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Publié par PM sur
Publié dans : #matiere a reflexion

LES MASQUES TOMBENT !

Le spectacle que nous donne depuis deux mois l’UMP, principal parti de la droite française est riche d’enseignements. Il vaut largement tous les discours sur la réalité de la politique et sur ce qu’est la classe politique dans son ensemble.

Pour une fois que s’expriment clairement les mécanismes qui animent les partis politiques, on ferait bien d’observer cela à la loupe et d’en tirer les conclusions qui s’imposent.

UN DERAPAGE ?... PAS DU TOUT

Ce serait un peu facile de s’en tenir à cette hypothèse, celle du dérapage, du dysfonctionnement, de l’erreur d’organisation.

Les politiciens qui composent les partis sont des professionnels, des techniciens de l’organisation, ils ont de l’expérience, les moyens, ils savent quelles sont les conséquences de leurs actes, des décisions qu’ils prennent, ou ne prennent pas, ce que sont les jeux d’alliance et par dessus tout, comment sauvegarder leurs intérêts. Ce sont des personnes qui n’ont aucun scrupule,… il suffit de voir certains parler d’équité et d’honnête à la télévision sans la moindre honte (des noms ?)…. alors qu’un certain nombre – pour ne pas dire un nombre certain - sont pris dans des procédures judiciaires.

Qui peut déceler dans ce conflit d’appareil un quelconque débat idéologique ? Et si c’était véritablement une question de divergence idéologique on en verrai tout de suite les tenants et les aboutissants,… or les personnes, les clans concernés reconnaissent publiquement qu’il n’y a pas à proprement parler – si j’ose dire – de divergences idéologiques. Il s’agit donc bien d’un conflit d’intérêts, d’une lutte de clans.

Le spectacle est-il affligeant ? Pas du tout, il correspond tout à fait à la réalité de ce qu’est la politique et la classe politique. Ce spectacle dévoile les véritables mécanismes qui président au fonctionnement des partis politiques.

Ce qui est par contre affligeant c’est que les citoyens, devant une telle évidence continuent à faire confiance à cette engeance qui les prend pour des imbéciles et continuent à lui donner du crédit en participant aux élections qui servent d’alibis « démocratique » à cette mascarade.

Par contre, quand la gauche trouve « préoccupant et affligeant » le spectacle donné par l’UMP, il y a une partie de sincérité dans le propos,… En effet, et la représentante du Gouvernement le dit bien : ce spectacle « jette le discrédit sur l’ensemble de la classe politique »… et elle a tout à fait raison. D’une certaine manière elle reconnaît le bien fondé de ce discrédit qui touche aujourd’hui l’ensemble des acteurs politiques de ce que l’on appelle les « grandes démocraties ».

UNE CASTE CENTREE SUR ELLE-MEME

L’UMP donne en effet un spectacle dont elle n’a pas le monopole. Tous les partis sont concernés par ce fonctionnement.

Normalement – si j’ose dire – tout se passe sans vague, sans bruit, à l’écart des militants et des médias. La caste dirigeante des partis fait ses petites et grandes affaires à l’abri des regards. Les postes sont distribués – voire achetés - au prorata des luttes d’influences, des courants, des prétentions, des capacités de nuisances (des noms ?),… et ce en dehors des militants naïfs, manipulés, enfumés, qui croient avoir le pouvoir.

Un congrès de parti politique c’est d’abord un partage des pouvoirs entre les chefs de files, de tendances, de clans, de courants. On ne vote pas pour une ligne politique – qui ne change pas des autres – mais pour celle ou celui « qui présente bien », « qui a des chance d’être élu à la Présidence de la République », « qui a le plus d’autorité », « qui est le mieux apprécié des Français »,…

Le dosage pour la constitution de la direction du parti est fonction de l’aura des chefs, des prétendants, bref de la manière dont ils ont su séduire les militants, de la ténacité de leurs « lieutenants » et de leur prestance dans les médias.

Tout cela se discute en petit comité, tout au long de longues nuits de congrès (parfois genre « nuit des longs couteaux », du moins symboliquement) où le moins fatigué à des chances de l’emporter. Les décisions finales se prennent généralement entre responsables et sont présentées, bien sûr, comme une « grande victoire du fonctionnement démocratique du parti ». Rien ne fuite, tout est sous contrôle. Le Parti Socialiste est passé maître dans ce genre d’exercice.

La paix dans le parti est affaire de savants dosages… Si cette délicate alchimie échoue,… alors c’est l’explosion qui réveille tout le monde. C’est ce qui c’est passé avec l’UMP, mais aussi avec la scission du FN en 1998.

A ce propos l’extrême droite, le FN, est mal venue de se gausser du spectacle offert par l’UMP. La scission de Mégret est l’aboutissement d’un combat de chefs pas plus ragoûtant que le combat Copé –Fillon. Quant à l’arrivée à la présidence de Marine Le Pen, elle est l’aboutissement d’une manoeuvre familiale menée par le « guide » afin que le parti reste à la famille de celui-ci.

