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Publié dans : #matiere a reflexion

FORMES DE LUTTE EN PERIODE DE DECADENCE

La manifestation lycéenne parisienne du 8 mars contre la loi Fillon est le révélateur d’un phénomène d’une extrême gravité. Bien évidemment cet aspect a été totalement « oublié » par les médias et les politiciens. La gravité réside bien sûr dans le degré de violence qui s’est exprimée, mais aussi et surtout dans l’incapacité politique et sociale d’une analyse et d’une réponse adéquates à de tels évènements.

Ce qui s’est passé le 8 mars à Paris est symptomatique de l’éclatement du tissu social et de l’attitude de l’Etat en pareille situation.

DECADENCE ET BARBARIE

Rappelons que l’Etat est le garant du système en place, en l’occurrence le système marchand. Sa fonction est moins d’apporter une solution aux contradictions qui sont fondamentalement les siennes (il ne le peut et ne le veut pas) que de mettre en place un dispositif qui assure la perpétuation des rapports sociaux qui le fondent... et ce, quel qu’en soit le prix.

Mais il y a un danger encore plus grand : en l’absence d’analyse, dont les partis politiques sont incapables, en laissant faire, en faisant jouer à ses mercenaires (gendarmes et policiers) un rôle, dans ce cas, purement passif, l’Etat cautionne les pires interprétations. En effet, comment ne pas voir dans ce déferlement de violence l’action de « bandes ethniques » si chères aux conceptions racistes de l’extrême droite. Cette violence dite « gratuite », qui est en fait l’expression de la dégradation ultime du lien social, l’expression la plus violente de l’exclusion, la haine se substituant à toute conscience (voir le « lunpum prolétariat » au 19e et 20e siècle) ne peut être que génératrice des plus graves et les plus aberrantes dérives politiques, dérives qui font le lit de l’état fort dans sa forme extrême, le fascisme ou quelque chose qui y ressemble. Nous n’en sommes pas là, mais c’est la « pente glissante » sur laquelle nous nous engageons.

Le système marchand a aujourd’hui perdu toute maîtrise des conséquences de l’essentiel de son fonctionnement, et ce, dans à peu près tous les domaines. Il n’a plus affaire à une classe ouvrière qui demandait une part du gâteau et qui était prête à négocier. Il a affaire à une population exclue, méprisée, « ghettoïsée » qui n’a aucun avenir et est prête à tout pour survivre. Il n’a plus affaire à des « organisations responsables » capables de contenir la colère des exploité-e-s, mais à des exclu-e-s qui ne se reconnaissent dans aucune structure, qui ont perdus tous leurs repères. Sans pour cela disparaître l’exploitation contrôlable a cédé la place à l’exclusion incontrôlable, massive, structurelle, comme contradiction essentielle dans notre société et ce sont ces conséquences que l’on vit aujourd’hui.

LES RISQUES DE DERIVES

Ils sont immenses et aux conséquences incalculables. Rappelons-nous le 20e siècle et ce à quoi nous ont conduit les inconséquences et la débilité politique de celles et ceux qui étaient censés nous conduire sur les chemins de « lendemain qui chantent ».

L’Etat, quel que soit la couleur politique de son personnel, ne sait et ne saura que défendre les intérêts du système qu’il représente. Il saura jouer des contradictions, des faiblesses, des ambiguïtés, des antagonismes, des fantasmes et des haines pour dévier les coups qui pourraient menacer l’ensemble du système... les médias sont les canaux de propagation de son idéologie, ses mercenaires, sa force brutale, ses institutions, sa caution démocratique... tant qu’il en aura besoin.

En période de décadence, l’Etat se révèle dans tout ce qu’il a de plus brutal, de plus abject, sans fard : la police qui a laissé les bandes agresser la manifestation lycéenne c’est le vrai visage et la fonction de la police... croire le contraire, c’est vivre dans le mythe, dans la croyance naïve d’une « police-service public »... elle a laissé faire parce qu’une telle attitude servait les intérêts de l’Etat et de son système. Même chose pour l’attitude des pouvoirs publics à l’égard des OGM, du nucléaire, des licenciements, des sans logis, des sans papiers,...

La dérive totalitaire est toujours potentiellement présente, même si elle ne s’exprime pas... Celles et ceux qui n’ont pas compris cela l’ont payé très cher au siècle dernier. Son expression est fonction des difficultés dans lesquelles se débat le système, de ses marges de manœuvre, du niveau de conscience et d’action des citoyens-nes grugé-e-s par les politiques anti sociales.

