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Publié dans : #matiere a reflexion

QU’EST-CE QUE CONSTRUIRE UNE ALTERNATIVE ? (1)

Constat d’un échec historique

Répondre à cette question est difficile, parce qu’elle renvoie à deux domaines complexes : la connaissance de l’Histoire et la place de l’Homme dans la « construction » de l’Histoire.

En vérité, nous ne savons pas ce qu’est construire une alternative, c'est-à-dire un passage radical d’un mode de production et de distribution des richesses, à un autre et comment s’y prendre… mais nous refusons de nous l’avouer.

Si l’on regarde l’Histoire, on ne peut que constater qu’il n’y a jamais eu de stratégie véritable en vue d’une alternative à un système et ce pour une raison simple : il n’y avait pas une connaissance de ce qu’est l’Histoire. Les actions entreprises tout au long des siècles n’étaient, en terme d’action, que de simples opportunités… y compris le passage l’Ancien Régime au capitalisme en Europe.

MECONNAISSANCE DE L’HISTOIRE ET OPPORTUNISME POLITIQUE

La tentative de compréhension de la dynamique des évènements historiques, de la recherche d’une logique dans le déroulement de l’Histoire, d’essayer de donner un sens à cette dernière, est tout à fait récente et peut-être datée du 19e siècle. Démarche héritière du Siècle des Lumières, elle se fonde sur la conception qui fait de l’Homme l’acteur de sa propre Histoire.

De fait, avant le 19e siècle, il n’y a aucune interprétation de l’Histoire qui, si j’ose dire, est laissée entre les mains de Dieu. C’est Dieu, ou les dieux, qui, pour nos ancêtres, fait/font l’Histoire. Conception, bien sûr, défendue par les possesseurs du pouvoir et les tenants des religions. Cette conception ayant l’avantage inestimable de prêcher, au sens propre, comme au sens figuré, la pérennité du système existant.

La plupart des changements politiques et sociaux, les vrais, ceux qui changent la nature des rapports sociaux, pas les évènements montés en épingle par l’Histoire officielle et qui n’ont vu que le triomphe d’arrivistes, assoiffés du pouvoir, ces changements radicaux donc, permettant de passer d’un mode de production à un autre, se sont fait sans plans, sans modèles, sans véritable volonté fondée sur une « science de l’Histoire ». De ce point de vue on peut dire, d’une certaine manière que l’Histoire s’est faite sans l’Homme-sujet, acteur de son Histoire.

De ce nouveau rôle, il a tout à apprendre et aujourd’hui, en ce début de 21e siècle, il se doit impérativement de faire le bilan de ces presque deux siècles d’erreurs.

Aujourd’hui, et jusqu’à aujourd’hui, on peut dire que l’Homme a été incapable d’assumer ce qu’il avait lui-même déclaré : être acteur de son Histoire. Il n’a maîtrisé ni le progrès technique issu de son cerveau – voir les questions d’environnement, les conditions de travail, -, ni l’organisation sociale qui devait être fondée sur une éthique respectueuse de toutes et tous présents et à venir,… et qui plus est fondé justement sur ce progrès technique.

Constat excessif diront certains. Pas du tout,… regardez le bilan du 20e siècle et ce que nous promet le 21e… et évaluez, l’efficacité et le résultat des stratégies de changements au siècle dernier et celles qui, aujourd’hui, existent.

Dans le premier cas, tout a échoué,…citez une seule expérience de dépassement du capitalisme qui ai réussi !...

Dans le second, « on ne sait plus comment s’y prendre »… les formations politiques qui ont la prétention de conduire le changement ne ressortent mécaniquement que les vieilles formules qui ont fait faillite.

UN FAUX DEPART

Dans la foulée des progrès de la Science, du développement du Progrès technique et scientifique, dans tous les domaines, des penseurs de l’Histoire, de l’Economie et disons, des Sciences Morales et Politiques, ont élaboré des théories, voire des « modèles scientifiques », ou déclarés comme tel, qui devaient tracer une bonne fois (foi ?) pour toutes la manière de s’y prendre, d’agir, bref qui déterminaient la « juste stratégie » pour dépasser définitivement, et sans retour possible, le système marchand dominant.

