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Publié dans : #matiere a reflexion

                      LA REVOLTE,… ET APRES ?

                                                                        Fédérer et Libérer (bis)

 

La REVOLTE, c’est quand, ceux d’en bas, ne supportent plus ceux d’en haut et que ceux d’en haut ne maîtrisent plus ceux d’en bas.

 

La REVOLUTION, c’est lorsque ceux d’en bas, se sont organisés, et sont capables de vivre, au point de démontrer que le système dominant de ceux d’en haut est non seulement insupportable, mais historiquement obsolète.

 

La REVOLTE ne débouche pas automatiquement sur une REVOLUTION,… pas plus d’ailleurs qu’une REVOLUTION ne saurait, mécaniquement,  naître d’une simple REVOLTE.

 

La Révolte, la vraie, pas la simple revendication, est le produit d’un « ras le bol », d’une situation qui est devenue insupportable. Une simple mesure peut la faire éclater : c’est la fameuse « goutte d’eau qui fait déborder le vase ». Retirée à temps, cette dernière mesure, fatale  peut stopper le mouvement de révolte. Elle devrait même être un indicateur, un signe pour le Pouvoir que le « vase est plein ». Pour un Pouvoir arrogant et stupide, sûr de détenir la vérité,… cette mesure est l’erreur fatale. Si ce pouvoir s’obstine et agit avec mépris,… c’est l’escalade.

 

L’escalade aboutit à l’accumulation des revendications, accumulation quantitative qui se transforme en question qualitative. C’est l’ensemble du système dominant qui est visé, dans ses principes de fonctionnement. C’est la suspicion jetée sur l’ensemble du monde politique qui, durant des années n’a pas su résoudre les problèmes. C’est la dénonciation des élucubrations parlementaires (discussions, motions de censure,…) qui ne font qu’en rajouter à la méfiance générale. Même les syndicats sont suspects d’impuissance voire de trahison, de complaisance et de complicité avec le système dominant – le train de vie des bureaucraties syndicales ne faisant que confirmer cette opinion.

 

La situation est alors incontrôlable par le Pouvoir, mais aussi les partis d’opposition qui voudraient bien récupérer, électoralement , cette révolte pour leur propre compte,… sans pour cela ne pas aller trop loin dans le changement… les intérêts de leur bureaucratie se satisfaisant parfaitement du système dominant.

 

« La balle est dans le camp » du Gouvernement,… mais aussi dans celle du Mouvement.

 

Dans tous les cas, le temps joue contre le Mouvement qui risque de s’essouffler, se fatiguer, se diviser,… ce qu’attendent d’ailleurs les politiciens pour le casser puis reprendre la main et régler la question dans le cadre officiel,… tout redevenant comme avant. Si ce n’est pas le Gouvernement en place qui règle le problème, ce sera le/les parti/s d’opposition qui piaffent d’impatience d’accéder au Pouvoir et de continuer, au mieux comme avant, au pire avec l’arrivée au pouvoir des néo fascistes (ça c’est déjà vu dans l’Histoire).

 

L’hétérogénéité du Mouvement qui fait sa force – pas de récupération- fait aussi sa faiblesse – manque de coordination dans la lutte.

 

Fédérer les initiatives et les perspectives est donc vital et urgent.

 

La question de la représentativité – si importante pour le Pouvoir et les politiciens – n’est cependant pas essentielle. Le Pouvoir veut des interlocuteurs pour les corrompre, pour marchander avec eux des miettes qu’il reprendra plus tard,… comme d’habitude.

 

Si CHANGEMENT réel il doit y avoir, il ne passe pas par le changement de personnel politique, du moins à court terme, mais par l’organisation de réseaux de production/distribution fondée sur des initiatives déjà existantes ; coopératives, circuits,-courts,… et l’organisation de nouvelles solidarités. Autrement dit, organiser une véritable dualité de système économique, l’ancien qui continue à fonctionner avec ses contraintes et contradictions et un nouveau avec une logique économique différente.

 

Le CHANGEMENT n’est donc pas brutal. Pas de Grand Soir, ou autre insurrection déterminante…. ça ne marche pas, mais une mobilisation permanente pour faire vivre le nouveau système qui doit peu à peu évincer, se substituer à l’ancien. Alors, dans un rapport de forces favorable, on posera le problème du Pouvoir et de la représentativité. Ce n’est pas autrement que s’est imposée la bourgeoisie marchande au 18e siècle en France.

 

Il ne saurait y avoir incompatibilité entre des négociations menées avec le système dominant – qui essayera de saboter le changement - et l’existence et le développement d’un système alternatif en devenir dynamique. Le « dialogue », les négociations se font dans un véritable rapport de forces favorable aux forces du changement.

 

C’est finalement cette capacité pour le Mouvement de penser et établir un système alternatif qui peut-être le début – tout ne se fera en pas en un jour - d’un vrai changement. Dans le cas contraire, l’ancien système va reprendre l’initiative, récupèrera les concessions qu’il a fait à chaud et tout recommencera comme avant… jusqu’à la prochaine révolte.

 

 

Toulouse                                                                                       Patrick MIGNARD

Décembre 2018

 

 

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