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Publié dans : #matiere a reflexion

L’HERITAGE

L’héritage c’est ce que nous transmettent les générations qui nous ont précédé ; c’est à la fois quelque chose qui, d’une certaine manière, nous est étranger, mais qui, aussi, nous appartient. Qu’en faire ?

On peut le conserver comme un bien précieux, témoin d’une histoire qui n’est pas tout à fait la notre, mais à laquelle affectivement on tient,… on peut aussi le liquider comme étant considéré comme obsolète et inutile.

Politiquement, nous sommes aujourd’hui devant ce même dilemme. Que garder des théories, des analyses, des expériences ? Sommes nous lié-e-s par une quelconque fidélité à notre passé ? Et quelle pourrait être la nature de cette fidélité ? Quel sens pourrait avoir cette fidélité au regard des faillites historiques de ces 150 dernières années ?

HÉRITAGE ET FIDÈLITÉ

L’héritage peut ne pas qu’être un avantage, il peut être aussi un poids, voire un handicap. De même que la fidélité peut ne pas qu’être une qualité, elle peut être aussi une forme de conservatisme et une entrave au progrès de la pensée.

Se laisser emporter par la fidélité exclusive et aveugle à un héritage, pour des raisons tout à fait nobles et parfaitement respectables, porte incontestablement atteinte à la nécessaire clairvoyance, lucidité, aussi bien dans les analyses du présent que dans les perspectives à envisager pour l’avenir.

Pourquoi ?

Simplement, si j’ose dire, parce qu’il est nécessaire de tirer les leçons du passé, des succès mais aussi de ses erreurs, et de savoir en tirer les conséquences, autrement dit, dans certains cas, reconnaître que nos prédécesseurs se sont trompés, aussi héroïques et respectables étaient-ils, et que nous devons, d’une certaine manière leur devenir infidèle,… pas à leurs principes, mais à leurs méthodes.

Cette démarche, j’en conviens, n’est pas facile, est une épreuve morale. Il s’agit non seulement d’abandonner le « nid douillet » des certitudes dans lesquelles nous avons grandi,… mais aussi et surtout de nous lancer dans l’inconnu, de repenser ce qui pour nous était l’évidence… bref de devenir, à part entière, des acteurs et non des « répétiteurs », des disciples fidèles, et d’une certaine manière inconditionnels de nos « maîtres à penser ».

Je parle ici de celles et ceux qui font une démarche honnête, et sans sous entendus,… pas de celles et ceux qui ont fait de l’héritage un fond de commerce qui leur permet de réaliser leurs ambitions de pouvoir et de notoriété. Des noms ?...ils/elles se reconnaîtront !

Toutes les organisations, toutes sans exception, sont fidèles jusqu’à l’absurde à leurs pratiques antérieures, au point d’empêcher la défense concrète et la promotion des valeurs proclamées. Pourquoi un tel entêtement ?

L’INERTIE ORGANISATIONNELLE

Il y a d’abord la bureaucratie qui se forme dans toute organisation et qui verrouille la pensée et l’innovation, mais celle-ci ne saurait tout expliquer.

Il y a incontestablement un effet de groupe, un véritable réflexe identitaire qui fait s’identifier les militants à un passé, une histoire, et cette dernière, structure l’identité du groupe, en fait une entité cohérente, jalouse de cette cohésion qu’elle protège des influences extérieures…. Ecoutez parler les militants !...

On en arrive ainsi à la situation absurde où des organisations qui prônent la rupture, le changement, le dépassement des situations, sont incapables d’appliquer à elles mêmes cette analyse critique qu’elles appliquent à tout ce qui les entoure… et cela au nom de quoi ? De leur histoire, de leur héritage, de la fidélité à leurs « ancêtres » qui « méritent le respect » et qui avaient « forcément raison ». Le reniement des croyances passées est toujours mal vu.

Elles finissent par oublier que l’Histoire n’est pas linéaire et que les méthodes d’hier ne sont peut-être pas efficaces aujourd’hui.

Elles finissent par confondre « valeurs fondatrices », qui elles ne changent pas, et « action » pour les faire triompher, qui doivent évidemment évoluer en fonction du changement de la réalité sociale. L’organisation n’est alors plus un moyen, ce qu’elle est originellement, mais une fin en soit… le musée du passé qui donne un sens au présent.

