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Publié dans : #matiere a reflexion

LEGISLATIVES : LE TOUR DES DUPES

 « Ouf ! la digue rose a résisté au ras de marée bleu »( ???) … c’est, en résumé ce que l’on entend à Gauche.Avant le Tour de France, en avant première, nous avons eu droit au Tour des Dupes.

Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes électoraux possibles… Les règles ont été respectées, tout le monde est à sa place, tout le monde va jouer son jeu, son rôle… et tout va continuer comme avant… autrement dit rien ne va se passer. Paix sociale et stabilité politique sont sauves ! N’est ce pas l’essentiel pour les politiciens, qu’ils soient de Droite ou de Gauche ?... et les affaires peuvent continuer comme si de rien n’était.

RITUEL ET PSYCHO DRAME ELECTORAL

Rien de tel qu’un bon suspense pour maintenir le peuple en haleine.

Après une présidentielle traitée et mise en spectacle comme une compétition olympique, avant de partir pour les plages, la montagne et la campagne… pour celles et ceux qui peuvent se le payer… il fallait installer les représentants du peuple dans leurs meubles afin qu’ils nous concoctent des décisions, mesures et réformes qui vont faire les beaux jours de la rentrée.

Le premier tour n’a été qu’un « tour de chauffe » manière de donner l’impression aux petites organisations politiques qu’elles existaient dans un système démocratique… et toutes se sont sagement pliées à ce rituel qui en a fait de glorieux pigeons… Mais ne leur dites rien, elles pensent avoir crevé les écrans (de télé évidemment !).

L’ «  insurrection électorale » tant vantée par certains n’a été qu’un timide borborygme qui n’a même pas réveillé les abstentionnistes las d’être pris pour des cons. Elles ont eu droit à leur passage à la télé (ce qui paraît aujourd’hui être l’essentiel !)… Que demander de plus ?

On est passé ensuite aux « choses sérieuses » entre grands et responsables.

Les systèmes d’alliance, un instant perturbés, ont retrouvé toute leur efficacité, adoubant les uns, éliminant les autres. Certaines et certains en ont même profité pour « changer de crèmerie », « aller à la soupe », « fausser courageusement compagnie à leurs compagnons pour passer en face » … certains même, plus rares il est vrai, en ont profité pour… retourner au célibat …. On a fait le ménage et réajusté le tir.

Bref, que du grand art, du courage, du désintéressement, de la clarté… un exemple pour les jeunes et moins jeunes. Tout pour redonner confiance et recrédibiliser la classe politique.

Les « socialistes » ont trouvé à temps un épouvantail politique pour troubler les esprit et limiter la casse : la « TVA sociale »… machin à laquelle bien peu ont compris mais qui a foutu suffisamment la trouille… l’essentiel étant cela ! Le ras de marée de l’UMP a pris les dimensions d’un pipi de chat… de gros chat,… mais pipi tout de même. La souris socialiste ne s’y est pas noyée et peut continuer, comme dans les aventures de Tom et Jerry, à faire la nique au chat et inversement… sous les acclamations d’un public conquis et fatigué… vivement les vacances !

Oh bien sûr, je mentirai si je disais ne pas avoir apprécié la chute de quelques politiciens… mais ils ont été remplacés par qui ? Pour faire quoi ? Le plaisir enfantin des pantalonnades des uns ne saurait faire oublier la couardise des autres. Bref, rien que du très classique !

Enfin ça y est, c’est l’entracte avant les municipales !

QUE PEUT-ON ATTENDRE DE TOUTE CETTE AGITATION ?

La réponse se résume en un simple mot : RIEN.

RIEN parce que le gouvernement en place va faire ce que bon lui semble,

RIEN parce que l’opposition n’est que symbolique et « montrer ses muscles » au Parlement tient plus de l’exhibition de foire que du combat politique… le 49-3 est d’ailleurs là pour veiller au grain,

RIEN parce qu’il n’y a aucune stratégie politique en dehors du marigot dans lequel s’ébattent les représentants du peuple,

RIEN parce que les organisations politiques « contestataires » sont plus préoccupées par leurs cuisines internes que par la mise en place d’une stratégie de changement,

RIEN parce que les syndicats, comme à l’accoutumée, vont protester (ils savent faire !), s’agiter (ils sont là pour ça !), menacer (ça impressionne toujours, mais pas trop !), proposer (mais on ne les écoutera pas !), consulter (ça ne mange pas de pain !), mobiliser (encore que !), négocier (ça c’est sur !)… et dire qu’ils «  auront fait le maximum » une fois que des pans entiers de nos acquis sociaux seront à terre.

RIEN n’est peut-être pas le mot le plus juste… car en fait ce que nous devons attendre c’est le PIRE : la poursuite de la libéralisation des services, de l’énergie, les atteintes à la protection sociale, la chasse aux « sans papiers », les bavures, etc….

Rien que du très grand classique (bis) mais en pire !

Le système peut dormir sur ses deux oreilles, le bon peuple, gavé de promesses et de spectacle a une fois de plus été grugé par des professionnels à l’expérience et aux méthodes éprouvées.

Du grand art disais je ! Sur ce… passez un bon été !

30 juin 2007

Patrick MIGNARD

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VIGILANCE SOCIALE

 

Ils sont partis un matin, comme tous les matins, à leur travail, lui informaticien, elle infirmière après avoir déposé, comme d’habitude leurs deux enfants (3 ans et demi et 2 ans et demi) à la maternelle.

Ce jeudi 24 mai 2007 à 16h15, le Centre Médico social de Castelnaudary dans l’Aude leur demande d’apporter « quelques affaires pour leurs deux filles » ( ???).

Moment de stupeur… Ils apprennent tout simplement que leurs deux enfants ont été placés, pendant la journée, sans la moindre explication, dans deux familles d’accueil conformément à l’ordonnance signée par un magistrat du tribunal de Carcassonne. ( ???).

Cinq jours et cinq nuits plus tard, après le week end de Pentecôte, après avoir sonné en vain à de multiples portes, ils ont l’explication… Un « corbeau » a envoyé une courageuse lettre anonyme au parquet de Carcassonne, via le centre médico-social de Castelnaudary puis le conseil général de l’Aude, dans laquelle il portait de très graves accusations sur des « sévices sexuels que le père aurait fait subir à la plus jeunes de ses filles »… rien que ça !

