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Publié par PM sur
Publié dans : #matiere a reflexion

BILAN DES LUTTES : A QUAND LA FIN DES ILLUSIONS ?

C’est l’heure des bilans de cette « année sociale ». Deux ans après l’arrivée de la droite la plus conservatrice depuis la fin de la seconde guerre mondiale,… et son extraordinaire efficacité pour faire passer ses réformes, on ne peut que constater l’impuissance du mouvement social et la faillite de toutes les stratégies politico-syndicales.

Le bilan est un désastre social et rien ne laisse envisager l’éventualité d’un changement…

LA CHUTE VERS L’ABÎME

Tout ce qui constituait les acquis sociaux de la Libération est en passe d’être détruit.

Condition de travail, stabilité de l’emploi, rémunération, protection sociale, retraites, service public, système de santé,… rien n’est épargné pour satisfaire les exigences du Capital. Surfant sur une mondialisation marchande gourmande de bas salaires et de hauts profits, de même que sur une crise financière provoquée par le système lui-même, les pouvoirs en place tiennent le discours d’un « réalisme » et d’un « impératif économique » qui n’exige des sacrifices que des plus défavorisés.

Ce désastre social s’accompagne bien sûr d’une attaque gravissime contre les libertés. Le système, incapable d’assurer par un lien social solide une stabilité sociale et à plus long terme, une paix sociale, compense ce manque par un renforcement de son autoritarisme : violences systématiques, contrôles multiples – sous le fallacieux prétexte d’un terrorisme à géométrie variable et d’un impératif de sécurité (pour qui ?).

Ces atteintes aux libertés sont portées par des mercenaires, qui se parent du titre pompeux de « service public ». D’une brutalité allant crescendo – « bavures » continuelles, renouant avec la tradition des rafles - ils se savent systématiquement couverts par leurs maîtres et leurs valets et par leurs « syndicats » soumis aux autorités.

La mystification atteint son paroxysme avec le discours écologique qui sert bien évidemment d’alibi, essentiellement électoral, à un pouvoir qui tient avec brio un double discours… celui de la croissance et de la rentabilité et celui de la préservation de l’environnement. Inventant au passage un concept mystificateur : le développement durable,… auquel adhèrent bon nombre de soit disant opposants à la politique du Capital.

L’avenir est sombre d’autant plus que rien ne semble s’opposer à cette chute.

DES SYNDICATS À BOUT DE SOUFFLE

Divisés, bureaucratisés, encroûtés dans des pratiques obsolètes, les syndicats, incapables non seulement de gagner de nouveaux acquis sociaux, le sont encore plus pour préserver les anciens, et ne sont plus que l’ombre de ce qu’ils ont été. Verrouillant et monopolisant toute contestation ils en organisent le spectacle inutile et affligeant d’une contestation anémiée.

La robotisation des tâches et la mondialisation marchande, avec leurs cortèges de délocalisations, de licenciements et d’exclusion rendent ceux-ci totalement inadaptés aux nouvelles conditions de la lutte des salariés.

Incapables de comprendre une telle situation, et surtout de remettre en question les intérêts immédiats de leurs bureaucraties, ils essaient de donner l’apparence du « réalisme »( ?), de la « modernité »( ?) et de la combativité ( ?).

De manifestations en pétitions, de « négociations » en délégations, ils perdent tout crédit auprès des autorités qui les savent impuissants… Ils arrivent encore, mais de moins en moins, à mobiliser dans des actions inutiles et ridicules : manifestations à répétition et grèves de 24 heures… suivant le bon vieux précepte : « Il vaut mieux ça que rien » ( ???)

UNE OPPOSITION POLITIQUE DÉBILE ET RÉCUPÉRÉE

Le Capital à tellement bien su intégrer la pensée social démocrate que, sur le plan politique, celle-ci, a complètement, politiquement, disparue,… ce qui explique – au-delà des luttes de clans - l’insignifiance des « partis socialistes » qui ne se distinguent en rien des autres partis du Capital.