Alliant la foi dans des valeurs proclamées et une rigueur « scientifique » empruntée aux sciences exactes, leurs ouvrages sont devenus plus que des ouvrages de références incontournables, mais carrément des textes sacrés, dont les adeptes ne pouvaient souffrir, et ne peuvent souffrir, la moindre critique – toute contestation étant considérée comme hérétique, antiscientifique ( ?) et pour couronner le tout « petite bourgeoise » ( ?).

La stratégie politique qui sort victorieuse de ce débat d’idées et qui se fonde sur un renversement radical du capitalisme par la classe la plus exploitée, a dominé, et domine la pensée politique depuis plus d’un siècle. C’est elle qui a inspiré, sous différentes formes, toutes les actions en vue d’une alternative au 20e siècle.

Avec le recul du temps, le bilan des analyses, prédications, et autres actions entreprises, est totalement négatif : toutes les tentatives ont échoué,… et pour celles qui avaient ouvert les plus grands espoirs, le retour en force du capitalisme – en principe définitivement vaincu -, dans sa phase la plus inhumaine, sonne le glas des théories qui les avaient fondé.

Malgré cela, et en dépit de toute logique, aucune véritable leçon n’a été tirée et n’est apparemment en passe de l’être, du moins de la part des organisations qui croient avoir le privilège du changement… des noms ?.

Les « théoriciens » et « stratèges », au lieu d’essayer de comprendre « où est l’erreur ? »… préfèrent triturer les textes sacrés pour leur faire justifier la situation présente et leur incapacité à penser une stratégie.

Mythifiant les expériences passées – et qui ont toutes échoué – ils les intègrent dans les fastes de leur liturgie politique. … leur redonnant une vie non plus comme exemple à suivre mais comme symboles de ce à quoi ils ont cru.

Le constat de l’échec théorique et des pratiques n’a jamais été fait sérieusement, il a été éludé au nom de la « mémoire » ( ?), du « respect de celles et ceux qui ont lutté » ( ?), en fait au nom d’une mythification du passé. L’erreur commise et qui devrait être un facteur de progrès est devenue une pièce de musée que l’on refuse d’examiner et qui peu à peu se recouvre de poussière.

La démarche philosophique qui se voulait à l’origine, critique, a sombré dans un intégrisme qui ne dit pas son nom mais qui révèle une pseudo pratique qui en dit long sur l’obscurantisme de la pensée et l’impuissance qu’elle produit. La rhétorique radicale tenant lieu de prêche incantatoire.

Incontestablement, et aussi dur que cela puisse être à admettre, la problématique de l’alternative – on n’employait pas ce mot à l’époque –posée dès le 19e siècle a été fausse.

Fausse dans ses prédictions : la classe ouvrière des pays industriels développés, n’a jamais renversé le capitalisme.

Fausse dans son application : dans les pays où cette théorie a été appliquée – essentiellement dans des pays sous développés, c'est-à-dire en contradiction avec la théorie – l’expérience s’est terminée dans un désastre économique, social et politique – avec retour au capitalisme.

C’est donc, à une révision radicale de la « dialectique de l’Histoire » qu’il faut procéder, et cela sans réticence et sans tabou… au risque, dans le cas contraire, à reproduire les mêmes erreurs et de se réduire à l’impuissance.

Mars 2008 Patrick MIGNARD

Voir aussi :

MANIFESTE POUR UNE ALTERNATIVE

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SUR L’INTERCHANGEABILITE EN POLITIQUE

L’évolution de la classe politique, en France, mais pas seulement, donne un spectacle des plus édifiants. Les « passages » d’un courant de pensée à un autre, d’un parti à un autre, certains diront d’un camp à l’autre, est un signe des temps.

Au-delà de l’aspect « immoral « , choquant, dénonçant les attitudes de « trahison », phénomène qui a existé à toutes les époques de la part d’individus cupides et opportunistes,… se joue également autre chose de plus fondamental.

L’EFFACEMENT DES CLIVAGES POLITIQUES

Si nous prenons le cas des pays industriels développés… disons de « capitalisme avancé », dès le 19e siècle sont apparues, très grossièrement, deux tendances lourdes :

  l’une dite « conservatrice », de droite justifiant et défendant le système salarial ;
  l’autre dite « progressiste », de gauche, se plaçant dans la perspective du progrès social pour les salariés.

