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Publié par PM sur
Publié dans : #matiere a reflexion

LA RACAILLE,… QUELLE RACAILLE ?

 « En "filant" pendant trois semaines les convois de Dominique de Villepin et de Nicolas Sarkozy avec 5 scooters et 2 voitures, le journal AUTO PLUS, qui paraît mardi, publie plusieurs photos des infractions commises par les voitures des ministres : feux rouges grillés, interdictions de tourner à gauche allègrement ignorées, circulation à contresens ou dans les couloirs de bus, et dépassements de vitesse. Ses équipes ont même assisté à un accident entre la moto de tête du convoi de Nicolas Sarkozy et une voiture particulière, à Paris le 1er novembre ».

« Selon le journal, "sur 50 km, Dominique de Villepin a perdu 75 points, soit un point tous les 700 mètres ! De son côté, Nicolas Sarkozy en laisse un s’échapper tous les 1.250 mètres" » lu sur YAHOO.

A première vue on pourrait sourire d’une telle information. Pourtant à y réfléchir un minimum on ne peut qu’être atterré par une telle nouvelle qui à n’en pas douter n’aura aucune suite.

Quel sens profond à un tel comportement ?

Il est évident qu’un tel comportement est au-delà de l’incivisme qui en soi, et surtout de la part de ses représentants, est déjà grave dans un système qui se prétend démocratique. Sa signification est plus grave encore. Il dénote un souverain mépris non seulement des règles de vie en société, règles qui sont, en principe, garanties par ces délinquants, mais également souverain mépris des autres citoyens journalièrement harcelés, contrôlés, photographiés, filmés, interpellés, menacés de punition... tout cela pour les obliger de respecter des règles qu’eux-mêmes violent impunément.

Ces individus pleins de morgue se comportent comme des « roîtelets » d’une république bananière.

Et quel peut-être l’impact d’un tel comportement auprès de jeunes à mobylette que la police verbalise parce qu’ils ont omis de mettre le casque ou qu’ils sont passés au feu rouge ? Quel crédit peut avoir la règle de conduite quand elle est proclamée par de tels individus ?

Et la Police, cette fameuse police républicaine, gardienne de la loi, des règles de la vie en société, cette police si zélée pour contrôler les jeunes en mobylette dans les cités,... elle n’a rien vu ? rien entendu ? Il est vrai qu’un déplacement d’un membre du gouvernement se fait dans une discrétion absolue. Braves policiers, ils ne peuvent pas être partout !

Dormez bien citoyens-nes, dormez sur vos deux oreilles... l’ordre républicain règne et est garanti par des personnages au-dessus de tous soupçons.

°

Sujet : à partir d’exemples concrets pris dans l’actualité commentez la définition suivante (Le petit Larousse)

Racaille : « Couche la plus basse de la société considérée comme la plus méprisable »

Documents autorisés

LA RACAILLE,… QUELLE RACAILLE ?

 « En "filant" pendant trois semaines les convois de Dominique de Villepin et de Nicolas Sarkozy avec 5 scooters et 2 voitures, le journal AUTO PLUS, qui paraît mardi, publie plusieurs photos des infractions commises par les voitures des ministres : feux rouges grillés, interdictions de tourner à gauche allègrement ignorées, circulation à contresens ou dans les couloirs de bus, et dépassements de vitesse. Ses équipes ont même assisté à un accident entre la moto de tête du convoi de Nicolas Sarkozy et une voiture particulière, à Paris le 1er novembre ».

« Selon le journal, "sur 50 km, Dominique de Villepin a perdu 75 points, soit un point tous les 700 mètres ! De son côté, Nicolas Sarkozy en laisse un s’échapper tous les 1.250 mètres" » lu sur YAHOO.

A première vue on pourrait sourire d’une telle information. Pourtant à y réfléchir un minimum on ne peut qu’être atterré par une telle nouvelle qui à n’en pas douter n’aura aucune suite.

Quel sens profond à un tel comportement ?

Il est évident qu’un tel comportement est au-delà de l’incivisme qui en soi, et surtout de la part de ses représentants, est déjà grave dans un système qui se prétend démocratique. Sa signification est plus grave encore. Il dénote un souverain mépris non seulement des règles de vie en société, règles qui sont, en principe, garanties par ces délinquants, mais également souverain mépris des autres citoyens journalièrement harcelés, contrôlés, photographiés, filmés, interpellés, menacés de punition... tout cela pour les obliger de respecter des règles qu’eux-mêmes violent impunément.

Ces individus pleins de morgue se comportent comme des « roîtelets » d’une république bananière.

Et quel peut-être l’impact d’un tel comportement auprès de jeunes à mobylette que la police verbalise parce qu’ils ont omis de mettre le casque ou qu’ils sont passés au feu rouge ? Quel crédit peut avoir la règle de conduite quand elle est proclamée par de tels individus ?

Et la Police, cette fameuse police républicaine, gardienne de la loi, des règles de la vie en société, cette police si zélée pour contrôler les jeunes en mobylette dans les cités,... elle n’a rien vu ? rien entendu ? Il est vrai qu’un déplacement d’un membre du gouvernement se fait dans une discrétion absolue. Braves policiers, ils ne peuvent pas être partout !

Dormez bien citoyens-nes, dormez sur vos deux oreilles... l’ordre républicain règne et est garanti par des personnages au-dessus de tous soupçons.

                                                                     °

Sujet : à partir d’exemples concrets pris dans l’actualité commentez la définition suivante (Le petit Larousse)

Racaille : « Couche la plus basse de la société considérée comme la plus méprisable »

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29 novembre 2005

 

29 novembre 2005

 

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DE LA DELATION

Délation : « dénonciation intéressée et méprisable » Dénoncer :« signaler comme coupable à la justice, à l’autorité compétente ».

