERAL CONTRE L’INTERET GENERAL

 

L’intérêt général du système, même quand il tient compte d’intérêts particuliers, peut être en parfaite contradiction avec l’intérêt général de l’Humanité… et c’est cette situation que nous vivons aujourd’hui.

Concevoir un grand projet, même s’il correspond à des intérêts particuliers locaux (cas de Sivens, de Roybon,…), même s’il est approuvé par des gens du cru, c'est-à-dire les principaux intéressés, et premiers concernés,… ne peut plus être aujourd’hui une simple opération d’aménagement. Pourquoi ? Parce que, désormais, la multiplication, l’extension, des projets d’aménagement altèrent gravement l’environnement, autrement dit un intérêt général encore plus vaste que ce que définissait de manière plus ou moins étroite, l’intérêt général classique dans sa précédente acception. La généralisation des destructions des forêts, des bois, des marais, des terres arables,… à l’échelle d’un département, d’un pays, de la planète, hypothèque gravement l’avenir de la biodiversité, autrement dit de l’équilibre de la Nature.

Cette nouvelle dimension échappe complètement aux politiciens qui ne voient que le court terme (leur mandat), de même que les particuliers qui ne voient que leurs intérêts immédiats (ce qu’ils peuvent gagner ou perdre).

On assiste à un véritablement changement d’échelle dans la manière avec laquelle on doit gérer l’espace de vie. Cette nouvelle vision du monde est loin d’être partagée par une majorité, elle est au contraire le fait d’une minorité qui ainsi est marginalisée, suspectée, qualifiée d’utopiste, d’irréaliste, voire de terroriste quand elle décide de passer à l’action.

Le processus démocratique classique que nous connaissons est totalement obsolète pour répondre aux nouvelles contraintes qui s’imposent aux études prospectives et à la prise de décision. Si à un instant t, une minorité peut avoir raison contre la majorité, s’oppose à un Etat reconnu comme démocratique, cela veut dire que l’on doit repenser le fonctionnement « démocratique » de la société.

Cette situation révèle en fait une réalité beaucoup plus fondamentale : le système économique, le capitalisme, est parfaitement inadapté aux limites atteintes par le progrès technique et son utilisation dans le cadre de la recherche du profit.

Le « phénomène des ZAD » que l’on veut nous faire considérer comme marginal et provocateur est en fait révélateur d’une crise qu’il ne faut pas hésiter à qualifier de civilisation.

La solution à ce défi n’est ni dans l’État, ni dans l’État de droit, ni dans les Instances politiques,… tous garants et soumis aux intérêts du système, mais désormais dans les initiatives citoyennes.

 

22 décembre 2014

LA DEMOCRATIE A L'EPREUVE DES GRANDS PROJETS
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11 MAI - OUVERTURE DES ECOLES,... PROBLÈMES !

RÉFLEXIONS D'UNE MAÎTRESSE D’ÉCOLE MATERNELLE

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Sans moi le 11 mai !
 
Depuis le début de l’épidémie de Covid19, j’ai tâché de continuer à faire mon boulot de maitresse de petite section. Vous avez peut-être vu passer mes vidéos dans lesquelles j’essaie gaiement, parce que le ridicule ne tue pas, de maintenir le lien avec mes élèves depuis mon salon. Je suis contente d’y avoir consacré beaucoup de temps et d’énergie, je l’ai fait par choix et avec plaisir, pour mes élèves et leurs familles. Je suis prête à continuer, d’ailleurs ma vidéo de demain est déjà prête. Et bien sûr, je n'ai qu'une hâte : retrouver les soixante petits élèves de mes deux classes de maternelle.
 
Mais je ne vois pas quels aménagements ni quelles précisions pourront me convaincre de revenir à l’école le 11 mai.
 
Je ne vais pas vous donner mon avis sur la stratégie de déconfinement à adopter, ni partager mes inquiétudes sur tout ce que l’on semble ignorer sur ce virus (et notamment sur l’immunité collective) parce que vous auriez raison de n’en avoir rien à faire, ce n’est pas mon boulot. Je vais vous parler de ce que je connais : l’école, les enfants, les familles. Je vais vous parler de mon quotidien et de mon travail de maitresse d’école de petite section de maternelle.
 
Le matin, les parents déposent leurs enfants directement dans la classe après s’être croisés dans des espaces exigus dans un temps très court. Ensuite, les enfants ont un temps un peu libre où ils circulent dans la classe, en partageant les jouets, les crayons, les poupées. Parce que c’est ça la maternelle : apprendre en jouant ensemble. 
 
On travaille en ateliers par petits groupes d’élèves, en théorie. Parce qu’un enfant de 4 ans, ça ne fait pas toujours ce que nous, les grandes personnes, on imagine en théorie. Rester en place à une table, en fait, c’est déjà loin d’être évident quand on a 4 ans. Alors tousser dans son coude ou même juste se moucher tout seul… Donc, on crache un peu sur les copains sans faire exprès et on s’essuie le nez sur le bras de la maitresse en passant. 
 
