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Publié par PM sur
Publié dans : #matiere a reflexion

LA CONSCIENCE ET L’URGENCE

Il est urgent de changer les rapports sociaux, et de ce fait, notre comportement à l’égard de la Nature. Il ne s’agit plus d’une simple question d’éthique et de circonstance – quoique ça le demeure – mais désormais et essentiellement d’une question vitale.

La conscience de cette situation, de cet impératif, prend peu à peu forme. Une forme qui prend tous les virages des méandres de la pensée humaine et qui fait que le temps risque de nous manquer pour éviter une catastrophe finale.

SCIENCE SANS CONSCIENCE…

Elle n’est pas que « ruine de l’âme »,… elle est la ruine tout court… celle qui rend caduque toute action humaine, celle qui éradique, à terme, dans le meilleur des cas, l’espèce humaine, dans le pire, toute vie sur la planète.

L’intelligence pratique a pris l’ascenseur, l’intelligence sociale a pris l’escalier.

La puissance productive – et donc destructive – de l’activité humaine a pris l’allure d’une courbe quasiment exponentielle, accroissant à fois la puissance, mais aussi la faiblesse et la fragilité des/de la société/s humaine/s.

Alors que les capacités des forces productives/destructrices, dans l’Histoire, avaient condamnée certaines sociétés (îles de Pâques, Mayas,…), le niveau atteint par celles-ci aujourd’hui, met en péril l’ensemble de l’humanité.

De cette évolution, par un phénomène d’inconscience et de déni, l’esprit humain n’en a retenu que les aspects relativement positifs : l’augmentation de la production, de la productivité, de la « performance », de la capacité à satisfaire de plus en plus facilement les besoins,… voire d’en créer de nouveaux.

Cette fabuleuse évolution ne s’est pas accompagnée, ou si peu, d’une réflexion sur son « sens ». La montée en puissance a été, en effet, un extraordinaire facteur d’accroissement des inégalités sociales,… et lorsque certaines sociétés, ont créé un semblant de situation égalitaire, ça a été grâce au pillage d’autres parties du monde – le cas des « trente glorieuses » en est un excellent exemple.

Le paradigme du progrès, qui a remplacé dans les consciences celui de Dieu, a oblitéré toute prudence, toute réflexion, sur le sens de l’activité humaine, aussi bien sur le plan des conséquences, que sur l’éthique de celle-ci.

La conscience a été réduite à la portion congrue d’une mauvaise conscience qui a tenu lieu d’une sirène d’alarme qui n’a jamais véritablement fonctionné… jusqu’au moment où, les dégâts infligés à la Nature sont devenus apparents, insupportables et inquiétants.

C’est alors posé le problème du ralentissement, voire du « renversement de vapeur »… le fameux problème de la « décroissance ». Mais alors se sont posés de nouveaux problèmes dont il serait présomptueux de déclarer qu’ils sont surmontables : la remise en question du sens de relations sociales – le rapport marchand - qui ont fait une utilisation perverse du progrès technique.

La question qui se pose aujourd’hui est à la fois redoutable et simple : la conscience humaine peut-elle maîtriser ce que l’intelligence humaine a conçu et permis ?

LE TEMPS JOUE CONTRE NOUS

Qu’il y ait urgence à répondre à cette question n’est pas une garantie de la promptitude de la réponse.

Prendre conscience est une condition nécessaire pour apporter une réponse, mais elle n’est pas suffisante… Encore faut-il en effet que dans le laps de temps qui nous nous reste, nous trouvions les moyens d’une méthode de résolution. Or, l’esprit humain ne réagit pas spontanément et avec rationalité à une réalité qui s’impose à lui – le conservatisme, l’habitude, voire le déni, et surtout le désir de conserver une situation acquise et sécurisante – bloquent toute possibilité rapide de changement.

L’urgence de la situation contraste avec la lenteur de la prise de conscience et les conditions de la mise en place de nouvelles pratiques.

Dire : « Il n’y a qu’à… » est à la fois juste et faux.

Juste, parce qu’il n’y avait qu’à faire cela, le problème serait instantanément résolu.

Faux, parce que cette réponse spontané est tout simplement illusoire.

« Changer », n’est pas seulement « décider de changer », « vouloir changer », « espérer le changement », « être convaincu de la nécessité du changement »… c’est d’abord et avant tout, créer les conditions sociales et économiques de ce changement.