Le père, Stéphane, ne sera entendu par les gendarmes qu’une semaine après, et il attendra cinq jours de plus pour s’expliquer devant le juge des enfants de Carcassonne…

Pendant douze jours les parents n’ont aucune information sur leurs filles…

Finalement, tout le monde se rend compte qu’il n’y a rien, le dossier est vide… Tout le monde est relâché.

Circulez y a rien à voir

Ainsi, il s’est trouvé ; et il n’est pas le seul, un juge courageux, intègre, évidemment bien noté et probablement décoré des insignes d’honneur de la République Française, mère des Droits de l’Homme, pour prendre, une fois encore, la bonne décision qui est la preuve de sa grande compétence et de la sagesse de ses réflexions.

On ne comprend pas pourquoi, on n’en sait pas plus sur ces courageux fonctionnaires, le juge en particulier, qui ont su si efficacement veiller sur le bonheur d’une famille en péril. Probablement que cet exemplaire magistrat va rester à son poste et continuer à agir avec la même efficacité... C’est du moins ce que tout citoyen responsable est en droit de souhaiter et d’espérer.

On peut être, aujourd’hui, tout à fait rassuré sur les leçons qui ont été tirées suite à l’affaire d’Outreau et aux autres multiples affaires de dysfonctionnement administratif et judiciaire.

Les promesses sérieuses qui nous avaient été faites se réalisent. L’administration de la Justice progresse, notre pays est en pleine renaissance citoyenne... C’est certainement cette fameuse « rupture » que tout un chacun attendait.

Une ombre cependant dans ce tableau idyllique... Ces parents indignes, mauvais citoyens, reprochent à l’Administration, à la Justice, sa manière d’agir et se réservent le droit de porter plainte contre ces héroïques et efficaces fonctionnaires. Il n’y a vraiment aucune reconnaissance ! C’est à vous décourager d’aider les gens !

Parents qui partez le matin au travail, êtes vous sûrs de revoir le soir même votre enfant ?

Etes vous sûr qu’un malade mental, un voisin irascible, un salaud, un jaloux de votre réussite conjugale, sociale ou autre, un adversaire politique, ne vous dénoncera pas et fera « protéger » votre fille ou votre fils ?

Certes ça peut arriver direz vous, mais vous avez, et pouvez avoir, confiance dans le sens de la mesure et la sagesse des choix de l’Administration, de la Justice et de la Police, bref, de la République dont vous êtes un honnête et contribuable citoyen,... pour remettre les choses en place et prendre les mesures adéquates en toute sérénité et responsabilité !...

Et puis, comme chacun sait,... ça n’arrive qu’aux autres !...

Vous avez entendu parler de cette affaire dans les médias ? Non ? Ce n’est qu’un fait divers comme un autre !… Le MIDI LIBRE journal local en a fait état… probablement un excès de zèle de journaliste irascible en manque d’information.

Dormez en paix braves gens,... les autorités veillent à votre sécurité et à celles des vôtres.

26 juin 2007                                                                         Patrick MIGNARD

 

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LA GAUCHE NE FAIT PLUS, ET NE FERA PLUS LE PRINTEMPS (2)

Tous les acquis sociaux qui ont fondé la légitimité historique de la « Gauche » sont en voie de disparition, et elle est incapable de les sauver. Comme elle s’est convertie, pour sa partie PS, au système d’économie de marché, et comme elle n’a aucune stratégie pour la dépasser dans sa partie « Gauche de gauche », on peut se demander ce qui signifie le discours de gauche.

Un « discours de gauche » c’est facile à tenir… mais ensuite ?

QU’EST-CE , AUJOURD’HUI, QU’ UN « DISCOURS DE GAUCHE » ?

Ne nous méprenons pas, un discours politique (au sens traditionnel du terme) ne peut, aujourd’hui, que se fonder sur des promesses, en aucun cas sur une pratique, ce sont elles, les promesses, qui fondent les espoirs et donc la motivation et la décision de l’électeur… c’est la seule chose qui intéresse le candidat, politicien, et d’ailleurs la seule chose qu’il est capable de proposer. Le drame, c’est que la « Gauche de la gauche » est entrain de faire la même erreur et de prendre le même chemin….

Ne nous contentons pas que du discours, mais au contraire inversons le rapport.

Posons la question :

« Votre discours, vos promesses se fondent sur quoi, sur quoi de concret, sur quelle pratique ? »

« Quand vous dites qu’un « monde est en marche « … où est-il ce monde ? Où en sont les prémisses ? » Le politicien, et même le militant est évidemment incapable de répondre à cette question. Tout dialogue avec lui est stérile en ce sent qu’il ne porte que sur des intentions…

Le discours, son discours, ne passe pas/plus parce qu’il est vide. Vide de toute référence concrète, vide de toute pratique, vide d’expériences qui montrent, qui prouvent, qui pourraient convaincre qu’un changement est possible, que de nouvelles relations sociales sont possibles, que de nouveau rapports sociaux sont viables.

Le discours de Gauche n’est qu’un discours qui s’auto justifie, qui se ment à lui-même, il n’est porteur de rien de concret. Il fonctionne en circuit fermé. Il fait appel à l’affect (fidélité) ou à des slogans marketing (style « 100% à gauche » ou « un autre monde est en marche ») qui ne recouvrent aucune réalité concrète. En dehors d’une telle conception du politique, je soupçonne, et même j’accuse, tout politiciens de manipulation, de mystification, d’incompétence et de tentative d’extorsion du pouvoir (qui est bien plus grave que l’extorsion de fonds) à des fins personnelles et/ou partisanes. Ceci est vrai pour la Droite qui assume le système qu’elle gère…, mais aussi vrai pour la Gauche et ses satellites (en orbite basses et hautes) qui elle « théoriquement » remet en question ce système en tout ou partie…

Mais, l’ambition politique recule à l’infini les limites du culot et finalement du ridicule.

Qu’un ancien premier ministre, et pas n’importe lequel, celui qui a stoppé net la « phase sociale » de l’expérience de la Gauche au pouvoir, puisse aujourd’hui se présenter comme le « leader » de la défense du social a quelque chose de surréaliste et d’indécent…. Souvenez vous de la campagne sur le TCE.

Que des « révolutionnaires », obnubilés par les résultats électoraux (encore qu’ils en ont une interprétation plus qu’optimiste…) et la popularité médiatique de leur leader soient prêt à marcher dans les combines politiciennes, n’aient qu’une vision marketing de l’action politique, ne peut que laisser songeur sur leurs véritables intentions et la pertinence de leurs analyses et de leurs intentions.

