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Publié dans : #billet d'actualite

LAÏCITE : LA LONGUE MARCHE

 

 

Des centaines de jeunes algériens se réunissent et mangent sur la place publique au milieu de la journée, en plein Ramadan.

 

Ils ont raison !... Il faut les soutenir, les encourager, populariser leur action !

 

Ils ont été attaqués, et insultés par des fanatiques religieux ou simplement par des pratiquants musulmans.

 

Cette action n’est pas neutre. Les autorités algériennes parlent de provocation… ben voyons ! Refuser le diktat religieux est un premier signe de prise de conscience et de révolte…de refus. C’est le refus d’une éducation fondée sur l’intolérance et la soumission. C’est le premier pas vers la liberté de conscience qui est à la base de tout progrès et de tout changement. Le Pouvoir algérien a raison d’avoir peur d’un tel mouvement, et sa réaction fait tomber le masque.

 

Ces jeunes se situent dans la longue tradition de celles et ceux, qui, à toutes les époques et dans tous les pays se sont battus contre l’intolérance et l’obscurantisme (*).

 

Si la liberté religieuse est une des libertés garanties par la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, en aucun cas cette dernière ne donne le droit à la religion de s’imposer à autrui.

 

Toutes les religions, à un quelconque moment donné de leur histoire, ont été intolérantes et répressives. Il a toujours fallu lutter, non contre leur contenu, mais contre le système intolérant et de coercition qu’elles mettaient en place pour soumettre les autres, leur imposer une vision du monde (généralement fausse) et des interdits publics et privés.

 

La lutte contre l’intolérance religieuse fait partie intégrante – et en bonne place – du combat pour la liberté et le changement.

 

A une époque, la nôtre, où l’islam dans ses composantes et pratiques les plus sectaires, représente un danger pour la société (comme le furent les autres religions à une autre époque), il est urgent de soutenir celles et ceux qui veulent aboutir à une société dans laquelle sera reconnue la liberté de conscience.

 

Leur combat est le nôtre, celui de la Laïcité !

 

 

(*) Par exemple, le Chevalier de La Barre  qui eut la tête tranchée pour ne pas s’être décoiffé au passage d’une procession religieuse en France en 1765. Son corps fut ensuite jeté aux flammes ainsi que le « Dictionnaire philosophique » de Voltaire qu’on avait trouvé dans sa bibliothèque.

 

7 août 2013

LAÏCITE : LA LONGUE MARCHE
LAÏCITE : LA LONGUE MARCHE
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Billet d'actualité ..................................................................

 

CUMULARDS

 

Dans toute autre profession, le cumul d’activités, avec rémunération à la clef, est généralement mal vu. Une telle pratique jette la suspicion sur le sérieux mis à remplir les différentes fonctions, sans parler de la place occupée et qui pourrait l’être par un/une autre.

 

Les politiciens eux, n’ont pas ce genre de craintes et de scrupules. Au-delà de la férocité qu’ils déploient pour gagner leur place, ils essayent d’en avoir le plus possible… et une fois en place, ils n’en bougent plus, ou du moins essayent !

 

Bien sûr, le discours officiel – sans rire - raconte que cette activité, la fonction politique, est fondée sur le «  don que l’on fait de sa personne à l’intérêt général »…et que, au dire des intéressés, ce n’est même pas une profession. On peut d’ailleurs se demander pourquoi ils gagnent, sur un seul mandat, jusqu’à cinq fois le SMIC, et plus… sans parler des privilèges collatéraux (transports, protection sociale, retraites,…).

 

Alors que dans la plupart des professions, on vit difficilement la charge de travail correspondant à un emploi,… les élus/es en exercent deux parfois trois et même quatre… Ou bien se sont des surhommes/femmes ou bien ils ne foutent pas grand-chose !

 

Bien sûr, à les entendre, ils sont surchargés de travail, toujours en déplacements, écrasés par les dossiers,… sauf celui concernant leur statut… top secret.

 

Pourtant à la seule évocation d’une loi sur le « non cumul des mandats »,… alors que toute autre profession serait enthousiaste,… eux rechignent, refusent, reculent le débat et la décision, font la sourde oreille…accusent celles et ceux qui font ces propositions d’être des « populistes », « anti démocrates »… Ben voyons !

 

La réforme viserait à ce qu’un mandat de député ou de sénateur devienne incompatible avec les fonctions de maire (y compris de maire d’arrondissement à Paris, Lyon, Marseille), de président de conseil général ou régional ou d’un groupement de communes (communauté urbaine, etc.). L’incompatibilité concernerait toute fonction exécutive (adjoint au maire...). Mais à leurs yeux, de telles dispositions seraient une atteinte à leurs fonctions et pour tout dire,… à la démocratie ! Rien que ça !

 

Il serait intéressant de savoir si, la rémunération du mandat principal était alignée sur le salaire médian, soit 1644 euros/mois (ce qui serait justice), autant de candidats se précipiteraient pour occuper ces postes, de même si les autres fonctions, en plus de la principale, n’étaient pas rémunérées (ce qui serait logique). De telles conditions leur permettraient de savoir ce que c’est que de vivre comme le peuple, qu’ils sont censés représenter… et de réfléchir avant de prendre des décisions dont ils ne mesurent jamais, à leur niveau, la portée.

4 mars 2013

 

CUMULARDS
CUMULARDS
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CLOWNS, VOS PAPIERS !

 

Non seulement il devient de plus en plus difficile de vivre dans notre société, mais en plus, le sens de l’humour est en train de faire les frais de la décadence sociale… ce qui est, somme toute, logique quoique désolant.

La chose est cependant aggravée par le comportement des agents de l’Etat qui, en principe, ont pour mission d’atténuer les conflits et dédramatiser les situations.

 

Depuis quelques temps et de manière récurrente, on assiste, lors de manifestations, à l’apparition de clowns, manifestants pacifiques se comportant et se revendiquant comme tels. Tout observateur objectif reconnaît que seul l’humour anime ces manifestants/es... jamais ils n’ont eu de comportements violents. On a également pu constater lors des manifestations que le comportement des clowns est un facteur d’apaisement des tensions. Pourtant la réaction des forces de répression est démesurée à leur encontre. (Voir les documents/liens qui suivent cet article)

De multiples témoignages attestent d’une violence gratuite et insensée à l’égard des clowns. Bassesse et lâcheté de brutes en uniforme ou en civil qui courageusement s’acharnent sur des manifestants/es parfaitement pacifiques, sur des femmes et des hommes qui expriment, par l’humour, leurs opinions. Non seulement, ils frappent, humilient mais traînent aussi leurs victimes devant les tribunaux pour les faire condamner et obtenir des « dommages et intérêts » car l’accusation classique est « violences en réunion sur agents de police dans l’exercice de leur fonction ». La parole policière primant sur celle d’un manifestant, à fortiori d’un clown,… on imagine le résultat.

Faire la chasse à l’humour, à la dérision a quelque chose de malsain dans cette société. Le pouvoir, pris dans une contradiction inextricable entre le maintien de l’ordre social et la pérennisation d’un système foncièrement inégalitaire, perd tout sens de la mesure et plonge dans ce qui s’apparente – je pèse mes mots – à une forme de barbarie. Il y a là, en effet, régression intellectuelle et morale à s’en prendre à une des formes les plus subtiles de l’esprit humain ; l’humour et la dérision. Le processus régressif est – toutes proportions gardées -dans la même logique que celui qui entraîne certains à tuer à propos de caricatures, de dessins humoristiques.

Quel respect peut inspirer à un citoyen la violence officielle à l’égard d’amuseurs publics ?

Le Pouvoir s’est bien gardé de condamner cette infamie. Et que dire de la hiérarchie policière et/ou « gendarmesque » ainsi que des syndicats si prompts à hurler et gémir à la moindre anicroche touchant l’un de leurs membres ?

 

Une société qui condamne ses clowns est une société malade

 

 

23 mars 2015

 

CLOWNS VOS PAPIERS !
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LES VERTS DE PLUS EN PLUS SOLITAIRES

 

 

Lorsque le nouveau paradigme a surgi et a réussi à s’imposer, quelques années après mai 68, il a été perçu par beaucoup de citoyens et de militants comme une bouffée d’air frais, s’intégrant parfaitement dans une critique globale du système capitaliste. L’analyse critique du système de production marchande s’enrichissait d’une nouvelle dimension qui allait prendre une place de plus en plus importante. Les études, constats et conclusions scientifiques faisaient de celle-ci quelque chose de sérieux, concret et non un fantasme post « soixante-huitard ».

 

Quand le sérieux des problèmes écologiques s’est imposé à toutes et tous, chaque organisation politique a essayé, avec pas mal de difficultés, de faire coïncider cette nouvelle question avec leurs programmes figés et prédigérés… dans un but purement électoraliste.

 

Le mouvement écologique, fractionné au début, privilégiant à juste titre la dimension politique s’est imposé de manière autonome. Il était porteur de nouveautés en matière de pratique politique, d’engagement personnel et collectif et d’une farouche volonté de rompre avec les pratiques politiciennes poussiéreuses et anti démocratiques des partis traditionnels. Leur faible représentativité nationale était compensée par l’importance des questions qu’ils soulevaient et étaient, de ce fait, pris au sérieux.

 

Ce mouvement, porteur d’espoir de changement, aussi bien dans les analyses que dans la pratique politique, a hélas dégénéré aussi vite qu’il était apparu. L’engouement pour ces questions et la place politique qui s’offrait, à celles et ceux qui en étaient les dirigeants, a conduit ces derniers à abandonner rapidement toutes les bonnes résolutions du départ et à se consacrer à faire carrière dans la politique de manière aussi scandaleuse et minable que leurs homologues des partis traditionnels.

 

Une bureaucratie politicienne, des clans se sont constitués et ont transformé l’écologie en un savoureux fromage susceptible d’offrir une promotion sociale sous les ors de la République à des personnes plus intéressées par leur carrière personnelles que par l’avenir de la planète (des noms ?).

 

C’est cette désastreuse situation que dénonce aujourd’hui Noël MAMERE et qu’il refuse, ce qui est tout à son honneur,  de cautionner plus longtemps. Cette dérive, on la constatait depuis longtemps,… aujourd’hui on en a une confirmation de l’intérieur même du parti.

 

Au crédit de ce mouvement et c’est la seule chose positive qui lui reste : le fait que certains de ses cadres soient capables de ruer dans les brancards et de dénoncer clairement la dérive du mouvement… chose rare dans les organisations politiques.

 

Mais qui peut désormais faire confiance aux « écologistes » ?

 

30 septembre 2013

VERTS SOLITAIRES
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FRONT REPUBLICAIN : LE MIRAGE

 

C’est une stratégie, ou plutôt une tactique entre ce qu’il est convenu d’appeler la Droite et la Gauche pour faire barrage, au moment d’une élection, au Front National.

 

Soyons clairs tout de suite : c’est une tactique purement défensive, une attitude « par défaut ». Le Front Républicain n’est porteur d’aucune stratégie, d’aucun programme…. C’est une « alliance » de circonstance, sans lendemain.

 

Or, au fur et à mesure de l’alternance au pouvoir et de l’incapacité des uns et des autres à résoudre les problèmes, la mondialisation marchande et la crise aggravant la situation, cette manœuvre devient de plus en plus nécessaire et a tendance à se généraliser. Ce Front Républicain qui était présenté comme une exception dans le processus électoral est en passe de devenir la règle. Pourquoi ?

 

Les marges de manœuvres sont de plus en plus réduites pour s’acheter, comme autrefois, la paix sociale. Le champ est donc libre pour toutes les démagogies mais aussi pour des stratégies de rupture. Or, des stratégies de rupture ne sont portées réellement par aucune organisation politique – sinon dans leurs discours, et encore ! Reste la démagogie ! Et là, le Front National, comme tous les mouvements néo-fascistes (voir l’Histoire du 20e siècle) est au top niveau. Balayant le champ des revendications, il les adopte toutes. Balayant le champ des peurs, il les évoque toutes. Il fleurit sur le fumier de la décadence politique et sociale, de la peur et de la rancœur.

 

Le Front Républicain c’est la cerise sur le gâteau pour l’extrême droite, qui non seulement, sur le long terme n’est pas tenable pour ceux qui l’utilisent, mais lui permet d’en rajouter une couche quant à la collusion des professionnels de la politique qui se succèdent au pouvoir sans jamais résoudre les problèmes.