Tous les régimes autoritaires ont usé et abusé de la délation soit... et c’est cet abus par des régimes peu recommandables qui ont donné ses lettres d’infamie à la délation. Mais si la délation est une vilaine chose, on peut lui donner un aspect plus séduisant, plus respectable, en d’autre terme, plus démocratique. Comment ? Mais simplement en respectant le droit.

DERRIERE LA SEMANTIQUE...

S’agit-il simplement qu’une question de mot ? On pourrait le croire si l’on en reste à la charge émotionnelle de certains termes. Pourtant, à y regarder de près, la question est plus complexe.

Aujourd’hui, en France, et de manière générale en Europe, ce que l’on appelle la délation ne correspond pas exactement à la définition officielle. Ce que l’on appelle communément délation n’est pas une dénonciation « intéressée » celle qui permettrait d’obtenir des avantages... est-elle méprisable/acceptable pour autant ? La réponse n’est pas simple car qu’est ce qu’ « être méprisable » ? inspirer le mépris ! soit, mais c’est un peu court comme explication.

La question est d’autant plus complexe que « dénoncer un crime ou un délit » est considéré comme un acte citoyen... mais oui ! En effet, la non dénonciation d’un crime ou d’un délit est punie par la loi... à moins que la loi, la loi républicaine, la loi d’un état démocratique oblige à commettre un acte qui soit en contradiction avec son éthique ( ?).

De là à dire que, par exemple, « dénoncer un sans papier », c’est-à-dire quelqu’un qui est en situation délictueuse est un acte citoyen .. il n’y a qu’un pas que... mais qui osera le franchir sereinement et sûr, non pas de son bon droit puisqu’il l’est, mais sûr d’être en accord avec ses valeurs morales ? Là est toute la question.

L’acte de renseignement, de l’incitation au respect de la loi, dans une démocratie, ne serait-il pas honnête ? Ah bon et pourquoi ?

Pourquoi collaborer avec la police, qui est sensée être une institution respectable, au service de toutes et tous et garante des libertés publiques serait infamant ? Au contraire, la collaboration avec la police devrait être un devoir civique. Pourtant dans l’esprit des citoyens ça ne l’est pas. Mais pourquoi ? Qu’est ce qui peut justifier une telle réticence, une telle résistance ?

Pour répondre à cette question il faut envisager plusieurs hypothèses :

Soit les citoyens n’ont aucun sens civique. Mais alors la loi n’est pas l’expression des citoyens... pourtant elle est établie par leurs représentants.

Soit on craint que la police fasse une utilisation non citoyenne des renseignements qu’on lui donne... dans ce cas le citoyen n’a pas confiance dans sa police, ce qui est grave dans une démocratie ;

Soit la démocratie dans laquelle on vit n’est pas aussi démocratique qu’elle le proclame et laisse subsister des zones dans lesquelles ses valeurs ne s’appliquent pas, et qui plus est dans lesquelles opère la police qui n’est alors pas ce qu’elle prétend être.

Reconnaissez que quelque soit l’hypothèse que l’on fasse il demeure un sacré problème à la fois moral et politique.

... LES ZONES D’OMBRE DE LA DEMOCRATIE

Y aurait-il dans le champ social, un champ qui échapperait aux valeurs et à l’éthique de la République ? Si oui lequel ? Si non comment expliquer cette contradiction ?

On sait qu’il existe des zones d’ombre. Lesquelles ? Le secret défense, le secret des archives, la raison d’Etat,... mais quoiqu’elles posent effectivement un problème sérieux quant au caractère démocratique du système, elles n’en demeurent pas moins des zones relativement périphériques.

Le problème qui nous préoccupe ici est d’une autre dimension, d’une autre ampleur,... il concerne le comportement quotidien de l’ensemble des citoyens à propos d’attitudes dans la vie de tous les jours. Le problème c’est que les zones d’ombre dont il est question ne sont pas, comme les précédentes, matérielles, matérialisées, situables socialement, elles concernent l’ensemble du processus social.... C’est ce qui les rend moins évidentes, plus subtiles et peuvent parfaitement induire en erreur le citoyen peu attentif.

La zone d’ombre essentiel de notre société c’est le décalage existant entre les principes proclamés et la réalité du rapport social qui structure nos relations sociales. C’est un décalage qui existe depuis l’origine de notre système économique et politique en France depuis le 18e siècle.

Le rapport social salarial est en total décalage avec les valeurs qu’il est censé incarner. Les principes, les conditions et les conséquences de son fonctionnement induisent des situations individuelles et collectives en parfaite contradiction avec les principes humanistes. Exemple ? On n’a que l’embarras du choix. Par exemple, on peut souffrir de la faim, ou d’un manque de logement en cas d’exclusion sociale... par exemple du fait du chômage. Question : vais-je dénoncer quelqu’un qui « vole » pour manger ou qui « occupe » un logement pour se loger ? (voir l’article : « LA MARCHANDISE CONTRE LA CITOYENNETE »)

En principe je dois, au sens du devoir civique, dénoncer pour que la loi soit respectée et pour que le délit cesse et soit puni... et pourtant, vais-je le faire ? Me voilà déchiré entre un impératif moral et une obligation civique.

On comprend que les travailleurs sociaux soient en « première ligne » dans cette affaire. La pression officielle essaye d’en faire logiquement des informateurs, des délateurs diront-ils, ce qui les met en « porte à faux » avec les valeurs morales qu’ils défendent. Les policiers/gendarmes sont eux aussi en première ligne, mais comme ils ne se posent pas de questions, ils sont simplement les instruments du système -faut-il donner des exemples ?-. On comprend la tension et la suspicion réciproque qui règne entre les deux fonctions.