Cette dérive conservatrice est bien évidemment encouragée par la bureaucratie régnante au sein de l’organisation : elle est la garantie que rien ne change dans les privilèges et les pouvoirs des dirigeants… jusqu’à ce que la réalité fasse éclater ce « bel agencement » dans le drame !… Demandez aux militants du PC !

HÉRITAGE ET MODERNITÉ

Tout héritage vieillit, non seulement parce que le temps passe, mais aussi et surtout parce que les conditions sociales changent. Les certitudes d’une époque, si elles faisaient alors illusion, sont aujourd’hui largement relativisées et irrémédiablement soumises à la critique des évènements écoulés depuis, aux erreurs passées et aux impasses d’aujourd’hui.

Le phénomène est d’autant plus important que le système en place, lui, s’est développé, a créé de nouvelles conditions qui s’imposent à toutes et tous.

La modernité nous talonne, nous pousse, nous bouscule et peut nous faire tomber. Mais quelle est réellement cette modernité ?

En l’absence de toute analyse, critique, sérieuse et crédible, il, le système en place, représente la réalité, le présent et la « modernité ».

En l’absence de toute alternative qui puisse donner une autre vision de l’avenir, le système en place représente ce qu’il y a de plus concret, de plus « moderne ».

Cette soit disante modernité qui s’impose à nous, n’est en fait que les conditions d’existence du système dominant, de la valorisation du capital et des soumissions qu’il impose à tout un chacun pour atteindre ses objectifs.

De fait, c’est au nom d’une fausse conception de l’héritage que nous avons bâti, à une impuissance congénitale des organisations politiques actuelles, que s’impose à nous une conception aberrante de la modernité.

L’existence envahissante du système dominant, qui impose ses lois, ses règles, ses principes sans aucune concurrence sur le terrain de la réalité sociale, sinon un discours purement théorique , incantatoire et intentionnel, défini le cadre de ce qui est, de ce qui peut-être et surtout de ce qui doit être.

Il verrouille ainsi, à la fois l’intelligence de ce qui est, en noyant ses contradictions dans l’ « évidence des faits », mais aussi, et surtout, toute vision prospective de l’avenir qui pourrait se fonder sur des principes éthiques et d’organisation sociale en rupture avec ce qu’il est.

Nous avons hérités de réflexes qui s’avèrent aujourd’hui parfaitement obsolètes et que nous sommes incapables de soumettre à la critique.

Respect aveugle de/des héritage/s et adhésion à la « modernité » (du système dominant s’entend !), ne sont en fait que les deux faces de ce qui détermine aujourd’hui l’impuissance politique du mouvement social dans son ensemble, et de ses différentes composantes politiques en particulier.

La critique globale théorique et pratique, à la fois du système, mais aussi de nos référents/références, est notre tâche principale pour nous sortir de l’impasse politique dans laquelle nous nous trouvons.

26 janvier 2008                                                                  Patrick MIGNARD

Voir aussi :
« SE RÉAPPROPRIER L’ÉCONOMIQUE ET LE SOCIAL »
« MÉFIONS NOUS DES MODÈLES DÉPOSÉS »

 

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LES LUEURS « TAMISEES » DE L’ESPOIR

 « Il n’est de vent favorable que pour celui qui sait où il va »

« L’espoir fait vivre » parait-il ? Il fait aussi survivre et aujourd’hui, ici, en France il fait surtout patienter… indéfiniment.

Serait-il rythmé, cet espoir, par de quelconques perspectives concrètes dont on peut voir la réalisation, ou du moins leurs prémisses, dans un frémissement de la société ? Que nenni ! Rien de tout cela ! Seulement de l’espoir, du pur espoir, fondé sur des souhaits, des croyances, des désirs, des aspirations…

Au Moyen Age l’Eglise distillait l’espoir en promettant le Paradis après une dure existence de labeur. Foutaise direz vous ! Certes, mais ça a marché pendant des siècles ! Aujourd’hui les promesses ne sont plus les mêmes, mais ça marche toujours.

DU PIÈGE DES « FAISEURS D’ESPOIR »…

Ils sont partout, et pas qu’à la télé. Ce peuvent être vos collègues de travail, voisins, vos parents, vos filles et fils, c’est même peut-être vous-même. Il y en a, c’est vrai, qui sont plus actifs que d’autres… Il y en a qui « fabriquent » de l’espoir comme d’autres des chaussettes pour se protéger du froid. Il y a des professionnelles de l’espoir mais il y a aussi de simples adeptes, des « fidèles de causes », des militants qui ânonnent ce que leur racontent leurs dirigeants qui « eux savent »…. Ces derniers sont les plus convaincants car au moins ils y croient, les autres en vivent et en profitent (des noms ?)