Le principe de la régulation, et la dernière crise nous le confirme, a parfaitement été intégré par les gestionnaires du Capital, même les plus libéraux... Sortant ainsi le « pain de la bouche » d’une social démocratie qui perd tout son sens.

Quant aux autres organisations, à la gauche du fantôme social démocrate, elles continuent à fantasmer sur des « luttes » - modèles 19ème et 20ème siècles triomphants -, ne se rendant même plus compte, obnubilées par les textes sacrés qui leur servent de référents, que les conditions de développement du Capital, et donc de lutte contre lui, ont radicalement changé.

Toutes ces organisations arc-boutées à des pensées périmées, glissent peu à peu vers un électoralisme qui renforce leur bureaucratisation et donc leur intégration à une classe politique parasite qui constitue, en liaison avec les médias, le meilleur vecteur de la mystification politique et donc de la pérennité du système marchand.

Ce dernier a réussi, magistralement, à faire croire, et en particulier aux organisations politiques que seules les voies – électorales - qu’il offre en matière de changement, sont les bonnes… Il ne reste plus à celles-ci, qu’à habiller ce principe d’un discours radical et empreint d’effluves révolutionnaires (voir tous les discours de l’extrême gauche – Verts compris)

LE MYTHE DE LA « RENTRÉE SOCIALE CHAUDE »

C’est le vieux serpent de mer de la lutte sociale. Il devient aujourd’hui un élément indispensable du discours politico-syndical dans la mesure où, toute année sociale se termine sur un échec cinglant,… et qu’il faut bien entretenir l’espoir... Espérant que les vacances, pour celles et ceux qui en prendront, panseront les plaies en faisant oublier les défaites les atermoiements et les trahisons.

En guise de « rentrée chaude », syndicats et organisations politiques vont en fait nous resservir les plats refroidis des mobilisations indigestes : manifestations, grèves de 24 heures, pétitions, négociations... En nous expliquant doctement qu’ « il n’y a que ça au menu ».

Gare à celle ou celui qui ne jouera pas le jeu. L’anathème tombera, assimilant le récalcitrant à l’utopiste, l’aventuriste, voir dans le pire des cas, le provocateur, liquidateur et autre « agent du Capital » … on connaît le discours.

La température de la rentrée n’est pas fixée par les salariés en lutte mais par leurs « représentants légitimes » (10% de salariés sont syndiqués... c’est dire !), par des organisations que MEDEF et Pouvoir veulent/souhaitent responsables, mais incapables… Autrement dit qui, finalement, passeront, comme elles le font depuis des mois, par les seules conditions du patronat et du pouvoir politique.

Et puis attention !… Comme cette année, l’année prochaine est une année électorale – élections régionales – des places sont à prendre, des féodalités locales à renforcer ou à conquérir. Alors soyons responsables… Des luttes sociales soit, il en faut, on ne peut pas ne pas en mener... Mais les élections sont sacrées et il ne faudrait pas confondre les deux et que les unes nuisent aux autres. Si les luttes sociales peuvent servir de spectacle en vue des élections, et grappiller quelques voix, parfait... C’est d’ailleurs à cela que servent essentiellement, pour les politiciens, les luttes sociales. « J’y étais moi Monsieur !... », « Nous vous soutenons, donc !… », « Nous sommes solidaires,… », et au passage : « Où sont les cameras ?... ». etc.

Une rentrée chaude on vous dit !

L’ILLUSION JUSQU’À QUAND ?

Tant que nous fonctionnerons sur ce schéma qui consiste à croire que par le simple discours, la magie d’un programme, le pouvoir de séduction d’un politicien, son agitation dans les médias et la délégation de pouvoir,… nous changerons quelque chose, l’illusion continuera. Depuis deux siècles le système se perpétue en faisant croire que… et, sur le fond, rien ne change !

Vouloir changer, c’est d’abord abandonner nos vieilles croyances, nos dogmes et remettre nos certitudes en question,… même si l’exercice est douloureux,… et il l’est.

