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Publié dans : #matiere a reflexion

LA BARBARIE A VISAGE JUDICIAIRE

 « Si je n’avais pas su que ceux qui faisaient la perquisition étaient des policiers, j’aurai cru avoir à faire à des voyous ». « Je ne pensais pas qu’en France aujourd’hui on pouvait mettre en prison un innocent », a déclaré une des victimes du procès d’OUTREAU devant la Commission parlementaire (18 janvier 2006).

Les témoignages des victimes et des avocats devant la commission d’enquête parlementaire sont hallucinants et terrifiants. L’incompétence et la bassesse suintent par tous les pores de cette affaire. Elle montre le caractère purement formel de la démocratie du système dans lequel nous vivons...

SILENCE ET INDIGNITE

Au dire des rescapés d’OUTREAU la plupart des policiers (pas tous) se sont comportés, lors des perquisitions et des gardes à vue, avec des méthodes plus proches de celles de la Gestapo (dixit une rescapée) que de celles dont nous parlent avec éloquence les ministres de la République quand ils les décorent. Mais au fait, on n’a pas entendu les syndicats de police, si prolixes quand sont mis en cause (injustement évidemment !) des policiers ! Qu’attendent-ils pour justifier ou pour condamner les pratiques de leurs collègues ? Qu’attendent-ils pour demander au Ministre de l’Intérieur de porter plainte contre de tels propos diffamatoires ?

Et les juges, pas simplement le petit ambitieux qui croyait tenir entre ses mains l’ « affaire du siècle », mais aussi tous les autres (le juge dit « des Libertés » en particulier, ceux de la chambre d’accusation), ceux qui ont approuvé et appuyé ses décisions, à tous les échelons de l’institution judiciaire... On ne les entend pas trop. Leurs syndicats n’ont qu’un mot à la bouche : « Pas de bouc émissaire ! »... ce qui, soyons clairs, en langage concret veut dire : impunité.

Quant aux « experts psycho-machin », « payés comme des femmes de ménage » et qui « lisent dans le marc de café »(dixit un rescapé)... sans commentaire. Pas plus que pour les services sociaux, les matons et une « presse caniveau » qui font le gros dos en attendant que les choses se tassent.

Tout ces gens qui ne jurent que par leur autorité, leur compétence ( ?) leurs « valeurs » (qui sont parait-il celles de la République), leurs décorations (parce que tous en ont ou en auront), leurs uniformes (pour ceux qui en ont), qui font honneur (horreur ?) à cette même République, font aujourd’hui profil bas.

« Ce ne sont pas les personnes qui sont responsables mais un système » nous rétorque-t-on pour amadouer le citoyen scandalisé. Il est bien que ces gens là reconnaissent, enfin, que le système qu’ils servent est pourri... Quel aveu et quelle clairvoyance ! Mais il n’empêche que des fautes personnelles ont été commises... Et il va bien falloir nous expliquer comment la responsabilité individuelle disparaît lorsqu’on appartient à un système qui défaille. Dans cette logique on a du mal à comprendre que l’on ait condamné à Nuremberg en 1945 des personnes qui ne faisaient finalement, selon ce raisonnement, qu’appartenir à un système défaillant au regard des normes et des valeurs couramment admises... Alors ?

Va-t-on laisser le juge d’instruction, qui a mené cette affaire à la catastrophe, continuer à sévir ? Qui aura le courage de lui interdire de continuer de nuire ? De le chasser de la magistrature ? Attendons de voir, mais je ne me fais aucune illusion. Le corporatisme, la lâcheté et la pression politique vont jouer en sa faveur.

Un conducteur dangereux, on lui retire, à juste titre, le permis de conduire, mais à un juge dangereux on le laisse continuer à faire des dégâts...

Une fois de plus, la plupart de tous ces gens se défilent courageusement, n’assument pas leurs actes alors qu’ils ne se gênent pas pour juger les nôtres et nous donner des leçons de morale...

Les magistrats qui sont corrects, compétents, humains, car il y en a, j’en connais, sont bien sûr éclaboussés par le scandale, il faudrait peut-être qu’ils se bougent, qu’ils parlent pour ne pas sombrer avec l’édifice.

LE BAL DES FAUX CULS

Mais il manquait pour compléter le tableau les élus, les élus du peuple, celles et ceux qui font les lois, les législateurs ? Celles et ceux qui sont les garants de tout ce bel édifice branlant...