Plusieurs fois par jour, on va tous ensemble aux toilettes qui manquent souvent de papier, de savon et de bon sens dans leur conception (et je râle à ce sujet à chaque conseil d’école). 
Le matin et après la sieste (à quarante dans un dortoir de la taille d’une classe), on se regroupe tous les uns contre les autres pour chanter et lire des histoires. Et puis, il y a la récréation. Et la cantine. 
 
C’est ça l’école maternelle.
 
Et puis, quand on a 4 ans, parfois on a très peur, parfois on est très triste. Souvent, les mots sont inutiles, parce qu’on ne sait pas toujours les dire ou les comprendre, c’est déjà difficile pour les grandes personnes alors quand on n’a que 4 ans... C’est le contact qui rassure. Une main sur la joue qui sèche une larme, un câlin qui réconforte quand papa s’en va. Parfois aussi, c’est le contact qui protège. Qui arrête une main qui va donner un coup ou qui retient un enfant qui se met en danger sans s’en apercevoir. 
 
Alors maintenant, essayez d’imaginer la même chose, en version covid19. Même avec moins d’enfants, même avec moins de familles. Même en désinfectant les locaux, même en imaginant qu’on peut renouveler encore et encore notre manière d’enseigner. Deux choses essentielles : les gestes barrières sont impossibles à mettre en œuvre en maternelle (les enseignant.e.s qui ont accueilli de petits groupes d’enfants de soignant.e.s le confirment) et mon travail de maitresse d’école est infaisable dans ces conditions. Pire même, il n’a aucun sens. 
 
Jusqu’à présent, il n’est pas question d’une réouverture dans des conditions classiques, heureusement d’un point de vue sanitaire. De ce que j’ai compris, l’idée est d’y aller progressivement. Donc on va quand-même devoir respecter un minimum de règles d’hygiène en accueillant de petits groupes d’élèves. Mais concrètement, ça va donner quoi ?
 
Je vous jure, j’essaie de me visualiser, en classe, masquée (parce que je suis optimiste) face à cinq enfants, chacun à un bout de table. Des élèves, qui ne seront pas les mêmes tous les jours puisqu’on ne pourra pas les accueillir tous. Des tout petits machins mignons de quatre ans à qui je vais devoir faire comprendre que tout ce qu’ils font habituellement est potentiellement dangereux. Prendre le crayon du copain, lui faire un câlin parce qu’il est triste, se chuchoter un secret à l’oreille… Certains seront complètement effrayés, d’autres surexcités. Tous leurs repères vont être bouleversés. 
 
Au-delà de toutes les questions logistiques sur la désinfection des locaux et la protection des personnels (qui n’est pas un sujet anecdotique), au-delà des questions relatives à l’organisation du temps d’accueil et ses conditions, je pense à mes élèves. Que vont-ils comprendre de tout ça ? Quel est l’intérêt pour eux ? Lesquels d’entre eux seront accueillis, sur quels critères ? Lesquels pourront avoir le privilège de rester à la maison ? Lesquels seront contraints d’aller à l’école ? Et c’est comme ça qu’on prétend réduire les inégalités ?
 
Bien sûr que c’est difficile pour tous les enfants d’être confinés mais pour la plupart d’entre eux, être enfermés à la maison avec leurs parents est bien moins anxiogène que ce qu’ils vivront si les écoles rouvrent. Depuis le début de cette crise, l’éducation nationale navigue à vue sur tous les sujets : continuité pédagogique, accueil des enfants de soignants, rien n’a été suffisamment pensé en amont. Donc dans un climat d’impréparation totale, ceux qu’on choisit de fragiliser davantage, ce sont donc des enfants très jeunes, qui découvrent à peine l’école, au prétexte de sauver l’économie et créer notre immunité collective. On va les plonger dans un truc complètement abstrait, imprévu, stressant pour RIEN, rien d’utile pour eux. Parce que même notre ministre le dit, on ne va pas enseigner. Alors que va-t-on faire ? Garder ?
 
Disons-le clairement alors, nous souhaitons employer les enseignants et les enseignantes de France pour garder les enfants et renvoyer les parents au travail, coûte que coûte. Je ne suis pas d’accord. Je ne suis pas responsable des enjeux logistiques du capitalisme. Oui, on est dans la merde. Économiquement, c’est un carnage et ça va durer longtemps. Là encore, pas besoin d’être experte pour le dire mais je ne peux que m’interroger sur les autres sujets que je ne maîtrise pas et qu’on ne m’explique pas. Comment envisager autre chose qu’un accueil partiel pour des raisons sanitaires évidentes ? Et donc, comment envisager une véritable reprise de l’activité avec un accueil partiel ? Quel sera l’impact économique réel d’une telle mesure qui consiste à rouvrir, progressivement et partiellement les écoles, pour huit semaines, alors qu’elles fermeront de toute façon pour deux mois le 6 juillet ? Encore une fois, n’étant pas experte, j’attends qu’on m’explique, qu’on me donne des chiffres, des justifications, des perspectives.
 