Vouloir changer et convaincre qu’un autre monde est possible, c’est commencer à faire. Nombreuses et nombreux sont celles qui font, qui organisent de nouvelles solidarités, de nouveaux réseaux d’échanges,… Là est probablement la voie essentielle du changement, il nous faut la généraliser et l’élargir, peu à peu, à tous les domaines de la société civile, activités économiques et luttes.

Utilisons notre énergie à bon escient et non en vaines luttes symboliques qui ne profitent qu’à des bureaucrates et arrivistes qui se foutent pas mal de notre situation et de notre avenir.

L’abstention lors des consultations électorales est certes un indicateur du degré de discrédit des institutions et des politiciens, mais une attitude de refus, même si elle est justifiée, ne fait pas une stratégie d’action,… or c’est à cette seconde tâche que nous devons nous consacrer dès à présent. Alors, et seulement alors, notre défiance prendra une dimension positive tournée vers l’avenir.

Patrick MIGNARD

30 Juin 2009

Publié par PM sur
Publié dans : #matiere a reflexion

OU EST PASSEE LA CLASSE OUVRIERE ?

Question saugrenue diront certains. Pourtant, cette classe sociale, véritable mythe à la fin du 19ème siècle et surtout durant le 20ème, n’a pas répondu à la mission qui lui avait été dévolue par les « théoriciens de la révolution » : le renversement du capitalisme. Est-elle aujourd’hui capable d’y répondre,… et d’abord où est-elle ?

Devant la désindustrialisation des pays développés – qui la fait disparaître, en tant que pivot déterminant de la lutte sociale - et l’atonie actuelle des luttes, on est en droit de se demander ce qui reste réellement de cette classe sociale et de sa « mission historique »… il y va de la justesse de notre stratégie en matière de changement social.

CLASSE OUVRIÈRE ET SALARIAT

On confond facilement « classe ouvrière » et salariés. C’est à mon avis une grave erreur qui est à l’origine de malentendus et source de confusion sur la dynamique du changement social.

Que la classe ouvrière, au début du capitalisme, ait été le symbole même de la classe des salariés, c’est incontestable.

S’il est exact que c’est la tendance à la généralisation du salariat dès le 19e siècle, qui a fait la « classe ouvrière », il est par contre faux de croire que l’extension de celui-ci aujourd’hui gonfle les effectifs de celle-ci. En effet, quand on parle de « classe ouvrière », on parle certes de la situation de salarié, du rapport salarial… mais il n’y a pas que cela. Il y a, en effet, aussi, le fait que les conditions économiques et physiques d’exploitation créaient des conditions objectives (concentration dans les ateliers d’usine) et subjectives (la conscience de classe) qui prédisposaient cette classe à une mission historique.

Or, et l’expérience l’a suffisamment montré à la fin du 19ème siècle et durant tout le 20ème… ce qui était prévu, et je dirais même « scientifiquement » prévu… revoyez ce que l’on appelait le « socialisme scientifique »,… ne s’est pas produit.

On peut donc dire, que, sur le plan sociologique, de même que sur le plan politique, la « classe ouvrière », définie comme le « fer de lance » dans l’offensive contre le Capital, a disparu. Croire le contraire c’est s’en tenir à une vision obsolète de ce qu’est la réalité sociale et ne pas tirer les leçons de l’Histoire et des « prédictions » qui ont fondé tout le mouvement révolutionnaire du 20ème siècle.

Cela dit, le rapport salarial n’en demeure pas moins le rapport dominant dans notre société, et constitue une de ses principales contradictions, et non plus la seule, comme on le croyait jusqu’à présent.

« TRAVAILLEUSES, TRAVAILLEURS » !....

Les discours commençant par cette exclamation, sont devenus de véritables pièces de musées un peu vieillottes qui font sourire, même celles et ceux qui légitimement peuvent se dire « travailleuses et travailleurs » et qui, politiquement ne se reconnaissent même pas dans celle qui les tenait… il suffit de voir, comment ceux-ci s’expriment dans les institutions politiques mises en place par le système.