Au fil des siècles on a remplacé le « Mon Dieu exaucez mes voeux… », et autre « C’est Dieu qui le veut ainsi » par : « Ils vont bien trouver une solution… », ou « Ca ne peut pas durer comme cela… » Pour finir par dire « « Il en est ainsi, comment faire autrement ?… »

Les faiseurs officiels d’opinion, d’une pensée qui se voudrait contestataire, sont passés maîtres dans l’art de faire vibrer les foules, autrement dit de recréer les conditions de, disons le terme, la croyance. En fabriquant des idôles bien vivantes, qui savent parler et surtout faire rêver… des noms ?

Car le système, dans son immense bonté a tout prévu… Non seulement ce qui permet de le valoriser, mais aussi ce qui permet de le critiquer,… mais attention, dans une certaine mesure, une mesure qui évite bien sûr de poser les vraies questions et surtout de mettre en place des procédures en vue de son dépassement.

Il y a plusieurs manières, en dehors de la religion, de susciter artificiellement l’espoir :

- les promesses : c’est le plus sûr moyen de faire marcher les naïfs : bien propre sur soi, entouré de « vedettes » du sport et des spectacles, tenant un discours style « le bon sens près de chez vous », « mais évidemment… », « mais naturellement… », « mais absolument… »… votez pour nous « vous allez voir ce que vous allez voir ! »

- satisfaire des intérêts immédiats « habiller Pierre en déshabillant Paul » tout en dénonçant Paul de manquer d’esprit solidaire… et d’apparaître ainsi en redresseur de tord.

- le détournement de conscience : le sport est le principal dérivatif (Jeux Olympiques, Tour de France…), mais aussi les « histoires de fesses » concernant les politiques, les sportifs, les vedettes médiatiques, tous se mélangeant dans une ronde délirante rapportée par une presse caniveau et les détours des grands médias – voir les émissions « poeple » où se pressent assidûment tous les politiciens, de l’extrême droite à l’extrême gauche…. On peut rajouter dans cette démarche les évènements dérisoires montés en épingles : accidents de personnalités, naissances princières de préférence multiples, disparitions présidentielles ou princières qui plongent le bon peuple dans le désarroi et surtout l’oubli…

- en évoquant de vielles gloires, plus ou moins rance, mais canonisée dans leur mouvement ou leur parti (des noms ?). Mortes, elles n’ont plus de compte à rendre et l’on leur fait dire ce que l’on veut. « Hommage à… », « L’espoir c’était lui… », plus rarement elle, « Il est toujours vivant dans nos cœurs… », « Il est un exemple pour nous… », « Restons fidèles à… »

Tous les politiciens, qui veulent bien sûr notre bonheur, sont rompus à toutes ces techniques pour nous faire rêver.

L’art de la dérivation de la conscience a atteint aujourd’hui des sommets de sophistication et est à l’origine d’une véritable industrie…. Ce que l’on appelle la « communication ». .

Les « petites phrases » et les frasques conjugales des politiciens, la vie trépidante et plus ou moins sordide des artistes et sportifs de Cour, les manifestations sportives hystériques aux relents nationalistes,… toutes ces manœuvres permettent de maintenir le « bon peuple » dans les limites de la « paix sociale » nécessaire pour assurer la pérennité du système.

Le soutien d’un sportif ou vedette du show biz de renom vaut mieux que des promesses que de toute manière on ne tiendra pas.

… AU DÉPASSEMENT DES ILLUSIONS

L’illusion a cela de pernicieux c’est qu’elle structure une vision globalisante de la réalité. S’ancrant dans la réalité elle permet un « dépassement » chimérique dont la principale manifestation en est ce que l’on appelle communément le « rêve éveillé ».

Se fondant sur une conception totalement absurde du « réalisme », elle en emprunte le caractère convaincant pour en projeter, par extrapolation, une image idéalisée.

