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Publié par PM sur
Publié dans : #matiere a reflexion

MARCHANDISATION ET IRRESPONSABILITE

Les idéologues du système marchand ont coutume de confondre marché et responsabilité. Le marché, ou plutôt, les lois du marchés, seraient le meilleur moyen afin que s’«exprime l’esprit d’initiative et de responsabilité de l’être humain».Cette vision qui constitue un des socles les plus solides et les plus convainquant de la «pensée unique» est en passe de constituer dans l’inconscient collectif le fondement de tout comportement individuel et collectif.


Et pourtant … Il n’en a pas été toujours ainsi. La «rationalité» du comportement humain, forcément social, n’a pas toujours, dans l’Histoire, été déterminée de la manière dont elle l’est aujourd’hui. Ceci permet de prendre conscience de la relativité des «évidences», et doit nous permettre de prendre un recul nécessaire pour porter un jugement sur le «sens» de ce que l’on voit, et donc des jugements que l’on est amené à porter sur soi et/ou sur les autres.


L’ IRRESISTIBLE ASCENSION DE L’«ESPRIT» DU MARCHE


La conception sociale de la responsabilité ou de l’irresponsabilité de l’individu est toujours fonction du rapport social dominant. Quiconque transgresse ses lois est taxé d’irrationalité voire de folie. Quiconque les respecte est qualifié d’individu «normal». L’Histoire est pleine de ces individus qui, contre «toute évidence» se sont élevés ou ont dénoncé des principes sociaux et économiques, ont été condamnés pour cela, pour… être réhabilités quelques siècles plus tard, voire considérés comme des précurseurs, voire des devins (?).

C’est durant le Moyen Age (et oui!) qu’ont été jetées les bases de ce qui constitue aujourd’hui le «comportement rationnel de l’être social», c’est à dire de ce qui est perçu, convenu, accepté, comme un comportement «économiquement normal» ou dit autrement «socialement normal». En effet, face à une conception sociale et politique dominée par la religion durant les siècles de cette époque, s’est peu à peu développé un comportement, une activité, une manière de faire et d’être tout à fait nouvelle.

Les «marchands», de l’an 1000 au 18e siècle, donnent un autre sens à l’activité sociale et à l’image sociale de l’individu. On passe de l’individu «sujet de Dieu» à l’«être social sujet de sa propre histoire». Ainsi la notion de responsabilité se «laïcise»… l’être humain du Moyen Age, responsable de ses actes devant Dieu, et craignant ce dernier dans tous ses actes de la vie, cède peu à peu la place à un individu pour lequel le «sens des affaires » devient la préoccupation dominante. Faire de l’argent devient alors au moins aussi important que de «faire plaisir à Dieu». D’ailleurs l’Eglise ne s’y est pas trompé et à vu très rapidement les risques que représentait ce nouveau comportement qui, en quelque sorte, la concurrençait dans sa domination sociale. Ce processus bien entendu affecte toutes les instances de la société et même, et surtout, le Pouvoir. La Renaissance d’abord et ensuite, et surtout, le Siècle des Lumières sont les étapes de cette «mutation mentale» et c’est la bourgeoisie commerçante qui est le fer de lance du changement politique et économique qui aboutit à l’instauration et à la généralisation de l’économie marchande au 18 et surtout au 19 e siècle.

Sans pour cela renier Dieu, celui-ci prend tout de même un sérieux «coup de vieux» et se voit relégué aux marges des préoccupations humaines. D’un Dieu fondateur de valeurs, on passe ainsi à un Dieu caution des nouvelles valeurs. Celles ci se fondent dans le moule utilisé à fabriquer l’essence de la nouvelle société: l’argent.


LE REGNE DE LA MORALE MARCHANDE


Aujourd’hui c’est chose acquise et intégrée, la morale marchande nous pénètre toutes et tous et nous détermine dans notre comportement social ainsi que dans le jugement et la perception que nous avons de l’Autre. De manière générale il ne nous viendrait pas à l’idée d’accréditer une rationalité autre que celle qui préside à la cohérence du système marchand dominant. Remettre en question cette rationalité demande un énorme effort d’«arrachement» à la norme sociale… effort aussi important que celui que devaient fournir celles et ceux de nos ancêtres remettant en cause la conception déiste de la société. Remettre en question cette rationalité c’est être montré du doigt, considéré comme un «hérétique», un utopiste ou un fou (ce qui est considéré comme la même chose ou à peu prés), voire un être dangereux…