Pourtant cette expression est devenue un véritable leitmotiv qui est censé illustrer une réalité qui ne correspond plus à la réalité politique à laquelle jadis elle renvoyait.

« Classe ouvrière » est en fait devenu une sorte de concept magique, complètement détaché aujourd’hui de la réalité sociologique de l’exploitation salariale. Et même s’il existe d’authentiques ouvriers, ils ne constituent plus cette classe quasiment messianique qui, dans les vieux grimoires de la « pensée révolutionnaire », devait débarrasser le genre humain de toute exploitation.

Il y a un formidable aveuglement à vouloir absolument écrire un scénario – encore que très imprécis - qui ne s’est jamais joué alors qu’il était présenté comme inéluctable,… et dont rien nous dit qu’il est finalement le meilleur.

A la fin du 19e siècle et durant tout le 20e, la « classe ouvrière » des pays développés - ceux-là même qui devaient, à courte échéance voir le triomphe du Socialisme, - a préféré améliorer – c’est un choix qui ne mérite aucun jugement - ses conditions de vie et de travail en revendiquant auprès du Capital ce qui constitue aujourd’hui les « acquis sociaux », que de renverser le capitalisme. Ce n’est pas ce qui, manifestement, si j’ose dire, était prévu.

La mondialisation de la fin du 20e siècle a relativisé l’importance de cette classe ouvrière qui a fondu avec la robotisation des tâches et les délocalisations. Où sont par exemple les « masses ouvrières » en Europe que l’on pouvait voir encore il y a quarante ans ?

Les « théoriciens de la révolution » ont bien évidemment arrangé les évènements à leur manière…triturant et interprétant la réalité pour la faire coller à leurs « textes sacrés ». Ainsi, en désespoir de cause, de voir la « classe ouvrière » des pays développés, faire son œuvre historique, ils se sont tournés vers les pays en voie de décolonisation/développement pour essayer de faire en sorte que la « prédiction » se réalise... On peut aujourd’hui constater le fiasco d’une telle théorie... Même si l’on a mythifié, et outrageusement commercialisé, l’homme symbole de cette stratégie.

Bref !... vouloir faire tourner en arrière la roue de l’Histoire est particulièrement puéril et irresponsable. Or, c’est pourtant en caressant ce secret espoir que s’élaborent toutes les stratégies de changement social… agrémentées, il est vrai, d’un électoralisme outrancier et mortifère… il suffit de voir où nous en sommes et les perspectives que nous offrent les « théoriciens du changement social ».

ET SI...

Et si conformément au schéma couramment admis ce n’était pas la classe ouvrière qui renversait le capitalisme suivant le scénario prévu : exploitation, concentration, paupérisation, conscientisation, organisation, insurrection, révolution ?

Qui a dit que c’était comme cela que ça devait se passer – sachant que ça ne s’est pas passé comme prévu ? Des textes sacrés ? Et s’ils n’étaient pas si sacrés que ça ? Et que leur-s auteur-s se soi-ent trompé-s ?

Blasphème diront certains ! Oui... les « religieux » des dogmes révolutionnaires qui croient en une vérité révélée, éternelle et incontestable ( ?).

Pourtant à regarder l’Histoire, ce ne sont pas les esclaves qui ont abattus l’Empire Romain... pas plus que les paysans le système féodal ! Ce n’est donc pas la classe la plus exploitée qui – automatiquement et logiquement - renverse le système qui la soumet.

Alors, aujourd’hui, qui ? Quelle classe ? Suivant quel processus ?

Bonnes questions ! On a la réponse pour le passé, pas pour le présent.

Mais pourquoi s’interdire de se les poser ces questions et fonctionner sur une hypothèse pour le moins douteuse et source de dérives catastrophiques : réformistes, électoralistes, organisations bureaucratiques,….

Là sont les vrais questions... et pas de savoir « qui va combiner avec qui pour des élections ».