C’est sur cette vision totalement fantasmatique que se fonde l’espoir. Cet espoir se construit sur la patience et la confiance :

- la patience : car « on ne peut pas avoir tout, tout de suite »… l’impatience étant, bien sur, irréaliste… La soit disante « patience » permettant de différer indéfiniment le changement…
- la confiance : dans les maîtres, les experts, les dirigeants, les chefs, (autrefois les curés et les prêtres)… qui « eux » savent… les autres, bien sûr, ne sachant rien ou pas grand-chose, ou pas l’essentiel. Cette soit disante « confiance » permet avantageusement d’éviter de repenser la théorie et la pratique de l’évolution du système marchand et de son dépassement.

Dépasser ces illusions c’est briser cette logique de soumission. Refuser cette soit disante libération par procuration. Autrement dit, faire en sorte que pratique concrète, au sens de vie concrète, et vision idéalisée ne fasse qu’un.

« Vivre son rêve » diront les sceptiques ! Oui, d’une certaine manière il s’agit bien de cela. Mais il y a bien sur plusieurs manières de procéder.

Celle qui consiste à « tout laisser tomber » pour vivre son rêve… s’isoler… dans le style des « communautés » dans les années 60-70 du 20e siècle représente, et encore que !... une solution sur le plan individuel, mais aucune solution sociale, collective, l’expérience l’a montré.

Pourtant un rêve n’a de sens que quand un début de concrétisation s’opère. Or, aujourd’hui, le rêve, l’espoir reste purement idéal. Sa réalisation est toujours remise à plus tard, dans un devenir que l’on n’arrive même pas à imaginer, encore moins à commencer à concrétiser.

C’est donc par la mise en place, aujourd’hui, quand les occasions se présentent : lutte contre la marchandise (gratuité), défense d’acquis, décisions collectives de s’organiser des structures alternatives,…, d’une pratique collective que peut commencer à se réaliser cet « autre monde qui est possible ».

Ce n’est pas en faisant confiance à des individus, aussi sympas soient-ils, qui n’aspirent qu’au pouvoir tel qu’il existe et n’ayant pour but que sa confiscation, que nous jetterons les bases d’un avenir nouveau. Ce n’est pas non plus en faisant confiance aux vieilles structures politiques éculées que nous nous donnerons le maximum de chance d’engager le processus de changement.

Si ce « monde nouveau » est possible, c’est à nous de le démontrer par nos comportements et la qualité de relations sociales conformes aux valeurs que nous proclamons.

Ce monde ne pourra pas se construire d’un bloc, ceci ne s’est jamais vu dans l’Histoire, d’un seul élan et spontanément à la suite d’une hypothétique et improbable insurrection, révolution ou soirée électorale.

Ce monde ne pourra pas se construire linéairement. Il y aura des succès, des échecs, des victoires et des défaites, des drames, des moments d’exaltation et de déception, des progressions et des régressions. Toute autre vision est mythique et a-historique.

Prémonition hasardeuse ? Pas du tout… Il suffit de voir ce qu’est le déroulement de l’Histoire. Depuis le 19e siècle, l’expérience montre que nous sommes passé à côté de ses enseignements et que nos certitudes erronées nous ont toujours conduit à l’échec, à la catastrophe, à la régression et au renforcement d’un système qui conduit l’humanité au chaos.

En conclusion, l’ Histoire nous montre que tout espoir n’est jamais perdu, mais encore faut-il se donner les moyens du dépassement de la réalité sociale. Or, et c’est ce qui est le plus difficile à reconnaître et à accepter : les moyens à notre disposition, les moyens que nous utilisons, de même que les méthodes, sont inopérants. Les théories politiques qui les fondent ont amplement fait la preuve de leur fausseté. Il est plus que temps de non redresser la barre mais carrément changer de bateau.

Il n’est de désespoir que pour celles et ceux qui sont incapables de comprendre le passé et d’imaginer l’avenir.

Patrick MIGNARD
19 Janvier 2008

Voir aussi :
« MÉFIONS NOUS DES MODÈLES DÉPOSÉS »
« CONTESTATION SOCIALE ET IMPUISSANCE POLITIQUE »
« SE RÉAPPROPRIER L’ÉCONOMIQUE ET LE SOCIAL »

 

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TRAITE EUROPEEN : LE DERNIER OUTRAGE

L’adoption du Nouveau Traité Européen – copie conforme du précédent- va être adopté. Seuls les naïfs pouvaient croire qu’il ne le serait pas.

La victoire du NON français n’a été qu’un épiphénomène qui a excité l’imagination des « croyants » du respect de la volonté populaire par le système,… mais absolument pas enrayé la marche de l’Europe marchande et libérale.