C’est d’un ridicule qui ferait rire si ce n’était pas en fait l’expression d’une vision totalement aberrante de ce qu’est l’Histoire et un mépris souverain de ce qu’autrefois on osait encore appeler le Peuple.

LA GAUCHE SERT-ELLE ENCORE A QUELQUE CHOSE ?

Pour ce qui est du changement de système la réponse est bien entendu non.

Par contre elle représente une utilité certaine pour donner l’illusion aux citoyens qu’ils sont dans un système qui, du fait de l’alternance, peut permettre le changement…. Alors qu’il est aujourd’hui démontré et évident qu’il n’en est rien.

L’astuce de la démocratie marchande consiste à faire croire que l’alternance Droite-Gauche, et l’existence d’une « opposition-croupion » d’extrême gauche poussiéreuse et folklorique est non seulement une caractéristique et une garantie du « fonctionnement démocratique », mais qu’encore elle permet le changement. Droite et Gauche ont besoin l’une de l’autre, et ce dans tous les pays « démocratiques ». Une des définitions de ce que l’on appelle pompeusement la « démocratie moderne » est justement cette alternance qui donne l’apparence du changement mais qui en fait verrouille tout.

L’énergie militante déployée par les milliers d’adhérent-e-s des organisations de Gauche est ainsi dépensée en pure perte. Les grandes messes électorales, les défilés processions, les manifestes, les pétitions, les affiches consciencieusement collées, les tracts besogneusement distribués, l’argent généreusement versé… n’ont rien changé et ne changeront rien au rapports sociaux dans lesquels nous vivons. Il ont un intérêt cependant : ils permettent à des bureaucrates d’accéder à des fonctions où il seront grassement payés et bénéficieront de privilèges exorbitants (faut-il citer des noms et donner des exemples ?).

La Gauche restreinte et/ou large, à 10% ou à 100% ( ?) est incapable de résoudre le problème de l’exclusion sociale et de la préservation de l’environnement. Pourquoi ? Simplement par ce que sa problématique économique est rigoureusement identique à celle de la Droite… elle ne remet à aucun moment en question le salariat et n’a aucune stratégie pour y parvenir.

L’illusion que peut procurer la Gauche, l’espoir qu’elle peut encore faire miroiter est la garantie essentielle, sur le plan politique de la pérennité pour le système marchand et de la pérennité des bureaucraties qui l’incarnent.

L’INEVITABLE DERIVE DE LA « RADICALITE » ?

Durant tout le 20e siècle, et encore aujourd’hui, et partout dans le monde le « destin » de la radicalité en politique semble être de s’ « émousser » et/ou de se perdre dans les imprécations. Toutes les organisations politiques, qui tenaient, ou qui tiennent un discours radical, un discours sur le changement de société ont toutes sombré dans la collaboration, la participation, le réformisme, l’électoralisme,… voire dans l’invective et pour certaines le terrorisme verbal ou armé… bref n’ont rien changé. Certaines ont fait leurs les principes du système marchand, d’autres les ont irrémédiablement condamné mais sans trouver la moindre issue pour en sortir. Même celles qui ont réussi à prendre le pouvoir ont toutes, sur le long terme, échoué.

Y aurait-il une fatalité par le caractère indépassable du système marchand et donc par le caractère totalement utopique et irréaliste des projets de changement ? C’est l’hypothèse que voudrait bien faire valider les profiteurs du système… ils sont d’ailleurs parfaitement secondés en cela par les escrocs des « politiques de gauche ».

En dehors de cela, toute radicalité est décrétée « utopie », autrement dit irréaliste.

La période n’est plus aux fausses solutions et aux pratiques obsolètes. La dégénérescence de la pensée politique a produit une caste parasite qui entretient et se nourrit de notre propre impuissance.

Le concept de « radicalité » doit-être réexaminé à la lumière des erreurs du passé, des contradictions du présent et des impératifs de l’avenir et non plus simplement en terme de marketing politique, mais en terme de pratique alternative concrète. La radicalité doit fonder une pratique sociale innovante et en rupture avec les règles sociales et économiques des rapports marchands. Sans praxis, point de salut. Le problème c’est que dans les organisations de la Gauche de la gauche, on ne sait pas/plus ce qu’est la praxis. J’exagère ? Faites l’expérience, demandez aux militant-e-s !

Nous devons sortir la radicalité des méandres de la langue de bois politique en lui donnant une dimension sociale. La radicalité n’a de sens que quand elle est l’expression d’une pratique.

Les dérisoires victoires électorales enflamment régulièrement les militants chauffés à blanc par des bureaucraties parisiennes qui n’aspirent qu’à une chose : profiter du pouvoir. Faire confiance à tous ces bonimenteurs, aussi convaincants soit-ils c’est se condamner à reproduire le système tel qu’il est.

La Gauche n’est qu’une coquille vide jetons la dans les poubelles de l’Histoire . Elle ne fera plus le printemps.

23 juin 2007


Patrick MIGNARD

Voir aussi les articles :

« LA GAUCHE NE FAIT PLUS, ET NE FERA PLUS, LE PRINTEMPS (1) »

« SE REAPPROPRIER L’ECONOMIQUE ET LE SOCIAL »

« VERS LE BIPARTISME »

 

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LA GAUCHE NE FAIT PLUS, ET NE FERA PLUS LE PRINTEMPS (1)

L’a-t-elle fait d’ailleurs une fois dans son histoire ? Oui, on peut dire qu’elle l’a fait du moins dans les têtes et dans les cœurs, mais certainement pas dans le changement des rapports sociaux. Ces expériences qui font partie de sa légende sont entrain de « tourné au vinaigre ».

Qu’en reste-t-il véritablement aujourd’hui ? Rien ou pas grand-chose, une nostalgie dont on ne sait plus très bien s’il faut en rire ou en pleurer.

La Gauche a peut-être fait le printemps, mais elle n’a jamais tenu jusqu’à l’été.

Si l’Histoire ne se reproduit que sous forme de farce, c’est à un véritable opéra-bouffe que nous assistons aujourd’hui.

DES « ESPOIRS INSENSES » AUX « ILLUSIONS PERDUES »

Après une courte période au tournant des 19e et 20e siècle, durant laquelle le mouvement disons « progressiste » à remis clairement en question les fondements du système marchand (citons l’ancien article 2 des statuts de la CGT appelant à « l’abolition du salariat et du patronat »), la Gauche n’a plus réellement menacé le système… dans certains pays elle l’a même carrément et farouchement défendu : l’Allemagne d’après la 1er Guerre Mondiale par exemple. Le syndicalisme quant à lui a peu à peu sombré dans la cogestion critique ou la contestation molle,…au choix.