 

Est-ce par une démarche purement défensive et conservatrice que l’on va stopper le danger que représente le Front National ? La réponse est évidemment NON ! Or aujourd’hui c’est la seule stratégie proposée par les partis politiques dominants.

 

Le Front National peut ainsi se payer le luxe, sans programme économique et social, à faire de la surenchère. Rien sur le temps et les conditions de travail, les retraites, la santé… Il est l’expression, en creux, des impuissances et des trahisons (pour la gauche) des partis politiques. Il construit un ersatz de programme avec les promesses faites par les autres, le tout saupoudré de haine et d’aigreur.

 

Le Front Républicain ne fait que reculer le moment où l’extrême droite obtiendra suffisamment de voix, de sièges pour jouer véritablement un rôle politique réel… et l’on sait ce que cela donne… Il sera alors trop tard. Tout le monde se renverra la responsabilité du désastre…. ça a déjà d’ailleurs commencé.

 

Tirer les leçons de l’Histoire dîtes-vous ?......

 

1er juillet 2013

 

FRONT REPUBLICAIN : LE MIRAGE
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Billet d'actualité ..............................................................................................

 

ESPOIR

 

 

Il y a toujours eu deux formes d’espoir : l’espoir actif et l’espoir passif.

 

L’espoir passif est fondé comme l’adjectif l’indique sur une attitude attentiste, elle-même fondée sur une croyance que « les choses vont se faire », que celles et ceux qui sont au pouvoir, aux responsabilités vont « trouver une solution » ; « il faut leur faire confiance, à eux et aux institutions ». Cet espoir est évidemment entretenu par les politiciens qui nous font croire que le système politique en place permet au peuple de choisir son avenir alors que manifestement tout est fait pour que rien ne change.

 

Ce sont ces mêmes adeptes de l’espoir passif qui, au bout de la déception et de l’impuissance citoyenne se rallient aux pires solutions, celles qui consistent à vouloir un Etat fort et un guide. Ce sont elles et eux qui constituent, même si au départ ils ne le souhaitent pas, le socle sur lequel s’installe le fascisme. L’extrême droite et notamment en France, le Front National, l’ont bien compris.

 

Celles et ceux qui disent que, dans l’Histoire, les choses se sont arrangées, que l’on a évolué, n’oublient qu’une seule chose,… c’est que les changement se sont fondés, non pas sur une attitude attentiste, un espoir passif, mais sur l’engagement de femmes et d’hommes qui ont matérialisé par l’action leurs espoirs, qui ont jeté les bases d’une société nouvelle.

 

L’espoir actif est fondé sur une conscience claire de la situation qui peut se résumer ainsi: le capitalisme ne fonctionne que pour une minorité qui s’est donné les moyens institutionnels d’empêcher tout changement économique et social.

 

Dés lors, l’engagement politique, et véritablement citoyen, consiste, à ne pas tomber dans le piège des promesses et de l’alternance au pouvoir des partis politiques traditionnels, mais à mettre en œuvre une véritable action alternative qui permette de reconstituer un nouveau tissu social fondé sur de nouvelles valeurs, de nouveaux échanges, une véritable solidarité.

 

L’espoir n’est alors plus une simple aspiration fumeuse, mais au contraire un puissant moteur pour l’action, une manière de s’autonomiser, de se regrouper, de s’entraider, de construire, d’explorer des horizons nouveaux dans le champ des relations sociales.

 

Ce n’est pas un hasard si, aujourd’hui, ces vieux réflexes coopératifs, autogestionnaires refont surface dans nos systèmes économiques décadents : des coopératives se créent, des circuits courts s’établissent,…

 

L’espoir ne peut pas nous être apporté par celles et ceux qui nous ont toujours trahis ; il doit être à la fois le moteur et le produit de notre propre engagement.

 

 

27 mars 2013

 

 

ESPOIR
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Billet d'actualité ..............................................................................................

 

SYNDICATS : LE SENS DES MOTS

 

Quand au tournant du 19e et du 20 e siècle, dans les pays industriels, les salariés, honteusement exploités par le capital, se sont donné les moyens de lutter contre les conditions de travail et de vie qui leur étaient faites,… ils ont créé les syndicats.

 

La forme originelle historiquement et politiquement la plus élaborée de cette organisation est incontestablement, en France, la Confédération Générale du Travail (CGT)… Les autres syndicats ne sont que de pâles copies…. sauf probablement SUD et la CNT !

 

Dans sa Charte de 1906, dans son article 2, elle déclare :

 

« La CGT groupe, en dehors de toute école politique, tous les travailleurs conscients de la lutte à mener pour la disparition du salariat et du patronat…  »

 

La formulation la plus approchante dans les actuels statuts est dans l’article 1 :

 

« Prenant en compte l’antagonisme fondamental et les conflits d’intérêts entre salariés et patronat, entre besoins et profits, elle combat l’exploitation capitaliste et toutes les formes d’exploitation du salariat ».

 

Notons que la formulation de l’article 2 de 1906 disparaît après les évènements de mai 68 ( ?).

 

Simple question de formulation diront certains !...Au regard de l’évolution de ce syndicat – mais aussi des autres – on peut douter qu’il s’agisse d’une simple question de sémantique syndicale.

 

L’expression « lutte pour la disparition du salariat et du patronat » est sans ambiguïté. Il s’agit d’un changement radical des rapports sociaux.

 

Par contre la nouvelle formulation « elle combat l’exploitation capitaliste et toutes les formes d’exploitation du salariat », a un tout autre sens que la précédente. En effet, elle est parfaitement compatible avec la pérennité d’un système d’exploitation que, certes, l’on combat, mais sans véritablement envisager son abolition.

 

L’horizon syndical s’est donc singulièrement réduit à une lutte perpétuelle pour améliorer les conditions des salariés.

 

Cet objectif est devenu la raison d’être des syndicats jusqu’à ces dernières années où l’objectif a encore changé : on ne se bat plus désormais pour améliorer les conditions de travail et de vie, mais pour éviter qu’elles ne se dégradent en permanence. On est loin du syndicalisme qui voulait changer le monde !

 

16 mars 2013

SYNDICATS : LE SENS DES MOTS
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ALTERNANCE ET ALTERNATIVE

 

On assiste aujourd’hui à un curieux glissement sémantique dans la classe politique.

 

Jusqu’à aujourd’hui, il n’était question que de l’alternance. Alternance signifiant le passage de la Droite à la Gauche, et inversement. Il était entendu que ce mouvement de bascule était dans la « nature » du système politique qui est le nôtre et qu’ainsi, les citoyens/nes pouvaient exprimer leur opinion, leur désir de changement, dans un esprit parfaitement démocratique et républicain (sic).

 

Ce petit jeu de l’alternance, parfaitement stérile (il suffit de voir où nous en sommes aujourd’hui), permettait de faire patienter le bon peuple, jouer, pour les politiciens sur l’illusion du changement, et le tenir en haleine avec des promesses mirobolantes. Dans cette logique parfaitement conservatrice, ayant pour seul objectif de gérer le système marchand, s’est constituée une classe politique irresponsable, parasite et manipulatrice, absorbant toutes celles et tous ceux qui avaient la prétention affichée de « changer les choses » (c’est le cas des communistes et des écologistes).

 

Tout cela fonctionnait parfaitement sauf que,… les illusions n’ont qu’un temps ! La crise aidant, la mondialisation du capital et des marchés se généralisant, le nombre de délocalisations explosant, entraînant des drames humains, la paix sociale que pouvaient se payer les politiciens gestionnaires s’est réduite comme peau de chagrin. Nous arrivons à la fin d’un cycle, à un stade ou l’alternance ne fait plus illusion. Qui oserait, en effet, sérieusement aujourd’hui croire, ou faire croire, que par un retour de la Droite, on va rétablir la situation catastrophique dans laquelle nous sommes.

 

Ne voulant rien changer à une situation dont elle profite, la classe politique a donc trouvé un nouveau terme qui était jusqu’alors utilisé par celles et ceux qui veulent changer radicalement de système économique et politique : l’alternative.

 

L’alternative, qui avait une connotation gauchiste, subversive, est en passe d’intégrer la soupe sémantique des discours politiques mystificateurs. C’est ainsi que de vieux chevaux de retour, compromis jusqu’au cou dans toutes les politiques réactionnaires du passé, pour le moment au centre de l’échiquier politique, en manque de notoriété et d’électeurs profitent du désarroi actuel et de l’impasse politique pour lancer leur nouveau « concept ». Sans parler des néo fascistes qui s’engouffrent dans la brèche.

 

Au rythme de la dégradation politique actuelle et face au besoin urgent de trouver toujours de nouveaux termes pour tromper le citoyen, il va vite manquer de mots pour construire un discours politique.

 

On savait le discours politique mystificateur… il devient aujourd’hui inaudible. Est-ce grave ? Certainement pas. Bannissons le discours des professionnels de la politique et consacrons nous à des actions concrètes fondant de nouvelles solidarités et l’avenir, le nôtre, nous sera ouvert.

 

16 novembre 2013

ALTERNANCE ET ALTERNATIVE
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LES ECOLOGISTES SONT-ILS BIODEGRADABLES ?

 

 

Un produit biodégradable est, en principe un produit qui, une fois ayant servi à satisfaire un besoin, a la faculté de se décomposer en ses différents composants pour disparaître dans la nature. A l’inverse, un produit qui n’est pas biodégradable est un produit qui, une fois qu’il a servi, ne peut pas se décomposer en éléments réintégrables dans la nature… et pollue celle-ci.

 

Peut-on appliquer ces définitions aux politiciens, et plus particulièrement aux écologistes ? Oui ! Et pourquoi plus particulièrement à ceux-ci ? Parce qu’à la création de leur parti, ils – les écologistes - avaient formulé des critiques acerbes et forts justes à l’égard d’une classe politique parasite, affairiste et auto reproductrice. Ils avaient dit simplement, vouloir « faire de la politique autrement ».

 

« Faire de la politique autrement », c’était :

 

  • pas d’affairisme et de magouilles d’appareil,
  • poser des questions essentielles sur la défense de l’environnement et se donner les moyens d’infléchir les politiques mises en œuvre.

 

Est-il besoin de faire de longs développements pour démontrer la faillite de ce double projet ?

 

En guise d’élus (écologistes) d’un type nouveau, nous avons une catégorie de politiciens qui non seulement ne permet aucune progression – sur le fond - sur le terrain de la défense de l’environnement, mais aussi, et surtout, passe son temps à gérer leurs situations privilégiées, apanage de tous les élus.

 

Bien sûr, rétorquera-t-on, à juste titre, tout ne peut pas être fait spontanément… Mais c’est nous prendre pour de fieffés imbéciles que de nous faire croire – au regard de ce qui est de notoriété publique – que ces « élus d’un type nouveau » ont des « pratiques nouvelles ».

 

Souvenez vous,… celles et ceux qui avaient défendu la thèse de la rotation des postes pour éviter la bureaucratisation – et donc rendre chacune et chacun biodégradable au regard du milieu de la politique – se sont transformés en bureaucrates forcenés, en apparatchiks de type soviétique, en rapaces avides de leurs privilèges. Des noms ?... Leur présence, leur existence, comme celle de tout vulgaire politicien traditionnel pollue gravement l’environnement politique des citoyens de ce pays.

 

Comme tous les déchets polluants, il faudra bien un jour penser à leur retraitement !

 

 

19 décembre 2013

 

 

 

 

LES ECOLOGISTES SONT-ILS BIODEGRADABLES
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DE LA VIOLENCE POLITIQUE EN « DEMOCRATIE »

 

Les scènes de violences, de tueries qui ensanglantent l’Ukraine aujourd’hui choqueraient les « opinions démocratiques », lit-on dans la presse. C’est avoir une sacrée dose de naïveté que de croire que le règne de la violence dans l’Histoire serait terminé et que la paix civile règnerait peu à peu sur la planète.

 

Le « plus jamais ça », après un épisode dramatique, a toujours été démenti ; tant que règnera un système économique et politique inégalitaire, les sociétés ne seront pas à l’abri de ce que certains appellent, pudiquement, des dérapages.