Certes, courants et sous sous-courants, tendances « réformistes » et « révolutionnaires » rendent plus complexe cette sommaire classification, mais en tendance lourde, c’est bien de cela dont il s’agit.

Si l’on prend le cas de la France – la Gauche, jusqu’en 1981-84 a revendiqué une politique dite « progressiste », avec un programme économique d’inspiration keynésienne : relance par la demande, nationalisations, intervention de l’Etat,… alors que la Droite était sur des positions plus libérales et moins « sociales ».

Cette situation a permis jusqu’à tard dans le 20e siècle d’entretenir l’illusion de politiques radicalement différentes – c’était aussi vrai en Angleterre, avec les conservateurs et les Travaillistes, en Allemagne avec le SPD et la CSU-CDU, en Italie, en Espagne,…

Malgré l’effort des partis politiques qui continuent, avec encore un certain succès, à maintenir l’illusion, on se rend de plus en plus compte de l’effacement progressif de ce qui faisait cette différence.

POURQUOI CET EFFACEMENT ?

Trahison diront certains ! C’est un peu court comme analyse.

L’élément déterminant c’est que toutes les luttes, toutes les expériences –socialistes- ayant pour objectif plus ou moins avoué de renverser le système salarial… ont, à plus ou moins long terme, échoué.

Nous avons aujourd’hui un capitalisme triomphant, perclus de contradictions, nous conduisant à la catastrophe, mais tout de même triomphant au sens où rien ne s’oppose à son développement, à sa progression, à sa généralisation. Il n’existe aucune stratégie sérieuse qui pourrait mettre en péril sa sérénité,… sinon bien sûr ses contradictions que nous ne savons pas identifier et exploiter malgré tous les discours plus velléitaires que radicaux.

Il a su, ce système, intégrer, absorber, récupérer, dépasser les crises les plus graves, récupérer et recycler les symboles, même ceux qui lui étaient défavorables,… et intégrer, voire à tourner en dérision la contestation radicale qui s’ « oppose » à lui.

De plus, dans sa phase mondialisée, et concernant les anciens pays industriels développés, dans ces pays où il avait fait le plus de concessions (acquis sociaux), il peut en toute légitimité reprendre tout ce qu’il avait concédé… ce qu’il est entrain de faire avec un succès qui ne se dément (retraites, temps de travail, protection sociale, services publics,…)

QUAND IL N’Y A PLUS DE REPERES, IL N’Y A PLUS DE LIMITES

Le contexte économique et social aujourd’hui est fort différent de ce qu’il était il y a quelques années.

Les repères ont sauté, les marges de manœuvre sont devenues floues, quand elles n’ont pas disparu.

Les rêves, les illusions, qui hantaient les esprits des politicien-nes ont évolué en même temps que leurs perspectives de carrières. « Passer dans l’autre camp » n’a plus à leurs yeux la même signification qu’autrefois, et ce d’autant plus que la frontière entre les deux camps s’est estompé, pour ne pas dire totalement disparu…. C’est tout le sens de la remarque de nombreux politiciens qui disent pour se justifier : « Je passe avec la Droite tout en restant de Gauche »… ou bien « Je suis de droite mais j’accepte dans mon équipe des gens de gauche ».

C’est plus son clan que l’on trahi, qu’une politique.

Ainsi, le fameux clivage « Droite-Gauche » qui était une véritable « boussole » politique pour tout citoyen, a disparu… C’est un peu comme si le champ magnétique terrestre, pour le navigateur, n’existait plus… plus moyen de s’orienter, il faut trouver d’autres repères.

Au niveau international, cette interchangeabilité a atteint les niveaux les plus élevés, en effet il n’y a aucun problème qu’à la tête d’institutions aussi importantes que l’Organisation Mondiale du Commerce et du Fond Monétaire International, il y ai indifféremment des sociaux-démocrates (ce qui est le cas aujourd’hui – et socialistes français de surcroît) ou des libéraux pur jus sur le modèle anglo-saxon.