Sans parler des conservateurs, c’est à dire celles et ceux qui souhaitent perpétuer le système dominant, les «progressistes» tombent dans le piège du caractère indépassable de la norme dominante. Le «changement» n’est alors conçu que comme un «aménagement» du système dominant, c’est à dire dans le plus grand respect de ce qui constitue son fondement. Qui en effet aujourd’hui remet en question (en dépit de la frénésie des discours essentiellement incantatoires) la marchandise et ses principes d’existence et son fonctionnement? Peu, très peu, et d’ailleurs le critère de responsabilité se fonde sur ce respect, c’est à dire sur la reconnaissance explicite ou implicite du fondement de sa rationalité. Remettre en question la marchandise est socialement considéré comme parfaitement irresponsable. On conteste, on fustige le marché pour ses excès, parce que «on ne le contrôle pas suffisamment», mais en aucun cas on ne remet en question son existence, son essence. Ainsi se développe une espèce de «contestation molle», de «pseudo radicalité», qui donne l’impression de la radicalité à celles et ceux qui la tiennent ou qui la reçoivent, contestation qui devient l’alibi démocratique de la perpétuation du système marchand.

La plus grande des mystifications a été d’assimiler «citoyenneté et «économie de marché» (voir l’article «LA MARCHANDISE CONTRE LA CITOYENNETE»). En effet, qu’un système, qui a pour principe d’instrumentaliser l’être humain, puisse se parer, idéologiquement, du concept de citoyenneté a quelque chose d’extraordinairement mensonger, manipulateur. Et ça marche. Ca marche au point que le rapport marchand structure notre rapport social dans ce qu’il a de plus intime et personnel.

Prenons le cas du respect de l’autre et du civisme: le respect de l’autre, dans notre activité sociale est garanti, non par le respect qu’on lui porte, mais la crainte que l’on a d’avoir un «malus» par notre compagnie d’assurance. Ainsi, l’entreprise d’assurance devient implicitement la garante du respect des codes de bonne conduite. Sans parler de nos besoins qui sont dictés non par nos goûts ou notre besoin nutritionnel mais par les services marketing des grosses entreprises de l’industrie agro-alimentaire… il est évident qu’un gamin qui mange, aujourd’hui, pour son goûter du pain et du chocolat est un ridicule passéiste aux yeux des autres.

Ainsi, globalement, la rationalité marchande ne nous agresse plus parce que nous l’avons intégré, elle est en nous. Nous l’avons intégré comme nos ancêtres avaient intégré les valeurs de leur époque. Elle est en passe de constituer, que dis-je? elle constitue, l’essentiel du fondement de notre comportement social… Elle constitue, ne nous en déplaise, la principale force de résistance au changement.




Mais, de même que la Foi (quelle que soit la religion, mono ou polythéiste) était prétexte à toutes les excès et atrocités, l’Argent et le système qui le sous tend va être, et est, le prétexte à tous les conflits et de toutes les aberrations telle que (et ce n’est pas la seule), l’accroissement des inégalités et de la pauvreté dans un monde de plus en plus à même de pouvoir satisfaire les besoins de chaque individu… et c’est là, par la prise de conscience de ces situations, que réside le salut de l’humain, autrement dit c’est là, et par là, que l’Histoire se fait.

       Patrick MIGNARD

 15 Avril 2005

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Publié dans : #matiere a reflexion

LA BETE

Lorsque l’on veut faire peur à des enfants, ou autrefois quand on voulait terroriser une population on inventait « la bête », une entité mal définie, aux contours flous mais à l’action maléfique garantie. Dans les périodes calmes, nul besoin d’avoir recours à ce subterfuge, mais en période de crise elle constituait un efficace moyen de pression et de contrôle.

Il fallait bien s’y attendre : les partisans du OUI, à l’approche de l’échéance et devant le ridicule de leur argumentation et la stagnation de leur score dans les sondages, sont en train d’engager leurs réserves. Après la pseudo rationalité, logique de leur discours qui n’a pas l’air d’avoir un effet positif les concernant, ils utilisent la peur.

C’est d’abord la peur du chaos, de l’isolement : « si vous ne votez pas OUI, ce sera le chaos en Europe, voire la guerre... au mieux nous serons isolés, presque excommuniés ». L’argument n’a pas l’air d’émouvoir les foules, saturées de ce genre de discours manipulatoire... l’inconscient collectif a en mémoire le coup du « moi ou le chaos » qui a fait mordre, en 1969, la poussière à l’Homme du 18 juin qui s’est retiré sans demander son reste. De chaos point !

Il faut donc passer au cran supérieur pour faire céder ces « obsédés du NON ». La peur du rouge n’effrayant plus que les bêtes à cornes, on a changé de registre... on est allé chercher le dernier épouvantail disponible dans la panoplie politique. Devinez qui : LE PEN bien évidemment.

Depuis quelques jours, alors qu’il était quasiment à la retraite, perclus physiquement de rhumatismes (on nous l’a même montré marchant avec une canne) et politiquement de conflits de pouvoir, le revoici guilleret s’exposant avantageusement devant les caméras et les micros généreusement tendus.