J’entends aussi l’argument du décrochage scolaire et je suis bien d’accord que l’école à distance, c’est compliqué, particulièrement en maternelle. Je sais que même mes élèves les plus favorisés souffrent du confinement mais je pense avant tout à mes élèves fragiles, dans des situations familiales et/ou sociales difficiles, ceux pour qui prolonger cette rupture avec l’école pourrait être vraiment problématique. Mais je ne vois pas en quoi un accueil partiel va tout à coup résoudre la problématique de la pauvreté ou de la maltraitance infantile. En argumentant pour une réouverture sur la base de ces situations, on essaie de faire peser la responsabilité sur les individus, assez sensibles à la culpabilité, que sont les enseignant.e.s. Mais les enfants violentés l’étaient avant le confinement et les moyens mis à notre disposition étaient déjà insuffisants. Ce n’est pas une demi-journée d’accueil à l’école tous les deux jours qui va les sauver de leur enfer familial. Malheureusement. J’en pleurais de rage déjà avant le covid19, mon mari qui enseigne à des enfants placés par l’ASE aussi. 
 
Ha oui, et petit détail logistique, nous sommes un couple d’enseignants, nous avons deux enfants eux-mêmes scolarisés en maternelle. Qu’est-ce qu’on fait d’eux pendant qu’on enseigne ? Sachant qu’il n’y a aucune raison pour qu’ils soient tous les deux accueillis à temps plein par leurs enseignantes. On rappelle mamie, 78 ans, confinée depuis le 12 mars ? Certainement pas. Et que font mes 25 autres élèves qui ne sont pas en classe ? Comment on assure leur continuité pédagogique ? On arrête tout parce que finalement, ça ne sert à rien ? Ou je continue mes vidéos la nuit ? 
Donc, pour résumer, l’intérêt pédagogique d’une telle mesure est nul. L’intérêt économique est flou. L’intérêt sanitaire n’est pas appuyé, à ma connaissance, par des experts scientifiques indépendants. Un certain nombre d’entre eux exprime d’ailleurs plutôt leurs inquiétudes.
 
Alors en tant que simple citoyenne, j’attends qu’on m’explique précisément en quoi cette stratégie d’ouverture des écoles le 11 mai a un véritable intérêt dans notre contexte. Je suis fonctionnaire, j’ai conscience de ma mission de service public et j’ai hâte de retrouver mes élèves. Mais pas à n’importe quel prix. 
 
Je précise que je ne crains pas vraiment pour ma peau. Je suis inquiète pour mes élèves, pour leurs familles, pour mes collègues les plus fragiles. Et je suis très en colère contre ce gouvernement qui fait peser sur tous ceux qu’il matraquait dans la rue il y a encore quelques semaines, les conséquences d’un désastre qu’il a lui-même contribué à orchestrer. Je suis en colère contre ces effets d’annonce, qui plongent les fonctionnaires dans la sidération tout en attendant d’eux qu’ils trouvent les solutions pour mettre en œuvre concrètement les décisions du Prince. La stratégie de communication fonctionne, pour l’instant, nous sommes encore nombreux.ses à nous taire, parce que peut-être, dans 15 jours, on nous dira ce qu’il va se passer. Et on devrait faire confiance aux mêmes qui parlaient d’abord de gripette puis disaient qu’on avait assez de masques et enfin qu’ils étaient inutiles ?
 
Il est parfois raisonnable de contester. Et j’estime que j’ai la possibilité de dire non quand d’autres ne pourront que subir. Je ne peux pas assumer non plus, qu’en étant présente le 11 mai à l’école, je donne à un employeur la possibilité d’obliger un parent fragile à reprendre prématurément le travail et à s’exposer au virus en emmenant son enfant à l’école. Parce que c’est ce qui va fatalement arriver. Des parents, pour la plupart déjà en difficulté économique, vont être contraints de retourner travailler si les écoles rouvrent. Beaucoup vont être contaminés, la plupart, jeunes et en bonne santé s’en sortira, d’après ce qu’on en dit aujourd’hui. Il paraît, mais on n’en est plus si sûr, que les jeunes adultes sont une bonne cible pour constituer l’immunité collective. Et tant pis pour les faibles ? 
 
C’est ça la santé publique ? Est-ce qu’on est d’accord avec ces valeurs-là ? Il ressemble à ça le nouveau monde qu’on va construire tous ensemble ? Je ne veux pas être complice d’une stratégie politique incompréhensible, à l’éthique douteuse et aux conséquences sanitaires potentiellement désastreuses. 
 
Et ce n’est pas à moi, simple maîtresse d’école, de dire à un gouvernement ce qu’il doit faire dans une situation si complexe. Mais je suis sûre que tous ces gens si intelligents, si riches et si indispensables à notre société qu’on a baissé leurs impôts pour les garder auprès de nous, sauront trouver d’autres solutions. Chacun son boulot.
 
En attendant, je connais assez le mien pour vous dire que si on me demande d’y retourner le 11 mai, il faudra beaucoup d’arguments pour me convaincre de ne pas exercer mon droit de retrait. Et j’espère que si le gouvernement persiste, nous serons nombreux.ses à le faire. 
 
Parlons-en dès maintenant.
 
Fanny LEV
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           CRITIQUE DE LA MARCHANDISE

      MARCHANDISATION DE LA CRITIQUE

 

                  CENSURE : L’ARGENT MIEUX QUE LES CISEAUX

 

La marchandisation des « GUIGNOLS DE L’INFO », car c’est bien de cela dont il s’agit, constitue un grand moment de la dégénérescence de notre « démocratie ».