Spectacle affligeant de ces élus qui sont les « législateurs » dont certains ont été ministre de la Justice (rien que ça !) qui nous jouent, dans les médias les « experts » en Justice et « découvrent » une situation qu’ils ont gérée et cautionnée. Ne parlons pas de la Droite qui n’a naturellement rien fait de décisif, mais la Gauche, dont « on allait voir ce que l’on allait voir ? ». Certes elle a supprimé la peine de mort et nous le répète sur tous les tons, a envisagé des réformes... qui n’ont jamais abouti... Mais le reste : la procédure, la prison... Rien n’a fondamentalement changé. La procédure inquisitoriale, la religion de l’aveu existent toujours et aucun/e n’a osé y toucher et ce sont toujours des prisons sordides qui accueillent condamnés et détenus en préventive qui n’ont pas la chance d’être célèbres ou d’avoir, au bon moment, l’oreille des médias.

Ah mais maintenant ils promettent que ça va changer, qu’il faut que ça change !... Ils s’y engagent ! Mais combien de fois ils nous l’ont dit ?

Quels sont les politiciens qui oseront engager des changements dans l’institution judiciaire avant les échéances électorales à venir ? Evidemment aucun. Toutes et tous attendent que la pression retombe pour continuer,... sans rien changer.

QUELLES PERSPECTIVES ?

Sérieusement aucune. Pourquoi ? Pour plusieurs raisons :

tous les politiques sont tétanisés jusqu’aux prochaines échéances électorales. Qui prendra le risque d’un débat, d’un échange, d’une polémique ? Qui prendra le risque de se faire critiquer par l’adversaire ? Qui prendra le risque de mécontenter les magistrats, les policiers ? La réponse est évidente : personne, refonder la procédure pénale c’est toucher à un édifice fragile, composé de relations impliquant des professionnels au pouvoir considérable : les juges. Remettre en question leur pouvoir c’est toucher au fondement même de leur existence dans l’institution. Or, certains de leurs syndicats ont été clairs : « pas touche »... toucher à leur indépendance (il n’y a que eux qui y croient) c’est toucher à la démocratie. Qui osera entamer ce débat ? toucher aux juges est dangereux. Ils sont détenteurs de secrets d’affaires, de dossiers dans des placards que les politiciens n’ont pas intérêt à voir sortir... mieux vaut ne pas se les mettre à dos, l’édifice judiciaire en son état actuel est contrôlable... Il suffit de voir combien et comment ont été enterrées maintes affaires (faut-il citer des noms ?), comment ont été dessaisis les juges trop indépendants, enfin, le système politique dans son ensemble va avoir, et a, de plus en plus besoin de l’institution judiciaire pour mater le mécontentement social... Il s’agit donc pour lui de ne pas s’opposer aux juges. La commission parlementaire publique est une bonne chose mais ne nous méprenons pas. Devant le scandale il fallait lâcher du lest, faire baisser la pression, faire une ouverture, donner de l’espoir... Mais le temps va passer, il va estomper dans les mois à venir cette affaire qui va se perdre dans les limbes de l’actualité... comme s’est perdu il y a quelques années le scandale sur les conditions de vie et de soins de la prison de la Santé dénoncées par son médecin chef : deux commissions d’enquêtes avaient été diligentées (une de l’Assemblée Nationale, une du Sénat), résultat : néant.

Combien d’innocents (il y aurait « plusieurs OUTREAU » par semaine en France - dixit les avocats) sont en train de croupir dans les geôles de la République victimes de la même barbarie ? Et combien vont les y rejoindre ? Mais il est vrai que leur cause n’est pas médiatisée donc n’a aucun intérêt pour les élus du peuple.

Après avoir vu leurs vies saccagées par les institutions de la République, les victimes ont été, et sont, abandonnées. « On s’est trompé OK, on le reconnaît,... mais maintenant démerdez vous ! » « Fraternité » vous avez dit ?

Enfin, au regard de ce désastre judiciaire on ne peut pas ne pas évoquer une autre affaire qui fut également un désastre total : l’affaire ALEGRE. Affaire liquidée, enterrée avec les victimes qui sont mystérieusement mortes, pour certaines « suicidées ». Mais l’affaire ALEGRE n’est pas l’affaire d’OUTREAU.... au contraire, ou plutôt, inversement. Dans l’affaire d’OUTREAU on a été expéditif pour condamner, alors que dans l’affaire ALEGRE on a été expéditif pour tout classer. Dans la première, l’instruction a exclusivement été faite à charge, et totalement à décharge dans la seconde. Justice de classe.