Il faut dire qu’à cette époque où les pays développés avaient encore un empire colonial et quasiment le monopole de la technologie, de la production et de la distribution, il y avait pas mal de « gâteau à partager ». Tout le monde s’accordait à considérer cette situation comme éternelle.

Même après la Deuxième Guerre Mondiale, les « Trente Glorieuses » n’ont fait que renforcer cette attitude de « surfer » sur les délices d’un système théoriquement honni mais au taux de croissance exceptionnel et réalisant un quasi plein emploi. La gestion du système (le PS et la 4e République) et la défense névrotique de l’URSS pour le PC, ont permis la structuration d’une Gauche qui lorsqu’elle a perdu sa place en 1958 n’a plus qu’espéré une chose : revenir au pouvoir et montrer ses capacités gestionnaires.

La Gauche s’est ainsi installée dans la situation confortable d’une contestation placide, se contentant de critiquer les mesures, et attendant des jours meilleurs en répétant inlassablement, au point que nombreux l’ont cru, « qu’on allait voir ce que l’on allait voir ». Mais on va le voir : on ne se tire pas sans dommages d’une longue hibernation.

1981. Après un départ sur les chapeaux de roues…la Gauche allait soit disant terrasser le chômage (entre autre). Le spectacle ne fut pas à la hauteur des espérances, ni dans la gestion des affaires, ni dans le comportement du personnel politique. La gauche ne fit pas plus mal que la Droite… elle fit, sur le moyen terme, ce qu’aurait fait, à quelques détails près, cette dernière. Rien ne changea sur le fond… malgré, par exemple, les nationalisations qui devaient être le « fer de lance » du changement…. Non seulement rien de changea… mais petit à petit elle initia une politique qui rejoint celle de la Droite… la cohabition en fut son sacrement politique.

Le temps des « illusions » était passé et en l’absence de stratégie de changement, dans un contexte où la mondialisation marchande, la perte des empires coloniaux, la redistribution des cartes énergétiques ont singulièrement compliqué la tâche des nouveaux gestionnaires, ceux-ci se glissèrent peu à peu dans les habits d’un libéralisme économique dont on peut apprécier, et ça ne fait que commencer, les dégâts dans tous les domaines.

ADIEUX VEAUX ,VACHES, COCHONS, COUVEES !….

La Gauche au pouvoir n’est plus Marianne à l’air avenant et à la poitrine généreuse, mais plutôt Perrette et son pot au lait… du moins pour la partie de la population qui dansait le soir du 10 mai 1981.

Les promesses de changements sont restées « lettres mortes ». Oh ce n’est pas que la politique économique de la Gauche ait été catastrophique… Sur un plan gestionnaire, pas plus catastrophique que le Droite… il suffit de voir les indices boursiers de l’époque. Le problème c’est que la Gauche s’est considérée, malgré son discours, dans la même problématique que la Droite et à parfaitement épousé les principes de gestion (rentabilité) et les orientations libérales.

Les choix sur des principes de défense de solidarité, de service public, de priorités sociale ont été abandonnés et n’ont plus été évoqués que dans les discours le soir de scrutins électoraux et dans les congrès bien, et souvent trop, arrosés.

Le rêve d’une Gauche telle qu’elle se définissait mythiquement, du moins tel qu’on l’imaginait avant son accession au pouvoir s’est définitivement brisé sur la réalité de sa pratique politique.

Le désarroi citoyen qui couvait un œuf depuis des mois a donné naissance à un bien curieux poussin : le 21 avril 2002.

POUVAIT-IL EN ETRE AUTREMENT ?

Le discours de la Gauche n’a toujours été en fait qu’un discours et, si l’on y réfléchi bien, les réformes qu’elle a pu réaliser, en France comme ailleurs, ne sont que des mesures qui étaient « acceptables », « digérables » par le système marchand, à l’exclusion de toute mesure qui pouvait porter atteinte à sa domination. C’est, il faut le constater, toujours, au nom du « réalisme » que la Gauche est toujours restée en deçà de ce qui pouvait l’impliquer dans un affrontement avec les lois du système. Son discours a parfois dépassé les limites acceptables pour le système, sa pratique politique jamais.

En effet, les mesures mises en place par la Gauche n’ont jamais porté atteinte aux fondements du système marchand, ni au moment du Front Populaire, ni à la Libération, ni évidemment sous Mitterrand et ni finalement avec Jospin…

La Gauche, et j’y inclus évidemment le PCF, celle que l’on a vu, ou plutôt entendu, (Changer la vie !... la bonne blague !) avant qu’elle prenne le pouvoir est morte et définitivement enterrée, simplement parce qu’à un moment donné, lors de son arrivée au pouvoir, il a bien fallu qu’elle montre ce dont elle était capable. L’expérience a été édifiante !

Sa pratique politique n’a fait que reproduire ce qu’avait fait la Droite. Elle s’est glissée dans les habits de la démocratie marchande, dans ceux de la 5e République (celle du « Coup d’Etat permanent »-dixit un certain F.MITTERAND) », ne considérant les citoyens que comme des instruments électoraux lui permettant d’accéder au pouvoir. Jamais, à aucun moment elle n’a suscité, impulsé, aidé à une organisation alternative des rapports sociaux, à la mise en place d’une logique économique nouvelle fondée sur le respect de l’individu.

On ne peut pas dire qu’elle a échoué,… elle n’a rien fait.

Doit-on s’en étonner ? Non. Pourquoi ? Parce que, toute pratique politique qui ne se fonde pas concrètement sur une pratique alternative des rapports sociaux est irrémédiablement condamnée à reproduire les rapports dominants. Ce n’est pas moi qui le proclame, c’est l’Histoire qui nous l’enseigne. Or, la Gauche n’a jamais eu, peut-être au 19e à ses débuts, encore qu’elle ne s’appelait pas la Gauche, l’intention, le projet de fonder sa politique sur une telle démarche. La dérive que l’on connaît était donc inscrite dès le début dans son attitude.