A l’entendre, le NON c’est lui. A l’entendre c’est lui qui incite les millions de citoyennes et citoyens à voter NON . A l’entendre, le NON qui s’exprime aujourd’hui c’est le « NON national », le « NON du Front National »... et bien évidemment, toujours selon lui, la victoire du NON serait (sera il est sûr et le dit), celui du Front National).

Quel effet peut avoir cette manipulation sur le citoyen hésitant qui s’apprête à voter NON ? La petite voix médiatique lui répètera jusqu’à l’isoloir : « Réfléchis bien, es-tu sûr de ton NON ? Es-tu sûr que ton NON est bien le tien et pas celui du FN ? Et même si tu en es sûr, dans l’urne il n’y aura aucune différence... Alors ? ».

Le doute est insinué... « Ai-je le droit de voter comme le Front National, même et surtout si les bulletins n’ont pas d’odeur ? » « La victoire du NON ne risque-t-elle pas d’être celle du Front National ? ».

Oh, celui là ne votera pas OUI, mais il ne votera pas non plus NON... ce qui est finalement tout bénéfice pour le OUI.

Cette manipulation scandaleuse nous allons probablement la subir jusqu’au scrutin. Les enjeux sont tellement énormes que les politiciens favorables au OUI n’hésiteront devant aucune bassesse pour renverser la tendance qui se profile.

Soyons adultes et ne nous laissons pas épouvanter par des contes imaginaires.

Chassons la bête de nos têtes.

10 avril 2005

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VIOLENCES POLICIERES ET LIBERALISME

 

Pas une seule semaine, voire plusieurs fois par semaine, sans que soient relatés des actes de violences policières à l’égard de citoyens-nes. Devant ces faits, des organisations aussi importantes et sérieuses que la LIGUE DES DROITS DE L’HOMME, le SYNDICAT DE LA MAGISTRATURE et le SYNDICATS DES AVOCATS DE FRANCE se sont sentis dans l’obligation d’organiser une riposte et d’alerter l’opinion publique et l’Etat.

Pourquoi de telles dérives aujourd’hui?


UNE NOUVELLE DONNE POLITIQUE… ET SOCIALE


On assiste indubitablement à une limitation des pouvoirs économiques, politiques et sociaux de l’Etat-nation. Deux raisons expliquent cette situation:

- la mondialisation marchande qui se caractérise par l’interconnexion des marchés et par la même la tendance à rendre les frontières (zones à l’intérieur desquelles les Etats-nation peuvent exercer leurs compétences et autorités) obsolètes,

- le choix politique des Etats de, dans une conception libérale de l’économie, déréglementer les marchés (biens et services, capitaux, travail,…), autrement dit de supprimer peu à peu toute règle et contrôle.

Une telle situation ne peut que limiter les marges de manœuvres politiques et sociales des Etats qui s’en remettent, quant à l’organisation économique des échanges, aux seules lois du marché qu’ils décrètent «naturelles» et «capables d’autorégulation».

On comprend dès lors que le rôle de l’Etat n’est plus l’intervention dans le fonctionnement de l’économie pour, par exemple, rétablir par son action des déséquilibres, mais qu’il se limite simplement au contrôle du respect des lois de la concurrence et désire assurer la paix sociale pour que les affaires (la valorisation du capital) puissent se faire sans problème.

Enfin, la situation de mondialisation marchande a largement exposé les économies des pays industriels développés à une concurrence qui aboutit inéluctablement à la disparition de secteurs entiers de l’économie (d’où licenciements massifs, déstructuration de villes et de régions), à un processus de délocalisations (d’où pertes d’emplois et gonflement du chômage), à des structurations génératrices elles aussi de licenciements, à une tendance généralisée à remettre en question les acquis sociaux (d’où une tension sociale qui s’accroît).

Même si l’Etat n’intervient plus ou a tendance à ne plus intervenir dans les processus économiques, il n’en demeure pas moins le garant de la cohérence et de la perpétuation du système marchand.


MARGES DE MANŒUVRES DE L’ETAT …


Elles se réduisent, du moins sur le plan économique, comme une peau de chagrin. Outre le fait qu’une telle situation remet en question le concept même de «citoyenneté» (l’expression du citoyen au travers de l’Etat perd tout sens lorsque l’on fait exclusivement confiance aux lois du marché), le domaine d’intervention de l’Etat ne peut se situer que dans ses fonctions purement régaliennes et en particulier police et justice… voire militaire dans les cas extrêmes.