 

Quand au moment de la chute de l’URSS, les propagandes officielles occidentales ont fait croire aux bons peuples que les républiques soviétiques entraient désormais dans une ère de liberté et d’égalité, de respect des droits de l’Homme, on a, en fait, assisté à une gigantesque manipulation idéologique. Le système capitaliste de l’occident n’a jamais été le garant de la paix, pas plus dans les pays occidentaux que dans les anciennes républiques du glacis soviétique… sans parler des anciennes colonies plus ou moins copies conformes des puissances coloniales.  Ceci ne réhabilite certes pas l’absurde système totalitaire « soviétique », mais n’absout pas non plus le système économique dominant actuel.

 

On voit, en Ukraine, ce que peut donner un système économique et politique à l’occidentale,… sans parler de la Russie de Poutine qui se classe dans la même catégorie. Le système politique, électoral de représentation du peuple, est capable de toutes les dérives, y compris les pires… Rappelez vous la République de Weimar dans les années 20-30 du siècle dernier.

 

Les conditions de l’exercice du pouvoir politique dans ce que l’on appelle aujourd’hui une démocratie, caractérisées par le rôle de l’argent, le poids des lobbys complices des partis politiques, le système médiatique, produisent un véritable système politique verrouillé, corrompu, au service des puissants, excluant les plus faibles… et le caractère universel du suffrage n’y change, on ne peut que le constater, finalement rien. Nous en avons des exemples dans tous les pays dit « démocratiques ». En Ukraine la coupe est pleine et c’est l’explosion ; en France elle ne l’est pas encore tout à fait, mais le niveau monte.

 

Cette dégradation progressive conjuguée à une mondialisation marchande qui réduit de plus en plus de citoyens à la misère ne peut qu’aboutir à la révolte ou à des solutions extrêmes. La montée du/des néo fascisme/s (formes ultimes de la violence politique) dans tous les pays européens en est la conséquence la plus grave et la plus spectaculaire. La violence n’est pas une exception dans l’Histoire, elle en est une des composantes ; la dégénérescence de l’Europe et de nos sociétés, malgré les discours lénifiants de nos politiciens, pourrait bien en être le prélude.

 

21 février 2014

 

 

DE LA VIOLENCE POLITIQUE EN "DEMOCRATIE"
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POURQUOI LES NEOFASCISTES S’EN PRENNENT-ILS À LA CULTURE ?

 

Dés que ces individus ont le pouvoir, ou une part de pouvoir, la culture est la première à en faire les frais.

Il y a deux choses que haïssent les néofascistes, ce sont d’une part, l’intelligence, celle qui permet de comprendre, d’autre part, la différence.

Le cri de José MILLAN ASTRAY Y TERREROS  en Octobre 1936 « A bas l’intelligence, vive la mort » à l’Université de Salamanque en Espagne raisonne dans tout le 20e siècle et trouve des échos dans tous les mouvements fascistes et nazis. On retrouve la même attitude chez Baldur VON SCHIRACH, chef des Jeunesses Hitlériennes : « Quand j’entends le mot culture je sors mon révolver ».  De manière générale tous les pouvoirs et mouvements totalitaires ont brimé la culture qui permet  l’expression de l’autre, de le comprendre, de l’accepter dans sa diversité.

La culture, au sens large, ne peut exister qu’en situation de liberté, sinon elle devient « officielle » et n’exprime que ce que le pouvoir qui l’autorise veut qu’elle puisse exprimer… autrement dit une idéologie fermée, sans ouverture sur autre chose que ce pourquoi elle est autorisée.

La culture libre (pléonasme) est dangereuse pour tout pouvoir qui a pour objectif d’enfermer la collectivité et l’individu dans des certitudes et des dogmes. La « culture » qui s’écarte des canons officiels ne peut donc être qu’une hérésie, bref une « sous-culture », voire une  « culture dégénérée ».

S’attaquer aux associations culturelles est donc tout à fait logique pour des néo-fascistes. Il y va de la survie de leur idéologie, donc de leur crédibilité « culturelle »… disons plutôt « idéologique ».

La suppression des subventions accordées aux associations culturelles permet de réorienter leurs budgets vers d’autres secteurs : essentiellement la sécurité, la répression et le financement des alliés « politiquement sûrs ». La suppression des subventions accélère la disparition de ces associations, limite la liberté d’expression, démontrant par là-même, du fait de leur inexistence, qu’elles n’avaient pas grand-chose à dire (CQFD). L’ «épuration»  des bibliothèques complète le tout. L’exil ou la clandestinité restent donc les seules solutions pour ces associations qui, se marginalisant, sont accusées de « cosmopolitisme » et d’associations étrangères à la collectivité (CQFD).

Le tissu social s’appauvrit, permettant toutes les démagogies – comme celle qui a fait accéder les néofascistes au pouvoir. L’autoritarisme devient la règle et les difficultés sociales sont mises sur le dos de boucs émissaires (juifs, arabes, roms, mal pensants, étrangers,…), justifiant le renforcement de la répression,… le cercle infernal est enclenché…

26 avril 2014

LES NEOFASCISTES ET LA CULTURE
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L’ABSTENTION FAVORISE-T-ELLE LE

FRONT NATIONAL ?

 

C’est l’argument choc, qui se veut imparable, de celles et ceux qui tiennent absolument à ce que l’on aille voter : « Si tu ne votes pas pour un parti républicain, tu fais le jeu du Front National ». Qui n’a pas entendu cet argument ?

Au-delà de l’aspect « civico-moral » ou « moralo-civique » de l’acte de voter il y aurait des raisons arithmétiques !... Examinons cela de plus près.

Ce qui aurait tendance à faire répondre oui à la question peut se résumer à cette courte démonstration : « Si l’on s’abstient de voter, c’est forcément, arithmétiquement, le FN qui y gagne – en pourcentage -  puisque les militants FN eux votent ! ». La conclusion s’imposerait donc : il faut voter pour éviter que le FN ait des élus. CQFD.

Problème : mais alors, voter pour qui ? La question est essentielle car c’est justement la trahison, l’impuissance et l’incompétence des « partis dits républicains » qui poussant l’exaspération de certains citoyens à son comble, les acculent à céder aux sirènes des démagogues néofascistes qui eux promettent tout et au-delà…

Bien sûr il n’y a pas que les grands partis qui se présentent et qui nous mènent en bateau depuis des années (UMP/centristes, PS/écologistes). On a le choix pour d’autres formations politiques… Mais le système politique électoral et médiatique fonctionne de telle manière que l’on sait à l’avance quel sera le résultat… Tout est fait pour que le bipartisme assure la pérennité du système… la prime, en cas de grippage du système, allant, in fine aux plus démagogues : aux néofascistes. C’est ainsi que la crise de 1929 se « résout » au 20e siècle… avec les conséquences que l’on sait.

Il faut aussi se poser la question de « Pourquoi vote-t-on pour le FN ? Qui vote pour lui ? » Il est évident que toutes celles et tous ceux qui votent pour lui ne sont pas des fascistes. Lassés par les partis politiques au pouvoir depuis des décennies, ils finissent par céder à la réflexion simpliste et pleine de dangers : « Essayons le FN pour voir »… et c’est ainsi que le néofascisme accède légalement au pouvoir…rappelez vous les années 1930 en Allemagne !...

Quoique bénéficiant, in fine,  de l’appui des puissants qui craignent la déstabilisation politique et sociale, c’est sur les plus maltraités de la société que s’appuie le néofascisme pour asseoir sa légitimité, promettant bonheur, grandeur et prospérité… D’où, la crainte de  l’abstention de ce parti, car celle-ci exprime le refus de sa démagogie. Les craintes appuyées d’une abstention massive formulées par les dirigeants du FN montrent clairement la force de celle-ci – entre autre - à son égard.

 

Concevoir l’abstention comme une simple crise de colère est aussi stupide – quoique moins dangereux - que de voter FN pour régler ses comptes avec les « grands partis ».

Par contre, concevoir l’abstention comme un refus de cautionner un système qui nous conduit à la catastrophe,…, comme un refus de donner une légitimité aux politiciens qui nous mentent,… est une attitude citoyenne responsable.

L’abstention ne favorise pas le Front National, elle est, actuellement, au contraire, le meilleur remède contre lui.

 

mai 2014

ABSTENTION ET FRONT NATIONAL
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SNCF : POURQUOI LE GOUVERNEMENT MENT ?

 

Sans avoir le détail de la réforme que propose le Gouvernement – qui est à l’origine de la grève actuelle – on peut sans erreur affirmer que le GOUVERNEMENT MENT aux cheminots et aux utilisateurs.

Pourquoi ? Pour une raison simple : la réforme qu’il préconise n’a qu’un seul et unique objectif : faire entrer les chemins de fer français dans la logique libérale en les ouvrant à la concurrence.

Quand le gouvernement parle de préserver le service public, de garantir la qualité des transports, IL MENT car l’objectif, non avoué, mais inscrit dans la politique européenne en matière de transport, est de liquider de fait le service public.

Quand le gouvernement dit aux cheminots qu’il sauvegardera les emplois et les avantages sociaux, IL MENT, car l’objectif est justement – dans le cadre de cette même politique – de rentabiliser la force de travail, la précariser, en la réduisant au maximum…

Depuis des décennies, les gouvernements, de Droite comme de Gauche, n’ont eu de cesse de démanteler le service public des chemins de fer pour finalement le privatiser… La SNCF était une entreprise qui fonctionnait à la satisfaction générale, structurait l’économie du pays, correspondait aux besoins de la population… c’était un service public.

Dans le système capitaliste dans lequel nous vivons, une entreprise ne doit pas avoir pour fonction de satisfaire les consommateurs et les salariés qu’elle emploie… une entreprise a pour objectif de valoriser le capital qu’on y investit.

Avant 1997, la SNCF était Une et Indivisible, comme la République ; la « réforme » d’alors crée deux entités, la SNCF et Réseau Ferré de France,… uniquement pour des raisons financières… Cette partition n’a non seulement pas réglé les problèmes financiers, mais a rendu ingérable l’ensemble (accidents, dysfonctionnements multiples,…).

 

Pourquoi cette réforme aussi bien assumée par la Droite que par la Gauche ?

 

Pour préparer l’ouverture à la concurrence, porte ouverte à la partition et à la privatisation du chemin de fer (voir l’exemple – catastrophique – des chemins de fer anglais). Le gouvernement tient un double discours : il fait croire à une réunification de la SNCF ; en fait, il maintient la partition mais la coiffe par une holding qui gère l’ensemble… avec toujours pour objectif l’ouverture dans un premier temps à la concurrence, quitte, par la suite, à démanteler l’ensemble en petites entreprises privées.

 

Les cheminots ont-ils raison de s’opposer à cette réforme ?

 

Oui, absolument et ce pour deux raisons : ils se battent pour la défense d’acquis sociaux. Quels salariés responsables pourraient leur reprocher ? Ils défendent la notion de service public qui est aujourd’hui menacée.

 

Les propositions du gouvernement peuvent – elles être sérieuses ?

 

En aucun cas, et ce pour une raison simple : il est tenu par les décisions de la politique économique européenne d’ouverture de tous les services publics à la concurrence,… donc à leur disparition. Le gouvernement ne peut rien céder, juste différer les décisions et encore a-t-il une date butoir : 2022.

Le gouvernement ne peut compter que sur la division syndicale et la capitulation (encore une fois) des syndicats qui vont organiser la débâcle.

Le gouvernement compte également – comme chaque fois – sur une exaspération de l’opinion publique à qui on jette en pâture les soit-disant « cheminots privilégiés ».

 

La SNCF est-elle seule dans ce cas. ?

 

Non, ce sont tous les services publics qui sont aujourd’hui menacés, non seulement par l’Europe libérale mais aussi dans le Grand Marché Transatlantique (TAFTA) qui est en cours de négociation entre l’Europe et les USA.

 

Le combat pour la défense de tous les services publics est un impératif social et politique incontournable pour notre avenir et celui de celles et ceux qui nous succèderont. Pensez à la société que nous allons leur léguer !

 

   14 juin 2012                                                                                              

 

 

 

SNCF : LE GRAND MENSONGE
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LA GREVE – CHRONIQUE D’UNE CAPITULATION ANNONCEE

 

Est-elle toujours le bon moyen pour faire triompher des revendications ?