Le discours de gauche, aussi radical soit-il, du fait de l’absence absolu de projet concret se fondant sur une pratique est nul et non avenu… Toutes les expériences « de Gauche » l’on désormais largement démontré,… et ce, partout dans le monde et à toutes les époques…. Et jusqu’à aujourd’hui :

16 juin 2007                                                        Patrick MIGNARD

Voir aussi les articles :

« LA FIN DE LA SOCIAL DEMOCRATIE »

« LE 3e AGE DU SYNDICALISME »

 

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MISERE DE LA CONDITION MILITANTE

Ce texte va me valoir les pires sarcasmes, y compris de la part de personnes que j’aime bien. Ce n’est pas contre elles que j’écris… quoiqu’elles ne le comprendront pas, mais bien au contraire pour elles et celles qui seraient tenter de les imiter. Par contre si ce texte peut porter un coup fatal aux bureaucrates parasites (inutile de citer des noms, regardez autour de vous… et surtout les médias) qui se nourrissent de l’énergie sans limite des honnêtes, mais naïfs, militants… il aura atteint son but.

Ce texte est dédié au/à la/ militant-e inconnu-e

Quand on regarde de près l’activité militante politique on ne peut qu’être surpris entre la quantité incroyable d’énergie généreusement dépensée et la maigreur des résultats obtenus. Sans pour cela vouloir appliquer les règles d’optimisation, chères à la gestion, à l’activité militante, un tel décalage mériterait d’être étudié.

Ce gaspillage inouï d’énergie, de temps et de moyens apparaît être une fatalité acceptée par celles et ceux là même qui en font les frais : les militant-e-s de base. Il est question ici du « vrai » militant, celui qui est désintéressé, animé par des convictions réelles, sincères et qui n’utilise pas le militantisme comme le font les bureaucrates pour asseoir leur pouvoir, trouver un issue socialement favorable à leur médiocrité et leur couardise ou continuer dans des conditions optimales leur petites et grandes affaires plus ou moins maffieuses.

SYSIPHE…

Le militant est une sorte de nouveau constructeur de cathédrale… il érige un édifice avec sa sueur, bénévolement, pour la gloire d’une cause, en fait dans l’intérêt d’une classe parasite Plus on milite pour un « monde sans exploitation », plus on se fait exploiter par les bureaucrates que l’on sert… et l’on en est fier… et l’on accuse celles et ceux qui refusent cette situation, d’égoïstes, d’irresponsables et, le comble, d’inconscients ( ?)

Ce n’est plus « cent fois sur le métier remettez votre ouvrage », mais plutôt « mille fois », voire « dix mille fois ». La patience et l’abnégation du militant sont sans limite. Il a toujours une bonne raison dans son raisonnement pour expliquer son échec qui non seulement ne l’abat pas mais au contraire le ressource. Alors que l’échec l’aliène encore un peu plus, il croit au contraire que sa conscience se renforce. Il y a de la mortification dans cette attitude à l’image des croyants qui acceptent le malheur en hommage à la puissance de leur dieu qui les met à l’épreuve.

Le militantisme, tel qu’il est pratiqué aujourd’hui, est une forme de « mortification laïque » permettant de supporter l’échec permanent et de dire, surtout de se dire, que l’on a « malgré tout essayé »… Grandeur morale de l’impuissance ! Pouvoir rédempteur de la flagellation ! Il ne manquerait que les stigmates de la crucifixion !

Le militant a trop tendance à confondre la détermination dans les convictions et l’action et pertinence de la pratique politique. Ce n’est pas parce que l’on croit intensément en Dieu… qu’il existe…. Ce n’est pas parce que l’on va voter et faire voter pour la gauche,… ou autre chimère, que le changement de société va se produire… le militant lui, y croit dur comme fer… et ne pas y croire, pour lui, tient de l’hérésie…. Par contre y croire est un vrai sacerdoce !

Ainsi, le nombre de tracts distribués, d’affiches collées, de cartes placées ou de journaux vendus,… devient une chose considérable, voire essentielle. Cet essentiel doit d’ailleurs se muter en un autre chiffre, celui du nombre de voix obtenues par le ou la candidat-e. L’électorat devient ainsi une sorte de pactole, « peuple de fidèles », que l’on défend bec et ongles contre les prédateurs, les autres organisations… ne dit-on pas « nos électeurs ? » Une variation de quelques pourcentages prend une valeur inestimable… d’ailleurs le militant ne se contente plus des pourcentages au moment du scrutin, il lui faut des chiffres « avant » le scrutin, une simulation, une anticipation que fournissent aimablement les sondages le plus souvent manipulés… portant ainsi les fantasmes au plus haut point. Il se dope véritablement à l’adrénaline électorale. On n’est pas loin de la drogue dure.

Le soir des élections c’est la transe… tout est apparemment possible. Pourtant, les jours, les mois, les années passant, les gouvernements changeant, la Droite remplaçant la Gauche et inversement,… rien ne change fondamentalement, voire la situation se dégrade. Alors le militant cherche et trouve des réponses : le contexte international, le retournement de conjoncture, la trahison des partenaires, le sabotage de l’opposition, l’attitude « irresponsable » des abstentionnistes… il n’ose tout de même pas aller jusqu’à soupçonner la Nature ou Dieu… Mais il a réponse à tout. Son courage jamais abandonné, qui est une forme de résignation, lui tient lieu de conscience. Cette certitude proche de la foi, loin de lui ouvrir les yeux, l’enferme et le verrouille dans son monde imaginaire. Fait de lui le moteur d’une autojustification qui lui ferme les portes de la compréhension de la réalité.

Le militantisme boucle sur lui-même. L’important n’est pas finalement le résultat, c’est d’avoir « bien milité ».

J’exagère ?

Mais comment expliquer l’engagement d’hommes et de femmes qui se sont dévoués pendant des années pour des résultats inexorablement remis en question… Pire, les avantages sociaux obtenus ont été dilapidés par les candidats qu’ils soutenaient !. Faut-il donner des exemples ?… Et pourtant ils continuent à soutenir les mêmes crapules qui les ont trahis, les trahissent et sont prêtes à recommencer à la prochaine occasion. Aveuglement ? Amour fou ? Sainteté ?

Celui qui baise la main de son bourreau n’est-il pas un saint ? S’il ne l’est pas il mérite de le devenir. Santo subito !

Le militantisme n’est pourtant qu’un instrument au service d’une cause. Lorsque l’on perd la cause de vue et que le militantisme devient une fin en soi, une manière d’être avant d’être une manière de devenir… alors il y a problème. Problème d’autant plus difficile à résoudre que le mal s’insinue sans prévenir et de manière indolore. Le militant sombre dans une activité qu’il est sûr de maîtriser mais dont il est parfaitement inconscient et dépendant. Il rationalise son attitude et sa démarche en confondant « fidélité » et « obstination », « « alternative » et « alternance », ou encore « marchandisation » et « libéralisme ». Ce qui est plus grave c’est que son statut de militant le convainc de l’inutilité de toute introspection, de toute prise de distance, bref de toute critique… s’enfonçant ainsi toujours plus dans l’erreur et finalement dans le sectarisme. Prendre du recul, se donner le temps de faire le point est impensable, c’est reconnaître, vis-à-vis de soi, mais aussi des autres, que les certitudes sont branlantes, pas sûres, qu’elles peuvent être remises en question… Ce qui est impensable. Il n’y a pas place pour le doute. Oser imaginer que l’on puisse se poser la question est déjà une trahison… en d’autre temps on aurait dit un sacrilège. Le doute ? Vade retro satanas !

