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CONTRE L’OBSCURANTISME POLITIQUE

Nous sommes au Moyen Age de la politique. Nous sommes encore dans une époque où règne en maître la croyance officielle, de fait sinon de droit, en une vérité révélée qui nie toute critique, autrement dit, de toute remise en question du système dans lequel on vit.

Certes, il règne une forme de liberté d’expression et l’on a le droit de dire ce que l’on veut… On ne brûle plus les hérétiques. Les sélections médiatiques ont remplacé l’élimination par les bûchers. Les médias diffusent la pensée « politiquement correcte », ils « purifient » le discours comme les bûchers purifiaient les « déviants » et isolent la « pensée hérétique », après avoir essayé de la détourner, c’est moins brutal, mais tout aussi efficace … et ça permet de se prévaloir d’une « ouverture démocratique ».

Tous les systèmes ont eu recours à ce stratagème sous une forme ou sous une autre.

SUR LE BIEN FONDE DE L’EVIDENCE

Ce qui « est » n’a pas besoin de prouver « ce qu’il est ». L’existence suffit à fonder le sens.

La « démocratie » existe enfin. L’ère des guerres entre les pays riches et le temps des dictatures, dans ces mêmes pays, est fini. La démocratie est garantie par le respect de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948, renforcée par tout un tas d’autres déclarations, conventions,… signés des deux mains et abondamment cités.

La démocratie est solennellement décrétée… Militairement défendue comme en Irak, « maffieusement » assuré comme en Russie, « paternalistement » comme en France,… ,… le débat est clos et, hormis quelques dérapages regrettables, l’essentiel est garanti.

L’évidence de la démocratie est fondée comme était fondée l’existence de Dieu au Moyen Age… Ca ne se discute pas, ça ne se discute plus.

Ce que l’on avait pu faire apparaître comme des contradictions du système marchand ont été baptisées « dysfonctionnements »… et comme tout dysfonctionnement, ils ont bien entendu leurs solutions dans le cadre du système, c’est-à-dire en respectant ses principes et ses fondements, … Ainsi soit-il, hier,…CQFD.aujourd’hui.

Exemple : le chômage qui « semble » s’opposer au droit au travail, explicitement reconnu dans l’article 23 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, est implicitement reconnu dans l’article 25 de la même déclaration. Ainsi, d’une contradiction fondamentale dans les principes mêmes de fonctionnement du système marchand, on fait un simple épisode regrettable qui mérite, et peut, d’être corrigé.

De même que le droit à l’information est un principe reconnu, absolu et imprescriptible, sauf que ce droit, pour pouvoir s’exercer dans le cadre du système passe par les conditions financières de la possession de moyens de communication soumis à des règles économiques qui excluent la plus grande partie des citoyens et les rendent dépendant de structures médiatiques entre les mains de financiers qui filtrent, comme bon leur semble, cette information.

Faut-il prendre encore l’exemple de l’éducation ou de la santé en passe de marchandisation massive ?

Pourtant tout cela, toutes ces dérives se sont, avec la meilleure volonté du monde et dans le strict respect des lois sur la liberté et l’égalité, fondées sur le raisonnement simple et de « bon sens » : « Vous n’avez pas les moyens ? Mais vous n’avez qu’à vous les donner ! »… Ben voyons ! … « Ils n’ont pas de pain ? Qu’ils mangent de la brioche ! »

LE FAUX ALIBI DU « BON SENS POPULAIRE »

Le « bon sens populaire » dont se gargarisent les politiciens, ça n’existe pas.

Le « bon sens populaire » n’est qu’un sous produit des frustrations sociales quotidiennes, qui sont réelles, mais servies à la sauce médiatico-politique des instruments de propagande et de pensée du système dominant.

Le « bon sens populaire » est une invention des classes dominantes afin de faire en sorte que l’on n’en reste qu’à l’aspect superficiel des problèmes de la société tout en donnant l’impression que l’on traite l’essentiel.