QUE FAIRE ?

Il est urgent de repenser l’action politique, la contestation sociale, la critique sociale. Repenser l’action politique dans une perspective historique et non pas électorale. Or de cela, les organisations politiques et les syndicats en sont incapables. Pourquoi ? Parce qu’ils sont devenus des bureaucraties plus soucieuses de leur confort matériel que d’analyses sérieuses et d’actions alternatives. Parce qu’ils sont devenus les gestionnaires d’une situation qui a court terme les arrange et est conforme à leurs intérêts immédiats, les seuls qui les intéressent. Parce qu’ils sont devenus les rouages régulateurs, reconnus, du système économique et politique dominant.

C’est donc aux citoyens-nes de contourner ces structures vermoulues et obsolètes qui ne peuvent, par leur incurie et leur compromission, que nous conduire au désastre, en ne leur accordant plus la moindre confiance.

C’est donc aux citoyens-nes d’organiser des structures alternatives.

Le rapport aux institutions ne doit être que tactique, en aucun cas stratégique. La vie, la vraie vie citoyenne se construit en dehors des structures du système, un peu comme la bourgeoisie commerçante qui a construit l’embryon de son système en marge de l’Ancien Régime, dans les villes,...

Tout les indicateurs sociaux sont aujourd’hui au rouge : l’exclusion, la pollution, la destruction des sources d’énergie non renouvelables, le rapport au travail, le pouvoir citoyen,... La manifestation lycéenne du 8 mars est un indicateur supplémentaire, ignoré des politiciens qui, pour la plupart, n’ont vu qu’un épiphénomène somme toute marginal, trop occupés à leurs querelles d’appareil pour penser à l’essentiel, trop occupés par leurs petites et grandes affaires.

Il est aujourd’hui impensable de recommencer ce genre d’expérience, de faire vivre à des jeunes de telles scènes, de courir le risque qu’elles se répandent dans toutes les grandes villes, d’aboutir petit à petit à une guerre civile larvée, rampante qui permettra au système d’affiner sa domination et de détourner l’attention citoyenne des vraies raisons, des vraies causes d’une telle situation.

De même qu’il est politiquement absurde de se livrer pied et poings liés à la violence d’Etat devant un champs d’OGM, de même qu’il est absurde de faire une grève qui n’exerce aucune pression sur l’Etat et le patronat mais leur permet par contre de retourner l’opinion publique contre les grévistes, il est absurde de courir le risque de faire des manifestations des lieux d’affrontements qui font le jeu politique du pouvoir en place et qui attisent la haine entre citoyens-es... et ce n’est pas à la base un problème de « service d’ordre » comme le pensent certains bureaucrates.

Ce constat est difficile à assumer car être conscient de la situation et en tirer toutes les conséquences obliqe à procéder à des révisions déchirantes, que certains vivront comme des trahisons des traditions ouvrières, des traditions ancestrales qui ont fait la gloire des luttes passées... c’est d’ailleurs ce genre d’arguments qu’utilisent les bureaucraties syndicales pour.... ne rien faire d’innovant. C’est difficile car il s’agit de faire preuve d’imagination et d’initiative pour impulser des rapports sociaux nouveaux, au travers de formes de luttes nouvelles.

Aujourd’hui nous ne faisons que reproduire des pratiques, des gestes, qui datent du 19e siècle sans se rendre compte que les conditions de développement du système marchand ont changé, sans se rendre compte que ses marges de manœuvres sont infiniment moindre qu’à cette époque, sans se rendre compte que les moyens de communication entre nous nous permettent ce que nos ancêtres n’auraient jamais osé imaginer et espérer.

Sans vouloir jouer les devins et autres « porteurs de mauvaises nouvelles », on peut dire que nous sommes à l’aube d’une situation dramatique, à l’aube d’un déchirement généralisé du tissu social, et la situation de mondialisation marchande ne peut qu’accélérer et aggraver le processus.

Rien n’est jamais inscrit dans l’Histoire quand aux réponses qui sont apportées aux situations. Notre époque ne fait pas exception, mais il est évident que nous sommes désormais devant un dilemme : subir ou agir. Le 20e siècle nous a montré les conséquences de la première attitude, reste la seconde en n’oubliant surtout pas que les périodes changent, les modes d’action aussi.

On ne pourra pas dire que l’on ne savait pas.