ET SON ROCHER

Sisyphe poussait son rocher, le militant lutte… c’est du moins ce qu’il dit, ce qu’il croit. Le terme « lutter » a d’ailleurs pris avec le temps une signification bien singulière. « Lutter » est devenu un terme « passe partout » qui a été vidé totalement de son sens. N’importe quel homme/femme politique lutte, même les sénateurs disent lutter… c’est dire la dégénérescence du terme. Faire une grève de vingt quatre heures, c’est lutter, appeler à voter untel, c’est lutter… Ne dit-on pas que l’ « Union est un combat » ?… quand on sait à quoi sert l’union et qui en profite !… Même le terme « union » a perdu son sens et ne signifie plus rien.

Curieusement, ce qu’a perdu la plupart du temps le militant, c’est le sens du combat, celui-ci s’est en effet confondu avec l’intérêt de l’organisation et les intérêts des bureaucrates qui la structurent et en profitent. Ainsi, la « victoire de la Gauche » est plus la victoire « en soi », de la Gauche que celle d’un projet de transformation sociale… car il est clair que la Gauche n’a jamais fait et ne procèdera jamais à une transformation des rapports sociaux. Voir son/ses candidat/s arriver au pouvoir, voilà l’objectif, de lutte ( ?), du militant…. Ce que les heureux élus feront du pouvoir est une autre affaire… qui ne rentre pas en ligne de compte pour leur engagement. La preuve ? Si c’était l’inverse il y a longtemps qu’il n’y aurait plus de militants dans les partis et organisations de gauche.

C’est là que, par une extraordinaire perversion de l’esprit humain intervient la notion de « fidélité », véritable laisse, chaîne qui lie le militant à son « maître ». La fidélité est une qualité humaine incontestable, mais comme toutes les qualités elle a son côté obscur. Comme l’éloquence, la ténacité, le courage, la fidélité n’a aucune valeur en soi, elle n’a de valeur qu’au regard de la cause qu’elle sert et de la pratique qu’elle détermine.

La « fidélité militante » tourne généralement à l’ « obscurantisme politique ». En effet, la perte de sens de la lutte alliée à l’adhésion affective à une organisation qui s’est bureaucratisée aboutit, génère une attitude d’une stupidité absolue qui fait du militant une marionnette qui se croit libre. Un militant, ou alors ils sont rares, est incapable de voir la « dérive » politique, bureaucratique de son organisation. Celle ou celui qui essaye de lui montrer passe pour un traître ou un adversaire. Vade retro satanas !-bis-

La fidélité pour le militant est l’équivalent du « patriotisme » d’autrefois : on se bat on ne sait pas trop pourquoi. On a un drapeau, on se bat pour lui… c’est ça l’essentiel. J’exagère ?

Il n’est qu’à voir les militants qui ont « ouvert les yeux » après des années de fidélité à leur organisation… C’est un véritable drame personnel. Ils ont perdu tous leurs repères… preuve qu’ils n’en avaient aucun en dehors de leur organisation…. Situation typique d’aliénation.

Aujourd’hui, le degré de dégénérescence et de déliquescence des organisations politiques est extrême. Repères de professionnels (élus, notables) d’incapables (faut-il citer des noms ?), d’imbéciles (faut-il citer des noms ?), d’arrivistes (faut-il citer des noms ?), voire d’escrocs (faut-il citer des noms ?), la plupart des organisations politiques structurent l’activité politique de ce que l’on appelle, sans rire, les « grandes démocraties ». Des millions de citoyens/nes, certes à défaut d’autre chose, leur confie leur avenir au travers d’élections formellement démocratiques mais, sur le fond, jouées d’avance. Les militants (de base) leur font confiance, aident à leur légitimation et les confortent dans leurs magouilles et pouvoirs.

Comme Sisyphe, le militant roule son rocher sur la pente de ce qu’il croit être le changement. Une fois qu’il croit avoir atteint son but, le rocher retombe et il recommence… indéfiniment.

Les conquêtes sociales obtenues à force de lutte sont incontestablement des acquis. Nombreuses sont celles et ceux qui ont lutté durement pour les obtenir. Mais soyons lucides, que va-t-il en rester dans cinq ans, dans dix ans,… du service public, des retraites, du temps de travail, de la législation du travail ?… Quelle a été au niveau de l’Histoire la portée de toutes ces conquêtes qui sont entrain de disparaître et pour lesquelles les politiciens et bureaucrates syndicaux nous font user nos semelles, inutilement, sur le pavé de nos villes ?

Paradoxalement, les militants ont rarement le sens de l’Histoire, ils l’ont généralement au travers de citations et de slogans milles fois répétés, d’ouvrages dont ils n’ont lu que quelques extraits et encore,… Finalement on pense pour eux… Ils n’ont qu’à adhérer à des courants, des tendances incarnées par des bureaucrates qui font et défont les idées dans les médias et dans l’organisation de congrès préfabriqués aux motions prédigérées. La « pensée politique » des partis est à la pensée, ce que Mac Donald est à la cuisine.

Ils ont bonne mine les militants des organisations de Gauche de se dévouer pour des partis qui n’ont eu de cesse ces dernières années de remettre en question tous ces acquis. De se dévouer corps et âmes pour des organisations qui n’aspirent qu’à une chose : parvenir au pouvoir… Mais pour y faire quoi ? Appliquer un programme ? Mais quel programme ? Et nous savons très bien qu’un programme n’est qu’un chiffon de papier entre les mains des hommes de pouvoir. Combien de fois faudra-t-il qu’ils se fassent avoir pour le comprendre une bonne fois pour toute.

Aucun programme, aussi précis, progressiste, sophistiqué, détaillé soit-il ne remplacera la pratique sociale de millions de citoyens décidés à changer les rapports sociaux. Or, de cette pratique, aucun politicien n’en veut, au contraire il fait tout pour maintenir le « citoyen-militant » dans une pratique infantilisante ou les promesses et les rappels à la fidélité tiennent lieu d’explication et de justification. Votez, on fera le reste !