Quelle organisation politique pose ces questions ? Aucune ! Toutes sont empêtrées dans leurs misérables combines pour défendre leurs intérêts bureaucratiques et placer leurs « chefs » dans des postes de pouvoir.

Je ne me fais aucune illusion, les « docteurs de la foi révolutionnaire » réagiront d’un haussement d’épaule, ou par l’insulte, à une telle analyse... brandissant leurs icônes et leurs bréviaires comme autant de gadgets symboles de leur impuissance.

Le constat est amer, c’est vrai, et il est toujours difficile de reconnaître que ce en quoi on a cru durant, parfois toute une vie, est une erreur... Et pourtant !

Le recul de l’Histoire et la nécessaire révision des certitudes du passé alliés aux catastrophes politiques de plus d’un siècle nous oblige à cet effort. Il y va de notre avenir.

Patrick MIGNARD

29 Juin 2009

À l’attention de celle et ceux qui me diront : « Bon OK, et alors ? » je renvoie aux textes :

QU’EST-CE QUE CONSTRUITRE UNE ALTERNATIVE ? (1) (2) (3) (4)

MANIFESTE POUR UNE ALTERNATIVE

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ILS ONT VOTE… ET PUIS APRES ?...

Une fois encore, la farce électorale n’a pas déçu son public. Mis à part quelques bureaucrates et politiciens professionnels qui ont perdu sur les prévisions,… globalement rien n’a changé et rien ne changera.

Demain sera comme aujourd’hui. Les élections passent, les problèmes demeurent et même s’aggravent.

LE FAUX LANGAGE DES CHIFFRES

Les politiciens, obsédés par des statistiques manipulées, tirent des conclusions délirantes. Exemple : l’UMP qui se déclare vainqueur et affirme que la majorité du peuple lui fait confiance,… oublie de dire que son pourcentage rapporté au taux d’abstention fait que seulement 1 inscrit sur 10 a voté pour elle. Ce qui est probablement la proportion des profiteurs, de leurs valets et des imbéciles qui votent.

De plus, même si l’on raisonne en terme de pourcentages exprimés, le total des opposants à l’UMP est supérieur au sien… ( ?)

Ne parlons pas des autres formations politiques, même des « écolos paillettes » qui croient désormais le monde à leurs pieds ! Ce qui dénote la confiance que peut avoir la majorité des inscrits (et je ne parle pas de celles et ceux qui ne sont même pas inscrits) dans les politiciens qui nous promettent monts et merveilles.

Vue sous cet angle, la démocratie, l’acte électoral, la représentativité, la légitimité,… en prennent un sacré coup. Qui peut-être encore dupe d’une telle escroquerie ?

L’IMPOSSIBLE RÉPONSE

Comment les politiciens de « gauche » ( ne parlons pas du PS ) vont nous expliquer un tel résultat ?

Comment les stratèges et autres « docteur es révolution », bourrés de certitudes, de citations de « grands anciens », et d’analyses puisées dans les vieux grimoires, vont nous expliquer que le bon peuple ne « comprend rien »,… c’est-à-dire ne vote pas massivement pour eux ? Est-ce un problème de communication ? De propagande ? Pas assez d’affiches ? De tracts ? De meetings ?

Comment se fait-il qu’en pleine crise du capitalisme, toutes les organisations qui promettent de le mettre bas, sont ignorées ?

Pourtant l’information passe. Tout le monde sait « qui est qui ? ». Ce que chacun propose.

Tout le monde voit la crise, ses conséquences. Tout le monde sait à quoi elle est due. Tout le monde a entendu les doubles discours des gestionnaires de ce système.

Pourtant, globalement « on prend les mêmes et on recommence ».

De deux choses l’une :

ou bien le peuple n’est qu’un ramassis d’imbéciles qui ne comprennent rien et qui n’ont que ce qu’ils méritent,… mais alors ne parlons plus de « citoyenneté » et oeuvrons pour un régime aristocratique où une soi-disant « élite » – autoproclamée - commandera à la masse ignorante. C’est d’ailleurs ce qui est entrain de se faire progressivement ;

ou bien il y a une autre explication qui aboutit à cette situation paradoxale.