 

Les GUIGNOLS DE L’INFO étaient, parlons-en au passé, (leur cryptage n’étant que le prélude à leur disparition) - la seule émission critique qui, par son degré d’impertinence, et son succès d’audience permettait à la fois de dire l’indicible, au sens du politiquement correct, et l’indispensable, au sens de la dénonciation des dérives de notre société.

Il y a deux manières d’empêcher la critique : la censure directe  et l’argent.

 

  • la censure directe: un système autoritaire et ouvertement antidémocratique, interdit et frappe celle ou celui qui insiste pour s’exprimer librement ;
  • l'argent: un système dit démocratique, se devant de respecter les formes et les apparences, interdit indirectement. Il frappe au portefeuille.

 

En n’interdisant plus directement mais indirectement, les fossoyeurs des libertés ont su tirer les leçons de l’Histoire . En effet, un pouvoir totalitaire, sur le plan moral facilement condamnable, est à plus ou moins long terme renversé. Le système marchand libéral a l’avantage de sauver les apparences et donc de perdurer. Après avoir porté aux pinacles le culte de l’argent censé n’être que l’expression de la liberté et de l’égalité, celles et ceux qui en ont le plus, et donc détiennent un pouvoir économique et politique, peuvent sans rendre des comptes à la société civile, censurer tel ou tel secteur économique.

On a là, la phase ultime de la fétichisation de la marchandise  dans le domaine de la liberté d’expression et de la liberté de critiquer. De fait, critiques et citoyens sont désormais séparés par l’argent. Celui-ci devient le facteur de dissuasion : il faut payer pour voir ! La critique n’est qu’un simple spectacle.  Pour les GUIGNOLS, cette mesure n’est évidemment que le prélude à leur disparition pure et simple, ce qui est finalement le but à atteindre.

Bien sûr dira-t-on, il s’agit d’un spectacle sur une chaîne de télévision privée. Certes, c’est ce qui rend la mesure parfaitement légale… mais ce qui est intéressant ce n’est pas l’aspect juridique – généralement, directement ou indirectement, soumis à l’intérêt des puissants - mais le sens social et politique de la décision.

Les GUIGNOLS DE L’INFO n’étaient pas n’importe quelle émission. Particulièrement virulente, l’émission mettait en scène les politiciens de tous bords, les caricaturant, dans leurs pratiques les plus ridicules et moralement condamnables. Elle montrait, et par là même dénonçait tous les reniements, les manipulations, les sous-entendus d’une société qui veut sauver les apparences démocratiques mais qui ne fonctionne que sur, par et pour l’argent.  Il est certain qu’elle jetait un regard singulier et la suspicion sur la classe politique… elle amenait le citoyen à penser le/la politique en d’autres termes que la version officielle.  Bref,… comme toute critique efficace, elle était dangereuse pour l’ordre établi. Mais l’interdire simplement pouvait faire crier à la censure. La rendre payante, en la cryptant, en limitait l’audience, puis l’éliminant… était la solution…. Le milliardaire BOLLORE propriétaire de la chaîne et ami intime d’une des principales victimes des GUIGNOLS, dans la torpeur étouffante de l’été, n’a pas hésité.

Nous avons là un nouvel exemple de ce que permet la marchandisation : la soumission de tout, y compris de la pensée critique, aux critères financiers.

En principe, dans une démocratie, le droit à la critique est libre,… en principe, mais dans une démocratie fondée sur l’économie marchande, le véhicule de la critique peut-être soumis aux intérêts financiers… ce qui entraîne son contrôle par ce dernier,… et en toute légalité. Circulez, y a rien à voir !

 

Dans une société hyper-médiatisée, la détention par les milieux financiers de grands moyens de communication, fait que l’information peut, paradoxalement, devenir un poison mortel. Sélectionnée, épurée, manipulée, faisandée, elle est livrée comme un produit de consommation courante dans le but évident de conditionner et de lobotomiser les cerveaux.

L’espace de la réflexion et de la critique se réduit aujourd’hui comme une peau de chagrin. Les rares lieux médiatiques de critique se font de plus en plus rares : LE CANARD ENCHAINE, CHARLIE HERDO, MEDIAPART, ARTE… pour les plus connus qui sont les derniers bastions de la pensée critique. Gardons nous de les laisser disparaître.

 

 

2 Août 2015                                                                                                      Patrick MIGNARD

MARCHANDISATION DE LA CRITIQUE
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SUR LA THEORIE DU « REMPLACEMENT »

 

« Le concept de « migration de remplacement » correspond à la migration internationale dont un pays aurait besoin pour éviter le déclin et le vieillissement de sa population qui résultent d’un niveau bas des taux de fécondité et de mortalité ». Définition de la Division de la population du Département des affaires économiques et sociales de l’ONU

Notons que la définition est extrêmement prudente. Elle se décline au « conditionnel » et porte simplement sur un constat démographique. Le concept existe, il est parfaitement défini. En réalité, il est aujourd’hui grossièrement détourné à des fins politiques… en particulier à propos des grandes migrations auxquelles nous assistons en Europe.