Malgré cela, une certaine extrême gauche, alternative, anticapitaliste, dans une vision extralucide, trouvera encore une différence entre la Droite et la Gauche, et préfèrera l’une à l’autre. ( ?)

QUE RESTE-T-IL ?

L’essentiel, c’est-à-dire le système marchand, le salariat avec ses principes de fonctionnement, ses contradictions, mais qui est reconnu par les uns et les autres comme indépassable.

Le clivage « Droite-Gauche », qui avait la faculté d’en adoucir les contours et les contradictions au temps « béni » ou le capital pouvait s’acheter la paix sociale, ayant disparu, il laisse apparaître ce système dans toute sa brutale réalité. Or, en période de mondialisation, celle-ci ne laisse plus le choix pour les demi-mesures. Ainsi, celles et ceux qui étaient à la limite – constitué par une « gestion sociale », « keynésienne » du système, ont carrément fait le choix de la gestion libérale – c’est le cas de la social démocratie et de ses satellites de droite comme de gauche. Le franchissement politicien étant laissé à l’initiative de chacun-e en fonction de ses intérêts, prétentions et ambitions.

Celles et ceux qui se disent « rester – fermement –carrément -100% à gauche » sont désormais devant un dilemme :

  soit demeurer impuissant tout en ayant un discours radical de dénonciation, d’appel à des luttes ( ?) et de revendications jamais satisfaites,…
  soit élaborer une nouvelle véritable stratégie politique de changement social fondé sur une pratique alternative concrète.

Le moindre effort étant la première solution, qui ne fait que reproduire les vieux schémas éculés, on assiste désormais à un relookage des vieux concepts, des vieilles stratégies qui, avec un discours radical tenu par de préférence de jeunes premiers au look décontract’, ou de vieux relookés, doit continuer à faire encore illusion.

Les « trahisons », et autres, « débauchages », ne sont donc pas que des phénomènes individuels, ils sont surtout les révélateurs d’une nouvelle donne politique, expression d’une évolution très particulière du système dominant.

Tous ont intérêt à maintenir la fiction de la bipolarité « Droite-Gauche », maintenant ainsi le citoyen dans un faux semblant de vie démocratique. Le bipartisme vers lequel nous glissons, dans l’indifférence générale, sera le couronnement de cette escroquerie politique.

Patrick MIGNARD
23 Mars 2008

Voir aussi les articles :
« VERS LE BIPARTISME »
« LA FIN DE LA SOCIAL DÉMOCRATIE »
« LES LIQUIDATEURS »

 

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LE SILENCE DES URNES

Les élections, quoiqu’on puisse en penser constituent incontestablement un évènement politique, certainement pas pour ce qu’elles permettent … de manière générale rien d’essentiel, mais parce qu’elles sont un mode de fonctionnement politique d’une collectivité. A ce titre elles méritent analyse. C’est donc plus en observateur, voire anthropologue, que je me place qu’en analyste politique proprement dit.

Si l’on a un regard « décalé » on ne peut que constater que rien d’essentiel ne s’est véritablement produit lors de ce scrutin… car rien ne pouvait se produire….

ILLUSON D’OPTIQUE

La plupart des observateurs politiques voient un changement. Ceci est du à la spécificité des lunettes qu’ils portent. Munis de ces lunettes constituées d’un verre aux couleurs de la Droite et d’un autre aux couleurs de la Gauche, ils ne peuvent qu’avoir une vision tout à fait orientée dans le sens non pas de ce qui est, mais de ce que le système électoral a prévu.

Il y a en fait incontestablement une stabilité du corps électoral. L’abstention se maintien et ne peut être que difficilement interprétée quant à sa signification.

Le reste du corps électoral se réparti à peu près de la même manière entre les grands « courants » de la politique politicienne… c’est ce qui fait croire – ce qui est un peu vrai - aux centristes, ce marécage mouvant, qu’ils peuvent jouer un rôle puisque les « changements » se font aux « marges internes » (à droite pour la Gauche et à gauche pour la Droite- l’extrême-droite étant hors jeu !) des deux grands courants.

Si l’on prend du recul, si l’on examine sans a priori le « phénomène électoral », ça semble bouger, mais rien ne change, de fait, fondamentalement… ce qui peut se résumer par « les élections passent, les problèmes demeurent ».