Le militantisme est-il à proscrire ? Bien sûr que non, mais entendons nous sur ce que l’on appelle le « militantisme ». S’il s’agit d’une profession de foi telle que nous venons, sans exagération, de la décrire alors oui, il est à proscrire. Si le militantisme est une manière d’être citoyen, au sens originel du terme, une manière d’être critique par rapport à une situation, à toutes les situations, une manière de créer, d’adapter une pratique collective en vue du changement social,… alors OK, je suis partant.

9 juin 2007                                                                           Patrick MIGNARD

Voir aussi les articles :

« ILS NE PENSENT QU’A CA ! … »

« LA FOIRE AUX ILLUSIONS »

« PEUT-ON AVOIR CONFIANCE DANS LES HOMMES/FEMMES POLITIQUES ? »

 

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QUEL NOM LEUR DONNER ?....

"Dis madame, je suis en prison ?..... je veux aller à l’école........on restera là longtemps ?"

 

Lorsque "au parloir" du Centre de Rétention Administrative du Canet à Marseille, des responsables du Réseau Education Sans Frontière et de la Ligue des Droits de l’Homme entendent une enfant de 8 ans, leur poser ces questions dans cet univers d’enfermement, elles disent leur révolte et leur volonté de rendre cette enfant à la liberté et à son école. Mais qu’en pensent les individus qui gardent cet enfant en prison avec toute sa famille ?

Qu’en pensent gendarmes et policiers dans leurs uniformes rutilants et sûrs de représenter, dans leurs fonctions, les valeurs de la République ?

Ce sont des êtres humains et qui revendiquent à juste titre cette qualité, ce sont des hommes et des femmes assurément bons pères et bonnes mères de famille qui une fois leur service terminé rentrent chez eux ; mangent la soupe avec leur famille, amènent leurs enfants à l’école ou au sport ; leur transmettent les valeurs de la République, vont pour certains à la messe le dimanche et même à confesse.

Oh je sais bien va-t-on me rétorquer : « Ce sont des fonctionnaires qui agissent en fonction de la loi, de procédures administratives rigoureuses, de décisions prises par un pouvoir à légitimité démocratique,… ». Mais la plupart, sinon tous, les actes sordides dans l’Histoire se sont fait avec la meilleure intention qui avait pour fondement, Dieu, la Patrie, la République, le Peuple,… Faut-il donner des exemples ?

Mais va-t-on me dire : « Le métier de policier et de gendarme est un métier difficile » Ca, je veux bien le croire, je dirais même, dans ces conditions, impossible,… mais est ce une raison suffisante pour faire et/ou cautionner des saloperies ? Est-ce une excuse ?

Une saloperie reste une saloperie même, et surtout, si la légitimité qui la fonde s’appelle « le peuple ».

Mais l’individu lui, dans sa personne, dans sa conscience à quoi pense-t-il ? Et d’abord pense-t-il ? et si oui à quoi ? Au sens de ce qu’il fait ? Ca ce n’est pas possible sinon il ne le ferai pas. Alors à quoi ?

Par un processus mystérieux et incompréhensible à mes yeux, il a déconnecté le sens de l’acte qu’ils commettent avec l’acte lui-même. L’acte n’a de sens qu’au travers de la procédure administrative qui le commande. Le sens de la vie ne peut-être qu’administratif ( ?). C’est un parfait instrument, un outil… en effet, le fusil ou la hache ne se posent aucune question quant à la fonction dans laquelle ils sont utilisés.

Se peut-il que ; quand on endosse son uniforme, on fasse un trait sur toute humanité et que l’on ne devienne qu’un rouage d’un processus administratif qui broie ses semblables ?… Il semble bien que ce soit le cas et même que ce soit une règle générale.

Comment peut-on qualifier les individus qui acceptent de cautionner de tels actes ? Des salauds ?, des lâches ?… Je crains que ce ne soient pas les bons termes car il n’y a chez eu aucune intention mauvaise, aucun remord, aucune intention perverse ou maligne… ils sont seulement des instruments…. Et, en guise de défense lorsqu’un jour des comptes leurs sont demandés ils revendiquent cet état : « Je n’ai fais qu’obéir aux ordres ! ». Alors ? Instruments ou êtres humains, conscients ou inconscients ? Je ne voudrais pas être à leur place.

L’image de la police et de la gendarmerie, et donc de notre société, déjà souillée du sang d’innombrables victimes est entrain de compléter l’étalage de ses « décorations » avec les larmes de peur de cet enfant.

Patrick MIGNARD                                                        Toulouse 2 juin 2007

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RESISTANCE,… MAIS QUELLE RESISTANCE ?

Il y a des mots qui inspirent, à juste titre, tellement le respect que l’on ne se donne même plus la peine de les expliquer et, ce qui est plus grave, de les utiliser à tort et à travers, au risque souvent de le faire à contre emploi ou dans un contexte totalement inadéquat.

Tel est le cas du mot RESISTANCE.

C’est à bien y regarder, surtout dans la manière dont il est utilisé aujourd’hui, un concept qui se suffirait en lui-même tellement sa charge affective est puissante. Et pourtant… des précautions sont à prendre pour ne pas y perdre sa crédibilité.

CONTOURS ET LIMITES DE LA RESISTANCE

Résister c’est riposter aux attaques d’un adversaire, l’empêcher de gagner du terrain, d’atteindre nos forces vives et dans la mesure du possible de l’affaiblir pour pouvoir reprendre l’offensive et l’initiative dans le conflit qui nous oppose à lui.

La Résistance a, en France, un sens très particulier et renvoie à une période précise de notre Histoire. Vouloir faire un parallèle absolu serait absurde… ce qui ne veut pas dire que le terme « résistance » soit inadéquat et obsolète.

Aujourd’hui, la manière dont les gestionnaires du système marchand portent atteinte aux acquis sociaux, aux intérêts fondamentaux du plus grand nombre, à l’équilibre naturel de notre planète, exige, du moins pour les plus conscients – car toutes et tous ne le sont pas - , de réagir, de protester, de dénoncer… ceci n’est même pas discutable … Soit ! Le premier réflexe est de contrer, de résister à cette agression ! Mais encore ?

On sait pourquoi on résiste, contre quoi on résiste, mais comment allons nous résister ? Quel sens a cette résistance ?