Cette « zone d’ombre » n’est évidemment pas reconnue par l’Etat. Comment le pourrait-il ? Il courrait le risque de remettre en question le système dont il est le garant. Quand la question lui est posée, il la dévie ou répond à coté. Exemple ? « Des aides sont apportées aux indigents ». Comme si la charité, même publique, réglait le problème des inégalités sociales, ou bien « Certains se complaisent dans l’assistanat »... sans commentaire.

Entre délation et civisme la distinction, dans un système qui se veut démocratique, n’est pas évidente. Le rôle du citoyen dans un système tel que le notre n’est pas non plus aussi évident que cela. Quel est le bon citoyen, celui qui dénonce le sans papier ou celui qui ferme les yeux ? Celui qui dénonce le voleur dans le super marché ou celui qui passe son chemin sans rien dire ? De telles interrogations renvoient en fait à la question : « qu’est ce qu’être citoyen dans un système inégalitaire et qui instrumentalise les individus ? » autrement dit quel sens à le terme de citoyen dans le système marchand ?

Patrick MIGNARD

Voir également les articles « DURA LEX, SED LEX (1) & DURA LEX, SED LEX (2) »

 26 novembre 2005

 

Publié par PM sur
Publié dans : #matiere a reflexion

LA VIOLENCE ET SES LIMITES

 « Avec vos pétitions, manifestations et banderoles vous avez bonne mine,... nous autres avec quelques nuits d’émeutes on a tout de suite obtenu quelque chose !... ».

C’est à peu près le seul message « politique » qu’ont voulu faire passer en clair les quelques jeunes des banlieues qui se sont exprimés sur les dernières « violences urbaines ». Quelle/s leçon/s devons nous en tirer ?

LA VIOLENCE PAIE-T-ELLE ?

On peut légitimement se poser la question et ce indépendamment de toute considération morale que l’on peut émettre à propos de cette violence.

Il est exact que les demandes réitérées des jeunes, des éducateurs, des associations, de toutes celles et tous ceux qui avaient/ont conscience de ce qui se passe dans les cités... sont restées sans réponse et il est non moins exact que pour mettre fin aux violences, en plus des mesures répressives, un effort « social » quoique dérisoire, pour ne pas dire simplement financier, a été fait en direction des banlieues. Cet effort aurait-il été fait en l’absence de violence ? On peut en douter. Alors ?

Alors il est exact que de brûler, casser, « passer à la télé » ça fait bouger les gouvernants. La question qui demeure c’est tout de même « qu’obtient -on ? »

Quelle est la rançon de la violence ?

Si les mesures prises en faveur des banlieues, l’on été sous la contrainte, ce qui est le cas, il est bien évident qu’elles sont purement circonstancielles, autrement dit, ne faisant pas partie d’un plan politique, elles seront remises en question à la première occasion, sinon sur le long terme. Elles n’ont qu’un seul objectif : rétablir le calme.

On peut raisonner en disant « C’est toujours ça de pris ! ». C’est vrai, mais c’est aussi faire preuve d’une relative courte vue.

On peut aussi raisonner en disant « Plus on fait de dégâts, plus on obtient ». Là on fait un raisonnement faux. Il n’y a pas proportionnalité entre l’intensité de l’action et ses résultats, et ce pour deux raisons :

- l’Etat est obligé (politiquement) d’imposer des limites à l’ « insurrection » en particulier lorsqu’elle, volontairement ou non, déstabilise ou risque de déstabiliser le système, ou touche des intérêts vitaux et /ou politiques,

- le désaveu dans la population l’emporte sur la compréhension.... L’effet entraînement, en l’absence de projet politique, ne jouant pas /plus.

Dans les deux cas la répression s’abat sans que l’on n’obtienne rien, pas même le soutien de la majorité de la population.

Tout compte fait, au sens propre comme au sens figuré, la violence paie peu. C’est cher payer pour les contestataires, pour des mesures conjoncturelles, probablement éphémères qui sur le fond ne changeront rien à la situation.

UNE VIOLENCE CONTENUE

Ne nous faisons pas d’illusions, tous les Etats se sont prémunis contre le danger insurrectionnel. Ils ont mis au point toute une panoplie de moyens de plus en plus sophistiqués et efficaces :

sur le plan militaire : les forces de répression sont nombreuses et bien équipées, quadrillent le pays, écoutent, fichent... Même l’armée est aujourd’hui uniquement formée de mercenaires... Finie la possibilité de noyauter, retourner une armée de citoyens. sur le plan juridique : un arsenal dissuasif pouvant aller jusqu’au couvre feu partiel ou total sur le plan politique : le système électoral qui donne l’illusion du fonctionnement démocratique en jouant habilement de l’alternance et en faisant jouer l’épouvantail au FN... En cas de troubles graves, recours aux élections avec « remise des pendules à l’heure »,... on nous a déjà fait le coup... sur le plan idéologique : servie par des médias bien contrôlés par l’Etat et les puissances financières, la pensée unique structure les cerveaux, oriente les réflexions, suggère les réactions, manipule les sondages, crée les craintes « salutaires », indique les « bons choix », ... Une telle organisation n’est pas nouvelle, elle a été éprouvée à toutes les époques de l’Histoire avec des variantes et bien sûr des moyens différents.