Cet évènement montre, une fois encore, que le respect de l’opinion populaire n’est qu’un « écran de fumée démocratique » pour légitimer ce qui constitue l’essentiel du système dominant : les intérêts du Capital.

Je partage en effet l’opinion de celles et ceux qui considèrent qu’il s’agit là d’une mesure, je dirais même d’une manipulation, parfaitement anti démocratique. Un véritable déni du respect de la volonté populaire.

Formellement tout cela est exact et doit être dénoncé. Mais n’en restons pas au caractère formel. N’hésitons pas à examiner le sens de cette attitude. S’agit-il d’un simple abus de pouvoir, voire une maladresse politique ? Bien évidemment que non.

De quoi s’agit-il alors ? D’un acte délibéré ! Mais un acte fondé sur quoi ?

Sur une volonté politique de revenir aux fondamentaux du système marchand par la liquidation des acquis sociaux depuis plus d’un siècle et la marchandisation généralisée de l’activité humaine.

Sur une volonté politique de piétiner ce qui constitue le fondement d’un système démocratique (tout à fait hypothétique), la volonté populaire.

Sur une volonté politique de passer outre les procédures politiques du système lorsque ses intérêts sont en jeux.

AU NOM DU NON ?

Quelle était la portée du NON au moment du référendum ? Je vais être très dur parce qu’il y en a marre de vivre sur des fantasmes et des illusions !

Tactiquement elle était débile, stratégiquement nulle.

Tactiquement elle s’est formée sur une entente bureaucratique entre organisations qui donnait l’illusion d’une force, d’un raz de marée… Ah la force des discours dans les salles de meeting surchauffées !

Stratégiquement il était évident, avant même le référendum qu’un OUI ou un NON ne changerait rien… C’est bien ce qui, sur le fond, s’est passé.

Dans la confusion générale d’une pensée politique fumeuse et ambiguë, où les intérêts de partis l’emportent sur les vraies questions, nombreuses et nombreux sont celles et ceux dont on aurait pu imaginer qu’ils auraient voté NON et qui ont voté OUI,… et inversement.

On confond allègrement aujourd’hui confusion politique et diversité d’opinion.

Nous vivons aujourd’hui, comme hier, sur une fiction. Nous avons fait notre la légende de l’aspect démocratique d’un système qui n’accepte cette démocratie que quand elle l’arrange ou lui permet de désamorcer les conflits. Aujourd’hui, mais la plupart d’entre nous ne le savent pas, le temps des illusions et des apparences est passé. Le temps de la négociation est passé. Le temps des compromis est fini.

Nous nous persuadons, dans notre impuissance qu’il existe encore une force, nous tous ensemble, qui pouvons changer, avec les outils mis à notre disposition (les élections), le système actuel… Dangereuse illusion !

La victoire du NON qui a donné naissance à des espoirs insensés et infantiles nous revient dans la figure comme un mauvais rêve et… nous quémandons servilement un « référendum » que nous n’obtiendrons évidemment pas.

Nous nous accrochons obstinément à des fictions qui, si elles font les choux gras des organisations bureaucratiques, nous amènent à la catastrophe sociale.

RÊVES ET GÉMISSEMENTS

De guerre lasse, ils vont obtenir ce qu’ils cherchent. Parce qu’ils savent que nous n’avons rien à leur opposer. Notre colère ? Impuissante. Notre détermination ? Mais fondée sur quoi ? Des pétitions ? Mais soyons sérieux… Qu’en ont-ils à faire ? Ils ne prennent plus la peine de nous répondre !... A quoi bon ?

Ils vont même nous expliquer que malgré le NON, sur le fond, rien n’a vraiment rien changé dans ce qu’ils veulent faire de l’Europe… et ils ont raison.

Le NON n’a jamais stoppé le développement de l’Europe libérale. Alors pourquoi revenir sur la question. Simplement pour institutionnaliser, dans le cadre des rapports entre nations, les principes de fonctionnement,… Mais ne nous faisons pas d’illusion, l’essentiel est fait. Et s’ils font cette démarche c’est parce qu’ils savent qu’ils ne risquent rien… qu’aucune opposition sérieuse ne se manifestera.