Ces deux affaires, et elles ne sont pas les seules, donnent le tempo de la décadence de tout un système, et pas seulement sur le plan judiciaire qui n’est qu’un aspect.

Qui peut avoir aujourd’hui confiance en l’institution judiciaire ?

29 janvier 2006                                                                           Patrick MIGNARD

Voir aussi les articles :

« MAGISTRATS : L’EXCEPTION SANS LA REGLE »

« CETTE SOCIETE QUI SENT LA POURRITURE »

« DURA LEX, SED LEX (1) & DURA LEX, SED LEX (2) »

 

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DEUXIEME AEROPORT DE TOULOUSE : LE VRAI « FAUX-DEBAT »

La sourde polémique qui enfle autour du 2e aéroport de Toulouse constitue le type même du « faux débat » sur fond de polémique et de démagogie politiciennes. Il est l’illustration parfaite du double discours que tiennent les gestionnaires, de Gauche comme de Droite, du système marchand à propos de la protection de l’environnement.

Sans entrer dans les détails chiffrés, et les projections plus ou moins fantaisistes, allègrement manipulés par les uns et les autres, ce qui se joue, c’est le développement du trafic aérien en général et dans la région Midi-Pyrénées en particulier. Il est évident qu’au rythme où celui-ci se développe, et vu les contraintes qu’il impose, et qu’on lui impose, l’aéroport de Toulouse-Blagnac est entrain d’atteindre les limites de ses capacités. Dans la logique actuelle du développement aérien un deuxième aéroport est nécessaire, et plus tard un troisième... Mais est-ce là la véritable solution ?

CE QUI SE JOUE DERISOIREMENT

La mairie de Toulouse a bien évidemment tout intérêt à limiter le développement de l’aéroport de Blagnac pour apaiser la colère des riverains de la ville qui subissent ses nuisances. Obtenir pour elle un nouvel aéroport loin de la ville est d’un avantage électoral non négligeable.

Les Conseils généraux du Tarn et Garonne et de l’Ariège, sont les premiers visés par une telle perspective... puisque c’est dans un de ces deux départements que devrait se situer le site choisi. Les populations de ces départements qui ne souhaitent pas voir s’implanter un tel monstre de nuisances font pression sur leurs élus, pour les éviter. Les élus craignant pour leurs sièges, adhèrent courageusement et spontanément aux souhaits de leurs électeurs. Leur position est surdéterminée par le fait que leur principal « adversaire » dans cette affaire, la Mairie de Toulouse, n’est pas de la même couleur politique. Gageons que dans le cas inverse, les rôles seraient strictement inversés.

Tout cela tient en fait de la cuisine politicienne et électorale. Droite et Gauche au lieu de poser le véritable problème, manipulent chacune de leur côté les populations, par des batailles de chiffres que personne ne peut vérifier. Pourtant, que ce soit la Droite ou la Gauche, leur raisonnement est le même quoique, nous venons de le voir, leurs intérêts électoraux sont opposés : il faut développer le trafic aérien. Chacun est pour à condition que ce soit le voisin qui supporte les nuisances.

CE QUI SE JOUE FONDAMENTALEMENT

Car quel est le véritable problème ? C’est celui de la logique du développement du trafic aérien. Accepter cette logique qui est fondée sur une expansion illimitée est une véritable absurdité économique et écologique.

Autrement dit, disons le clairement : il ne faut pas de deuxième aéroport. Est-ce à dire que l’on va stopper le développement de trafic aérien ? Bien sûr. Il est même aujourd’hui nécessaire de limiter ce transport ruineux en énergie et destructeur sur le plan de l’environnement... Mais cela aucun politicien n’aura le courage de le dire... pas même les écologistes officiels. Ceci implique de repenser sur des bases nouvelles le développement industriel... tâche insurmontable et inimaginable pour les politiciens.

Dans un système où tout est fait pour l’argent, pour les apparences, pour le prestige, les autorités sont incapables de penser l’avenir : les économies d’énergie, la sauvegarde de l’environnement, la mise à l’étude de nouveaux moyens de transports (le dirigeable par exemple). J’exagère ? Mais qui aurait pu imaginer il y a trente ans que l’on serait revenu au moulin à vent - l’éolienne ?

Dans un système économique où tout est subordonné à l’argent, il n’y a pas place pour la réflexion, l’imagination et la consultation orientée vers le mieux-être des populations et le respect de l’environnement.