Il nous faut partir du principe que dans un affrontement direct, force restera au système. D’ailleurs un mouvement insurrectionnel, même parfaitement organisé, même avec des objectifs clairs, n’est pas forcément gage de succès, du moins sur le plan historique... l’exemple de la Révolution russe est là pour nous le rappeler.

AU DELA DE LA FASCINATION DE LA VIOLENCE

Le spectacle de la violence fascine, c’est bien connu et fait dire, et faire, souvent n’importe quoi, fait prendre la réalité pour ses désirs. La violence d’une révolte peut n’avoir rien à voir avec une stratégie de changement social... la preuve. Cela dit la violence de la révolte a un sens qu’il est nécessaire de décrypter. Exercice difficile car on est toujours tenté de faire dire à l’évènement observé, ce que l’on souhaiterait qu’il dise, souvent plus que ce qu’il signifie réellement. Il peut y avoir un total décalage entre la violence de la révolte et les conditions nécessaires au changement. Croire que, parce qu’une révolte commence, révolte qui peut prendre différentes formes (« violences urbaines », grève générale,...), le processus de changement est engagé s’est s’exposer à de graves déboires et à une grande déception.

Il est regrettable, et somme toute symptomatique, que certains de celles et ceux qui dénoncent, à juste titre, le spectacle de la société marchand, tombent dans le piège du spectacle de la violence... le processus est identique même si l’objet est différent.... Attitude à méditer...

Ce qui fait le succès d’un processus de changement, ce n’est pas l’acte final, qui peut être ou non violent, pas même la répétition systématique de révoltes violentes, c’est tout ce qui précède, la mise en place de nouveaux rapports sociaux, et qui fonde le nouveau système. Or, nous n’avons comme vision de l’Histoire, à l’image de l’actualité dans les médias, que ce qui marque, ce qui est clinquant et spectaculaire. Cette vision nous donne une fausse impression de ce qu’est réellement la dynamique de l’Histoire. N’en rester qu’à cette vision superficielle nous condamne à reproduire le spectacle de ce qu’est véritablement notre impuissance, et la violence peut être alors le surdéterminant qui nous permet de nous maintenir dans l’illusion de l’efficacité. La stratégie du changement s’élabore à partir d’un autre champ, celui de la praxis, celui qui substitue une alternative concrète, viable et donc crédible aux rapports sociaux qui ont fait leur temps.(voir l’article « TRANSITION »)

L’expérience de la révolte est à double tranchant. L’impossibilité, de dépasser le cadre trompeur de son image empêche d’en saisir sa véritable signification. C’est cette incapacité qui donne à la violence un sens qu’elle n’a pas. C’est cette incapacité qui fait la différence entre révolte et véritable changement social.

19 novembre 2005                                                      Patrick MIGNARD

Voir également l’ article : « VIOLENCE ET CHANGEMENT SOCIAL »

 

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EXCUSES

Désormais faudra le savoir, il y a ceux qui ont des excuses et ceux qui n’en ont pas.

Le 7 novembre à la Courneuve, un jeune qui vient de se faire arrêter est passé à tabac par des policiers. L’ « incident » serait certainement resté dans l’ombre en temps ordinaire. Manque de chance pour les policiers une équipe de télévision filme toute la scène et diffuse les images sur toutes les chaînes de télévision. Pour une fois les policiers sont pris la « main dans le sac » et ne peuvent nier.

Le Ministre de l’Intérieur sanctionne les huit policiers concernés, les deux cogneurs et les six autres qui présents ont laissé faire. Jusque là rien à dire !

Le représentant du syndicat ALLIANCE POLICE fait une déclaration dans les médias à propos de cette affaire et reconnaît les faits (on ne voit pas comment il aurait pu faire autrement !) et déclare qu’il s’agit « d’une entorse à la déontologie policière et que ce sont des faits inacceptables ». Soit, c’est bien de le reconnaître. Il ajoute cependant « Qu’il faut comprendre le contexte dans lequel se sont déroulés les faits et en particulier le climat d’extrême tension et d’agressivité à l’égard de la police ». Sans le justifier (il est inadmissible que des professionnels, comme ils se prétendent être, et ce qu’ils sont, perdent leur sang froid), on peut arriver à le comprendre.

Mais alors, si l’on tient le même raisonnement pour les jeunes qui se sont livrés à des violences dans les cités, on peut dire que ce sont des « comportements inadmissibles » (brûler des voitures, des écoles, ...), « mais qu’il faut comprendre le contexte dans lequel elles se sont déroulées et en particulier le climat d’exclusion sociale,.... ». Or, curieusement cette « excuse du contexte » si elle est valable pour la police, ne l’est pas pour les jeunes. Les jeunes commettent des délits et n’ont pas d’excuses mais les policiers eux en ont une : le « contexte ».

Autrement dit certains citoyens vivent dans un « contexte » et d’autres non.

Curieuse vision de notre société.

11 novembre 2005                                                              Patrick MIGNARD

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MOTS CONTRE MAUX

Chez les politiques le discours, la parole donne l’impression de la vie, il n’est en fait que l’expression de leur mort, de leur mort politique au sens d’acteur de la vie publique. Il momifie celui qui le tient car le discours politique est étranger à la réalité sociale qu’il a la prétention d’évoquer. Le discours des politiques est fait pour le spectateur, pas pour la victime, à l’image des obsèques qui n’ont de sens que pour les vivants.

Il n’est question aujourd’hui que de « dialogue », de « pacte républicain », d’« ordre républicain »,de « reconnaissance », de « respect », de « retour à la normale ». Plus les voitures brûlent, plus les CRS se font caillasser, plus le discours du pouvoir, avec tout de même quelques menaces, est choisi, patelin, ouvert, finement ciselé, bref « républicain ».