L’objectif final pour tous : atteindre les plus hautes marches du pouvoir, distribuer les postes aux copains et gérer, le plus longtemps possible, le système en place.

ET LES MILITANTS DANS TOUT CA ?

Tout se fait en leur nom,… « on ne pense, évidemment, qu’à eux », … on leur dit – sans rire – que le parti c’est eux, et uniquement eux !... Et ils le croient ! Ils vivent intensément la course qui se joue devant leurs yeux,… un peu comme le turfiste, les yeux rivés sur son favori.

Les idées ? Ils n’en ont que faire,… ou si peu. De toute manière ils font confiance à leur champion, c’est lui qui « saura le mieux exprimer ce qu’ils pensent » !...

Les luttes de clans au sein du parti ? Euh !... c’est pas bien, mais point trop n’en faut. Si ça ne dépasse pas les bornes – autrement dit si ça ne fait pas de vagues dans les médias – alors on accepte. On accepte d’autant mieux que les bureaucrates expliquent - sans rire – que « c’est le jeu normal de la démocratie »… Alors que demander d’autre si c’est ça la démocratie ?...

Quant aux citoyens Lamba, adhérents à aucun parti, ils ne sont que du matériel d’élections,… ce ne sont que des électeurs auprès desquels on fera la danse du ventre pour les séduire le moment venu… Et comme ils n’auront pas le choix - à moins de s’abstenir et de passer pour de « mauvais citoyens » – ils choisiront les « produits politiques » faisandés qui leur seront présentés. Il faut dire qu’un effort sera fait question emballage.

Ainsi vont les « grandes démocraties ». Ainsi va un système qui est capable de produire une classe politique parasite, complètement déconnectée de la réalité sociale. Une classe dont le seul pouvoir consiste à assurer la pérennité de ses privilèges et de gérer un système sur lequel elle n’a quasiment plus d’influence (voir son impuissance par rapport aux marchés et firmes transnationales) et qui conduit celles et ceux qui ont l’inconscience de voter pour elle à la catastrophe.

L’avenir n’est plus – s’il y a un jour été - entre les main de cette caste, il est entre celles de celles et ceux qui sont réduits aujourd’hui à l’état de caution démocratique, les citoyens qui n’en ont plus que le nom.

Décembre 2012 Patrick MIGNARD

Voir aussi :

« PEUT-ON AVOIR CONFIANCE DANS LES HOMMES/FEMMES POLITIQUES ? »

« LA FAUSSE DEMOCRATIE DES PARTI POLITIQUES »

« LA « DEMOCRATIE » CONTRE LA DEMOCRATIE »

« LES BAS-FONDS DE LA POLITIQUE »

« MISERE DE LA CONDITION MILITANTE »

« USAGE ET CONTRE USAGE ET DU « TOUS POURRIS » »

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POURQUOI UNE « VRAIE POLITIQUE DE GAUCHE » EST IMPOSSIBLE ?

Tous les « gens de gauche », mis à part les militants godillots du Parti Socialiste et les « arrivistes écolos », complices des précédents, l’attendent. On peut même dire que toutes et tous ont voté Hollande pour ça avec, pour les uns un espoir un peu fou, pour les autres, sans se faire beaucoup d’illusions.

QU’EST-CE QU’UNE « POLITIQUE DE GAUCHE » ?

Il faut bien commencer par ça et savoir exactement de quoi on parle.

Traditionnellement et dans l’imagerie politico-populaire, une politique de droite est/serait une politique favorable aux patrons, aux actionnaires, à la finance, aux trusts industriels et serait fondée sur un conservatisme en matière de valeurs morales…

Une politique « de gauche » est/serait une politique favorable aux salariés, à la protection sociale, aux services publics et progressiste sur le plan moral…

Une politique de gauche remet-elle en question les « fondamentaux » du système capitaliste ?

Là, les difficultés commencent car « à gauche » il y a des nuances,… certaines modérées : faire du social mais en conservant le système capitaliste, d’autres, plus radicales : faire payer les riches, confisquer les grandes entreprises, enfin les « révolutionnaires » qui veulent abattre le système.

Les choses ont évolué depuis quelques décennies : ce qui domine à gauche, aujourd’hui… et même dans les « esprits de gauche » de l’opinion publique, c’est une forme de réformisme politique : On conserve l’économie de marché mais on supprime, ou on essaye de supprimer, les aspects les plus favorables aux riches, aux actionnaires, aux marchés financiers,…

Ceci est ce que l’on trouve dans le discours de gauche dominant. La réalité est en fait complètement différente.

UNE FAILLITE DE LA PENSEE STRATEGIQUE

Le modèle standard du changement de système était fondé depuis le 19e siècle sur la croyance que le capitalisme se développant et exploitant la classe ouvrière, celle-ci l’abattrait – et en priorité dans les pays développés. Rien de cela ne s’est produit !