 

La dernière lutte des cheminots, aussi légitime et justifiée soit-elle, repose cette question qui devient lancinante depuis des décennies.

La grève – arrêt collectif du travail – avait, à son origine un but bien précis : montrer au patron qu’il avait besoin de ses salariés et que si ceux-ci arrêtaient leur travail, il perdrait beaucoup d’argent. C’était donc un excellent moyen de pression, l’instrument d’un rapport de force posant la question : qui cèdera le premier ?

 

L’évolution du capitalisme a modifié les données d’utilisation de cette arme :

 

  • l’organisation industrielle du travail, en multipliant les catégories de salariés a divisé ce qui pouvait apparaître comme un bloc homogène. Le patronat a d’ailleurs habilement joué sur cette division potentielle pour affaiblir la grève ;
  • la « liberté du travail » – présentée comme une valeur essentielle a été un élément supplémentaire pour affaiblir le mouvement de grève – condamnation des « piquets de grève » ;
  • l’éclatement des structures de l’entreprise, en multipliant les sites de production a rendu difficile la communication et l’expression de la solidarité ;
  • la mondialisation de la production, par l’apparition d’entreprises délocalisées et d’un marché mondial de la force de travail, a relativisé le poids des salariés dans le rapport de force avec le Capital au point de rendre le recours à la grève obsolète ;
  • la manipulation de l’opinion publique par les médias a exercé, et exerce, une pression constante pour dénoncer la grève « preneuse d’otages » auprès des usagers et clients.

 

La grève n’est donc plus ce qu’elle était au 19e siècle et même au 20e, ou du moins, son efficacité est à revoir.

Il est évident que les syndicats de salariés auraient dû, à la fois, être attentifs à cette évolution et réfléchir à la nouvelle donne imposée par le Capital. Largement divisés, encroûtés dans des intérêts bureaucratiques et politiciens, ils n’ont rien vu – ou voulu voir - venir. Leurs méthodes d’actions sont restées ce qu’elles étaient au 19e siècle avec l’efficacité (sic) que l’on peut observer aujourd’hui.

La grève, en l’état actuel de l’économie mondiale capitaliste, peut devenir une arme à double tranchant et se retourner contre les salariés,… non seulement elle permet de constituer un excellent prétexte pour liquider une entreprise jugée « pas assez rentable », mais sa « production » peut être aujourd’hui largement compensée par d’autres produits, et si ce n’est pas le cas, l’impopularité – appuyée par les médias – isole les salariés en lutte.

De plus, les contraintes qui s’exercent sur le gouvernement – et qu’il accepte - en matière d’organisation économique, lui laisse peu de marge de manœuvre pour céder aux revendications (contraintes imposées par la Commission Européenne, le FMI, l’OMC,...). De manière générale, dans un contexte d’économie marchande mondialisée, le Capital a de moins en moins les moyens – et la volonté – de se « payer la paix sociale comme il le faisait autrefois.

Les grèves, comme c’est le cas de la dernière action à la SNCF, s’éteignent comme des bougies,….dépérissent, s’arrêtent dans l’indifférence générale. Il n’y a plus, depuis des années une seule grève qui puisse affirmer avoir été victorieuse (des noms ?).

Souvent, comme ça été le cas à la SNCF lors de la dernière grève, sans parler des syndicats qui acceptent, de fait, les réformes, d’autres comme la CGT ont accepté de jouer un jeu ambigu : protestation symbolique mais acceptation de la réforme moyennant quelques petits aménagements… la grève ne venant que d’une base qui déborde les appareils syndicaux. Vu la configuration politico-médiatico-syndicale de notre société, un tel mouvement ne peut que finalement s’essouffler,… c’est bien ce qui s’est produit.

 

La question : « la grève est-elle toujours le bon moyen pour faire triompher des revendications ? » s’impose.

 

Les syndicats sont, bien entendu, incapables d’imaginer une autre forme d’action. Encroûtés dans leurs certitudes obsolètes, ils ne savent que reproduire ce qu’ils connaissent. De plus, il est probable qu’ils adhèrent aujourd’hui à l’idéologie dominante de la soi-disante « modernisation » qui consiste à rentabiliser et liquider les services publics,… même si leurs discours disent le contraire. Les faits sont là.

Les luttes d’aujourd’hui, et de demain, doivent donc se fonder sur autre chose que le simple arrêt du travail.

La bataille de l’opinion publique, et en particulier, dans ce qui reste de service public – ou ce qui était service public - est essentielle… C’est donc en revenant aux fondamentaux du service public que la lutte doit se concentrer. Faire fonctionner le service public, comme il se doit, en organisant la « grève de la gratuité » (transports déclarés gratuits) présenterait l’avantage d’exercer une pression intolérable sur le Pouvoir tout en s’alliant les usagers. Bien sûr cette pratique est illégale,… comme l’était d’ailleurs la grève au 19e siècle quand les salariés ont conquis ce droit. Cette idée, maintes fois évoquée n’a curieusement jamais été reprise sérieusement par les syndicats qui se réfèrent frileusement à une action qu’ils savent aujourd’hui stérile.

L’imagination et l’audace en matière d’innovation dans le domaine des luttes ont encore des progrès à faire ! 

 

21 juin 2014

 

CHRONIQUE D'UNE CAPITULATION ANNONCEE
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TAFTA (Trans Atlantic Free Trade Agreement)

LA CHUTE FINALE

 

Le Grand Marché Transatlantique, actuellement en voie de constitution au travers des négociations entre la Communauté Européenne et les USA, marché qui s’exprimera dans un « Accord de Partenariat Transatlantique », constitue la phase ultime du développement du Capital. Par ce traité, celui-ci pourra se développer, se valoriser sans entrave. Plus encore, les principes de son existence et de son développement constitueront l’essence même des relations sociales de demain… sans aucune possibilité d’opposition.

 

On peut analyser cet « Accord de Partenariat Transatlantique » sur un plan strictement économique… c’est d’ailleurs de cette manière qu’il nous est présenté par les autorités qui daignent, rarement, en parler. Ce serait commettre une lourde faute que de croire à la fiabilité d’une telle approche. Ne s’en tenir qu’aux stricts aspects économiques, laisserait sous silence ce qui fait l’essentiel des relations humaines dans toute société : les règles et les normes qui régissent, les conflits, les affrontements, les négociations et les compromis. Or c’est tout cela qu’a pour objectif de détruire l’Accord de Partenariat Transatlantique.

 

Si le Capital structure depuis le 19es les relations sociales dans les pays qu’il domine, cette domination se heurte aux intérêts de celles et ceux qui en font les frais, essentiellement les salariés instrumentalisés. La structure dite « démocratique » qui sous-tend politiquement ce système, et en assure son fonctionnement institutionnel peut, jusqu’à présent, composer avec cette contradiction et, tout en défendant les intérêts essentiels de ce système, la réalisation du profit, faire en sorte que celles et ceux qui sont instrumentalisés, profitent de quelques miettes substantielles au point d’étouffer tout esprit de révolte radicale. Ainsi a été mise en place, au fils des années, des conflits et des négociations, un ensemble de règles, de lois, de conventions… bref, une législation qui fait que la société peut fonctionner sinon en parfaite harmonie, du moins en se fondant sur un relatif consensus. Ainsi naquirent les législations sociales, du travail, de l’environnement,…

 

Ces législations, ces normes ne sont pas arbitraires, mais issues des confrontations opposant salariés et possesseurs du capital pour la législation du travail, fabricants et consommateurs pour les normes en matière de consommation, industriels et écologistes pour la législation en matière d’environnement, etc.… Bref, un équilibre contradictoire, mais viable, qui permet d’éviter les catastrophes aussi bien sociales que sanitaires

 

L’objectif de l’Accord de Partenariat Transatlantique est de faire disparaître l’ensemble de ces législations, de ces normes,…

 

Pourquoi ? Pour une raison simple : elles seraient des obstacles à l’investissement, à la production et au commerce. L’Accord l’affirme explicitement.

 

Autrement dit, au nom d’une soi-disante « protection de l’investissement » et « liberté du commerce », toutes les précautions, toutes les garanties, toutes les dispositions en vue des protections sociales, alimentaires, sanitaires et environnementales seront supprimées…

 

Nous allons de fait, et de droit, retourner à l’état brut du capitalisme du 19e siècle, époque où, en l’absence totale de législation, et donc de protection pour les salariés, le capitalisme pouvait, en toute impunité, réaliser ses objectifs au bénéfice des plus riches et en exploitant l’immense majorité, la plongeant dans la pauvreté. Tout ce qui constitue le progrès social, fruit des luttes de celles et ceux qui nous ont précédé va être remis en question… Il est aujourd’hui d’ailleurs sérieusement entamé.

 

C’est donc un extraordinaire retour en arrière, une immense régression que nous prépare le TAFTA, une liquidation totale de tous les acquis, et ce dans tous les domaines. Etats, régions, départements, landers, communes seront désormais à la merci de la moindre contestation de réglementations qu’ils prendront et jugées « attentatoires aux intérêts de leurs investissements et de leur commerce » par les grandes firmes internationales.

Pour atteindre ce monstrueux objectif, les concepteurs de cet « Accord  »  n’hésitent pas à mettre la Justice à leurs pieds. En effet, il est prévu, purement et simplement, de privatiser les procédures judiciaires qui doivent régler les contentieux. Pour ce faire, l’Accord prévoit la procédure arbitrale, qui permet de contourner l’appareil judiciaire officiel… les contentieux se réglant dans une instance privée, sous l’égide de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), et excluant toute possibilité d’appel.

 

On comprend que la négociation soit secrète.

 

Tout ce qui constituait l’essence même de la citoyenneté, pourtant bien mal en point aujourd’hui, va être démantelé.

 

Réduite déjà à la portion congrue d’un processus électoral phagocyté par une classe politique parasite et souvent corrompue, la citoyenneté n’en a plus que le nom… Le bulletin dans l’urne n’est que le paravent d’une mécanique politique faite pour tout sauf le changement. Une marge de manœuvre existait cependant jusqu’à présent pour modifier et ralentir les conséquences mortifères du capitalisme… Le dispositif mis en place par l’Accord de Partenariat Transatlantique fait voler en éclat cette dernière possibilité d’initiative… Toutes les instances administratives, politiques, territoriales seront soumises aux impératifs de la déréglementation… toute décision prise par elles sera susceptible d’être contestée, au nom de leurs intérêts, par les firmes. Le citoyen n’aura plus définitivement la parole, sinon par les luttes qu’il engagera et qui seront combattues par l’Etat complice de cet Accord renégat.

 

Une fois encore l’avenir est sombre. Dans la débandade générale de la pensée et de la conscience, le Capital, avec l’appui des États joue une carte maîtresse qui pourrait définitivement lui donner le pouvoir absolu qu’il désire… en dernier recours, comme ce fut le cas dans l’Histoire, il lui restera l’État-fort. Le néofascisme est prêt à prendre la relève.

 

 1er Juillet 2014

 

TAFTA - LA CHUTE FINALE
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LA DERIVE DES DISCOURS « ANTI-SYSTEME »

 

Le discours « antisystème » est aujourd’hui un discours essentiellement d’extrême droite. Pourtant, n’en a-t-il pas été toujours ainsi ? Le discours « antisystème » a été dans le passé un discours progressiste, d’extrême gauche.

Pourquoi ce glissement ?

 

Ce phénomène n’est pas récent, il s’est déjà produit, au 20e siècle dans des circonstances évidemment bien différentes d’aujourd’hui,… mais certaines constantes demeurent et méritent d’être analysées.

Dire « anti-système » permet de faire un raccourci théorique qui évite une analyse trop précise et permet une exploitation la plus large possible de tous les thèmes potentiellement porteurs. En fait, (mais ce n’est pas explicitement dit, et pour cause) on va voir pourquoi, il s’agit  de contester le système capitaliste, non pas dans ce qu’il a de fondamental : la course au profit et à la marchandisation des relations sociale   mais  dans ce qu’il a de plus superficiel, voire irréel et fantasmatique.