L’engouement des partisans du NON, lors du référendum, allant dans certains cas jusqu’à l’hystérie, avait quelque chose de pathétique et d’enfantin. Ils croyaient naïvement, et beaucoup le croient encore, que le NON avait un poids politique pouvant stopper la libéralisation européenne.

Cette nouvelle et dérisoire mobilisation, pour un nouveau référendum, fait le jeu des organisations politiques de gauche, d’extrême gauche et altermondialiste qui depuis quelques mois n’ont plus trop de « grain à moudre » du fait de leur échec électoral qui les laisse sans perspectives d’action et surtout sans stratégie politique. Enfin un évènement qui va pouvoir mobiliser les appareils et permettre aux « leaders » de tenir le devant de la scène par des bravades aussi ridicules qu’inutiles !

Aujourd’hui nous sommes le « bec dans l’eau »… Nous avons agi comme si nous croyions que la volonté populaire était sacrée. Mais elle ne l’est pas, elle ne l’a jamais été, ou plutôt, elle l’a été tant que le système pouvait s’en contenter… dans le cas contraire il a toujours cassé cette volonté … des exemples au 20e siècle ? On n’a que l’embarras du choix ! Aujourd’hui le système sait que politiquement il peut faire ce que bon lui semble car nous n’avons aucune stratégie à lui opposer sinon des discours, nos rêves et nos gémissements.

Les trépignements politico-médiatico-organisationnels n’y changeront rien. Pas plus que les appels pathétiques à l’union : quelle union ? avec qui ? pour faire concrètement quoi ?

Pendant que se querellent, sur des questions de préséances et de notoriété, les organisations politiques du « changement » (sic), le système forge, sans opposition, les conditions de la mise au pas généralisé des relations sociales à ses intérêts fondamentaux.

Finalement, ce qui se passe aujourd’hui avec la remise en question du « NON au TCE » n’est qu’un maillon de la chaîne de la reprise en main par le système Il ne se cache même plus et n’a plus à sauver la face… Notre impuissance lui ouvre une possibilité inespérée et illimitée pour remettre en toute « légalité démocratique », les acquis que nos prédécesseurs lui avaient imposés.

Patrick MIGNARD                                                                          13 Janvier 2008

Voir aussi les articles :
« LETTRE OUVERTE A CELLES ET CEUX QUI VONT VOTER NON »
« ET MAINTENANT ?... »
« ILS NE CEDERONT PLUS RIEN ! »
« MARCHANDISE, LE RETOUR AUX FONDAMENTAUX »

 

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IMMIGRATION CHOISIE / IMMIGRATION JETABLE

Il s’agit en fait d’une seule et même conception – seule, différencie ces deux notions, la violence de l’adjectif employé. Concernant l’immigration, là aussi, nous revenons aux fondamentaux du système marchand (voir l’article « MARCHANDISE : LE RETOUR AUX FONDAMENTAUX »). Or, un retour aux fondamentaux, nous l’avons vu, dépouille le système de tout l’habillage qui pouvait lui donner un aspect « humain » ou plutôt, « humaniste » et laisse apparaître ce qu’il est en réalité : un système d’exploitation qui n’a qu’un seul et unique objectif : valoriser le capital.

L’immigration ne fait pas exception car, qu’est ce que l’immigration ?

SALARIAT ET IMMIGRATION

L’arrivée d’immigrés dans un pays ne peut se faire que de deux manières, : soit ils arrivent volontairement pour diverses raisons, politiques et économiques, soit on les fait venir, généralement pour des raisons économiques – excluons le déplacement forcé (commerce d’esclaves et/ou déportation).

La saignée des guerres, et en particulier la 1er Guerre Mondiale et la période des « Trente Glorieuses », gourmades en main d’œuvre, illustrent parfaitement la manière dont les grands pays industriels ont, au 20e siècle, fait appel à l’immigration pour compenser leur déficit en force de travail.

La démarche est tout à fait logique, quantitativement et qualitativement :

  quantitativement : le manque de main d’œuvre dans l’agriculture en particulier, dans le 1er cas, dans l’industrie dans le 2e ;
  qualitativement : dans le 1er cas, l’immigration italienne essentiellement paysanne remplace les paysans tués lors du conflit (la moitié des disparus étaient des paysans), dans le 2e cas, les immigrés sont sans formation donc adaptables aux besoins industriels du moment – travail à la chaîne.