27 mars 2005                                                                       Patrick MIGNARD

Voir également les articles : « DECADENCE » « TRANSITION » « VIOLENCE ET CHANGEMENT SOCIAL » « LUTTE SOCIALE ET REPRESSION » « DROIT DE GREVE ET SERVICE PUBLIC »

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COMMUNICATION ET POLITIQUE

Il faut « COM-MU-NI-QUER » ! . Véritable leitmotiv de tout ce qui compte, ou plutôt croit compter, en politique. Le « déficit de communication », comme ils disent, est en passe de remplacer le « désaccord » ou la « divergence »

Si l’ « on n’est pas d’accord » avec un décision officielle, c’est que forcément « on a été mal informé », ou que l’ « on a mal compris » ou que l’ « on nous a mal expliqué ». Ce qui veut dire qu’en aucun cas on n’envisage une quelconque divergence.

LA RAISON DU PLUS FORT...

Il est un fait acquis et sur lequel il est inutile, voire indécent, pour le système marchand, de revenir, c’est que la raison est une et se doit d’être partagée par toutes et tous. La vérité, c’est bien connu, est la chose la mieux partagée au monde....

C’est probablement un des aspects les plus dangereux du système qui est souligné ici : cette volonté « totalisante » et même « totalitaire » de la certitude de la vérité. et du bon droit (voir l’article « LE TOTALITARISME MARCHAND »). « Comment se pourrait-il que le système ait tord tellement il est évident qu’il a raison dans ses principes ? »... ainsi peut se résumer la problématique posée. Notons qu’il n’innove pas en la matière... l’Eglise a largement usé et abusé de ce procédé... la « vérité » était, il est vrai, d’une autre nature.

Une fois acquise cette certitude il ne reste plus qu’à convaincre, à faire comprendre à des gens qui « forcément n’ont pas compris »... pas qui ne sont pas d’accord, mais qui n’ont pas compris comment cela doit se passer, comment cela doit être. Il faut donc être avec eux pédagogues... leur montrer ce qu’ils n’ont pas vu.... Et que « ça peut arriver à tout le monde »... et que l’ « on est là pour leur expliquer »...

Une telle conception établi un rapport hiérarchique particulièrement pervers qui infantilise l’autre, le met et le reconnaît en situation d’infériorité, qui fonde la divergence sur un simple malentendu, une incompréhension.... sous entendu, c’est l’opposant qui a « mal entendu »... qui n’a pas ou mal compris... il n’est pas pensable qu’il ne change pas d’avis et, n’adopte une vision « juste » des choses... « On va se donner le temps de lui expliquer »...

Le système a raison parce qu’il ne peut pas avoir tord... et pourquoi ne peut-il pas avoir tord ? Simplement parce qu’il est et qu’il n’y a pas d’autre réalité en dehors de lui. CQFD. Les « experts »,... les fameux « experts », nous le confirment.

UNE NOUVELLE FORME DE « DEMOCRATIE »

L’ère de la communication inaugure une nouvelle ère de « démocratie ».

Le conflit change de nature. « Etre en conflit » n’a plus le sens d’autrefois. Par exemple il n’y a plus de « conflit d’intérêt », à fortiori de conflit entre les catégories sociales, les classes sociales...d’ailleurs la « lutte des classes » n’est-elle pas morte ? On est « engagé sur le même bateau » Il suffit simplement d’échange, de se concerter... et pour cela quoi de mieux que la communication. Qu’il y ait des riches et des pauvres n’est pas le problème, l’essentiel étant que tous soient informés de la situation de chacun. « Nous avons communiqué sur les situations respectives... conclusion : il n’y a plus de problème... les choses sont claires entre nous » ... Ben voyons.

Tout conflit potentiel est un malentendu regrettable, voire l’expression de la mauvaise foi de celle ou celui qui ne veut pas entendre raison. L’opposant alors relève de la psychiatrie s’il n’arrive pas à comprendre, de la répression s’il est de mauvaise fois.