MÉCONTENTEMENT SOCIAL ET RÉSULTATS ÉLECTORAUX

Le décalage entre les deux est énorme. En effet, si le mécontentement social actuel devait s’exprimer en terme politique on aurait du observer un véritable raz de marée de la Gauche… c’est du moins ce que l’on est en droit d’attendre logiquement. Or ce n’est pas du tout le cas. Alors de deux choses l’une :

  ou bien il n’y a pas de mécontentement social,
  ou bien l’élection est incapable de l’exprimer.

Or, il y a bien mécontentement social… comment se fait-il donc que les élections soient incapables de l’exprimer ?

Ceci montre qu’il y a dans le processus électoral « quelque chose » qui stérilise l’expression politique. Mais qu’elle est la nature de ce « quelque chose ». Ce « quelque chose » n’est bien sûr pas unique et homogène, il est constitué par un ensemble de comportements, de croyances et de techniques de manipulation de l’opinion.

La culture politique : on est de gauche, ou de droite, par tradition, souvent familiale, comme on est catholique ou protestant.

La fidélité : à un parti, à un homme ou une femme, à un symbole, à un idéal,… ou ce que l’on croit être un idéal ;

Le légitimisme : la fidélité à l’autorité, au pouvoir en place, à celui qui représente symboliquement la République, le peuple, la démocratie,…autrefois le roi, Dieu….

La peur du « changement », de l’ « inconnu »… « Il vaut mieux ça que rien »… « Untel on le connaît, les autres, on ne sait pas !... »

Le marketing politique – se sont toutes les techniques de persuasion développées par les candidats et empruntées à la publicité commerciale… et ça marche dans une certaine mesure… en particulier vis-à-vis des indécis… qui font de fait les majorités.

Tous ces facteurs jouent dans le sens de la stabilisation du corps électoral. Les changements ne se font qu’à la marge. Le marketing politique jouant dans les deux sens : stabilisation et débauchage.

IL EST URGENT DE NE RIEN CHANGER

On en arrive à une situation figée, verrouillée, bloquée où rien ne change, rien ne peut changer…. Tout en donnant l’illusion du changement, de la mobilisation,…

Celles et ceux qui jouent le jeu et l’assument publiquement s’y sentent parfaitement à l’aise et parlent même de « leurs » électeurs, « leur » électorat, donnent des « consigne » de vote,… Ce sont les professionnels de l’élection, de la politique, de la manipulation, des promesses,…

Il n’y a en fait aucun rapport entre le résultat de l’élection et ce qu’elle est, en principe, sensée exprimer. Tout est fait, nous venons de le voir pour que le résultat n’ai fondamentalement aucun sens, pour que tout continue comme avant, en donnant l’impression que « le peuple a choisi ». Or, même si formellement il s’est exprimé, il n’a, sur le fond, rien choisi.

C’est cette alchimie subtile fondée sur la manipulation, le conservatisme individuel et collectif et la dépossession d’une quelconque pratique sociale (« votez nous ferons le reste »), qui constitue l’essence même du processus électoral et en fait un processus particulièrement pervers et mystificateur. Si l’on adhère, sans conscience et sans esprit critique (ce qui est le cas de la majorité des électeurs/trices), à ce contexte, on est pris dans sa logique et ça donne l’attitude aujourd’hui, en particulier, de l’extrême-gauche qui joue le jeu tout en s’en cachant, mal, derrière un discours radical purement verbal. Ces organisations comme les grands partis sont devenues des « boutiquiers électoraux » qui comptent et gèrent « leurs » voix comme Arpagon comptait son or…

COMMENT SORTIR DE CE PIÈGE ?

Certainement pas en s’y enfonçant un peu plus… Pas plus que, simplement, en le dénonçant – c’est nécessaire, mais largement insuffisant.

Alors ?

Seule l’expression concrète d’une alternative peut enrayer cette logique. Peut-être pas l’enrayer tout de suite, mais, à terme, la rendre totalement obsolète, et remplacer cette caricature de démocratie formelle par une véritable expression démocratique.

Le vrai terrain du changement n’est pas dans les élections mais dans des structures alternatives expression d’un changement des rapports sociaux.