La création et la faillite de l’empire soviétique a eu trois conséquences majeures :

- le « communisme » ou ce qui en tient lieu, apparaît dans un pays industriellement sous développé – ce qui est contraire au schéma standard ;

- il ne s’est jamais imposé comme régime économique, historique, dominant, et est devenu au fil des ans plus un repoussoir qu’un modèle,

- sa faillite surdétermine, dans les faits et les consciences, l’hégémonie du capitalisme.

De ce triple constat, il n’a été tiré aucune leçon. La voie était alors toute tracée pour que s’impose la vision « social démocrate » de la lutte politique et du pseudo « changement » économique… la majorité des tenants du « modèle standard » s’y ralliant.

La possibilité qu’ont eu, un temps, les salariés, d’améliorer leurs conditions de vie et de travail dans le capitalisme, les a fait opter pour une compromission entre le capital et leur travail. Dés lors un autre facteur a joué, et joue, un rôle considérable.

LE POIDS DU SYSTEME MARCHAND

L’explosion de la pensée libérale en matière de gestion du capital a fait sauter tous les verrous qui entravaient, au bénéfice des salariés, les intérêts du capital.

L’anti interventionnisme, l’anti keynésianisme, tapis dans l’ombre du développement du capital depuis la fin de la 2e Guerre mondiale, à la faveur de la décolonisation et des difficultés du capitalisme américain, qui structurait le modèle marchand (domination du dollar), a permis une dérégulation économique source de tous les excès.

Ceci a entraîné une déliquescence du capitalisme industriel dans les bastions du capitalisme développé, affaiblissant la classe ouvrière et ses principaux instruments de lutte.

La réal politique, tant de droite que de gauche a fait sienne, comme un fait naturel, l’économie de marché, le salariat et a agi selon ses critères fondamentaux : rentabilité, compétitivité,…

Le contexte économique actuel, surdéterminé par la puissance financière d’une économie mondialisée, verrouille toute tentative de se dégager des contraintes imposées par le capital. La droite a fait sienne cette situation. La Gauche y a perdu, et y perd, son âme et sa crédibilité.

Aucune pratique politique et sociale progressiste, actuellement en vigueur, n’est capable de « mordre » sur le système capitaliste au point de le mettre en péril.

L’ILLUSION D’UNE « VRAIE POLITIQUE DE GAUCHE »

Les Gauches au pouvoir gèrent le système, c’est aujourd’hui un fait indéniable,… et elles le gèrent exactement comme le ferait une Droite.

Il n’y a donc plus ce que l’on pouvait entendre comme une « politique de gauche ». Seule la magie des mots peut aider les politiciens manipulateurs à tromper et faire rêver leurs adeptes et sympathisants.

Pourtant, le mythe de la gauche rédemptrice existe encore et déplace les foules et les électeurs. Et plus la Gauche s’enfonce dans la compromission, plus jaillit une « nouvelle gauche », « une gauche radicale », une « vraie gauche »,…. qui « pourrait » reprendre le flambeau du « vrai changement ». Se recyclent dans ce mouvement des reliquats des partis révolutionnaires, ou se croyant l’être, des convertis opportunistes et des politiciens en manque de reconnaissance populaire.

Le charisme des tribuns fait fortune (électorale) devant des masses déboussolées et sans perspectives. Les discours enflammés, les déclarations tonitruantes devant des foules en transe tiennent lieu de stratégie bon marché. « On n’y croit pas trop, mais ça fait du bien de l’entendre ». Ce n’est plus de l’engagement, c’est de la thérapie.

Dans cette frange, le discours est d’autant plus radical que l’on est sûr de ne pas être obligé de faire concrètement ses preuves.

Car, au-delà des discours et des effets de tribune qu’y a-t-il ? Rien ou pas grand-chose :

- des appels au peuple, mais ça veut dire concrètement quoi ?

- des référendums, dont on sait bien que l’on ne les aura pas et que l’on a aucun moyen pour les imposer,

- des réformes radicales que l’on sait inapplicables, dans le contexte international.

Tout cela, les « responsables politiques de cette vraie gauche » n’osent pas l’avouer publiquement… Ils préfèrent rester dans le flou pour conserver leurs places de leaders, un peu comme les « écologiste » qui se sont ralliés à la social démocratie pour « occuper des places ».

Ainsi l’ « opposition radicale » fait son trou dans les institutions, occupe des sièges dans les assemblées (« pour évidemment porter la voix du peuple »), bat la campagne (électorale), s’agite dans les médias et dans la rue, mais n’a pas l’ombre de la moindre proposition stratégique à faire, pas l’ombre de la moindre analyse sérieuse.

La Droite et la Gauche gestionnaires se satisfont parfaitement de cette « opposition » qui occupe spectaculairement le terrain politique et fait rêver le bon peuple à des « lendemains qui chantent ».

Et pendant ce temps, l’extrême droite attend que le fruit pourri d’une société en décomposition tombe dans son escarcelle… Alors, comme au siècle précédent, on se rendra compte des erreurs, des manquements et viendra l’heure des regrets.

Octobre 2012 Patrick MIGNARD

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