Le Pouvoir change même de nature, du moins en apparence. Un pouvoir qui communique est forcément un pouvoir démocratique, proche des gens, qui n’a rien à cacher, qui « joue le jeu de la démocratie » « qui joue le jeu de la transparence ». Que peut-on reprocher à un pouvoir qui communique... ou du moins qui dit qu’il communique. S’il communique c’est « qu’il n’a rien à cacher », « n’a aucune arrière pensée »... Ben voyons

Communiquer devient une fin en soi, un instrument de gouvernement et de gestion, une manière de dire « l’important ce n’est pas le problème et sa solution » mais le fait de dire « on sait qu’il existe, on le dit et donc on ne peut que nous faire confiance ». La communication devient le support d’un discours politique vide, qui n’a de sens que dans la forme qu’il prend et que par la manière dont cette forme agit sur l’opinion publique. La communication devient la mise en forme spectaculaire d’une pensée éteinte. Peu importe ce qui est dit, l’important c’est que l’ « on sache que l’on a dit »... Il suffit d’analyser le vide du discours politique.

La communication devient alors une vaste entreprise de manipulation. Elle devient aussi le support de la désinformation.

COMMUNICATION ET MANIPULATION

On comprend dès lors que la communication devienne un élément essentiel de gouvernance.... Surtout pour un système, le système marchand, qui n’a plus rien à proposer, à négocier et qui est entré en décadence (voir l’article « DECADENCE »).

La communication est entrain de faire de l’information une arme de démobilisation à l’égard des contestataires du système. En effet, concrétiser un rapport de force par un conflit, c’est rompre la communication, l’échange avec la partie adverse... or ça c’est mal.

Celle ou celui qui refuse la communication, ou met en doute son pouvoir déclaré « apaisant » et « régulateur » est forcément un provocateur, un personnage de mauvaise foi.

Dès lors, la communication sert à s’adresser non plus à l’autre partie mais aux autres, aux tiers, aux spectateurs que l’on prend à témoins, aux « usagers pris en otage par les grévistes ». « aux gens de bonne volonté qui souhaitent dialoguer » « à celles et ceux qui ne se laissent pas emporter par la passion »...

Le communicateur retombe toujours sur ses pieds... il a toujours quelqu’un à qui s’adresser... à délivrer un message qui « prouve sa bonne volonté », même, et surtout s’il n’a rien à dire d’essentiel, même et surtout si ce qu’il va dire est faux. La communication tient lieu de moyen d’existence politique On existe non plus par l’information que l’on délivre, par la praxis mais par l’image que l’on donne de soi. La communication devient un instrument de séduction. La mystification est complète.

La communication est d’autant plus importante que l’on n’a rien à dire, rien à proposer. Communiquer permet de ne jamais répondre à la question posée, au problème ou au conflit présent... tout en donnant l’impression d’être attentif. On communique, on dialogue, on maintien l’échange... pendant ce temps le problème demeure... Et si l’on a un peu de chance, la communication permet de faire dévier la question initiale. On « joue la montre », au point d’exaspérer son interlocuteur qui rompt la communication... ce qui lui est immédiatement reproché et la question vient sur son « manque d’esprit démocratique », « manque d’esprit de concertation », « il cède à ses tendances belliqueuses »,....

La communication arrête le temps, permet d’établir un espèce de consensus mou, ou les positions sont en demi teinte et peuvent donner l’illusion de la convergence voire de l’accord. Au point souvent que lorsque l’accord est conclu il est immédiatement entaché de suspicion, de mésentente : « Ce n’est pas cela que l’on voulait dire », « Ca a été mal interprété », « C’est sorti de son contexte »...

La communication devient ce dont pouvait s’attendre, une non communication. Qui donne l’impression de l’écoute et de l’ouverture d’esprit... une pure manipulation.

OUTILS DE LA COMMUNICATION, OUTILS DU POUVOIR

Détenir les moyens de la communication ou tout au moins les contrôler est devenu un élément essentiel de la gouvernance. Tout homme ou femme politique travaille ses techniques de communication, a son conseiller en communication. L’apparence prime sur l’essence... car l’importance n’est pas l’idée mais la manière de la faire passer, voire de donner l’illusion que l’on en a... des idées. Ce n’est pas nouveau... tout pouvoir a procédé ainsi. Ce qui marque aujourd’hui c’est la puissance de ces moyens sans commune mesure avec ceux du passé.

De plus, et c’est un élément essentiel, les moyens de communication sont devenus de véritables industries, autrement dit des parties du système marchand lui-même. La communication est devenue une activité lucrative, mise au service de la valorisation du capital qui s’y investi (aspect économique) et mis au service de la justification de celui-ci (aspect idéologique). Une entreprise de communication est une entreprise comme une autre... il faut que l’activité rapporte, et ce, si j’ose dire, à n’importe quel prix. Ainsi, « service de communication », « chargés de communication », sont devenus des outils indispensables de la gouvernance et de la gestion.