Ce changement ne peut se faire par une simple incantation – ce que font tous les partis - aussi convaincante soit-elle. « Tous unis », « grève générale », « le grand soir », « Groupons nous et demain… », « le pouvoir aux travailleurs »… et bien d’autres que l’on entend dans les manifestations et discours, que l’on lit dans les articles,… ne sont que des incantations, des mots qui ne recouvrent – certes une volonté (et encore que…) - , mais aucune réalité sociale et économique.

Répéter ces mots d’ordre à l’infini, c’est croire au miracle et perdre son temps et son énergie.

Or, le temps joue contre nous.

Se pourra-t-il que nous ayons créé les conditions du véritable changement social avant que les processus de destruction ne nous anéantissent ?

Personne ne peut répondre. Pourtant, la réponse nous appartient… Pas dans des déclarations tonitruantes, mais par une modeste, mais réelle, pratique alternative – une véritable praxis – qui jettera les bases concrètes d’un « autre monde » qui s’avèrera alors, possible.

Juin 2010 Patrick MIGNARD

Voir aussi :

« LA DECROISSANCE ? QUELLE DECROISSANCE ? »

« MANIFESTE POUR UNE ALTERNATIVE »

Publié par PM sur

LA FABRICATION DES MAITRES

A deux ans (2012) d’une échéance électorale, qui n’a en vérité que peu de sens, (supprimez la fonction de Président de la République, vous verrez qu’il ne se passera… rien !), mais qui est présentée au « bon peuple » comme la quintessence de la démocratie, tout ce que le système dispose de moyens d’information, de faiseurs d’opinions, de piétaille politicienne,… se mobile pour conditionner l’opinion publique.

Il faut qu’à l’échéance fatidique les « esprits » soient disponibles pour ingurgiter les discours où on leur promettra – comme d’habitude - des « lendemains qui chantent ».

LE MAITRE ET LE NEANT

J’appelle – ici - néant, tout ce qui est en dehors de la quotidienneté, c'est-à-dire de ce qui fait l’essentiel de la vie de tout un chacun.

Les maîtres, comme la monnaie, se fabriquent ex nihilo, à partir de rien. Ce ne sont que de pur produits bureaucratiques qui n’ont qu’une seule fonction : assurer la pérennité du système.

Exemple : depuis des mois, on nous présente l’actuel Président du Fond Monétaire International, comme le « candidat alternatif » au pouvoir actuel en France, quasiment le futur président de la République. Mais qui « on » ?

Avez-vous entendu parler de lui dans les bureaux, les ateliers, les champs, les marchés,… ? Bref partout où les gens, comme vous et moi, vivent. Non certainement pas. En fait tout le monde s’en fout. Pourtant c’est cette question – comme beaucoup d’autres mineures, inessentielles et à mille lieux de nos préoccupations – qui défraient les chroniques radiophoniques, les chaînes de télé, les magazines « politico-pipeuls ». Un véritable produit préfabriqué nous est imposé par de multiples canaux, interférents avec des questions, elles essentielles, qui sont passées à la trappe.

Cet exemple démontre deux choses :

- cette élection appartient à un cercle restreint qui échappe largement aux citoyens,… elle se conçoit dans des sphères étrangères à la « vraie vie » ;

- le « produit proposé », largement élaboré dans le cadre du système marchand, est totalement étranger aux préoccupations du citoyen Lambda – pur produit de l’alliance politique-finance, il est le vecteur idéal pour le système.

L’intérêt d’une telle méthode c’est qu’elle assure que les choses ne changeront pas. Le « produit proposé » appartient au sérail des décideurs, des nantis, des parasites – milieu qui n’hésite pas à se qualifier abusivement d’ « élite » ( ?) - milieu dans lequel ils/elles sont tous interchangeables.

Tout ce que ce système dégénéré a de parasites, profiteurs, courtisans,… concours à capter notre attention, non pas sur ce qui est essentiel pour notre vie présente et future, mais ce qui est essentiel pour sa propre survie à lui…. Et comme nous sommes, en principe, dans un système dit « démocratique », il faut conditionner celles et ceux qui, croyant exercer un pouvoir, vont légitimer, celle ou celui qui va continuer à les exploiter…. Et ça marche depuis prés de deux siècles.

Reste pourtant à « vendre » le produit.

L’OPERATION MARKETING

Vendre le produit est l’affaire des partis politiques et des médias.

Le conditionnement se poursuit depuis des mois,… il n’est pas près de se terminer.