Quand un politicien loue le « bon sens » de ses électeurs, il sait pertinemment, ou bien c’est un imbécile, ce qui est d’ailleurs fréquent, qu’il va dans le sens de ce que ses ouailles, pardon, ses électeurs, souhaitent entendre. Il interprète leurs demandes, en promesses déconnectée de toute réalité économique et sociale… ce qui fait qu’elles ne sont, dans l’ensemble, évidemment jamais réalisées.

Ces demandent, si elles correspondent à des besoins réels sont aussi souvent l’expression de fantasmes fondé sur l’incrédulité, l’ignorance et le produit de la manipulation.

Ce que l’on appelle le « bon sens populaire » n’est que la concrétisation d’une crédulité produite par un matraquage idéologique. Des exemples ? Ils sont légions !

N’était-il pas « normal » au Moyen Age que les « sorcières » soient considérées comme des créatures démoniaques ?… le « bon peuple » avec « bon sens » étant bien entendu tout à fait d’accord pour les éliminer.

N’est-il pas normal aujourd’hui que le chômeur soit traité de fainéant ? Car comme chacun sait le « bon sens » nous dit que « si l’on veut travailler, on trouve toujours du travail » ! Ou que l’ « étranger » quand il se nourrit « mange notre pain »,…

Ainsi, paradoxalement, sous l’influence des relations sociales vécues, subies et leur interprétation par l’idéologie du système dominant, le soit disant « bon sens » produit exactement sa négation : l’obscurantisme.

Aujourd’hui, il n’est pas besoin de grands discours pour voir fonctionner ce système pervers. Les grands médias de l’information ont remplacé l’Eglise, de même que la foi a été avantageusement remplacée par une pseudo rationalité fondée sur la marchandise. Tous les ingrédients sont présents pour faire de la masse des citoyens un troupeau de demeurés qui croient ce qu’on leur raconte et qui vont voter comme autrefois les gueux allaient à confesse.

Les candidats promettent tout ou à peu près, comme les prêtres promettaient le Paradis et celles et ceux qui refusent de jouer le jeu sont culpabilisés, traités de mauvais citoyens comme étaient traités autrefois les « mauvais chrétiens » ou les « infidèles ».

La conscience est ainsi verrouillée, limité au strict cadre de ce qui ne gène pas le système.

Le discours politique est toujours aujourd’hui un discours de mystification. La pseudo modernité de notre vie sociale est toujours fondée sur un rapport de domination, d’asservissement du plus grand nombre à des principes de fonctionnement économiques et sociaux sur lesquels, malgré les apparences, nous n’avons quasiment aucune influence…. Un exemple ? le sort du NON au Traité Economique Européen.

L’obscurantisme religieux des siècles passé a été simplement remplacé par un autre obscurantisme, plus sophistiqué, plus mystificateur, peint aux couleurs de la science et de la rationalité.

Les Lumières n’ont éclairé qu’une partie de la réalité sociale. Il nous faut dès à présent nous saisir des projecteurs.

Patrick MIGNARD

27 octobre 2007

Voir aussi :

« VICTOIRE DE LA POLITIQUE… MORT DU POLITIQUE »
« VISIONS ONIRIQUES ET REALITE HISTORIQUE »
« INERTIE DES CONSCIENCES ET CHANGEMENT SOCIAL »

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DIALOGUE SOCIAL ET LOGIQUE ECONOMIQUE

Les derniers évènements en France nous obligent à nous interroger sur le sens que peut prendre le terme de « dialogue social » dans la bouche des gestionnaires du système marchand.

Une volonté de dialogue n’est pas synonyme de volonté de compromis, encore moins d’acceptation de la volonté de l’autre. C’est tout cela qui se joue aujourd’hui dans une atmosphère délétère d’autoritarisme paternaliste et de démagogie.

LE SENS DU DIALOGUE

Le fondement de tout dialogue est, en principe, l’expression d’une bonne volonté en reconnaissant l’autre comme un interlocuteur valable.