La communication se vend et s’achète. Ce n’est plus un mode de relation c’est une marchandise qui comme toute marchandise a son prix et sa valeur d’usage, cette dernière étant adaptée aux besoins de celui qui l’achète. On a d’autant plus les moyens de communiquer que l’on peux se les payer. Celui qui communique le plus, à défaut de mieux, n’est pas celui qui a à dire, c’est celui qui peut payer. Or celui qui détient la richesse aujourd’hui c’est celui qui a intérêt à défendre le système... on voit tout de suite ce que peut devenir la communication entre ses mains.

Cette « société de communication » que l’on nous vante tant, comme l’on nous avait vanté la « société de consommation » ne transcende pas les rapports sociaux ou ne « modernise pas la démocratie » comme l’on voudrait nous le faire croire. Elle ne permet pas plus de rapprochement entre les individus, plus de reconnaissance et de solidarité. Au contraire elle participe à la manipulation de l’information au conditionnement et à l’asservissement. C’est en se ressaisissant de l’outil de l’information que l’on pourra le mettre au service de relations solidaires et humaines. Le système marchand a fait de la communication un instrument supplémentaire de domination et de sa propre reproduction.

19 mars 2005                                                                      Patrick MIGNARD

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CETTE SOCIETE QUI SENT LA POURRITURE

Réfléchissez un peu.

Hadja Benoyoucef a été retrouvée morte le 30 novembre 1987. Elle avait une couche culotte enfoncée dans la gorge, un rideau noué autour de son cou et la gorge traversée par un couteau qui lui avait tranché la carotide. Conclusion du médecin légiste Danièle Alengrin : suicide... et les policiers avaient clos l’affaire...

Le dossier est rouvert en 2002. le corps est exhumé le 1er octobre 2004. Expertise. Conclusion : il ne s’agit pas d’un suicide mais d’un meurtre.

De deux choses l’une, ou bien il y a incompétence, et dans ce cas quelles mesures ont été prises : aucune ; ou bien il y a complicité et dans ce cas qu’a-t-on fait : rien.

L’affaire Alègre car c’est bien encore de cette affaire dont il s’agit ici. Dans cette affaire tout a été fait pour brouiller les cartes, discréditer les témoins, entraver ceux qui voulaient comprendre, disculper les « gros » et accabler les « petits », les « sans grades »...

Saura-t-on un jour pourquoi de tels mensonges, de telles dissimulations ? Qui a ordonné ces faux rapports ? Pour couvrir qui ? A l’initiative de qui ?

Pourquoi des suspects ont été arrêtés, d’autres laissés en libertés ?

Oh je sais très bien ce que les bonnes consciences vont me dire : « le dossier est complexe », « vous n’avez qu’une vision partielle des choses », « il faut laisser la justice faire son travail »... et surtout argument suprême : « il faut faire confiance en la Justice ». Mais qui peut faire aujourd’hui confiance en la justice ?

Autrement dit, les citoyens, au nom desquels est rendu la Justice, sont incapables de comprendre les mécanismes de cette même Justice.

Autrement dit, il faut se laisser « prendre pour des imbéciles » et en plus « se taire ».

Quant aux familles des victimes, elles font preuve d’une naïveté affligeante : elles demandent poliment la vérité à la Justice. Elles sont « menées en bateau », ballotées par des discours, des allusions, des promesses... elles persévèrent, ne veulent pas faire de vagues... Elles font pitié.

Quand je vous disais que ça sentait la pourriture. Allez y respirez ! ! ! ! ! !

17 mars 2005

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CONTESTATION SOCIALE ET IMPUISSANCE POLITIQUE

Contestation sociale n’est pas forcément synonyme de changement politique et social. C’est cette situation paradoxale que nous vivons depuis des décennies. Aujourd’hui, le système marchand est en passe de faire, sinon l’unanimité contre lui, du moins de cristalliser une opposition conséquence et tout au moins de répandre des craintes sérieuses pour l’avenir. Pourtant... ...

Pourtant « rien ne se passe », « tout continue comme si de rien n’était », « même quand on change, tout recommence comme avant », « le lendemain du changement tout est comme la veille » etc....Tels sont les commentaires désabusés des citoyens-es qui désespèrent de « voir un jour changer les choses ».