 

LA DERIVE FASCISTE

 

Après la 1er Guerre mondiale, la montée des fascismes, du nazisme, des mouvements factieux en France, avait pour fondement une critique du capitalisme. Cela prenait la forme d’une remise en question du système républicain, de la démocratie parlementaire. La critique n’allait pas plus loin car il fallait éviter de tomber dans la critique « communiste » du capitalisme… A l’époque, indépendamment de ce qu’elle est devenue, l’Union Soviétique était un modèle politique… il s’agissait de s’en démarquer. Le mot d’ordre des fascistes était alors « Ni capitalisme, ni communisme/bolchévisme ».

La critique fasciste du capitalisme était déjà des plus superficielles et n’abordait que des questions secondaires sur lesquelles se greffaient, sans nuance, les délires et obsessions des chefs : retour à l’Empire Romain pour Mussolini, finance juive pour Hitler, un mélange d’antiparlementarisme et de critique des principes de 1789 en France,…

La pratique de ces mouvements, pour ceux qui ont accédé au pouvoir, a montré qu’en fait, ils ont fidèlement reproduit, dans le cadre d’un Etat fort, les principes et démultiplié toutes les tares du capitalisme. Les dirigeants de l’économie capitaliste ne se sont d’ailleurs pas trompés puisqu’ils ont largement financé ces mouvements… par peur du communisme mais aussi, en sachant qu’ils ne toucheraient pas à leurs intérêts. L’Histoire en fait foi !

 

LA FAILLITE DU SOVIETISME…

 

La critique communiste/marxiste du capitalisme, quoi qu’on en pense, a constitué la seule analyse sérieuse des fondements de ce qu’est le capitalisme… et elle est d’ailleurs toujours – dans ses principes - opérationnelle aujourd’hui.

Cette critique a donné naissance, par des extrapolations politiques hasardeuses et erronées, à un modèle de société qui a rapidement fait faillite en moins d’un siècle (1917-1989). L’échec du modèle, s’il ne remet pas en cause les fondements de la critique du système a, par contre, porté un coup terrible à sa crédibilité auprès de l’opinion publique… et ce d’autant plus que les leçons de l’Histoire n’ont jamais été tirées. Si la faillite du système soviétique a entraîné, logiquement, dans sa chute, la stratégie de changement social qu’il sous-tendait, il a aussi permis au capitalisme de jeter la suspicion sur les concepts de l’analyse de sa critique.

Bref, la faillite du soviétisme a ouvert, grande, la voie à la satisfaction du Capital, à une critique lapidaire, superficielle qui sauve les intérêts du système tout en donnant l’illusion de la radicalité.  

 

… ET DE L’EXTREME GAUCHE

 

Le Parti Communiste qui avait rejoint très tôt les rangs du réformisme a tout de même reçu son coup de grâce final avec l’effondrement de sa référence historique en 1989.

L’Extrême gauche qui avait fait une analyse pertinente des dérives du soviétisme, du stalinisme et des Partis Communistes n’a manifestement pas su se dégager des aberrations stratégiques, probablement par un manque d’analyse sérieuse des nouvelles conditions du développement du Capital à l’échelle mondiale (nouvelle division du travail, disparition de la classe ouvrière industrielle dans les pays de capitalisme développé, menaces sur l’environnement…)   et par la difficulté pour s’extraire des « vieux » principes qui fondaient la stratégie du changement social : grève générale, dictature du prolétariat, classe ouvrière fer de lance du changement,… L’esprit de chapelle et la « religion des certitudes » ont aussi joué leur rôle dans cette faillite.

L’extrême gauche est restée, et reste, ultra minoritaire (LO, NPA). Une frange a tout de même essayé récemment d’émerger sur le plan politique en adoptant, avec quelques « vieux chevaux de retour » de la politique (des noms ?), l’attitude de la classe politique traditionnelle : Front de Gauche. A Gauche, dans l’extrême gauche, dans la gauche radicale, la cacophonie aussi bien sur le plan théorique, que sur le plan stratégique rend inaudible tout discours anticapitaliste.  La place est donc libre pour autre chose.

 

LA FAUSSE RADICALITE FRONTISTE

 

C’est par défaut que naît la « radicalité » frontiste. En l’absence d’une analyse sérieuse et crédible des contradictions du capitalisme et d’une stratégie réaliste de changement social,… toutes les aventures sont possibles à partir du moment où l’on écarte toute explication logique et rationnelle et où l’on ne fait référence qu’à des impressions, des ressentis et des croyances. Balayant largement le champ des peurs, des mécontentements, des haines, des frustrations, des incompréhensions, les néofascistes d’aujourd’hui, comme ceux d’hier, en Europe (le FN en France) bâtissent une stratégie d’accès au pouvoir qui utilise les croyances et les fantasmes tout en se coulant dans la tradition politique électoraliste. L’objectif n’est pas d’apporter des solutions aux problèmes, mais de faire croire que l’on a la solution et, en l’absence de toute autre explication et en dopant le discours par une bonne dose de démagogie,… petit à petit ça passe. Ainsi se construit une opposition soi-disant radicale qui progresse au fur et à mesure des situations mortifères créées par le capitalisme et l’enlisement des discours de la gauche radicale.

Le discours « antisystème » s’alimente en faisant « feu de tout bois »,…Ainsi la laïcité est appelée à la rescousse, côtoyant les catholiques intégristes ; la défense des salariés est évoquée alors qu’il n’y a aucun soutien aux luttes ; la référence aux valeurs de la République côtoie les pires propos racistes ; les références historiques sont des plus sommaires quand elles ne sont pas scandaleuses, … Plus le mensonge est gros, plus l’outrance est scandaleuse,… à l’heure de la médiatisation à outrance, ça fait le buzz, ça passe et on en parle,… ce qui est l’essentiel.

Il y a, à n’en pas douter, une part de « défoulement » politique dans le vote pour le néo-fascisme,…et ce d’autant plus que le système électoral, largement décevant, perd toujours plus de sa crédibilité. Le drame est qu’en l’absence d’autre alternative, ce défoulement se transforme en adhésion suivant la formule classique : « Essayons-les, on va bien voir de quoi ils sont capables ».  On sait où a mené ce raisonnement au 20e siècle… C’est pourtant le scénario qui est en passe de se dessiner en Europe, la crise aidant !

 

Voir arriver au pouvoir l’extrême droite n’est donc plus une hypothèse surréaliste mais un danger qui nous menace. Le dénoncer est certes utile et même indispensable, mais si ceci est nécessaire ce n’est certainement pas suffisant. Un projet de dépassement stratégique du capitalisme est nécessaire et urgent, projet qui saura faire la part des erreurs du passé et des expériences alternatives nouvelles qui se font jour…ce n’est pas dans le néo-fascisme qu’on le trouvera pas plus que dans la répétition des erreurs du passé…

 

18 juillet 2014

 

LA DERIVE DES DISCOURS "ANTI-SYSTEME"
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INCIVILITE ET DECADENCE

 

L’incivilité c’est lorsque l’on ne respecte plus l’autre, ce qui s’exprime par le non-respect de ce qui est commun à l’ensemble des membres d’une collectivité, aussi bien les valeurs morales que les biens matériels. 

 

Il y a toujours eu de l’incivilité, ou des incivilités, cela tient à la manière dont la société a su ou non faire intégrer à ses membres ses valeurs morales. Mais de manière générale, l’incivilité est un phénomène marginal qui tout en étant sous contrôle de la société, ne constitue cependant pas un élément de déstabilisation sociale.

 

Lorsque l’incivilité devient un phénomène récurrent, général et déstabilisant, se pose alors un problème grave à l’ensemble de la société. Ce phénomène montre alors que celle-ci n’a plus les moyens de faire respecter la règle commune, tacitement acceptée par tous.

 

L’incivilité peut prendre différentes formes qui, à priori, n’ont pas de liens entre elles :

 

  • la délinquance simple : l’atteinte aux personnes et aux biens, qui peut aller jusqu’à la délinquance organisée (maffias, réseaux,…),
  • la dérive communautariste qui fracture la société et soumet ses règles aux lois des clans,…
  • le refus de la règle, présentée comme l’expression du fonctionnement démocratique de la société : l’abstention politique entre autre.

 

Bien sûr ces différentes formes représentent des niveaux de conscience et d’intérêt très disparates. Tous, pourtant, concourent à un affaiblissement du fonctionnement social, à une déstabilisation de la collectivité.

 

L’incivilité est le symptôme du délitement du lien social. Plus l’incivilité se généralise, plus cela signifie que le lien social est atteint, n’assure plus la cohésion sociale qui fait que le vivre ensemble est possible.

 

Mais qu’est ce que le lien social ? C’est l’ensemble des relations qui, dans une société donnée, fait que chaque individu occupe une place déterminée et par là-même, trouve un sens à l’ensemble dans lequel il vit. La stabilité sociale est assurée quand le lien social fait consensus, même s’il est fondé sur des situations conflictuelles et antagonistes. Exemple : dans les pays de capitalisme développé, le lien social marchand, salarial, quoique conflictuel est/était fondé sur un relatif consensus qui assure la stabilité de l’ensemble du système.

 

La remise en question de l’ensemble du système peut se faire de deux manières :

 

  • soit de manière explicitement politique par un projet de transformation radicale qui, à la fois dénonce le système existant et en propose un autre… c’est ce que l’on appelle un processus révolutionnaire ;
  • soit par une lente dégradation de la stabilité du système … dégradation qui prend la forme d’incivilités, révoltes sporadiques, refus collectifs, transgression des règles,… le tout sans projet d’ensemble… c’est la décadence.

 

C’est le deuxième cas que nous vivons aujourd’hui. L’incivilité est l’expression de la perte de sens du système. Les institutions qui le structurent sont en crise : classe politique déconsidérée, système électoral incapable d’apporter une quelconque solution, appareil de production qui n’assure plus l’intégration sociale, Ecole déboussolée, effondrement des services publics, développement de la concurrence et de l’individualisme,… Bref, les valeurs qui fondaient la République et qui constituaient un ciment social, apparaissent comme dépassées et obsolètes.

 

Les autorités politiques ne peuvent évidemment pas reconnaître une telle situation. Aucun pouvoir politique ne peut reconnaître la décadence de la société à la tête de laquelle il se trouve. Il lui faut trouver des explications détournées : complot de l’étranger, terrorisme, maffias, perte de sens moral, crise économique, …

 

Il confond souvent, et c’est actuellement le cas, la cause avec la conséquence

Exemples : ce n’est pas le communautarisme qui monte en France qui est la cause de la décadence, mais l’inverse… le système excluant, individualisant, fragilisant, précarisant, chacun essaye de se protéger, de trouver de nouveaux repères… Ce n’est pas l’abstention qui est la cause de la crise du politique, mais au contraire la politique déconsidérée qui entraîne le refus de cautionner les politiciens…

 

Le modèle républicain d’intégration ne fonctionne plus,… la crise de l’Ecole en est le symptôme le plus évident.

 

La riposte de la société se fait selon deux schémas ; la persuasion/éducation et la répression…. La carotte et le bâton.

 

Rappel des valeurs et appel à la responsabilité. Ces actions tombent d’autant plus mal qu’elles sont évoquées par une classe politique parasite souvent corrompue et ayant perdu tout crédit. Reste le bâton, l’ordre.

 

Difficile dialectique pour le pouvoir dans une société en pleine décadence… et dans laquelle aucun projet d’avenir n’apparaît. La décadence nourrit les incivilités qui elles même préparent le terrain à toutes les démagogies… et donc à toutes les aventures.

 

24 juillet 2014

 

 

 

INCIVILITE ET DECADENCE
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MODELE SOCIAL ET MODE DE PRODUCTION

 

Il est de bon ton, aujourd’hui, d’affirmer que le « modèle social » français, n’est plus du tout adapté aux conditions des exigences de l’économie… et de là, à le remettre en question, il n’y a qu’un pas que les politiciens et leurs « experts » hésitent de moins en moins à franchir.

 

QU’EST-CE QU’UN MODELE SOCIAL ?

 

C’est une ensemble de dispositifs, d’institutions et de législations qui organisent la vie sociale, qui permettent la création d’un lien social assurant une relative harmonie dans la redistribution des richesses et une organisation de services fondamentaux (transports, énergie, santé, logement…) dans le sens de l’intérêt général.

La mise en place d’un tel dispositif, qui nous paraît logique aujourd’hui, n’a en fait rien d’évident dans l’émergence d’un mode de production, c'est-à-dire dans la constitution d’une organisation économique de la société.