LE SILENCE DES MOTS

Le gargarisme sémantique est la seule thérapie qu’a trouvé la classe politique pour cacher aux yeux de tous son impuissance. Ces professionnels du discours rivalisent de formules « républicaines » pour montrer qu’ils ont la situation « sous contrôle ». Pourtant l’usage de ces mots, de ces termes, tient plus de l’incantation que de la réalité d’une volonté d’action. En effet, un mot n’est qu’un mot.

Prenons en quelques uns :

« Dialogue » : C’est quoi le « dialogue » pour les autorités ? Oh c’est très simple : c’est le simple enregistrement des demandes... le seul échange ne pouvant se situer que dans le cadre d’un système économique et social qui ne saurait changer... Autrement dit le dialogue est un calmant, un faux semblant de démocratie.

« Respect » : c’est avant tout le respect de l’ordre établi (enveloppé dans l’emballage plus séduisant d’« ordre républicain » ou « ordre public »), c’est-à-dire un ordre, dans ce système, essentiellement inégalitaire, un ordre dans lequel il est de notoriété publique que l’on ne trouve sa place que si l’on correspond aux besoins du système, un ordre dans lequel il faut respecter une loi qui est celle du système.

« Pacte républicain » : régulièrement évoqué mais jamais défini comme si le terme, dont les politiques en ont « plein la bouche », avait une valeur en soi.(demandez autour de vous la définition de ce terme !). Ce serait un pacte moral qui assurerait le respect et la dignité à tout citoyen/ne. Mais où est-il concrètement ce pacte dans notre société, dans les cités, dans les entreprises, sur les services publics, la ségrégation au logement, à l’emploi, les OGM, la Justice,... ?

« Retour à la normale » : c’est-à-dire retour à la situation précédente... faisons comme « s’il ne s’était rien passé »...car c’est comme cela que ça se passe, chaque fois !

Tout cela est censé être sous tendu par les « valeurs de la République ». Mais où sont-elles ces fameuses valeurs, ailleurs que sur le fronton des édifices publics.

Quel sens ont ces valeurs pour un jeune qui a toujours vu son père au chômage et qui a de grandes probabilités d’être lui aussi au chômage, en galère, ainsi que ses frères et sœurs ?

Quel sens ont ces valeurs quand on est systématiquement victime du « délit de sale gueule » qui se concrétise par des contrôles policiers permanents dans la rue ?

Quels sens ont ces valeurs à l’heure ou l’on détruit les services publics, les retraites, la protection sociale et où tout se résume par : le fric ?

Quels sens ont ces valeurs quand ces jeunes voient dans les médias la couardise et la malhonnêteté de ceux qui leur donnent des leçons de morale ? Faut-il citer des exemples précis et des noms ?

Sont-elles contestables ces valeurs ? Pas le moins du monde. Par contre ce qui est contestable et même condamnable c’est le fait de s’en servir d’alibi, de« miroir aux alouettes », de s’en servir de prétexte pour perpétuer un système économique et social qui en est la plus parfaite négation dans les faits, sinon dans les apparences.

Ces mots, ces expressions lancées dans les médias, s’ils ont pu faire illusion à une époque ne correspondent plus à rien, sont en rupture avec le réel social. Ce que masquent ces mots c’est la réalité sociale, celle qui fait qu’une partie de la population sont des parias que l’on cache et que l’on espère discrète, celle qui fait que l’on réduise le citoyen au simple salarié corvéable et/ou chômeur résigné et/ou consommateur solvable.

Tout ce qui vient d’être dit ne concerne pas que les populations d’origines immigrées, mais tout individu dans cette société, dans ce système qui vit, ou essaye tout simplement de vivre. Pour les politiques, les pauvres et les exclus ne sont acceptables que s’ils se taisent et se résignent à leur sort... et surtout aillent voter. Les mots ne sont pas pour eux ils ne doivent se contenter que des maux.

La faillite politique, de la Droite comme de la Gauche est totale et n’est maintenue que de manière fictive par des médias qui mettent en scènes des pantins qui n’ont plus rien à proposer.

LES MAUX PLUS FORTS QUE LES MOTS

L’incurie des politiciens de tous bords n’a d’égal que l’impudence dont ils font preuve quand ils s’expriment sur ces faits.

Tous ont bien évidemment la solution et depuis longtemps, surtout ceux qui sont dans l’opposition... Ils se demandent d’ailleurs comment ils peuvent y rester dans l’opposition puisqu’ils ont la solution...Ils font même des congrès pour ça !. Le problème c’est que personne ne les écoute.

La solution ? : « Il n’y a qu’à... ».

Ecoutez les tous ces vieux « chevaux de retour » qui se sont vautrés, et pour certains se vautrent encore, dans les palais de la République qui viennent doctement expliquer dans les médias ce qu’il y a lieu de faire, mais qui avaient oublié de le faire quand ils étaient au pouvoir !

Ecoutez les tous ces « petits marquis » de la République avec leurs appartements surdimensionnés, leurs voitures de fonction, leurs chauffeurs, leurs privilèges qui sont à des années lumières de la réalité sociales et qui osent dire depuis leur cocon protecteur : « Les Français pensent que ... »« Les Français souhaitent que,... », « Les Français aspirent à... » « La priorité des Français c’est... »

Regardez les ces médias, qui ouvrent leurs portes, leurs antennes, leurs micros, leurs rubriques, à ces « pique assiettes » de la société qui profitent des temps de crise pour se refaire une virginité politique et de revenir, pour certains, en politique... comme on va à la soupe !