UN SYSTEME APPAREMMENT OUVERT... ... MAIS EN FAIT COMPLETEMENT VERROUILLE

Quoi de plus « démocratique » qu’un système dans lequel chaque individu de la collectivité a une voix pour s’exprimer ? Dans le principe, le système est évidemment incontestable. La « voix » de chacun-e ayant le même « poids », chacun-e pouvant en principe être candidat-e et la liberté d’expression étant, en principe, garantie... il ne peut pas y avoir plus démocratique.

Ce système est-il incontestable ? En principe oui.

Mais pourquoi seulement « en principe » ?

Simplement, si l’on peut dire, parce que ce principe se superpose à une réalité sociale qui le dénature, le rend formel. Ainsi, la liberté, c’est aussi la liberté d’exploiter le travail d’autrui, source d’inégalité et de conflits. Ainsi la liberté d’information dépend d’entreprises ayant des intérêts dans ce système et donc orientant cette information ou trustant les moyens de communication. Ainsi les partis politiques sont devenus des entreprises de promotion en vue du pouvoir... et verrouillant toute prise de décision...

Le système politique actuel a réussi le tour de force extraordinaire d’arriver à convaincre le plus grand nombre que d’une part il était le meilleur des systèmes, à quelques modifications prés, et d’autre part qu’il détenait en son sein les mécanismes politiques et économiques en vue d’un éventuel changement. Autrement dit, en dehors de lui, point de salut, ou bien encore, tout changement ne peut-être qu’un simple aménagement (ce que l’on appelle le réformisme). Ce qui est le plus extraordinaire, c’est que cette mystification a marché jusqu’à aujourd’hui.

Cette démarche, parfaitement totalitaire dans son principe,(voir l’article « LE TOTALITARISME MARCHAND ») est à la base de toute la mystification politique et de l’impuissance politique à changer quoi que ce soit.

Le problème avec ce système c’est qu’on a tendance à prendre ses désirs pour la réalité, c’est-à-dire croire que « si l’on exprime son opposition avec les moyens autorisés par lui, le changement peut avoir lieu ». L’illusion est d’autant mieux entretenue que les grandes déclarations, les constitutions, les traités, les chartes, les conventions et autres « miroirs aux alouettes » garantissent des « droits » essentiels qui sont systématiquement violés, voire jamais respectés. Des exemples ? Le droit au travail, le droit au logement qui figurent dans le préambule de la constitution française... sans parler des libertés individuelles et des acquis sociaux.

L’expérience de plus d’un siècle de contestation sociale devrait nous faire comprendre que les garanties offertes par le système, ne garantissent finalement... rien. Rester dans le cadre du système c’est en fait le reproduire, y compris dans les projets les plus progressistes et humanistes que l’on puisse imaginer... toutes les expériences de « gauche », « progressistes » ont échoué, partout et toujours...Trouvez en une seule qui ai réussie définitivement !

Non seulement le système marchand ne peut pas, et ne veut pas, dépasser ses contradictions, au risque de remettre en question son principe de fonctionnement, mais encore la rationalité sur laquelle il se fonde lui confère un statut d’absolu en matière de relations sociales. Le pseudo discours scientifique sur lequel il a fondé son idéologie doit convaincre, ou du moins l’espère-t-il, le plus grand nombre. Les experts on remplacé les prêtres pour dire la vérité et donc dicter aux profanes, pardon aux citoyen-e-s, ce qu’ils doivent penser.

DU DESIR DE CHANGEMENT... A LA VOLONTE DE CHANGEMENT

Le système marchand, l’ordre marchand est fondamentalement injuste, inégalitaire, source de frustration et de révoltes (voir l’article « LA MARCHANDISE CONTRE LA CITOYENNETE »). Malgré son discours apaisant, humaniste, rationnel, il ne peut empêcher que soit vécu au quotidien l’injustice et les inégalités jusqu’à, parfois et souvent, des situations absurdes, à la limite de l’intolérable, du moins moralement, comme par exemple la pauvreté au milieu de la richesse, la destruction de biens qui ne trouvent pas de consommateurs solvables, le saccage de la nature,...sans parler des scandales liés aux privilèges des tenants des pouvoirs politique et économique.