Si dialoguer c’est simplement échanger des idées, cela peut être fort intéressant, mais n’a aucun intérêt concret surtout si le dialogue, l’échange, se situent dans les limites d’une rationalité comptable et financière qu’il est exclu de remettre en question. Dans ce cas, le dialogue est purement formel. On sait, avant de commencer, quel sera le résultat… à quoi donc bon dialoguer sinon à se livrer à un pur exercice de style

Le dialogue n’a donc pas de valeur en soi si c’est pour n’aboutir à rien de concret.

S’agit-il de dialogue ou de négociation ? La distinction est subtile entre les deux. En effet, un dialogue peut n’engage à rien, sinon à un échange, alors qu’une négociation engage à trouver une solution entre les deux parties, donc aboutir à un compromis…

Le pouvoir politique, contrairement aux apparences n’a jamais été neutre et n’est pas neutre, pas plus hier qu’aujourd’hui. Il représente toujours les intérêts du système dominant.

Accepter pour lui le dialogue n’est pas forcément faire preuve de faiblesse, au contraire, celui-ci peut-être un signe d’ouverture entrant dans une stratégie de séduction. Le dialogue est d’ailleurs d’autant plus franc, ce qui ne veut pas dire utile, qu’il n’y a aucun enjeu, et qu’au moins une des deux partie évite d’aborder l’essentiel.

Le dialogue change de nature lorsqu’il est imposé par un rapport de forces… il ne s’agit alors plus pour le pouvoir de plaire, mais de résister à des revendications, des mises en demeure, voire des remises en question.

De quoi s’agit-il aujourd’hui ?

UN « DIALOGUE-SPECTACLE » BIAISE

Deux facteurs sont à la base du « dialogue » du pouvoir actuel : plaire et gérer…. Et plus précisément « plaire pour pouvoir gérer ».

Le système marchand a développé une véritable culture du dialogue dans laquelle sont tombées, à différents niveaux, la plupart des organisations politiques… et syndicales. Cette culture est essentiellement articulée autour de l’acceptation du formalisme politique que représente l’échange formel dans un cadre imposé… aboutissant à l’élection. Ne pas accepter cette logique est terriblement mal vu et irrémédiablement condamné par les « vrais » démocrates. Pourtant, accepter le « dialogue formel » comme expression fondamentale de la pratique démocratique, l’expérience nous le montre chaque fois, c’est capituler sur l’essentiel : la possibilité de la remise en question des rapports sociaux et en particulier de la logique économique. Une fois accepté cela,… tout est possible.

Le pouvoir actuel a un besoin impérieux de plaire et ce pour deux raisons :

  combattre l’image qu’il a de droite dure ;
  préparer à des mesures impopulaires.

Pour cela il a utilisé, et utilise, habilement une méthode qui fonctionne parfaitement : le débauchage qui est une forme de dialogue biaisé : l’adversaire, le clan adverse n’est pas convié à un dialogue,… mais le dialogue, et plus que le dialogue, se fait par le débauchage de ses éléments les plus corruptibles. Cette méthode est doublement payante :

  l’argument du sectarisme tombe ;
  le clan adverse est déstabilisé et ridiculisé (cocufié) aux yeux de l’opinion.

Reste la gestion. C’est la partie la plus difficile car, une fois le spectacle des lampions et des paillettes éteint, la réalité sociale reprend ses droits et interpelle les naïfs éblouis un temps par la politique-spectacle…

Mais le pouvoir peut compter sur un autre paramètre, le temps… en effet il est alors trop tard…. Dans la moiteur de l’été et des nouvelles politico-people, il a fait passer nombre de ses réformes… et dans la foulée, sachant les mobilisations pas crédibles et impopulaires, prépare les suivantes…

Le but, l’objectif essentiel de toute cette stratégie est toujours le même : gérer le système marchand.