On comprend dés lors, pourquoi l’Etat-nation privilégie la répression au détriment de la prévention et de la négociation, pourquoi le «social» devient le parent pauvre de l’intervention de l’Etat. En fait, l’Etat à de moins en moins de choses à négocier (voir l’article «NEGOCIER, MAIS NEGOCIER QUOI?»). Il s’est engagé, auprès des autres Etats, des organisations internationales (OMC,OCDE, FMI) à libéraliser l’économie, et vis-à-vis de l’Europe à respecter des critères qui ne peuvent qu’aggraver la situation sociale (les fameux critères de convergences).

L’Etat devient très concrètement le «gendarme» du système marchand. Il l’a toujours été mais cette fois ci il ne va pouvoir jouer que ce rôle.


…ET MONTEE DU MALAISE SOCIAL


Elle est certes la conséquence du fonctionnement du salariat (voir l’article «LOGIQUE MARCHANDE/LOGIQUE SOCIALE, FAUT CHOISIR!»), qui s’est mondialisé, mais il n’y a plus ce qu’il y avait autrefois: l’intervention de l’Etat qui faisait en sorte que toute contestation, tout conflit, toute revendication, reste dans des limites acceptables pour le système, trouve une solution, certes conjonturelle, dans le cadre de ses compétences, le national. Aujourd’hui la montée du malaise social ne trouve plus les «garde fous» que plaçait l’Etat pour éviter l’aggravation de la situation.

Les privatisations, les restructurations, les délocalisations,… autrement dit la marchandisation généralisée de la vie économique et sociale entraîne des situations déstabilisantes, excluantes, appauvrissantes pour lesquelles l’Etat n’a aucune réponse… sinon des mesures superficielles qui ne règlent que très superficiellement les problèmes posés.


LA SOLUTION REPRESSIVE


Quand on veut maintenir une paix sociale, mais que l’on n’a pas les moyens et/ou la volonté politique de répondre aux revendications, il n’y a pas de mystère, la seule solution est la répression.

L’Etat s’est toujours doté d’un moyen de coercition, mais s’il a pu dans le passé n’en faire qu’un élément de son intervention, aujourd’hui Police et Justice sont en passe de devenir des moyens de «régulation» privilégiés (voir l’article «VERS UNE SOCIETE POLICIERE?»)

Ceci explique la juridiciarisation quasi systématique des conflits. Ceci explique le gonflement démesuré des effectifs de police et son utilisation de plus en plus fréquente.

La police/gendarmerie est désormais devenue, non seulement un pilier (ce qu’elle a toujours été) de l’Etat mais le principal pilier compensant le recours à la négociation qui s’amenuise.

Les gestionnaires du système marchands savent ne rien devoir refuser aux forces de répression dont ils savent qu’ils vont en avoir de plus en plus besoin pour maintenir la cohésion de l’ordre marchand. Une telle situation ne peut être que génératrice de dérives graves dans le comportement de mercenaires qui n’ont jamais eu la réputation d’être respectueux des droits de l’homme… il suffit de voir leurs comportements à toutes les époques de l’Histoire (faut-il donner des exemples ?).

Dotés de pouvoirs et privilèges exorbitants (le droit exclusif de détenir et de dire la vérité) par rapport aux simples citoyens et systématiquement «couverts» par leur hiérarchie, les autorités politiques, la justice et leurs syndicats, ils forment un caste de plus en plus intouchable qui se permet, sous prétexte qu’ils se disent «républicains», ont un code de déontologie (sic) et qu’ils affichent dans leurs locaux la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (re sic), tous les abus.

On ne peut évidemment pas exiger la perfection de la part d’êtres humains chargés de veiller à la paix sociale. Le problème c’est que cette «paix sociale» se fonde sur un système, le salariat, qui ne pose pas le respect de l’individu comme principe intangible… c’est le moins que l’on puisse dire (voir l’article «LA MARCHANDISE CONTRE LA CITOYENNETE»). Dans ces conditions, les pires dérives et abus sont possibles et même certains, surtout quand l’autorité supérieure est implicitement complice. C’est ce à quoi nous assistons aujourd’hui.


Le mythe de la «police/gendarmerie républicaine», mythe qui n’a aucun fondement sérieux, est gravement écorné. Dans sa forme dépouillée de ses oripeaux pseudo sociaux, le système marchand révèle ce qu’il est en réalité: un système fondé exclusivement sur l’instrumentalisation des individus et leur exclusion quand il n’en a plus besoin. C’est cette réalité brute et crue qui va désormais constituer sans fard la réalité de la société civile.

Doté d’un armement militaire de guerre civile, le système marchand s’est mis à l’abri de toute éventualité insurrectionnelle. Ce système, au fur et à mesure de l’aggravation de ses contradictions n’hésitera pas, comme tous les systèmes l’on fait dans l’Histoire, à utiliser tous les moyens pour survivre, y compris les pires.


      Patrick MIGNARD

3 Avril 2005

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