Comment est-il détourné ? De manière très simple qui peut se résumer à : « Sors-toi de là que je m’y mette ! ». Autrement dit, il s’agirait purement et simplement d’une substitution de populations… le conditionnel disparaît, de même que le constat d’un rééquilibrage démographique.

Qu’un tel processus migratoire – sans l’accord des populations autochtones - se soit réalisé dans l’Histoire c’est un fait,… c’est d’ailleurs ce que l’on appelle une invasion suivi d’une colonisation. Précisons que ces évènements n’ont jamais été condamnés, et même plutôt approuvés, par celles et ceux qui aujourd’hui hurlent à l’invasion par les migrants.(*)

La « théorie du remplacement », version modifiée, est devenue le cheval de bataille d’une extrême droite qui a trouvé là un moyen d’exciter et de mobiliser les peurs. En période de crise, le fascisme a toujours su trouver un angle d’attaque politique ayant pour fer de lance un bouc émissaire : hier le juif,… aujourd’hui le musulman !

Cette théorie du remplacement se fonde sur deux mythes :

  • la volonté des migrants d’envahir de nouveaux territoires ;
  • les fondements Européens d’une race blanche et d’une culture chrétienne.

 

La volonté d’invasion ?

 

Comparer, comme le fait le FN et d’autres, les migrants à des troupes d’occupation est, évidemment, absurde, et le procédé révèle par là-même la manipulation de l’opinion publique. Il n’y a pas l’ombre d’un projet d’occupation, pas plus qu’une volonté de remplacement d’une population par une autre. Il est de notoriété publique que ces migrants fuient la guerre et n’aspirent qu’à une vie de paix.

Ne pas le comprendre, ou ne pas vouloir le comprendre, a pour principale conséquence d’attiser les tensions entre populations, jouer sur une peur irrationnelle pouvant aboutir à de gravissimes conflits intérieurs. Il n’est pas à exclure que c’est probablement ce que cherchent les forces politiques néofascistes comme elles l’ont toujours fait dans le passé.

Ne pas le comprendre, ou ne pas vouloir le comprendre, c’est aussi renier toutes nos valeurs – n’avoir aucune confiance en elles – et, en particulier, celles de solidarité à l’égard d’hommes, de femmes et d’enfants en danger de mort. C’est nous rabaisser au rang de celles et ceux qui, il y a soixante dix ans, ont détourné les yeux devant l’indicible. Que celles et ceux qui ont cette ignoble attitude, professent impunément des valeurs de charité et de solidarité, en dit long sur leur personnalité.

 

Une Europe blanche et chrétienne ?

 

Raisonner à partir d’une telle affirmation c’est avoir une sérieuse courte vue de l’Histoire. C’est nier précisément ce qui fait les civilisations dans le monde.

La Nature n’a pas livré, clef en main, aux Européens, et à fortiori aux Français, une couleur de peau, pas plus que les églises.

Rappelons que les Francs, qui ont donné le nom au pays, étaient des envahisseurs nordiques qui se sont mélangés dans la Gaule romaine aux populations autochtones, qui n’étaient pas forcément « blanches ». Il est aujourd’hui établi que les premiers hommes étaient comme on dit « de couleur »… De plus les Francs n’étaient pas seuls,… Wisigoths et Vandales occupaient aussi le territoire. Rajoutez l’influence des Romains et des Sarrasins… et vous avez un beau mélange métissé.  Bonjour la pureté de la race !

 Il faudra attendre la conversion de Clovis, au 5e siècle pour voir apparaître « officiellement » la religion chrétienne… religion qui va s’imposer par une intolérance féroce durant des siècles…

Le siècle des Lumières et la Révolution Française seront le point de départ, en France, mais aussi, dans une certaine mesure en Europe d’une remise en cause des anciennes valeurs par l’instauration du statut de citoyen et la liberté de culte.

Celles et ceux qui parlent de France/Europe blanche et de religion chrétienne, font donc une impasse fâcheuse sur ce qui a été la base même de la notion de citoyenneté et de laïcité qui gomme toute différence de couleur de peau et d’adhésion ou non à une quelconque croyance. La valeur de base de la République, n’est pas une différenciation ségrégative entre individus, mais au contraire la reconnaissance et l’acceptation des différences.

 

Les valeurs qui fondent notre société ne sauraient être nullement des obstacles à l’arrivée de nouvelles populations et ce, quelle que soit la couleur de peau et/ou la religion. L’église – n’en déplaise aux intégristes catholiques – n’a pas une place exclusive dans le paysage européen… la mosquée, le temple et la synagogue y ont aussi leur place.

Hormis certains cas très particuliers dans l’Histoire : colons en Amérique du Nord, nazis en Union Soviétique (théorie du Lebensraum), colons britanniques en Australie,…la plupart des mouvements migratoires n’ont pas été, ou tentaient d’être, des « remplacements de population ».

L’actuelle phobie du remplacement, agitée par des formations politiques xénophobes à propos des déplacements de population, ne sont que des productions idéologiques destinées à effrayer et à orienter des choix politiques faisant de l’Europe une forteresse ouverte aux marchandises et capitaux, mais pas aux hommes ( ?).