Aujourd’hui cette gestion est difficile pour le pouvoir car ses marges de manœuvre, dans le cadre de la mondialisation marchande, sont réduites, les compromis qu’il peut passer, quasiment inexistants. L’abandon des prérogatives économiques au profit d’une conception mondialiste de la marchandise laisse peu de place aux politiques nationales de compromis, comme ce fut le cas, jusqu’à ces dernières années, avec les salariés. Il est donc absolument nécessaire pour lui de séduire tout en restant ferme sur ses objectifs. Et la fermeté passe d’autant plus facilement qu’il a séduit ses victimes.

Il a pour cela un facteur qui joue en sa faveur : la débilité de l’opposition et l’impuissance des syndicats. Pas simplement de l’opposition officielle qui n’est qu’un clan parmi les gestionnaires du système, mais l’opposition qui se veut alternative, celle qui s’entredéchire dans l’indifférence quasi générale… et prépare assidûment des élections (municipales) qu’elle va perdre… de même que les syndicats qui obsessionnellement reconduisent les mêmes actions aussi inutiles que finalement désespérantes.

Le faux dialogue se réduit donc, de manière biaisée avec l’opposition officielle dans le cadre d’un bipartisme de fait qui ne dit pas son nom, laissant l’autre opposition dans ses agitations stériles et ses rêves de grandeur, et avec les syndicats à un pseudo dialogue – pas même une négociation - qui consiste à dire « on vous consulte mais on passe outre ».

UNE CULTURE DE L’INDIGENCE

Le dialogue social n’existe donc plus.

Le système marchand n’a plus les bases et les conditions économiques et historiques de le mener. Les mesures « sociales » prises ont encore moins de fondement que celles qui ont constitué pendant des décennies les « acquis sociaux » aujourd’hui mis consciencieusement et résolument en pièces.

Une nouvelle culture est entrain de naître, celle de l’indigence fondée sur le respect strict des règles de la marchandise et de la valorisation du capital,… et la soumission de toutes et tous à celles-ci.

Cette nouvelle culture apparaît aujourd’hui sournoisement – instillée par les médias et les «  experts » - et s’installe petit à petit dans les consciences vidées, affaiblies et corrompues par la politique-spectacle. Ses manifestations sont : le phénomène des travailleurs pauvres, des retraités pauvres, les jeunes sans emploi, un accroissement considérable des inégalités, un appauvrissement généralisé des nouveaux salariés, une protection sociale réduite, la liquidation des services publics, la réapparition d’anciennes maladies liées à la pauvreté, …

Tous ces phénomènes nous sont présentés comme « naturels » et « inévitables »… Intégrés et acceptés par l’ « opposition officielle » ils ne font même plus véritablement l’objet d’interrogation… Ils entrent peu à peu dans notre quotidienneté, deviennent des habitudes de vie au sujet desquelles on s’offusque de moins en moins et que finalement on accepte comme une fatalité.

En l’absence d’une prise de conscience sérieuse, la marchandise est en passe de gagner la partie… sans même combattre.

Patrick MIGNARD

20 octobre 2007

Voir aussi les articles :
« VERS LE BIPARTISME »
« ILS NE CEDERONT PLUS RIEN ! »
« LES NOUVEAUX ROIS MAUDITS »

 

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ALTERNATIVE ET ECOLOGIE

Les deux termes sont souvent accolés l’un à l’autre, soit même présentés comme synonymes. D’une certaine manière ce n’est pas faux, mais encore faut-il s’entendre sur le sens exact que l’on donne à ces deux termes… et surtout, quelle est la stratégie qui les fait se compléter.

Les quiproquos, même s’ils sont involontaires, ce qu’ils ne sont pas toujours, entretiennent un flou politique qui dénature les deux notions.

ÉCOLOGIE ET SYSTÈME MARCHAND

L’alerte écologie a été sonnée lorsqu’il est apparu évident que l’activité de l’homme portait une atteinte irrémédiable aux équilibres naturels. Le phénomène n’est pas nouveau… dans toute son Histoire l’homme a été un prédateur, ou plutôt un destructeur, plus ou moins irresponsable de la Nature et certaines civilisations ont probablement disparu suite à ce type de comportement (Ile de Pâques, civilisation Maya du Guatemala,…).