Pour ma part je fais la seconde hypothèse. Personne, officiellement du moins, ne fait la première.

Quelle est cette seconde hypothèse ? Elle se décline en deux volets :

un système électoral fondé sur la séduction, la manipulation, la malhonnêteté intellectuelle, la bureaucratie, l’arrivisme, le double discours, la trahison, parfois la corruption financière,… le tout conforté par un système médiatique entre les mains des puissances financières intéressées à la survie du système ;

une opposition débile, sectaire, sclérosée, incapable de faire l’analyse de la situation, d’élaborer une stratégie alternative efficace,… et pour une partie directement intéressée aux avantages et privilèges procurés par le système aux élus. Elle est en plus complètement éclatée pour des raisons bureaucratiques.

Quelle est l’organisation politique qui réfléchit sur cette seconde hypothèse ?. Qui tire les conséquences d’une telle situation ?. Aucune bien évidemment. Chacune verrouillée dans ses certitudes recommence – tel Sisyphe – les mêmes erreurs et finit par s’intégrer dans ce système dont elle profite. Toutes ne se déterminent – quoiqu’elles en disent – que par rapport à des stratégies électorales dérisoires parfois sordides.

Quel sens peut avoir la participation à une telle mascarade ? Aucun, bien évidemment,… sauf à croire naïvement, et sans réfléchir, que « voter est un droit et un devoir ».

L’abstention fait partie de cette défiance au regard d’un système qui n’a plus de démocratique que le nom… elle est une des expressions de la décadence du système dominant.

Ainsi c’est l’abstention qui dans ce contexte est le premier degré de la conscience politique. Assimiler la totalité des abstentionnistes à des « pêcheurs à la ligne » et autres « dilettantes » est une escroquerie qui arrange bien les politiciens.

UN AUTRE TERRAIN

Il est désormais clair que le changement social ne peut pas se jouer sur ce terrain pourri… il ne s’y est d’ailleurs jamais joué.

Privilégier les manœuvres imposées par le système politique dominant c’est tomber dans un piège.

C’est dans la réalité sociale que se jouera le changement, terrain sur lequel le changement, dans l’Histoire, s’est toujours joué… Terrain sur lequel le système marchand est le moins à l’aise. Terrain sur lequel s’expriment ses contradictions. Terrain qu’il est entrain de dévaster en privatisant, détruisant les solidarités, saccageant l’environnement,…anéantissant peu à peu le lien social par le chômage, les exclusions.

La riposte doit se faire là, en construisant de nouvelles solidarités, de nouvelles relations sociales, de nouveaux circuits de redistribution des richesses. En montrant l’obsolescence et la possibilité du dépassement du système marchand.

Un socle social et économique alternatif est indispensable pour à la fois relativiser, dans les faits, ce système et montrer qu’un autre monde est possible.

En l’absence d’une telle démarche, fondant une stratégie politique crédible, il est aujourd’hui évident que toute autre élucubration politique nous condamne à l’impuissance et à la régression.

Patrick MIGNARD

10 Juin 2009

Voir aussi : MANIFESTE POUR UNE ALTERNATIVE

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LETTRE OUVERTE A CELLE ET CEUX QUI S’APPRÊTENT A VOTER

ÉLECTIONS EUROPÉENNES

À grands renforts de tambours et trompettes, gavé(e)s de promesses et de clins d’œil, vous vous apprêtez à aller « remplir votre devoir de citoyen(ne) ».

Vous allez, l’espace d’un instant – en glissant l’enveloppe dans l’urne – avoir la sensation de vivre un « orgasme démocratique », croire naïvement que vous participez à une œuvre de salubrité publique, à un grand moment de « vie citoyenne ».