Les conservateurs de tous poils, néofascistes – voire néonazis - et faux-culs (des noms ?) qui se gargarisent de « valeurs humanistes », les ignorant dans leurs pratiques et croyant en une mythique stabilité des civilisations, nous entraînent droit dans le mur de la guerre civile. Face à un flux de réfugiés désemparés, la solution n’est pas de dresser des frontières – ce qui est d’ailleurs physiquement impossible et humainement inadmissible, mais de traiter le problème en terme d’accueil et de répartitions des richesses.

Face à l’augmentation de la population mondiale et au dérèglement climatique la seule attitude responsable est, non pas de fermer nos yeux, nos cœurs et nos cerveaux,… mais de poser les vraies questions de la cohabitation de toutes et tous sur la planète. Refuser de poser ces questions, c’est à terme disparaître.

                       

                     2 octobre 2015                                                                                 Patrick MIGNARD

 

(*) Voir aussi:

« LE SENS DES LOTS/LE CHOC DES FANTASMES »

«  MIGRATIONS ET CHANGEMENT »

http://fedetlib.overblog.com/2015/09/migrations-et-changement.html

SUR LA THEORIE DU "REMPLACEMENT"
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A LIRE

Plus de sept cent pages de petits caractères bien tassés,... c'est le brillant exposé sur plus d'un demi siècle de mobilisations, théorisations, scissions, recompositions,... Un déferlement ininterrompu de réflexions, d'organisation, une somme prodigieuse d'énergies déployées, une masse considérable de talents et d’intelligences mises en mouvement,... pour finalement quoi ?

 

Quand on referme cet ouvrage et que l'on a participé, même en partie, à cette aventure, on ne peut pas ne pas se poser la question : que reste-t-il aujourd'hui de tout cela, de cet engagement, du nombre d'heures inouï passées en réunion, en manifestations, en occupations, en rédaction de tracts, en affrontements avec les forces de la répression... ? Tout ça pour quoi ?

 

L'énormité de l'engagement donne le vertige, et l'on ne peut que le mettre en parallèle avec ce en quoi nous en sommes réduits aujourd'hui. Tous les espoirs de l'époque se sont envolés,... la régression économique, sociale, idéologique est générale,... les plus petits acquis transmis par nos anciens et pour lesquels nous nous sommes battus, afin de les conserver, sont en train d'être détruits,... Quant à la société nouvelle, le monde nouveau que nous voulions bâtir,... qu'en reste-t-il ?. Quand nous l'évoquons aujourd'hui nous passons pour de doux rêveurs. Tout ça pour ça ?

 

Doit-on regretter cette époque, ce combat, cet engagement ? Certainement pas,... la cause était juste et demeure juste encore aujourd'hui. Ce que nous pouvons regretter c'est de nous être mépris sur la/les stratégie/s à adopter. L'ouvrage est clair sur ce point : la plupart des objectifs visés n'ont pas été atteints, les « modèles » sur lesquels nous fondions notre stratégie étaient faux. On s'est trompé sur les objectifs intermédiaires, sur la confiance relative que nous avions en des organisations qui ont trahi la cause et qui, finalement ont fait le jeu de la victoire du Capital qui triomphe aujourd'hui.

 

Au delà de l’amertume que l'on ne peut pas ne pas ressentir, il nous faut tirer, sans complaisance, les leçons de cette expérience. Repenser toute la stratégie d'action en vue du changement social, ne plus avoir une lecture étroite des « textes sacrés » et autres référents théoriques et savoir tirer les leçons de l'Histoire.

 

La révolte populaire actuelle, la sauvagerie de la répression policière, l'arrogance sans limite du Capital, le cynisme de ses serviteurs serviles (de droite comme de gauche), le néo fascisme aux portes du Pouvoir, interrogent, au plus profond de leur engagement passé, les acteurs de cette époque. Surpris mais satisfaits que leur combat ne soit pas tombé dans les poubelles de l'Histoire, ils essayent de comprendre une situation qu'ils n'avaient pas imaginé. Toute une stratégie de changement social est à réinventer... et il y a urgence.

 

Lire un tel ouvrage n'est pas facile mais largement instructif au moins pour celles et ceux qui ont été parties prenantes de ces combats,... Pour les plus jeunes... faut voir !

 

 

Toulouse Mars 2019 Patrick MIGNARD

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UN TERRORISME D'ETAT A

« VISAGE HUMAIN »

 

 

Seule la France, parmi toutes les nations, est capable de réaliser un tel exploit.

 

Le terrorisme d’État à « visage humain », cet oxymore, a besoin de conditions très particulières pour prendre corps, se matérialiser. Seul, le pays qui se réclame des « Droits de l'Homme » peut créer ces conditions. Il est vrai que par le passé, la France a donné de nombreux exemples en la matière.

 

Peut-on parler aujourd'hui, dans la France macronienne, de Terrorisme d'Etat à « visage humain » ?

 

Au regard de la féroce répression qui frappe le mouvement social aujourd'hui, on est en droit de se poser la question.

 

Le terrorisme est un acte politique qui a pour objectif d'imposer la terreur, la peur, auprès de partie, ou totalité, de la population afin d'atteindre directement ou indirectement un objectif : déstabilisation, empêcher une action, obtenir la satisfaction d'une revendication,...