L’ère industrielle, par la puissance des moyens mis en œuvres, les forces productives diront certains, a démultiplié les atteintes aux équilibres naturels par le pillage sans limite des ressources naturelles, le développement prodigieux des pollutions.

Or, l’ère industrielle n’est pas, comme tout mode de production, une organisation de fait, mais une construction sociale fondée sur des principes de fonctionnement. Ce sont ces derniers qui fondent les pratiques entre les hommes, mais aussi les rapports entre eux et la Nature.

Très vite le lien a été fait entre les phénomènes de dégradation observés et les conséquences du fonctionnement du système économique marchand qui a développé de manière illimitée ces forces productives..

Après quelques déclarations tonitruantes, rapports bien sentis et colloques à grand spectacle ( le premier rapport faisant état de ces fait date de la fin des années 1960)… tout est redevenu comme avant… Par exemple, il est exclu de remettre en question la sacro sainte croissance économique dont tout le monde sait quelle est non seulement économico-humainement absurde (la pauvreté croit malgré sa progression), mais écologiquement catastrophique,… de même que la concurrence effrénée et absurde entre grandes sociétés pour le profit, source de gaspillages inouïs, n’est pas remise en question mais au contraire encouragée…c’est le fondement même de la pensée libérale.

Ceux qui avaient, pendant des décennie, impulsé une activité économique qui devait aboutir à la catastrophe actuelle, se sont soudainement mués, pour les besoins du système, en apôtres verdoyants d’un écologisme d’opérette du plus bel effet dans les médias complaisants. Et, ne joignant surtout pas le geste à la parole, ils ont continué à soutenir en sous main ces pires politiques économiques destructrices de l’environnement

ÉCOLOGIE FORCÉMENT POLITIQUE

Vouloir « détacher », considérer, l’écologie, c’est-à-dire le soucis des équilibres naturels indispensables à la vie sur la planète, comme quelque chose d’indépendant des lois du fonctionnement du système économique dominant est évidemment une erreur fondamentale, voire, si c’est volontaire, une escroquerie. L’écologie est forcément politique, au sens noble du terme.

Pourquoi préciser, au sens noble du terme ? Parce qu’elle peut être considérée au sens vulgaire, c’est-à-dire comme un alibi à un discours dont l’aboutissement est l’absurde et démagogique développement durable, c’est-à-dire l’auto justification du système en donnant l’illusion que l’on tient compte des conséquences de son fonctionnement sur la Nature.

Reste à élaborer une stratégie politique fondée sur la prise de conscience écologique.

La prise de conscience écologique n’est en fait qu’un élément supplémentaire de la critique du système marchand. Le risque est de le surajouter aux stratégies classiques prônées par les organisations politiques traditionnelles,… et c’est exactement ce qui c’est passé et ce qui ce passe… d’autant plus que tout se passe au niveau du discours. Avec l’aide de quelques bouffons médiatiques, souvent produits plus ou moins dérivés des grands pollueurs de la planète, les organisations traditionnelles se sont emparées de la question, l’ont intégrée à leur discours et de ce fait, en ont complètement dénaturé le sens.

Quant aux écologistes « pur sucre », leur « pureté », sincère, du début a laissé la place à une soif inextinguible de pouvoir… Ils ont suivi le mouvement et ont perdu leur crédibilité en échange de quelques postes ministériels, de députés et/ou de sénateurs. Comme les « grognards » de la Grande Armée, « ils râlent mais ils marchent ».

Il n’en reste pas moins que la question de fond demeure posée et que toutes les stratégies actuelles dans le domaine de l’écologie sont vouées à l’échec… la preuve en est l’aggravation dramatique de la situation de la planète malgré toutes les déclarations, forums, assises, conférences,… promesses.