Leur présence ne va pas sans problèmes mais ceux-ci restent dans les limites acceptables socialement et politiquement. En effet, même considérés comme des concurrents, la situation économique est telle que chacun, et globalement… tout le monde, « y trouve son compte » - l’exploitation politique de « l’immigration » ne peut pas avoir lieu ou du moins demeure marginale. Par contre, dès que les immigrés vont être moins utiles du fait des restructurations industrielles et du développement de l’automatisation, alors l’immigration va devenir un « problème ».

Ainsi, ce ne sont pas les immigrés qui font problème, mais les conditions économiques et sociales du fonctionnement du système marchand.

UTILITARISME ET HUMANISME

La motivation du recrutement d’immigrés n’a donc rien d’humanitaire même si, par omission, le système laisse planer cette croyance – il suffit pour s’en convaincre de se souvenir de l’accueil fait aux réfugiés Républicains espagnols à la fin des années 1930 et de l’accueil des immigrés dans les années 1950 – indifférence dans le meilleur des cas.

L’immigré est somme toute une « force de travail » et est considéré comme telle. C’est une force de travail d’autant plus intéressante qu’elle n’est pas chère et facilement manipulable.

Dans un système d’exploitation tel que l’est le système marchand, le salariat , la main d’œuvre immigrée est doublement pénalisée :

  par l’employeur lui-même qui l’embauche parce qu’il en a besoin et surtout parce qu’elle permet de substantielles économies de coûts au regard du salaire des nationaux ;
  par les autres salariés qui peuvent voir, et voient souvent, une forme de concurrence, ce qu’elle est, du fait des motivations des employeurs.

L’humanisme à l’égard de l’immigré est donc une valeur parfaitement étrangère au système marchand qui n’a pas plus d’égard au regard des « étrangers » que de ses propres nationaux, sinon que ces derniers ont plus de droits donc plus de poids dans un rapport de force.

Le salariat donne le statut marchandise à la force de travail immigrée, comme toute force de travail dans ce système : « j’ai besoin j’achète, je n’ai pas besoin je ne prend pas ou je licencie ».

Tout le discours pseudo humaniste du système est une pure hypocrisie ; le système ne remettra jamais en question ses principes pour une simple question morale.

LE CYNISME DE L’IMMIGRATION CHOISIE

L’immigration choisie à au moins une qualité incontestable, elle est sincère. Elle dit exactement ce qu’elle pense : je te considère parce que tu m’es utile … On ne peut pas être plus clair !

Le drame, dans cette affaire, c’est que ce raisonnement fonctionne parfaitement pour la plupart des individus. Ils trouvent tout à fait logique que l’économie de leur pays choisisse les individus en fonction de ses besoins, ne voyant absolument pas ce qui se joue de sordide dans cette pseudo « ouverture à l’étranger ». Un tel comportement signifie que les mécanismes d’exploitation et de ségrégation sont tout à fait intégrés par le plus grand nombre, pour eux, comme pour les autres. D’ailleurs celles et ceux qui adhèrent à cette solution sont tout à fait surpris quand on leur explique le véritable sens de cette politique.

La question serait sensiblement différente s’il s’agissait de rapport entre pays sensiblement identiques quand aux richesses et aux conditions sociales. Or le rapport d’immigration qui existe aujourd’hui se fait entre pays « riches » et pays « pauvres »… et ce sont les « riches » qui choisissent et leur choix est évidemment fondé sur leurs propres intérêts. Ainsi, alors que dans les années 50-60 ils « choisissaient » une force de travail déqualifiée, convenant parfaitement au travail à la chaîne et autre processus de travail déqualifié (systèmes aujourd’hui disparus ou délocalisés), ils choisissent aujourd’hui une main d’œuvre très qualifiée ; ce faisant ils privent les pays « pauvres » d’un potentiel de formation qui pourrait leur être utile.

L’écart entre pays riches et pays pauvres va s’accroître, ces derniers se voyant « siphonner » une partie de leur main d’œuvre formée au bénéfice de pays riches.

Ainsi le système marchand fait désormais les choses « proprement ». Au lieu de procéder à un tri sur le territoire au risque d’exposer aux yeux du public des drames humains inévitables dans ce genre de situation, il va procéder préventivement et rationnellement en ouvrant généreusement ses portes à celles et ceux dont il a besoin, assorties de mesures drastiques limitant le regroupement familial (une force de travail n’a pas de famille c’est bien connu !) et en laissant la misère loin des regards.

Les intérêts sont assurés et les apparences sont sauves.

