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Publié par PM sur
Publié dans : #billet d'actualite

RETRAITE INDISCRETE

 

Cette affaire de « retraite dorée », qui vient de passer sous le nez du président du directoire de PSA constitue un cas exemplaire pour comprendre dans quel monde nous vivons.

 

Tombant au même moment que l’interdiction des colorants dans les tatouages et la pénalisation des clients des prostituées, on comprend qu’elle n’a pas pu être pédagogiquement exploitée comme elle l’aurait dû.

 

Revenons donc sur quelques aspects essentiels de la question.

 

Sur le sens d’une telle mesure : Les salariés et leurs syndicats se sont étonnés, et même ont été scandalisés, qu’un PDG qui a officié durant quatre ans, a licencié au bas mot onze mille salariés et fermé trois sites puisse bénéficier d’un tel privilège.

 

Il y a deux aspects au sens de cette mesure :

 

  • le conseil de surveillance et l’assemblée générale des actionnaires, ont parfaitement le droit de prendre ce genre de décision… donc rien d’illégal ;
  • mettre en parallèle cette mesure avec l’action effectuée par le PDG est tout à fait légitime sauf que les salariés se trompent de logique… C’est très probablement parce qu’il a agi ainsi qu’il a été récompensé. En effet, il a agi, en accord avec les instances légales de l’entreprise en vue de la restructuration de son capital.

 

Une explication est ici nécessaire : dans une entreprise, l’instance de décision – la gouvernance d’entreprise – est l’assemblée générale des actionnaires, et elle seule. Ceux-ci, durant des années ont touché de juteux dividendes – ce qui est l’objectif de tout actionnaire – et c’est parfaitement légal. Dans le cadre de la restructuration de leur groupe (PSA), ils ont fait le choix de procéder, ce qui n’est pas nouveau, à des licenciements et abandons de sites… pour cela ils ont nommé un nouveau PDG qui a fait ce travail… Il était donc logique qu’ils le remercient.

 

Sur le sens de l’abandon par le PDG de sa « retraite dorée » - Il n’avait aucune obligation de la refuser. D’ailleurs, dès le début de la polémique, il a très clairement défendu une position en qui était en cohérence avec de ce qu’avaient décidé le conseil de surveillance et l’assemblée générale des actionnaires.

 

Pourquoi a-t-il pris cette décision ? Parce que l’affaire a été médiatisée et dans un tel contexte qu’aujourd’hui, le bénéfice d’un tel privilège fait désordre. Le MEDEF a tout de suite compris la situation en réunissant son instance d’ « éthique ». La bombe a été désamorcée. Faire apparaître cette attitude comme « courageuse », voire « morale », ne manque pas de sel ! ! ! ! !  

 

Sur le sens de la demande des syndicats concernant le devenir de la somme – Les salariés et leurs syndicats demandent l’affectation de la somme (21 millions d’€) à l’ensemble des personnels du groupe. Ils croient au Père Noël !

La direction de l’entreprise n’a absolument aucune raison de satisfaire leur demande… simplement parce qu’elle ne leur doit rien. En effet, un salarié est embauché quand on en a besoin et touche un salaire qui correspond à la valeur de sa force de travail – le contrat de travail est un contrat entre deux volontés indépendantes, l’employeur et l’employé -. Le travail qu’il fournit, ne lui appartient  pas, il appartient à la direction de l’entreprise.

 

Ainsi les salariés ont raison quand ils disent que la richesse produite l’est par eux,… mais ils se trompent quand ils disent qu’ils en ont droit à une partie (en dehors du salaire).

 

Sur la limitation des revenus des dirigeants d’entreprises – Concernant des entreprises publiques – de moins en moins nombreuses – l’Etat a en principe un droit de regard… encore faut-il qu’il y ait une volonté politique. Concernant les entreprises privées,… il peut légiférer mais il va se heurter à ce que l’on appelle le « marché international des dirigeants d’entreprises » qui peut conduire, comme pour le capital, à une fuite à l’étranger. Prendra-t-il, l’Etat, ce risque économique et politique ? Est-il prêt à repenser le fonctionnement de l’économie sur d’autres bases… On ne peut qu’en douter ! Quant à la soi-disant autorégulation des revenus des dirigeants d’entreprise, dont parle le MEDEF, c’est évidemment une misérable plaisanterie.