C’est donc bien à un niveau beaucoup plus fondamental, celui des rapports de production, qu’il faut agir pour inverser la tendance… niveau qu’aucune organisation politique traditionnelle ne veut, bien entendu, aborder soit par opportunisme, sectarisme, bureaucratisme, incompétence, voire bêtise pure et simple… souvent tout cela à la fois.

UNE ALTERNATIVE ÉCOLOGIQUE

L’écologie ne peut qu’être alternative.

L’alternative ne peut pas être « éventuellement » écologique, elle l’est fondamentalement. Pourquoi ? parce qu’elle remet radicalement en question les principes du fonctionnement marchand qui sont à l’origine des désastres écologiques de ce dernier siècle.

Mettre en place, ce qui est justement le fondement et la raison d’être de l’alternative, des structures en rupture avec l’absurde course au profit, concurrence, pillage et gaspillage des richesses naturelles, c’est renouer avec un rapport à la nature qui, tout en réhabilitant et en instaurant des rapports éthiques entre les individus, fait coïncider ce rapport avec un nouveau type de relations sociales. Concrètement c’est ce que l’on vit dans l’agriculture dite « alternative » ou du moins dans sa branche qui établit de nouvelles relations producteurs-consommateurs dans un acte de production qui banni le recours aux procédés de l’agriculture industrielle.

Ce n’est que dans ce type de rapport que l’écologique peut être pris en considération.

Autrement dit, écologie et alternative sont parfaitement complémentaires dans la stratégie politique à mettre en place.

Faire une profession de foi écologique sans poser la problématique du changement des rapports sociaux est complètement stérile :

- soit parce que l’on reproduit les rapports existant et que l’on conserve ainsi les causes des déséquilibres écologiques… ce que font toutes les organisations politiques officielles
- soit parce que l’on pose la question écologique indépendamment du changement social, simplement sur le plan de la culpabilité (« il faudrait que… » ou« il ne faut pas… »),… ce que font les écologistes « apolitiques »

La question écologique en soi n’a aucun sens. Par exemple, poser la question de la décroissance en soi aboutit, soit à une incompréhension de celles et ceux à qui on s’adresse et qui y voient une gentille utopie… ce qui est généralement le cas, soit à une question butoir pour le système marchand qui ne peut envisager une telle solution.

Avancer dans la question écologique c’est donc avoir une pratique sociale ce qui limite les récupérations par le système -, une praxis, qui montre que de nouveaux rapports peuvent concrètement se mettre en place et commencer ainsi à répondre aux grandes questions écologiques qui se posent : rythme de la production, engrais, pollution, rapports nouveaux producteurs-consommateurs, détournement des circuits marchands classiques et structures alternatives,…affaiblissant ainsi le système marchand au bénéfice de nouvelles structures expérimentées et assumées par de plus en plus de monde.

En dehors de cette problématique on se condamne à l’impuissance politique, à la collaboration et dans le meilleur des cas à l’incantation.

Patrick MIGNARD

13 octobre 2007

Voir aussi les articles :

« CROISSANCE, QUELLE CROISSANCE ?"

« DÉCROISSANCE, QUELLE DÉCROISSANCE ? »

 

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LE SENTIMENT TRAGIQUE DE L’INUTILE

Je ne sais pas vous, mais moi, franchement, je n’ai plus envie d’aller dans les manifs, les rassemblements, de signer des pétitions, d’accompagner des délégations… sans parler d’aller voter.

L’âge diront certain-e-s !… Je ne le crois pas car mes facultés de révolte et d’indignation, non seulement sont intactes, mais se renforcent avec les ans. Alors ? Docteur suis-je normal ?

J’ai fait une dernière tentative lors du rassemblement pour la suppression des « franchises médicales » et qu’ai-je vu ? Un petit rassemblement de 300 personnes, perdu sur une place de marché (place du Capitole à Toulouse) encombrée, coincé entre les étals et des fêtards du rugby qui gueulaient plus fort que nous. 300 pour une agglomération de plus d’un demi million d’habitants ( ?). Les mêmes têtes (qui ont blanchi ou se sont dégarnies), les mêmes slogans, les mêmes affiches et banderoles, les mêmes tracts distribués par les mêmes personnes,… Il y avait même des dirigeants « socialistes » qui se pavanaient alors qu’on venait d’annoncer la nomination d’un des leurs comme directeur du FMI… à vomir.

