Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Publié par PM sur
Publié dans : #matiere a reflexion

                                     LA RUE ET L’URNE

 

 

Tous les pouvoirs, tous, sans exception, ont eu peur, et auront peur de la rue. Très utile à flatter, intoxiquer, manipuler pour prendre le pouvoir, elle est immédiatement à surveiller une fois le pouvoir pris.

 

«  Le pouvoir n’est pas dans la rue ». Ce leitmotiv de tous les pouvoirs résume bien la rupture qui, fondamentalement, existe entre le pouvoir et la société civile.

 

Dans un système totalitaire il s’agit d’une évidence que le pouvoir revendique et assume, aussi bien idéologiquement que « policièrement ». Le pouvoir par définition ne saurait se partager avec la rue et possède une « légitimité » qui n’a rien à voir avec elle.

 

Dans un système qui se veut « démocratique » le rapport entre la rue et le pouvoir est autrement plus complexe. Ici, la légitimité du pouvoir réside dans la société civile.

Mais attention, la société civile n’est pas la rue. On pourrait définir la société civile comme la « rue policée, sage ». Le pouvoir qui se veut démocratique donne la possibilité à la rue de s’exprimer. Pour cela il met en place des règles qui lui permettent de fonder sa légitimité. C’est le vote qui assure cette fonction.

L’urne plutôt que le pavé en quelque sorte.

 

L’affaire semble entendue, et pour le pouvoir elle l’est. Pourtant les choses ne sont pas aussi simples qu’elles en ont l’air. Pourquoi ?

 

Il y a la question de la minorité, qui peut toujours revendiquer une part du pouvoir,… mais il suffit de lui faire une « petite place » et de la « désintéresser »,… ce dont le pouvoir ne se prive pas.

 

Mais là n’est pas le vrai problème. Celui-ci réside dans le processus même de l’élection.

 

Si, à l’origine de la consultation électorale – sur un principe universel - on peut imaginer que la manière d’être élu était relativement simple et sain, très rapidement la machine électorale est devenue très complexe, onéreuse, mensongère et parfaitement anti démocratique.

 

Tout le monde peut se présenter à une élection et s’exprimer librement ! Certes,… sauf que :

 

  • la procédure électorale a vite été confisquée par les partis politiques qui ont regroupé, outre les fidèles gestionnaires du système en place, des arrivistes, aventuriers, démagogues,…Toute une faune d’individus qui sont devenus des professionnels de la politique, ce qui explique. aujourd’hui le discrédit de la « classe politique ». Pour participer au pouvoir, faire allégeance à ces partis est indispensable sauf à être très riche !
  • toute campagne électorale exige une grosse mise de fonds, d’où tous les scandales sur le financement des partis politiques.  qui contrôlent l’ensemble des opérations,… d’autant plus que,
  • les moyens d’expressions, quoique « libres » sont parfaitement contrôlés par les partis, mais aussi et surtout, par les financiers qui ont un quasi monopole sur les médias (journaux, télévision,…). En France l’oligarchie médiatique est entre les mains de six magnats milliardaires, liés aux politiciens en place ou en instance de pouvoir.

La boucle est bouclée.

 

La démagogie sans limites des politiciens qui promettent, tout et n’importe quoi, est la cerise sur le gâteau qui fait que la consultation électorale… formellement libre, est complètement parasitée, dénaturée, par les conditions dans lesquelles elle se déroule.

 

Il ne faut pas oublier d’ajouter le rôle des lobbys qui tournent autour des élus et les corrompent, faisant de l’intérêt général un terme vide de sens.

 

L’urne est ainsi le puit sans fond où se noie la naïveté du citoyen et où s’alimentent les pratiques sans scrupules des politiciens.

 

                                                                       °

 

On peut comprendre dés lors que la rue, devant autant de mensonges et de démagogie, se rebiffe,… même celle qui a voté. C’est alors que le pouvoir en place sort son arme favorite : sa légitimité. Formellement, il a raison,… mais que vaut une légitimité dans ces conditions ?

 

Le pouvoir a prévu ce cas de figure et a décrété – « démocratiquement » - que l’on pouvait, dans la rue manifester son désaccord !... Mais à une condition, c’est que ça ne change rien ( ?)… d’où l’affirmation : «  Le pouvoir n’est pas dans la rue ».

 

La société civile est donc doublement pénalisée : d’une part elle a été trompée, d’autre part elle est obligée de se mobiliser pour, éventuellement, infléchir le pouvoir.

 

Même, dans le cas de mobilisation de la rue, le pouvoir a des moyens à sa disposition. Outre les forces de répression, il sait diviser l’opinion, promettre, engager des négociations secrètes avec les syndicats, faire durer le conflit, procéder à des provocations, jouer sur la peur, du terrorisme entre autre, manipuler l’information,… en attendant les prochaines élections où tout ce cirque recommencera !…

 

                                                                       °

 

On est en droit de se demander si l’on ne nous prend pas pour des imbéciles,… ce qui est évidemment  le cas ; le Peuple se faisant avoir chaque fois.

 

 

            Septembre2017                                                            Patrick MIGNARD

LA RUE ET L'URNE

Pourquoi ce site ?

fedetlib.overblog.com

Rédigé par PM

Pourquoi ce site ?

Articles récents

Hébergé par Overblog