Rien n’est évidemment fait pour favoriser ces initiatives, au contraire. Tout est fait pour résumer à sa plus simple expression l’existence citoyenne : l’élection. Le système va même jusqu’à faire « singer » aux enfants les pratiques électorales, les conditionnant en cela à la soumission à un processus qui les instrumentalisera un fois adultes.

Une fois le scrutin passé chacun-ne va s’en retourner à ses occupations, les affaires vont continuer, les licenciement se poursuivre, les prix augmenter et les officine politiciennes après un « repos bien mérité » prépareront les « prochaines échéances électorales »… en nous expliquant que le peuple et souverain et que c’est ça la démocratie. Ainsi soit-il !

Patrick MIGNARD
17 Mars 2008

Voir aussi :
« VICTOIRE DE « LA « POLIQUE,… MORT « DU » POLITIQUE »
« SE RÉAPPROPRIER L’ÉCONOMIQUE ET LE SOCIAL »
« DE L’ÉLECTORALISME EN POLITIQUE »

 

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SINISTROSE ELCTORALE CONTRE… FRAICHEUR PRINTANIERE

 

 « Tandis qu’à leurs oeuvres perverses
Les hommes courent haletants,
Mars qui rit, malgré les averses,
Prépare en secret le printemps.
 »…

Premier sourire du printemps - Théophile Gautier

« Humour mal placé », « allégorie facile », « délire poétique »… Je fais toute confiance à mes détracteurs pour trouver la formule adéquate.

Il y a pourtant bien de cela dans la période que nous vivons… La misère du débat politicien tranche avec la renaissance de la nature pourtant si maltraitée par l’Homme.

ON PREND LES MÊMES ET ON RECOMMENCE….

Immuablement, périodiquement, machinalement, le peuple, éternellement cocufié est appelé à son devoir dit « républicain », comme le paysan du Moyen Age était appelé à l’office religieux pour le salut de son âme.

C’est différent, allez vous dire. Certes !... Mais tout aussi inefficace : les élections passent, les problèmes demeurent.

Si l’on prend le cas des petits villages, la majorité des 36 000 communes, la désignation de l’équipe municipale peut avoir un sens . Nombre de « petits maires » se dévouent corps et intelligence (pas « âme ») pour leurs concitoyens. Bien sûr, il n’y a rien d’alternatif, de révolutionnaire dans tout cela… mais la vie n’est-elle faite exclusivement que d’innovations et de dépassements ? Et puis de cela, les grands médias s’en foutent royalement, ce qu’ils veulent c’est du « spectacle politique ». Une seule ombre à ce tableau : les maires font partie des « grands électeurs » qui participent à l’élection des sénateurs : le Sénat, véritable institution parasitaire.

Concernant les grandes et moyennes agglomérations, c’est la farce électorale classique qui est reproduite à échelle réduite… les élections sont confisquées par les requins et maquereaux de la vie politique. Le quasi bipartisme qui existe au niveau national se retrouve au niveau local.

Les mêmes combines, les mêmes promesses, les mêmes ambitions, trahisons, compromission, soumissions.

Les mêmes femmes et hommes qui agissent au niveau national et qui essayent de se donner une couleur « prés du peuple ».

Combien de ces faux culs qui font « comme ci », qui sont « pour toutes et tous », qui « brûlent de passion pour leur ville » (et une fois élus partent à Paris) … et autres banalités affligeantes ?

Combien de ces arrivistes qui, en province, se forgent ou tentent de se forger un destin national (des noms ?) ?

Combien de soit disantes unions qui ne sont que des opportunités, sinon des opportunismes, et autres faux semblants ?

Quant aux « petites » listes, fièrement dressées sur leurs ergots, elles jouent les coqs vindicatifs au premier tour, pour finalement, entre les deux tours, soit abdiquer, soit picorer dans les mains de celle ou celui – d’un « grand » parti – qui pourra leur assurer la pitance. Misère de l’opportunisme politique !

Ces mêmes petites listes, à la fois misérables et émouvantes dans leur attitude d’éternelles perdantes, et qui considèrent ces élections comme un « défilé de mode où il est de bon ton d’être vu », cautionnent par leur présence une vie politique qui finalement est leur seule raison d’être.