C’est ce spectacle affligeant de la bassesse et de la médiocrité qui devrait redonner confiance et courage à une jeunesse en mal d’avenir dans un monde qu’on lui détruit ?

Au-delà des intérêts de chapelle et de la concurrence pour le pouvoir, Droite et Gauche font front commun car il y va de la survie du système dont elles profitent.

Ne nous méprenons pas, les « violences urbaines » sont les dommages collatéraux du fonctionnement d’un système inégalitaire aggravé par les politiques libérales d’abandon et d’exclusion.

Les mystificateurs de la politique veulent une fois de plus nous faire entrer dans leurs combines minables et foireuses. Il est temps de se donner les moyens ( pas électoraux, ils verrouillent tout ) du changement social. Faire en sorte que les mots correspondent à la réalité sociale et non ne soient que les faire valoir de prétentions personnelles ou claniques dérisoires.

09 novembre 2005                                                                            Patrick MIGNARD

Voir également « DROGUE, ECONOMIE SOUTERRAINE ET SOCIETE PARALLELE » « DECADENCE » « TRANSITION »

MOTS CONTRE MAUX

Chez les politiques le discours, la parole donne l’impression de la vie, il n’est en fait que l’expression de leur mort, de leur mort politique au sens d’acteur de la vie publique. Il momifie celui qui le tient car le discours politique est étranger à la réalité sociale qu’il a la prétention d’évoquer. Le discours des politiques est fait pour le spectateur, pas pour la victime, à l’image des obsèques qui n’ont de sens que pour les vivants.

Il n’est question aujourd’hui que de « dialogue », de « pacte républicain », d’« ordre républicain »,de « reconnaissance », de « respect », de « retour à la normale ». Plus les voitures brûlent, plus les CRS se font caillasser, plus le discours du pouvoir, avec tout de même quelques menaces, est choisi, patelin, ouvert, finement ciselé, bref « républicain ».

LE SILENCE DES MOTS

Le gargarisme sémantique est la seule thérapie qu’a trouvé la classe politique pour cacher aux yeux de tous son impuissance. Ces professionnels du discours rivalisent de formules « républicaines » pour montrer qu’ils ont la situation « sous contrôle ». Pourtant l’usage de ces mots, de ces termes, tient plus de l’incantation que de la réalité d’une volonté d’action. En effet, un mot n’est qu’un mot.

Prenons en quelques uns :

« Dialogue » : C’est quoi le « dialogue » pour les autorités ? Oh c’est très simple : c’est le simple enregistrement des demandes... le seul échange ne pouvant se situer que dans le cadre d’un système économique et social qui ne saurait changer... Autrement dit le dialogue est un calmant, un faux semblant de démocratie.

« Respect » : c’est avant tout le respect de l’ordre établi (enveloppé dans l’emballage plus séduisant d’« ordre républicain » ou « ordre public »), c’est-à-dire un ordre, dans ce système, essentiellement inégalitaire, un ordre dans lequel il est de notoriété publique que l’on ne trouve sa place que si l’on correspond aux besoins du système, un ordre dans lequel il faut respecter une loi qui est celle du système.

« Pacte républicain » : régulièrement évoqué mais jamais défini comme si le terme, dont les politiques en ont « plein la bouche », avait une valeur en soi.(demandez autour de vous la définition de ce terme !). Ce serait un pacte moral qui assurerait le respect et la dignité à tout citoyen/ne. Mais où est-il concrètement ce pacte dans notre société, dans les cités, dans les entreprises, sur les services publics, la ségrégation au logement, à l’emploi, les OGM, la Justice,... ?

« Retour à la normale » : c’est-à-dire retour à la situation précédente... faisons comme « s’il ne s’était rien passé »...car c’est comme cela que ça se passe, chaque fois !

Tout cela est censé être sous tendu par les « valeurs de la République ». Mais où sont-elles ces fameuses valeurs, ailleurs que sur le fronton des édifices publics.

Quel sens ont ces valeurs pour un jeune qui a toujours vu son père au chômage et qui a de grandes probabilités d’être lui aussi au chômage, en galère, ainsi que ses frères et sœurs ?

Quel sens ont ces valeurs quand on est systématiquement victime du « délit de sale gueule » qui se concrétise par des contrôles policiers permanents dans la rue ?

Quels sens ont ces valeurs à l’heure ou l’on détruit les services publics, les retraites, la protection sociale et où tout se résume par : le fric ?

Quels sens ont ces valeurs quand ces jeunes voient dans les médias la couardise et la malhonnêteté de ceux qui leur donnent des leçons de morale ? Faut-il citer des exemples précis et des noms ?

Sont-elles contestables ces valeurs ? Pas le moins du monde. Par contre ce qui est contestable et même condamnable c’est le fait de s’en servir d’alibi, de« miroir aux alouettes », de s’en servir de prétexte pour perpétuer un système économique et social qui en est la plus parfaite négation dans les faits, sinon dans les apparences.

Ces mots, ces expressions lancées dans les médias, s’ils ont pu faire illusion à une époque ne correspondent plus à rien, sont en rupture avec le réel social. Ce que masquent ces mots c’est la réalité sociale, celle qui fait qu’une partie de la population sont des parias que l’on cache et que l’on espère discrète, celle qui fait que l’on réduise le citoyen au simple salarié corvéable et/ou chômeur résigné et/ou consommateur solvable.

Tout ce qui vient d’être dit ne concerne pas que les populations d’origines immigrées, mais tout individu dans cette société, dans ce système qui vit, ou essaye tout simplement de vivre. Pour les politiques, les pauvres et les exclus ne sont acceptables que s’ils se taisent et se résignent à leur sort... et surtout aillent voter. Les mots ne sont pas pour eux ils ne doivent se contenter que des maux.