 

En fait les choses sont simples… rien ne va changer et la prochaine fois le départ d’un dirigeant se fera de manière plus discrète.

 

 

On voit bien dans l’affaire de cette retraite dorée comment fonctionne le système capitaliste : d’un côté les actionnaires qui ont le pouvoir et disposent de la richesse produite, de l’autre des salariés qui n’ont aucun droit sinon de toucher un salaire et de se faire licencier quand on n’a plus besoin d’eux.

 

Tout cela on le sait depuis deux siècles et c’est toujours « encourageant » pour celles et ceux qui dénoncent ce système, de constater que les principaux intéressés, les salariés, croient, ou font semblant de croire, aux fables qu’on leur raconte.

 

28 novembre 2013

RETRAITE INDISCRETE
Publié par PM sur
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MELANGE DES GENRES

 

« Bonnets rouges » contre « drapeaux rouges » ? On ne sait plus très bien qui est qui ! Dans une époque où la finalité originelle des syndicats (défendre les intérêts des salariés) fond comme neige au soleil, que le lien social se délite, que le capital investi dans le pays subit les affres de la mondialisation marchande… la plus grande confusion règne dans les consciences et dans la rue.

 

L’irruption sur la scène sociale, et par voie de conséquence politique, des « bonnets rouges » a surpris tout le monde, y compris eux-mêmes. Les plus concernés sont évidemment les syndicats qui comme ils le pensent sont encore « Les plus à même de défendre les salariés…» (Laurent Berger – CFDT)… Il est en effet grand temps qu’ils le disent car, à la lumière des derniers conflits sociaux on est en droit de se poser la question. En effet, les syndicats, aujourd’hui sont plus des accompagnateurs (genre cellule psychologique) des salariés licenciés que des structures de luttes pour améliorer les conditions de vie et de travail – ce qu’ils étaient précisément à leur origine.

 

La double contradiction du capitalisme, dans un contexte de mondialisation, aboutit à une véritable porosité des intérêts de classe :

 

Les chefs d’entreprises, sont plus que jamais soumis à une concurrence internationale qui les oblige à se restructurer, délocaliser, licencier… Merci l’Europe des marchés !….

 

Les salariés, sont plus que jamais soumis à la pression du capital (salaires, conditions de travail, licenciements). Merci l’Europe que l’on nous présentait comme sociale !

 

En l’absence, à la fois d’une action efficace des pouvoirs publics – voir les efforts pitoyables de ce pauvre Montebourg - et de la capacité des syndicats à jouer leurs rôles,… les « acteurs sociaux » patrons-salariés se retrouvent dans la rue sous le même bonnet… Fondamentalement les intérêts sont divergents, contradictoires, mais il est facile en l’absence de toute clarté de la situation de faire croire que l’on est tous dans la même galère… Le contexte politico-économique décadent offre au MEDEF et autres structures rapaces (FNSEA) une situation idéale, sur un plateau, pour faire croire aux salariés que leur salut passe par la défense du capital.

 

Cette volonté de confusion n’est pas nouvelle, mais elle prend aujourd’hui une dimension particulière du fait de l’absence de toute alternative pour la dépasser. Les syndicats se réveillant, prennent le train en marche et essayent de changer l’aiguillage… ça va être dur, vu ce qu’ils sont devenus et leur capacité de riposte.

 

Par contre, à l’affût, le néo fascisme peut pointer son nez, voyant là une manière de faire croire à la possibilité d’une vision corporatiste – alliance patrons/salariés – dans un cadre national…. Ça ne vous rappel rien ? Revoyez vos livres d’Histoire !

 

25 novembre 2013

 

MELANGE DES GENRES

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