Ainsi, au 19e siècle, en pleine montée du capitalisme en Europe,… il n’y a pas de « modèle social », on vit alors une période de « capitalisme sauvage », dans laquelle tous les excès, de la part des possédants, sont permis : travail des enfants, travail de nuit généralisé, pas de protection sociale, pas de législation du travail, pas de retraite, pas de salaire minimum, pas d’aide aux chômeurs,… Le conflit social se règle alors par la grève et l’émeute ! (Revoir l’histoire du mouvement ouvrier en Europe et aux USA). C’est par les luttes sociales et à l’occasion de circonstances historiques particulières (Front Populaire, Libération) que s’est construit en France ce que l’on appelle le « modèle social » aujourd’hui en péril.

Ainsi, au USA aujourd’hui, pays développé s’il en est, le modèle social est très en retrait par rapport au modèle social français : système de protection de santé coûteux et inégalitaire, peu d’encadrement législatif du marché du travail, système de retraite par capitalisation cher et aléatoire dans le temps, plus de 40 millions de pauvres en 2011,…. La charité remplace largement la solidarité.

Il n’y a pas de modèle social général,… chaque pays a le sien, en fonction de sa culture, de son histoire, des luttes sociales qui s’y sont déroulées…

 

CAPITALISME CONTRE MODELE SOCIAL ?

 

C’est donc en fonction des différentes variables nationales que s’est structuré, et a évolué, le modèle social de chaque nation.

Les conflits sociaux nés dans le capitalisme ont obligé les classes possédantes à faire des concessions aux salariés pour préserver et maintenir un minimum de cohésion sociale. Les améliorations des conditions de vie, de travail des salariés ont peu à peu constitué un ensemble de dispositifs et de législations garantissant la pérennité des conquêtes sociales. C’est à ce prix que la paix sociale a permis au capitalisme de perdurer.  Si ces conquêtes sont apparues rapidement, pour les salariés et les générations qui ont suivi, comme des acquis définitifs, il n’en a pas été de même pour les classes possédantes toujours à l’affût pour remettre en question ces acquis. Le capitalisme n’a jamais eu pour objectif de satisfaire les besoins sociaux des salariés et il s’en tient à sa seule finalité : faire des profits.

C’est donc tout à fait logiquement que le mode de production capitaliste – par l'intermédiaire de ses gestionnaires - a remis en question les acquis sociaux qu’il avait concédés dès que le rapport des forces entre salariés et capital a évolué à l'avantage de ce dernier. Ce moment, béni pour lui, se produit avec l’ouverture du Monde au Capital, au moment où la géopolitique mondiale (décolonisation), et le développement des moyens de transports et de communications permettent au capital de sortir des frontières qui l’ont vu naître et de se mondialiser sous toutes ses formes, production et financiarisation. 

 

LA FIN PROGRAMMEE DU MODELE SOCIAL

 

Produit d’un rapport de forces entre le capital et le travail, le modèle social n’est en rien un acquis définitif… il évolue avec celui-ci. Aujourd’hui, la mondialisation du capital libère  celui-ci des contraintes imposées par les frontières nationales et plus particulièrement des législations nationales qui in fine  garantissent le modèle social.  

Un choix absurde et scandaleux est proposé aux salariés des pays qui avaient conquis des acquis sociaux : des emplois à des conditions sociales dégradées ou maintien temporaire du modèle social irrémédiablement condamné par la fuite des emplois. Ce n’est plus un choix, c’est un véritable chantage imposé par le capital aux salariés affaiblis dans leur lutte par la désindustrialisation massive de l'économie et qui n’ont même plus la possibilité de demander à l’Etat la garantie de leur condition, celui-ci étant dépassé (et souvent complice) par les exigences du capital mondialisé.

Ceci explique la chute vertigineuse de tous les acquis sociaux des salariés. Non seulement ils n’en conquièrent pas de nouveaux, mais ils sont dans l’incapacité sociale et politique de garantir ceux qui existent encore : conditions de travail, salaires, retraites, protection sociale,…

Nous vivons aujourd’hui la fin d’un cycle durant lequel le capital récupère toutes les conquêtes que les salariés lui avaient arrachées. Si nous ne réagissons pas, nous sommes en passe de céder sur toutes ses exigences anti-sociales, mais aussi environnementales…

Il n’y a plus désormais d’avenir dans le mode de production qu’est le capitalisme… Ne pas le comprendre c’est courir au désastre.

7 novembre 2014  

 

 

MODELE SOCIAL ET MODE DE PRODUCTION
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CETTE PSEUDO DEMOCRATIE QUI PEUT NOUS CONDUIRE AU FASCISME

 

Peu à peu, au fil de la crise, des scandales, des frustrations, des peurs, du délitement du lien social,… les pièces du puzzle se mettent en place. Le scénario est connu, il a fait le malheur du 20e siècle. Il est en passe de recommencer.

Certaines et certains vont percevoir dans ce titre une provocation. Hélas, ils/elles ont tort. Nous allons voir que c’est la faillite du « régime démocratique » qui conduit au fascisme. Nous avons aujourd’hui le recul de l’Histoire, et celle du 20e siècle nous en apprend beaucoup sur le fatal processus qui conduit à un tel drame.

 

POURQUOI PSEUDO DEMOCRATIE ?

 

Le système politique dans lequel nous vivons aujourd’hui, en France, et dans les autres pays européens est étiqueté « démocratique ». Il en a l’apparence, l’illusion du fonctionnement,… et le discours officiel, largement intégré par le peuple auquel il est interdit de penser autrement. Cette méthode Coué, si confortable, évite de nous rendre compte du chemin sur lequel nous sommes et qui nous conduit à la catastrophe.  

Posons directement le problème : ce n’est pas parce que nous votons à intervalles réguliers pour élire nos représentants à différentes instances que notre société a un fonctionnement démocratique… la situation actuelle en est une preuve.

Sur le papier, en théorie, le principe du fonctionnement démocratique paraît simple : les citoyens élisent librement leurs représentants qui réalisent leurs désirs politiques.

Or, nous le savons depuis longtemps,… ça ne se passe pas comme cela.

 

  1. Ce principe s’applique dans, et pour, un système économique – le capitalisme - qui n’a jamais fait de l’intérêt du citoyen, sa finalité, donc en contradiction totale avec la philosophie même de la démocratie. L’individu y est au service de l’économie et non l’inverse. Tant que le système permet, plus ou moins, de satisfaire l’ensemble des besoins de la population, il arrive à se stabiliser,… dans le cas contraire il se délite – ce qui est le cas aujourd’hui – entraînant avec lui le « principe démocratique », sur lequel il est censé être fondé.
  2. Le principe démocratique de représentativité dérive et aboutit à perte de responsabilité du citoyen. L’élection du représentant est devenue l’essentiel de l’acte citoyen, abandonnant à une classe politique les destinées et la gestion des affaires publiques.
  3. Les partis politiques, à l’origine clubs de réflexion, sont devenus des instruments d’accès et de conservation du pouvoir ainsi que de promotion sociale pour toute une catégorie d’individus qui font de la politique leur métier, voire l’instrument de leurs prétentions et de leur enrichissement personnel.
  4. Partis politiques et médias sont devenus de véritables instruments de domination idéologique, enserrant l’ensemble des citoyens dans une trame de pensée excluant toute remise en question du système.

 

Sous l’écume d’apparence démocratique fonctionne de fait un système politique qui ne l’est pas. La décadence du système économique marchand, qui n’arrive plus à créer du lien social et la circulation rapide de l’information minent ce qui faisait la stabilité de ce système : la confiance des citoyens. Un écoeurement citoyen, suivi d’un détachement des affaires publique se fait jour donnant naissance à un désintéressement politique qui peut-être source de toutes les aventures.

Le capitalisme ne mérite pas le principe démocratique, c’est pourtant cela que les classes dirigeantes essayent de nous faire accepter.

 

CRISE ET ABSENCE D’ALTERNATIVE  

 

La crise que nous traversons révèle l’incapacité et/ou la volonté de la classe politique de trouver une issue conforme à l’intérêt général. L’Etat - les Etats – se révèle/nt être ce qu’il a/ont toujours été, le/s défenseur/s des possédants. La crise financière en a été un révélateur exemplaire. Les choix faits - ou non faits - en matière de politiques économiques – le choix de l’austérité – montrent à l’évidence tout le mépris qu’inspire aux dirigeants l’intérêt des peuples.

Le système politique actuel, contrairement aux apparences « démocratiques », n’offre véritablement aucune issue – ça a été son point fort, c’est aujourd’hui son point faible.… Au fil des élections, des bourrages de crânes électoraux, des promesses, des manœuvres dilatoires d’appareils politiques, de fausses polémiques, d’affaires plus ou moins sordides,… on reproduit une situation qui ne cesse de se dégrader de plus en plus. L’illusion du changement toujours annoncé, cède aujourd’hui la place à une désillusion qu’illustrent, dans le meilleur des cas l’abstention, dans le pire, le vote néofasciste, car on le sait, en l’absence d’une alternative crédible, viable face à la décadence du système en place, le pire est à craindre.

Certes, on assiste localement, de façon sporadique, à des initiatives alternatives qui tentent, souvent avec succès de créer le lien social que ne peut plus produire le système dominant ; mais l’ensemble de ces projets ne constitue pas une alternative politique globale. C’est le système politique en place qui a encore la main en ce domaine, et tout est fait pour aboutir à une impasse. Cette logique d’obstruction, et l’Histoire l’a montré, peut produire le pire : l’arrivée au pouvoir de forces politiques qui, sans apporter la moindre solution à la crise, instaurent un état fort capable de figer toute velléité de changement et de porter atteinte aux libertés chèrement acquises.  

 

Nous en sommes aujourd’hui à ce stade ultime où se joue une partie risquée : assurer un changement sans ne plus faire confiance au système politique en place complètement sclérosé ou risquer l’aventure de l’Etat fort dont on ne sait que trop ce qui peut en sortir.

 

21 novembre 2014

 

CETTE PSEUDO DEMOCRATIE QUI PEUT NOUS CONDUIRE AU FASCISME
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ECOLOGIE : LA COURTE VUE DES POLITIQUES

 

Lors de la Conférence environnementale réunie à l'Elysée le 27 novembre, et en raison du drame de Sivens, la mort de Rémi FRAISSE, le chef de l’Etat s’est fendu d’un discours qui se voulait novateur. On peut faire l’hypothèse qu’il est parfaitement sincère dans sa proposition, mais cet assaut de « démocratisme » tombe une nouvelle fois à plat. On finit par se demander – encore que l’on se le demande de moins en moins – s’il n’y a pas chez les politiciens une manière de penser totalement obsolète,… et en particulier en matière d’écologie.

"Pour débloquer une situation, le recours à un référendum local vaut toujours mieux que le fait accompli ou que l'enlisement."

"J'ai demandé au gouvernement d'engager un chantier sur la démocratie participative" afin que "sur les grands projets (...) toutes les garanties" soient réunies et éviter les "formes inacceptables de violence ",

Cette histoire de référendum local apparaît comme frappée de bon sens… C’est pourtant de ce « bon sens » dont nous crevons aujourd’hui.

En matière d’environnement on ne peut pas se satisfaire de cet « expédient démocratique ». Pourquoi ?

Imaginons un instant que, localement, on s’adresse à une population particulièrement intéressée par le problème posé… par exemple les paysans dont l’exploitation dépend du projet. Le raisonnement à court terme qu’ils tiendront, et qui est parfaitement logique et rationnel, conduira à un vote favorable au projet. On ne peut évidemment pas condamner leur choix et on peut même le comprendre. Pourtant, doit-on se limiter au raisonnement à court terme ?  On peut certes le faire mais en terme écologique le raisonnement à court terme est un non sens. Pourquoi ?

Parce que les décisions prises dans le court terme correspondent à des logiques en parfaite contradiction avec les contraintes du respect de l’environnement. Par exemple, la recherche du profit immédiat, la destruction d’une niche écologique pour réaliser un projet, la mise en place de processus polluants accompagnant le développement économique et la croissance, la généralisation des OGM pour des raisons de productivité,… Toutes ces initiatives, on ne le sait que trop aujourd’hui, menacent directement le devenir de notre planète et le nôtre.