Or, contester un système ne veut pas dire forcément vouloir le remplacer par un autre. Le premier stade de la revendication réside dans le soucis de l’amélioration du quotidien, c’est à dire envisager d’aménager les conditions de fonctionnement du système afin qu’elles soient supportables. D’où des tractations, des négociations, des compromis... Cette démarche n’est pas du tout scandaleuse, et ce d’autant plus que, du moins à ses débuts, un système social est plein de promesses et distille énormément d’espoir : bien être, sécurité,... le cas est lumineux, nous l’avons vu, pour ce qui est du système marchand. C’est d’ailleurs, probablement ce qui explique que celles et ceux qui, très tôt, jugeant ce système inamendable politiquement et économiquement, n’ont pas été suivi-e-s dans leurs initiatives par le plus grand nombre.

Tous les systèmes dans l’Histoire se sont chargés de leur propre promotion auprès de celles et ceux qu’ils instrumentalisaient, soit par la force, soit par la religion, soit par le pouvoir de persuasion, par l’idéologie, soit par la ruse, soit par le patriotisme, soit par le discours pseudo scientifique, soit... ils ont toujours réussi à détourner la conscience collective des véritables objectifs qu’ils poursuivaient et à les convaincre que l’amélioration de leurs conditions pouvaient se faire en leur sein. Ainsi est né le réformisme qui accepte le système en tant que tel et en espère une amélioration.

Cette démarche est d’autant plus répandue qu’elle présente plusieurs avantages :

- elle économise de l’énergie : on améliore doucement la situation sans grands bouleversements,
- elle évite de « repenser » un autre système ce qui n’est pas simple,
- elle évite une confrontation avec le système contesté,
- elle permet effectivement d’améliorer, dans certaines limites, la situation.... par la conquêtes d’ « acquis »... qui ne sont en fait jamais définitifs .(voir l’article (« ACQUIS SOCIAUX : RIEN N’EST JAMAIS ACQUIS ! »)

Peut-on parler de « volonté de changement » ? A proprement parler non... simplement d’améliorations.

Quand s’exprime donc une « volonté de changement » ?

Lorsque l’on a conscience que le système est « clos », ne peut pas ou plus répondre aux revendications. Lorsque ces revendications se heurtent aux exigences du fonctionnement du système au point que l’amélioration annoncée est dérisoire ou mystificatrice... et qu’il est évident que les « concessions » ne sont que conjoncturelles, fragiles et menacées.

Le problème c’est qu’il n’y a pas de « seuil mesurable » à partir duquel on peut dire que cette démarche va avoir lieu. Le problème c’est que l’appréciation de ce « seuil » est particulière à chaque individu en fonction de sa situation, de sa formation, de sa culture, de sa conscience, de ses intérêts de ses relations,... Autrement dit aucune règle scientifique, objective permet de mesurer et de prévoir le phénomène. C’est probablement une des raisons, il y en a d’autres, qui explique le caractère aléatoire du « changement », son imprévisibilité.

Comment doit s’exprimer la « volonté de changement » ?

C’est également une question difficile car la « volonté de changement » en soi n’a pas grand sens. Elle est bien obligée à un moment donné de poser la question stratégique du « comment ? » ou de « que faire ? ». Encore faut-il que l’on soit clair et précis sur ce que l’on appelle le « changement ». Pour certains, le changement se résume à la « réforme », pour d’autres il s’agit d’un « changement radical des rapports sociaux ». Pour certains le changement c’est la Gauche au pouvoir, pour d’autre c’est un changement de système.

Cette question n’est pas simplement théorique, c’est elle qui est au cœur des divergences entre les « adeptes du changement » et de toutes les polémiques.

QUELLE PROBLEMATIQUE POUR LE CHANGEMENT ?

L’expression qui consiste à dire « Le citoyen est acteur de l’Histoire », si elle est vraie, n’en dissimule pas moins un piège redoutable. En effet, dans l’esprit des tenants du système en place l’ « action citoyenne » se comprend uniquement dans le champs d’action déterminé par lui, autrement dit, les élections, et pas ailleurs... attitude identique pour celles et ceux qui souhaitent un « changement sans véritable changement ».

Notre « culture politique », consciencieusement entretenue nous emprisonne dans une problématique uniquement électorale et parfaitement stérile.

Il faut donc déterminer un autre champ d’action qui fera que le citoyen « fait » effectivement l’histoire.

Certains optent pour la prise physique du pouvoir sans passer par le processus électoral qui a montré ses limites. Or l’expérience nous montre que cette méthode, si elle permet, si elle réussi, de prendre le pouvoir, n’offre cependant aucune garantie pour l’avenir... ne serait ce que par ce que le lendemain de la prise du pouvoir tout est à faire et l’on refonctionne sur les vieux principes. De plus, il est évident aujourd’hui que le pouvoir a forgé une armée de mercenaires (police, armée) qui est capable de s’opposer efficacement à ce type d’action. Ce n’est donc pas la bonne solution.