 

Le terrorisme d’État est un acte politique commis par un État et qui a pour but de terroriser, inspirer la peur, à toute ou partie de la population qu'il contrôle, afin de la soumettre et de l'empêcher d'agir.

 

La seule différence qu'il y a entre « terrorisme » et « terrorisme d'Etat » c'est que l'un n'est pas légal, alors que l'autre l'est. C'est que l'un n'émane d'aucune autorité officielle, alors que l'autre est tout à fait officiel.

 

Si le « terrorisme » est hors la loi, le « terrorisme d’État » est-il compatible avec la légalité ?

 

La loi n'est en fait que la règle qui exprime la volonté d'une autorité. Produit d'un consensus et/ou d'un rapport de forces,... on peut tout mettre dans la loi,... même le pire. L'application et l'interprétation de la loi se fait au travers de l'institution judiciaire dont on peut mesurer régulièrement l'indépendance à l'égard du Pouvoir,... surtout dans les affaires sensibles. Autrement dit, « terrorisme d’État » et légalité peuvent parfaitement faire bon ménage. La propagande officielle permet de faire le lien entre les deux. Le renforcement des lois répressives donne l'apparence de la légalité (républicaine?) au système de terreur qui se met en place.

 

Au vu de l'attitude du Pouvoir en matière de répression du mouvement social actuel on ne peut donc que se poser la question : y a-t-il délibérément une intention de terroriser les participants aux manifestations ?

 

L'utilisation d'armes extrêmement dangereuses, sources de multiples mutilations, contre des manifestants pacifiques, des journalistes et même des membres de l'Observatoire des Pratiques Policières initié, avec d'autres organisations, par la Ligue des Droits de l'Homme, et cela en toute connaissance de la part de l’État, montre qu'il y a, manifestement, intention de blesser, de terroriser et donc de dissuader de manifester (ce qui, en principe, est un droit fondamental). Le refus des institutions de l’État (le Conseil d’État) d'interdire l'usage de ces armes montre une volonté délibérée de courir le risque d'une atteinte grave à l'intégrité physique de citoyens pacifiques – ce qui est le cas des nombreux blessés. L'appareil d’État, se mobilise pour défendre coûte que coûte, et à quel prix, le système dont il est le garant.

 

Le discours fallacieux sur l’utilisation d' « armes intermédiaires », « non létales » ne peut que confirmer le cynisme avec lequel le Pouvoir traite de ces questions et le mépris qu'il porte à l'égard des citoyens.

 

Pourquoi « à visage humain »?

 

Dans son profond cynisme, le Pouvoir ne veut pas de morts,... seulement des estropiés, des mutilés. Pour la « Patrie des Droits de l'Homme », grande donneuse de leçons au reste du monde,... des morts, ça ferait désordre, tache à l'image qu'elle veut donner d'elle-même.

 

Tout le discours du Pouvoir tourne autour de la justification de la répression en utilisant, à grand renfort les mots, de REPUBLIQUE, LIBERTE, DEFENSE DES INSTITUTIONS,... Alors que les revendications du mouvement portent sur une amélioration des conditions de vie et l’égalité sociale.

 

Le Pouvoir c'est l'Humain,... les manifestants sont des voyous, des haineux,... Les policiers et gendarmes sont des grands professionnels et des héros. (CQFD)

 

Le « Grand Débat National » ajoute une dernière touche « humaine » à ce terrorisme d’État. Avec un Président en bras de chemise, embrassant les enfants, cajolant les vieux, conseillant les pauvres, le Pouvoir se dit prêt à discuter,... à condition de ne rien changer (?)... justifiant en cela la poursuite de l'action,... et donc de la répression.

 

On en est là aujourd'hui en France !

 

 

Toulouse février 2019 Patrick MIGNARD

 

 

 

UN TERRORISME D’ÉTAT A "VISAGE HUMAIN"
Publié par PM sur
Publié dans : #matiere a reflexion

L’ETAT S’EN FOUT !

 

L’affirmation est un peu lapidaire mais correspond, hélas, parfaitement à la situation actuelle.

 

À nous tous, on nous a appris à l’École, dans les cours d’instruction civique et dans tous les discours politiques que l’on entend dans les médias, que l’Etat est le représentant de l’intérêt général, l’arbitre de la société civile, celui par qui la stabilité et le bien être collectif sont assurés. Dans la doxa républicaine, l’Etat tient une place de choix dans la mesure où il est censé incarner et défendre les valeurs de la République.

 

Tout cela est absolument faux ! Nous en avons tous les jours la preuve aujourd’hui,

 

Qu’est ce qui permet de l’affirmer ? A peu près tout ce qui se passe dans tous les domaines de l’activité économique et sociale !

Liquidation des services publics (énergie, santé, hôpitaux, transport, école…).

Liquidation petit à petit des acquis sociaux (retraites, législation du travail,…)

Ouverture de tous les marchés (marché des biens et services entre autre celui du médicament, marchés financiers, marché de la force de travail,…) entraînant spéculation généralisée, raréfaction des biens et de l’emploi.