Les débats nationaux, totalement inessentiels, se repeignent aux couleurs locales. « On » fait de l’élection municipale, selon son intérêt, sa stratégie, sa couardise, son ambition, un enjeu local ou bien national. Tel leader politique bien vu dans les sondages est sollicité pour le soutien local,… tel autre (des/un nom/s ?) au plus bas dans ces mêmes sondages est soigneusement évité…. Bref, du très grand art de l’illusion et de l’esquive !

Dans les grandes villes, des personnages d’une « qualité exceptionnelle » (médiatique s’entend !) – sportifs, chanteurs, acteurs, vedettes médiatiques,… et autres amuseurs publics, sont sollicités, choyés et même parfois promus sur les listes… ce qui rehausse incontestablement le niveau de réflexion politique ( !).

Enfin, les grandes et petites « trahisons » constatées au niveau national se reproduisent sordidement au niveau local démontrant, s’il en était encore besoin, l’interchangeabilité des acteurs/trices.

PARTICIPER OU PAS ?

L’attitude d’abstentionniste intégriste n’a rien de positif.

L’abstention, qui n’a rien d’opérationnel et de stratégique en soit, est une évidence lors des grandes élections qui sont jouées d’avance, sinon dans le caractère formel des résultats, du moins quant à la possibilité qu’elles offrent pour l’alternative.

Dans le cas d’une élection locale (souvent dans les villages), claire, c’est-à-dire aux enjeux connus de toutes et tous, et sans arrières pensées politiciennes (oui, oui ça existe parfois !),… la participation est parfaitement concevable… Encore faut-il, il est vrai, reconnaître et accepter la notion de « délégation de pouvoir » et de « représentativité ».

Dans le cas d’une élection locale, dans le genre de ce qui se joue dans les villes moyennes ou grandes, et qui sont, à une échelle réduite les mêmes magouilles, promesses et faux semblants que les élections nationales, la participation est à proprement parler une compromission.

Soutenir les «  listes alternatives » ou « contestataires » ou « anticapitalistes » ne présente pas plus le moindre intérêt.

« Se compter » diront leurs partisans ! Ah bon ! et ça sert à quoi ?... A faire des statistiques ? A se faire plaisir ? A prouver que l’on existe ? Autres ? (rayer la mention inutile).

« Apparaître, montrer que l’on existe » Ah bon ! Et ça sert à quoi ?,… d’autant plus que l’on connaît publiquement l’existence de ces courants – toujours divisés et concurrents – et que le système s’en moque absolument… au contraire, ça lui sert de caution démocratique et il n’hésite pas à médiatiser ces manifestations spectaculaires et inoffensives.

« Impulser une dynamique »… C’est l’argument le plus fantasque, véritable langue de bois. Mais une dynamique de quoi ? Fondée sur quoi ? Avec quelles perspectives concrètes ? … Jamais aucune de ces listes, de ces courants n’ont répondu à ces questions… et encore moins n’en ont montré la réalisation concrète.

Bien sûr, avec un peu d’imagination et beaucoup d’ambition, on peut tout justifier,… tout et son contraire… même l’injustifiable.

L’expérience, aujourd’hui, nous montre l’iniquité du processus électoral et le piège qu’il constitue. A combien l’épisode édifiant du détournement du référendum sur le Traité Constitutionnel Européen a-t-il ouvert les yeux ?

Le poids idéologique, la mystique démocratico-républicaine du vote – comme autrefois la religion – ont encore un poids déterminant dans le comportement de tout un chacun.

Seule la pratique nous permettra de dépasser ce cloaque du comportement politique et social.

Ils ont beau déposer tous les bulletins de vote dans l’urne, ils n’empêcheront pas la venue du printemps.

Patrick MIGNARD
6 Mars 2008

Voir aussi :
« DE L’ÉLECTORALISME EN POLITIQUE »
« VOTER EST UNE DROIT, MAIS EST-CE VÉRITABLEMENT UN DEVOIR ? »
« LES AMBIGUITES DE L’ABSTENTION »
« SE REAPPROPRIER L’ÉCONOMIQUE ET LE SOCIAL »

 

 

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