Il est évident qu’à terme le transport aérien tel qu’on le connaît sera condamné ou du moins extrêmement limité. Il n’y aura plus ces monstres de pollution atmosphérique et de consommation de carburant que sont les A380 et autres machines du même genre. Il faudra alors limiter les voyages aériens... Quel homme/femme politique va oser poser ce problème ?... Aucun-e.

On ne peut pas éternellement parler doctement d’économie, de soi disant « développement durable », de défense de l’environnement et ne jamais prendre des mesures efficaces. Ici il y a la possibilité de prendre une décision courageuse... mais aucune autorité n’osera la prendre, pas même l’évoquer.

L’affaire du 2e aéroport n’est qu’un exemple de l’incompétence, du manque de lucidité et de l’indétermination des autorités. Le problème de la circulation automobile, de la distribution de l’eau, du traitement des déchets et bien d’autres encore... sont les aspects multiples du problème plus général, celui de la gestion raisonnée des ressources et de l’espace.

Cette affaire est une bonne illustration de ce qui se joue et de comment ça se joue. Aucune disposition positive n’est prise. Au lieu d’avoir un rôle éducatif et pédagogique sur l’urgence des mesures à prendre, les autorités, prisonnières, et finalement complices, des contraintes marchandes et des intérêts politiciens s’enfoncent dans des solutions conflictuelles qui non seulement accroissent la tension, mais nous éloignent socialement des véritables dispositions à prendre, jouant à terme les populations les unes contre les autres... pour finalement emporter la décision (diviser pour régner). Elles démontrent leur soumission à un système à l’égard duquel elles sont incapables d’avoir une vision critique... elles montrent qu’elles sont les garantes non pas de l’avenir de notre société mais d’intérêts mercantiles immédiats.

Les problèmes ne sont jamais pris dans leur globalité.. Les politiciens n’ont aucune vision globale de l’évolution de la société humaine mais ne sont que les porte paroles de processus économiques aberrants et qui nous conduisent à la catastrophe.

Dans cet affaire du 2e aéroport nous allons assister à des conflits mesquins qui vont aboutir à des conflits beaucoup plus sérieux : aucune population n’acceptera, et à juste titre, une telle infrastructure... L’affrontement entre population et autorités est inévitable.

J’exagère ?.... Dès aujourd’hui je prends date.

14 janvier 2006      

                                                                 Patrick MIGNARD

 

 

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IMAGE DE LA POLICE / POLICE DE L’IMAGE

La police (et la gendarmerie aucune différence n’est faite dans cet article entre ces deux corps de l’Etat qui ont la même fonction) fait la chasse à sa propre image sur les sites internet et sur tout ce qui peut constituer un vecteur de communication. Les syndicats de policiers sont soucieux de préserver l’anonymat des fonctionnaires de police qui font leur métier dans la rue.

Etrange attitude de la part d’une institution qui se proclame républicaine et garante des libertés publiques.

Pourquoi la police a peur, ou aurait peur, de sa propre image ?

La plupart des sites internet et journaux se sentent obligés, sous la pression, de « flouter » les visages des policiers en action. Mais que craignent les policiers ? D’être reconnus ? Et alors ! Par qui ? Par celles et ceux qu’ils arrêtent, qu’ils contrôlent... mais ils le font à visage découvert. Par leurs voisins ? Leurs familles ? Leurs enfants ? Le citoyen Lambda ? Mais pourquoi ?

Peut-être s’agit-il d’un excès de timidité, d’humilité de la part d’un corps d’élite, à l’Histoire prestigieuse et sans tâche, totalement dévoué à la population et qui souhaite en toute humilité remplir sa mission dans un anonymat quasiment monastique ? Peut-être. C’est une hypothèse à ne pas exclure. Mais un fait pourtant me fait douter de cette hypothèse : c’est l’agressivité déployée à l’encontre de ceux qui s’obstinent à obtenir des documents filmés sur les pratiques policières. Cette attitude agressive cadre mal avec l’humilité d’une mission. Alors ?

Alors, le mystère reste entier.

Certains individus assurément malfaisants et suspicieux affirment que la police se livrerait à des pratiques parfaitement contradictoires à l’éthique républicaine tel que tabassages, interrogatoires musclés, « contrôles ethniques » accompagnés de propos racistes, etc... ce qui expliquerait que les policiers ne veulent aucun témoin, aucune preuve. Mais honnêtement qui peut croire de telles fables ?