Généralisation de la privatisation de toute activité économique et sociale dont le TAFTA doit être l’accomplissement final !

Il est de toute évidence et de notoriété publique que des secteurs d’activités sont essentiels à la vie en société et ne sauraient être livrés aux appétits gloutons du secteur privé (santé, énergie, habitat,… en particulier)… Or tous ces secteurs sont privatisés ou en voie de l’être… aussi bien par la Droite que par la Gauche. Le programme économique et social du Conseil National de la Résistance  qui était fondé sur cette évidence est en passe de disparaître totalement.

L’économique, le social, le culturel, l’enseignement, l’écologique, sans parler du financier,… sont peu à peu livrés pieds et poings liés au marché et à sa loi de rentabilité et de spéculation.

Autrement dit, l’Etat, à terme, n’offrira plus aucune garantie citoyenne de vie décente à la majorité. Seul l’argent sera une garantie. Seuls pourront vivre, celles et ceux qui auront la chance d’avoir un revenu par l’héritage, la spéculation ou leur travail qui se raréfie de plus en plus.

 

Comment en est-on arrivé là ?

 

Nous vivons sur un mythe. L’Etat n’a jamais été, dans l’Histoire, dans aucun système économique et social, l’institution neutre que nous croyons qu’il est. L’Etat a toujours été l’instrument de domination de la fraction dominante de la société. Si ceci est évident dans une dictature, ça l’est beaucoup moins dans ce que l’on appelle une démocratie. Pourquoi ? Parce que dans cette dernière, les représentants qui occupent les instances de l’État, tiennent leur légitimité du Peuple. Or, un changement ne se fait pas, comme on le croit par une révolution ou une insurrection. À terme c’est l’échec assuré (voir l’exemple soviétique). Un système s’instaure par un long travail d’implantation de ceux qui vont devenir la nouvelle classe dirigeante. Une fois au pouvoir, qu’ils prennent ou non avec l’appui du Peuple qu’ils manipulent (voir la Révolution Française) ils détiennent tous les moyens idéologiques, culturels, psychologiques et évidemment policiers et militaires pour s’y maintenir. C’est la situation dans laquelle nous sommes aujourd’hui. Si demain nous votons,… les mêmes seront au Pouvoir ! ! !

 

L’Etat instrument de domination

 

L’Etat, entre les mains des possédants devient leur instrument pour s’assurer que les principes du système en place fonctionnent avec le moins d’accrocs possibles. Dans le capitalisme, le principe est simple : toute la richesse va aux détenteurs du capital. La quote-part distribuée aux salariés leur permet d’assurer leur survie et de travailler.

Toute amélioration des conditions de vie et de travail des salariés ne peut-être que le résultat d’une lutte. Dès que le rapport de force fléchit ou s’inverse, la classe possédante reprend ce qu’elle avait été obligée d’accorder. Certaines périodes de troubles politiques, de fortes tensions sociales peuvent être propices à des avancées sociales : Front Populaire, Libération, Mai 68, La gauche en 1981. Mais tout est remis en question au moindre fléchissement des salariés…ce qui est le cas aujourd’hui.

Aujourd’hui, avec la mondialisation marchande, multinationales aux multiples filiales, mécanisation à outrance, possibilité de délocalisation, ce qui constituait le cœur contestataire du capitalisme est complètement éclaté ; la force de frappe du salariat, la classe ouvrière, est éclatée et le rapport de force n’est plus en sa faveur. L’Etat joue donc son rôle avec une relative liberté d’action. Il contribue au démantèlement de tous les acquis sociaux au grand profit du Capital qui peut dès lors fonctionner à plein régime.

Il ne reste plus à l’Etat qu’à assurer la valorisation du capital en prévenant et réprimant les victimes du capital : les salariés, les exclus, les jeunes, les retraites.

Le Capital n’a même plus à s’acheter la paix sociale comme il le faisait autrefois. Il n’attend de l’Etat que la mise au pas des contestataires… d’où la répression accrue des mouvements sociaux.

 

On peut donc dire que l’Etat se fout :

  • de l’emploi qui n’est qu’un détail de la valorisation du capital,
  • de la santé qui n’est qu’un produit des initiatives privées (labos, cliniques) et devient par là même source de profits
  • des retraites livrées aux fonds de pension,
  • des services publics qui disparaissent au profit du privé,
  • de l’environnement qui ne peut-être qu’une gêne à l’expansion du capital,
  • de la pauvreté qui n’est qu’un sous-produit de la richesse du capital, laissée aux bons soins des associations,

Sa fonction essentielle est d’assurer la stabilité sociale du système marchand. S’étant désengagé de toute intervention économique et sociale, il assure cette fonction par la coercition, la violence et la répression : il faut mater la meute qui se révolte.

Nous en sommes là, aujourd’hui.

 

Conclusion : ce n’est pas en changeant le personnel à la tête de l’État que l’on changera la Société, mais en commençant à changer à la base, à notre niveau, les structures de production, d’échange et de consommation. Tout discours politique classique est une escroquerie.

 

            17 avril 2016                                                                             Patrick MIGNARD

 

L'ETAT S'EN FOUT !

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Rédigé par Nicolas Mignard

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