Est-ce à dire que l’on ne peut plus rien faire comme certains se lamentent ?

Non,… mais désormais il va falloir faire autrement. Faire suivant des logiques différentes, avec des objectifs nouveaux, avec des méthodes qui permettront de changer les habitudes, de produire différemment et de répartir équitablement les richesses produites. Avec bientôt dix milliards d’êtres humains sur la planète, on ne peut plus fonctionner, vivre, produire, consommer comme autrefois. L’ancien modèle de développement économique nous est interdit… pas simplement pour des raisons morales, quoiqu’elles comptent, mais bêtement et plus matériellement, pour une question de survie.    

Or, les politiciens (écologistes politico-professionnels compris) ne connaissent que le court terme… Ils sont incapables de se projeter au-delà des échéances qui leur permettront de conserver le pouvoir. C’est ce qui explique que toutes les grandes conférences sur le climat, depuis des années, ne sont finalement que des mascarades et que la Conférence environnementale réunie à l'Elysée n’est que de la poudre (verte) aux yeux pour mettre du baume sur une fin de quinquennat catastrophique.

Est-ce à dire qu’il faut imaginer, penser, trouver, pratiquer une autre manière de raisonner en politique ? Oui, certainement et ce n’est pas cette classe politique obsolète et vermoulue qui va nous y aider. C’est tout ce travail d’imagination, la mise en œuvre de nouvelles pratiques qui devraient constituer l’essentiel du débat politique citoyen,… et non les ridicules polémiques qui animent les partis avides de pouvoir.

Le caractère officiel, symbolique de ce type de conférence est dérisoire au regard des enjeux en terme d’avenir du genre humain et des autres espèces sur cette planète. Ne pas le comprendre c’est dans tous les cas courir au désastre à plus ou moins long terme.

Le référendum local, ne règlera rien du tout.

 

 28 novembre 2014

 

 

 

ECOLOGIE : LA COURTE VUE DES POLITIQUES
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MALAISE DANS LA POLICE ET DECADENCE SOCIALE

 

Si le malaise dans la police n’est pas un phénomène nouveau, son ampleur prend aujourd’hui des proportions qui méritent que l’on s’y attarde.

Même si les rapports de la Police/Gendarmerie (*) avec le reste de la société ont été toujours ambigus et complexes, pour ne pas dire contradictoires… « Je t’aime, moi non plus »,… les années fastes de l’après guerre ont connu des rapports, de manière générale, disons « apaisés ». C’est l’époque des « hirondelles » et « gardiens de la paix »… Ce qui n’empêchait pas des moments de crises intenses avec Gardes Mobiles et CRS contre les salariés.

 

LA VRAIE MISSION DE LA POLICE

 

La Police n’a pas pour mission, contrairement à ce que l’on voudrait nous faire croire, la protection de la population.  Sa véritable mission est de faire en sorte que l’ordre social règne… ce qui est notoirement différent. En effet, dans un système économique dans lequel l’individu est au service de l’économie et non l’inverse, ce qui prime n’est pas le bien-être de chacun mais sa soumission aux exigences du système. D’où un besoin potentiel inévitable de coercition.

Les conflits sociaux sont minimaux, sans être totalement absents dans une société dans laquelle, globalement, tout le monde a sa place, trouve plus ou moins son intérêt, peut vivre à peu près décemment et assurer l’avenir de ses enfants, obtient des garanties en matière de santé, de retraite,…. C’est l’époque des Trente Glorieuses - où le Capital et l’Etat peuvent se « payer la paix sociale »… et se la paient, en accordant avantages sociaux et garanties d’avenir.

La Police montre son vrai visage quand la situation sociale change. L’ordre social ne peut plus alors être garanti par des largesses accordées par le Capital… Au contraire, celui-ci est contraint par la mondialisation marchande d’opérer des  transformations qui portent atteinte à l’emploi, aux salaires, aux conditions de vie des populations défavorisées et revient sur les avantages accordés. L’Etat, qui n’est que le garant du fonctionnement du système capitaliste, ce qu’il a toujours été, ne peut que suivre cette transformation en se donnant les moyens de réprimer tout mouvement de révolte.  La Police, sans changer de nature, change d’aspect, et se voit attribuer des missions qui la rendent impopulaire : agressions de grévistes, de squatteurs, de jeunes en dérive, de contestataires divers et variés.

Nous sommes aujourd’hui à un stade de décomposition du système qui oblige l’Etat à utiliser la Police comme un dernier rempart pour le sauver. Toutes les manipulations électorales et politiciennes, le conditionnement médiatique, les promesses et artifices n’arrivent même plus à faire illusion… Comme dans tous les systèmes d’exploitation, le dernier recours est la violence. On comprend que l’Etat soutienne, en toutes circonstances, sa Police.

 

GENESE D’UN MALAISE

 

Le policier n’est pas le seul à s’interroger sur le sens de sa mission. L’enseignant est dans le même cas quand il voit l’avenir sombre des jeunes qui lui sont confiés et le désintérêt de l’État, il se rend alors compte que sa mission n’est pas celle qu’il croyait : éduquer, amener les jeunes vers l’autonomie.  Le médecin est dans le même cas, quand il se rend compte qu’il répare plus qu’il ne soigne des individus cassés par le système. Idem pour le travailleur social, l’agriculteur à qui le marché fait produire des saloperies qui empoisonnent les consommateurs,…

La particularité du policier c’est qu’il est au cœur des violences physiques que peut engendrer le système pour faire régner l’ordre dans le troupeau de citoyens. Alors que le discours idéologique du système fait la plupart du temps illusion en enrobant les problèmes dans une sauce humaniste, il n’en fait plus aucune quand il recourt à la force brutale,… sinon à justifier son action par une vague notion de l’ordre et par la dénonciation des opposants qualifiés selon les cas de délinquants, terroristes, révolutionnaires, anarchistes, nihilistes,… Or, et aucun système dans l’Histoire ne l’a compris, jamais la violence ne fait taire définitivement la contestation et à fortiori ne résout les problèmes.

La Police est composée d’hommes et de femmes, autrement dit des êtres humains immergé/es dans la société. Qu’ils sachent prendre leurs distances par rapport aux problèmes qu’ils traitent est une évidence,… comme le font toutes les professions. Pourtant, dans leur cas, la violence des situations contradictoires, voire insupportables, ne peut, en fonction de leur personnalité, de leur culture, de leur sensibilité, que les atteindre plus fortement que pour les autres professions.

Bien sûr, et l’Histoire l’a montré, ils peuvent aller très loin dans l’acceptation de l’inacceptable – voir la période 1940-45 – même si quelques rares éléments sont entrés en Résistance… et l’ont payé très cher.

Aujourd’hui la situation sociale est différente, l’information circule, il existe une opinion publique,… tout, ou à peu près, se sait, est filmé, diffusé,… l’anonymat qui pouvait couvrir l’inacceptable est de moins en moins garanti. Il existe manifestement chez les policiers, une sorte de mauvaise conscience sur ce qu’on leur demande de faire qui entre en contradiction avec les missions qu’ils pensaient devoir assurer. 

La décadence sociale fait du policier davantage un barrage contre la déliquescence des rapports sociaux qu’un élément positif de stabilisation. Aujourd’hui, plus le policier pense, réfléchit,… plus il est mal à l’aise !

Ce malaise peut s’exprimer par des revendications traditionnelles : augmentation des effectifs,… ce qui ne règlerait rien,… jusqu’à la déprime pouvant conduire au suicide,… ce qui ne règle toujours rien.

Le problème est global et concerne, en fait, l’ensemble de la société comme pour l’Ecole ou la Santé.

 

6 décembre 2014

(*) Police et Gendarmerie sont confondues dans le texte et apparaissent sous le terme générique de Police.

 

MALAISE POLICIER ET DECADENCE SOCIALE
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LES ZADISTES, UNE NOUVELLE « RACE » DE MILITANTS/ES ?

 

La ZAD (Zone A Défendre) c’est un nouveau concept politique qui s’est créé dans la dynamique de la mise en place des GRANDS PROJETS. Le terrain sur lequel doit se réaliser le projet est désormais l’objet d’une convoitise de forces sociales antagonistes. D’un côté, généralement l’Etat, la collectivité territoriale concernée et les personnes directement bénéficiaires du projet, de l’autre, des groupes d’individus isolés, associations, qui placent l’intérêt supérieur de la défense de la nature au dessus de toute autre considération, économique, administrative, juridique et politique.

Le but de la ZAD est de bloquer tout déroulement de travaux sur la zone. Il y a donc occupation de celle-ci. Située toujours en pleine nature elle ne présente aucune commodité pour la vie quotidienne. La vie y est très dure : matériellement par manque, ou peu,  de ravitaillement, eau, électricité. Tracasseries administratives, policière. Harcèlements physiques des opposants, souvent avec la complicité de la police. Campagnes de calomnies. Tout est fait pour dissuader, faire craquer les zadistes. Pourtant rien n’y fait, ils résistent au sens plein du terme.

 

UN PHENOMENE PAS SI NOUVEAU !

 

Le mouvement ouvrier des 19 et 20e siècles a connu ce genre de personnage… On disait à l’époque des « révolutionnaires professionnels »… On les trouvait dans tous les points chauds des conflits sociaux, dans toutes les manifestations, les émeutes, les occupations et même les prises de pouvoir. Individuels au départ, ils sont devenus peu à peu les porte-paroles des organisations internationales du mouvement ouvrier (Internationales, Tricontinentales,…)… ce qui a alimenté la thèse policière du « complot international ».

Ces militants, car il s’agissait de militants politiques, étaient souvent des ouvriers en rupture de profession, des idéalistes qui se mettaient au service d’une cause, voire des chargés de missions d’organisations. Qu’il y ait eu parmi eux des personnages troubles, c’est certain, mais certainement pas plus qu’on en trouve dans la police et surtout dans la classe politique.

Il est des  causes politiques, fondées sur des principes égalitaristes et humanitaires, qui  font surgir des personnages singuliers. Ceux-ci distinguent du commun des mortels par la force de leurs convictions qui génère des attitudes extrêmes (pas extrémistes) : prise de risques physiques, vie clandestine, engagement total. Quand ils réussissent, ou sont victimes d’injustices, ce sont des héros, dans le cas contraire on les oublie.

Dans tous les cas de figures ces personnages sont pourchassés par le bras séculier du pouvoir, quel qu’il soit, traînés dans la boue, cloués au piloris des âmes bien pensantes, vilipendés par une presse servile. Souvent la bassesse des attaques et de ceux qui les portent, dont ils sont victimes, est proportionnelle à la noblesse de la cause qu’ils défendent. Des exemples dans l’Histoire ?

 

LES ZADISTES : MILITANTS OU PROVOCATEURS ?

 

Les luttes actuelles, n’ont finalement rien inventé. Devant la capitulation, quand ce n’est pas la trahison, des partis politiques, des syndicats et autres associations plus ou moins folklorico-politiques, certains/nes réagissent à des causes essentielles en prenant des voies que la conscience exige mais que le pouvoir condamne et que sa police réprime.

Lorsque l’intérêt général (vu par l’Etat) l’exige, lorsque les lobbys l’exigent, l’administration sait complexifier et faire traîner les procédures pour parvenir à ses fins et agir souvent en marge de sa propre légalité. Des exemples ?...

Devant ce qui est le blocage anti démocratique d’un Etat autiste, une frange minoritaire, mais déterminée et parfaitement consciente de citoyens/nes se décide à agir. En marge des convenances et brûlant les étapes, il n’en recourent pas moins aux procédures judiciaires tout en, à juste titre, s’en méfiant. Ainsi naît une ZAD, ensemble complexe de démarches officielles et d’initiatives alternatives.

On trouve dans une ZAD des travailleurs, indépendants ou non, en rupture d’emploi, des chômeurs lassés de chercher un emploi inexistant, des militants indépendants qui ont fait le choix de l’engagement total, des pacifistes, mais aussi des hommes et des femmes qui sont prêts à riposter à toute violence venant de milices hostiles (des noms ?) et des forces de répression.    