La faillite politique, de la Droite comme de la Gauche est totale et n’est maintenue que de manière fictive par des médias qui mettent en scènes des pantins qui n’ont plus rien à proposer.

LES MAUX PLUS FORTS QUE LES MOTS

L’incurie des politiciens de tous bords n’a d’égal que l’impudence dont ils font preuve quand ils s’expriment sur ces faits.

Tous ont bien évidemment la solution et depuis longtemps, surtout ceux qui sont dans l’opposition... Ils se demandent d’ailleurs comment ils peuvent y rester dans l’opposition puisqu’ils ont la solution...Ils font même des congrès pour ça !. Le problème c’est que personne ne les écoute.

La solution ? : « Il n’y a qu’à... ».

Ecoutez les tous ces vieux « chevaux de retour » qui se sont vautrés, et pour certains se vautrent encore, dans les palais de la République qui viennent doctement expliquer dans les médias ce qu’il y a lieu de faire, mais qui avaient oublié de le faire quand ils étaient au pouvoir !

Ecoutez les tous ces « petits marquis » de la République avec leurs appartements surdimensionnés, leurs voitures de fonction, leurs chauffeurs, leurs privilèges qui sont à des années lumières de la réalité sociales et qui osent dire depuis leur cocon protecteur : « Les Français pensent que ... »« Les Français souhaitent que,... », « Les Français aspirent à... » « La priorité des Français c’est... »

Regardez les ces médias, qui ouvrent leurs portes, leurs antennes, leurs micros, leurs rubriques, à ces « pique assiettes » de la société qui profitent des temps de crise pour se refaire une virginité politique et de revenir, pour certains, en politique... comme on va à la soupe !

C’est ce spectacle affligeant de la bassesse et de la médiocrité qui devrait redonner confiance et courage à une jeunesse en mal d’avenir dans un monde qu’on lui détruit ?

Au-delà des intérêts de chapelle et de la concurrence pour le pouvoir, Droite et Gauche font front commun car il y va de la survie du système dont elles profitent.

Ne nous méprenons pas, les « violences urbaines » sont les dommages collatéraux du fonctionnement d’un système inégalitaire aggravé par les politiques libérales d’abandon et d’exclusion.

Les mystificateurs de la politique veulent une fois de plus nous faire entrer dans leurs combines minables et foireuses. Il est temps de se donner les moyens ( pas électoraux, ils verrouillent tout ) du changement social. Faire en sorte que les mots correspondent à la réalité sociale et non ne soient que les faire valoir de prétentions personnelles ou claniques dérisoires.

09 novembre 2005                                     Patrick MIGNARD

Voir également

« DROGUE, ECONOMIE SOUTERRAINE ET SOCIETE PARALLELE » « DECADENCE » " TRANSITION »

 

Publié par PM sur
Publié dans : #matiere a reflexion

QUAND DELINQUANCE RIME AVEC DECADENCE

 « Violences urbaines », incivisme, vandalisme, des termes qui ne constituent plus des entrefilets dans l’actualité mais qui de plus en plus la structurent.

Une société décadente est une société qui n’arrive plus à assumer ses contradictions, à assurer la « paix sociale », c’est-à-dire assurer le maintien et la stabilité du rapport social dominant (ici le salariat) avec ses propres moyens, une société qui n’a plus comme recours que la violence pour gérer ses contradictions.

Ces évènements qui choquent par leur violence et la gratuité des actes, sont le fait d’individus qui ont perdu tous repères, qui n’ont plus aucune référence sociale, exclus du tissu social ils s’en prennent à tous les symboles même les plus respectables de notre société comme la violence contre les pompiers.

Ce ne sont pas eux qui sont décadents mais le système qui est capable de les engendrer.

LE PROBLEME ET SA SOLUTION

Comment avoir la prétention de trouver une solution à ce problème alors qu’on ne sait pas, ou plutôt, on ne veut pas le poser correctement. Car de quoi s’agit-il ?

A moins d’affirmer que les « bandes des banlieues » sont des délinquants-nés, ce que l’extrême droite appelle les « bandes ethniques » et que donc la solution est leur élimination au sens physique du terme, la seule autre explication c’est que ce phénomène, qui prend de l’ampleur, est d’origine sociale.

L’exclusion massive de salariés du « bas de l’échelle sociale », combinée avec des relents de racisme de l’époque coloniale a jeté aux marges de notre société toute une population exclue du lien social fondé sur le salariat, d’ailleurs le seul lien que le système marchand puisse créer.

Les cités autrefois ouvrières se sont transformées en « ghettos sans espoir » regroupant une population consciente d’être parquée, exclue, à la recherche d’une stabilité sociale que le système marchand lui refuse. (voir l’article « DROGUE, ECONOMIE SOUTERRAINE ET SOCIETE PARALLELE »)

On a beaucoup critiqué et l’on critique beaucoup, et je pense à juste titre, les conceptions « communautaristes » des pays anglo-saxons, au nom d’une conception de la citoyenneté issue des Lumières. Soit ! Mais le problème c’est que cette intégration citoyenne n’a pas marché pour ces populations. Pourquoi ?

La réponse facile serait de dire, et beaucoup ne se gênent pas pour l’affirmer : « Elles n’ont pas voulu s’intégrer ». Ceci est absolument faux.

Dès le début, dans les années soixante, les immigrés, que nous avions besoin pour nos usines, ont été traités comme du bétail... J’exagère ? Souvenez vous : bidonvilles, marchands de sommeil, ratonnades,... et, ce qui n’a rien arrangé, en pleine guerre d’Algérie... puis, ce qui a aggravé la situation, l’ouverture vers la mondialisation. Jusqu’aux Harkis qui ont été, et sont, victimes de la même discrimination...