La question du sens, comme son nom l’indique, est essentielle. Il ne s’agit pas seulement de l’aspect moral, éthique qui est incontestable, il s’agit aussi et surtout du sens historique… Je veux dire par là, comment se situe l’action, cette action dite « de résistance » dans le long terme, en terme de changement social, pas seulement en terme d’opposition, qui ne peut-être que formelle, à un système dominant ?

Dans ce « comment » il n’y a pas simplement la « manière de… », mais il y a implicitement la question du débouché,… de l’objectif. Or, même si une résistance peut-être active, voire passive et « héroïque »… on ne peut pas ne pas se poser la question de son objectif à moyen et long terme.

Aujourd’hui, cette interrogation ne figure dans aucune stratégie d’organisation politique… sinon en terme vague et plus ou moins affectif : un « monde meilleur », un « monde nouveau », une « société plus humaine » certains avancent même, mais prudemment, le « socialisme » ( ?),… mais lequel ?

Bref, les contours stratégiques de cette « résistance » sont loin d’être précis et définis. Mais il y a aussi une autre question autrement plus difficile.

QUELLE RESISTANCE AUJOURD’HUI

Si nous parlons de résistance aujourd’hui, se pose tout de même une question redoutable qui est celle de la légitimité du pouvoir en place. Quelle que soit l’appréciation que l’on puisse porter au regard du système politique électoral actuel, le pouvoir issu de ce processus est, aux yeux du plus grand nombre, légitime.

Que peut-être donc une « résistance » à un gouvernement légitime ? Certes, cela renvoie à la notion de légitimité… et tous les pouvoirs ont eu leur légitimité fondée sur bien des principes… Et l’Histoire nous montre qu’une légitimité populaire n’est pas le gage d’un régime politique acceptable et ce n’est pas parce qu’un pouvoir est légitime qu’il agit dans le sens de l’intérêt général.

Or, la résistance à un pouvoir est d’autant plus difficile que ce pouvoir est fondé sur une légitimité reconnue par le plus grand nombre… que cette légitimité soit populaire ou non. Par exemple, s’opposer au pouvoir de l’Eglise au moyen Age était difficile car sa « légitimité » était largement reconnue par le plus grand nombre.

De plus, le système actuel a beaucoup appris de son histoire, il va agir habilement, en donnant l’impression de… tout en sauvegardant ses intérêts fondamentaux.

Ne nous faisons pas d’illusions, le nouveau pouvoir conservateur en France aujourd’hui va connaître un certain nombre de « succès » qu’il saurait monter et valoriser médiatiquement. Par exemple il va réduire les statistiques du chômage et pas seulement en manipulant les chiffres… Comment ? En déréglementant le marché du travail, et en jouant à la baisse les salaires… et dans la foulée (si j’ose dire à propos d’un président-jooger), et avec le même procédé, il va réduire le nombre de délocalisations. Des réactions ? Oui il y en aura, mais elles seront limitées, et je ne suis pas sûr que les syndicats s’opposent à ces mesures avec conviction… et les médias monteront en épingle les « statistiques positives »…

J’exagère ? Mais il suffit de regarder la Grande Bretagne qui a fait sa « révolution conservatrice » depuis vingt ans et qui, d’après mes informations est loin d’être en état d’insurrection, de même que les USA.

On comprend donc, que dans cette situation, le principe de la Résistance n’est pas aussi facile à définir… sinon à en rester au simple niveau symbolique.

Quand on sait que la résistance à un pouvoir dictatorial, qui ne fonde sa légitimité que sur la force, est rarement soutenue, sinon reconnue, imaginons ce qu’elle peut être vis-à-vis d’un pouvoir qui se dit légitime, qui aux yeux de la loi l’est effectivement et qui plus est… est reconnue comme tel aux yeux d’une grande partie de la population… Ce qui est le cas aujourd’hui.

On sait quelle va être l’attitude des organisations politiques « de gauche » : le « trépignement médiatico-politique », la « dénonciation véhémente », la « course aux élus », les « manifestations suivies de délégations dans les préfectures », pétitions, collages d’affiches, manifestes, etc, etc…. C’est d’ailleurs cela qu’elles vont pompeusement. appeler « RESISTANCE ». On sait ce que vaut ce genre d’agitation

QUE FAIRE ?

Sans vouloir paraphraser les stratèges militaires, il est incontestable que « la meilleur défensive, c’est l’offensive ». Or, aujourd’hui le champ d’action sur lequel nous devons agir, nous n’en avons aucune maîtrise, l’adversaire lui y est comme un poisson dans l’eau, c’est son système, son terrain, ses règles, ses lois, ses mercenaires, ses « penseurs », ses médias… De plus, un affrontement frontal avec le système en place est irrémédiablement voué à l’échec,… échec militaire et échec politique.

La contestation, critique et dénonciation ne sont évidemment pas inutiles, à la condition qu’elles ne soient pas uniquement les seules formes d’action… ce qu’elles sont aujourd’hui… du moins dans l’esprit des organisations politiques qui ont la prétention d’ « organiser le changement »( ?)

Les vieilles formes de luttes, grèves, occupations d’entreprises sont à utiliser avec parcimonie. En effet, fort efficaces quand le système pouvait s’acheter la paix sociale par des concessions, elles sont aujourd’hui relativement obsolètes dans un système mondialisé.

La stratégie de résistance se décline en fait aujourd’hui à deux niveaux : celui des luttes et celui des perspectives. Il serait faux de croire que ces deux niveaux sont étanches l’un par rapport à l’autre. Au contraire ils sont en étroite implication.

Les luttes, essentiellement tactiques, doivent être adaptées à la situation actuelle en sachant bien qu’elles ont un champs relativement limité… le système n’ayant plus les moyens d’accorder des concessions…

Les perspectives, elles, sont stratégiques, autrement dit remettent en question les fondements du système en entraînant sa décomposition, relativisant les rapports sociaux actuels et montrant que d’autres rapports sont possibles et même souhaitables.

Ainsi la Résistance n’est pas qu’un mot un peu magique que l’on utilise pour cacher sa propre impuissance, ne reste pas un combat d’arrière garde, ce qu’elle est aujourd’hui, mais une offensive impliquant dans des rapports nouveaux, une stratégie nouvelles et des structures nouvelles, un ensemble toujours plus important de personnes.

2 juin 2007                                                                           Patrick MIGNARD

Voir aussi les articles :

« DE LA CONTESTATION »

« SUR LES STRUCTURES ALTERNATIVES »

« DUALITE SOCIALE /DUALITE DE POUVOIR »

« FORMES DE LUTTES EN PERIODE DE DECADENCE »

 

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