J’ai repris mon vélo,… et suis reparti chez moi avec la nausée.

DE DEUX CHOSES, L’UNE

Ou bien on a tout faux, on s’est trompé depuis le début, tous nos espoirs sont chimériques, nos idées irréalisables et la majorité n’a finalement que ce qu’elle mérite… un système pourri qui nous conduit à la catastrophe… et « on l’aura bien mérité » ! :

Ou bien nous agissons comme des imbéciles et avons une stratégie totalement inadaptée à la situation.

Il est évident que notre attitude ne peut se maintenir ainsi. Les mobilisations fondent au fur et à mesure que les atteintes aux acquis sociaux s’accroissent… Une situation apparemment absurde… et ce ne sont pas les images illusoires de manifestations « traîne savates », où le folklore l’emporte sur le politique, qui changent, et changeront, quelque chose à la situation.

L’atteinte aux « acquis sociaux » essentiels, retraites, protection sociale, service public, temps de travail,… on a l’impression, et plus que l’impression, que la majorité s’en fout, est résignée… et elle va même jusqu’à mettre au pouvoir celles et ceux qui proclament haut et fort qu’ils vont liquider tous ces soit disant « privilèges » ( ???)

Ce ne sont pas, en effet, que les riches qui votent pour les privilégiés du système en place, mais aussi, et même en nombre, les pauvres,… la dernière élection présidentielle en dit long sur la décomposition politique et civique de ce que l’on appelle « le peuple ». Cette situation conforte d’ailleurs le système dans sa démagogie : « Regardez, nous dit-il, le peuple quand il s’exprime (par les élections seul moyen d’expression) nous donne raison… alors, quel sens peuvent avoir vos critiques ? »… et on est bien emmerdé pour répondre, du moins sur ce terrain.

Pourtant une question de fond demeure :

Un peuple de soumis et de résignés est-il encore un « peuple citoyen » ?

La persévérance, voire l’abnégation dans des formes de luttes périmées, celles que proposent partis et syndicats, ne sauraient produire une stratégie offensive de changement… si c’était le cas, il y a longtemps que la situation aurait changé.

FATALISME POLITIQUE

Le fatalisme politique s’est emparé des esprits et verrouille les consciences… même des consciences militantes. Oh bien sûr il y a les discours sur un « monde nouveau »… mais que valent-ils réellement quand on est incapable d’imaginer la moindre stratégie pour montrer que ce « monde est en marche » et qu’il « est possible » ? Que valent-ils quand ce « monde nouveau » ne peuple que les discours et les rêves ?

Quand on discute avec des militant-e-s, c’est-à-dire des gens engagés, leur « enthousiasme » et leur « ardeur militante » sonnent faux, sont en totale opposition de phase avec la situation. Ils nous parlent de « frémissements »( ?), de « début de mobilisation »( ?), de « prémisses de prise de conscience »( ?)… Le problème c’est que c’est depuis des années qu’ils tiennent ce même discours. Toutes ces réflexions ne sont que des foutaises pour s’illusionner, se donner de l’espoir, « croire que… ». Le « croire » et l’ « espérer » sont devenus les principales drogues des militants.

L’impuissance, la démagogie et, disons le mot, la débilité du discours politique et syndical, incapable d’analyser la situation politique actuelle, de s’y adapter nous conduisent à une attitude purement défensive qui, inéluctablement, finit , et finira, en capitulation. Nous avons dès aujourd’hui perdu une grande partie de nos acquis…

Que les politiciens et les leaders syndicaux se satisfassent d’une telle situation, on peut le comprendre… ils en sont les principaux bénéficiaires par le statut qu’elle leur procure et les privilèges qui y sont attachés. Ils seront toujours là pour nous faire patienter jusqu’aux… prochaines élections ( ?). Et que proposent-ils aux jeunes qui découvrent le monde dans lequel ils vont vivre ? Les mêmes méthodes qui font faillite et nous conduisent à la catastrophe.