Ne voir dans une ZAD qu’un ramassis de provocateurs/trices animé/es par un esprit de contestation gratuite et de destruction est une insulte à la cause qu’elle sous-tend. C’est pourtant en ces termes que s’expriment les pouvoirs publics et les lobbys plus intéressés par leurs profits immédiats que par la cause défendue. Et l’histoire récente montre que, même sur le terrain purement juridique et administratif, les zadistes ont parfois raison contre leurs détracteurs officiels et donneurs de leçon de morale politique (des exemples ?...)

La ZAD est un produit du dysfonctionnement de notre société dite démocratique. Exclure la problématique posée par la ZAD du débat politique c’est reconnaître de fait, et de droit, que notre société est incapable de traiter « démocratiquement » des grands sujets de notre époque. Les ZAD sont là pour nous rappeler que le débat politique et démocratique est aujourd’hui piégé et confisqué par une classe politique sans imagination et sans projet de société.

Les zadistes pourront ainsi paraphraser une phrase célèbre :

                     « ZAD DE TOUS LES PAYS UNISSEZ-VOUS ! 

25 décembre 1014

 

 

LES ZADISTES, UNE NOUVELLE "RACE" DE MILITANTS/ES ?
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L’EMPLOI CONTRE L’ENVIRONNEMENT

 

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, et son vice-président, Frans Timmermans, ont confirmé, mardi 16 décembre après-midi, devant le Parlement européen, leur volonté de concentrer leur action en 2015 sur des propositions de lois relançant l'emploi au détriment de l’environnement.

 

Cette décision en dit long sur ce peut apporter cette Europe en matière de préservation de l’environnement. Jean-Claude Juncker fait clairement le choix de l’emploi au détriment de l’environnement, revenant ainsi sur les dispositions prises antérieurement par la Commission Barroso qui garantissait des mesures (83 projets de règlements et de directives) en faveur de la qualité de l’air et du recyclage.

 

UN CHOIX SCANDALEUX MAIS LOGIQUE

 

Scandaleux à plusieurs titres :

 

  • concernant la manipulation de l’ancienne commission qui sachant qu’elle cédait la place a fait des propositions dont il était évident que la suivante n’honorerait pas… Silence assourdissant des anciens membres ;
  • du fait des urgences écologiques qui nous conduisent à la catastrophe, les Eurocrates ne tiennent aucun compte de la réalité environnementale ;
  • comme il est de tradition dans les instances européennes, la Commission a cédé au lobbying permanent du patronat européen ;
  • la croissance, soi-disant pourvoyeuse d’emplois, telle que la conçoit le capital, est parfaitement antinomique avec la préservation de l’environnement ;
  • une fois encore les Eurocrates prennent les citoyens européens pour des imbéciles, en les enfumant de promesses…

 

Logique à un titre essentiel : la défense des intérêts du Capital qui ne veut pas s’encombrer de contraintes à long terme qui perturberaient les conditions de réalisation des profits à court terme.

 

Une fois encore, s’il était besoin de le souligner, cette Europe des affairistes et des financiers, sacrifie notre avenir collectif aux exigences mercantiles du Présent.

Bien sûr, les Eurocrates ne présentent pas les faits de cette manière,… Ils savent les emballer pour les faire accepter par les bons peuples.

 

LE BON PRETEXTE DE L’EMPLOI

 

L’emploi, contrairement à l’environnement dont il se moque royalement, constitue, pour le capitalisme la pierre d’achoppement de tout l’équilibre social et économique. En effet, si la mise en réserve d’une partie de la population active, le chômage, permet de faire pression sur les salaires (sur le coût de la force de travail), un chômage excessif entraîne un déchirement du tissu social, source potentielle de troubles sociaux et politiques. Il existe d’autre part, du moins à court terme un lien entre la croissance économique et la possibilité de créer des emplois.

On a là les deux bonnes raisons qui entraînent les autorités européennes à privilégier l’emploi à l’environnement : la préservation, du moins pour le moment, de la paix sociale et assurer le bon fonctionnement du capital en Europe.

Qui pourrait bien se soucier de l’environnement, c'est-à-dire du long terme, largement au-delà des limites temporelles des échéances électorales et politiciennes, alors que la crise sociale pourrait bien porter atteinte, dans le court terme, aux intérêts des politiciens et affairistes ?

Qui pourrait bien se soucier de l’environnement alors que sa prise en compte obligerait les entreprises à repenser leur fonctionnement et à augmenter leurs coûts et donc porter atteinte à leur rentabilité ?

Qui pourrait bien se soucier de l’environnement alors que les citoyens présents peuvent demander des comptes et que celles et ceux qui subiront les conséquences de nos décisions irresponsables ne sont pas encore nés/es ou pas encore en âge de protester.

Un certain nombre d’associations non gouvernementales déplorent  « le peu de cas qu'elle- la C.E - fait du développement durable et laisse craindre que cela ne soit que la première d'une série d'attaques à l'encontre des législations environnementales », et « qu’elle sacrifie le bien-être des citoyens européens aux intérêts privés ». On ne peut que louer la clairvoyance – impuissante – de ces associations.

Qui peut encore croire qu’il y a compatibilité entre les lois de fonctionnement du capital et la préservation de l’environnement ?

Le pire est, en effet, à venir, et peut-être dès cette année. Si le Traité Transatlantique Européen (TAFTA) arrive à s’imposer, toute mesure de préservation de l’environnement sera condamnée. On est d’ailleurs en droit de se demander si ce revirement de la Commission Européenne n’est pas le prélude, savamment orchestré, de toute mise à mort de la législation sur l’environnement. En effet, la C.E, principal artisan de ce traité, ne peut pas ne pas faire le lien entre ses décisions et le Traité lui-même.

 

            Sur ce BONNE ANNEE ?   

            L’année sera ce que l’on en fera ! ! !

 

1er janvier 2015

L'EMPLOI CONTRE L'ENVIRONNEMENT
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VENT PRINTANIER SUR L’ACROPOLE...

     ... mais attention au coup de froid !

 

Alors que la victoire électorale de SYRISA, le parti de la gauche radicale, afflige les financiers et gestionnaires de l’Europe du Capital,… elle ne peut que satisfaire celles et ceux qui, en Grèce et en Europe, militent contre les politiques d’austérité et le partage inégalitaire des richesses.

Gardons-nous cependant des élans euphoriques et irrationnels suscités par une victoire électorale. L’Histoire est pleine de ces moments éphémères qui, tout en étant bons d’être savourés, ont été souvent suivis d’une profonde déception. En effet, la victoire de SYRISA n’est qu’électorale, et l’écart entre les promesses, au demeurant tout à fait correctes, faîtes et les possibilités économiques et politiques de leur réalisation, est considérable.

Une victoire électorale donne une légitimité mais pas le pouvoir. Confondre les deux c’est faire peu de cas de la puissance, de l’inertie et des capacités paralysantes, pour tout changement, du système en place.

C’est toujours bon à prendre dira-t-on,… certes, mais encore faut-il garder cet avantage.

Ne soyons pas naïf : le système économique et politique, le capitalisme, est fait de telle manière que si on joue son jeu, on perd à tous les coups (des exemples ?).

Ce qui fonde véritablement le pouvoir dans le système, ce n’est pas le personnel politique qui en est le garant, mais les rapports sociaux, les relations sociales (le lien social) qui constituent la trame de la société civile. Négocier avec les Banques, les Etats, la Troïka, les marchés financiers,… c’est in fine jouer perdant. Ce sont eux qui ont les atouts en mains et leurs intérêts sont considérables au regard des intérêts des peuples.

Doit-on se priver de toute négociation ? Certainement pas ! Ne serait ce que parce qu’ils détiennent des éléments dont on ne peut, à court et moyen terme, se passer ou éviter : la monnaie, les crédits et un pouvoir de nuisance non négligeable à l’égard de toute velléité de changement. Mais il n’y a aucune illusion à se faire sur le résultat de ces négociations.

Il y a pourtant une chose qui leur échappe et qui est essentielle : la mise en place de nouveaux rapports sociaux, fondés sur la coopération, la solidarité dont des embryons ont vu le jour avec la crise. Elaborés comme éléments de survie pour échapper aux rigueurs des politiques économiques mortifères, ils constituent en fait un espoir, par leur développement, leur extension, leur perfectionnement, d’émergence de nouveaux rapports sociaux. Ils constituent le socle sur lequel peut se bâtir et se développer une alternative aux diktats des banquiers et financiers.  

La question qui demeure est : SYRISA prévoit-il d’intégrer cette dimension alternative dans ses perspectives de changement ? Question qui est valable pour tous les partis progressistes qui veulent une alternative à l’Europe du capital.

Si cette dimension est traitée de manière marginale, comme elle l’est généralement par ces appareils politiques, alors on sait ce qui va se passer : le nouveau pouvoir va réorienter ses exigences, modérer ses positions, et finalement reproduire ce qu’il a naguère combattu.

Si au contraire, cette dimension est l’axe essentiel d’une stratégie de changement, alors, tous les espoirs sont permis… pour les Grecs, mais aussi pour les autres peuples européens qui auront la démonstration, sous leurs yeux, qu’un autre monde est possible.

Un échec de SYRISA dans les semaines et mois à venir porterait un coup terrible aux espoirs d’un changement en Europe. Les extrêmes-droites à l’affût auraient alors le champ libre. Le pire serait une fois encore, à craindre.

 

17 janvier 2015

VENT PRINTANIER SUR L'ACROPOLE...
Publié par PM sur
Publié dans : #matiere a reflexion

      LE VOTE OBLIGATOIRE :

      MESURE ANTI DEMOCRATIQUE

 

       « Vous n’aimez pas notre soupe ?... On va vous obliger à la bouffer ! »

 

On devait y arriver. Les politiciens, affolés par le discrédit dont ils sont l’objet et qui se matérialise, lors des farces électorales, par un taux d’abstention qui n’en finit pas de monter, se doivent de « sauver la face ». Ils le font de la pire des manières qui soit.

Le vote obligatoire est à l’ordre du jour. « Le peuple ne veut pas participer à la comédie du pouvoir,… et bien on va l’y forcer ». Toute la classe politicienne va évidemment se retrouver, avec plus ou moins de nuances, autour de cette infâme et ridicule décision.

La généralisation de l’abstention grignote peu à peu ce qui fait que l’élu, le politicien, peut justifier sa place et ses privilèges : la légitimité. Celle-ci fond comme neige au soleil, même si tout a été fait, en ignorant l’abstention et les votes blancs, pour ne la fonder que sur les bulletins exprimés. On croit de moins en moins dans les discours mensongers des politiciens et on en tire logiquement la conclusion : à quoi bon se déplacer pour rien ? Car c’est bien de rien dont il s’agit. La seule expression citoyenne étant le vote, et celui-ci n’ayant plus aucun sens, on s’abstient. Finie la fable du « pêcheur à la ligne » censée expliquer l’abstention. Aujourd’hui, cette abstention est éminemment politique,…résultat d’une dégénérescence du système de représentation et de l’engeance politique qu’elle produit ; la classe politique ne peut pas le reconnaître, sinon à reconnaître qu’elle a fait faillite et que le système qui la soutient –comme la corde soutient le pendu – n’a plus de démocratique que l’apparence et le nom.

Les bureaucrates politiciens qui nous gouvernent n’ont bien évidemment aucune intention d’essayer de comprendre le « pourquoi ? » profond de l’abstention. Répondre à cette question c’est remettre totalement en question, leurs compétences, leurs idéologies, leurs intérêts. C’est mettre à nu tout un système de mystification, de manipulation, de népotisme, de favoritisme, de trahison, de mensonges, de corruption. Ils préfèrent, démagogiquement, faire allusion au souci de « relancer la vie démocratique »( ?) en « incitant les citoyens à participer » ( ?)… Autrement dit en essayant de rendre l’ensemble des citoyens complices de leur propre cupidité et trahison.

Le spectacle offert par ces faux-culs est affligeant. Car derrière tout ce cinéma médiatico-politique, se joue quelque chose de plus grave : le sens que l’on veut donner à la démocratie. Cette démocratie que l’on nous sert, n’est qu’un cadavre que les politiciens essayent de farder pour nous faire croire qu’il est vivant.

Accepter le vote obligatoire constitue l’ultime capitulation de la citoyenneté.

 

17 avril 2015

VOTE OBLIGATOIRE : MESURE ANTI DEMOCRATIQUE

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