Certes, cette nomination ne fait pas l’unanimité dans les milieux politico-financiers,… les loups s’entredévorent – les intérêts des clans, le partage du pouvoir - mais le cadre de leurs affrontements est strictement limité par la survie du système et la mise à l’écart de tout risque d’interférence inopportune. Cette lutte de clans, entre partis gestionnaires, ou au sein d’un même parti, donne l’illusion d’un débat de fond, de lignes de fractures irréductibles, … présenté au « bon peuple » comme un choix de société. Il n’en est évidemment rien. L’Histoire nous a montré que l’alternance des uns et des autres au pouvoir, sur le moyen terme, ne change rien. Mais cette illusion il faut l’entretenir. C’est là qu’interviennent les médias.

Le matraquage, très en amont de l’élection, prépare le terrain. On ne parle que de untel ou untel,… dont on ne sait d’où sort ce choix. L’opinion publique versatile et malléable est manipulée, sondée, orientée, conditionnée, « intéressée », guidée dans son choix limité… Tout est mis en œuvre pour la séduire : appel aux milieux sportifs, médiatico-pseudo-culturels, journalistiques,… toute une galaxie de courtisans qui gravite autour du pouvoir, s’y alimente et s’y reproduit. Des noms ?

Le sommet de la manipulation médiatique est le « débat politique ». Véritable spectacle avec une mise en scène particulièrement soignée, une annonce alléchante massivement répétée,… elle interpelle le quidam entre deux matchs de football. La comparaison sportive est d’ailleurs de rigueur pour donner plus de piquant à l’opération. Les « experts », politologues, faiseurs d’opinions et autres charlatans, qui gravitent dans les sphères des partis, du pouvoir, des médias et des salons parisiens viennent dans de multiples émissions causer, disséquer, analyser, prédire.

Les matchs, pardon, les débats sont préparés comme de véritables rencontres sportives. Les champions entraînés par une équipe de spécialistes en communication. Les mots utilisés disséqués, les répliques répétées, les attitudes étudiées, les mots soupesés, les petites phrases finement ciselées, les costumes testés,…

Le combat, pardon, le débat, est annoncé comme un combat de gladiateurs. Les paris sont ouverts,…

Le « bon peuple » baigne littéralement dans une sauce savamment préparée dans laquelle on a ajouté des ingrédients conformes à ses goûts, le suspense est total, l’incertitude savamment maintenue.

On rajouté à cela une dose non négligeable de culpabilisation pour faire sauter les derniers doutes –« Songez à celles et ceux qui sont morts pour la démocratie. Amen ! »,… et le tour est joué.

AU BOUT,… LE BIPARTISME

Toute cette comédie, cette manipulation grotesque n’a qu’un seul et unique objectif : légitimiter le pouvoir qui garantira la pérennité du système marchand.

Faire entrer la masse des citoyens dans une logique, une mécanique de légitimation du pouvoir qu’il ne maîtrise pas, telle a été l’objectif du processus dit « démocratique »,… et il est en passe d’aboutir.

Aujourd’hui un candidat se promeut comme une marchandise. Le marketing politique a remplacé le dialogue et la réflexion. Le produit est prêt-digéré et consommable immédiatement.

Le jeu politique est devenu une véritable escroquerie ou le gagnant est toujours le même, le politicien et le perdant toujours le même, le citoyen.

Que ce soit A ou B rien ne changera. Seules les apparences changeront. Le lendemain des élections, tout est comme avant.

Toute cette manipulation n’a qu’un seul objectif politique : promouvoir le bipartisme qui assure la stabilité du système. Présenté au « bon peuple » comme une stabilité et l’expression même de la sagesse ( ?) il permet de tourner en rond, en donnant l’illusion du changement,… en fait en assurant simplement une alternance au pouvoir en vue de sauvegarder le système marchand. Les « réformes » que font les uns, sont immédiatement assumées par les autres qui leur succèdent.

Ainsi, dans une « grande démocratie » se construit le pouvoir. Les apparences sont sauves et celles et ceux qui dénoncent cette escroquerie sont traités d’anti démocrates ( ?). Jouer ce jeu c’est se rendre complice, c’est consciemment accepter d’être trompé et refuser de le reconnaître au nom d’un civisme de courte vue.

Juin 2010

Patrick MIGNARD

Voir aussi :

«VICTOIRE DE LA POLITIQUE, MORT DU POLITIQUE »

« LES FAUX NEZ DE LA DEMOCRATIE MARCHANDE »

« LA «FAUSSE DEMOCRATIE» DES PARTIS POLITIQUES »

« PEUT-ON AVOIR CONFIANCE DANS LES HOMMES / FEMMES POLITIQUES ? »

« MISERE DE LA CONDITION MILITANTE »

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