Qu’elle serait la bonne problématique ? Celle que nous enseigne l’Histoire. Pour réussir un changement, c’est-à-dire un changement de rapports sociaux, il faut remplacer les anciens par des nouveaux. C’est d’ailleurs exactement comme cela que s’est imposé la bourgeoisie commerçante face à l’Ancien régime... elle a besogneusement élaboré un système économique, un corps de valeurs, une idéologie qui sont apparus novateurs (et ils l’étaient) face aux structures vermoulues du système féodal décadent.

Or de cette problématique, de cette manière de concevoir le changement ; personne ne parle, aucune organisation qui se dit politique, même les plus radicales qui « en creux » font un « anti-électoralisme primaire » qui fait finalement le jeu de l’électoralisme...

L’IMPUISSANCE POLITIQUE ACTUELLE

Elle vient d’une dégénérescence générale de la pensée politique. Rares sont les esprits, sans parler des organisations, qui voient au-delà des principes qui nous sont imposés par l’éducation, l’idéologie, la « pensée unique ». Le mythe des grandes valeurs de la République qui fonderaient le système joue à fond, ce qui nous amène à nous couler dans le moule mis généreusement à notre disposition.

Le débat politique, si tant est que l’on puisse appeler cela un débat, ne se fait que dans le cadre imposé par la pensée dominante, autrement dit sans jamais aborder l’hypothèse du changement, il ne se situe que dans les marges des vraies questions. Il n’est question que de stratégies et tactiques électorales, accords, programmes, plateformes, alliances, désistement, discipline républicaine,... que du superficiel, du démonstratif, du spectaculaire... rien d’essentiel. Que des manœuvres dérisoires qui se calent parfaitement dans le jeu stérile qui nous est imposé par le système.

Toutes les tentatives de « changement institutionnel » ont échoué, toutes sans exception. Pourtant l’on continue à s’engouffrer dans cette voie en trouvant tous les prétextes possibles et imaginables : se faire connaître, se compter, « il vaut mieux y être que de ne pas y être », porter la contestation, défendre tel ou tel intérêt, être la voix de...

Toutes les organisations jouent, positivement ou négativement le jeu du système en place. La véhémence du discours s’est substituée à une véritable pensée stratégique. Le sens du spectacle et de la « communication », argument par excellence du système dominant a contaminé jusqu’à ses plus véhéments détracteurs.

Le discours politique aujourd’hui n’est porteur d’aucune perspective. Le discours politique tourne en rond dans un piège dont il ne voit aucune issue. C’est le règne du « Il vaut mieux ça que rien » ou du « Il vaut mieux être présent qu’absent » ou encore « C’est toujours ça de gagné », ou enfin « Il vaut mieux nous que les autres ». Un espèce de discours qui se croit fondé sur un « bon sens populaire » alors qu’il est ce que l’on pourrait appeler « l’esprit de Munich »... la capitulation dans la honte... sachant que toute capitulation débouche inéluctablement sur la collaboration. C’est exactement ce que nous pouvons observer aujourd’hui.

Si « un autre mode est possible » il ne le sera probablement pas en replâtrant l’ancien. Quoique l’on dise et quoique l’on souhaite la marche de l’Histoire se fait par la rupture (voir les articles « DECADENCE » et « TRANSITION »). Ces évènements de l’Histoire que nous avons appris à célébrer et à présenter comme des grands moments de l’évolution de l’Humanité, nous sommes aujourd’hui incapables de les comprendre mais aussi de les appliquer à nous-mêmes... par peur, par lâcheté, par individualisme aussi. Nous mettons notre avenir, et celle des générations à venir, entre les mains de gourous cupides et manipulateurs, de bonimenteurs démagogues qui nous promettent tout et n’importe quoi. Nous feignons de croire que plus rien ne sera comme avant et qu’il suffit d’attendre ou de « bricoler » le système marchand pour éviter les drames qui s’annoncent.

Cette impuissance, au fur et à mesure de l’écoulement du temps va nous coûter de plus en plus cher, à nous et à celles et ceux qui viendront après nous. Si nous nous ressaisissons pas un jour nous ne pourrons que constater qu’il est « trop tard »...

6 mars 2005

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Rédigé par PM

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