Aucun policier n’a jamais reconnu de tels faits. Jamais leurs syndicats n’en ont fait état. Nous avons pour preuve du caractère parfaitement diffamatoire de telles allusions les propos tenus par tous les ministres de l’Intérieur qui ne manquent pas une occasion de louer l’esprit de responsabilité et de modération des policiers. Nous avons pour preuve la parole même des policiers assermentés, porteur d’une parole officielle et donc forcément exacte. Nous avons également pour preuve le fait que les policiers portent systématiquement plainte contre les délinquants qui n’hésitent pas à les agresser... ces plaintes étant d’ailleurs souvent consécutives à des violences qui nécessitent des arrêts de travail pour cause de blessures. Et puis les enquêtes sur la Police sont menées par... la Police ce qui est évidemment une garantie absolue de neutralité et d’objectivité. Enfin, la Justice qui plus est, institution parfaitement indépendante comme chacun sait - rendue au nom du peuple, qui innocente quasi systématiquement les policiers, apporte la démonstration au fait qu’ils ont une conduite exemplaire et exempte de toute dérive anti républicaine.

Alors ? Alors on ne comprend pas.

Jamais des maçons au travail, des coiffeurs, des barmans, des infirmières, des enseignants ne se sont opposés à la diffusion de leur image. Jamais les pompiers n’ont fait obstacle à la diffusion des images de leur mission. La situation est d’autant plus curieuse qu’il n’existe pas des « films pompiers » ou des « films enseignants », ou des « films infirmiers », alors qu’il existe abondamment des « films policiers ».

La fiction de la mission policière fait l’objet d’un art alors que la mission policière réelle doit rester dans le secret. Curieuse démarche.

Il existe, et c’est à noter, des « chiens policiers » mais il ne viendrait à personne l’idée de « flouter » l’image d’un chien policier. Alors ?

Cette aversion policière pour l’image est comparable à celle des « stars » de cinéma qui essayent d’échapper aux paparazzi. Leur popularité, si elle les sert, dans une certaine mesure dans leur métier, doit à la longue peser sur la vie quotidienne de la personne « pourchassée » par les photographes. Pourtant, à y regarder de prês, les photographes de policiers ne se sont jamais intéressés à leur vie privée, aventures conjugales et autres frasques domestiques. Et puis lorsque l’on photographie un policier surveillant une plage ou participant au secours en montagne, il ne s’oppose jamais au photographe, bien au contraire.

Alors ? Alors le mystère s’épaissit.

Le policier fait-il la différence entre ses différentes missions ? Y en aurait-il qui seraient nobles et d’autres pas ?

Peut-être une piste pour comprendre. Mais alors y aurait-il des fonctions policières et républicaines respectables et d’autres non ? Et quels sont les critères qui feraient la différence ? On ne m’a jamais parlé, et on ne parle jamais de cela dans les cours d’instruction civique.

Virer des chômeurs d’un local occupé, frapper des grévistes qui défendent leur emploi, traquer des sans papiers,... serait-il moins noble que surveiller une plage ?

C’est une question qui n’est jamais posée, et surtout à laquelle le pouvoir et ses policiers ne répondent jamais... mais on ne peut pas penser à tout.

Le droit à l’image de la police dépendrait-il de la nature de la mission ? Plus on peut photographier, plus c’est noble, moins on peut, moins ça l’est ?

Pourtant dans tous ces cas il s’agit du respect de la loi, de la loi républicaine, de la loi démocratique. Cela voudrait-il dire que, dans certains domaines, les conditions pour assurer le respect de la loi ne seraient pas conformes avec l’éthique républicaine et au respect des Droits de l’Homme ? Voilà une intéressante question. Parce que cela voudrait dire également, et surtout, que cette même loi, pour être respectée, pour la faire respecter, on viole la dignité des personnes et que donc cette loi n’est que l’expression de rapports sociaux inégalitaires. Mais cela n’est pas possible puisque la « loi c’est la loi », elle est unique dans la définition et la référence aux principes de « Liberté-Egalité-Fraternité » dont justement les policiers sont les garants. Alors ?

Alors, il faut raison garder : Tout ce raisonnement n’est bien sûr que pure spéculation. Il nous conduit à des conclusions aberrantes dans un système démocratique.

Conclusion : c’est par simple modestie que les policiers refusent d’être photographiés au cours de leurs missions.

 7 janvier 2006                                                                       Patrick MIGNARD

 

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