Allons nous attendre en nous croisant les bras ?

PENSER LE POLITIQUE AUTREMENT

Quand le pouvoir en place nous traite de ringard, de passéiste et d’anachronique,… il a, d’une certaine manière, raison ! Pas, bien sûr, parce que l’on refuse sa logique économique, mais parce que nous ne savons pas nous adapter aux nouvelles conditions économiques et politiques.

Par exemple ? la répétition à intervalle régulier des « grèves de 24 heures », pétitions, manifestations, délégations, mobilisations plus ou moins nationales… ne servent aujourd’hui à rien, sinon à nous donner l’illusion de « faire quelque chose » et de « s’ opposer ». Le pouvoir sait aujourd’hui qu’une fois que l’on se sera mobilisé… il fera comme bon il l’entendra… et c’est bien ce qui se passe depuis plusieurs années… La pseudo concertation qu’il nous propose est un piège grossier… les dossiers sont bouclés dès le départ. En avons-nous tiré des leçons ? Pas du tout… au contraire.

Les modes d’action et de mobilisation d’autrefois ne servent plus à rien.

Les anciennes méthodes de lutte ont eu leur utilité à leur époque, pas pour changer le système, elles en sont bien incapables, mais pour améliorer les conditions sociales de vie… ceci est indéniable. Mais aujourd’hui elles « ne marchent plus », le système n’a plus rien à négocier et nos « acquis sociaux », que nous supposions éternels, sont mis en pièce par la rapacité du capital mondialisé. Ce dernier agit au mieux de ses intérêts et avec d’autant plus d’efficacité qu’il sait notre impuissance…

Bien sur, toute action ponctuelle n’est pas à bannir…. Par exemple les actions menées dans le cadre du Réseau Education Sans Frontière, de même que les actions (encore faudrait voir lesquelles) contre les OGM, sont utiles et indispensables…. Ce sont d’ailleurs les seules qui, sur ce mode, soient efficaces ou en passe de le devenir. Mais sur tous les autres terrains du social, c’est-à-dire l’essentiel de ce qui constitue l’organisation sociale c’est, soyons francs et objectifs,… la débâcle.

Il ne s’agit donc plus aujourd’hui de savoir quand on va recommencer à se mobiliser mais comment se mobiliser. Quelles structures alternatives à mettre en place pour montrer que le monde que nous voulons peut se construire dès à présent, et que l’on peut mener des luttes sociales en utilisant des méthodes plus efficaces pour mobiliser et motiver à l’action (voir les articles cités ). C’est de cela dont il doit être question dans notre réflexion,… pas du ressassage des vieilles méthodes !

Le processus de désertion des luttes et autres mobilisations est un phénomène qui ne peut que prendre de l’ampleur. Nombreuses sont celles et ceux, et je m’y inclus, hésitent et même décident de ne plus participer à ces spectacles médiatico-revendicatifs dont on sait pertinemment qu’ils n’aboutiront pas. Celles et ceux qui démissionnent du combat pour un « monde nouveau » ne sont pas ceux qui s’abstiennent à se donner en spectacle, mais celles et ceux qui, en dépit de toute évidence, continuent obsessionnellement à reproduire, dans leurs manifestations et élucubrations pseudo théoriques le dérisoire et l’inutile.

Patrick MIGNARD

6 octobre 2007

Voir aussi les articles :
« MANIFESTE POUR UNE ALTERNATIVE »
« ILS NE CEDERONT PLUS RIEN ! : »
« SUR LES STRUCTURES ALTERNATIVES »
« FORMES DE LUTTES EN PERIODE DE DECADENCE »

 

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