Le système marchand a considéré ces êtres de la même manière qu’il traite tout individu, de manière utilitaire... Or là, à la différence des salariés nationaux marginalisés, il s’agissait d’une population fragilisée, coupée de ses racines, d’une culture très différente de la nôtre, qui aurait eu un besoin urgent et spécifique d’aide à l’intégration... C’est tout le contraire qui a été fait... et l’on s’étonne qu’à la troisième/quatrième génération la rupture ait lieu... Ce qui est étonnant, c’est qu’elle ne se soit pas produite plus tôt.

Nous vivons aujourd’hui, au niveau national, avec les violences urbaines, les conséquences du fonctionnement de ce système aggravées par des politiques irresponsables et démagogiques.

Le repliement communautaire de ces populations ne s’explique certainement pas par leurs volontés de recréer, à priori, une communauté : aucun texte, aucune déclaration, aucun discours, aucun mouvement constitué ne l’atteste, mais par l’incapacité du système marchand de faire fonctionner la citoyenneté. Le système politique de démocratie marchande a été incapable, et est incapable de faire fonctionner l’intégration, d’où le développement rampant du communautarisme qui est un moyen de recréer un lien social refusé par le système lui-même. (voir l’article « LA MARCHANDISE CONTRE LA CITOYENNETE »).

Ce que nous analysons comme une intention, la tendance communautariste, n’est en fait que la conséquence du fonctionnement du marché (exclusion d’une bonne partie de cette population du rapport salarial), aggravé de l’échec de l’intégration (ségrégation raciale qui ne dit pas son nom).

Il est bien évident qu’aucune force politique, aucun parti politique, aucun homme politique n’est capable, n’a le courage d’assumer une telle faillite... ces hommes clairvoyants et responsables préfèrent en jeter la responsabilité sur les « sauvageons » (la Gauche), les « bandes ethniques », (l’extrême droite), la « racaille à nettoyer au karcher » (la Droite)... chacun appréciera les nuances...

Nous sommes aujourd’hui entrain de payer non seulement les conséquences du fonctionnement du système marchand, mais aussi l’incompétence des politiciens que nous reconduisons systématiquement au pouvoir.

Pris à la gorge par un problème qu’il ne veut pas voir, l’Etat ne peut plus agir qu’avec ce qu’il connaît le mieux, qui demande le moins de réflexion, qui peut plaire aux citoyens excédés et qui est payant électoralement, la répression.

MAIS QUE FAIT LA POLICE ?

Justement, parlons en.

L’accumulation de forces de police ne peut évidemment pas résoudre le problème, au contraire, sa présence est un puissant excitant pour des individus qui désormais exècrent tout ce qui peut représenter un ordre qui les exclu.

La police ne peut agir que sur les conséquences, la délinquance, pas sur les causes de celle-ci. N’oublions jamais que la police n’est que le bras armé du pouvoir, or le pouvoir, l’Etat n’a pas pour vocation de remettre en question le fondement du système dont il est le garant. C’est donc tout logiquement qu’il intervient avec le seul moyen qui lui reste : la force. Ceci est vrai dans ce cas, mais ceci est aussi vrai dans de nombreux conflits sociaux aujourd’hui, du fait du rétrécissement de ses marges de manœuvres.(voir l’article « NEGOCIER ? ...MAIS NEGOCIER QUOI ? »)

La différence avec les autres conflits c’est que, dans les violences urbaines, il n’y a pas à proprement parler de revendications précises telles qu’on les connaît dans les autres conflits, d’où l’apparence du caractère « gratuit » des actes de vandalisme, ce qui bien entendu motive encore plus le pouvoir pour utiliser la force, et avec l’approbation du plus grand nombre qui ne « comprend pas » de telles attitudes d’incivisme... l’impasse sociale est totale.

Dans ce contexte c’est donc le fait policier qui l’emporte sur le fait social. Les conditions de l’intervention policière occultent le vrai problème qui est à l’origine de la situation.

La question n’est plus de savoir « comment en est-on arrivé à cette situation ? » , mais « que s’est-il passé lors de l’intervention policière ? ». La discussion, la réflexion, si j’ose dire, glissent sur le terrain de l’anecdote, de la désinformation, quand ce n’est pas de la propagande et de l’exploitation politicienne. Les protagonistes racontent chacun leur histoire, ont leur version dans laquelle ils sont innocents et victimes, se renvoient la responsabilité,... ce qui se termine dans les méandres des polémiques politiciennes, des procédures administratives, voire judiciaires.... jusqu’à la prochaine fois. Car il est bien évident qu’il y aura une/des « prochaines fois »... tout simplement parce que rien n’est réglé et que la situation qui a engendré l’évènement perdure.

Le phénomène de violence que la France connaît sur le plan intérieur est en fait un des aspects, le volet local, des conséquences de la mondialisation marchande. L’instrumentalisation des individus, le pillage des richesses naturelles à travers toute la planète, le développement inégalitaire, autrement dit le développement économique fait en dépit des valeurs humanistes, atteint aujourd’hui les limites du tolérable pour les riches, du supportable pour les pauvres. Le déploiement de force dans les cités n’a d’égal que l’érection d’une muraille protectrice autour de l’Europe et/ou des Etats Unis pour contenir la pauvreté. Il est temps d’en prendre conscience.

4 novembre 2005                                                                     Patrick MIGNARD

Voir aussi l’article « DECADENCE »

 

 

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