Patrick MIGNARD
6 Janvier 2008

Voir également les articles :
« MARCHANDISE : LE RETOUR AUX FONDAMENTAUX »
« LE FAUX HUMANISME DE LA MARCHANDISE »

 

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VADE RETRO SATANAS

Une bien bonne pour commencer l’année.

L’année de grâce 2007 allait s’achever dans sa languissante monotonie sans qu’un évènement majeur ne vienne éclairer cette humanité qui n’en fini pas de s’autodétruire et de s’auto flageller,… lorsque, tout d’un coup, sans prévenir, comme souffle un vent divin, venant du plus profond de la Ville Eternelle, autrement dit du Vatican, une nouvelle d’une importance dont on ne mesure pas encore l’ampleur. Le pape Benoît XVI, dans son immense bonté, et ceint de sa sainte infaillibilité, annonce à un monde en proie aux affres des tentations les plus pernicieuses qu’il s’apprête à « ordonner à tous les prêtres du monde de recruter des exorcistes pour combattre le Malin ».

Le digne successeur de Saint Pierre constate, avec un effroi qui ne peut-être que partagé par toutes et tous, que la plupart des catholiques n’ont pas, à côté de chez eux, un prêtre spécialiste en diablerie. Dans notre aveuglement matérialiste nous avions bien vu l’élimination du petit commerce de proximité et des petits artisans, mais cet aspect des choses, je l’avoue humblement, m’avait complètement échappé… Et pourtant le fait est là, dans toute sa rigueur et sa désespérance. Il est tant de revoir nos analyses et d’agir !

La remarque n’est pas une simple impression. Le grand spécialiste en diableries du Vatican, le père Gabriele Amorth, exorciste en chef (mais oui ça existe !) de la cité du Vatican et de l’archidiocèse de Rome (rien que ça !) juge gravement que l’heure et grave quand il déclare officiellement : « Des dizaines de pauvres frères et sœurs assiégés par le démon sont contraints de tourner en long en large pour trouver un exorciste certifié »… (je comprend désormais pourquoi tant de gens circulent dans les rues !)… et le pauvre homme se lamentant qu’en Italie les, seulement, 300 exorcistes en exercice n’oeuvrent contre Satan et ses alliés qu’à mi-temps.

Autrement dit « Travailler plus pour exorciser plus »

Ceci est la version religieuse du célébrissime mot d’ordre transalpin (pour les Italiens) : « Travailler plus pour gagner plus ».

A ce propos, on ne peut qu’être troublé par la conjonction de deux évènements d’une portée historique incontestable : le Très Saint Père a émis cette directive juste après avoir reçu un Grand Homme (à défaut d’homme grand). Ce personnage, lui aussi grand connaisseur de l’âme humaine, et apparemment, désormais, des trames obscures du Malin, infaillible lui aussi, comme chacun sait, a probablement su glisser à son interlocuteur une idée géniale dont il a le secret,… en même temps qu’il lui a vendu la laïcité à la sauce religieuse.

Ainsi c’est une fois encore par l’Italie, comme à la Renaissance que l’espoir renaît. Nous revenons enfin aux valeurs essentielles et aux stratégies opérationnelles et pleines d’espoir et d’avenir. Ce n’est pas encore les Lumières (bis),… mais ça y ressemble !

Aux orties l’exclusion, la pauvreté, le réchauffement climatique et autre fonte des calottes… polaires !…

Le Diable ! Mais comment n’y avions-nous pas pensé plus tôt ?

Même le MEDEF chez nous n’y avait pas pensé… au point qu’on est en droit de se demander ce dont il discute avec leurs amis du Gouvernement. Même le Parti Socialiste en manque de stratégie n’avait rien vu…. Au point que l’on se demande ce que l’on enseigne à l’ENA.

Espérons que pour les prochaines élections, afin de les rendre plus attractives, une large place soit faite au Diable… et pourquoi pas un poste de secrétaire d’Etat le concernant… au point où l’on en est !....

Le Grand/petit homme a tout à fait raison quand il dit que « la religion peut jouer un rôle d’orientation dans la vie des nations »… encore une preuve de son immense clairvoyance.

Et qui verrait d’un mauvais œil le rétablissement de l’Inquisition et le retour des bûchers ?... Sur que ça plairait aux médias !

Une idée à creuser.

Patrick MIGNARD

1er janvier 2008

 

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