Le bulletin – quelle que soit sa couleur politique – n’est en réalité qu’un passeport de capitulation politique, de démission citoyenne, un « chèque en blanc » pour des politiciens qui se contrefichent de ce que vous pouvez penser, souhaiter, désirer.

Rappelez vous comment la volonté populaire en France concernant le Traité Constitutionnel Européen a été bradée, violée, détournée par les politiciens sans scrupules.

°°°°°°°°°

Les prochaines élections européennes sont une nouvelle et ultime humiliation pour les peuples de l’Europe. Tout ce que l’Europe compte de bureaucrates politiques, d’arrivistes, de démagogues, d’assoiffés de pouvoir et de fric, de gestionnaires d’un système qui nous mène au désastre social et écologique, sont en train de nous mendier une légitimité. On peut d’ailleurs constater que ce sont les mêmes profiteurs qui mangent à tous les râteliers – élections locales, nationales, européennes.

Ils vont venir nous faire pleurer au nom d’un « avenir radieux », au nom des « morts des conflits passés », au nom de la « modernité » (mot « passe partout » instrument de toutes les liquidations des acquis sociaux et politiques) et nous supplier de voter en nous expliquant, la voix chevrotante et la larme à l’œil, que des « hommes et des femmes sont morts pour le droit de vote »… Ben voyons !…

Pensez vous vraiment que les victimes de la lutte pour la démocratie, la liberté et l’égalité auraient donné leur vie pour le système inégalitaire et mortifère dans lequel nous vivons aujourd’hui ? Pour permettre à des profiteurs de se gaver à nos dépends ? Leur permettre de liquider les services publics, la protection sociale et les retraites qu’ils avaient créés à la Libération ?

Demandez à celles et ceux que vous allez élire quelles sont leurs conditions de vie, leurs revenus, leur retraite, leur régime de protection sociale, leurs conditions de déplacement… alors qu’ils restreignent systématiquement les nôtres.

Vous faites partie certainement de cette proportion conséquente de naïfs, d’inconscients qui vont une fois encore se faire piéger. Je me permets d’être franc avec vous, n’ayant aucune prétention politicienne… Par contre celles et ceux pour qui vous allez voter ont la même opinion que moi vous concernant, mais eux vont vous flatter, vous caresser dans le sens du poil, tenter de vous séduire… pour avoir vos voix.

On sait ce que vaut la parole de ces individus.

Cette Europe que tous les politiciens, à quelques nuances près, essayent de nous vendre est une véritable escroquerie politique : un Parlement croupion qui donne l’illusion de la démocratie, une Commission qui fait la « pluie et le beau temps », parfaitement bureaucratique et animée du plus pur esprit du « libéralisme », dont on peut mesurer aujourd’hui les dégâts… Le tout sous la dictature de fait des groupes de pressions (lobbys) qui font, eux, réellement, les décisions. Ceci donne par exemple, la « loi sur les étiquetages » qui permet aux industriels toutes les escroqueries sur le prix et le poids… liberté totale pour les producteurs et distributeurs au détriment du consommateur qui n’a qu’une seule chose à faire : payer.

Plus nous avançons dans le temps, plus la situation sociale et économique se gâte, se durcit, plus les inégalités se creusent, l’environnement se dégrade. Nos enfants et nos petits enfants auront, paradoxalement, un niveau de vie inférieur au nôtre, n’auront plus de protection sociale, de retraites, ne bénéficieront plus de services publics. Les écoles, les universités, les hôpitaux, seront – ils le sont déjà en partie – livrés à la loi du profit... Et c’est dans cette Europe que se forge cette liquidation.

Tous les acquis sociaux sont en train d’être bradés par des politiciens qui nous couvrent de promesses mais n’obéissent, à Bruxelles qu’aux lobbys qui constituent dans la capitale belge la principale activité.

Votre opinion, votre voix ne valent rien, face aux intérêts des lobbys. Elles ne sont que les cautions « démocratiques » d’un système qui s’auto alimente à nos dépends et pour le profit de quelques uns – sachez par exemple que la Reine d’Angleterre, entre autres, touche des subventions agricoles en tant que propriétaire terrienne ( ?).

Tous ces individus n’ont besoin que d’une chose pour assouvir leur soif de pouvoir et assurer leur existence sociale parasitaire : la légitimité populaire. Une fois qu’elle leur est acquise – à force de séduction et de démagogie - ils opèrent à leur guise, en faveur d’un système économique et politique qui, nous le voyons aujourd’hui, nous conduit à la ruine sociale et au désastre écologique.

Ils se bâtissent une carrière politique, grassement rémunérée… tout en nous demandant à nous de nous serrer la ceinture. Eux si prolixes en explications… sont des plus discrets sur leurs revenus, avantages et privilèges.

°°°°°°°°°

Bien sûr, de bons apôtres, démocrates à souhait, écologistes plus verts que vert, altermondialistes comme ce n’est pas permis, voire « révolutionnaires » (sic)… vont vous expliquer qu’avec eux ce sera différent… Ben voyons !

Ils vont vous mettre sous le nez des promesses mirifiques, des programmes alléchants, se livrer à des démonstrations aussi brillantes que théoriques, élaborer des scénarios qui seront autant de « planches de salut » pour les pauvres citoyens que nous sommes… et une bonne proportion de naïfs va leur faire, une fois encore, confiance.

Que restera-t-il de tout cela une fois les élections passés ? Rien, rigoureusement rien.

Qu’ont fait les écologistes, les « révolutionnaires » qui ont été élus au Parlement Européen jusqu’à présent ? Rien... Ah si, soyons juste, des discours, des déclarations… Mais à regarder où nous en sommes… Rien,… rigoureusement rien.

Bien sûr, on va vous expliquer que « si vous ne votez pas… vous votez pour la Droite ». Argument classique, éculé et bien évidemment faux.

1er argument : la Droite vous demande aussi avec insistance de voter ! Donc...

2ème argument : êtes vous vraiment sûr que les Socialistes au Pouvoir c’est mieux… Voyez DSK au FMI et Pascal Lamy à l’OMC… tous deux socialistes.

3ème argument : les jeux sont déjà faits. Tout l’arsenal médiatique, idéologique est là pour conditionner et séduire… les résultats, à quelques détails près, sont connus d’avance… On parie à propos du résultat,… et sur les suites ?

4ème argument : les candidats dits « alternatifs » n’ont aucune chance dans ce contexte d’être majoritaires, et même s’ils l’étaient que feraient-ils ? Ils feraient la « révolution » ?… et sur quelle base concrète ? Non, ça n’est pas sérieux… Ils veulent tout simplement faire une carrière et assurer des finances pour leurs organisations.

5ème argument : l’expérience du Traité Constitutionnel Européen, rejeté par référendum, mais finalement adopté, suite à une entourloupe anti démocratique, est là pour nous signifier clairement que notre avis n’a aucune importance.

Notre avis ne les intéresse pas, ce qui les intéresse c’est le geste de voter qui donne tout son sens – sa légitimité – à leurs pratiques qui n’ont rien à voir avec nos intérêts.

Certes, l’abstention n’est pas une fin en soi, mais encore faudrait-il que voter ait encore un sens…

Enfin, une forte abstention délégitimera les politiciens, au pouvoir fragilisé, et donnera une légitimité accrue à la désobéissance civique, moyen d’opposition et de résistance qui s’impose de plus en plus.

Ne leur donnons pas ce qu’ils ont besoin pour nous enfoncer encore plus, la légitimité.

Patrick MIGNARD

1er Juin 2009

Voir aussi les articles :

« LES AMBIGUITÉS DE L’ABSTENTION »

« DE L’ANTI ÉLECTORALISME EN POLITIQUE »

« SE RÉAPPROPRIER L’ÉCONOMIQUE ET LE SOCIAL »

« PEUT-ON AVOIR CONFIANCE DANS LES HOMMES/FEMMES POLITIQUES ? »

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